SÉANCE DU 16 JANVIER 1941

Présidence de M. le docteur G. Janicaud, président.

Présents : Mme Petit, Mlles Dutheil, du Muraud, MM. Béchet, le docteur Bordier, Boudard, Faure, Fougerolles, Laborde, Lafay, Moreau, l'abbé Michel Pénicaut, Georges Petit, Roche, Sarrassat.

Excusés : MM. Maurice Dayras, P. Dutheil, R. de Forges.

NÉCROLOGIE. — M. le président annonce le décès de MM. François Durand et Joseph Ducouret, maire de Guéret. Il rappelle l'intérêt porté par ce dernier à la Société et au Musée et les services qu'il leur a rendus. Il prie les familles des deux disparus d'agréer nos condoléances sincères.

— Il adresse les félicitations de la Société à M. Alfred Arfeuillère, membre du bureau, nommé maire de Guéret.

BIBLIOGRAPHIE. — M. le président présente un important ouvrage de M. J. de Font-Réaulx : Le Dorat, ancienne capitale de la Basse-Marche (Limoges, Guillemot et de Lamothe, 1940), travail remarquable qui a obtenu le prix Montégut-Lamorélie à l'Ecole des Chartes.

Il signale un conte de Noël, Un émigrant creusois, publié par notre collègue Germouty dans le Mémorial de la Creuse (nos des 28-12-1940 et 4-1-1941).

ADMISSIONS. — Mmes Alexandrine Maussang de Faux-la-Montagne et Léonie Phély, de la Rode (Guéret) ; MM. Henri Belugeon, maire de Saint-Sulpice-le-Guérétois ; Alexandre Caradet, directeur des Contributions Indirectes à Guéret ; le comte A. de Chamborant, 22, rue Parmentier à Brive ; Charlanne François, dessinateur à Guéret ; Charles Ebaudy, 26, avenue Pierre Dufour à Guéret ; Roger Léglise, directeur des pompes funèbres à Guéret ; Antoine Murat, avocat à Guéret ; Georges Nicora, fumiste à Guéret ; Lucien Paire, négociant à Guéret, le docteur Pierre Petit à Dun-le-Palleteau.

COMPTES ET BUDGET. — M. Laborde, trésorier, donne le bilan de l'exercice financier 1940 :

Recettes
Reliquat de 1939 . . . . . . . . . . . . . . 13.143,20
Cotisations de 1940 . . . . . . . . . . . . 11.497,65
Subvention de la Ville de Guéret . . . . . . 4.498,80
Dons au Musée . . . . . . . . . . . . . . . 5.139 »
Coupons de rente . . . . . . . . . . . . . 160 »
Entrées au Musée . . . . . . . . . . . . . 160 »

Total des recettes . . . . . . 35.038,65

Dépenses
Gardien du Musée . . . . . . . . . . . . . 1.800 »
Mémoires (impressions, brochages, clichés) . 6.595,50
Abonnements à publications . . . . . . . . 176 »
Musée (entretien, achat) . . . . . . . . . 10.914,20
Frais de poste et d'envoi . . . . . . . . . 1.037 »
Versement à Caisse d'Epargne, 3 cotisations M à V . 900 »

Total des dépenses . . . . . . 21.422,90

Balance :
Recettes . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35.038,65
Dépenses . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21.422,90

Reste à reporter pour 1941 . . . . . . . . . 13.615,75

Le Livret de Caisse d'Epargne a été arrêté à la somme de 25.105 fr. 74.

Les comptes sont vérifiés par Mlle Dutheil et M. Boudard. Des félicitations et des remerciements sont votés à notre dévoué trésorier.

LECTURES ET COMMUNICATIONS. — M. Sarrassat décrit une série de plantes, étrangères à la région, nouvellement récoltées dans la Creuse.

— Le docteur Janicaud fait circuler un bloc de quartz cristallisé, trouvé au Puy-Malsignat.

Il décrit une sépulture à incinération gallo-romaine en ossarium de granit sphérique, trouvée à Arcy, commune de Peyrat-la-Nonière par M. Picaud et signalée par Mme de Lamberterie.

Il rapporte l'opinion émise par le savant Emile Chénon sur certaines orthographes pseudo-celtiques et un peu ridicules, trop souvent données à quelques noms de lieux creusois : Breith, Jo-Mathr, Ep. Nell ; il relate que ces graphies ont été créées, vers la fin du XVIIIe siècle, par les disciples de l'« Académie Celtique », qui introduisirent dans notre histoire tant d'erreurs, qu'on ne les appelle plus guère que les « Celtomanes » ; il demande que l'on revienne à l'orthographe traditionnelle : Brède, Jaumâtres (pour aux mâtres) et Epinelle. Il indique rapidement ce que furent les diverses langues celtiques et montre, d'après La Langue gauloise (Dottin, Paris, 1920), que le nom gaulois de Brède, devait être Bretos, la forme latine la plus ancienne de ce nom paraissant être Bretum.

— M. A. Rivet envoie plusieurs documents intéressants : 1° Procès-verbal de nomination de bailes pour la confrérie du Saint-Sacrement de Magnat-Lestrange, en les personnes de Sébastien Nival et Jacques Giron, procès-verbal dressé par Cornudet, notaire royal et apostolique à Crocq le 20 juillet 1760.

2° Procès-verbaux décrivant les seigneuries du Chez, de Barmont et de Roussines, en 1737 (Les châteaux sont en ruines ; dans les domaines, les bâtiments sont très délabrés, les forêts sont en partie détruites, les chaussées des étangs sont rompues et les moulins hors d'état de servir).

— Mlle Marguerite Dutheil lit des extraits d'une vente aux enchères, en 1741, d'objets mobiliers provenant de la succession de messire François Augier, receveur des tailles à Evaux. De cette énumération, il faut conclure que le ménage de François Augier était abondamment pourvu de meubles, argenterie, vaisselle, vêtements, linge, livres, etc... et que ce dernier jouissait d'un confort et d'une aisance qui paraissent exceptionnels.

— M. R. Boudard apporte de nombreux documents sur l'enseignement à Bourganeuf sous l'Ancien Régime et la Révolution.

— M. Maurice Dayras envoie une note sur deux expositions de tapisseries qui ont eu lieu : l'une en juin 1939 au Petit Palais, l'autre la même année au musée des Gobelins (cette note sera publiée).

— Mlle du Muraud lit une étude sur un aspect de la campagne marchoise à la veille de la Révolution (en marge de l'affaire Pomeret).

— M. Laborde retrace l'histoire des fontaines de la place de la Préfecture. La première, une des plus anciennes de Guéret, porta le nom de fontaine de Guère, elle est actuellement sous le jardin de l'Hôtel des Moneyroux. Lorsque le débit de cette source fut devenu insuffisant, on construisit, sur la place, une deuxième fontaine qui prit le nom de la première et fut alimentée, de même que celle du jardin de l'immeuble, par une source jaillissant au pied de la colline de Grancher. Au XVIIe siècle, ces deux dernières fontaines avaient la même forme, mais alors que celle du jardin est restée en état, celle de la place a été transformée au début du XIXe siècle. Elle fut réparée en 1731 puis en 1748 ; en 1797, il fut question de la transporter sur la Grande Place, ce qui provoqua les protestations de voisins qui profitaient de l'eau. Cette discussion est consignée dans une délibération du Conseil municipal.

— Mme Petit lit une suite d'articles parus dans la « Creuse Républicaine » de 1873 relatant les questions soulevées par l'usage des cartes postales, mode nouveau de correspondance.

 

 

SÉANCE DU 20 MARS 1941

Présidence de Monsieur le docteur G. Janicaud, président.

Présents : Mme Petit, Mlles Bellegy, Delmas, Jallet, de Montessus de Ballore, du Muraud, Théreil, MM. le docteur Bordier, Béchet, Beluchon, Boudard, de Bourran, de Cuvillon, Desjobert de Prahas, Laborde, Lafay, le colonel Monchablon, l'abbé Mirguet, l'abbé M. Pénicaut, Sarrassat.

Excusés : MM. Dutheil, Lafay et G. Petit.

NÉCROLOGIE. — Le président annonce le décès de trois membres de la Société : Madame la comtesse du Peyroux de Salmagne et MM. Gabriel Adenis, maire du Grand-Bourg, ancien député et Aguillaume, directeur d'école honoraire à La Souterraine. Il prie les familles des disparus d'agréer nos condoléances émues.

BIBLIOGRAPHIE. — Le président signale « Vieux Limoges » (in-8, Toulouse 1940) très remarquable volume de poésies en langue d'oc (Limousin littéraire) de M. P. L. Grenier, auteur de « La Chanson de Combraille » et de « La Dame à la Licorne ».

BIBLIOTHÈQUE. — Il a été donné par M. l'abbé Michel Pénicaut la Notice sur l'église de La Souterraine, de Yves Fesneau, annotée de la main de l'auteur, et par M. Boudard un exemplaire du 28 août 1836 du Chercheur, journal alors publié à Bourganeuf.

ADMISSIONS. — MM. les abbés Mirguet, de Guéret et Monamy de Magnat-Lestrange, Grandin Clément, contrôleur de l'Enregistrement à Felletin, Nicot Roger, instituteur à Bussière-Dunoise, Bonnet Lucien, Buffat Elie, Chataignoux Louis, Chataignoux Pierre, Chaulet André, Jamot Arsène, Juillet Emile, le lieutenant Lavaysse, Meaume Roger, Neuville Jean, Royer Abel, Sarciron Jean et Sarciron Charles, de Guéret.

VOEU. — Sur la demande de M. Beluchon, la Société émet le vœu que l'église de Saint-Georges-la-Pouge soit restaurée.

LECTURES ET COMMUNICATIONS. — M. le docteur Janicaud rappelle l'inscription votive en langue gauloise trouvée en 1864 à Sazeirat, commune d'Arrênes et conservée au Musée de Guéret :

SACER PEROCO IEVRV DVORICO V. S. L. M.

(Sacer, fils de Perocos, au dieu Duoricos. Il s'acquitte de son vœu avec joie et à juste titre).

Or, Sazeirat s'appelait, en 1085, Sazairacum ; cette dernière forme paraît impliquer un primitif Saceriacum « le domaine de Sacer », mot formé du nom Sacer et du suffixe gaulois bien connu iacos, latinisé en iacum.

Enfin, il existe dans la région des familles Péroche et Pérochon, noms qui paraissent dériver du Pérocos de l'inscription.

L'autel votif de Sazeirat semble donc nous avoir gardé le nom du fondateur du village et la forme gauloise d'un autre nom qui s'est conservé jusqu'à nos jours comme nom de famille.

— M. A. Rivet envoie un extrait de « l'Album de la Creuse » du 16-7-1831, concernant un trésor trouvé à Saint-Merd-la-Breuille, et formé de 52 pièces d'or, parmi lesquelles une pièce au nom d'Edouard, duc d'Aquitaine (le Prince Noir), un agnel de Jean le Bon, un royal de Charles V et un écu à la couronne de Charles VI.

Il communique un document contenant la prise de possession du prieuré de Sainte Anne de Basville, par don Jean-Henry Charles, religieux professeur de l'ordre de Saint-Benoît, acte du 29-4-1760.

Il nous a également envoyé un extrait de « l'Almanach de Basville... » pour 1909, qui contient plusieurs documents concernant des incidents de l'époque révolutionnaire à Basville, incidents qui ont été partiellement étudiés par Louis Duval dans ses Archives Révolutionnaires de la Creuse (Guéret 1875, 392 p.).

— Mme Phély nous envoie une note sur la Coutume de Magnat-Lestrange de laquelle il résulte que cette paroisse, partie en Haute-Marche, partie en Franc-Alleu appliquait tantôt la coutume de la Marche, tantôt celle d'Auvergne.

— M. Boudard après avoir lu le premier règlement de l'Ecole Secondaire de Bourganeuf, retrace l'histoire de cette institution. Fondée en 1802 par le Conseil municipal, pour remplacer le collège supprimé, elle est placée sous la protection du Gouvernement, du Préfet et de l'Evêque du diocèse et dirigée par l'abbé Colin, prêtre-instituteur tenant un pensionnat à Saint-Georges-la-Pouge. Le collège était logé dans la maison Foucaud (sur l'actuelle Place à côté de la Tour Lastic). L'école connut une réelle prospérité, deux et trois professeurs, quarante et un élèves tant du département que de celui de la Haute-Vienne. Elle comporte quatre classes : 6e, 5e, 4e, 3e ; on y enseigne aux enfants les principales matières, dont le latin et « l'amour de la Patrie et du Gouvernement ». Cette école dut fermer à une date incertaine (peut-être 1805) sans doute pour ne pas concurrencer les établissements universitaires d'état.

— M. Chatreix envoie une étude sur les seigneuries de l'actuelle commune de Saint-Maurice et principalement sur les possessions de la Vicomté de Bridiers. Ce travail sera publié dans sa Monographie de Saint-Maurice.

— M. Henri Hugon a envoyé la note suivante : La consultation, aux Manuscrits de la Bibliothèque Nationale (réserve), de l'original du registre du héraut d'armes G. Revel (Cf. Mémoires t. XXVI, p. CVL), m'a fourni par hasard l'explication du dessin : Ville et tour d'Augères, de la série topographique, Vo Creuse, du département des Estampes, que j'avais proposé dubitativement d'attribuer à Angerville en Seine-et-Oise (Mém. t. XXIII, p. LXXXV).

Le prototype de ce dessin se trouvant dans le registre de Revel, c'est en Auvergne ou en Forez que devait être cherchée la localité représentée. Grâce à M. Noël Thiollier, président de la Diana, qui a jadis reconstitué l'itinéraire de Revel, il est possible d'affirmer qu'il s'agit de La Tour-en-Jarez (Loire) qui est par surcroît à un seigneur du nom d'Angerieu.

— M. l'abbé Michel Pénicaut lit la note suivante relevée sur le registre paroissial de Glénic. « Le 29 mai 1889 a été bénit sur le parcours de la procession des rogations, la Croix de Villely-Villegondry, sur le chemin de Mondoueix.

« Cette croix a été relevée près d'un siècle après la destruction de la croix en pierre qui y était.

« Presque toutes les Croix de la paroisse furent brisées pendant la Révolution par les MM. Beaufils, seigneurs de Peyzat. Celle du village de Villelot échappa parce qu'on eut la précaution de la mettre dans la pêcherie qui en est voisine. Celle de Villemôme fut cachée dans la terre.

« Seule celle de Peyzat (Mém. Soc. Cr. t. XXIV, p. XXXII) resta debout, grâce à la protection d'un habitant de Peyzat, véritable hercule qui menaça de mort les Beaufils s'ils la touchaient.

« Cette famille Beaufils qui possédait la propriété de Peyzat à l'exclusion des deux familles : Robert et Villard, est depuis 1888 complètement anéantie. Après la révolution, ruinée, elle vendit ses biens à Peyzat, qui se composent du Château, réserve et deux domaines. Le dernier Beaufils était prêtre, son originalité ne lui permit pas de faire longtemps de ministère, il habitait un petit château dans la paroisse des Mars (canton d'Auzance) ».

— M. le docteur G. Janicaud raconte la légende des « Choux de Magnat », qui auraient été semés par le diable, mais qui, en fait, ont été apportés de Russie par un marquis de Lestrange, ami de la Grande Catherine.

— Mme Petit lit une note de folklore, recueillie par son père, M. Ferrier, relative « aux brandons en Basse-Normandie ».

— M. Laborde retrace l'histoire de la fontaine Piquerelle dont le nom a été emprunté, vraisemblablement à la famille Piquarel. Pour être un vrai Guérétois il faut avoir été baptisé avec l'eau de cette fontaine, située à côté du monastère bâti pour l'abbé Pardoux par le comte Lantaire.

Cette fontaine a conservé pendant onze siècles sa forme primitive, installée de façon rustique, comme celles que l'on voit dans la plupart des villages, elle est la seule qui ne donna pas de soucis aux administrateurs.

En 1742, après entente, c'est M. Chorillon qui, à ses frais, conduit le trop-plein en dehors des murs de ville, en faisant passer les eaux dans sa cour.

Divers projets en 1821, 1837, 1840 et 1847 n'aboutirent pas.

En 1859, on construisit la fontaine actuelle et comme aux sources primitives on ajouta l'eau de la fontaine St-Pardoux, elle devint jaillissante.

 

 

SÉANCE DU 15 MAI 1941

Présidence de Monsieur le docteur G. Janicaud, président.

Présents. — Mmes Petit, Phély, Mlles du Muraud, Théreil, MM. le docteur Bordier, Beluchon, de Bourran, Desjobert de Prahas, Dutheil, Laborde, l'abbé Mirguet, le colonel Monchablon, Moreau, Patureau-Mirand G. Petit, l'abbé M. Pénicaut, Rethault, Sarrassat.

Excusés : MM. le docteur Bord, Filloux, Lafay, Murat, Pajot.

NÉCROLOGIE. — L'hommage de la Société est adressé à la mémoire de M. Jabouille, notaire honoraire à Aubusson récemment décédé.

ADMISSIONS. — MM. Paul Descubes, agent d'assurances à Bénévent ; Eugène Rethault, inspecteur-directeur départemental du Commissariat général à l'Education générale et aux Sports ; Lucien Sobal, avoué à Guéret ; René Desfour, rédacteur des P. T. T. ; Henri Guittard, agent des P. T. T. ; Emile Bourdeau, Victor Demars, Villechalanne, négociants, tous à Guéret ; Emile Biard, négociant à Saint-Sylvain-Montaigut.

CLASSEMENT. — Par arrêté du 26 avril 1941, l'église d'Azérables a été inscrite sur la liste des monuments historiques.

BIBLIOTHÈQUE. — Dons reçus : de M. Robert Defaye, sa brochure, Maison modeste et vieux papiers (Tanger, 1940) ; de M. Roussillat : la Revue creusoise (Guéret, 1937) et Les auteurs du Brevet supérieur à l'Ecole normale : revue parodie (Guéret, 1931).

VOEUX. — Sur la demande de la Commission diocésaine d'Art religieux, la Société émet le vœu que les pouvoirs publics fassent aux municipalités une obligation de réparer les églises comme les autres édifices communaux.

— La Société émet également le vœu que l'église de La Pouge soit classée comme monument historique et que son site soit réaménagé.

LECTURES ET COMMUNICATIONS. — Le docteur Janicaud communique un dessin de P. Lemoine semblant indiquer qu'il y avait à Crozant, dans le donjon d'Isabeau, des oubliettes dans le genre de celles de Pierrefont.

— M. A. Rivet envoie : 1° Deux actes portant abandon par les curés de Saint-Oradoux-près-Crocq et de Saint-Oradoux-de-Chirouze des dîmes novales de leurs paroisses (1768). 2° Une option par les susdits curés pour l'augmentation des portions congrues qui devaient être payées par les décimateurs (1768). 3° Un acte de vente des cens et rentes dûs sur le village, mas et tènements du Monteillet-Richard, près Saint-Oradoux-près-Crocq (1758). 4° Un extrait des registres paroissiaux de Mautes concernant un faux-saunier tué sur la place de Mautes.

— M. J. Dutheil communique un « Arrest de la Cour du Parlement qui défend les associations et attroupements des Compagnons des différens Arts et Métiers » (12 novembre 1778). Il s'est formé des Sociétés parmi les Compagnons des différents métiers et arts ; ce compagnons s'appellent « Compagnons du Devoir » ou « Bondrilles », ils se réunissent chez un particulier qu'ils appellent leur « mère ». Les Compagnons qui refusent de faire partie de ces Sociétés sont appelés « Renards ». Les compagnons Renards sont insultés et maltraités par les compagnons du Devoir ; leurs employeurs sont également maltraités. Les compagnons du Devoir s'entendent mal avec ceux de la Société dite des « Gavots ». Ces dissensions causent beaucoup de désordres et privent souvent les maîtres d'ouvriers. Aussi la Cour fait défense aux artisans compagnons et gens de métier, de s'associer, de s'assembler, de faire entr'eux aucunes conventions contraires à l'ordre public etc... sous quelque dénomination que ce puisse être et des peines sévères sont prévues contre les contrevenants.

— Mlle du Muraud donne lecture d'un bail de métayage daté de 1833. Le cheptel composé de 17 bœufs ou vaches, des élèves, d'une pouliche, de plusieurs porcs et truies-mères et d'un troupeau ovin de plus de 80 têtes est estimé à l'amiable entre les parties à la somme de deux mille neuf cent cinq francs. L'exploitation était située dans la commune de Toulx-Sainte-Croix.

— Mme Petit décrit quelques jouets fabriqués par les enfants de la campagne : grelots, char à bœufs, lance-pierres, moulins, sifflets, mirlitons, pipeaux, arcs, canons.

— M. Pasty envoie des tracts lancés par avions au cours de la dernière guerre.

— M. Laborde montre des dessins représentant les fontaines de Guéret dont il a retracé l'histoire au cours des réunions précédentes.

— M. le docteur Janicaud parle du fondu creusois, composé essentiellement de fromage du pays fondu dans l'eau, et montre en quoi il diffère de la fondue vaudoise dont le solvant est le vin blanc.

Mlle du Muraud indique quelques recettes modernes dérivées du fondu creusois.

 

 

SÉANCE DU 10 JUILLET 1941

Présidence de M. le docteur G. Janicaud, président.

Présents : Mmes Petit, Phély, Mlles du Muraud, Théreil, MM. le docteur Bordier, Béchet, Beluchon, de Bourran, Maurice Dayras, Desjobert de Prahas, Faure, de Forges, Laborde, Lafay, Lasnier, l'abbé Mirguet, le colonel Monchablon, Moreau, l'abbé M. Pénicaut, G. Petit, Sarrassat.

Excusés : Mlle Bellegy, M. le docteur Bord.

BIBLIOTHÈQUE. — Dons reçus : de M. le docteur Bordier, une Imitation de Jésus-Christ traduite en vers ; de M. Maurice Dayras, la copie de sa « Note creusoise » intitulée « Bon sang ne peut mentir » parue dans le « Courrier du Centre », édition de la Creuse, du 19 novembre 1940 ; M. Germouty sa notice : François d'Aubusson parue dans le Mémorial d'Aubusson du 7 juin 1941 ; de M. Henri Hugon : Les piques révolutionnaires, Limoges 1941, et Un fief limousin : le repaire des Monts, article donné par le Bulletin philologique et historique du Comité.

ADMISSIONS. — MM. Marcel Adenis, maire du Grand-Bourg ; Robert Chatignoux, instituteur à Bussière-Dunoise ; Marcel Glomot, photographe à Guéret ; Paul Dupont, Robert Raymond, Yves Veyronnet, étudiants à Guéret.

LECTURES ET COMMUNICATIONS. — M. Sarrassat signale que la station d'Arnica Montana L., qui existait depuis très longtemps dans un pré, à Guéret, vers le village de Pisseratte, a disparu, ce pré ayant été transformé en terre labourée. Mais, en mai 1941, il a retrouvé cette belle composée, déjà en floraison et en assez grande abondance, parmi la pelouse d'un taillis voisin.

— M. le docteur Janicaud décrit une monnaie d'Arcadius donnée par M. Doyé et signale l'intérêt de la découverte à Guéret d'une pièce d'un empereur byzantin du Ve siècle.

Il signale l'existence au musée de Cluny d'une sculpture gallo-romaine trouvée à La Souterraine et figurant un lion à tête de loup.

— M. Maurice Dayras indique que, dans la « Note creusoise » qu'il a donnée au Courrier du Centre (édition Creuse), le 19 novembre 1940, et qui a pour titre « Bon sang ne peut mentir », il a résumé les opérations effectuées entre le 10 mai et le 25 juin 1940 par le 2e hussard — régiment des hussards de Chamborant, devenu, en octobre 1939, le 16e Groupe de reconnaissance de Corps d'armée, commandé par le colonel Abrial, frère du héros de Dunkerque. Il a enfin indiqué que l'un des députés tués à l'ennemi, le comte R. de la Myre-Mory, député de Villeneuve-sur-Lot, engagé volontaire à 42 ans comme caporal dans les chars de combat, Croix de guerre 1914-18, tué le 10 juin dans son char à Voncq (Ardennes), avait une ascendance marchoise par son aïeule, Marie-Anne-Thérèse de Chamborant, fille d'un gouverneur de Montmédy au XVIIIe siècle, qui avait épousé François Jean de la Myre, comte de Mory.

— M. A. Rivet envoie : 1° Une liste des prieurs de Saint-Martin de Mautes : Etienne Millanges, 1696 ; Jean-Baptiste Millanges 1727 ; ... Millanges 1790.

2° Une liste des victimes creusoises des journées de juillet 1830, extraite de l'Album de la Creuse du 9 octobre 1830.

— M. Chatreix envoie une étude sur une des seigneuries de la paroisse de Saint-Maurice-La-Souterraine, étude qui sera publiée dans sa monographie de cette localité.

— M. Paul-Louis Grenier envoie une intéressante note sur la tour du trésor de l'église de Chambon-sur-Voueize et les armoiries des Villelume ; ci-après note publiée.

— Mme Petit lit une lettre, extraite du « registre de la correspondance envoyée par le district de La Souterraine », datée du 2 frimaire an III. Cette lettre a pour objet la répartition entre les communes du savon mis à la disposition du district par le département.

— Mlle du Muraud indique la recette de pâtisseries locales : la flougnarde, l'échaudé, le clafoutis, le pâté aux pommes de terre.

— M. Laborde lit la légende de Saint-Séjolon qui relate la triste aventure survenue à ce saint dispensateur de la pluie et du beau temps et les circonstances qui amenèrent sa statue, fort abîmée, de La Villatte, près Lussac-les-Eglises, à La Trimouille.

— Mme Phély nous envoie une série d'intéressantes notes sur les communaux, les jeux d'autrefois, les vieux meubles et la légende de la Pêcherie Ninadoire.

 

NOTE LUE EN SÉANCE – LA TOUR DU TRÉSOR DE L'ÉGLISE DE CHAMBON-SUR-VOUEIZE ET LES ARMOIRIES DES VILLELUME

La tour, dite « du trésor », touchant la partie sud du transept de l'église Sainte Valérie, à Chambon-sur-Voueize, renferma jusqu'à la fin du XVIIIe siècle, en son premier étage, les très anciennes et très précieuses archives des moines à qui nous devons la construction de cette magnifique église, une des plus vastes de la région limousine. Ces archives ont été malheureusement brûlées au moment de la Révolution. C'était un véritable « trésor des Chartes » de l'antique abbaye et du pays de Combraille. Vers la partie la plus élevée de cette tour ronde — qui rappelle un peu la tour de Zizim à Bourganeuf — du côté de l'Ouest, se trouve une pierre sculptée formant saillie. C'est un blason où figurent dix besants posés 4, 3, 2, 1. Si l'on songe qu'au XVe siècle la famille de Villelume a fourni plusieurs prévôts à l'abbaye de Chambon, il apparaît comme certain que ce sont bien là les armoiries de cette famille dont les dix besants d'argent sur champ d'azur sont exactement disposés dans le même ordre que ceux de la pierre sculptée en question. Guillaume de Villelume, un des chevaliers qui conquirent Jérusalem en 1099, sous les ordres de Godefroy de Bouillon, adopta comme armoiries les dix besants d'argent sur champ d'azur d'un drapeau, pris sur les Musulmans, qui fut longtemps conservé dans sa famille.

Vraisemblablement l'écu des Villelume se trouve sur la tour du trésor parce qu'un des prévôts de l'abbaye de Chambon, appartenant à cette famille, la fit construire ou tout au moins réparer. Même si cette tour a été en partie reconstruite, après l'incendie du couvent par les protestants du XVIe siècle, notre hypothèse reste plausible, car on a pu remettre sur la tour, en la reconstruisant, la pierre qui y figurait auparavant.

Paul-Louis Grenier.

 

 

SÉANCE DU 11 SEPTEMBRE 1941

Présidence de M. le docteur G. Janicaud, président.

Présents : Mmes Petit, Phély, Mlle Théreil, MM. le docteur Bordier, Béchet, de Bourran, Desjobert de Prahas, Faure, Laborde, l'abbé Mirguet, le colonel Monchablon, Moreau G. Petit, Sarrassat.

Excusés : Mlle du Muraud, MM. D. Blanchet, Bord, Dayras, Dutheil, Lafay, Murat.

SOCIÉTÉ. — Le président lit une lettre de M. le Préfet, qui dit son intention de seconder notre Société et demande des renseignements sur sa composition et son activité. Il indique ensuite les grandes lignes de sa réponse à cette lettre, remerciant M. le Préfet de ses intentions bienveillantes et donnant les renseignements demandés.

BIBLIOTHÈQUE. — Le docteur Georgette Détré-Virot fait don de sa thèse sur La tuberculose rurale dans la Creuse, travail intéressant et bien fait.

ADMISSIONS. — Mlle Elise Jouanny, sage-femme à Guéret ; MM. André Girard, architecte à La Souterraine ; Robert Mars, chirurgien à La Souterraine ; Roger Magnaud, éditeur à Cher-du-Prat, près Guéret.

LECTURES ET COMMUNICATIONS. — M. Sarrassat présente les trois plantes suivantes qu'il a récoltées à Guéret, vers Rochefort, au cours de l'été 1941. Medicago polycarpa Willd, Spirae Filipendula L., Amarantus silvestris L...

La première est une luzerne à fleurs jaunes et à gousses épineuses, nouvelle pour la Creuse. La seconde est une rosacée des terrains surtout calcaires et provient vraisemblablement des jardins. Elle n'avait pas encore été signalée chez nous. La troisième, bien que commune en France est indiquée comme très rare dans la Creuse dans le Catalogue des Plantes du Limousin de Ch. Le Gendre.

— M. le docteur Janicaud lit une lettre de M. Périgaud, signalant la découverte à Bonnat d'un vase funéraire à eau bénite carolingien. Il rapporte la découverte à Villemaume (commune de Glénic) d'un souterrain-refuge. Il décrit un autre souterrain-refuge qu'il a pu explorer et qui a été trouvé récemment à la Petite-Neuville (commune de Montaigut). Ce souterrain, avec cheminée et prise d'air paraît remonter à l'époque néolithique avec réfections postérieures.

— M. Adrien Rivet envoie l'acte de prise de possession de la terre et seigneurie de Roussines (paroisses de Chard et de Mérinchal), le 20 mars 1777, par Louis-Marie Sappin, seigneur de Trouffy, qui l'avait acquise, le 17 du même mois, d'Emmanuel-Gaspard, marquis Dubourg, seigneur de Beauzat, pour la somme de 73.000 livres. Le manoir de Roussines était en mauvais état.

M. Rivet présente ensuite un procès-verbal d'assemblée de paroisse à Saint-Pardoux-Darnet, le 1er avril 1764, qui indique quel était l'emplacement de l'église qui avait précédé, au dit bourg, celle qui venait d'être construite.

— Le docteur Janicaud lit un travail sur les vieilles chansons de la Creuse. Les membres présents discutent les textes donnés pour ces chansons, signalent des variantes et des compléments. On décide de faire des recherches, dans tout le département, pour compléter les textes trouvés, noter les variantes courantes et recueillir quelques autres chansons.

— Mme Phély lit d'intéressantes notes de folklore sur : Les vieux pauvres, Le train de plaisir, les sports.

 

 

SÉANCE DU 20 NOVEMBRE 1941

Présidence de M. le docteur G. Janicaud, président.

Présents : Mme Petit, Mlle du Muraud, MM. Béchet, le docteur Bordier, de Bourran, Cluzet, Faure, Laborde, Lafay, l'abbé Mirguet, le colonel Monchablon, Moreau, Murat, G. Petit, l'abbé M. Pénicaut, Sarrassat.

Excusés : Mme Phély, Mlles Dutheil, Théreil, M. le docteur Bord.

L'hommage de la Société est adressé à la mémoire de MM. Alexis Brunet, pharmacien honoraire à Boussac et Henri Sallandrouze, manufacturier à Aubusson, membres titulaires récemment décédés.

ADMISSIONS. — MM. Maurice André, Bd Métadier à La Souterraine ; Lafaye, ingénieur du service vicinal en retraite, La Celle-Dunoise.

INVENTAIRE SUPPLÉMENTAIRE DES MONUMENTS HISTORIQUES. — M. le Préfet de la Creuse nous informe de l'inscription à cet inventaire de diverses parties du château de Saint-Germain-Beaupré par arrêté du 7 août 1941.

BIBLIOTHÈQUE. — Dons reçus : de M. Treille, président du tribunal, divers documents de l'époque révolutionnaire ; de M. le docteur Rochat, un Pastoral du diocèse de Limoges de 1703 ; de Mme Thiébaud, un parchemin suisse de 1807. M. Germouty envoie le Mémorial de la Creuse du 1-11-1941, qui contient son article sur « La Ferme-école de la Villeneuve près Vallière ».

— M. le docteur Janicaud signale que le Bulletin Archéologique du Comité de 1936-37 que nous venons de recevoir contient une étude de M. le commandant Martignon sur les Glaives à lame ondulée trouvés dans le Limousin. Il explique que ceux de ces glaives qui ont été trouvés dans la Creuse paraissent être tous d'époque gallo-romaine.

LECTURES ET COMMUNICATIONS. — M. Sarrassat présente un travail dans lequel se trouve consigné le résultat de ses recherches depuis 1936. Cette étude, qui sera publiée, constitue un second supplément à la Flore de la Creuse qu'il avait rédigée pour nos Mémoires (t. XXIV, p. 17). Le premier supplément a paru au t. XXVI, p. 251.

— M. le docteur Janicaud présente deux séries de silex, dons de MM. L. Bourdier et F. Carenton, trouvés sur le plateau Claverole-Anzème et parmi lesquelles se trouvent deux belles pointes, l'une moustérienne, l'autre néolithique, deux pointes de flèches, des grattoirs, un perçoir néolithique.

Il montre la différence entre la pointe moustérienne et la pointe néolithique. La première, très fortement patinée, est taillée à petits éclats, la deuxième sans patine, est taillée à grands éclats, et ses tranchants en biseaux, sont obtenus d'un seul coup.

— L'abbé Pénicaut présente un dessin à la plume de l'ancienne croix antéfixe du pignon ouest de l'église de Glénic, belle croix en pierre qui semble dater du XVIe siècle.

— M. le médecin-général Guillon nous adresse une lettre sur le nom de La Souterraine, nom qu'il croit dû, non à la crypte de l'église, ni au cuniculus de Yves Fesneau, mais plutôt à l'existence probable d'une excavation profonde où coule un cours d'eau souterrain.

— M. Chatreix nous envoie la suite de sa monographie de Saint-Maurice-la-Souterraine, qui contient, entr'autres, de curieux renseignements sur les droits de péage de la seigneurie de Puy-Robin.

— Me Murat lit son très important travail sur les Cahiers de Doléances (1789) conservés aux Archives Départementales. Cette analyse de documents creusois sera publiée dans nos Mémoires.

— M. Rivet communique une très intéressante note sur deux prêtres insermentés (cette note sera publiée).

— M. le docteur Larché dans une note sur le docteur Vergniaud de Chénérailles (1793-1868) décrit avec humour la vie d'un praticien d'autrefois.

— Le Syndicat d'Initiatives de Bourganeuf nous envoie un extrait du numéro du 20 juin 1886 du journal Le Travail contenant une étude biographique sur M. Salmet, maire de Bourganeuf, à qui cette ville doit sa première installation de lumière électrique.

— Mlle du Muraud lit une très intéressante étude sur les sornettes qui accompagnaient les jeux des enfants dans la Creuse.