SÉANCE DU 26 JANVIER 1939
Présidence de M. Louis Lacrocq, président.
Présents : Mme Petit, Mlle du Muraud, MM. le docteur Bordier, Beluchon, le docteur Déguison, Desjobert de Prahas, le docteur Janicaud, Laborde, Lafay, Lamatière, Moreau, l'abbé Michel Pénicaut, G. Petit, Sarrassat.
Excusés : Mme Ronzier, Mlle Jallet, MM. Casanova, Chatreix, Maurice Dayras, René de Forges, René Martin.
M. le Président adresse l'hommage de la Société à la mémoire de M. Truffy, notaire à La Courtine, membre titulaire.
Des félicitations sont adressées à M. Rebière, membre titulaire, nommé Officier de la Légion d'honneur.
Communication est donnée de la circulaire de M. le Ministre de l'Education Nationale relative à la réunion qui se tiendra à Paris les 30, 31 mai et 1er juin prochains, à la Sorbonne, pour les études d'histoire économique de la Révolution à l'occasion du cent-cinquantenaire de celle-ci.
M. le Président donne communication d'une lettre de M. l'abbé Celis, vice-président du Musée de Folklore de Gand (Belgique) demandant des renseignements sur les édifices religieux de petites dimensions qui peuvent exister dans la Creuse.
STATUTS. — Il est décidé que l'article 6 des statuts de la Société sera ainsi modifié :
Alinéa 1. — La Société est administrée par un Conseil composé de quatorze membres au moins et de dix-sept au plus, dont font partie de droit les deux conservateurs du Musée, qui peuvent, tout en conservant ces fonctions, être appelés à celle de président ou de vice-président.
Alinéa 2. — Le bureau comprend : un président, deux vice-présidents, un secrétaire, un ou deux secrétaires-adjoints, un trésorier, un trésorier-adjoint, un bibliothécaire et six administrateurs. Ils sont choisis... (le reste sans changement).
Alinéa 3. — Le renouvellement des membres nommés par l'Assemblée générale... (le reste sans changement).
Alinéas 4 et 5. — Sans changement.
ELECTIONS. — MM. le docteur Bordier et le docteur Janicaud sont élus vice-présidents.
Madame Marguerite Petit, née Ferrier, est élue secrétaire-adjointe.
Tous les autres membres du Conseil sont réélus.
COMPTES ET BUDGET. — M. Laborde, trésorier, présente les comptes de l'exercice 1938 :
Recettes :
En caisse au 31 décembre 1937.......................... 1.408,90
Subvention du département............................. 1.199,70
Subvention de la ville de Guéret....................... 4.499,10
Cotisations ........................................... 12.424,60
Vente de volumes des Mémoires et de la Topobibliographie
de la Creuse............................................ 1.635
Intérêts de rente...................................... 161
Contribution d'auteurs pour les Mémoires............... 775
Droits d'entrée au Musée............................... 1.800
23.903,30
Dépenses :
Gardiens du Musée...................................... 1.800
Impression, brochage et clichés des Mémoires........... 12.108,45
Frais de poste et de bureau............................ 1.482,15
Musée .................................................. 2.465,90
Bibliothèque ........................................... 581,75
Achat d'exemplaires de la Topobibliographie de la Creuse ;
contribution à l'impression de la carte de la Creuse
(période révolutionnaire) .............................. 4.967,30
23.405,55
Recettes..................... 23.903,30
Dépenses..................... 23.405,55
Excédent de caisse au 31 décembre 1938.... 497,75
Dans le compte ci-dessus ne sont pas compris quatre rachats de cotisations effectués pendant l'année 1938 et versés au livret de Caisse d'Epargne qui s'élève au 31 décembre 1938 à 21.837 fr. 88.
Les comptes, vérifiés par MM. Lamatière et Pasty, sont approuvés. Des remerciements sont adressés à M. Laborde, trésorier.
Le budget de 1939, établi par le bureau, est approuvé.
BIBLIOTHÈQUE. — Dons reçus : de M. l'abbé Mazeret, l'Almanach du canton de Dun pour 1939, qu'il a publié ; le bulletin n° 4 de la Fédération des Sociétés Savantes du Centre.
ADMISSIONS. — MM. H. Béchet, inspecteur de l'Enseignement primaire à Guéret ; Elie Chomette, ingénieur du Service Vicinal à Crocq ; Camille Lecante, imprimeur à Guéret.
LECTURES ET COMMUNICATIONS. — M. le docteur Janicaud décrit la sépulture gallo-romaine à incinération de La Bachellerie, commune de Saint-Priest-la-Plaine.
— M. Maurice Dayras communique deux dessins représentant l'un la croix en fer forgé de Viersat qui porte la date de 1782, l'autre la croix de pierre sculptée située sur la place de Mazeirat, commune de Tardes. Les socles de ces deux croix, tous deux en granit, sont de forme rectangulaire et comportent plusieurs degrés.
— M. Laborde signale l'article d'Anne Fouqueray, paru dans Le Journal, sur une exposition des toiles de Fernand Maillaud à la Galerie Sélection à Paris.
— M. Louis Lacrocq communique une réclame de Poulton, libraire à Guéret, qui, dans le Calendrier de la Creuse pour 1813, avise sa clientèle qu'on trouve dans son magasin « toute sorte de « papier de tenture, dans le plus nouveau goût et notamment 1° les « rives du Bosphore ou les murs de Constantinople représentant « aussi la célèbre mosquée de Sainte Sophie ; 2° les Champs-Elisées ; « 3° la ville de Paris avec ses monumens ; 4° une marine dans toute « sa beauté et différens autres sujets ». (Cf. Mémoires, t. XXVI, p. LI, la communication de M. Valadeau sur une autre réclame de Poulton, en 1811, pour les papiers peints).
— M. R. Chatreix communique la copie d'une lettre de rémission de juillet 1411 dont l'original est aux Archives Nationales (JJ 165, n° 189, f° 111 r°). Cette lettre concerne un jeune paysan de la paroisse de Saint-Maurice près La Souterraine, Etienne de Vitrac.
— M. P. Dutheil communique la copie de plusieurs contrats passés devant notaires entre des particuliers et des « charbonniers », presque tous originaires de Chantaud, pour l'extraction du « charbon de pierre » aux environs d'Ahun. Ils sont datés des 21 mai et 8 septembre 1641, 7 mai 1653, 11 novembre 1659, 3 mars 1686 et 28 mai 1749.
— M. le chanoine de Laugardière, membre correspondant, communique des mentions de sépultures qu'il a relevées sur les registres paroissiaux de Nérondes (Cher) :
1708, 30 janvier. — Marie Lapierre, « du pays de Combraille, diocèse de Limoges, paroisse de Chambon », âgée de 25 ans.
1719, 17 juillet. — Jean Chelpauzat, « du pays de la Marche », âgé de 30 ans, « en présence de son frère ».
1727, 20 juillet. — Marien Coursolle de la paroisse de Bussière-Vieille, en présence de ses frères, François et Michel et de Pierre Legrand, « qui a dit être du même pays ».
1775, 1er septembre. — Jean, « du diocèse de Limoges », âgé de 21 ans, « maçon de profession ».
1778, 20 septembre. — Jean Ligonnet, d'Arterre [Reterre] en Combraille, diocèse de Limoges, âgé de 15 ans.
Quoique la profession des décédés ne soit pas indiquée dans quatre de ces actes, il ne paraît pas douteux qu'il s'agit d'ouvriers maçons émigrants.
— M. Adrien Rivet communique les copies de deux actes reçus par Cornudet, notaire royal à Crocq, les 6 et 10 décembre 1768, contenant abandon le premier par Pierre Rougier, curé de Saint-Agnan-près-Crocq, le second par Antoine Broquin, curé de Magnat-l'Etrange, des dîmes novales de leurs paroisses aux décimateurs de ces paroisses qui étaient, pour Saint-Agnan-près-Crocq « le curé doyen de Crocq et les communalistes dudit lieu », pour Magnat-l'Etrange, le prieur du même lieu. Ces abandons sont faits en conformité de l'édit de mai 1768, à charge par les décimateurs de payer aux curés la portion congrue fixée par l'édit pour eux et leur vicaire. Ils portent aussi sur quelques héritages dont jouissaient les curés. Ils font réserve du droit de jouissance des presbytères et de leurs dépendances conservé par les curés.
— M. Henri Hugon a envoyé la note suivante :
« J'ai rappelé, dans le Courrier du Centre du 14 novembre 1938, le passage au Dorat, le 28 mars 1793, des volontaires du Var envoyés contre les Vendéens. J'avais identifié cette troupe, arrivant de La Souterraine et qualifiée de « Bataillon des Marseillais », avec celle qui, à Guéret, jeta bas la pierre fleurdelisée dominant l'hôtel des Monneyroux, fait noté par Bosvieux au Congrès archéologique de 1865.
« L'article m'a valu la communication, par M. Poupé, président de la Société d'Etudes de Draguignan, d'une étude consacrée par lui, en 1904, à ce bataillon, spécimen notoire d'indiscipline. Une précision doit y être relevée : de Toulon, le bataillon se dirigea sur Paris, il était à Saint-Pierre-le-Moutier (Nièvre) quand il reçut du Ministre ordre de rebrousser chemin vers l'Italie, mais les représentants du peuple s'y opposèrent et l'envoyèrent à Parthenay en passant par Moulins et Poitiers. Le District de La Souterraine se trompait donc en laissant entendre que ce bataillon arrivait de Clermont-Ferrand. Mais les routes de Moulins et de Clermont vers Poitiers se confondaient à partir de Guéret, et cette ville fut bien l'avant-dernière étape des Varois avant leur arrivée au Dorat ».
— M. Hugon communique les noms des cinq titulaires creusois de l'Ordre de la Réunion qu'il a relevés sur les contrôles de Guéret et dont il a précisé l'état civil pour un très érudit spécialiste M. Joseph Durieux, qui a entrepris l'histoire de l'ordre de la Réunion, créé par l'Empereur en 1811 après l'annexion de la Hollande et dont l'existence fut brève. Ce furent :
1° Jacques-Marie Bonhomme de Lajaumont, capitaine de la gendarmerie de la Creuse, né à Lépaud le 22 décembre 1755, époux de Marguerite Perrot de Chalais et arrière-grand-père de notre regretté collègue Marc de Lajaumont ;
2° Le député Jean-François Baraillon, de Viersat, né le 12 juillet 1743, mort à Chambon le 14 mars 1816, chevalier de l'Empire (cf. l'étude de M. H. de Berranger, Mémoires, t. XXIV, p. 591) ;
3° Gabriel Couturier de Fournoüe, né à Guéret le 3 décembre 1760, mort au Mouchetard, le 16 mars 1832, maire de Guéret, baron de l'Empire (cf. Généalogie par H. de Lavillatte, Mémoires, t. XXI, p. 311).
4° Christophe-Antoine Desfougères, ou de Fougères de Villandry, inspecteur divisionnaire des Ponts-et-Chaussées, né à Bonnat le 13 novembre 1758, mort à Aix-en-Provence, le 19 novembre 1839 ;
5° Pierre Péronneau, sieur de La Rue, président du collège électoral de la Creuse, baron de l'Empire, né à Guéret, le 6 novembre 1754, mort au château de Saint-Fiel, le 9 septembre 1822, étant alors conseiller à la cour de Limoges.
— M. Hugon indique également que d'après les Mémoires de l'Académie de Dijon (1937, p. 36) c'est à Guéret que fut mis en demi-solde, en octobre 1815, le lieutenant Claude Moisot, du 1er régiment de chasseurs à pied de la garde impériale, qui éleva plus tard à Fixin (Côte-d'Or) le célèbre monument, œuvre de Rude, représentant Napoléon 1er s'éveillant à l'Immortalité. Ce détail s'ajoute à ceux que M. Hugon a donnés (Mémoires, t. XXVI, p. 71) sur le séjour et le licenciement dans la Creuse de la 1re division de la Vieille Garde.
— M. Laborde retrace l'histoire de la Fontaine Cressant située à l'intersection de la Vieille route de Sainte-Feyre et de l'avenue du Dr Manouvrier, à Guéret.
— De notes communiquées par M. le docteur Guelliot et de renseignements fournis par M. H. Germouty, il ressort que l'on trouve des coiffures analogues à la capeline creusoise, coiffure féminine pour les travaux des champs mais sous d'autres noms, en Champagne, en Argonne et en Saintonge.
— Madame Dumas signale une coutume matrimoniale des environs de Chambon-sur-Voueize. Après avoir porté la rôtie aux nouveaux mariés, les jeunes gens placent au bout d'une aiguillade la coiffe de la mère et le chapeau du père, y mettent le feu, puis dansent autour.
Des coutumes analogues sont signalées par M. le Dr Déguison à Germigny-l'Exempt (Cher) et par M. Lafay à Saint-Sulpice-les-Feuilles (Haute-Vienne).
SÉANCE DU 23 FÉVRIER 1939
Présidence de M. Louis Lacrocq, président.
Présents : Mlles Bellegy, Delmas, du Muraud, Théreil ; MM. Béchet le Dr Bordier, Chatreix, Maurice Dayras, Desjobert de Prahas, le Dr Janicaud, Laborde, Lafay, Moreau, Sarrassat.
Excusés : Mme Petit, MM. G. Petit, Pradelle, Venris de la Guillaumie.
BIBLIOTHÈQUE. — Dons reçus : de M. H. Germouty la suite de ses notices sur les villes de la Creuse (La Souterraine) parue dans le Mémorial de la Creuse du 4 février 1939 ; de M. Beaussoleil, ingénieur en chef du Service Vicinal, un exemplaire de la carte hydrographique de la Creuse dessinée sous sa direction.
VOEU. — La Société émet le vœu que l'église de La Saunière, dont le portail est classé et qui a récemment reçu, grâce au fonds Pellechet et à l'initiative privée, des réparations importantes, soit classée en entier.
INVENTAIRE SUPPLÉMENTAIRE DES MONUMENTS HISTORIQUES. — Par arrêté du 9 février 1939, les restes du donjon de Chamborand, appartenant à M. Lucien Couteau, ont été inscrits.
ADMISSIONS. — Mme Veuve Jammot, à Guéret ; MM. A. Bourdet, instituteur à Augères ; V. Bussière, inspecteur de l'Enseignement technique de la Creuse à Montluçon ; Chambouix, professeur à Paris.
LECTURES ET COMMUNICATIONS. — M. Maurice Dayras présente deux haches trouvées l'une dans le bois des Châtres près d'Aubusson, l'autre à Ars. La première, en diorite, est de la période néolithique ; la deuxième, probablement en basalte, est une hache votive de l'âge du bronze.
— M. le chanoine de Laugardière, membre correspondant, signale l'existence dans la cathédrale d'Arles (Bouches-du-Rhône) de nombreuses tapisseries d'Aubusson, notamment une suite de la Vie de la Vierge en onze panneaux.
— M. P. Dutheil communique la copie d'un acte reçu par Bonneville, notaire à Pionnat, le 23 avril 1647, aux termes duquel E. Martin, tailleur de pierres, prend pour apprenti Louys Pilon et se charge de lui à Paris et durant les voyages d'aller et retour.
— M. Louis Lacrocq communique la note suivante :
« Les notes manuscrites de Pierre de Cessac conservées aux Archives de notre Société contiennent quelques indications sur la confrérie de saint Silvain à Saint-Silvain-sous-Toulx, trouvées dans les registres paroissiaux du XVIIIe siècle, à l'année 1707 semble-t-il.
« Comme dans toutes nos paroisses, la mise aux enchères des dignités des confréries, dite reinages, était pratiquée à Saint-Silvain-sous-Toulx. Les titres fantaisistes y comprenaient plusieurs « royautés ». Il n'y avait pas, en effet, que le roi et la reine de la confrérie, comme partout. Si ces titres venaient en tête, objet des plus fortes enchères, existaient cinq autres royautés : le roi et la reine du Saint-Esprit, le roi et la reine du Saint-Sacrement, le roi et la reine de Notre-Dame, le roi et la reine du Saint-Rosaire, le roi et la reine de Saint-Blaise. Les autres dignités mentionnées dans le relevé de Pierre de Cessac sont le Porte-enseigne, le Porte-bâton, le Porte-épée et le Mignon du roi. (Sur les « reinages », voir L. Lacrocq, Bibliographie du Folklore de la Creuse, n° 176 à 182 ; sur le culte de saint Silvain, voir Mémoires, t. XXV, p. 363 et s.).
— M. Adrien Rivet communique la copie d'un acte passé le 24 août 1764, au château de Magnat-l'Etrange devant Cornudet et Charles, notaires royaux à Crocq, contenant nomination par Joseph, comte de Lestrange, d'Antoine Degas, curé de Magnat, à la vicairie de Saint-Pierre et Saint-Paul, en l'église de Magnat, fondée, dit l'acte, en 1324 par les ancêtres du comte.
Il est spécifié que le bénéficiaire jouira de tous les revenus et prérogatives attachés à la vicairie à charge de dire trois messes chantées chaque semaine. Il aura l'obligation « de faire donner pendant trois différentes fois, après que la messe aura sonné, des coups de la grande cloche pour faire avertir ledit seigneur nominateur et ceux de sa maison ».
— M. Laborde retrace l'histoire de la fontaine Montpellier qui se trouvait sur la petite place de la Mission à Guéret.
Il communique un document que M. Duris lui a remis pour nos Archives. C'est une lettre par laquelle le Procureur impérial criminel donne au sacristain l'ordre de creuser la tombe d'une femme qui devait être exécutée le lendemain. Il résulte de renseignements trouvés aux Archives départementales que dans la nuit du 20 au 21 mars 1813, à Saint-Germain-Beaupré, cette femme avait jeté sa tante dans un lavoir après l'avoir assommée ; condamnée à la peine de mort le 26 avril 1813, elle fut exécutée le 21 août suivant.
— Madame Petit lit une note sur les jeux de billes des enfants et leurs transformations actuelles.
M. Louis Lacrocq énumère et explique divers termes dialectaux, tels que gobille, chique, etc., employés pour désigner la bille.
— Communication est donnée des renseignements recueillis par MM. H. Germouty et A. Rivet sur les chars ruraux à quatre roues dans la Creuse. Il en résulte que ce véhicule n'est en usage que dans les cantons de Crocq et La Courtine ainsi qu'au delà de leurs limites dans quelques communes des cantons limitrophes.
M. Albert Lacrocq a envoyé une note indiquant que l'existence des chars à quatre roues dans certaines régions montagneuses de la France, comme dans les cantons creusois qui viennent d'être indiqués, pourrait s'expliquer par une certaine résistance de régions écartées à la pénétration du char à deux roues de type méditerranéen.
Le Dr Janicaud et M. Desjobert de Prahas présentent diverses observations sur ces chars.
SÉANCE DU 30 MARS 1939
Présidence de M. Louis Lacrocq, président.
Présents : Mmes Petit, Ronzier, Mlle Bellegy, MM. Béchet, le docteur Bordier, Chatreix, Desjobert de Prahas, le docteur Janicaud, Laborde, Lamatière, Moreau, Pajot, G. Petit.
Excusés : Mlles Jallet, du Muraud, MM. Maurice Dayras, le docteur Déguison.
M. le Président associe la Société au deuil causé par la mort récente de M. Emile Espérandieu, membre de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres. Il rappelle qu'il a décrit, dans ses Inscriptions de la Cité des Lemovices (1891) et dans son grand Recueil des Bas-reliefs de la Gaule, de nombreux monuments gallo-romains de la Creuse.
Des félicitations sont adressées à MM. Félix Dubreuil, Jabin et Poudensan, membres titulaires, nommés officiers d'Académie.
L'échange de nos publications avec celles de la Société des Lettres, sciences et arts de l'Aveyron a été établi.
Le Congrès de la Fédération des Sociétés savantes du Centre se tiendra à Châteauroux les 20, 21 et 22 mai prochain.
BIBLIOTHÈQUE. — Dons reçus : de M. Robert de Souza, sa notice sur Le comte Cornudet, parue dans le Bulletin de la Société pour la protection des paysages (mai 1938) ; de M. Loubaud, l'ouvrage sur Autun de M. Emile Thévenot (Autun, 1932) ; de M. le docteur Déguison, le Bulletin de la Société d'histoire et d'archéologie de Vichy, année 1938.
ADMISSIONS. — Madame R. Millet, institutrice à Jarnages ; M. Camille Ferrand, sénateur de la Creuse, à Guéret.
LECTURES ET COMMUNICATIONS. — Lecture est donnée d'une note de M. Albert Lacrocq sur une monnaie gauloise qu'il vient de donner au Musée. Cette note est reproduite à la fin du présent procès-verbal.
— M. R. Chatreix décrit, d'après des notes de J. Bellet, des découvertes gallo-romaines faites autrefois à Rissac, commune de Saint-Maurice-la-Souterraine.
— M. P. Dutheil communique l'acte notarié du 14 juin 1639 par lequel Joachim Mendigoux, menuisier à Ahun, s'engage à exécuter, pour l'église de cette ville, vingt-huit stalles semblables à celles de l'église du Moutier-d'Ahun.
— M. Henri Hugon signale des indications concernant les territoires creusois dépendant du Poitou (régions de Bourganeuf et de La Souterraine) que contient le procès-verbal de rédaction de la coutume de cette province (15 octobre 1559).
— M. Adrien Rivet communique l'expédition d'un procès-verbal dressé les 21, 22 et 23 octobre 1723, par le juge châtelain de Néoux, commis par le bailli de Montpensier en Auvergne, pour constater, à la requête de Jean Garreau, seigneur de La Salle et du Chertavelle, l'état de la seigneurie de Sanne, paroisse de Mautes, qui avait été « délaissée et cédée » à Garreau par Jean de Lestrange et Louis de Lestrange, son fils, en paiement d'une dette de 40.000 livres de principal, suivant contrat reçu Cornudet, notaire à Crocq, le 22 décembre 1722.
Cette terre de Sanne comprenait, avec le « château noble » portant ce nom, une réserve, des étangs, des moulins et six domaines. Il résulte des descriptions détaillées contenues au procès-verbal que ce château et les autres bâtiments étaient en état d'extrême délabrement, menaçant ruine en de nombreuses parties. Les chaussées des étangs, (appelés de La Gargouille, de la Porte, des Celles, du Cros du Loup) étaient aussi en mauvais état.
Sanne est maintenant un village de la commune de Mautes où, dit M. Rivet, il ne reste pas de traces du château de la famille de Lestrange. D'après l'énumération des travaux à faire, ce château devait être une construction quadrangulaire ornée de « quatre culs-de-lampe qui sont au-dessus des quatre encoignures » ; il n'avait qu'une tour contenant vraisemblablement l'escalier.
— M. Louis Lacrocq signale l'avis suivant trouvé dans le Journal du département de la Creuse, n° du 20 octobre 1810 :
AVIS AUX AMATEURS DE MÉRINOS
Un troupeau de mille brebis de 2 et 3 ans, vraie race espagnole, tirées des plus belles bergeries de Ségovie et parti d'Oléron frontière de Navarre du 10 au 15 septembre, sera incessamment à Châteauroux, chef-lieu du département de l'Indre. Les amateurs qui en désireront peuvent s'adresser au sieur Deffoussée négociant à La Châtre, qui en traitera à prix raisonnable et avec des conditions.
Il y aura un bélier par cinquante brebis.
(Sur l'introduction du mouton mérinos dans la Creuse, voir la communication de M. Desjobert de Prahas, Mémoires, t. XXVI, p.-v. p. XIII).
— M. C. Laborde décrit la fontaine, dite des Halles, qui existait autrefois sur la place du Marché à Guéret et en fait l'historique.
Il communique une correspondance de 1817 relative à des recherches de feldspath dans la Creuse que demandait un M. Seigle, de Lurcy-Lévy (Allier), à un destinataire inconnu.
— M. Louis Lacrocq signale un document concernant le romancier creusois Alfred Assolant reproduit dans un article de M. Auriant, Petite histoire littéraire et anecdotes (Mercure de France, n° du 15 mars 1939, p. 740).
L'article étudie un érudit, Lorédan Larchey (1831-1902), qui fut conservateur de la Bibliothèque de l'Arsenal. Lorédan Larchey avait pris la défense de Sainte-Beuve, dans une publication non précisée, à la suite d'une attaque d'Assolant contre le célèbre critique, attaque dont la référence n'est pas non plus donnée par M. Auriant. Celui-ci s'est borné à citer intégralement la lettre de remerciement de Sainte-Beuve à Lorédan Larchey, qui n'est pas datée, lettre très dure pour Assolant :
Cher Monsieur,
Je vous remercie de votre bonne sympathie et de votre sentiment d'honnête indignation. Mon histoire avec M. Alfred Assolant est bien simple : il y a des années déjà, j'étais dans la boutique de Michel Lévy ; il y était aussi, et m'entendant nommer, il se jeta à ma tête. Compliments, avances, rien n'y manqua. Le lendemain je recevais tous ses livres. Il est vrai que je n'ai jamais pu trouver l'occasion d'en parler. Cet ancien élève de l'Ecole Normale n'a rien gardé de solide ; il n'a rien gardé de sa première éducation et n'a aucun des mérites de ses autres camarades sécularisés et émancipés ; il est inexact, léger, parlant de ce qu'il sait peu, et somme toute ayant peu réussi à marquer sa place dans cette pléiade des About, Paradol, Weiss, Claveau, Sarcey, etc. Un peu de mauvaise humeur est bien pardonnable, et je conviens avoir tout fait par mon silence pour la mériter.
Mais encore une fois merci de prendre ainsi en main la cause de ceux qui vous paraissent attaqués injustement.
Tout à vous.
Sainte-Beuve
— M. le docteur Déguison fait connaître des coutumes toujours suivies dans la région de Nérondes et de Sancoins (Cher) pour les mariages à la campagne (mannequins brûlés lors du mariage du dernier enfant, balais brûlés).
— M. Desjobert de Prahas décrit les diverses phases de labours autrefois pratiquées dans la région de Pionnat et indique leurs noms patois.
— Madame Petit décrit les diverses variétés du jeu de corde pratiquées par les fillettes à Dun-le-Palleteau.
— Une note de Mlle Du Muraud donne les indications qu'elle a recueillies sur les jeux de billes des garçons.
NOTE LUE EN SÉANCE – SUR UNE MONNAIE GAULOISE PROVENANT DE BÉNÉVENT-L'ABBAYE
La pièce en argent, d'un diamètre de 14 millimètres et du poids de 2 gr. 18, que j'ai donnée au Musée de Guéret, offre à l'avers, dans un grénetis incomplet par suite de la défectuosité d'une frappe mal cintrée, une tête d'homme casquée à droite. Le nez est droit, fortement marqué ; l'œil est allongé, ouvert, figuré de face ; l'oreille est indiquée par un trait sinueux, le menton par une saillie ronde. La chevelure n'est pas visible.
Le revers porte un cheval tourné vers la droite, allant au pas. L'encolure est longue ainsi que la tête ; la crinière est marquée par une ligne ponctuée ; la queue est abaissée dans une position oblique. Entre les pattes se distingue un point en fort relief, placé au centre d'un annelet peu visible. Au-dessus de la croupe du cheval se voit une tête humaine, de profil à droite, avec une chevelure à trois boucles indiquées par des saillies.
Cette pièce provient d'un trésor découvert à Bénévent-l'Abbaye, vers 1820, sans que nous puissions préciser davantage la date et les circonstances de la trouvaille.
Maurice Ardant a parlé à diverses reprises de ce trésor. Dans le tome IV (1853, p. 169) du Bulletin de la Société archéologique et historique du Limousin il signale « un certain nombre de pièces gauloises trouvées à Bénévent-en-Marche... ». Il est un peu plus explicite lorsqu'il écrit, dans le Congrès scientifique de France, tenu à Limoges en 1859 (tome I, p. 275) qu'« il a pu comparer quarante-quatre médailles d'argent découvertes dans la fontaine de Bénévent (Creuse) (l'ancien Secundeletas des Gaulois) avec un plus grand nombre d'autres médailles trouvées, en 1811, au village de La Jante près Compreignac (Haute-Vienne), et, plus récemment, avec une pièce d'or au titre gaulois (electrum) trouvée à Bussière-Boffy (arrondissement de Bellac). Toutes présentent, au revers, le cheval libre, sur la croupe duquel est placée une tête ; ce qui lui a fait adopter l'opinion que ce type était celui des Lémovikes ».
Une dernière mention que nous relevons sous sa signature dans le tome XIII, p. 214, du même Bulletin n'ajoute rien aux précédentes. Il en est de même pour la notice figurant dans le Dictionnaire archéologique de la Gaule (1875, tome I, p. 143).
Par contre, nous trouvons la date approximative de 1820, que nous avons donnée plus haut, dans le Dictionnaire archéologique de Pierre de Cessac, manuscrit conservé aux Archives Départementales de la Creuse, qui note : « Vers 1820, on découvrit dans une fontaine de Bénévent, un lot de monnaies gauloises en argent. M. Maurice Ardant put en examiner 44, toutes au même type... ».
Ces mêmes précisions se retrouvent dans le Traité des monnaies gauloises de M. Adrien Blanchet (appendice I, p. 550, n° 49).
Les recherches que notre collègue M. Dutheil, sous-archiviste de la Creuse, a bien voulu faire, avec son obligeance coutumière, dans les journaux de la période 1818-1830 ont été vaines. La découverte de Bénévent n'a pas été signalée. Rien non plus ne se rencontre à ce sujet dans un dossier administratif de la commune de Bénévent, relatif à l'aménagement de la fontaine de la place du Marché en 1831-1832 (1).
Souhaitons qu'un hasard heureux permette un jour de préciser la date et les circonstances de la trouvaille.
Il convient maintenant d'examiner à quel monnayage gaulois appartient cette pièce de monnaie.
Les travaux de M. Adrien Blanchet (2), une étude de M. Franck Delage (3) nous renseignent sur les découvertes de pièces de ce type. Il en a été trouvé : 44 à Bénévent-l'Abbaye où elles constituaient l'ensemble du trésor ; 31 dans le trésor de Marcillat (4), commune de Jalèches (Creuse) ; 1 au Puy-de-Gaudy (Creuse) ; 1 au Puy-de-Chalard (commune d'Yssandon, Corrèze) ; 1 aux environs d'Ussel (Corrèze) ; 1 à Bussière-Boffy (Haute-Vienne) ; 3 à Vernon (Vienne) ; 5 à Alise (Côte d'Or) ; 1 à Châtel-sous-Murat (Cantal) ; 1 à Saujon (Char. Inférieure).
Celles de ces pièces qui ont été décrites sont identiques à celle que nous présentons, avec toutefois cette différence que la très grande majorité des exemplaires offre, non pas un type de revers à droite comme sur le présent exemplaire, mais au contraire un revers à gauche. C'est notamment le cas pour deux pièces provenant du trésor de Bénévent, décrites par Pierre de Cessac (loc. cit.) à qui elles avaient été communiquées. Notons, par contre, que sur les cinq pièces provenant de Marcillat et que possède dans ses collections M. Adrien Blanchet, une offre, comme celle-ci, un revers à droite (5).
Un des maîtres de la numismatique, M. Adrien Blanchet, indique (Traité..., p. 290) qu'on classe aux Lémovices les monnaies d'argent de ce type. Il ajoute qu'il accepte ce classement provisoirement, estimant qu'un tel classement des monnaies gauloises par peuples n'a pas de bases scientifiques sérieuses.
M. Franck Delage, en conclusion de son étude sur le trésor de Vaulry, attribue « au Limousin proprement dit » le revers le plus fréquemment rencontré en Haute-Vienne, qui porte un échassier, une grue semble-t-il, se dressant un peu au-dessus de la croupe du cheval et il estime que le revers avec la tête humaine au-dessus du cheval semble convenir, avec le Poitou « surtout à la région de la Marche ».
Si cette hypothèse était un jour confirmée, elle ne serait pas de nature à déplaire à notre particularisme creusois.
(1) Voir sur cet aménagement la note de M. Louis Lacrocq dans nos Mémoires, t. XXIV, p.-v. p. CXX.
(2) Adrien Blanchet, Traité des monnaies gauloises, p. 290 ; La Trouvaille de Marcillat dans Revue Numismatique, 1910, p. 461.
(3) Franck Delage, Le trésor de Vaulry (Haute-Vienne) et les monnaies gauloises du Limousin, dans Revue Numismatique, 1937, p. 57 (tir. à part).
(4) M. Adrien Blanchet (Trouvaille de Marcillat, p. 62) signale que les pièces de Bénévent sont, en raison de leur poids plus élevé, d'une date plus ancienne que celles de Marcillat.
(5) Ces différences paraissent se rencontrer assez souvent. Ainsi deux des pièces du trésor de Vaulry ont un revers avec cheval à gauche, tandis qu'il est à droite sur tous les autres exemplaires.
Albert Lacrocq
SÉANCE DU 25 MAI 1939
Présidence de M. le docteur Bordier, vice-président.
Présents : Mmes Petit, Ronzier, Mlle du Muraud, MM. Aureix, Beluchon, de Bourran, Dutheil, R. de Forges, le docteur Janicaud, Laborde, Moreau, l'abbé Pénicaud, Sarrassat.
Excusés : MM. Béchet, Maurice Dayras, Louis Lacrocq, Lafay, Georges Petit.
Des félicitations sont adressées à nos membres honoraires : MM. Deshoulières, nommé chevalier de la Légion d'Honneur et Bréhier qui a obtenu le Prix Schlumberger pour les études byzantines, décerné par l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres.
BIBLIOTHÈQUE. — Dons reçus : de M. Maurice Dayras, la copie manuscrite de sa communication sur la tour du château d'Aubusson, présentée au Congrès des Sociétés savantes à Bordeaux en avril dernier ; de la Société archéologique du Limousin, le Programme des Ostensions de Limoges en 1939 ; de M. Germouty, la suite de ses notices sur les villes de la Creuse (Vallière) parue dans le Mémorial de la Creuse des 22 et 29 avril dernier ; de M. Joseph Boulaud, son étude sur Les droits seigneuriaux de chasse et de pêche en Limousin au XVIIIe siècle. Supplément (Limoges, 1939) ; de M. Loubaud, l'ouvrage de M. André Chagny, Cluny et son empire (Lyon, 1938) ; de M. Maurice Dayras, l'étude de M. le doyen Audollent sur La cité des Arvernes au temps de Grégoire de Tours (Clermont-Ferrand, 1939).
MONUMENTS HISTORIQUES. — Les églises de Saint-Pierre de Fursac et de La Saunière ont été classées par arrêté du 19 avril 1939.
SITES. — Le site de la Cascade des Jarrauds, commune de Saint-Martin-Château, a été inscrit à l'Inventaire.
ADMISSIONS. — Mme Henri Rouchon, au château de La Ville-du-Bois, commune de Sannat ; M. Chambonnet, sénateur de la Creuse, à Aubusson ; M. l'abbé Guy, curé de Linard.
LECTURES ET COMMUNICATIONS. — M. Sarrassat lit la note suivante :
« Le 22 mai 1939, en herborisant dans la forêt de Chabrières entre la route du Mas-Foreau et le ruisseau qui vient du Pont Parot, j'ai recueilli deux plantes rares et intéressantes : un lichen Sphaerophoron coralloides Pers. et une mousse Dicranum fulvum Hook, sur de gros rochers granitiques au milieu de la chênaie-hêtraie.
« C'est la première fois que j'observe Sphaerophoron coralloides Pers. dans la forêt de Chabrières où il se trouve cependant en grande abondance sur les rochers mentionnés plus haut. C'est un lichen de haute montagne. Je l'ai déjà récolté en Creuse sur des rochers siliceux au Maupuy près de Guéret, à Royère dans la vallée du Thaurion et sur des troncs de bouleaux à Gentioux dans un bois. Il a été signalé dans la Haute-Vienne par Lamy de la Chapelle.
« Dicranum fulvum Hook est une mousse peu commune en France et très rarement fertile. Les échantillons de cette espèce recueillis le 22 mai 1939 sont les premiers que je rencontre en Creuse couverts de capsules.
« Parmi les autres bryophites observés au cours de cette excursion il convient de signaler les deux hépatiques suivantes peu fréquentes en Creuse : Blepharostoma trichophylla Dum. et Aplozia lanceolata Dum ».
— M. le docteur Janicaud signale la découverte à Noth d'une monnaie de la République romaine, un Victoriat au nom de Balbus, datant d'environ 200 ans avant l'ère chrétienne. Cette monnaie nous a été communiquée par notre collègue Mme Millet.
— M. Henri Hugon communique une lettre écrite, le 21 août 1890, par Georges Berthomier, au président de la Société archéologique du Limousin, et des dessins l'accompagnant. Ces dessins cotés représentent une pierre tombale à personnage et des arcatures, le tout trouvé dans les ruines de l'Abbaye d'Aubignac, commune de Saint-Sébastien.
— M. P. Dutheil communique :
1° Un contrat passé devant Picot, notaire royal à Bellegarde, le 10 octobre 1627, par lequel Antoine Saultier, chirurgien de cette ville, prend comme apprenti le jeune Joseph de Courteix, fils de Jean de Courteix, chirurgien à Crocq (Arch. départ. de la Creuse, E suppl. Notaires, Documents à classer, carton 31) ;
2° le procès-verbal de vente aux enchères, par ministère d'huissier, le 23 mars 1750, des meubles provenant de la succession de Jean Dufour, laboureur à Neuville, paroisse de Sainte-Feyre (Id. Carton 1739).
— M. G. Debien, professeur au Caire, membre de la Société des Antiquaires de l'Ouest, a bien voulu nous envoyer le relevé de divers contrats d'engagement pour « les Iles », concernant des Marchois, qu'il a trouvés au cours de ses recherches sur l'émigration en Amérique, dans les minutes de l'étude Menon, aux Archives départementales de la Charente-Inférieure (E suppl. Notaires) :
7 octobre 1685. — Engagement à Jean de Hulquo, capitaine du Saint-François, de la Rochelle, pour 3 ans, et 300 livres de tabac, pour Saint-Domingue, de Jean Boué (ou Bourré ?) de Felletin, âgé de 19 ans.
Décembre 1685. — Engagement à Me Antoine Héron, agent de la Cie des Domaines d'Occident, pour 3 ans, 300 livres de tabac, pour les Iles ou St-Domingue, d'Antoine Duclos, de Felletin, âgé de 30 ans.
4 avril 1698. — Engagement à Jean Chantreau, capitaine du Saint-François, pour les Iles françaises de l'Amérique, pour 3 ans et 300 livres de sucre, de Jean de Coucouze, garçon de service, de Guéret, âgé de 26 ans.
13 août 1702. — Engagement à Louis Martin, capitaine du Saint-Paul, pour St-Domingue, pour 3 ans et 300 livres de sucre, de Joseph Allemand, garçon de service, natif de la Marche, âgé de 13 ans.
7 mars 1704. — Pierre Pairon, tonnelier, natif de Saint-Sornin (Basse-Marche), âgé de 31 ans (travaillant à La Rochelle), s'engage pour la Martinique au sieur de La Haute, directeur général du Domaine royal d'Occident à la Martinique, pour 18 mois, à 200 livres par an.
15 juin 1705. — Engagement à Jean Graneau, capitaine de la Marie, pour les Iles françaises d'Amérique, de Julien Cabaret, garçon tapissier, d'Aubusson, âgé de 19 ans.
Tous ces actes sont passés devant Rivière et Soulard, notaires à La Rochelle.
Des remerciements sont exprimés à M. Debien pour son obligeante communication.
— M. Adrien Rivet communique la minute d'un acte passé devant Cornudet et Charles, notaires royaux à Crocq, le 2 octobre 1768, par lequel le mandataire de Julien Alaterre, « adjudicataire général des Fermes unies de France », donne à bail, pour 6 ans, à Bertrand Chireix, boucher à Crocq, « les droits d'inspecteur aux boucheries et quatre sols pour livre d'iceux, à lever dans la ville et faubourg de Crocq », moyennant la somme de 240 livres par an. Les droits à percevoir par le fermier sont de « 40 sols pour chaque bœuf ou vache, 12 sols pour chaque veau ou génisse, 4 sols pour chaque mouton, brebis ou chèvre », plus les 4 sols pour livre (Cf. une précédente communication de M. Rivet sur un bail des mêmes droits en 1738, Mémoires, au présent tome, procès-verbaux, p. 28).
— M. Aureix donne lecture de deux lettres des 24 et 25 juin 1848, adressées à sa famille habitant Bénévent-l'Abbaye, par Périgaud, professeur à Paris, qui contiennent de précis détails sur les journées révolutionnaires et la violence des combats.
— Madame Petit a relevé dans l'Echo de la Creuse du 11 mai 1889 l'information suivante à laquelle le cinquantenaire de la Tour Eiffel donne de l'actualité :
« Le contre-maître de la maison Eiffel, à qui le Président de la République a remis lui-même les insignes de la Légion d'honneur le jour de l'ouverture de l'exposition, est originaire d'Evaux. Il est depuis 30 ans employé dans l'établissement du grand ingénieur et se nomme Compagnon. Il a, dit-on, conduit d'importants travaux entrepris par la maison Eiffel dans la Creuse ».
Les travaux dans la Creuse auxquels il est fait allusion sont ceux du viaduc du chemin de fer sur la Tardes, entre les stations d'Evaux et de Budelière.
— Lecture est donnée d'une note de M. Louis Lacrocq sur le rite propitiatoire de l'offrande à la fontaine ou au puits le 1er janvier, sous forme de pain et de beurre, autrefois pratiqué dans la commune de Vallière.
M. Aureix signale l'existence de cette coutume dans la région de Sainte-Feyre.
Mlle Du Muraud dit qu'en Limousin l'offrande avait lieu le jour de l'Epiphanie.
SÉANCE DU 27 JUILLET 1939
Présidence de M. Louis Lacrocq, président.
Présents : Mme Petit, Mlles du Muraud, Semblat, Théreil, MM. Beluchon, Marc Bloch, le docteur Bordier, de Bourran, Maurice Dayras, P. Dutheil, Desjobert de Prahas, de Forges, le docteur Janicaud, Moreau, Pasty, Petit, Sarrassat.
Excusé : M. René Martin.
M. le Président adresse l'hommage de la Société à la mémoire de Madame Edouard Chapal, de MM. Octave Polier et Agabriel, membres titulaires, récemment décédés.
Des félicitations sont exprimées à M. Ph. Ribière, nommé chevalier de la Légion d'honneur.
VOEU. — La Société émet le vœu que l'église d'Azérables soit classée comme monument historique, appelant respectueusement la bienveillante attention de l'administration des Beaux-Arts sur l'intérêt archéologique de cet édifice (abside du XIIe siècle, voûtage de la nef, clocher).
BIBLIOTHÈQUE. — Dons reçus : de M. H. Germouty, la suite de ses notices (Vallière, Faux-la-Montagne) parue dans le Mémorial de la Creuse du 15 juillet 1939 ; de M. Sarrassat, son étude sur des Muscinées récoltées en Haute-Savoie, extraite du Bulletin de la Société botanique de France, 1939 ; de M. Marvin Chauncey Ross, le tirage à part de son article An enameled reliquary from Champagnat, paru dans Mediaeval studies in memory of A. Kingsley Porter, Harvard University Press, Cambridge, Massachussetts, s. d.
LECTURES ET COMMUNICATIONS. — M. le docteur Janicaud présente des photographies d'un bloc de granulite un peu lamellaire, des environs de Crozant, qui s'est clivé spontanément en forme de vasque hémisphérique.
Il décrit une hache polie en diorite, trouvée dans le fossé est du château de Crozant, par M. D. Blanchet, et signale la découverte, sur les bords de la Sédelle, aux pieds des ruines de ce château, de deux autres haches polies de diorite et de trois pointes de flèches en silex.
Il décrit des excavations circulaires paraissant être des fonds de cabanes gauloises, sur les bords desquelles ont été trouvées deux perles d'ambre, qui lui ont été montrées par M. Durin, près des Manais, commune de Gouzon, dans la brande de Landes.
— M. Albert Lacrocq a envoyé la note suivante :
« J'ai signalé en 1931 (Mémoires, tome XXV, p. IX) comment un jeune érudit américain, M. Marvin Chauncey Ross, avait été amené, grâce à une note de Bosvieux que je lui avais fait connaître, à penser que vraisemblablement des plaques en émail champlevé entrées au Metropolitan Museum de New-York, provenaient d'une châsse que possédait autrefois l'église de Champagnat.
« M. Marvin Chauncey Ross vient de consacrer à ces émaux, dont il donne une reproduction, une étude détaillée An enameled reliquary from Champagnat (voir plus haut, au présent procès-verbal, Bibliothèque) qui établit de façon certaine que telle est bien leur origine et qu'il y a identité. Il note tout d'abord que ces plaques, au nombre de six, furent étudiées en 1891 par Molinier et qu'elles figurèrent à l'Exposition Universelle de Paris de 1900, alors qu'elles appartenaient à Sigismond Bardac. Elles furent ensuite acquises par Georges Hoentschel et passèrent avec sa collection entre les mains de J. P. Morgan Sr. qui les a données au Metropolitan Museum of Art de New-York.
« M. Marvin Chauncey Ross reproduit le texte de la note de Bosvieux (voir ce texte dans ma communication de 1931), avec une photographie de la page correspondante de son carnet et relève dans sa description, qui fut sans doute faite un peu hâtivement, les inexactitudes suivantes :
« Le reliquaire est une œuvre du XIIe siècle et non du XIVe ; sur une des plaques principales est figuré non pas Dieu le Père bénissant « la main gauche sur la boule du monde », mais le Christ tenant le Livre ; le personnage à sa droite n'est pas la Vierge tenant un cœur dans la main droite, mais plus vraisemblablement Marie-Madeleine avec le vase de parfum. L'une des plaques de pignon ne représente pas saint Martial, mais saint Paul, à qui saint Pierre fait pendant. Enfin, sur une des plaques du revers, les « deux bêtes de l'Apocalypse », séparées par une admirable arabesque, sont en réalité les symboles des Evangélistes saint Luc et saint Marc.
« Si Bosvieux a commis ces erreurs, par contre il ne s'est pas trompé, en homme sensible à la beauté, en notant la valeur exceptionnelle de cette « œuvre de Limoges » ».
— M. Jacques Levron communique trois actes notariés des 14 juillet 1551 et 14 février 1572, conservés aux Archives départementales de Maine-et-Loire, relatifs à des ventes de tapisseries à Angers par des marchands tapissiers d'Aubusson, Michel Bellat (1551), Denis Barraband et Jacques Bouchon, ceux-ci accompagnés de Jean Mage (1572).
— M. Maurice Dayras lit la note relative à deux Expositions de tapisseries reproduites à la fin du présent procès-verbal.
— M. Louis Lacrocq signale l'inscription suivante encastrée dans le mur d'une maison de Bonnat, en face de l'église et en bordure de la route de La Celle-Dunoise :
1761
ÆDIFICARI
CVRAVIT
ANTONIVS
DEFAV[G]ERE
Cette inscription est gravée, en caractères soignés, sur une pierre calcaire (0,40 cm × 0,30 cm environ), avec encadrement arrondi et saillant qu'ornent des quarts de cercle aux angles. Des mentions relevées dans des actes notariés permettent d'attribuer cette inscription à Antoine Defaugère, notaire royal à Bonnat.
— Lecture est donnée d'un article de M. Georges Thomas sur deux documents inédits relatifs à la seigneurie de Boussac. Ces documents, dont il est également donné lecture, sont un répit d'hommage accordé, le 13 août 1524, par Marguerite de France, duchesse de Berry, à Anne de Batarnay, et une donation par le roi François 1er à Marc Le Groing, en décembre de la même année.
— M. P. Dutheil lit le testament notarié de François de Chaussecourt, seigneur de La Chassaignie, en date du 22 juin 1667, contenant, entre autres legs, celui de 500 livres à l'église d'Ahun pour acheter des orgues.
— M. Adrien Rivet communique la minute d'un acte passé, le 24 janvier 1761, devant Cornudet, notaire royal à Crocq, contenant reddition par Pierre Pinton, laboureur, du compte de la gestion qu'avait eue son père, décédé, des biens de la fabrique de « l'église et paroisse » de Magnat-l'Etrange. Ce compte est rendu à Annet Gasne, « syndic fabricien en exercice », assisté de Annet Lejeune et de Pierre Paricaud, syndics, de Jean et de Léonard Dumilieux, « consuls de ladite paroisse », et en présence de plusieurs habitants. Il porte sur des opérations relatives à des rentes dues à la fabrique et à de menues réparations à l'église. Le solde débiteur est fixé à 300 livres en paiement desquelles Pierre Pinton abandonne à la fabrique trois « obligations de cheptel » d'égale valeur. Il se réserve le droit de recouvrer les sommes non touchées par son père pour « les droits attribués au fabricien sur les enterrements ».
— M. l'abbé Guy communique la copie de la mention suivante inscrite sur les registres paroissiaux de Linard :
Le dix sept may mil sept cent quatre vingt sept, qui était le jour de l'Ascension de N. S., par permission de Monseigneur l'Evêque de Limoges, je fis la bénédiction solennelle de quatre croix qui furent transportées à cet effet à l'Areboullet, où il en fut plantée une, par les soins et aux frais de Monsieur Martin, co-seigneur de cette paroisse. La seconde fut plantée en haut de la brande de Lajon, par les soins et aux frais de Pierre Nadaud, du village du Soudrin. La troisième fut plantée vis-à-vis du chemin de Mourtroux, près le village de Nioux, par les soins et aux frais de Jacques Maupertuis Lejeune et la quatrième fut plantée au bas de la petite brande du Pomeroux au Chezaud, au côté gauche du chemin de ce bourg à Aigurande, par les soins de Jean Morin, métayer au Pomeroux.
Signé : Souton, curé de Linard
La croix de l'Areboulet existe toujours au milieu d'un groupe d'arbres dominant la vallée de la Petite Creuse et un vaste horizon, au Sud du bourg de Linard.
— M. Henri Hugon a envoyé la note suivante :
« Les registres manuscrits de la Municipalité de Limoges relatent en février 1791, l'installation des nouveaux professeurs du collège de cette ville, notamment de « l'abbé Villatte, maître-ès-arts de l'Université de Bourges, professeur de Seconde ou des Humanités ». L'intéressé signa comme il suit, le 28 février, le procès-verbal de son installation : « Vilate de La Fayole, professeur des humanités ».
« Cette signature que F. Villard et le chanoine Lecler n'ont pas connue (Le Collège de Guéret — Le Limousin et la Marche au tribunal révolutionnaire de Paris, t. III) ne peut s'autoriser des termes de l'acte de baptême en l'église d'Ahun, et vise sans doute quelque propriété de famille. Elle n'en est que plus curieuse à noter pour le contraste qu'elle révèle avec l'attitude que devait prendre bientôt Villatte, devenu à Paris, sous les prénoms de Sempronius Gracchus, l'un des plus « solides » jurés de Fouquier-Tinville dont il partagea la destinée après Thermidor ».
— M. Louis Lacrocq a consulté aux Archives départementales de la Creuse (série M Réfugiés) le dossier, que lui a signalé M. P. Dutheil, contenant les documents administratifs sur les secours payés, entre 1821 et 1847, aux personnes qui avaient eu des biens à Saint-Domingue, habitant dans la Creuse : Mlle Leudière (Jarnages), Mme de Marsanges (résidant ordinairement à Bellac, Haute-Vienne), Mme Lansier (Felletin). Le dossier contient aussi une demande de secours du chevalier d'Ypres, habitant Bellegarde.
SÉANCE DU 30 NOVEMBRE 1939
Présidence de M. Louis Lacrocq, président.
Présents : Mme Petit, Mlles Jallet et du Muraud, MM. le docteur Barcat, le docteur B. Bord, le docteur Bordier, de Bourran, P. Cluzet, Filloux, R. de Forges, le docteur Janicaud, C. Laborde, Lafay, Lamatière, Moreau, Sarrassat.
Excusés : MM. Béchet, P. Dutheil, et Petit.
M. le Président adresse l'hommage de la Société à la mémoire de M. Albert Mazet, administrateur, de MM. Auguste Barthon, et l'abbé Thourin, membres titulaires, récemment décédés.
En remplacement de MM. Polier et Mazet, MM. Chatreix et le médecin-général Guillon sont élus administrateurs de la Société.
ADMISSIONS. — M. Bouvet, cantinier (au 121e) à Montluçon et à Favant, commune de Bord-Saint-Georges, et M. Henri Roux, professeur honoraire d'agriculture, brasserie Weltz à Montluçon.
BIBLIOTHÈQUE. — Dons reçus : de la Société Archéologique du Limousin, Notice sur André Demartial ; de M. L. Lacrocq, Gouzon, Toulx-Sainte-Croix, (Paris 1939, Extrait du Congrès archéologique de l'Allier) de M. le docteur Janicaud, Jarnages, Boussac-Bourg (ibid.) de M. L. Lasnier : Gloses de Barthole sur le Digeste.
LECTURES ET COMMUNICATIONS. — M. Sarrassat lit une note sur quelques plantes nouvelles signalées dans l'Ouest de la Creuse par M. Louis Rallet, dans sa très intéressante thèse de doctorat : Etude phyto-géographique de la Brenne (Nantes, Bulletin de la Société des Sciences naturelles de l'Ouest de la France, 1935).
— Le docteur Janicaud décrit trois pièces d'argent trouvées à Balzine (St-Chabrais) par M. Prudhomme, un teston de Charles IX frappé à Toulouse, un thaler de Nimègue à l'effigie de Charles-Quint, et un thaler du duché de Gueldre au nom de Philippe II.
— M. P. Dutheil communique un acte du 18 Mars 1646 par lequel Jean de Mornay, écuyer, seigneur de Mornay, Bonat, et la Chassagne, renonce, moyennant 200 livres tournois, à son droit de four banal sur M. Jehan Peyronneau, notaire de la châtellenie de Bonat et Mornay, et l'autorise à faire construire, pour son usage personnel exclusif, un four dans la basse-cour de sa maison et fief de La Motte, au dit bourg de Bonat.
(Archives départementales, Série E, Notaires, Etude Geroulhe, notaire à Genouillat, Documents à classer, carton 17732).
— M. C. Laborde lit deux documents de 1691 : requête de Jean Boujos, lieutenant des chirurgiens de la province, contre les apothicaires de Guéret, qui faisaient journellement des saignées et des pansements, malgré les règlements, et ordonnance de M. Madot, lieutenant général de la Marche, interdisant aux apothicaires de la ville et de la province lesdits errements, sous peine d'amende (Arch. Dép. de la Creuse, série B. 600).
— M. C. Laborde lit trois contrats d'apprentissage d'apothicaires, passés à Ahun, au XVIIe siècle. Le maître devait loger, nourrir l'apprenti, lui apprendre la « formacie », et même, pour l'un d'eux, la lecture et l'écriture ; tout cela, moyennant une somme variant de 33 à 70 livres. (Arch. Dép. de la Creuse, série E. Notaires, non classé).
— M. Adrien Rivet communique un document sur un curieux incident survenu à La Celle-Barmontoise en juillet 1815. Le drapeau blanc arboré sur le clocher de l'église avait été enlevé et le maire, rendu responsable de cet acte, avait été destitué. Il écrit au Ministre de l'Intérieur pour protester contre sa destitution et affirmer son innocence et son zèle pour la royauté.
— M. Louis Lacrocq analyse une série de documents de 1845 sur un projet de création d'une ligne de chemin de fer dans la Creuse. Il en déduit que, contrairement à ce qu'on croit généralement, sous la Monarchie de Juillet, l'Administration, le Conseil général et la population s'intéressèrent vivement à ce projet et firent tout leur possible pour le faire aboutir. (Procès-verbaux imprimés du Conseil général, année 1845).
— Le docteur Janicaud raconte la légende du Rocher des Fades, de Lignaud, commune de Lourdoueix-Saint-Pierre.
— M. Germouty envoie une importante étude sur la chanson des Maçons de la Creuse et son auteur le chansonnier Jean Petit (1810-1880), du Boueix (Puy-Malsignat). Le docteur Janicaud, petit neveu de Jean Petit, donne quelques renseignements complémentaires sur le chansonnier, et ses procédés de publication de ses œuvres.
— M. Louis Lacrocq présente deux photographies, que lui a envoyées Mme René Martin, et qui représentent un vieux puits et un vieil escalier, dans la maison de M. Rateau, à Aigurande. Il montre également les armoiries du comté de la Marche, éditées en couleurs par la maison « Utilux ».