SÉANCE DU 28 JANVIER 1937

Présidence de M. Louis Lacrocq, président.

Présents : Mlles du Muraud, Provost, Théreil ; MM. le docteur Bordier, de Bourran, Chatreix, Délurier, J. Dutheil, Filloux, de Forges, le docteur Janicaud, Laborde, Lacombe, Lafay, Lamatière, Desjobert de Prahas, Sarrassat.

Excusés. — Mlle Bellegy, MM. Blanchet, Maurice Dayras, Rimour.

L'hommage de la Société est adressé à la mémoire de MM. le docteur Saint-Hilaire et Pélisson, membres titulaires, et de M. Petit, archiviste honoraire de la Haute-Vienne, membre correspondant, récemment décédés.

MONUMENTS HISTORIQUES.— Par arrêtés des 16 et 17 décembre 1936, ont été inscrits à l'Inventaire supplémentaire des Monuments historiques, l'église de Saint-Victor et le château du Monteil-au-Vicomte.

COMPTES ET BUDGET — M. Laborde, trésorier, présente les comptes de l'exercice 1936 :

Recettes :
En caisse au 31 décembre 1935 ............. 2.257 »
Subvention du département................. 1.214,50
Subvention de la ville de Guéret ........... 2.298,50
Cotisations.................................. 11.228 »
Vente de volumes des Mémoires............. 252 »
Intérêts de rentes .......................... 161 »
Contribution à l'impression des Mémoires versée par le Comité départemental d'histoire économique de la Révolution. 600 »
Droits d'entrée au Musée...... ............. 3.300 »
——————
21.311 »

Dépenses :
Gardiens du Musée ........................ 1.880 »
Impression, brochage et clichés des Mémoires 9.241,20
Frais d'envoi des Mémoires.................. 1.378,80
Frais de bureau............................. 741,90
Musée ..... ................................ 6.355,45
Bibliothèque................................ 281,75
——————
19.879,10

Recettes.................................. 21.311 »
Dépenses .................................. 19.879,10
Excédent de caisse au 31 décembre 1936. 1.431,90

Dans le compte ci-dessus ne sont pas compris trois rachats de cotisation effectués pendant l'année 1936 et versés au livret de Caisse d'Epargne qui s'élève, au 31 décembre 1936, à 17.903 fr. 29.

Les comptes, vérifiés par MM. de Bourran et Filloux, sont approuvés. Des remerciements sont adressés à M. Laborde, trésorier.

Le budget de 1937, établi par le bureau, est approuvé.

ÉLECTIONS. — M. J.-B. Moreau est élu bibliothécaire en remplacement de Mlle du Muraud. M. E. Lacombe est nommé deuxième secrétaire-adjoint.

ADMISSIONS. — Mlle Delmas, institutrice à l'Ecole maternelle à Guéret ; MM. Defressigne, adjoint à l'Ecole annexe de l'Ecole normale à Guéret ; H. Dutheil, commis principal des P. T. T. à Guéret ; Grellet-Aumont, à Rouen ; Moreau, chef de bureau à la Préfecture, à Guéret ; Prugnaud, rédacteur principal à la Préfecture, à Guéret ; Ragot, industriel, à Saint-Mandé (Seine) ; Sarget, avocat stagiaire à Guéret ; G. Tessier, comptable à Guéret.

BIBLIOTHÈQUE. — Dons reçus : de M. J. Levron, Une Révolte de contribuables (1848), Limoges, 1936 ; de l'Illustration, le numéro de cette revue contenant l'article de M. R. Lécuyer sur le Musée de Guéret (28 novembre 1936) ; de M. Germouty, Un livre de contes pour les petits Creusois (Mémorial de la Creuse du 21 novembre 1936), Une thèse de doctorat ès lettres sur Jules Sandeau (Id. du 2 janvier 1937), Notice sur Le Grand-Bourg (Id. du 9 janvier 1937) ; de M. le docteur Butaud ; Zizim (Chercheur des 5 et 6 décembre 1936) ; de M. Hugon, La Creuse dans l'Armorial général de la France, Limoges, 1936 ; de M. Génermont, Les Rues de Moulins à travers les âges, Moulins, 1937 ; de M. Crozet, Les Lanternes des morts du Centre et de l'Ouest, Poitiers, 1936 ; de M. le Dr Janicaud, divers ouvrages de Cabanès.

LECTURES ET COMMUNICATIONS. — M. Sarrassat fait connaître qu'explorant, en janvier 1937, l'emplacement des hêtraies disparues de Fayolle, près Guéret, il a découvert des colonies de Brachyodus Trichodex Fürn, mousse rare en France, déjà récoltée cependant dans la Creuse par lui à Saint-Sulpice-le-Guérétois, Gentioux et Pigerolles. Elle est difficile à apercevoir et croît en terrain siliceux, frais et ombragé ; les hêtraies de Fayolle, explorées cependant plusieurs fois par an pendant vingt ans, n'avaient jamais révélé cette muscinée cachée peut-être par l'ombre.

Dénudé de ses hêtres centenaires, cet emplacement ne conserve que quelques houx dont l'écorce est couverte de dessins très décoratifs formés par un lichen de la famille des Graphidacées : le Graphis Elegans Ach.

Des échantillons de cette mousse et de ce lichen sont présentés.

— M. le Dr Janicaud montre, avec explications, deux photographies : 1° une tête de statue gallo-romaine (paraissant être un Jupiter à la roue), provenant de La Villette, commune d'Issoudun, et appartenant à Mme Louis Rousseau ; 2° un morceau de sculpture Renaissance, bien caractérisé, ornant une porte à Puy-Rolland, commune de Saint-Agnan-de-Versillat.

— M. A. Rivet communique la copie d'un acte reçu le 26 mars 1719 par Sauty, notaire royal à Flayat, relatif à un conflit entre Léonard de Boutiniergue, seigneur du Theil, paroisse de Saint-Agnan-près-Crocq, et Edmond Parouty, prêtre, au sujet des chapelles de Sainte-Anne du Theil et du Saint-Rosaire, celle-ci dans l'église de Saint-Agnan. E. Parouty se plaignait d'ignorer les titres de fondation de ces chapelles dont il était le chapelain. Léonard de Boutiniergue lui en fit remettre copie par le notaire, se réservant éventuellement de le remplacer par un autre prêtre. Ces titres mentionnent une fondation de janvier 1482, une autre du 9 juin 1641. La chapelle du Theil a été démolie vers 1890.

M. Louis Lacrocq ajoute les précisions suivantes : les Archives de la Haute-Vienne contiennent (G 755, 756, 757) trois documents relatifs à la chapelle du Theil : 1° un procès-verbal de visite de septembre 1731 indiquant que, séparée du château et adossée au mur de la basse-cour, elle était, alors, « très bien ornée et en bon état » ; ce procès-verbal vise l'acte de fondation de 1482 et cite le fondateur, Gabriel de Bonneval, seigneur du Theil et de Rochebonne, les revenus du chapelain consistant en dîmes ; 2° une permission de célébrer dans la chapelle donnée par l'évêque de Limoges (29 septembre 1731) ; 3° un procès-verbal de visite de 1741 constatant qu'il manque des ornements et que la chapelle a besoin de réparations. Le Pouillé de Nadaud (éd. Lecler, p. 424) mentionne la vicairie de Sainte-Anne, qui paraît être la chapelle du Theil, et celle « à l'autel du Rosaire » fondée par Jean Miron, curé, sans précision de date.

— M. Henri Hugon communique une note relative à la fréquentation du Petit Séminaire de Magnac-Laval en 1761 par deux élèves de Chénérailles et un de La Souterraine qu'on retrouve plus tard curés dans la Creuse.

— M. E. Lacombe commente deux documents imprimés émanant de la Généralité de Moulins (1787) : 1° un arrêt sur la substitution d'impôts à la corvée des chemins ; 2° le cahier des charges régissant la construction et l'entretien des routes royales.

— M. Jean Dutheil lit une note, d'après des documents des Archives départementales de la Creuse, sur un incident provoqué en 1789 par l'impopularité dans les campagnes du décret de libre circulation des grains : Pierre Minet, de Villechereix, paroisse de Rougnat, ayant voulu conduire, le 16 juin 1789, à Clermont, une charrette de céréales, fut assailli et contusionné à Dontreix par une « multitude de quidam », des femmes surtout ; le chargement fut éparpillé. L'affaire fit l'objet d'une information, d'abord devant la justice seigneuriale de Matroux (paroisse de Dontreix) et plus tard devant le tribunal de district de Chambon qui inculpa plusieurs femmes. Les Archives ne contiennent pas le résultat de cette procédure.

— MM. Henri Hugon et Albert Lacrocq communiquent, de la part de M. A. Demartial, quatre documents relatifs à la région de Vallière, dont un procès-verbal de l'an III contenant estimation de la « chapelle ci-devant Saint-Roch, commune de Frongier-Libre ». Cette chapelle, située au Sud de la commune de Saint-Marc-à-Frongier (cote 646 de la carte d'Etat-major), était entourée d'un terrain de 300 toises et cinq tilleuls étaient plantés à côté.

— M. Louis Lacrocq signale un document des Archives départementales de la Creuse (L complément, liasse 70¹⁰) que lui a indiqué M. P. Dutheil. C'est une lettre du 8 août 1793 des administrateurs du District de Boussac aux « Citoyens membres de la Société populaire de Jarnages », les invitant à venir à Boussac pour la fête du 10 août, « le grand jour de la Liberté, la Pâque des Républicains... boire dans la coupe de la Fraternité ».

— M. Louis Lacrocq présente une lettre-diplôme (délivrée par duplicata le 25 octobre 1792) affiliant la « Société de Chambon-Creuze » au Club des Jacobins, pièce obligeamment prêtée par un érudit de l'Hérault, M. de Cardenal, et la commente :

La Société populaire de Chambon fut fondée sous le nom de Société patriotique le 7 mars 1790 (cf. communications de M. Valadeau, Mémoires, t. XXIV, p. V, LVIII, LXXVIII, LXXXXIV). Le procès-verbal de la séance du 18 novembre 1792 (dont M. Valadeau a communiqué la copie) mentionne que le Club de Chambon sera désormais la « Société des Amis de la République » et explique pourquoi il avait fallu un duplicata de l'affiliation aux Jacobins.

On vote, en effet, des remerciements au citoyen Barailon qui a découvert la cause ayant empêché de connaître plus tôt cette affiliation : « un homme exercé dans l'art d'abuser de la confiance publique avait intercepté notre diplôme et jouissait dans le silence de ses crimes des précieux envois... ». Le procès-verbal précédant celui du 18 novembre 1792 est daté du 14 août 1791 : il est donc évident que, pendant plusieurs mois, la situation du club de Chambon avait été troublée.

Des remerciements sont adressés à M. de Cardenal.

— M. Gautheron, ancien membre de la Société, communique le texte des couplets composés « par le citoyen Grand, secrétaire général de l'administration départementale de la Creuse » et chantés à Guéret, le 1er vendémiaire an VI, pour la fête de la Fondation de la République (extrait du journal L'Ami de la Patrie ou La Liberté Française du 3 brumaire an VI, numéro 604).

— M. Quellet a envoyé l'empreinte du cachet de la Société populaire de Chamberaud.

— M. Chatreix lit la partie « Démographie » (chapitre II) de la Monographie qu'il prépare sur la commune de Saint-Maurice-la-Souterraine.

— M. Casanova, ayant dépouillé les registres du Conseil municipal de Saint-Laurent depuis le début du XIXe siècle, communique des délibérations sur de grands événements (naissance du Roi de Rome, proclamation du Second Empire) et sur des questions purement locales (budget, enseignement, nominations d'instituteurs, vicinalité).

— M. Lafay lit une note sur le banquet réformiste qui eut lieu à Guéret le 20 octobre 1840, sous la présidence de Michel de Bourges, note complétant la publication qu'il a faite au sujet de cette manifestation (Mémoires, t. XX, p. 372-376). Il lit le toast porté par le Dr Delavallade, d'Aubusson, caractéristique de la phraséologie de l'époque, toast dont nos Archives contiennent une copie.

M. Lafay fournit des indications biographiques sur Delavallade, empruntées à un mémoire judiciaire rédigé par lui pour un procès en 1846 (conservé aux Archives départementales) ; une note de M. Maurice Dayras les a complétées :

Joseph Delavallade, né à La Vallade, commune de Banize, le 19 mars 1792, avait été chirurgien militaire et fut fait prisonnier pendant la campagne de Russie. Il s'installa comme médecin à Aubusson vers 1816 et joua un rôle politique. Il fut élu représentant de la Creuse à l'Assemblée Législative en 1849. Il est mort à Aubusson le 10 avril 1880.

— M. Pierre Dutheil commente le rapport sur l'Instruction primaire présenté au Conseil général de la Creuse en 1847 par Emile de Girardin, alors député de la Creuse, rapport publié dans les procès-verbaux du Conseil général de la Creuse, année 1847, p. 120 (Guéret, imprim. Dugenest).

— M. Desjobert de Prahas analyse une brochure d'Alfred Cornudet (Aubusson, 1858) sur la situation de l'agriculture dans la Creuse vers la fin de la première décade du Second Empire.

 

 

SÉANCE DU 25 FÉVRIER 1937

Présidence de M. Louis Lacrocq, président.

Présents : Mlles Curie, Delmas, du Muraud, Pasquet, Pauly, Théreil, MM. de Bourran, Dutheil, Faure, de Forges, le docteur Janicaud, Laborde, Lacombe, de Lacotte, Lamatière, Lafaye, Moreau, Desjobert de Prahas.

Excusés : Mlles Bellegy, Provost, MM. le docteur Bordier, Chatreix, Cluzet, Maurice Dayras, Polier.

L'hommage de la Société est adressé à la mémoire de M. Marc de Lajaumont, membre titulaire, récemment décédé, qui témoigna toujours un grand intérêt à notre Société et au Musée auquel il a fait un legs généreux de peintures dont il était l'auteur.

On évoque et salue la mémoire de M. Vincent, relieur à Guéret, qui a travaillé de longues années pour la Bibliothèque de la Société.

Les félicitations de la Société sont adressées à MM. Chomeau, Dubreuil et au docteur Sinaud, qui ont été nommés chevaliers de la Légion d'honneur, à Mlles du Muraud et Provost, nommées officiers d'Académie.

M. Moreigne, gardien du Musée, a été nommé chevalier de la Légion d'honneur au titre militaire. M. le Président rappelle ses brillants services et lui exprime les félicitations et la sympathie de la Société à laquelle M. Moreigne témoigne un parfait dévouement.

CLASSEMENT. — Par arrêté du 1er février 1937, ont été inscrits sur la liste des sites classés : 1° le site du Chapitre à Aubusson, propriété communale ; 2° la partie de la colline du Marchedieu, à Aubusson, appartenant à M. Lecomte.

Par arrêté du 1er février 1937, a été inscrite sur l'Inventaire des sites dont la conservation présente un intérêt général, la partie de la colline du Marchedieu, à Aubusson, comprenant les parcelles cadastrales n° 420 à 430, 438 à 444.

ADMISSIONS. — Mme Lardy, à Guéret ; MM. Henri Pauly, entrepreneur, à Guéret ; Jean-Marc Truffy, notaire, à La Courtine.

BIBLIOTHÈQUE. — Dons reçus : de M. Desjobert de Prahas, le Bulletin de la Société hippique rurale de la Creuse (1936) ; de M. Germouty, la suite de ses Notices (Le Grand-Bourg) parue dans le Mémorial de la Creuse du 13 février.

LECTURES ET COMMUNICATIONS. — M. le docteur Janicaud présente la photographie d'une tête de bélier gallo-romaine en granit, trouvée à Lavaud, près de Toulx-Sainte-Croix, analogue à celle qui avait déjà été trouvée au même endroit. Cette découverte lui a été signalée par M. l'abbé Aguillaume.

Il rapporte la trouvaille d'un petit trésor, faite à Montaigut il y a sept ou huit ans ; il comprenait sept pièces d'or françaises, espagnoles et portugaises ; la plus récente datait de 1565.

— M. Louis Lacrocq présente, de la part de M. le Médecin général Guillon, deux photographies de la lanterne des morts de La Souterraine montrant la porte, copie de modèle gothique, récemment placée à la baie inférieure par les soins du Syndicat d'initiative de cette ville.

— M. Jacques Levron a envoyé la note suivante :

« Le 22 août 1524, Simon Calot, huissier du roi en la Cour du Parlement de Toulouse, se transporta, à la requête du procureur général du roi en la dite cour, au prieuré de Longages (canton de Carbon, arrondissement de Muret, Haute-Garonne), pour y saisir, au nom du roi, les biens meubles, fruits et revenus de ce prieuré dépendant de l'ordre de Fontevraud. C'était l'époque de la Réformation de cet ordre et les abbesses s'efforçaient de faire rentrer sous leur dépendance, avec l'aide de l'autorité royale, les maisons qui avaient été souvent usurpées par de soi-disant prieurs. C'était le cas de Longages.

« Suivant la coutume, l'huissier dressa un inventaire détaillé des meubles saisis. Or, on lit dès la deuxième page dans l'énumération du mobilier d'une chambre ou salle haute qui était vraisemblablement la chambre à coucher du prieur René Tardif : ...Item une tapisserie grande, toute neufve, de l'avraige (pour ouvrage ?) de Feletin.... l'imaige. (Arch. départ. de Maine-et-Loire, H, fonds de Fontevraud, en cours de classement).

« C'est la seule mention de tapisserie qui soit faite dans cet inventaire, mais elle nous paraît présenter quelque intérêt parce qu'elle établit que les ateliers marchois vendaient leurs productions dans la région de Toulouse dès le premier quart du XVIe siècle. D'autre part, les mentions de tapisseries marchoises à cette époque ne sont pas tellement fréquentes qu'elles ne méritent d'être relevées soigneusement ».

— M. Lafay lit une communication sur des conditions climatiques et des phénomènes météorologiques enregistrés en divers documents de notre région depuis le XVe siècle, communication résumant le travail qu'il a fourni, au nom de notre Société, à l'enquête de l'Office national météorologique (Comité des Variations climatiques).

— M. Chatreix présente la copie de deux procès-verbaux provenant des minutes de Me Colin, notaire à Arnac-la-Poste (Haute-Vienne), l'un, du 11 septembre 1745, enregistrant la démission de Compain, curé du « bénéfice-cure » de Saint-Maurice en Poitou (près La Souterraine), l'autre, du 4 octobre 1745, relatant l'installation et la prise de possession de cette cure par son successeur Martial Baraillé.

— M. E. Lacombe lit une note sur diverses interventions de Barailon, membre du Conseil des Cinq-Cents, à la tribune de cette assemblée, au cours des délibérations relatives à l'Ecole Polytechnique, interventions généralement hostiles à cette institution (état d'esprit des élèves, régime des études, etc.). Il y joint des indications sur la fréquentation de l'Ecole par les Creusois de 1794 à 1883. Ces divers renseignements sont extraits de l'ouvrage de Pinet : Histoire de l'Ecole Polytechnique (Paris, 1887, Baudry et Cie, pp. 18, 30, 35, 396 et 410).

— M. A. Rivet communique un extrait du registre des délibérations du Conseil général de la commune de Flayat relatif à l'installation d'Antoine Ducourteix, élu juge de paix du canton. Cette cérémonie se déroula dans l'église de Flayat, le 1er février 1791, en présence du Conseil général de la commune et des habitants. Ceux-ci occupaient la nef, les autorités étaient dans le chœur.

Après lecture du procès-verbal de son élection, le juge de paix prêta serment et vint ensuite occuper « devant l'autel » le siège du maire qui prit l'engagement, au nom de ses administrés, de porter au juge de paix et à ses jugements le respect et l'obéissance.

— M. J. Dutheil expose le programme de l'enquête de géographie humaine ouverte en France par M. le professeur Demangeon, de la Sorbonne, et portant sur des questions de population, d'habitat, de structure agraire. Les membres de la Société sont invités à fournir leur concours à cette enquête.

— M. P. Dutheil communique la copie d'un rapport du Préfet de la Creuse au Ministre du Commerce, daté du 4 décembre 1835 (Arch. dép. de la Creuse, série M, non coté). Le Ministre avait demandé à tous les Préfets de lui faire connaître la situation matérielle de leur département par comparaison de l'année 1835 avec les dernières années de la Restauration.

M. P. Dutheil a extrait de ce rapport ce qui concerne l'agriculture. Après avoir indiqué que la pauvreté du sol, le morcellement de la propriété ne permettent guère la recherche des perfectionnements, le Préfet s'exprime ainsi :

« Le petit cultivateur n'achète pas chèrement des instruments
« nouveaux dont il ignore l'usage ; il hésite à faire à la terre des
« avances en capitaux, mais le travail est aussi un capital et il le
« prodigue pour obtenir de meilleures récoltes.
« Ainsi l'art ne fait pas de progrès dans la Creuse, et cependant
« il y a amélioration sensible dans les résultats. Partout la surface
« des prairies s'est augmentée, la culture des pommes de terre a
« plus que doublé, celle du sarrazin s'est accrue dans une forte
« proportion et loin que cet état de choses ait diminué le produit
« des céréales, mes recherches prouvent qu'il est plus considérable
« qu'il n'a jamais été.
« Le nombre des têtes de bétail est également en progression,
« surtout en ce qui concerne les jeunes animaux, et pour présenter,
« en chiffres, d'une manière approximative, la comparaison de
« l'année 1835 avec les cinq années qui ont précédé la Révolution
« de Juillet, j'établirai que la superficie des prairies a augmenté
« d'un 30e, la culture du sarrazin s'est accrue d'un quart, celle des
« pommes de terre de plus du double ; l'établissement des
« prairies artificielles, nul en 1825, commence à se répandre, mais
« faiblement encore ; enfin on peut évaluer à un 20e en sus le
« nombre des têtes de bétail et la production des céréales ».

— M. Louis Lacrocq lit le brouillon d'une lettre écrite par Paul Poujaud à M. Gastoué, le 27 octobre 1930 (document communiqué par M. le commandant Bareige) au sujet d'un thème populaire creusois (chant de laboureur) noté par Paul Poujaud et communiqué par lui à son ami, le célèbre musicien César Franck, qui l'harmonisa et l'utilisa dans une suite d'orgue.

 

 

SÉANCE DU 29 AVRIL 1937

Présidence de M. Louis Lacrocq, président.

Présents : Mme Petit, Mlles Bellegy, Delmas, du Muraud, Provost, Théreil, MM. Barthon, le docteur Bordier, de Bourran, Maurice Dayras, Desjobert de Prahas, J. Dutheil, Filloux, le docteur Janicaud, Laborde, Lacombe, Lafay, Lamatière, Moreau, Petit, Turpinat.

L'hommage de la Société est adressé à la mémoire de M. Max Prinet, membre honoraire, et de MM. Delamarre et Johannès Paufique, membres titulaires, récemment décédés.

M. le Président fait connaître que le 4e Congrès de la Fédération des Sociétés savantes du Centre se tiendra à Nevers les 26, 27 et 28 juin 1937. Il indique que l'excursion de notre Société aura lieu le dimanche 25 juillet dans la région de La Souterraine.

BIBLIOTHÈQUE. — Dons reçus : de M. l'abbé Touraille, le numéro d'avril 1937 du Petit Flayatois, contenant un article sur la station gallo-romaine de Fines ; de M. Germouty, les nos des 13 et 27 mars 1937 du Mémorial de la Creuse contenant la suite de ses notices d'histoire locale (Guéret) ; de Mmes Jorrand, deux ouvrages du 18e siècle : La Généalogie de la maison de La Roche-Aymon, par l'abbé d'Estrées, et L'Art de vérifier les dates.

ARCHIVES. — Il a été donné par M. Gilbert Durin un congé de libération (1859).

ADMISSIONS. — MM. G. Bonnin, décorateur à Felletin ; William Chervy, à Saint-Priest-la-Plaine ; Jean Dufour, à Paris ; Léotet, expert, à Limoges ; H. Maret, inspecteur des P. T. T. en retraite, à Paris ; Pangaud, représentant, à Sermur ; Raphanaud, entrepreneur, à Limoges ; Rothonet, directeur d'école honoraire, à Guéret.

LECTURES ET COMMUNICATIONS. — M. le docteur Janicaud décrit le dolmen de Saint-Hilaire, commune de Saint-Priest-la-Plaine, dolmen inédit qui lui a été signalé par M. William Chervy.

Il décrit également une sépulture gallo-romaine à incinération en coffre de granit, trouvée à La Chaise, commune de La Celle-Dunoise, qui lui a été signalée par MM. Albert Lacrocq et le docteur Durand.

— M. Henri Hugon a identifié trois dessins du Registre d'armes de Revel (Bibl. Nat., 15e siècle), qui ne concernent pas nos localités de Chambon-sur-Voueize et Bellegarde, comme on l'avait supposé, mais bien des monuments du Forez.

— M. de Fournoux a relevé sur les registres municipaux de Riom (BB 109, 10 juillet 1735) une délibération autorisant les consuls à louer ou acheter des tapisseries d'Aubusson en verdure et aux armes de la ville, destinées à orner le cabinet de l'Intendant à l'Hôtel-de-Ville de Riom.

Il signale également une correspondance aux Archives départementales du Puy-de-Dôme C 2548, (1735-1738), où il est fait mention d'une commande au sieur Grellet, d'Aubusson, « de tapisseries faites dans les nouveaux desseins (sic) envoyés de Paris », au prix de 35 livres l'aune courante.

— M. Maurice Dayras présente : 1° l'original de l'ordonnance rendue, le 30 juin 1379, par les commissaires du comte de la Marche sur les privilèges de la ville d'Ahun, document qui a été publié dans les Archives historiques du Limousin (t. VI, p. 367-371) par Alfred Leroux ; 2° une copie de cette ordonnance du XVIe siècle. Ces deux pièces proviennent des archives de la famille Jorrand.

— M. Louis Lacrocq signale la mise en vente récente, par la librairie Saffroy, à Paris (catalogue n° 97) d'une « charte sur vélin de Charles VII, alors encore régent (septembre 1421) accordant remise aux gens d'église et laïcs de la Marche d'une aide pour la guerre à condition par eux de verser 11.000 livres ».

— M. Louis Lacrocq lit la note reproduite à la fin du présent procès-verbal relative à des extraits des Registres capitulaires de Limoges.

— M. Henri Hugon a noté le nom du chevalier de Ligondès parmi les signataires du « Règlement de la Bourse commune de l'Ordre de Malte », délibéré le 20 mars 1780, imprimé à Malte et relatif aux procès que l'Ordre peut avoir à soutenir contre le Clergé de France.

— M. Henri Hugon signale que le Calendrier ecclésiastique et civil du diocèse et de la généralité de Limoges (Barbou, éditeur, Limoges, 1786) donne 39 noms de changeurs établis près la Monnaie de Limoges parmi lesquels on relève : pour Guéret, Dalbost et Sudre ; pour Aubusson, Prugnet de La Seiglière ; pour La Souterraine, Dufour.

— M. le docteur André Pellerin signale la mise en vente récente d'un « Placard populaire » imprimé à Guéret vers 1835, donnant, en vers, une histoire de Napoléon avec portrait en buste gravé sur bois et un chant funèbre. Ce placard a pour titre « Napoléon-le-Grand » (Catalogue, n° 160 de la libr. Georges Saffroy, Paris).

— M. le chanoine de Laugardière a relevé dans les Lettres à l'Etrangère de Balzac, le récit d'un dîner chez Emile de Girardin (1846) auquel assistaient, avec Blanqui, plusieurs Creusois, notamment un fabricant de tapis qu'il désigne nommément (Sallandrouze) et une autre personnalité dont il ne donne pas le nom, lui attribuant seulement la qualité de « grand électeur de la Creuse ».

— M. Casanova analyse les registres municipaux de Saint-Pardoux-les-Cards (1823 à 1889) relatant des évènements locaux et nationaux.

— M. Lucien Doignon a envoyé copie de divers documents se rapportant au commandement exercé en Algérie (1870-71) d'une unité de la garde mobile de la Creuse par Achille Filliozat qui, le 25 août 1870, avait été nommé capitaine de la 4e compagnie du 3e bataillon de ce corps. Ces documents, comprenant surtout des lettres, fournissent quelques renseignements sur la part prise par la troupe du capitaine Filliozat à la répression de l'insurrection arabe autour de Relizane, dans la province d'Oran, et sur son vote pour les élections des députés à l'Assemblée Constituante en février 1871. Sur ces élections, où les mobiles donnèrent une grosse majorité à la liste républicaine qui fut battue cependant dans la Creuse, on peut consulter le journal l'Echo de la Creuse, n° du 11 février 1871 ; sur la garde mobile de la Creuse en Algérie, la brochure du capitaine Alexandre Dupuy, Les mobiles de la Creuse en Afrique, Guéret, Dugenest, s. d., et un article non signé ; Tombes abandonnées [sépultures de mobiles creusois à Magenta], paru dans le Courrier du Centre, éd. de la Creuse, n° du 13 octobre 1933.

— M. J. Dutheil présente les premiers résultats qu'il a réunis pour l'enquête de géographie humaine ouverte par M. le professeur Demangeon ; ces résultats sont relatifs aux étrangers et à leur emploi dans l'agriculture en Creuse.

 

NOTE LUE EN SÉANCE – QUELQUES MENTIONS DE REGISTRES CAPITULAIRES

Dans le tome III des Archives historiques du Limousin (Limoges, 1891), Alfred Leroux a publié des Extraits des registres capitulaires de Saint-Etienne de Limoges, allant de 1527 à 1608. Ils contiennent un certain nombre de mentions se rapportant à des localités creusoises qui étaient alors des possessions du Chapitre cathédral. Voici les plus intéressantes :

A la date du 11 mars 1538, ordre est donné au trésorier de payer cent sols tournois à Jehan Roy, peintre, pour la bannière (vexillum) que les chanoines veulent offrir à la paroisse du Bourg de Salagnac. Ce travail fut exécuté, car le 25 juin 1540, il est prescrit de verser à l'artiste le solde de ce qui lui est dû. Jean Roy doit être le peintre qui figure sous le numéro 147 du Catalogue des Artistes limousins, de Louis Guibert (Limoges, 1909) ; Roy n'était qu'un surnom : il s'appelait en réalité Reverdy. Il est à peine besoin de dire que la bannière, présent généreux des chanoines aux gens du « Grand-Bourg », a disparu depuis longtemps.

Ils leur faisaient aussi des cadeaux utilitaires : le 28 mai 1586, « conclud que M. le thesaurier achaptera quatre livres pouldre à
« canon et les envoyera au bourg de Salaignac pour la munition
« du fort dudit lieu » (1). Ils ne négligent pas l'instruction publique : le 21 juillet 1606, les chanoines accueillent la requête des habitants proposant « ung nommé Camard dudit bourg a la
« charge de regent et precepteur » et décident que ses gages lui seront payés « despuis le depart du precedent regent ».

En 1608, les gens du Grand-Bourg désirent construire une halle. Le 18 juillet, le procureur d'office est invité à commettre l'un d'eux pour porter au chapitre « le pourtraict » de cette halle.

Notons encore deux indications relatives à des églises : le 11 mai 1581, une somme de 30 écus accordée aux habitants de La Nouaille « pour ayder à reparer l'eglise du dit lieu » ; le 14 juillet 1606, la décision d'assigner les décimateurs de la paroisse de Saint-Quentin pour qu'ils contribuent aux « réparations qui sont requises faire à ladite eglise de Saint-Quentin ».

Après avoir relevé ces mentions me sera-t-il permis de revenir sur une idée que j'ai exprimée dans mon article Histoire du fascicule sur le Centenaire de notre Société (1932, p. 170). On ne tire pas suffisamment parti, dans les études locales, des documents déjà publiés ; on les néglige pour les documents inédits, de façon excessive. Ainsi est rendu trop souvent inutile l'effort de ceux qui ont travaillé avant nous ; les matériaux qu'ils ont réunis ne sont pas utilisés comme ils devraient l'être et on laisse ainsi enfouis quantité de renseignements précieux, comme ceux que renferme la remarquable série des Archives historiques du Limousin, pour ne citer qu'un exemple. Une correction en ce sens de la discipline des études locales serait très désirable.

Louis Lacrocq.

(1) Ce « fort » devait être le clocher de l'église qui est un ouvrage défensif « carré, massif, trapu, ...percé de meurtrières et tout-à-fait dans le haut d'archères cruciformes avec trou circulaire en dessous... ». (Albert de Laborderie, Le Grand-Bourg de Salagnac. L'Eglise, Mém. Soc. Sciences de la Creuse, t. XXIV, p. 394). Le nom « bourg de Salaignac » ne peut s'appliquer qu'à l'agglomération qui a pris le nom de Grand-Bourg, non au groupement à 2 kilomètres de là, au lieu dit Salagnac, autour du château qui n'appartenait pas aux chanoines. Le terme « fort » désignait, du reste, en d'autres provinces (Beauce chartraine, Quercy, notamment) les églises fortifiées (Cf. R. Rey, Les vieilles églises fortifiées du Midi de la France, Paris, Laurens, 1925, p. 48, note).
M. de Laborderie a considéré le clocher du Grand-Bourg comme bâti au XVIIe siècle (loc. cit., p. 382) et j'ai suivi son opinion dans mon livre Les Eglises de France. Creuse (Paris, 1934). Après nouvel examen, je crois que ce clocher n'est pas si récent et qu'il a dû être bâti au XVIe siècle. Aucun caractère architectural n'interdit cette supposition et la période des guerres de religion et de la Ligue, au cours desquelles notre région fut très troublée, s'accorde mieux que le XVIIe siècle, même à son début, avec la protection donnée à un bourg important par la fortification de son église. Rappelons que Le Grand-Bourg eut à souffrir, en 1569, du passage de l'armée du duc des Deux-Ponts (cf. Pierre de Cessac, Le Grand-Bourg de Salagnac, Châteauroux, 1879, p. 10). La mention des Registres capitulaires vient à l'appui de l'opinion que j'exprime.

 

 

SÉANCE DU 27 MAI 1937

Présidence de M. Louis Lacrocq, président.

Présents : Mlles du Muraud, Provost, Théreil, MM. le docteur Bordier, de Bourran, J. Dutheil, de Forges, le docteur Janicaud, Lacombe, Lafay, Lamatière, Moreau, Desjobert de Prahas, Rothonet, Sarrassat, Turpinat.

Excusés : MM. Arfeuillère, M. Dayras, Délurier, Laborde, Polier.

M. le Président fait connaître que l'excursion annuelle de la Société archéologique du Limousin aura lieu partiellement en Creuse (Bénévent et Saint-Goussaud), le dimanche 20 juin.

BIBLIOTHÈQUE. — Dons reçus : de M. Germouty, le n° du 1er mai 1937 du Mémorial de la Creuse, contenant la suite de ses notices d'histoire locale (Guéret) ; de M. L. Doignon, deux généalogies imprimées.

ADMISSION. — M. Georges Dardanne, maire-adjoint du Ve arrondissement, à Paris.

LECTURES ET COMMUNICATIONS. — M. Henri Hugon communique une note relative à trois pièces d'or des règnes de François Ier et Charles IX, trouvées par un habitant de Montaigut-le-Blanc ; ces écus portent les points des ateliers de Limoges, Lyon et Sainte-Menehoulde.

— M. Louis Lacrocq signale une inscription que lui a indiquée M. Louis Baraille et, qu'avec ce dernier, il a examinée ; elle est encastrée en façade d'une grange de M. Sauvanet, à La Paque, commune de Saint-Vaury, et, d'après la tradition, proviendrait du village de Langlade, même commune. Elle est gravée sur un bloc de granit à sommet arrondi de 0m,55 environ, tant en hauteur que largeur, en lettres capitales de fort relief sur trois lignes :

IM — MVCLXI — ✝ A D P

Elle doit être lue : Jésus-Maria — 1561 — croix (légèrement pattée) A D P ; ces dernières lettres étant apparemment les initiales du propriétaire de la maison dont cette pierre ornait l'entrée. La barre transversale de l'A est au sommet, non au milieu, de la lettre.

— M. Henri Hugon a envoyé les calques qu'il a pris de deux dessins, vues-perspectives de Bellegarde vers 1875, exécutés par l'abbé C. Meunier, originaire de cette localité, dessins qu'il avait signalés à la séance du 30 janvier 1936 (voir ci-dessus, p. LXXXIX).

— M. P. Valadeau communique le procès-verbal de l'élection à Felletin, le 4 septembre 1766, par l'assemblée des notables (en exécution des édits royaux d'août 1764 et mai 1765) des deux échevins Jean-Alexis Degas, sieur du Tarderon, avocat en Parlement, et Léonard Bandy de Lachaud, négociant, des quatre conseillers de ville, L. Amable Roy, curé de Beaumont, Pierre Roy de Pierrefitte, curé du Moutier, François Héron de Lépine, ancien échevin, et Joseph Tibord du Bost ; du syndic receveur, Jean Bennat de Laborie, et du secrétaire greffier, Antoine Diverneresse.

Il communique aussi des fragments de procès-verbaux relatifs à la nomination des délégués pour la désignation des notables, l'un par la « communauté des aubergistes », l'autre par la « communauté des tisserands, charpentiers, menuisiers, cloutiers, maréchaux et massons » de Felletin.

— M. J. Dutheil analyse les comptes du monastère des Ternes pendant la régie administrative qui a suivi la suppression de l'ordre des Célestins (1774). Le régisseur Sallé ne put réaliser l'équilibre que par des allocations reçues de l'extérieur et, le compte se présenta bénéficiaire alors, depuis 1783 jusqu'en 1785, fin de la période étudiée.

— M. Henri Hugon analyse un extrait d'un recueil de l'abbé Legros (aux Arch. dép. de la Haute-Vienne) relatif à une ordonnance royale du 24 février 1770 spécifiant pour notre région les cures qui seront, à l'avenir, réservées à des gradués en théologie ou en droit canon : cette ordonnance en énumère vingt-trois pour le diocèse de Limoges dont neuf pour le territoire actuel de la Haute-Vienne, treize pour celui de la Corrèze et une seule pour celui de la Creuse, la cure de La Souterraine.

— M. A. Rivet présente la copie d'un procès-verbal de la municipalité de Flayat (30 janvier 1791), procédant en vertu des décrets des 20, 22 et 23 novembre 1790 de l'Assemblée Nationale, à la division du territoire de la commune en sections en vue de l'assiette de l'impôt foncier.

Ces sections spécifiées par confronts, tenants et aboutissants, désignées par des noms de hameaux ou lieux-dits, sont au nombre de onze : Flayat, Tatergue, Manaly, Coulouniat, Coulouniège, Chez-Sauty, Lépinassol, Diozédoux, Monfrand, Le Mas, Lécluzes.

— M. P. Dutheil communique la fin du rapport du préfet de la Creuse au ministre du Commerce en 1835 portant sur l'industrie et le commerce du département.

La première industrie mentionnée est celle « des tapis » à Aubusson et Felletin où on a introduit de « nouvelles machines » ; « ce genre d'industrie exigeant moins de capitaux qu'autrefois, il s'est établi beaucoup plus de fabricants qui se font une vive concurrence ; tous prospèrent néanmoins.... » ; le nombre des ouvriers s'est accru d'un vingtième en trois ans. Le département compte trois filatures de laine. Une filature de coton « est au moment de s'établir ». Les débuts de la porcelaine à Bourganeuf ont été pénibles mais, en 1835, « sa prospérité est désormais assurée ». Le rapport signale encore, sans détails, des brasseries, tanneries, tuileries etc. Il donne un aperçu de l'émigration saisonnière qui aurait porté sur 20.000 ouvriers en 1829 et 25.000 en 1835 ; le montant du numéraire entré de ce chef dans le département est évalué à 5 millions.

Le commerce agricole d'exportation est de 6.000 bovidés engraissés expédiés sur Paris, d'autant de jeunes bovins transportés dans les départements voisins, d'un petit nombre de moutons et porcs expédiés dans le Midi.

Le rapport contient enfin quelques considérations sur le commerce d'importation qui a augmenté du fait de « l'aisance des classes ouvrières » et il se termine par une note très optimiste sur « l'air d'aisance » et le conformisme du département « au progrès général de la prospérité publique ».

— Mlle du Muraud lit une étude sur les scieurs de long, qui, originaires de la Montagne, émigraient de septembre à fin juin ; cette étude porte sur les salaires et modes de vie, les coutumes des émigrants, les régions d'émigrations et les survivances de ce métier.

— M. le Dr Janicaud décrit deux empreintes rupestres pédiformes, dont l'une plus spécialement est désignée sous le nom de Pas de Gargantua ; elle se trouve à 300 mètres au Sud de la route nationale 142, à hauteur du Grand-Bourg (23 km. 500 Ouest de Guéret) ; l'autre est à 4 km. de celle-là, sur une pierre servant de ponceau près de Salagnac.

 

 

SÉANCE DU 24 JUIN 1937

Présidence de M. Louis Lacrocq, président.

Présents : Mlles Bellegy, du Muraud, Pasquet, Pauly, Provost, Théreil, MM. le docteur Bordier, de Bourran, Chatreix, Desjobert de Prahas, J. Dutheil, le docteur Janicaud, Laborde, Rothonet, Turpinat.

Excusés : MM. M. Dayras, D. Blanchet, L. Blanchet, E. Lacombe, Lamatière, Moreau.

L'hommage de la Société est adressé à la mémoire de M. Jacques Perdrix, membre titulaire, récemment décédé.

M. le Président signale le succès de l'exposition de peintures qu'a faite notre collègue M. Eugène Alluaud à Paris, galerie Barreiro, du 10 au 24 juin ; beaucoup de ces peintures représentaient des sites de Crozant et de la vallée de la Sédelle.

Il rend compte de l'excursion faite le 20 juin par la Société archéologique du Limousin qui a compris la visite de Bénévent et Saint-Goussaud. Assisté du docteur Janicaud et de M. Edouard Lacombe, il a souhaité à nos collègues la bienvenue lors de leur arrivée à Bénévent ; MM. Aureix et le docteur Henri Goudard, membres de notre Société, étaient également présents. M. Louis Lacrocq a présenté l'église de Bénévent ; le docteur Janicaud a décrit l'établissement gallo-romain du Mont-de-Jouer, commune de Saint-Goussaud (Prœtorium). Cette dernière visite a permis de constater que tous les restes sont maintenant recouverts par les bruyères et invisibles. Le vœu suivant est adopté :

« La Société des Sciences naturelles et archéologiques de la
« Creuse émet le vœu que des travaux soient exécutés au Mont-de-
« Jouer, commune de Saint-Goussaud, pour remettre au jour les
« constructions de Prœtorium qui y avaient été découvertes par
« l'abbé Dercier et pour que la Commission des Fouilles archéolo-
« giques veuille bien accorder les subventions nécessaires à ces
« travaux et à des fouilles nouvelles ».

M. le docteur Bordier rend compte de la fête qui a eu lieu le 20 juin au Musée de Brive pour l'inauguration de nouvelles salles de Préhistoire, fêtes auxquelles il a représenté le Musée de Guéret dont les Conservateurs avaient été aimablement invités.

BIBLIOTHÈQUE. — Dons reçus : de M. H. Germouty, son article sur Noël Théodore et quelques musiciens d'autrefois (Mémorial de la Creuse du 12 juin 1937) ; le Bulletin (1936) de la Fédération des Sociétés savantes du Centre, contenant une série de notices sur l'ornementation romane et les portails polybés dans les départements qui composent le groupement ; deux de ces notices, l'une par M. Louis Lacrocq, l'autre par M. Albert de Laborderie, étudient la Creuse ; — des Archives de la Creuse, le Répertoire des séries T (Instruction publique), V (Cultes) et Y (Etablissements de répression).

LECTURES ET COMMUNICATIONS. — M. Jean Dutheil analyse le bail du domaine des Ternes, dépendant du couvent des Célestins, paroisse de Pionnat, donné en métairie, le 19 avril 1684, aux frères Maudeux pour sept années. Les clauses les plus intéressantes de ce contrat, conservé aux Archives départementales de la Creuse, sont les suivantes :

Le bétail est fourni par les religieux, les instruments de travail par les métayers. Le blé est partagé par moitié, à l'exception de la dîme inféodée. Les deux parties contribuent aux frais de la moisson.

Les menues redevances (fromage, beurre, chanvre, poules) sont converties en un forfait annuel de 25 livres. Les métayers fourniront du lait au couvent tous les dimanches et jours de fête.

De nombreux charrois sont imposés aux métayers : pour la conduite du vin du vignoble qu'ont les religieux à Chezelles en Bourbonnais, pour le bois de chauffage, pour aller chercher « le charbon de pierre » destiné à la tuilerie du couvent (aux houillères d'Ahun).

Ils seront tenus, alternativement avec les autres métayers, de blanchir le linge du couvent.

Il faut enfin noter cette clause patriarcale : s'il survient des différends entre les membres de la famille Maudeux, ce sont les moines qui les trancheront.

— M. Louis Lacrocq lit la note suivante :

« Le jurisconsulte Barthélemy Auzanet, originaire de La Souterraine, figure parmi nos notoriétés. Du Boys et Arbellot dans leur Biographie des hommes illustres... du Limousin (Limoges, 1854), Joullietton dans son Histoire de la Marche (t. II) lui ont consacré de courtes notes. Un magistrat, G. de Savignon, a rédigé sur lui une notice substantielle composant la 3e partie (les deux autres parties étant relatives à Joachim du Chalard et à Roland Bétolaud) dans son étude sur La Souterraine et ses jurisconsultes (Annuaire de la Creuse, Ducourtieux éd. 1883). Un article de M. Henri Lévy-Bruhl, qu'a publié la Revue historique de droit (octobre-décembre 1931, p. 649-681), ajoute un renseignement intéressant et inédit à ceux qu'avait groupés G. de Savignon.

« Barthélemy Auzanet était avocat au Parlement de Paris et occupait au barreau une place importante. Sa réputation de juriste l'avait fait désigner comme membre de la commission qui prépara la célèbre Ordonnance de 1667 sur la procédure civile. Ce fait était connu, mais ce qu'on ignorait c'est que la confiance flatteuse ainsi témoignée à Auzanet lui fut renouvelée pour une autre entreprise législative. Il a été aussi membre de la commission qui a préparé l'Ordonnance dite du commerce de 1673. Un document inédit sur l'Ordonnance de 1673, objet de l'article de M. Lévy-Bruhl, a, pour la première fois, fourni les noms de tous les commissaires, parmi lesquels se trouve Auzanet et ce document relate l'avis qu'il avait fourni sur une des questions discutées par la commission : celle du prêt à intérêt ».

— M. P. Dutheil communique le résultat de ses recherches sur le prix du pain à Aubusson de 1758 à 1789, étude se référant à près de trente règlements de taxation et à divers arrêtés généraux ou spéciaux sur le commerce de la boulangerie relatifs à la période étudiée.

— M. J. Dutheil, d'après un relevé de M. Hénette au registre des délibérations de la municipalité de Chénérailles, communique une note sur la circulation de plis contenant des écrits séditieux, plis qui, arrivés en 1791 à la poste de Chénérailles sous le sceau de l'Assemblée Nationale frauduleusement apposé, y furent interceptés.

— M. René Chatreix communique l'analyse de divers documents concernant La Souterraine conservés aux Archives Nationales.

Les uns (F7 7095, dossier 1002 B) sont relatifs à l'état de l'opinion publique dans ce canton en l'an IV. L'administration municipale informe le ministre de l'Intérieur que « la fermentation est à son comble, qu'il se tient des propos injurieux contre le gouvernement et ses agents, qu'une affiche incendiaire a été placardée dans la nnit du 25 nivôse [15 janvier 1796] ». Elle se plaint de « l'inégalité qui préside à la répartition de l'impôt forcé ». Elle avait rédigé une adresse aux habitants du canton pour les exhorter au calme.

Les autres documents (BB¹⁸ 1172-2078) fournissent, par des rapports de magistrats, des indications sur une manifestation qui se produisit dans la ville de La Souterraine, le 27 avril 1829, au sujet de grains vendus par un propriétaire des environs à un roulier. Des femmes et des enfants, « à la tête desquels étaient des étrangers à la localité », se livrèrent à « des criailleries, prétendant que le grain ne pouvait être vendu qu'au marché ». Aucun acte de violence ne fut exercé. Les « étrangers » ne purent pas être retrouvés. C'est sur ce dernier point que le procureur du roi au tribunal de Guéret appela l'attention du garde des sceaux en faisant remarquer que l'incident de La Souterraine présentait une complète analogie avec des incidents concomitants survenus dans « des localités très rapprochées » qu'il ne précise pas. Il ajoute que ni le prix des grains, ni l'état des approvisionnements et des récoltes, qui étaient satisfaisants, ne pouvaient les expliquer.

— M. Louis Lacrocq communique un imprimé (Guéret, Betoulle, 8 pages) contenant le programme des « exercices » clôturant, le 28 août 1846, l'année scolaire dans l'« Institution dirigée par Mme Baillet, directrice de l'Ecole normale des demoiselles et chef d'institution à Guéret ». Il en signale les détails intéressants pour les programmes et le règlement du pensionnat. Il rappelle la longue carrière de Mme Baillet, originaire de Saint-Yrieix (Haute-Vienne) qui, venue à Guéret en 1842, y créa, en 1844, le cours officiel ayant précédé l'Ecole normale d'institutrices.

— M. Alfred Turpinat signale l'emploi, dans le patois creusois, du terme aumaillo pour désigner la viande de bœuf ou de vache.

MM. Desjobert de Prahas et Laborde confirment cette acception. Mlle du Muraud indique que le mot désigne également le bétail bovin destiné à la boucherie et conduit à la foire.

M. Louis Lacrocq donne des explications sur l'étymologie du terme aumaille (latin : animalia) qui, originairement, s'appliquait à tout le bétail, puis a été employé surtout pour les bovins. Les significations qu'on lui donne dans la Creuse sont d'autres glissements à des sens plus étroits.

 

 

SÉANCE DU 16 SEPTEMBRE 1937

Présidence de M. Louis Lacrocq, président.

Présents : Mlles Pasquet, Théreil, MM. Berchon, le docteur Bordier, le docteur Janicaud, Javayon, Laborde, Albert Lacrocq, Quellet, Sarrassat, Turpinat.

Excusés : MM. de Bourran, Casanova, Cluzet père, Maurice Dayras, J. Dutheil, Filloux, Frétet, Lacombe.

M. le Président rend compte du 4e congrès de la Fédération des Sociétés savantes du Centre qui s'est tenu à Nevers les 26, 27 et 28 juin dernier et où, avec MM. Henri Hugon et Edouard Lacombe, il a représenté notre Société. Le congrès de 1938 se tiendra à Guéret.

Il annonce que le Congrès archéologique de France de 1938, dont le siège sera à Néris (Allier), comportera une journée d'excursion dans la Creuse.

Il indique qu'à l'Exposition du costume du XIXe siècle ouverte au Musée Galliéra à Paris, une reconstitution du costume 1850 contient une « bouquetière offrant des fleurs, costume et chapeau de Creusoise ». Cette figuration est due à notre éminent compatriote M. Maurice Leloir, qui, comme président de la Société de l'histoire du costume, a pris une grande part à l'organisation de l'Exposition. (Voir reproduction du groupe où figure la Creusoise dans l'Illustration du 28 août 1937).

Des félicitations sont adressées à M. Emile Mâle, membre honoraire, nommé grand-officier, Horluc, membre titulaire, nommé commandeur, le docteur Sallet, membre titulaire, nommé officier et Pinton, membre titulaire, nommé chevalier de la Légion d'honneur.

NÉCROLOGIE. — L'hommage de la Société est adressé à la mémoire de M. le sénateur Alfred Grand, de MM. Paul Pellissier et Lucien Doignon, membres titulaires, récemment décédés. M. le Président rappelle leur attachement à notre œuvre et la bienveillance que M. Grand, pendant le long temps où il a été maire de Guéret, a témoignée à notre Musée.

INVENTAIRE SUPPLÉMENTAIRE DES MONUMENTS HISTORIQUES. — La chapelle dite de Saint-Germain, dans l'église de Saint-Germain-Beaupré, a été inscrite à l'Inventaire.

BIBLIOTHÈQUE. — Don reçu : de M. J. Boulaud, son étude sur Brutine et ses seigneurs (Albi, 1937).

ADMISSIONS. — Mme Bonnichon, surveillante des téléphones, à Guéret ; Mlle Paulette Briquet, à Naillat ; MM. Chasteigner, horloger à La Souterraine ; Faye, instituteur honoraire à La Souterraine ; Graef, architecte paysagiste à Olivet (Loiret) ; René Pasquet, chirurgien-dentiste à Guéret ; l'abbé Pénicaut, à La Souterraine ; Poutonnet, professeur à l'Ecole primaire supérieure à La Souterraine ; Georges Proux, à Bridiers ; Santoire, chef de bureau à la Préfecture à Guéret ; Suchaud, architecte à La Souterraine ; Louis Veuillot, à Paris.

LECTURES ET COMMUNICATIONS. — M. Sarrassat signale diverses récoltes qu'il a faites de plantes nouvelles ou très rares dans la Creuse.

— M. le docteur Janicaud signale la découverte à Balzine, commune de Saint-Chabrais, par M. Prudhomme, d'un moyen bronze de la colonie de Nîmes à l'effigie d'Auguste et d'Agrippa.

Il présente la photographie d'une pierre de mesure de Montaigut-le-Blanc, qui se trouve actuellement au village de Montaigut.

— M. Charles Patureau-Mirand a envoyé la photographie qu'il a faite d'un bloc sculpté, présentant sur une face un disque à rayons, qui se trouve dans le jardin du presbytère de Saint-Moreil.

— M. Louis Lacrocq lit la note suivante :

« Les courtes notices biographiques que nous possédons sur deux Marchois du moyen âge qui furent des personnages considérables, le cardinal de La Chapelle-Taillefer et son neveu Pierre Le Fort, évêque de Limoges, puis archevêque de Bourges, fondateur du monastère des Ternes, ne contiennent aucune précision sur le rôle de l'un et de l'autre comme professeurs de droit à l'Université d'Orléans qui avait alors une grande réputation. Deux ouvrages fournissent quelques détails : l'Histoire de l'Université des lois d'Orléans, par Bimbenet (Paris-Orléans, 1853, p. 350-51) et l'Histoire de la science du droit en France, par Marcel Fournier (t. III, Paris, 1892, p. 121 et 123).

« Pierre de La Chapelle-Taillefer enseigna le droit à Orléans de 1270 à 1280. Il avait quitté depuis longtemps sa chaire et était évêque de Palestrina en Italie quand il fut chargé par le pape Clément V, en 1309, de réformer l'Université où il avait enseigné.

« Roger Le Fort fut professeur de 1310 à 1320 environ ; il rédigea les statuts de cette Université connus sous le nom de Statuta Penestrina.

« C'est par une obligeante communication de M. Louis Rigaud, professeur à l'Institut catholique de Paris, que j'ai pu relever ces indications dans les ouvrages susvisés ».

— M. Louis Lacrocq communique, de la part de notre collègue M. Henri Lassarre, l'original du terrier de la seigneurie des Rioux, paroisse de Saint-Christophe, dressé en juin 1566. Il signale diverses mentions intéressantes de ce document qui fait partie des archives de famille de M. Lassarre, descendant de la famille Chorllon à qui la seigneurie des Rioux appartint.

— M. Jean Dutheil présente, d'après des documents des Archives de la Creuse (H 1178) le récit d'un procès entre Austrille Laboreys, juge châtelain de Jarnages, et les moines des Ternes en 1642.

— M. Adrien Rivet communique une requête présentée, le 27 août 1668, au sénéchal d'Auvergne dans un procès criminel suivi contre plusieurs membres de la famille Duron de Segonzat pour le meurtre d'Antoine d'Ussel.

— M. Louis Jorrand communique un certificat très élogieux sur le conventionnel Huguet établi par « les membres composant la justice de paix de Bourganeuf ». Cette pièce non datée paraît, d'après ses termes, avoir été établie au cours du procès d'Huguet impliqué dans la conspiration de Babeuf.

— MM. de Bourran et Desjobert de Prahas ont envoyé des indications sur les mots aumaille et nousillade.

— Lecture est donnée d'une note de M. L. Casanova sur l'alimentation populaire dans la région de Saint-Laurent.

— M. Louis Lacrocq signale une intéressante pièce provenant des ateliers de poteries de Mortroux qui appartient à notre collègue M. Louis Astier. C'est un cheval en ronde-bosse (hauteur 0m,30) de couleur brune très foncée, adroitement modelé, malgré quelques gaucheries. La pièce est signée H. Renti. (Voir sur les poteries de Mortroux la note de M. Albert Lacrocq, Mémoires, t. XXIII, p. XVII, qui a relevé la signature du même potier sur des vases datés de 1845).

 

 

SÉANCE DU 28 OCTOBRE 1937

Présidence de M. Louis Lacrocq, président.

Présents : M. Charles Alluaud, membre honoraire, Mme Petit, Mlles Delmas, de Montessus de Balore, MM. de Bourran, Dayras, Délurier, Desjobert de Prahas, Dutheil, le docteur Janicaud, Laborde, Lafay, René Martin, Moreau, Petit, Sarrassat, Turpinat.

Excusés : Mlle Bellegy, le docteur Bordier.

L'hommage de la Société est adressé à la mémoire de MM. Jean de Cessac, Lecugy, Legendarme, membres titulaires, et Camille Gabiat, président des Congrès de l'Arbre et de l'Eau. M. le Président rappelle les travaux archéologiques publiés par M. de Cessac à sa sortie de l'Ecole des Chartes.

Des félicitations sont exprimées à M. Louis Jorrand, membre titulaire, qui a reçu la décoration du Mérite Social.

M. le Président présente des exemplaires de la Topobibliographie de la Creuse, que vient de publier M. Duportet, conservateur de la bibliothèque de Montluçon. Il le félicite de cet excellent travail qui constitue une table complète des travaux de notre Société.

INVENTAIRE SUPPLÉMENTAIRE DES MONUMENTS HISTORIQUES. — Ont été inscrites : la chapelle de l'Arrier à Bourganeuf (arrêté du 15 septembre 1937) et la tour de Puy-Malsignat (arrêté du 22 septembre).

BIBLIOTHÈQUE. — Dons reçus : de M. Albert de Laborderie, ses notices sur Saint-Léonard archéologique et l'Eglise de Solignac, Limoges, 1937 ; de la Préfecture, les rapports au Conseil général, contenant celui de M. Lacour, archiviste ; de M. Dayras, le numéro 3 du Bulletin des Amis d'Aubusson (1936) ; de M. Adrien Arfeuillère, un livre, Le guide des officiers particuliers en campagne (Paris, 1785), dont l'auteur est « M. de Cessac, capitaine d'infanterie au régiment de Mgr le Dauphin ».

ADMISSIONS. — MM. Albert Baret, au Quéroy, commune de Lizières ; Venris de la Guillaumie, directeur de l'Enregistrement, à Guéret.

LECTURES ET COMMUNICATIONS. — M. Charles Alluaud présente une collection de Lépidoptères de la Creuse, qu'il a faite et préparée pour notre Musée.

— Lecture est donnée de notes de MM. Sarciron, Genevoix et Sarrassat sur des observations d'ornithologie.

— M. P. Dutheil a envoyé la copie d'un contrat passé le 4 juillet 1652 pardevant Rigondie, notaire royal, entre Jean de Montmarye, marchand tapissier de Bellegarde, et Sébastien Brunet, de Guéret, pour la commande d'une tapisserie. Ce contrat est d'autant plus intéressant que les documents concernant les tapisseries de Bellegarde sont rares.

— Présentation est faite d'un dessin de M. Eugène Alluaud, montrant les particularités d'un arrangement ancien de bardeaux, comme revêtement d'une fenêtre de mansarde à Crozant.

— M. Maurice Dayras indique que, avec l'aide de notre collègue M. Maingonnat, directeur de l'Ecole nationale d'Art décoratif d'Aubusson, il a pu identifier deux toiles anciennes, encadrées, se trouvant dans l'église Sainte-Croix d'Aubusson.

Il s'agit de deux tableaux de 1m,76 de hauteur sur 1m,42 de longueur chacun, représentant l'un saint François de Sales, l'autre sainte Madeleine, œuvres du peintre aubussonnais François Finet qui, par son testament du 17 août 1690, avait donné ces deux toiles à l'église Saint-Nicolas, à la condition d'être enterré dans cette église (cf. C. Pérathon, Histoire d'Aubusson, p. 360 et appendice n° XI). Ces toiles, après la démolition de l'église Saint-Nicolas, ont été transportées à Sainte-Croix.

Grâce à l'amabilité de M. le chanoine Rougerie, archiprêtre d'Aubusson, qui a bien voulu assumer les frais de la restauration, ces deux toiles ont été remises en état par M. Rougier et ont repris leur place dans le bas-côté nord de l'église.

— M. Maurice Dayras a donné au Musée et présente une carte sur papier bristol gravée, de 74 mm × 112 mm, contenant, dans un encadrement de style romantique au bas duquel est une figuration de saint Georges terrassant le dragon, l'adresse, en anglais, de la manufacture de tapis Alfred Lapworth et Co, Old Bond Street, à Londres. Entourant cette inscription, se trouve, en français, l'indication : Manufacture royale de tapis d'Aubusson.

Aucun renseignement n'a été trouvé sur cette manufacture. Le décor de la carte la place aux environs de 1840.

— M. Louis Rigaud a relevé sur l'Angliæ historia major, Londres, 1640, le récit du meurtre d'un neveu du comte de la Marche, en 1236, à Orléans où il était étudiant, et la participation de son oncle à une expédition punitive contre les bourgeois de la ville.

— M. Henri Hugon a relevé sur les registres de l'ancienne paroisse de Saint-Julien-Saint-Affre de Limoges, deux mentions. L'une concerne le mariage (27 janvier 1750) d'Etienne Monneron, écuyer, du lieu du Coudert, paroisse des Eglises [aujourd'hui Saint-Laurent-les-Eglises, Haute-Vienne], avec Anne Venassier, de l'Age-au-Seigneur, paroisse du Grand-Bourg de Salagnac. L'autre acte constate, à la date du 8 mai 1787, le mariage de François Sallet, docteur en médecine, avec demoiselle Marguerite Ardant. Les parents de François Sallet habitaient La Souterraine.

— M. Adrien Rivet communique la minute d'un acte reçu, le 9 mars 1763, par Cornudet, notaire à Crocq, aux termes duquel Gilbert Chéreix, chamoiseur à Riom, prend Michel Vergne, de Crocq, en qualité d'apprenti.

— M. le chanoine de Laugardière a relevé aux Archives du Cher, dans le registre des professions de l'abbaye bénédictine de Notre-Dame de Charenton (Cher) au 27 septembre 1757, mention du noviciat de Madeleine Darfeuille de Morin, d'Arfeuille, près Felletin, et au 29 mai 1759, les vœux solennels de la même.

— Dans le Journal d'un caissier-payeur dans l'armée du général Dupont (1807-1808), publié par le Bulletin de la Société des Sciences de Bayonne, M. Louis Lacrocq a relevé le nom de « Biarnois (aîné) de Genouillac », chef de comptabilité du payeur principal.

— M. Louis Lacrocq fait le récit, d'après le dossier judiciaire conservé aux Archives départementales de la Creuse, d'une émeute survenue à Aubusson en août 1841, causée par une circulaire du ministre des Finances Humann ordonnant le recensement des propriétés bâties, des portes et fenêtres. Grâce au sang-froid du sous-préfet, M. Bandy de Nalèche, il n'y eut pas effusion de sang.

— M. le docteur Janicaud indique qu'un petit ruisseau, près de La Souterraine, porte le nom de Rhin. Il prend sa source à l'Ouest de la ville, décrit un demi-cercle autour d'elle au Sud et après avoir alimenté trois lavoirs se jette dans la Sédelle. En France, en plus du fleuve, deux petits cours d'eau, un ruisseau du Calvados et un affluent de la Loire, portent le même nom.

D'après Dottin (La langue gauloise, p. 282) ce nom serait d'origine gauloise. En vieux français le mot rin avait le sens de source ; en italien reno a le même sens.

— M. J. Dutheil donne le résumé de l'enquête qu'il a envoyée au Comité de la Recherche sociale à Paris, sur les étrangers dans l'agriculture creusoise.

 

NOTE LUE EN SÉANCE – HISTOIRE NATURELLE

Botanique (Séance du 16 septembre 1937)

J'ai récolté au printemps dernier, dans les bois de Fayolle, près de Guéret, une hépatique rare, nouvelle pour la Creuse : Aplozia lanceolata Dumortier. Cette muscinée tapissait une pierre humide au bord d'un ruisselet, non loin d'une source où flottaient de nombreuses touffes serrées d'une autre hépatique peu commune chez nous : Aneura sinuata Dumortier.

Cet été, en explorant les abords de l'étang Pinot, près de Saint-Loup, pour y cueillir Isoetes tenuissimum Boreau, j'ai constaté que cette plante y est extrêmement abondante. J'ai retrouvé là, sur les grèves sableuses, un jonc rare signalé il y a près d'un siècle, au même endroit par le docteur Pailloux : Juncus pygmæus Richard.

Au cours de cette herborisation, j'ai recueilli Nitella translucens Agardh, Characée que j'avais trouvée déjà dans l'étang de Chamberaud, et Helodea canadensis Richard, Hydrocharidée submergée qui recouvre de tapis très denses certaines parties peu profondes de l'étang Pinot, notamment la pointe ouest.

Cette dernière espèce, d'origine américaine, est extrêmement envahissante. Je l'ai observée dans l'étang de Champsanglard, près du bourg, et M. Rothkegel l'a indiquée dans l'étang de la Chaumette à Saint-Alpinien.

Claude Sarrassat.

Ornithologie (Séance du 28 octobre 1937 ; résumé)

I. Note de M. Noël Sarciron.

Faubourg Chêne-Vert, à Guéret, l'espace situé devant la porte de la maison d'habitation de M. Sarciron, apiculteur, limité par un grand rûcher et un hangar avec profusion de lierre et autres arbustes, constitue une véritable volière libre habitée ou fréquentée par de nombreux oiseaux.

M. Sarciron a constaté qu'un même couple de merles y avait niché six fois cette année. Les nids édifiés sont encore en place, sauf un qui est tombé lors de la taille du lierre. Pour quatre de ces nichées, M. Sarciron a vu pondre, couver et élever les petits.

Ce couple de merles, d'une très grande familiarité, venait prendre sans aucune crainte la nourriture que M. Sarciron leur distribuait à sa porte.

Celui-ci signale encore qu'il a vu, dans le même endroit, un roitelet construire deux fois, un rouge-gorge faire trois portées dans le même nid, un oiseau du genre rossignol édifier plusieurs nids. Le travail de nidification se fait avec très grande rapidité et généralement par temps de pluie.

D'après lui, les merles affectionneraient particulièrement les abords des ruchers.

II. Note de M. Emile Genevoix.

M. Emile Genevoix signale qu'un couple de merles capturé l'année dernière au sortir du nid et placé dans la volière de M. Marcel Nadaud, à Dun-le-Palleteau, en compagnie d'un couple de faisans, a construit, avec des moyens tout-à-fait limités, un nid très confortable fait de brindilles entrecroisées, au milieu de genévriers secs plantés à l'intérieur de la volière.

Les œufs de deux pontes successives, pendant la couvée, furent mangés par la poule faisane, qui avait renversé une première fois le nid construit et une deuxième fois ce même nid replacé et protégé par un troisième genévrier mis en travers des deux premiers.

M. Emile Genevoix remarque que, sans cet incident, ce couple de merles se serait parfaitement reproduit en captivité, fait qu'il croit extrêmement rare.

III. Note de M. Sarrassat.

Les hirondelles, cette année, sont parties plus tôt que de coutume. Cependant M. Sarrassat a observé les 26 et 27 octobre 1937 la présence à Guéret, vers l'Ecole normale d'instituteurs, de trois hirondelles retardataires qui nous ont quittés depuis.

 

 

SÉANCE DU 25 NOVEMBRE 1937

Présidence de M. Louis Lacrocq, président.

Présents : Mlles Delmas, du Muraud, Théreil, MM. le docteur Bordier, Chatreix, Maurice Dayras, J. Dutheil, R. de Forges, le docteur Janicaud, Laborde, Lafay, Lamatière, Moreau, Polier, Sarrassat.

Excusés : Mlle Bellegy, MM. Desjobert de Prahas, le commandant Jabin, Maingonnat, Tabard.

L'hommage de la Société est adressé à la mémoire de M. Edouard Lacombe et de M. Brugier, membres titulaires, prématurément emportés l'un et l'autre par d'implacables maladies. M. le Président retrace leurs carrières et dit quel vide laisse le collaborateur dévoué qu'était M. Lacombe, nommé, il y a quelques mois, secrétaire-adjoint de notre Société.

Des félicitations sont adressées à notre vénérable collègue M. le chanoine Parinet, nommé chevalier de la Légion d'honneur, et à Mlle du Muraud qui a obtenu le prix de la Paulée de Meursault pour son livre Notre Village.

ÉLECTION. — M. Sarrassat est élu administrateur en remplacement de M. Jean de Cessac, décédé.

BIBLIOTHÈQUE. — M. Franck Delage a fait don du tirage à part de son article sur Le trésor de Vaulry (Haute-Vienne) et les monnaies gauloises du Limousin (Paris, 1937, extrait de la Revue de numismatique).

LECTURES ET COMMUNICATIONS. — M. le docteur Janicaud signale la découverte par M. Durin, aux Manais, commune de Gouzon, non loin de l'emplacement du village lacustre aux bords de l'étang de Landes (voir Mémoires au présent tome, p. 339) de silex préhistoriques dont deux pointes moustériennes, et aux environs de Bourganeuf celle, que lui a indiquée M. le docteur Butaud, d'une hache en pierre polie de grande dimension.

— M. l'abbé Lamonnerie a envoyé la photographie en couleurs d'une pyxide du XIIIe siècle provenant de l'église, disparue depuis longtemps, de Saint-Sornin, petite paroisse devenue commune qui a été réunie à celle de Chambon-sur-Voueize par ordonnance du 9 novembre 1834.

Cette pyxide, d'émaillerie limousine, a la forme habituelle d'une boîte ronde (hauteur : 0,033 mm ; diamètre : 0,063 mm) avec couvercle conique (hauteur : 0,040 mm) que surmonte une boule. Boîte et couvercle sont ornés de bustes d'anges ; la couleur dominante de l'émail est le vert. La pièce est à rapprocher d'autres pyxides signalées par E. Rupin (L'œuvre de Limoges, Paris, 1890, p. 208) et spécialement d'une qui se trouve au Musée de Guéret. Elle est en très bon état. A la suite du don qu'en a fait la famille Bignet-Lacouture, de Saint-Sornin, elle a pris place dans le trésor de l'église de Chambon-sur-Voueize, auquel cette famille a également donné des burettes en étain et leur plateau provenant de la même église de Saint-Sornin.

— M. Maurice Dayras rend compte de l'exposition de la série des dix tapisseries d'Anglards-de-Salers (Cantal), classées comme monuments historiques, que la Société des Amis d'Aubusson a organisée dans cette ville (d'août à fin octobre dernier) et qui a eu beaucoup de succès. La bienveillance de l'administration des Beaux-Arts et spécialement de M. Jean Verrier, inspecteur général des Monuments historiques, celle des municipalités d'Anglards-de-Salers et d'Aubusson ont permis cette présentation d'un ensemble, tout-à-fait remarquable, de verdures du XVIe siècle, ornées d'animaux les uns réels, les autres fantaisistes, et qui doivent être attribuées aux ateliers marchois.

M. Maurice Dayras montre des photographies de ces tapisseries ; il donne des explications sur ce qu'on sait de leur historique et sur leur composition. Il lit ensuite une note rédigée par nos collègues MM. Elie Maingonnat, directeur de l'Ecole d'Art décoratif, et François Tabard, président de la Chambre syndicale des fabricants de tapisserie d'Aubusson, contenant leurs constatations et appréciations sur la technique de ces tapisseries.

— Lecture est donnée d'un acte notarié du 31 août 1597 (Archives départementales de la Creuse, E suppl. étude Marlin, notaire à Crocq) communiqué par M. Pierre Dutheil, contenant prix-fait pour la construction d'une maison à Arfouillole, paroisse de Saint-Pardoux-près-Crocq (aujourd'hui Saint-Pardoux-d'Arnet).

— M. Adrien Rivet communique un procès-verbal d'assemblée de paroisse tenue à Mautes le 22 juillet 1742 qui autorise l'érection, sur la place publique de ce bourg, d'une croix en pierre de taille aux frais de Jean-Baptiste Delaporte, notaire royal. Il est expliqué que cette croix aura un « petit autel ».

— M. R. Chatreix communique la copie de documents conservés aux Archives nationales (F7 7345, B4 8727) et qui sont relatifs à un « Cercle constitutionnel » formé à La Souterraine en l'an VI. Cette société avait été dénoncée au ministre de l'Intérieur par un prêtre, « le citoyen Dardanne, pensionnaire de la République », pour de prétendues illégalités dans ses statuts. Après enquête, l'administration reconnut le mal fondé de cette dénonciation contre le cercle « composé de citoyens tranquilles, amis du bon ordre, attachés à la Constitution de l'an III et au gouvernement », ne s'occupant que de « la lecture des papiers nouvelles et de faire des discours de morale ».

— M. Louis Lacrocq indique que le dernier Bulletin de la Société bourbonnaise des Etudes locales (juillet-septembre 1937) contient p. 431-32, sans référence précise, une citation de Nicolas de Nicolaï, l'historien du XVIe siècle, relative à la fontaine de saint Pardoux, « en la paroisse de Theneuille sur le grand chemin de Bourbon à Cérilly ». Nicolaï donne de curieux détails sur l'aspect de son eau et les vertus thérapeutiques qu'on lui attribuait.

Le vocable Saint-Pardoux existe toujours là. Le Dictionnaire des noms de lieux... de... l'Allier, de Chazaud, mentionne, en effet, Saint-Pardoux, village et domaine, commune de Theneuille. Il est à ajouter, pour l'Allier, à ceux indiqués dans une précédente communication de M. Louis Lacrocq, sur la diffusion du culte du saint patron de Guéret (Mémoires, t. XXIV, p. XIV).

C'est sans doute à la fontaine de la commune de Theneuille que se rapporte une mention relevée dans le Mercure de France du 1er juillet 1935 (rubrique « Les Revues ») où Ch. Henry Hirsch rend compte (p. 180) d'un fascicule des Cahiers du Centre, dont la date n'est pas indiquée, consacré à l'écrivain bourbonnais Charles-Louis Philippe. Dans le récit de ses vacances à Cérilly (Allier), son pays natal, on relève ce détail qu'il allait souvent, avec sa nièce, à la sapinière de La Farnaud, « colline sur la route de la fontaine de saint Pardoux, à quelques cinq cents mètres de la ville ».

— M. Jean Dutheil fait connaître le résultat des enquêtes auxquelles il a procédé sur l'habitation rurale et la structure agraire de la Creuse pour les Annales de géographie.