SÉANCE DU 15 JANVIER 1920
Présidence de M. Gallerand, administrateur.
Présents : MM. Berger, Dr Bordier, Ferrier, Gabriel Jamot, Lafay, Lecante, Parot, Pichon, Sauty, Louis Lacrocq, secrétaire.
Excusés : MM. Arfeuillère, Arrivière, Autorde, comte de Beaufranchet, Benoit, Dr Deschamps, des Cheises, Albert Lacrocq, de Lavillatte, Pluyaud, Dr Yvernault.
— M. le Président rend l'hommage de la Société à la mémoire d'un de nos membres titulaires, M. Louis Picaud, décédé à Guéret le 31 octobre 1919.
Né à Sainte-Feyre le 29 janvier 1834, M. Picaud, après d'excellentes études au Petit Séminaire d'Ajain, était entré dans les bureaux de la Préfecture de la Creuse le 1er janvier 1854. Un peu plus de cinq ans après, il était nommé chef de division, fonctions qu'il a exercées jusqu'au 1er mai 1905, date de sa mise à la retraite. Pendant ce long espace de temps, il a rendu à notre département, avec un dévouement et une intelligence remarquables, les plus grands services. On peut dire que jamais fonctionnaire n'a eu une plus haute conception de son devoir et n'a été plus que lui à la hauteur de sa tâche. Connaissance du droit, sens pratique des affaires, sûreté du jugement, impartialité, exactitude, toutes ces qualités M. Picaud les possédait ; il y joignait, avec une courtoisie distinguée, une obligeance sans bornes, et la modestie dont seuls sont capables des hommes d'une telle valeur. Il n'aurait tenu qu'à lui d'occuper ailleurs des postes très importants dans lesquels sa culture générale, indépendamment de ses aptitudes professionnelles, aurait brillé ; il préféra sa vie modeste de chef de division, où l'entouraient la sympathie unanime et l'affection de ses collègues et de ses subordonnés, l'estime des représentants du département et des administrateurs qu'il vit se succéder pendant plus d'un demi-siècle. Il avait été nommé chevalier de la Légion d'honneur le 14 juillet 1901. Membre des conseils d'administration de l'Ecole normale d'institutrices et du Lycée de garçons, il apportait aux délibérations le précieux concours de son expérience, de son clair bon sens. De 1872 à 1885 il professa à l'Ecole normale d'instituteurs un cours de droit administratif où son enseignement forma d'excellents secrétaires de mairie.
Cet homme de bien, modèle de vie privée, fut durement frappé dans ses plus chères affections ; la guerre ajouta une cruelle épreuve à celles qu'il avait déjà subies en lui enlevant un petit-fils, jeune médecin glorieusement tombé pour la France. Ses convictions et l'élévation de ses sentiments soutinrent son courage. Jusqu'à la fin de sa vie il voulut être utile, collaborant, malgré son grand âge, au service des allocations de la Préfecture.
Nous nous associons au deuil de sa famille, à qui notre Société adresse ses vives condoléances.
— Communication est donnée du programme, envoyé par le Ministère de l'Instruction publique, du Congrès des Sociétés savantes qui doit se tenir à Strasbourg du 25 au 29 mai 1920.
— L'échange de nos publications avec la Bibliothèque publique et universitaire de Genève et avec l'Académie de Belgique, décidé par le Bureau, est approuvé.
VŒU. — M. le Président donne lecture d'une lettre de M. l'abbé Malapert, curé du Moutier-d'Ahun, confirmée par une attestation de M. le maire de cette commune, de laquelle il résulte que le clocher de l'église du Moutier-d'Ahun menace ruine ; qu'en effet deux pignons se décollent de la masse, et qu'il existe des crevasses qui vont s'élargissant ; que la chute du clocher entraînerait la perte des boiseries du chœur classées comme monument historique.
La Société appelle respectueusement l'attention des pouvoirs publics sur la grave situation qui lui est signalée. Elle émet un vœu pressant pour que, dans le plus court délai, le nécessaire soit fait afin d'assurer la conservation de l'église du Moutier-d'Ahun et la protection des boiseries. Elle décide qu'une copie de la présente délibération sera transmise à M. le Préfet de la Creuse, une autre à l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, en vue de l'attribution au Moutier-d'Ahun d'une subvention sur la fondation Pellechet.
ADMISSIONS. — Sont admis comme membres titulaires : MM. Maulmont, premier président de la Cour d'Appel de Bourges, présenté par MM. des Cheises et Louis Lacrocq ; Lamorlette, inspecteur d'Académie à Guéret, présenté par MM. Autorde et Louis Lacrocq ; Louis Danthon, chevalier de la Légion d'honneur, industriel à Bourganeuf, présenté par MM. Joseph Filhoulaud et le chanoine Parinet ; abbé Louis Mourlon, décoré de la Croix de guerre, vicaire à Bourganeuf, présenté par MM. Henri Filhoulaud et le chanoine Parinet ; Marcel Jamot, directeur des Contributions directes à Moulins (Allier), présenté par MM. Pichon et Gabriel Jamot ; le comte Henri du Breuil de Souvolle, à Royan (Charente-Inférieure) présenté par MM. des Cheises et de Lajaumont ; Agabriel, professeur agrégé de l'Université en retraite à Chambon-sur-Voueize, présenté par MM. Antoine Thomas et des Cheises ; Elie Marceron, pharmacien à Guéret, présenté par MM. Bordier et Louis Lacrocq ; Alphonse Barbe, pharmacien à Paris, docteur Bord à Paris, Pierre Vernadeau, docteur en droit, avocat à la Cour d'Appel à Paris, André Dubrujeaud, secrétaire en chef de la Première présidence de la Cour de Cassation, à Paris, Pierre Faidherbe, principal clerc d'avoué à Paris, Emile Genevoix, pharmacien à Dun-le-Palleteau, Emile Guinnepain, à Saint-Benoît-du-Sault (Indre), Albert Goniche, négociant à Paris, Pierre Plaignaud, avoué à Paris, Edouard Pradeau, avocat à la Cour d'Appel à Paris, Joseph Reviron, à Paris, docteur Salanier à Paris, présentés par MM. Louis et Albert Lacrocq ; Paul Contat, greffier en chef du tribunal civil de Saint-Gaudens (Haute-Garonne), présenté par MM. René Bertrand et Louis Lacrocq ; docteur Roustain, conseiller général à Jarnages, présenté par MM. Autorde et Bordier ; Camille Riffaterre, maire et conseiller général à Bourganeuf, présenté par MM. Autorde et Henri Berger ; François Binet, député de la Creuse, présenté par MM. Louis et Albert Lacrocq ; Jules Lagrange, chirurgien-dentiste à Guéret, Laurent Rougon, décoré de la Croix de guerre, vétérinaire à Guéret, présenté par MM. Arfeuillère et Louis Lacrocq ; Jean Déguison, étudiant en médecine à Guéret, présenté par MM. Eugène Déguison et Albert Lacrocq ; René Adenis, notaire à Bordeaux, présenté par MM. Pichon et Gabriel Adenis ; Mazeau, directeur de la Société Générale à Guéret, présenté par MM. des Cheises et Louis Lacrocq ; François, industriel à Paris, présenté par MM. Bourzat et Louis Lacrocq.
ARCHIVES. — M. Jean Déguison a fait don de diverses pièces concernant la famille Mérigot de Sainte-Feyre. Ce sont des expéditions d'actes passés devant des notaires de Paris ; le plus ancien est du 4 septembre 1734, le plus récent du 20 février 1755. On y trouve des renseignements généalogiques venant compléter les très courtes indications fournies par le Nobiliaire de Nadaud (éd. Lecler, ii, 121, 176) sur cette famille qui posséda la terre et le château de Sainte-Feyre près Guéret pendant les 17e et 18e siècles et qui occupa une situation considérable.
M. Jean Déguison a, en outre, donné l'expédition du contrat de mariage, passé devant un notaire d'Azerables le 23 février 1772, de Silvain Renut journalier au Theil en cette paroisse, et de Marie Chaput. Il y est stipulé que les époux iront habiter avec Jean Renut, père du futur, et feront communauté avec lui à concurrence de moitié ; la future apporte dans cette communauté 30 livres, 6 draps, et un coffre. Son père lui constitue en dot 270 livres, payables en six ans sans intérêts ; cette somme sera reçue par le père du futur qui devra l'assigner « sur bons et suffisants biens » ; elle restera propre à la donataire ainsi « apanée » définitivement et apartagée dans les successions de ses parents, le tout « conformément à la coutume du Poitou » qui régissait la paroisse d'Azerables.
BIBLIOTHÈQUE. — Nous avons reçu : de M. René Martin les tirages à part des articles d'histoire que son père avait publiés dans nos Mémoires ; — de M. J. Tixier son étude sur Le comte A. de Lespinats, inspecteur général des haras, et le cheval arabe à Pompadour ; — de M. le chanoine Parinet un Rituel du diocèse de Limoges, édition de 1784 ; — de M. Emile Genevoix le tirage à part de l'article intitulé De l'utilisation de l'airelle myrtille, qu'il a publié dans le Bulletin des sciences pharmacologiques de juillet-août 1918 ; — de M. Gallerand l'étude que M. Henri de Laguérenne, membre de la Société d'Emulation du Bourbonnais, a récemment publiée sous le titre Pourquoi Montluçon n'est pas chef-lieu de département.
LECTURES ET COMMUNICATIONS. — Il est donné lecture d'une note de M. Antoine Thomas sur Le plus ancien tapissier de Felletin actuellement connu (1457), note qui est publiée à la fin présent procès-verbal ; — d'une notice sur un soldat creusois de la Révolution et de l'Empire, le capitaine Dillieux, résumant des recherches faites par M. Henri Torre, rédacteur à la Grande Chancellerie de la Légion d'honneur, dans les Archives de cette chancellerie et qui ont fait l'objet d'une communication verbale à la séance du Groupe d'études limousines à Paris (séance du 30 décembre 1919) ; — d'une notice sur le Premier président de La Seiglière (1793-1861), envoyée par M. Alfred Leroux. Ces notices figureront dans les Biographies Creusoises.
— M. du Beaufret nous a adressé la copie d'un bail emphytéotique passé en 1450. Cette copie a été collationnée sur l'original par M. Antoine Thomas et le document sera publié.
Il nous a également adressé :
1° l'analyse du testament, en date du 20 septembre 1509, de messire Antoine Montressour, prêtre du lieu des Reynaultz, paroisse du Montel-de-Gelat (aujourd'hui chef-lieu de commune du Puy-de-Dôme), contenant entr'autres dispositions le legs à l'église du Montel de diverses terres situées dans la paroisse de Mérinchal ;
2° l'analyse d'un contrat du 3 juin 1547, contenant reconnaissance par divers habitants de Bordessoule, paroisse de Mérinchal, au profit de Louis de La Roche-Aymon, à cause de sa seigneurie de Roussines (aujourd'hui commune de Chard), pour le mas de Bordessoule ; les droits reconnus comprennent notamment trente-deux sous tournois de taille annuelle, payable moitié à la Saint-Julien, moitié à Noël, de l'avoine mesure d'Auzances, la bouade pour aller en Auvergne ou en Bourbonnais.
Tous ces documents font partie des archives personnelles de M. du Beaufret. La copie du bail de 1450 et les analyses des deux autres actes ont été faites par M. le comte de Chateaubodeau.
— M. le chanoine Parinet a signalé la publication par M. l'abbé R. Bailet, curé de Cabris, près Grasse, (Alpes-Maritimes), d'un volume sur sa paroisse auquel il donne comme sous-titre : Un saint « ressuscité » Saint Pandoise de Cabris. Ce saint était autrefois très vénéré dans le pays ; or, le 29 avril 1736, Mgr d'Antemly, évêque de Grasse, déclara que « ce prétendu saint n'était honoré dans aucune église de l'univers », qu'il était apocryphe, et il défendit qu'on lui rendit aucun culte.
M. Bailet croit que S. Pandoise n'était autre que S. Pardoux de Sardent et de Guéret ; il montre par quelles modifications le mot de Pardoux serait, d'après lui, devenu Pandoise et comment le culte de notre saint local aurait été porté jusqu'à ce point éloigné de la Provence.
— M. Adolphe Mazeron nous a envoyé en communication un document de la période révolutionnaire relatif au district d'Evaux. C'est une Liste des personnes censées suspectes d'après les lois du 12 août et 17 septembre 1793, non datée et en brouillon. Bien qu'il n'y soit pas indiqué de qui elle émane, il n'y a pas de doute qu'elle a été rédigée par une Société populaire, celle d'Evaux selon toute apparence, car la quatrième colonne a pour titre « Observations de la Société ». Elle comprend 70 personnes appartenant aux communes d'Evaux (19), Fayolle (1), Auzances (6), Rougnat (3), Brousse (1), Sermur (1), Le Compas (3), Chard (1), Les Mars (4), Mainsat (9), La Serre (1), Le Chauchet (1), Chatain (4), Chambon (3), St-Sornin (1), Lussat (7), Tardes (1), St-Julien (1), Sainte-Radegonde (2), plus les religieuses de l'hôpital de Mainsat. A côté « des ci-devant nobles » figurent d'anciens officiers municipaux destitués, de condition modeste. Les appréciations de la Société sont, en général, modérées, souvent bienveillantes, même pour « les aristocrates ». Une copie de ce document sera déposée dans nos Archives.
— M. Louis Lacrocq signale un article de journal, paru il y a cinquante-quatre ans, qu'il convient de noter pour l'histoire de notre Musée, parce qu'il prouve quel actif souci de l'enrichir ont eu nos prédécesseurs.
Le 19, 20 et 21 décembre 1864, on vendait aux enchères publiques à Limoges, 5, place de l'Ancienne-Comédie, la collection d'un amateur M. Paul Périer, qui comprenait des objets de valeur, faïences, émaux, meubles anciens etc. Sous les initiales A. G., qui étaient celles de M. Albert Guillemot, alors rédacteur en chef, le Courrier du Centre du 24 décembre 1864 consacra un article à cette vente qui avait attiré de nombreux acheteurs, « venus de Blois, de Tours, de Lyon, de Périgueux, de Paris, » et c'est en ces termes qu'il parle de nous : « Parfois, pendant ces trois journées, on entendait retentir ces mots, Adjugé au Musée de Guéret, tandis que celui de Limoges n'a rien acquis. Une petite ville de 4.000 âmes a envoyé un acheteur et une grande ville de 60.000 âmes qui compte 32 fabriques de porcelaines n'a pas trouvé 100 francs dans sa poche pour acheter un émail ou une faïence... » Et M. Albert Guillemot, après avoir fait un chaleureux appel à plus d'initiative dans sa ville, termine par cette apostrophe flatteuse : « Et toi, ville de Guéret, je te salue ! »
— Une exposition de tableaux et pastels du peintre Guillaumin a eu lieu à la galerie Dalpeyrat, à Limoges, du 15 au 18 novembre 1919. Cette exposition, qui comprenait 76 numéros, dont la plus grande partie représentait des paysages de Crozant et de ses environs, avait surtout un caractère rétrospectif ; elle était principalement constituée par des œuvres appartenant à des collectionneurs de Limoges ; un pastel La Creuse portait la date de 1885.
NOTE LUE EN SÉANCE – LE PLUS ANCIEN TAPISSIER DE FELLETIN ACTUELLEMENT CONNU (1457)
Par Antoine THOMAS
Dans son Histoire d'Aubusson, publiée en 1886 (Limoges, Veuve H. Ducourtieux), Cyprien Pérathon donne l'indication suivante, à la page 306 : « Un titre original de l'Hospice de Felletin mentionne, dans un acte du 16 février 1456, Jacques Bennyn, cabaretier et tapissier de Felletin ». Et, en note. cette référence : « Archives de la Haute-Vienne, fonds Bosvieux ». Il a reproduit l'indication en termes analogues dans les premières lignes de son article intitulé : « Les tapissiers rentrayeurs marchois », paru au tome VII (1891), p. 183 et suivantes, des Mémoires de notre Société. Je m'y suis référé dans l'article que j'ai publié, en 1895, au tome VII des Annales du Midi, page 216 et suivantes, sous ce titre : « La tapisserie à Felletin et à Riom sous Louis XI ».
Je me suis préoccupé l'an dernier, exactement le 20 juillet 1918, de remonter à la source de Pérathon, et, grâce à la collaboration de notre confrère, M. Petit, archiviste de la Haute-Vienne, j'ai retrouvé facilement la note autographe de Bosvieux. Elle fait partie du dossier Felletin, coté L 17 dans le fonds Bosvieux (série T des Archives de la Haute-Vienne).
Après avoir signalé quelques actes du terrier du Prieuré de Felletin, compilé originairement en 1477, qui nous renseignent sur les différentes industries de cette ville, Bosvieux poursuit en ces termes (p. 18-19) : « Comme on le voit, l'industrie de la tapisserie n'est pas représentée dans cette liste ; mais il ne faudrait pas en conclure qu'elle n'existait pas à cette époque. En effet un titre original de l'hospice de Felletin mentionne, dans un acte du 16 février 1456, Jacques Bonnyn, cubertier et tapissier de Felletin, et cette mention est la plus ancienne qui se rapporte à l'industrie des tapisseries dans la Marche. »
M. Petit m'a prêté obligeamment son concours pour déchiffrer l'écriture, d'ailleurs assez claire, de Bosvieux, et nous pouvons, d'un commun accord, certifier que, d'après le regretté archiviste de la Creuse, le tapissier Felletinois s'appelait Bonnyn, et qu'il était en même temps cubertier, c'est-à-dire « fabricant de couvertures », et non cabaretier.
Il ne semble pas que Bosvieux ait pris copie de ce titre original, dont le texte intégral mériterait d'être publié. Nous l'avons en vain cherché aux archives communales de Felletin. Selon toute vraisemblance, la date de l'année a été énoncée par Bosvieux telle qu'elle était dans l'original, c'est-à-dire en ancien style ; comme le millésime ne changeait que le 25 mars, il faut dater le titre perdu de 1457, nouveau style.
Pour finir, une remarque linguistique sur cubertier. Ce mot manque dans le Dictionnaire de l'ancienne langue française, de Frédéric Godefroy, et il ne faut pas s'en étonner, car ce n'est pas proprement un mot français, mais un mot du patois local, francisé au petit bonheur. Le français actuel dit couverturier ; mais on n'a pas signalé d'exemple de ce mot avant 1680. Ni le savant lexicographe allemand Emile Levy, ni l'illustre poète provençal Frédéric Mistral ne connaissent cubertier en provençal ; cela prouve que les meilleurs lexiques sont incomplets. L'acte felletinois de 1457 constitue pour ce mot de l'ancien provençal un titre suffisant pour qu'on l'admette sans hésiter dans les recueils lexicographiques de l'avenir. Cubertier est très régulièrement formé sur cuberta, couverture, forme primitive, que le patois de la région de Felletin ne connaît plus aujourd'hui que sous la forme à demi francisée de couverto.
1er Octobre 1919.
SÉANCE DU 18 MARS 1920
Présidence de M. Gallerand, Administrateur
Présents : MM. Autorde, Ferrier, Guillot, Gabriel Jamot, Lafay, Mazet, Pichon, Louis Lacrocq, secrétaire.
Excusés : MM. Benoit, Dr Deschamps, des Cheises, Albert Lacrocq, Lamorlette, chanoine Parinet, Parot, abbé Puech, Riffaterre, Valadeau.
— M. le Président expose que, dans sa séance du 28 janvier dernier, le Conseil municipal de Guéret a porté à 1200 francs pour l'année 1920 la subvention qu'il accorde à la Société. L'assemblée le charge d'exprimer sa vive gratitude à la municipalité.
— La Société envoie ses félicitations à M. André Demartial, membre correspondant, qui a été nommé chevalier de la Légion d'Honneur.
— En vue d'obtenir la déclaration d'utilité publique pour la Société, il est procédé à la revision des statuts sur divers points de détail.
Par modification à l'article 6, le nombre des administrateurs est porté à sept. M. Mozer ayant fait savoir que ses occupations ne lui permettent plus de remplir les fonctions de secrétaire adjoint, M. Ferrier est élu à sa place. M. Mozer et M. Gabriel Jamot sont élus administrateurs.
— Sur la proposition de M. Lafay, il est décidé que la Société organisera pour l'été prochain une excursion archéologique à laquelle seront conviés les membres et leurs familles. Cette excursion aura lieu à Toulx-Sainte-Croix, aux Pierres Jomâtres et à Boussac. MM. Guillot, Gabriel Jamot et Lafay sont chargés de l'organiser.
ADMISSIONS. — Sont admis comme membres titulaires : MM. Raoul Cardeur, juge d'instruction à Guéret, présenté par MM. Gabriel Jamot et Louis Lacrocq ; Chardeau, avoué à Paris, présenté par MM. Mazet et Pichon ; baron de Chaumont, à Mont-de-Marsan (Landes), présenté par MM. du Beaufret et Louis Lacrocq ; Fillioux, conseiller général à Saint-Vaury, présenté par MM. Autorde et Pichon ; vicomte Michel Ajasson de Grandsagne, à Paris, présenté par MM. Autorde et des Cheises ; docteur Janicaud, décoré de la Croix de guerre, à Guéret, présenté par MM. Bordier et Louis Lacrocq ; Albert Meunier, à Paris, présenté par MM. Autorde et Mazet ; Arsène Parrain, ingénieur à Guéret, présenté par MM. Pichon et Louis Lacrocq ; Jules Quéroy, pharmacien à Orléans, présenté par MM. Paul Quéroy et Louis Lacrocq.
COMPTES ET BUDGET. — M. Pichon, trésorier, présente les comptes de l'exercice 1919 :
Recettes
I. — Excédent de caisse au 31 décembre 1918. . . . . 320 34
Subvention du département. . . . . . . . . . . . . 700 »
Subvention de la ville de Guéret. . . . . . . . . . 500 »
Cotisations de 1919. . . . . . . . . . . . . . . . 1.190 »
Cotisation arriérée de 1918. . . . . . . . . . . . 10 »
Vente de volumes de Mémoires. . . . . . . . . . . 266 60
Intérêts de rente 5 %. . . . . . . . . . . . . . . 182 50
Intérêts de bons de la Défense nationale. . . . . 45 »
II. — Cotisations rachetées en 1919. . . . . . . . . 360 »
III. — Capital d'une cotisation antérieurement rachetée . 120 »
IV. — Réserve pour publications en caisse au 31 décemb. 1918 150 »
Total : 3.844 44
Dépenses
I. — Traitement et indemnités de vie chère aux gardiens du Musée. . . . . . . . . . . . . . 800 »
Impression et brochage des Mémoires. . . . . . . 1.511 55
Envoi des Mémoires, frais de bureau, recouvrement des cotisations. . . . . . . . . . . . . . . . 161 55
Entretien du Musée, du matériel et du mobilier, dépenses de service. . . . . . . . . . . . . 323 35
Acquisitions pour le Musée. . . . . . . . . . . . 185 10
Bibliothèque . . . . . . . . . . . . . . . . . . 96 40
II. — Acquisition de rente 5 % pour quatre cotisations rachetées (420 fr.) et emploi partiel (73,77) de la réserve de 1918 pr publications. . . . . . . . 553 77
III. — Réserve pour publications [solde du crédit de 1918 (76,23) et crédit 1919]. . . . . . . . . . . 176 23
Total : 3.807 95 — 3.807 95
Excédent de recettes disponible au 31 décembre 1919. 36 49
M. le Président désigne MM. Jamot et Guillot pour procéder à la vérification des comptes. Cette vérification en reconnaît la parfaite régularité et des remerciements sont votés à M. Pichon.
— M. le Président présente le budget pour 1920 établi par le Bureau de la manière suivante :
Recettes
Excédent de recettes disponible au 31 décembre 1919. . 36 49
Cotisations. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1.600 »
Subvention du département . . . . . . . . . . . . 700 »
Subvention de la ville de Guéret . . . . . . . . . 1.200 »
Intérêts de titres de rente. . . . . . . . . . . . 180 »
Vente de volumes des Mémoires. . . . . . . . . . . 100 »
TOTAL : 3.816 49
Dépenses
Traitement et indemnités de vie chère aux gardiens du Musée. . . . . . . . . . . . . . . . . . 800 »
Impression et brochage des Mémoires. . . . . . . . 2.000 »
Frais de bureau et envoi des Mémoires. . . . . . . 200 »
Entretien du Musée, du matériel et du mobilier, dépenses de service. . . . . . . . . . . . 300 »
Acquisitions pour le Musée. . . . . . . . . . . . 300 »
Fouilles. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 50 »
Bibliothèque. . . . . . . . . . . . . . . . . . . 100 »
Réserve pour publications. . . . . . . . . . . . . 50 »
Dépenses imprévues. . . . . . . . . . . . . . . . 26.49
TOTAL : 3.816 49
Ce projet de budget est approuvé,
ARCHIVES. — M. Eugène Déguison a donné un nombre considérable de documents anciens qui ont trait principalement à la terre des Châtres, dont il est propriétaire, et à plusieurs familles de notre pays : Gentil du Vernet, Mérigot de Sainte-Feyre, Midre, Nigon, Pichon de Bury, Pichon des Châtres. Dans ces papiers se trouvent trois pièces de 1581, 1582, 1640, concernant la vicairie de Saint-Jacques en l'église de Beaumont, à Felletin, dont la collation appartenait au seigneur des Châtres.
BIBLIOTHÈQUE. — Nous avons reçu les dons suivants :
De M. le Directeur de l'Observatoire de Paris son Rapport sur cet établissement pour l'année 1918 (Imprim. nation. 1919), contenant une note nécrologique sur Ernest-Louis-Antoine Périgaud, mort à Bénévent-l'Abbaye le 11 avril 1918, à l'âge de 83 ans. Quoique né en dehors de la Creuse, Périgaud était creusois par sa famille et c'est au milieu des siens, à Bénévent, qu'il avait pris sa retraite en 1896, après une longue carrière comme astronome à l'Observatoire de Paris où il a fait des travaux de la plus haute valeur ;
De M. l'abbé Bailet, curé de Cabris (Alpes-Maritimes), le livre consacré à sa paroisse et à « Saint Pandoise » (Grasse, 1919), signalé par M. le chanoine Parinet à notre dernière séance ;
De Madame G. Salvy, l'Histoire de la Cour d'appel de Riom (Paris, 1907) écrite par son regretté fils M. Daniel Salvy, avocat à cette cour ;
De Mademoiselle Rimour, diverses collections de journaux creusois anciens ;
De M. René Fage, son étude sur La forme primitive du nom de Tulle (extrait du Bulletin de la Société archéologique de Brive) ;
De M. G. Mouret, inspecteur général des ponts-et-chaussées en retraite, une note extraite des Comptes-rendus de l'Académie des sciences (séance du 24 novembre 1919), Sur quelques effets du laminage des roches, observés dans la partie occidentale du massif central de la France, spécialement dans la Creuse ;
De M. Pierre Charreyron, commandant au 89e territorial d'infanterie, ancien bâtonnier de l'ordre des avocats à la Cour d'appel de Limoges, son étude sur le régiment qu'il a commandé de façon remarquable dans des circonstances glorieuses et difficiles : Les territoriaux Limousins à la défense de Reims (Limoges, 1919). Le régiment comptait de nombreux Creusois ;
De M. Henri Berger, le traité sur La Transcription, (Limoges, 1875) érudite étude juridique due à son grand-père M. E. Berger, juge de paix de Bourganeuf ;
De M. Gabriel Jamot, un placard imprimé à Guéret en 1809, chez Fauchier et Gadon, contenant le texte d'un jugement du tribunal de Guéret, en date du 21 avril 1809, qui condamne 135 conscrits réfractaires.
MUSÉE. — M. Gabriel Jamot a donné deux sceaux judiciaires creusois de la période de 1830.
— M. Henri de Lavillatte a envoyé, de la part de son cousin M. le comte Guy de Ligondès, seize reproductions photographiques de portraits, faites par celui-ci, de divers membres de la famille de Ligondès. Des indications généalogiques sont écrites au dos de ces photographies, remarquablement bien venues, et en font une documentation iconographique très heureuse.
LECTURES ET COMMUNICATIONS. — M. Jacques de Font-Réaulx, archiviste paléographe, à Châteauroux, a envoyé un travail sur Le Chapitre de la Châtre et les paroisses de Fresselines et de La Chapelle-Taillefer. Cette étude est rédigée d'après des documents inédits des Archives de l'Indre et accompagnée de la reproduction d'un fragment de sceau du chapitre de La Chapelle-Taillefer de 1340. Des remerciements sont adressés à M. de Font-Réaulx pour l'érudite collaboration qu'il veut bien apporter à notre Société et il est prié d'accepter le titre de membre correspondant.
— Une communication de M. le chanoine Parinet sur la vie et les travaux d'un Creusois, Félix Thomas (1853-1920), professeur de philosophie et écrivain distingué, prendra place dans les Biographies Creusoises.
M. le chanoine Parinet a également envoyé un article sur Les cures de l'ordre de Malte ; nomination d'un curé de Bourganeuf en 1622.
— M. Parot, dans une Note sur une carte géologique inédite du département de la Creuse, étudie les travaux remarquables de l'ingénieur Mallard, exécutés sous le second Empire.
Lecture a été donnée des divers travaux ci-dessus énumérés qui seront publiés dans les Mémoires.
— Lecture est également donnée d'une note de M. Antoine Thomas sur François de Viersat, chambrier du monastère de Chambon au xvie siècle, qui sera publiée ; — d'une note de M. Louis Lacrocq sur La Seigneurie des Châtres, reproduite à la suite du présent procès-verbal.
— M. Louis Lacrocq a eu communication par M. Marc Purat d'un exemplaire du Procès-verbal de la cérémonie du sacre de LL. MM. l'Empereur Napoléon et l'Impératrice Joséphine, brochure éditée par l'Imprimerie impériale à Paris en 1805. Cet exemplaire avait été remis au grand-père de M. Purat qui assistait au sacre. La brochure se termine par une liste des « fonctionnaires appelés à la cérémonie » et qui « se sont fait inscrire chez le Grand-Maître des cérémonies ». Y figurent pour la Creuse les noms suivants :
MM. La Salcette, préfet ; — Purat, président de la cour criminelle, président du collège électoral de l'arrondissement de Guéret et de l'assemblée du canton de Guéret ; — Couloudon, président du conseil général ; — Aubusson-Ducloux, président du collège électoral de l'arrondissement de Bourganeuf ; — les sous-préfets Rémy [Aubusson], Chassoux, [Bourganeuf], Bourdon [Boussac] ; — onze présidents d'assemblées de cantons : MM. Jorand [Ahun], Voisin-Gartempe [Saint-Vaury], Martin du Couret [La Souterraine], Espagne [Aubusson], Laporte [Bellegarde-Saint-Sylvain, sic], Ribière de Lan [Chénérailles], Vertadier [Evaux], Coulandon-Villard [Felletin], Coutissop-Dumas [Gentioux et Pallier, sic], Assolant [Saint-Sulpice-les-Champs], Dupuylatat-Laviergne [Chambon].
— Dans des publications récemment reçues deux notices nécrologiques concernent des érudits dont les études ont touché à notre province.
M. Pierre Flament, né en 1878, avait été archiviste de l'Allier depuis sa sortie de l'Ecole des Chartes jusqu'en 1913, époque où il avait été nommé archiviste du Pas-de-Calais. Capitaine de réserve au 413e d'infanterie, il a été tué, le 1er août 1916, auprès de Verdun, après une héroïque résistance. Le Bulletin de la Société d'émulation du Bourbonnais (XXII, 402-406) a rappelé, dans une notice rédigée par M. le Chanoine Clément, les nombreux et importants travaux qu'a faits M. Flament pendant son séjour en Bourbonnais ; le Mémoire de l'intendant Le Vayer, qu'il a publié en 1906, contient beaucoup de renseignements sur la Marche.
Dans le Bulletin historique et scientifique de l'Auvergne (1916, 57-101, 135-185), M. Alphonse Aymar a consacré une longue et intéressante notice à un érudit de grande valeur, le conseiller Marcellin Boudet, membre de l'Académie de Clermont-Ferrand, né en 1834, mort en 1915. Dans la Bibliographie de ses travaux qui complète la notice on relève comme nous intéressant un article sur le routier Aimerigot Marchès et des études sur Thomas de la Marche, bâtard de France. M. Aymar a reproduit (p. 87-88) la lettre de condoléances à Madame Boudet par laquelle notre savant confrère M. Antoine Thomas a exprimé la haute estime où il tenait le conseiller Boudet.
Notre Société, en saluant la glorieuse mémoire du capitaine Flament, s'associe au deuil éprouvé par la Société d'émulation du Bourbonnais et l'Académie de Clermont-Ferrand.
NOTE LUE EN SÉANCE – LA SEIGNEURIE DES CHATRES
Par Louis LACROCQ
Les documents donnés par M. Eugène Déguison aux Archives de notre Société (1) permettraient, semble-t-il, une étude assez complète de ce petit fief qui, situé aux portes de Guéret, sur la paroisse de Sainte-Feyre, dut constituer, de tout temps, une propriété agréable et recherchée. Par une chance assez rare, un de ces documents contient l'indication très précise de toutes les mutations du fief depuis le début du xvie siècle jusqu'au milieu du xviiie ; c'est une note rédigée en 1710 par François Midre qui possédait alors les Châtres ; il l'a complétée en 1721, et son gendre, Louis Henri Pichon de Bury y a ajouté quelques lignes vers 1756. Un descendant de celui-ci, après avoir établi une généalogie de sa famille, a résumé en 1836 la note de François Midre et l'a continuée pour la période postérieure à 1756 (2). Nous allons extraire de ces deux documents qui donnent l'impression de travaux consciencieux, faits pièces en mains, les indications essentielles :
« La Seigneurie des Chastres a appartenu d'anciennement à des gentilshommes appelés Morin ou Mourin, de la même famille, à ce qu'on croit, que les seigneurs d'Arfeuille près de Felletin ; il ne paroit pas par les titres et papiers s'ils avoient fait batir le chateau ny en quel temps il a esté construit ». Ainsi débute la note de 1710 qui explique ensuite qu'en 1501 Les Châtres étaient la propriété des quatre frères Morin, François, Jacques, Christophe et Fiacre. Le 20 juillet 1546, Christophe, qui était curé de La Celle-Dunoise, fait consacrer une chapelle aux Châtres « à l'honneur de Ste Marguerite vierge et martyre » par Jean Barton, évêque de Lectoure (3). En 1545, la seigneurie est aux mains de Jean Morin ; en 1585 elle est encore indivise entre quatre frères, Jean, Pierre, qui demeurent au château, autre Jean et Etienne qui, comme son parent du début du siècle, est curé de La Celle-Dunoise ; les frères Morin la cèdent par échange, le 12 décembre 1585, à Guillaume Barre, receveur du taillon à Guéret ; elle était estimée à 1600 écus.
Guillaume Barre, qui devint dans la suite receveur des tailles à Tulle, avait acquis Les Châtres tant pour son frère Antoine que pour lui. C'est le fils de celui-ci, Jean Barre, lieutenant particulier en la Sénéchaussée de la Marche, qu'on trouve aux Châtres jusqu'aux premières années du xviie siècle ; elle passe à ses enfants qui la vendent, le 1er décembre 1628, pour le prix de 9.300 livres, à Michel Nigon, sieur de Chierpellat, greffier de la sénéchaussée. « Es années 1636 et 1637 ledit Nigon fit rebatir la moitié du chasteau du côté du septentrion où est la salle à deux étages, laquelle moitié estoit tombée quelques années auparavant ; il fist aussi abaisser la tour du degré de 15 pieds ». Michel Nigon mourut sans enfants en 1652 ; il eut pour héritier des nièces ; l'une d'elles, Marie Nigon qui avait épousé François Midre, sieur de La Faye et du Chauchadis, conseiller au présidial de la Marche, fut attributaire des Châtres dans un partage du 28 février 1664.
François Midre étant mort en 1681, sa veuve donna les Châtres, par contrat du 27 janvier 1686, à son fils qui portait, lui aussi, le prénom de François et était conseiller au présidial. Une fille de ce dernier, Anne, qui avait épousé Louis-Henri Pichon de Bury, également conseiller au présidial, apporta en 1726 la seigneurie dans la famille qui devait la conserver jusqu'à la Révolution. Les seigneurs des Châtres furent successivement René Pichon du Cloup (1757) fils de Louis-Henri Pichon de Bury, Louis-Annet Pichon des Châtres (1781) son petit-fils.
Pichon des Châtres mourut le 26 février 1821. Son fils Etienne-Louis, qui avait repris le nom de Pichon de Bury et était fonctionnaire de l'enregistrement, fut attributaire de la propriété des Châtres dans un partage du 4 décembre 1821. Il y mourut le 18 février 1859, laissant pour héritière sa nièce, Madame Galeron. Celle-ci, par contrat du 27 décembre 1859, vendit la terre des Châtres à M. Jean Déguison, grand-père de notre collègue, M. Eugène Déguison qui la possède à la suite de son père, M. Jean-Eugène Déguison. Les importantes améliorations agricoles apportées par MM. Déguison ont fait des Châtres une propriété modèle. La partie des anciens bâtiments subsistant conserve sa silhouette de gentilhommière dans le joli cadre d'arbres et de prairies qui fait du « tour des Châtres » une des promenades favorites des Guérétois.
(1) Voir le procès-verbal qui précède.
(2) La note de François Midre porte ce titre : Memoire fait en l'année 1710. Des propriétaires de la Seigneurie des Chastres et de quelle manière elle a passé en différentes familles. L'autre se termine ainsi : La présente note écrite par moi Etienne-Louis Pichon de Bury, à Guéret le 30 octobre 1836.
(3) De la famille Barton de Montbas.
SÉANCE DU 20 MAI 1920
Présidence de M. des Cheises, président.
Présents : MM. Arfeuillère, Autorde, le docteur Bordier, Louis Danthon, Ferrier, Fillioux, Gallerand, Gabriel Jamot, Lafay, le chanoine Parinet, Pichon, Pluyaud, Louis Lacrocq, secrétaire.
Excusés : MM. le comte de Beaufranchet, le docteur Deschamps, Lamorlette, Mazet, Polier.
— M. le Président expose que le Conseil général de la Creuse vient d'élever à 1.500 francs la subvention qu'il accorde à notre Société.
L'assemblée charge M. le Président d'exprimer ses remerciements et ses sentiments de vive reconnaissance à l'Assemblée départementale, ainsi qu'à M. le Préfet de la Creuse.
— M. l'abbé Malapert, curé du Moutier-d'Ahun, nous a informé qu'un crédit avait été affecté par la Commission des monuments historiques à la restauration du clocher de l'église du Moutier-d'Ahun. Il remercie la Société de son intervention.
ADMISSIONS. — Sont admis comme membres titulaires : MM. Charles-Marlin, notaire et conseiller général à Crocq, chevalier de la Légion d'honneur, décoré de la Croix de Guerre, présenté par MM. Guillot et G. Jamot ; docteur Gaumet, conseiller général à Boussac, présenté par MM. Guillot et Riffaterre ; Antoine Bernard, trésorier-payeur général en retraite, à Ladapeyre, Ravoux, procureur de la République à Guéret, docteur Coudert à Ahun, Tamisier, notaire à Ahun, Louis de La Brugière, au château de Vost, commune de Lourdoueix-Saint-Pierre, Pinton, notaire à Boussac, présentés par MM. G. Jamot et Louis Lacrocq ; Ducoux, notaire à Guéret, présenté par MM. Gallerand et G. Jamot ; Hugonnier, professeur à l'Ecole normale d'instituteurs à Guéret, présenté par MM. G. Jamot et Lafay ; Champeaux, docteur en droit, avoué à Aubusson, présenté par MM. Louis et Albert Lacrocq ; Armand Quéroy, négociant à Guéret, présenté par MM. Paul Quéroy et Louis Lacrocq.
MUSÉE. — Notre collègue M. Raoul Cardeur a donné une monnaie romaine de bronze, bien conservée et d'une belle patine, à l'effigie de l'empereur L. Verus (130-169), la tête nue à droite, avec l'inscription DIVVS VERVS ; au revers : CONSECRATIO S. C., un aigle debout sur un globe regardant à gauche. Cette pièce a été trouvée dans une terre du village de Neyrat, commune de Chamborand.
— M. Louis Lacrocq a donné deux dessins d'architecture figurant l'un la façade, l'autre la charpente d'un édifice qui n'a jamais été construit, le palais épiscopal destiné à loger à Guéret l'évêque constitutionnel. Ces dessins, non datés, portent la signature de Planier de La Sablière, ingénieur des ponts-et-chaussées, venu à Guéret dans les dernières années de l'Ancien régime et qui y a joué un rôle assez en vue pendant la période révolutionnaire. Ils ont été trouvés à Paris chez un marchand d'estampes.
— Dans le catalogue de l'œuvre d'Eugène Lami, que M. Paul-André Lemoisne, du Cabinet des Estampes, a publié en 1914 (Paris, Champion, éditeur, collection de la Société de l'histoire de l'art français) figure sous le n° 1543 l'aquarelle d'Eugène Lami représentant La mort de Desdémone qui appartient à notre Musée. Elle provient de la vente de l'atelier de l'artiste et nous a été donnée par M. Alexis Rouart. Le don de cette pièce est d'autant plus appréciable que très peu d'œuvres d'Eugène Lami se trouvent dans les Musées ; en France il n'y en a qu'à Paris, Versailles, au Musée Condé à Chantilly, aux châteaux de Châalis et La Malmaison et dans trois Musées de province : Albi, Lille et Guéret.
BIBLIOTHÈQUE. — Nous avons reçu :
De notre collègue M. le docteur Janicaud, le tirage à part d'une note qu'il a publiée dans les Archives d'électricité médicale (n° d'août 1919) sur Un cas d'inversion totale des viscères thoraciques et abdominaux ; — de M. Mouret, inspecteur général des ponts-et-chaussées en retraite, le numéro du Bulletin de la Société géologique de France (tome 23, n° 3, juin 1895) contenant (pp. 179-191), l'Eloge d'Ernest Mallard (ingénieur des mines à Guéret de 1856 à 1859), par M. P. Termier ; — de M. l'abbé Michel, curé de La Celle-Dunoise, diverses brochures ayant un intérêt creusois, notamment des palmarès et compte-rendus de l'Association des Anciens élèves du Petit séminaire d'Ajain ; — de M. E. Chénon, le tirage à part d'une communication qu'il a faite à la Société des Antiquaires de France, séance du 3 juillet 1918, sur deux baillis du Berry du xive siècle, Hélie d'Orly et Guillaume Moreau.
MM. Louis Lacrocq et Ferrier rendent compte des classements qu'ils ont faits à la Bibliothèque :
1° Journaux locaux. — Cette collection a été constituée avec quelques achats et surtout le don généreux de Mademoiselle Rimour mentionné au procès-verbal de la séance précédente ; elle comprend : Journal du département de la Creuse, quelques numéros ; — Abeille de la Creuse, années 1833, 1840, 1841 partie ; — Echo de la Creuse, quelques numéros antérieurs à 1860, collection complète depuis et y compris 1860 ; — Conciliateur, collection complète de 1851 à 1871 ; — Creuse républicaine de 1872 à 1880.
L'attention de nos collègues est appelée sur l'intérêt très considérable qu'offrent les collections de journaux pour l'histoire locale. Nous recevrions avec gratitude les collections, même incomplètes, qu'ils voudraient bien procurer à notre bibliothèque.
2° Fonds Paul Lemoine. — Les ouvrages composant ce fonds (voir procès-verbal de la séance du 24 mai 1917, tome XX, p. LXXI), représentant un total de 152 volumes, ont été répertoriés et placés dans une vitrine spéciale. On y trouvera d'utiles recueils qui nous manquaient : le Dictionnaire d'architecture et le Dictionnaire du mobilier de Viollet-Le-Duc, l'Architecture romane du midi de la France de Revoil, les Palais, châteaux, hôtels et maisons de France du XVe au XVIIIe siècle de Sauvageot, les principaux ouvrages de Taine et de Fustel de Coulanges, etc.
VŒU. — La Société émet le vœu que les Chambres de notaires du département veuillent bien rédiger ou, si elles en possèdent déjà, compléter et mettre à jour des tableaux aussi précis que possible, contenant : 1° l'énumération des titulaires successifs des études actuellement comprises dans le ressort de chaque chambre avec les dates extrêmes de leurs exercices ; 2° l'énumération des études supprimées et des titulaires qu'elles ont eus, avec dates extrêmes des exercices, date de la suppression et mention de l'étude qui a recueilli les minutes ; 3° toutes indications qui pourront être fournies sur les minutes antérieures à la Révolution conservées dans les études (noms et résidences des notaires, années des actes) ; 4° toutes indications utiles sur les autres papiers anciens, tels que terriers, conservés dans les études.
L'ensemble de ces renseignements constituerait un répertoire sommaire des archives notariales du département si précieuses pour l'histoire locale.
LECTURES ET COMMUNICATIONS. — M. Autorde donne des détails sur les renchérissements de denrées qui se produisirent dans notre région au xviiie siècle et sur les moyens qu'employaient les autorités locales, notamment à Guéret en 1776, pour y remédier ; il rapproche ces incidents de la crise économique actuelle.
— M. le chanoine Parinet lit une note, reproduite à la fin du présent procès-verbal, relative à un grand-prieur d'Auvergne dont le nom figure sur une cloche de l'église paroissiale de Bourganeuf. Il lit et commente un document, qui sera publié, sur l'émission des billets de confiance à Bourganeuf pendant la Révolution.
— M. l'abbé Peuch a envoyé un Mémoire sur des recherches archéologiques qu'il a faites. Il a exploré des souterrains-refuges au Peyssonnier et à La Rairie près de Boussac aux abords de la Petite Creuse, aux Souhaits, commune de Leyrat. L'existence d'autres souterrains lui a été signalée au Cluzeau et à Longchamp, commune de Leyrat, ainsi qu'à Lavaufranche et aux Maisons, commune de Toulx-Sainte-Croix. Il a également exploré au Bourgnon, commune de Nouhant, la chambre d'un tumulus. Diverses traces de travaux qu'il a relevées, notamment au bois de la Feuillade, commune de Leyrat, lui paraissent établir la preuve d'une occupation militaire romaine aux abords de Toulx-Sainte-Croix.
La liste des objets recueillis par M. l'abbé Peuch dans la région qu'il a étudiée comprend un coup de poing de la période paléolithique, des haches de la période néolithique, une hache à talon en bronze, des urnes funéraires, des débris et un moule de poterie de la période gallo-romaine.
Le Mémoire contient également des détails sur les traces d'exploitation ancienne d'étain à Montebras, commune de Soumans. M. l'abbé Peuch indique qu'il a été assisté dans ses recherches par M. Naigeon, ingénieur aux Mines de Montebras, à qui sont dûs les dessins accompagnant le Mémoire.
— M. Adolphe Mazeron a communiqué la copie, faite par lui, des fragments les plus intéressants d'un terrier d'Evaux, établi en 1703. Ce document sera publié.
— M. Antoine Thomas a relevé, aux Archives nationales, la copie d'un édit du 17 janvier 1615 relatif aux juridictions de Combrailles dont l'existence nous avait été signalée par M. Adolphe Mazeron. Ce document sera également publié.
— Une fouille faite au Châtelet, commune de Budelière, a mis à jour la matrice en bronze d'un sceau dont M. Coutrot, administrateur délégué des mines du Châtelet, nous a envoyé l'empreinte ; ce sceau, de 0,020 de diamètre est du type hagiologique et a appartenu à un ecclésiastique ; il représente la Vierge couronnée tenant l'Enfant Jésus sur son bras gauche ; elle a une tige de lis à la main droite ; il porte l'inscription suivante : S. HUGO. D. RIPERIA [S(igillum) Hugo(nis) d(e) Riperia]. Ce personnage ne nous est pas connu. Le sceau paraît être du xive siècle. On en trouvera la reproduction plus loin à la page LXXX.
— M. Louis Lacrocq analyse un document qui lui a été communiqué par M. J. de Forges, ancien notaire à Naillat : c'est l'expédition d'une transaction passée devant Rebière, notaire royal, le 7 janvier 1608, sur un procès relatif à des droits de pacage dans un champ commun appelé La Rebière de Naillat, prétendus par le meunier de Champfrier, paroisse de Naillat, contre les habitants de ce bourg. Etait intervenue au procès Isabeau de Pompadour, dame de Champfrier, Naillat, Fleurat et La Poulge, qui était la veuve de Gaspard Foucaud de Saint-Germain-Beaupré mort en 1591. L'acte est passé à la Poulge. Dans un acte du 9 mai 1626 où figure la fille d'Isabeau de Pompadour, Esther Foucaud, qui avait épousé Jean de Rancé Tiercelin, M. de Forges a noté l'indication qu'elle demeurait au « chasteau noble de la Pouge », l'acte étant passé au « chasteau noble de La Chapelle-Barriou » (aujourd'hui La Chapelle-Baloué) dont Jean de Rancé Tiercelin était seigneur. Un important bâtiment, dernier reste du château de La Pouge, se voyait dans le village de ce nom, commune de Naillat ; il a été démoli il y a une vingtaine d'années.
— M. Henri Torre nous a informés que de nouvelles recherches aux Archives historiques du Ministère de la guerre lui permettaient de compléter la biographie du capitaine Dillieux publiée dans le dernier fascicule des Mémoires : mis en demi-solde le 27 novembre 1814, retraité le 16 octobre 1816, Dillieux mourut à Paris, rue de Vaugirard, le 25 novembre 1835. »
— Le Bulletin archéologique du Comité des travaux historiques et scientifiques contient dans sa 2me livraison de 1918 (pp. 283-287) le dernier article qu'a publié notre regretté collègue Roger Drouault, sur la Vierge à l'enfant de Saint-Pardoux-la-Rivière (Dordogne). Dans cette étude concise, d'une documentation solide, on trouve les qualités qui donnaient aux travaux de cet érudit tant de valeur et d'attrait. De la statue périgourdine, type curieux de « Vierge allaitante », l'auteur a rapproché une pièce creusoise, la statuette en bois, d'environ 0,40 de hauteur, conservée dans la chapelle de N. D. de la Borne, près de Blessac, qui présente le même type.
— Le préambule de l'étude que M. Louis de Nussac a publiée dans le Bulletin de la Société scientifique, historique et archéologique de la Corrèze (Brive), livraison de janvier-mars 1920, (pp. 44-72), sur L'Hôtel de Verninac et son territoire des Brandes à Brive, contient des indications intéressantes au point de vue creusois pour le mot brande employé comme nom de lieu. « Brande est, dit-il, à proprement parler, spécifiquement, un nom vulgaire de bruyère l'Erica scoparia Linné, dite aussi bruyère à balais » ; c'est par extension qu'on a appelé brande le terrain inculte où pousse la bruyère. L'aire de dispersion du mot comme nom de lieu correspond, d'après M. de Nussac, à celle de l'Erica scoparia. Par une singularité qui mérite d'être notée on ne trouve pas cette espèce de bruyère dans la Creuse où un grand nombre de tènements et quelques lieux habités portent le nom de « brande » ; le nom vulgaire de l'espèce-type s'est donc étendu chez nous à d'autres espèces de bruyère.
NOTE LUE EN SÉANCE – LE COMTE DE LESCHERAINES GRAND PRIEUR D'AUVERGNE
Par le Chanoine PARINET
L'ordre célèbre des Hospitaliers de St-Jean de Jérusalem, appelés plus tard Chevaliers de Rhodes, puis de Malte, était divisé en Langues ou Nations ; Bourganeuf fut pendant longtemps le chef-lieu de la Langue d'Auvergne, dont les grands Prieurs étaient seigneurs spirituels et temporels de la ville et paroisse.
L'inscription de la grosse cloche de Bourganeuf nous fournit le nom d'un de ces personnages importants pour l'histoire locale, nom qui ne figure pas dans les listes publiées des grands Prieurs, en particulier dans celles de Niepce [1] et Tardieu [2] ; c'est celui du comte de Leschereines ou de Lescheraines, selon l'orthographe de nombreux documents qui diffère de celle de la cloche. Voici cette inscription :
✠ A FVEVRE ET TEMPESTATE DEFENDE NOS DOMINE. JAY POUR PARAIN ILLVSTRISSIME SEIGNEVR FRERE CLAVDE FRANÇOIS COMTE DE LESCHER || EINES CHEVALIER DE ST JEAN DE IHERVSALEM COMMANDEVR DE COMPESIERS (3) PAR LA GRACE DE DIEV GRAND PRIEVR D'AVVERGNE || IAY POVR MARAINE DAME MARIE RADEGONDE BOVCHIER EPOVSE DE Mre JEAN BAPTISTE DUBOIS Cer DV ROY RECEVEVR DES TAILLES A BOVRGAN || EVF.
Au bas :
JEAN BERGER LENE ET ANDRE JOVANY LENE FABRICIENS — BERTRAND LIEBAUD FONDEVR
1728
Ce grand Prieur semble avoir joué un rôle important, non seulement dans son ordre, mais encore dans les affaires générales du pays. Il était originaire de la Savoie. Il entra dans l'ordre de Malte et s'y fit remarquer ; le 29 mai 1715 ses chefs le nommèrent lieutenant général des troupes de terre et, le 29 janvier 1722, le pape Innocent XIII énumérait dans un bref élogieux les services rendus par lui à la chrétienté et engageait le grand Maître à lui conférer la dignité des grand Croix de l'ordre [4]. Il fut nommé grand Prieur en 1728, mais il ne semble pas avoir séjourné longtemps à Bourganeuf ; il avait affermé à Chambéry un appartement de neuf pièces dans un hôtel de la rue de la Croix d'Or [5], et un autre à Malte. Il voyageait beaucoup à tel point que, le 12 septembre 1729, il reçut de ses chefs défense de sortir de son Prieuré d'Auvergne [6] ; mais on a conservé la minute d'une lettre de lui dans laquelle il proteste auprès du roi de France contre la décision du grand Maître qui lui a interdit les cours de l'Electeur Palatin et du roi de Sardaigne, décision inspirée, d'après lui, par la cour de Vienne, « jalouse à l'excez, dit-il, de la confiance dont m'honore M. l'Electeur Palatin auquel j'ay eu occasion, dans deux affaires essentielles, de faire ouvrir les yeux sur ses véritables interêts, qui ne s'accordent pas avec les veues et les propositions de l'empereur, ses ministres et ceux de l'Electeur mesme.... Il s'est trouvé des circonstances où j'ay dû lui faire sentir que ses véritables interêts n'estoient pas de se prester et de se sacrifier, luy et ses états, à ceux de la maison d'Autriche. J'ay fait gloire d'en convaincre quelques uns de ses ministres ; je voudrais l'avoir pu faire plus utilement pour luy et pour la France....[7] ». Le parrain de la cloche de Bourganeuf mourut à Chambéry le 25 mars 1748. L'inventaire de son mobilier montre des goûts et des ressources de grand seigneur avec ses croix et ses montres garnies de diamants, ses tapisseries d'Aubusson ; on signale sa galerie de portraits et de tableaux, en particulier « un portrait au naturel, représentant un vieillard, sa main sur un livre, de Holbein, sur bois [8] ».
[Illustration : Sceau de Hugues de La Ribière (XIVe siècle)]
(1) Niepce. Le Grand Prieuré d'Auvergne, p. 274.
(2) Tardieu. Grand Dictionnaire de la Hte-Marche, p. 55.
(3) Compessières était un membre de la commanderie de Genevois, en Suisse, qui faisait partie de la Langue d'Auvergne. Dans un acte de 1734, de Lescheraine est qualifié de « conseillier du roi, commandeur de Genevoix, Compessières et Bourganeuf ».
(4) Archives du Rhône. H. 123.
(5) id. id.
(6) Archives du Rhône. H. 123.
(7) id. H. 242.
(8) id. H. 520.
SÉANCE DU 21 OCTOBRE 1920
Présidence de M. des Cheises, président.
Présents : MM. Autorde, le comte de Beaufranchet, Bourzat, Chantrelle, Ferrier, Gabriel Jamot, Lafay, Mazet, Parot, l'abbé Peuch, Pichon, Louis Lacrocq, secrétaire.
Excusés : MM. Benoit, le docteur Deschamps, Fourest, Gallerand, Germouty, de Lavillatte, Montaudon, Mozer, le vicomte de Nedde, Ravoux.
— Le Bureau propose de décerner le titre de Président d'honneur à notre éminent compatriote et collègue M. Antoine Thomas, en hommage à sa science et en témoignage de gratitude pour la collaboration dont il nous honore, les précieux encouragements et la sympathie qu'il témoigne à notre Société.
S'associant aux sentiments exprimés par le Bureau, l'assemblée prie M. Antoine Thomas de vouloir bien accepter le titre de Président d'honneur.
— M. le Président fait l'éloge de M. le chanoine Lecler, membre honoraire, décédé à Limoges le 4 septembre 1920 ; une notice nécrologique lui sera consacrée.
— Des remerciements sont adressés à M. Ferrier pour les soins dévoués et compétents qu'il apporte au classement de la bibliothèque ; il est nommé bibliothécaire en remplacement de M. Peyrabon à qui son état de santé ne permet pas de conserver ce poste et qui continue de faire partie du Bureau comme administrateur.
— Un supplément de salaire de 150 francs par an est accordé à M. Moreigne, gardien du Musée, avec effet rétroactif au 1er juillet dernier.
— M. le Directeur des Beaux-Arts a demandé le concours de la Société pour la confection de l'inventaire prévu par l'article 2, paragraphe 4, de la loi du 31 décembre 1913 sur les Monuments historiques et ayant pour objet « la protection des édifices ou parties d'édifices publics ou privés, qui, sans justifier une demande de classement immédiat, présentent cependant un intérêt archéologique suffisant pour en rendre désirable la préservation ». Le Bureau a nommé, pour réunir les renseignements nécessaires à cet inventaire en ce qui concerne la Creuse, une commission composée de MM. Autorde, président, Bordier, Gabriel Jamot et Mazet. Nos collègues sont priés instamment de signaler à la commission les édifices qui leur paraîtront susceptibles de figurer à l'inventaire ainsi que ceux qui devraient être proposés pour le classement.
— Les félicitations de la Société sont adressées à nos collègues MM. Louis Braquenié, promu officier de la Légion d'honneur et M. le docteur Dupic, nommé chevalier au titre militaire, ainsi qu'à M. Charles Alluaud, membre honoraire, nommé conservateur du Muséum de Rabat (Maroc).
ADMISSIONS. — Sont admis comme membres titulaires : Mademoiselle Massein, directrice du collège de jeunes filles, à Poitiers, présentée par MM. Louis et Albert Lacrocq ; MM. Louis Baraille, notaire à La Celle-Dunoise, présenté par les mêmes ; docteur Louis Bonnet, à Bourganeuf, présenté par MM. Berger et Larbaneix ; Alexis Brunet, pharmacien à Boussac, présenté par MM. Marceron et Pichon ; Chabrol, pharmacien et maire à Ahun, présenté par MM. Autorde et Louis Lacrocq ; Champeymaud, instituteur à Saint-Sulpice-le-Guérétois, présenté par MM. Ferrier et Fillioux ; l'abbé Courtaud, vicaire à Aubusson, présenté par MM. Bouygues et Louis Lacrocq ; Henri Coutrot, administrateur délégué des mines du Châtelet, au Châtelet par Budelière, présenté par MM. Louis et Albert Lacrocq ; Croisier, aux Maisons, par Toulx-Sainte-Croix, présenté par MM. Louis et Albert Lacrocq ; Maurice Dayras, étudiant en droit à Aubusson, présenté par MM. Bouygues et Louis Lacrocq ; Jean Godard, maire de Saint-Martin-Château, propriétaire au Monteil, présenté par MM. Autorde et le chanoine Parinet ; Paul Mingasson, inspecteur général des finances à Paris, présenté par MM. Gabriel et Marcel Jamot ; Louis Monestier, directeur de l'établissement thermal de Néris-les-Bains (Allier), présenté par MM. le docteur Bordier et Louis Lacrocq ; Joseph Petit, ingénieur à Chandonnet, près Guéret, présenté par MM. Autorde et Pichon ; le commandant Ranon de la Vergne, au château de la Côte, par Châtelus-Malvaleix, présenté par MM. le comte de Beaufranchet et des Cheises ; Marcel Savignat, instituteur à Bord-Saint-Georges, présenté par MM. Autorde et Louis Lacrocq.
MUSÉE. — Madame Lafargue a donné une très belle gravure encadrée (Christ en croix d'E. Le Sueur, gravé par Edelinck).
M. Ravet, petit-neveu du colonel Roudaire, a confié en dépôt au Musée les armes et les décorations de celui-ci ; son portrait par Cormon, portant cette dédicace : Au capitaine Roudaire, son dévoué F. Cormon, 1875 ; un album de dessins de Roudaire ; des armes arabes ; des photographies.
ARCHIVES. — Nous avons reçu de Madame Lafargue un tableau et un album, dressés par son mari, contenant des statistiques comparées de l'état agricole de la Creuse en 1852 et en 1899. (M. Jean-Baptiste-Albert Lafargue, né à Bordeaux le 13 novembre 1850, mort à Guéret le 29 août 1919, a été professeur départemental d'agriculture de la Creuse du 23 novembre 1888 au 1er décembre 1917).
— M. Paul Mingasson a donné une copie, faite par lui, d'un roman écrit par son grand-père M. Simon Mingasson en 1840, intitulé La Dame de Malval et le Monastère de Boisférut. Une note de M. Louis Lacrocq sur ce roman et son auteur est publiée à la suite du présent procès-verbal.
BIBLIOTHÈQUE. — Nous avons reçu :
De M. Henri Filhoulaud, notre collègue, le beau livre qu'il a consacré à la glorieuse mémoire de son frère, le capitaine Albert Filhoulaud, mort pour la France le 17 septembre 1914 ; ce livre sera analysé dans notre Bibliographie creusoise ;
De M. Auguste Petit, les tirages à part de ses études sur La métairie perpétuelle en Limousin au XVe siècle, et Une définition de la « Baccalaria » ; il sera rendu compte de ces études ;
De M. Pichon une collection de l'Almanach-Annuaire de la Creuse (Richet éd.), qui comble une lacune de notre bibliothèque ;
De M. René Fage, les tirages à part de ses articles sur Le « remède prodigieux » du docteur Degimard (extrait de Lemouzi) et Un ami de Baluze, l'orientaliste Antoine Galland (extrait du Bulletin de la Société scientifique, historique et archéologique de la Corrèze).
LECTURES ET COMMUNICATIONS. — M. Antoine Thomas signale dans une note reproduite à la fin du présent procès-verbal l'existence de registres paroissiaux de la Creuse aux Archives nationales.
— M. Pierre Charreyron, notre collègue de la Société archéologique et historique du Limousin, a bien voulu nous envoyer un article sur Léon Sandon, originaire de Felletin, personnage dont la presse et l'opinion s'occupèrent beaucoup sous le Second Empire.
Lecture est donnée de cet article qui paraîtra dans les Mémoires.
— M. Georges Nétange a copié dans les minutes anciennes de Me Guingue, notaire à Jarnages, un curieux acte dont M. Autorde donne lecture : c'est un contrat d'afferme pour trois ans, consenti le 29 septembre 1662, par les autorités de Jarnages à Antoine Legendarme du « droit de langayage des pourceaux » vendus dans la localité. Cet acte sera publié.
— M. Louis de Nussac nous a signalé un article de M. F. Pérot, paru dans la Revue scientifique du Bourbonnais en 1906, (pp. 158-160) concernant notre compatriote Barailon.
M. Pérot y indique qu'il est possesseur d'un manuscrit formant deux volumes, l'un de 307 pages, l'autre de 361 pages, qui contiennent une longue série d'observations météorologiques faites par Barailon à partir de 1778. Certains faits historiques locaux y sont également enregistrés à partir de 1790. Le titre de l'un des volumes mentionne des observations faites à Moulins (Barailon a été médecin en chef de la généralité). Quelques extraits cités par M. Pérot s'appliquent à des observations faites à Chambon. Ainsi que l'a fait remarquer M. Pérot, ce manuscrit doit offrir de l'intérêt par les détails et la continuité des constatations enregistrées.
— M. Savignat a trouvé dans les registres paroissiaux de Bord-Saint-Georges une mention intéressante écrite par l'abbé Thomas, alors curé, relative à la découverte, en janvier 1783, au village de Change, en cette paroisse, d' « un monument ancien de 61 pieds de longueur sur 50 de largeur », contenant des ossements, des monnaies, des débris de statue. Cette découverte a fait l'objet d'une étude de Barailon dans ses Mémoires sur quelques monumens récemment découverts dans le pays de Combraille... (1784). M. Savignat a identifié le terrain où la découverte a eu lieu ; c'est une terre dite les Boueix, appartenant à M. Vernaudon, descendant de Laurent Feron, mentionné au registre paroissial comme propriétaire de la terre en 1783. Une margelle de puits provenant de la terre des Boueix a été transportée au village de Beaune, où elle se trouve encore à côté de la maison Boulade.
M. Savignat nous a envoyé, en outre, le manuscrit d'un poème intitulé L'Exilé, daté du 18 juin 1856, composé par André Thévenot, de La Souterraine, sur lequel J. Bellet a écrit une notice dans nos Mémoires (XVII, 271-273). Le poème, dont la troisième partie est dédiée au Prince impérial, sollicite la clémence du gouvernement pour un proscrit du 2 Décembre.
— M. l'abbé Peuch présente une partie des objets provenant des fouilles qu'il a exécutées (voir procès-verbal de la séance du 20 mai 1920, au présent tome, page LXXVI), ainsi que des échantillons de minéraux provenant de Montebras.
— M. Parot indique que lors des expériences de dérochement faites à la cheddite, en juin dernier, dans du granit, à La Croix de Lorette, près Guéret, une petite masse solide, noirâtre, dégageant un gaz à odeur pénétrante, ayant l'aspect d'un produit de haut fourneau, fut recueillie par M. Autorde.
L'analyse du fragment a montré qu'il avait tous les caractères des chlorates (la cheddite étant du chlorate fondu) et que, de plus, il contenait de notables quantités de fer. Il est probable qu'on se trouvait en présence d'un fragment de chlorate qui a fondu à nouveau au moment de l'explosion et s'est combiné au mica noir, partie ferrugineuse de la roche. Le gaz à odeur pénétrante qu'a senti M. Autorde était le piroxyde de chlore.
NOTE LUE EN SÉANCE – REGISTRES PAROISSIAUX DE LA CREUSE AUX ARCHIVES NATIONALES
par Antoine THOMAS
Mon confrère M. Charles Samaran, archiviste aux Archives Nationales, a bien voulu m'informer, au mois de décembre 1919, de la découverte qu'il a faite dans un local inexploré de notre grand dépôt national, de trois registres paroissiaux de notre département, que j'ai examinés et sur lesquels je puis fournir à notre Société quelques renseignements sommaires.
1° Felletin, paroisse du Moutier. — Registre de 22 feuillets. Baptêmes, du 14 juin 1601 au 30 novembre 1610. Copie intégrale faite en 1610 et certifiée par les notaires Jourdain et Roy. La plupart des actes sont reçus par le curé Jehan du Lac. J'y ai relevé toutes les mentions de tapissiers qui m'ont frappé, et que voici par ordre chronologique : Anne fille du tapissier de Pontcharraud (17 décembre 1606) ; parrin Loys Chappellon tappissier (25 mars 1607) ; Michel Villevault tappissier de Felletin (14 mai 1607) ; parrin Michel Villevault (2 juillet 1607) ; François Raze tappissier (15 juin 1608) ; François Rase tappissier (11 avril 1609). L'original n'existe plus dans les archives communales de Felletin.
2° Saint-Germain-Beaupré. — Registre de 71 feuillets. Baptêmes, mariages et enterrements, du 21 octobre 1629 au 21 septembre 1636. Original. J'ai extrait l'acte de décès de l'abbé de Bénévent Jehan de Las Luquetas, dont on ignorait jusqu'ici la date.
Le vintesisieme juoin mil six cent trante cinq, environ les onze eures et demie du souer, desede frere Jehan de Las Luquetas en son vivans abé de Benevant, et fut ensevelit le onziesme juliet audit ans en l'esglise de Sain Germain au devans le grant hautel du couté de la chapele du seigneur de Sain Germain, et fut faict le service par moy vicaire sous sinné, asisté de metres Jehan Coulion curé de Lafat, et de André des Rivaud curé de Seniau, Jaques Bouneaud prestre, Jehan du Cros prieur de Coulondanes, Guiliaume de Chatilion curé de Lusiere (sic), Leonard de Puilemant vicaire de Sain Legier de Bredereys, et Pierre Leonard vicaire de Sain Anian de Versiliat, et Josef de La Vaud vicaire de Sain Estienne de Versiliat. Anima eius requiescat in pase. Amen. — (Signé) Deschamps vicaire de Sain Germain.
3° Cressat. — Registre formé de deux cahiers de 6 feuillets chacun. Baptêmes, mariages et enterrements de l'année 1694. Les premiers actes sont signés par le curé Dufour, la plupart des autres par Auvillot « prieur curé des Forges desservant la cure de Cressat »
2 septembre 1920.
NOTE LUE EN SÉANCE – A PROPOS D'UN ROMAN HISTORIQUE DE SIMON MINGASSON
Par Louis LACROCQ
En même temps qu'il donnait à notre Société une copie du roman écrit par son grand-père (voir le procès-verbal qui précède), M. Paul Mingasson nous fournissait aimablement les renseignements qui nous permettent de présenter quelques éclaircissements sur cette œuvre d'inspiration creusoise et son auteur qui est notre compatriote.
Simon Mingasson était né au village de Montinazeau, commune de Chéniers, le 23 brumaire an X (14 novembre 1801) ; il était fils de Joseph Mingasson et de Françoise Descombes (1). Son éducation fut faite par son oncle maternel l'abbé Simon-Pierre Descombes, le prêtre distingué qui a fondé le Petit séminaire d'Ajain en 1817. Marié à Mlle Delacou, fille d'un notaire d'Eguzon (Indre), il succéda à son beau-père en 1830, exerça ces fonctions pendant six ans et fut maire d'Eguzon de 1850 à 1856 (2). Il est mort le 11 avril 1867 (3).
C'est en 1840 qu'il écrivit ou, du moins, termina La Dame de Malval et le monastère de Boisférut ; le manuscrit du roman porte cette date. Nous n'avons pu savoir s'il le fit imprimer ; il est certain, en tous cas, que l'œuvre ne resta pas ignorée puisque Laisnel de Salle, dans ses Croyances et Légendes du centre de la France (Paris, 1875, tome II, p. 66), en cite un passage (4). La trame du roman, qui se passe au début du XVIe siècle, est le récit des amours d'Amici, fille du baron de Saint Julien, seigneur de Beauvais, avec son frère de lait le jeune Théodule, qu'on enferme comme novice au couvent de Boisférut. Théodule se trouve être le fils de Philiberte de Savoie, « dame de Malval », et sa mère le reconnaît, mais il meurt assassiné par le seigneur de Beauvais. Amici meurt de chagrin et Philiberte de Savoie quitte la Marche après avoir fondé un couvent à Chéniers. De nombreuses digressions coupent le récit, comme l'épisode du « Daro (rocher) des Fées », l'histoire de Zizim, mêlées à des descriptions de paysages et de quelques usages locaux offrant un certain intérêt. (5).
Il est permis de dire que la valeur littéraire de l'œuvre est médiocre et son style le plus souvent déclamatoire. On y trouve cependant un certain sens de la composition et la preuve que Simon Mingasson était un esprit cultivé, connaissant un peu le passé de la province par la lecture de l'Histoire de la Marche de Joullietton probablement. Des nombreux personnages qu'il fait évoluer les uns portent des noms imaginaires, d'autres des noms que l'auteur a pris à une source que nous avons aisément retrouvée : le procès-verbal de rédaction de la coutume de la Marche (1521) que lui offrait l'édition très répandue de Couturier de Fournoué.
Le côté le plus curieux du roman de Simon Mingasson est la nouvelle démonstration qu'il apporte de l'influence exercée en province par le mouvement romantique d'où procèdent manifestement tous les romans d'histoire locale éclos si nombreux à cette époque. Nous avons signalé à la Société archéologique et historique du Limousin (Bulletin t. LXVII, pp. 242 et 250) Le Château de Chalusset ou l'Excommunication, de Francis Levasseur, paru en 1840, et les Chroniques Limousines d'Ayma, que publiait la revue toulousaine « La Mosaïque du Midi » entre 1838 et 1842. A peu près à la même époque, André Thévenot, le poète de La Souterraine, écrivait Eymeric de Bridiers et Médéric de Crozant, en deux volumes in-8° (cf. Mémoires de notre Société, XVII, p. 272, article de J. Bellet).
Ce n'est pas seulement comme écrivain que Simon Mingasson a droit à notre souvenir ; c'est aussi comme artiste. Il dessinait et il est l'auteur du portrait de son oncle l'abbé Descombes dont la reproduction accompagne les biographies de celui-ci. Dès 1842 — cinq ans après la mort de l'abbé Descombes, — un universitaire, E. Boulgon, originaire d'Aubusson (6), publiait sur lui une notice très élogieuse dans la Mosaïque du Midi (VI, pp. 377-330), illustrée d'une gravure sur bois d'après un portrait fait par Simon Mingasson, au sujet duquel Boulgon s'exprime ainsi : « Ne croyez à la sévérité de son portrait ; il y avait tant de douceur dans ses yeux qu'ombragent d'épais sourcils ! C'est qu'il était bien près de la mort quand son neveu M. Maingasson fixait les traits de son oncle chéri sur un papier caché dans son chapeau, car le modeste vieillard ne voulut jamais poser devant un artiste ». Une lithographie du dessin, non datée, a été tirée chez Villain ; elle porte la mention : Mingasson del. Nous ignorons ce qu'est devenu l'original du dessin. On le trouvera reproduit en photogravure (probablement d'après la lithographie) dans l'ouvrage de l'abbé Dardy sur Ajain (Creuse) paroisse et séminaire (Limoges, 1902) qui contient (pp. 201-253) de longs détails sur l'abbé Descombes ; il est raide, mais correct et très vivant. (7)
(1) Voici son acte de naissance que nous avons relevé sur les registres de la commune de Chéniers déposés au greffe du Tribunal civil de Guéret :
« Du vingt-trois jour du mois de Brumaire l'an dix de la République française, acte de naissance de Simon Mingasson, né ledit jour à six heures du matin, fils de Josephe Mingasson et de Françoise Descombe, sa femme, propriétaires au Montinasau. Le sexe de l'enfant a été reconnu être masculin. Premier témoin Simon Descombe âgé de vingt ans ; second témoin, Françoise Moreau, âgée de... (blanc) ; sur la réquisition à nous faite par... (blanc).. et ont signé... (blanc).. Constaté suivant la loi par moi Guillaume Cayard, maire de la commune de Chénier, faisant les fonctions d'officier public de l'état civil.
Signé : Cayard, maire. »
(2) L. Blanchard, Notice monographique sur Eguzon (Châteauroux, 1895), pp. 108 et 213.
(3) Renseignement fourni par M. Paul Mingasson.
(4) Laisnel de la Salle donne la référence suivante en note : « La dame de Malval, roman par M. Simon Mingasson, d'Eguzon ».
(5) Par exemple une description des ruines de Malval, des détails sur le village, sa halle, la fête patronale etc. On peut même glaner dans le manuscrit de Simon Mingasson une indication sur un fait contemporain (note ajoutée après coup) : à la page 449 de la copie est signalée la destruction en 1845, par une crue, du vieux pont « ogival » de Chambon-Sainte-Croix et de la croix qui le surmontait.
(6) Cf. notre communication à la Société archéologique et historique du Limousin, (Bulletin, LXVII, 242-244), et celle de M. Paul Ducourtieux id. 251).
(7) Bien que Boulgon n'indique pas le prénom de l'auteur du dessin, il n'y a pas de doute, d'après ce que nous a écrit M. Paul Mingasson qu'il a été fait par Simon Mingasson. Il paraît que ce portrait a été le document sur lequel, longtemps après la mort de l'abbé Descombes, le docteur Chaussat, de Lavaveix-les-Mines, a sculpté son buste ; cette indication contredit celle peu vraisemblable donnée par l'abbé Dardy (loc. cit. p. 247) que le docteur Chaussat n'avait eu recours qu'à des souvenirs de quarante ans pour faire cette sculpture.