SÉANCE DU 15 JANVIER 1942
Présidence de M. le docteur G. Janicaud, président.
Présents : Mme Petit, Mlles du Muraud, Théreil, MM. Béchet, le docteur Bordier, le docteur Déguison, Lafay, l'abbé Mirguet, le colonel Monchablon, J. Moreau, l'abbé Michel Pénicaud, Roux, Sarrassat.
Excusés : MM. Beluchon, Boudard, Maurice Dayras, Desjobert de Prahas, de Forges, Laborde, G. Petit.
NÉCROLOGIE. — L'hommage de la Société est adressé à la mémoire de M. Bouvet, cantinier au 121e Régiment d'Infanterie, à Montluçon, membre titulaire, récemment décédé.
INVENTAIRE SUPPLÉMENTAIRE DES MONUMENTS HISTORIQUES. — M. le Préfet veut bien nous faire connaître que, par arrêté du 19 octobre 1941, le château de Pontarion, appartenant à M. Roussel-Leroy, a été inscrit à l'Inventaire.
SUBVENTION. — M. le Préfet veut bien nous informer également que, sur sa proposition, la subvention départementale à notre Société a été rétablie pour 1942. Le Président nous résume la lettre de remerciement qu'il a adressée, en notre nom, à M. le Préfet.
SITUATION FINANCIÈRE. — Le Trésorier, M. C. Laborde, lit le bilan de l'exercice 1941 :
Recettes
Reliquat de 1940..... 13.615,70
Cotisations..... 9.846,10
Subventions de la Ville de Guéret..... 4.498,80
Contribution Amis du Musée..... 500,00
Vente de volumes et de Topobibliographie..... 1.532,00
Coupons de rente..... 160,00
Entrées au Musée..... 600,00
Contribution d'Auteurs..... 500,00
Total des recettes..... 31.252,60
Dépenses
Gardiens du Musée..... 1.800,00
Mémoires (impression, clichés, brochage)..... 10.354,20
Abonnements à publications..... 130,40
Musée (frais d'entretien, achats, etc...)..... 703,50
Frais d'envoi par poste et écritures..... 1.047,80
Versement Caisse d'Epargne, 1 cotisation M à V..... 300,00
Total des dépenses..... 14.335,90
Balance :
Recettes..... 31.252,60
Dépenses..... 14.335,90
Reste à reporter en 1942..... 16.916,70
Des félicitations sont votées au Trésorier.
BIBLIOTHÈQUE. — Dons reçus de M. Germouty, le Mémorial du 20 décembre dernier qui contient, de lui, un conte de Noël ; de M. Génicot, de Mareuille, commune de La Celle-Dunoise, un contrat de mariage de 1757.
ADMISSIONS. — MM. Henri Boussaroque, étudiant à Guéret, Aymard Picaud, propriétaire à Pisseratte, commune de Guéret.
LECTURES ET COMMUNICATIONS. — Le docteur Janicaud présente un moyen bronze d'Adrien, trouvé à Saint-Hilaire-la-Plaine, par M. Boudard.
— Mme Tauty envoie la description avec croquis d'un sarcophage carolingien de Faux-la-Montagne.
— M. Rivet envoie un acte de prise de possession de la cure des Fonts-Gallands, Boucheresse et Grand-Breuil (canton de La Courtine) par François La Cheyze, le douze janvier 1764.
Il communique également un bail à ferme de « fonds » appartenant à la fabrique de La Courtine à Jean-Baptiste Michon, prêtre et curé de la dite paroisse, pour le dédommager des dépenses considérables qu'il a faites pour la reconstruction de son église (reçu Antoine Desassis, notaire à Reyssac, paroisse de Sornac, le 12 février 1758).
— M. Maurice Dayras signale un acte notarié du 8 février 1779, passé par devant Bertrand et son collègue Richon, notaires royaux à Aubusson, par lequel acte François et Annet Petit, père et fils, vendaient à Michel Maçon, une maison sise rue Vaveix avec le « degré » en dépendant, à charge d'entretenir le canal qui reçoit les eaux qui découlent des rochers et qui vont se « dégorger » dans la rivière.
— M. Boudard envoie le récit de la fête de la Fédération à Bourganeuf.
— Mme Petit relate l'histoire de Denis Vallet, de Villard, membre de l'Administration cantonale de Dun-le-Palleteau en Frimaire an IV, puis elle lit le compte-rendu de la Fête des Moissons célébrée à Aubusson le 10 messidor an 7.
— Mlle du Muraud lit une série de vieilles chansons dont elle a recueilli les paroles :
La fille d'un prince voulait aimer,
Quand la feuille était verte,
Je me suis-t-engagé pour l'amour d'une blonde,
Dis ma Jeannette,
Le pauvre laboureur,
Le beau dragon,
Mon père avait cinq cent moutons,
Eh ! dis-moi donc ma mie Jeanneton.
— M. Roux chante quelques unes des chansons qu'il a composées.
SÉANCE DU 19 MARS 1942
Présidence de M. le docteur G. Janicaud, président.
Présents : Mmes Berthier, Carel, Petit, Phély, Mlles Brunet, du Muraud, MM. Béchet, le docteur Bordier, Laborde, Lafay, le colonel Monchablon, Moreau, Pellabeuf, l'abbé Pénicaud, G. Petit, Sarrassat, Timbal.
Excusés : Mlle Théreil, MM. Maurice Dayras, Desjobert de Prahas, le médecin général Guillon.
NÉCROLOGIE. — M. le Président adresse l'hommage de la Société à la mémoire de MM. de Bourran, conservateur honoraire des hypothèques, Eugène Déguison, Marcel Glomot, photographe à Guéret, et Adolphe Léger, pharmacien à Paulhac, commune de Saint-Etienne-de-Fursac, membres titulaires récemment décédés.
ADMISSIONS. — Mmes Henri Berthier, Marguerite Carel, Larouy, Mlles Georgette Brunet, Lucienne Roch, MM. Deshereaux, négociant, Genévrier, professeur au Lycée de Guéret.
BIBLIOTHÈQUE. — Don reçu : de M. Germouty, le Mémorial de la Creuse, du 7 mars dernier, contenant la notice qu'il consacre à des livres récents sur la Marche et le Limousin.
LECTURES ET COMMUNICATIONS. — Le président expose ce qu'il a fait pour essayer de sauver les plus remarquables des bustes de bronze de la Creuse, et lit une lettre de M. le Maréchal Pétain qu'il a reçue en réponse à sa demande.
— M. Sarrassat présente des rameaux et des brindilles de bois mort couvert de fructifications rouges (coussinets à conidies et périthèces à asques) d'un champignon ascomycète de la famille des Hypocréacées, le Nectria cinabarina Rode. Le mycelium de ce champignon produit la nécrose du bois et provoque la mort des arbres.
Au même genre appartiennent : Nectria ditissima Tab. qui détermine le chancre du poirier, du pommier et du hêtre ; le Nectria cucurbitula qui attaque l'écorce de l'épicéa.
Il montre également un échantillon d'une très intéressante race de Fétuque, aux panicules violacées qu'il a récoltée dans les tourbières du Maupuy près de Guéret : Festuca rubra L. var. rivularis Boiss.-Hack, rare en France et signalée seulement en 1936 dans le Massif Central.
— M. Rivet envoie deux reconnaissances des habitants de Gasne Esglièze et de La Vétizon (paroisse de Saint-Oradoux-de-Chirouze) datées du 18 mars 1527 qui fixent leurs droits ainsi que ce dont ils sont redevables envers leur seigneur Guillaume de Rochefort, baron de Châteauvert.
— M. Laborde lit la première partie d'un très important mémoire, plein d'humour, sur les coutumes locales concernant le mariage. Ce mémoire sera publié.
— Mlle du Muraud présente une vieille chanson pour les enfants : Les noces du papillon.
— M. le docteur Janicaud présente une série de dessins de M. M. Arnaud illustrant la légende des Martes des Pierres blanches.
SÉANCE DU 21 MAI 1942
Présidence de M. le docteur G. Janicaud, président.
Présents : Mmes Bertier, Carel, Petit, Phély, Mlles Brunet, du Muraud, MM. Béchet, Faure, Laborde, le colonel Monchablon, l'abbé Mirguet, Murat, l'abbé Pénicaud, Sarrassat.
Excusés : MM. le docteur Bordier, Maurice Dayras, J. Desjobert de Prahas, R. de Forges, Lafay, Georges Petit.
DÉCÈS. — Le président signale le décès de M. Filloux, ancien président du Conseil Général, qui s'intéressa toujours à nos travaux et fit plusieurs dons au Musée. Il prie sa famille d'agréer nos condoléances émues.
MUSÉE. — Il a été donné : par Mme Déguison, six billets de confiance de l'époque révolutionnaire et dix-sept pièces d'argent de 0 fr. 20 de Napoléon III ; par M. le colonel Monchablon, une petite lame néolithique en silex trouvée à Guéret ; par M. Garcia, un dessin de jeunesse de Marc de Lajaumont ; par M. le docteur Janicaud, un dessin à la plume de M. Ch. Arnaud, La légende des Martes des Pierres blanches.
BIBLIOTHÈQUE. — Le président informe qu'il a fait acheter pour la bibliothèque, l'important ouvrage de Paul Sébillot Le Folklore de France, Paris, 1904, 4 vol. in-4.
BIBLIOGRAPHIE. — Le président présente une très intéressante brochure de notre collègue M. R. Boudard, Quelques pages de l'histoire de Bourganeuf, Guéret 1942. Il signale un important ouvrage de M. Jean Héritier, Catherine de Médicis (Paris 1940), dont la remarquable bibliographie contient, p. 705, une énergique réhabilitation du vieil historien guérétois Antoine Varillas.
ADMISSIONS. — MM. Marcel Aubaile, Georges Aulon, instituteur ; Dubois de Lavigerie, ingénieur chimiste ; Camille Darraud, mécanicien ; Roland Desroubaix, secrétaire général de la Mairie, tous à Guéret.
LECTURES ET COMMUNICATIONS. — M. Sarrassat complète les renseignements qu'il a donnés à la dernière séance sur une variété de fétuque non encore signalée en Creuse, la Festuca rubra, L., var. rivularis Boiss.-Hack.
— Le docteur Janicaud décrit un souterrain-refuge découvert récemment à Courcelles, commune de St-Georges-la-Pouge, et un deuxième, connu depuis quelques années à La Varache, commune de St-Martin-Ste-Catherine.
Il décrit une urne cinéraire en verre du IIe siècle, trouvée dans une sépulture gallo-romaine qui se trouvait dans la cella du dolmen de Marlhiat, commune de St-Martin-Ste-Catherine.
Il complète la description donnée antérieurement (t. XXIV, p. 647) d'une autre sépulture gallo-romaine à incinération en ossarium de granit du IIIe siècle, découverte en 1930 au Breuil, commune de Saint-Pierre-Chérignat.
Il présente la photographie d'une ferme datée de 1636, à escalier extérieur sous auvent et toit de tuiles creuses, et qui subsiste, intacte, aux Bonnets-Blancs, dans la même commune.
— M. l'abbé Pénicaud présente le calque d'une inscription de l'église de Glénic, datée de 1543 qui indique l'existence d'une cachette qu'il a retrouvée vide.
— M. A. Rivet envoie le procès-verbal d'adjudication de biens ecclésiastiques appartenant à la cure de La Celle-Barmontoise le 4 mars 1791.
Il communique également l'état des bâtiments de l'ancien presbytère de La Celle le 19 floréal an V.
Il indique qu'en 1843, l'église de La Celle tombant en ruines fut interdite aux fidèles et qu'elle fut remplacée par une autre inaugurée à La Villetelle le 10 août 1860.
Il rappelle le transfert du chef-lieu de commune de La Celle-Barmontoise à La Villetelle en 1911.
Il signale un extrait du journal l'Album de la Creuse du 15 juillet 1837 contenant un jugement du tribunal civil de Bourganeuf concernant les droits des particuliers dans les églises.
— M. Chatreix envoie la copie d'un contrat de remplacement militaire en l'an VIII.
— Un anonyme communique une lettre, datée de 1837, émanant d'officiers polonais résidant en France, qui demandaient à la municipalité qu'on leur louât, pour le cultiver, un terrain au Maupuy.
— M. Laborde lit la suite de sa très intéressante enquête sur le mariage.
— Mme Phély raconte une légende du Rocher des Fileuses, de Crozant.
— M. le docteur Janicaud décrit des cuviers à lessive en granit qui subsistent dans la commune de St-Martin-Ste-Catherine, où il lui ont été montrés par M. Lefort, instituteur à Saint-Pierre-Chérignat.
SÉANCE DU 16 JUILLET 1942
Présidence de M. le docteur G. Janicaud, président.
Présents : Mme Petit ; Mlles Bellegy, du Muraud, Théreil ; MM. Béchet, Boudart, Duboys de Lavigerie, Faure, Laborde, Lafay, l'abbé Mirguet, le colonel Monchablon, Moreau, Sarrassat.
Excusés : Mme Phély, MM. le docteur Bordier, Chatreix, G. Petit, Valadeau.
NÉCROLOGIE. — L'hommage de la Société est adressé à la mémoire de M. Rothonnet, directeur des Cours complémentaires honoraire, membre titulaire, récemment décédé.
ADMISSIONS. — MM. le comte Jacques de Baudus, château de Lavillatte, commune de Saint-Sulpice-le-Guérétois ; Albert Bourny, négociant à Guéret ; le docteur Cournet, à Guéret ; Robert Devaux, entrepreneur de transports, à Guéret ; l'abbé Louis Fayolle, à Bonnat ; Octave Laboucheix, notaire à Magnat-L'Etrange ; Adrien Lescure, publiciste à Guéret ; Emile Mignot, ébéniste à Teix, commune de Saint-Sulpice-le-Guérétois ; Maurice Sourioux, instituteur à Crocq.
MUSÉE. — Dons reçus : de M. Bourdier, un vase à eau bénite en grès du XVIIe siècle trouvé à Pissaloup, commune de Saint-Sulpice-le-Guérétois ; de Mlle Suzanne Parot : des mouchettes d'acier, un éteignoir en laiton, un fusil à piston et un appareil à eau de Seltz ; de M. Hauptmann, deux vues de Guéret prises en avion par M. le Colonel Coutisson, en 1938.
BIBLIOGRAPHIE. — M. le Président signale deux brochures : Las Estouéras de lo Morio, contes en patois de la région de Rozeille, par Marie Bosle, et De la Tour du Pin au Maréchal, étude économique et sociale, par M. A. Murat.
LECTURES ET COMMUNICATIONS. — Le docteur Janicaud présente une monnaie de l'empereur romain Maxence (306-312) frappée à Carthage.
Il complète la description donnée antérieurement (Mém. Soc. Creuse, t. XXIV, p. 647) de sépultures gallo-romaines trouvées en 1927, à La Teyxonnière, commune de Saint-Martin-Sainte-Catherine. Il décrit un curieux petit poignard trouvé dans l'un des coffres de sépulture.
— M. Adrien Rivet envoie une reconnaissance du ténement de Laveytison, paroisse de Saint-Oradoux-de-Chirouze, par les tenanciers du dit lieu, au profit de Guillaume de Rochefort, seigneur et baron de Châteauvert, dressée par Valette et Forest, commissaires, le 18 mars 1527.
Il envoie également deux actes de prise de possession par permutation, dressés par Antoine Desassis, notaire royal et apostolique à Reyssac, paroisse de Sornac, l'un du 18 mai 1763 du bénéfice cure de Saint-Christophe de Maussac et de la vicairie de Sainte-Croix, son annexe, par Antoine Mary, docteur en théologie, ci-devant curé de Saint-Oradoux-de-Chirouze, l'autre du 20 mai 1763, du bénéfice-cure de Saint-Oradoux-de-Chirouze, par Antoine-Simon Villatel, ancien curé de Maussac.
— M. Chatreix nous a adressé la copie d'un acte d'amortissement de rentes léguées à la Communauté de Prêtres de La Souterraine par feu sieur Gaillard, prêtre, par testament du 8 mars 1755.
— M. Valadeau communique une note relative à la révocation d'un maître d'école et la nomination de son successeur, à Evaux, en 1782.
— M. Boudard lit une intéressante note sur le rôle prépondérant de l'Agent National sous la Terreur.
— Mme Petit indique les directives données par le gouvernement central pour la célébration de la « Fête de la Jeunesse » le 28 mars 1796 et des manifestations qui, dans quelques cantons de la Creuse, marquèrent cette journée.
— Mme Gallerand nous a envoyé : 1°) un titre de l'emprunt force de l'an IV ; 2°) l'acte de vente d'une étude de notaire, à Guéret, le 20 avril 1786, à Jean-Baptiste Vollant, par les héritiers de Pierre-Gabriel Malauron (qui l'avait acquise le 8 juin 1763), pour la somme de deux mille quatre cent quarante-huit livres ; 3°) les souvenirs de guerre (1805-1815) d'un médecin militaire, grand-père de Maître Gallerand.
— M. Hugon communique un prospectus réclame d'un photographe guérétois, Antoine Barbary, pour les daguéréotypes qu'il exécutait vers 1850.
— Mlle du Muraud lit une suite de jolies sornettes sur les cris d'oiseaux, en patois creusois.
— M. Laborde termine la lecture de son importante et très captivante étude sur les coutumes concernant la célébration du mariage.
SÉANCE DU 17 SEPTEMBRE 1942
Présidence de M. le docteur G. Janicaud, président.
Présents : Mmes Berthier, Carel, Petit, Phély ; MM. Alamasset, J. Alévêque, Boudard, Dubois de Lavigerie, Laborde, Lescure, le Colonel Monchablon, Moreau, l'abbé Mirguet, Sarrassat.
Excusés : Mlles du Muraud, Théreil ; MM. le docteur Bordier, Chatreix, R. de Forges, Lafay, Valadeau.
NÉCROLOGIE. — L'hommage de la Société est adressé à la mémoire
[Note : le document numérisé présente une lacune entre les pages XXIV et XXVII ; la transcription reprend au texte disponible.]
de MM. le docteur Dumont, Parrain, chirurgien-dentiste, et Quéroy, négociant, membres de la Société, décédés récemment. Des condoléances attristées sont exprimées à leurs familles.
ADMISSIONS. — Mlle Aurousseau Marie, institutrice à Chambon-sur-Voueize ; Mmes Pascaud, employée des P. T. T., à Guéret, et Pégory, professeur au Lycée de Guéret ; MM. Auclerc Marcel, directeur de Cinéma, à Guéret ; Biojon, entrepreneur à Vieilleville ; Chivialle Henri, étudiant à Felletin ; de Dianous, archiviste départemental ; Drouillette Robert, étudiant à Guéret ; Duporlet Maurice, directeur de la Topobibliographie du Centre, à Montluçon ; Goursolas Henri, à Guéret ; Lemasson, instituteur à Saint-Eloy ; Nebout André, chef de service à la Trésorerie Générale ; Pluyaud Camille, à Anzème.
CLASSEMENT. — M. le Préfet a bien voulu nous informer du classement du site de La Sédelle, et de l'inscription à l'Inventaire supplémentaire des Monuments historiques, des églises de Vallières et de Vidaillat.
VOEU. — Sur la demande de M. Berthomier, la Société émet le voeu que soient classées définitivement, comme monument historique, les parties du château de St-Germain-Beaupré qui sont inscrites sur l'Inventaire supplémentaire des Monuments Historiques.
BIBLIOTHÈQUE. — M. le chanoine de Laugardière envoie des comptes-rendus des 5e et 6e Congrès de la Fédération des Sociétés Savantes du Centre de la France.
MUSÉE. — Il a été donné par M. Lacôte, une lame de silex de très belle facture, finement retouchée et très fortement patinée, trouvée à La Védrenne, commune de la Chapelle-Saint-Martial ; par M. le docteur Janicaud un bracelet reliquaire à sept grains creusés chacun de trois niches à fermeture de verre.
LECTURES ET COMMUNICATIONS. — Mme Martin, institutrice, envoie un « Lycoperdon bovista, var. gigantea », champignon de 0 m. 85 de tour, trouvé près de Jarnages.
— M. Sarrassat présente un échantillon de Potamogeton crispa L., préparé par M. Charles Alluaud et récolté par lui à Crozant, dans les eaux de La Sédelle. Dans le catalogue des plantes de Ch. Le Gendre, cette espèce est signalée comme très rare en Creuse et sans indication de localité.
— M. A. Jorrand envoie des photographies d'une pierre longue de 2 m. 20, actuellement aux Plagnes, commune de St-Médard, qui a été déplacée et qui était peut-être un menhir.
— M. le docteur Janicaud décrit les vestiges d'une importante villa gallo-romaine à La Védrenne, commune de La Chapelle-Saint-Martial. Sur les indications de MM. Batherosse et Lacôte, il y a pu voir un hypocauste à colonnettes de briques, des dallages de marbre et de pierre blanche, des enduits peints et des placages de marbre, d'importantes canalisations d'eau, des tessons de poteries sigillées.
Il lit une note sur les origines des Lémovices, établie sur des bases fragiles, mais dont le nombre et la convergence donnent cependant une probabilité. (Voir ci-après).
— M. Laborde signale, d'après l'historiographe guérétois A. Varillas, un curieux contrat de mariage à terme, de 1297, mariage contracté pour une période de 7 ans, prolongeable.
— M. P. Valadeau envoie une intéressante note sur le mariage avant 1789, signalant des actes dont deux se rapportent à des fillettes de dix ans. (Voir ci-après).
— M. le Colonel Leclère, d'Evaux, communique une série de lettres du représentant du peuple Leyraud, datées de 1848 et 1849, lettres qui ouvrent un jour curieux sur la petite politique locale et ses intrigues.
— M. le Médecin général Guillon envoie une intéressante étude sur la croix de la Place, à La Souterraine.
— M. Boudard lit une note sur la pension de Notre-Dame du Puy, à Bourganeuf (1850). (Voir ci-après).
NOTE LUE EN SÉANCE – ORIGINE DES LÉMOVICES
Les découvertes archéologiques des cent dernières années nous ont appris que la nation celte s'est développée, au cours du deuxième millénaire avant notre ère, dans la grande plaine germanique, entre la Mer du Nord, le Rhin, le Danube et l'Elbe.
Les druides racontaient que le pays d'origine des Celtes était très loin dans le Nord de l'Europe, partie dans des îles, partie dans des plaines basses, au bord d'une mer brumeuse qui rejetait de l'ambre sur ses rives. Ils en auraient été chassés par des raz-de-marée. Les géologues ont en effet établi que les îles danoises et les côtes de la Mer du Nord et de la Baltique se sont affaissées à une époque relativement récente : on vient de retrouver une forêt danoise engloutie dont les troncs d'arbres sont encore assez bien conservés pour pouvoir être travaillés.
De l'étude comparée des langues celtiques et germaniques, les linguistes déduisent que les Celtes ont très longtemps vécu en contact étroit avec les Germains dont ils auraient été les principaux instituteurs : alors que le parler celtique est indo-européen d'origine, le germanique ne serait qu'une langue d'emprunt qui lui aurait beaucoup pris. Ils démontrent de même que les Celtes ont eu un contact, plus bref, avec les Balto-Slaves.
Il semble donc que le premier habitat des Celtes ait été un peu plus au Nord et à l'Est que celui où ils achevèrent de se développer avant de franchir le Rhin.
Nous lisons dans Tacite (Germania, XXVIII-XLIII) que, à la fin du premier siècle de notre ère, quelques tribus de Celtes restaient encore dans l'Est de la Germanie ; certaines parlaient encore le Celtique. Parmi les peuplades qu'il énumère se trouvent les Turones, les Boii, les Volcae Tectosages, les Cottini, les Lemovii, etc., à noms bien celtiques. Il est d'ailleurs curieux de retrouver, sur la carte dressée d'après le texte de l'historien latin, à côté de ces tribus celtiques et de toutes celles qui sont restées germaines, les Angli, les Saxones, les Longobardi, les Sauromatae, etc., c'est-à-dire les ancêtres des grands peuples qui se heurtent dans la mêlée actuelle et qui semblent ainsi frères d'origine.
La plus septentrionale des peuplades à noms celtes citées par Tacite, est celle des Lemovii, qui, à l'en croire, habitait alors sur les bords de la Baltique, entre l'Oder et la Vistule, la plaine basse et marécageuse qui constitue l'actuelle Poméranie. Il est probable que c'était là une fraction de la nation des Lemovii, Lemovici ou Lemovices, restée dans la région qui, d'après les dires des druides, aurait été leur pays d'origine, alors que la majorité de la peuplade émigrait, d'abord dans la région rhénane, puis dans le pays qui allait devenir la Gaule. Dans ce dernier pays, elle devait encore se diviser en deux fractions, dont l'une allait s'installer à l'embouchure de la Loire, alors que la deuxième venait, vers le VIIe siècle avant notre ère, s'établir dans la partie ouest du Massif Central, pour y créer ce que les Romains devaient appeler la Civitas Lemovicum, l'actuel Limousin. Elle allait s'y fondre dans l'importante population autochtone, mélange de Ligures et d'Ibères, pour constituer l'actuelle population limousine.
Le long séjour des Lemovices au contact des Germains n'a pu se faire sans mélanges de sang et sans échanges d'usages et d'ustensiles. Les anthropologistes ont signalé dans le Limousin la présence d'un certain nombre d'individus à type nordique, et les archéologues ont noté chez les Lemovices de l'époque gallo-romaine des coutumes funéraires et des types d'armes qu'ils ont cru d'origine germanique. C'est ce qui explique que certains auteurs locaux (Dufour, de Cessac) aient pensé que les Lemovices étaient, non des Celtes, mais des Germains. C'était évidemment une erreur.
Docteur G. JANICAUD.
NOTE LUE EN SÉANCE – LE MARIAGE AVANT 1789
Avant 1789, jeunes gens et jeunes filles pouvaient convoler en justes noces à l'âge où l'on aime encore à jouer aux billes.
Le mariage n'était valable et indissoluble qu'autant qu'il avait été sanctifié par la bénédiction du curé, bien qu'un proverbe du XVIe siècle dit :
« Boire, manger, coucher ensemble
« Est mariage, ce me semble ».
Pour pouvoir valablement contracter mariage, il fallait avoir atteint l'âge de puberté, qui était fixé par la loi à quatorze ans pour les garçons et à douze ans pour les filles.
Deux actes concernant ces unions « enfantines » m'ont paru assez intéressants. Le premier est un contrat, le second une ratification.
En 1604, Jacques Jorrand, laboureur, et Léonarde Bernardon, fille d'Etienne Bernardon et de Catherine Durieu, l'un et l'autre de la paroisse de Saint-Pardoux-les-Cards, se sont promis faire célébrer leur mariage quand ladite Bernardon aura atteint l'âge de 12 ans, « de tant qu'elle est à présent âgée de 11 ans ».
En attendant qu'elle ait atteint l'âge prévu par la loi, Jacques Jorrand, le fiancé, promet d'aller demeurer « et faire sa résidence
« actuelle et contiguë dès à présent en la maison, société et com-
« pagnie desdits Bernardon et apporter ces gains et négoce pratiques.
« Il se constitue en dot, la somme de trois cens livres tournois, qu'il
« a promis payer auxdits Bernardon dans le mardy gras prochain
« venant ». (Arch. départementales de la Creuse, H. 135).
Le second, portant validation de mariage, est extrait des registres paroissiaux de la paroisse de Maisonnisses ;
« Aujourd'hui diziesmes mars 1659, se sont présentés Mathieu Jarri-
« jon et Marguerite Villatte sa femme, par devant moy curé, soubzsi-
« gner, en lesglize de Maisonnisses, devant le grand autel, qui ont
« déclaré confirmer et ratifier leur dict mariage, faisant lad. ratifica-
« tion de nouveau parceque au temps qu'ils reçurent la bénédiction
« nuptial, qui fuct il y a huit ans, lad. Marguerite n'avait que dix
« ans et onze mois, et ledict Mathieu Jarrijon de quatorze à quinze
« ans et est de présent âgé de dix-huit à dix-neuf ans, laquelle ratifi-
« cation nous avons ordonné pour la validité dud. mariage et pour le
« repos de leur conscience.
« Faict comme desus et en présence de plusieurs personnes. En foy
« de quoi je me suis soubsigné et de cette ratification j'ai donné
« copie. »
« Signé : Tixier ».
En 1660, le 22 avril, une même ratification eut lieu pour Laurent Jarrijon qui avait épousé Jehanne Rousseau « âgée seulement de dix ans ».
P. VALADEAU.
NOTE LUE EN SÉANCE – LA PENSION DE NOTRE-DAME DU PUY A BOURGANEUF
En 1850, se place une tentative pour instaurer à Bourganeuf l'école d'enseignement secondaire qui y faisait complètement défaut. L'initiative en revient à l'Abbé Coutier, ancien professeur de rhétorique au petit séminaire d'Ajain. D'après l'abbé Leclerc, ce prêtre avait un caractère assez versatile, ce qui explique sans doute son peu de réussite, dû aussi à son manque de persévérance. Nous possédons le prospectus où est annoncée la création de l'Ecole et où sont célébrés les avantages et les mérites de l'enseignement et des professeurs. Le voici dans ses grandes lignes :
« Des prêtres qui ont passé plusieurs années dans l'enseignement se proposent d'ouvrir à Bourganeuf une maison d'instruction secondaire.
« Ce sera là, sans doute, pour plusieurs, une bonne nouvelle à une époque où chaque père de famille, en réclamant la diffusion des lumières, appelle plus vivement encore une éducation fondée sur les principes religieux ; où tous commencent à comprendre que séparée des pratiques et des croyances chrétiennes, l'instruction devient un danger, un malheur.
« Placée aux portes de la Cité, dans la maison de Mlle Bernard, et dans celle de M. Lesage, notre école, comme au Moyen-Age, abritera son berceau à l'ombre d'une de ces chapelles connues au loin dans le pays : celle de N.-D.-du Puy.
« Un air pur, un local commode, une vaste cour attenant à l'enclos et aux jardins, une position qui domine et la ville et la charmante vallée du Thaurion, ce large horizon et son gracieux encadrement de montagnes, le recueillement et le silence de notre solitude offrent aux élèves toutes garanties d'agrément, de santé et de succès dans leurs études.
« Point de ville, d'ailleurs, plus centrale que Bourganeuf, et d'abord plus facile.
« Anciens élèves et professeurs de ce vieux et bien-aimé petit séminaire d'Ajain, nous nous ferons une loi d'en conserver les méthodes pédagogiques, la discipline forte et douce à la fois, les traditions de dévouement et d'études solides et sérieuses. Notre passé peut-être en répond, et assez de sympathies sont déjà venues à nous pour animer et soutenir notre courage.
« L'enseignement embrassera la religion, les langues française, latine et grecque (l'anglais si quelques parents le désirent), l'histoire, la géographie, l'écriture, les éléments des sciences naturelles et mathématiques.
« On ne reçoit aucun enfant destiné uniquement à l'étude du français. La pension est de 400 francs. Elle se paye par trimestre et d'avance. Les trimestres sont exigibles, le premier à la rentrée, le second le 1er février, le troisième le 15 mai.
« Les fournitures, les Arts d'agrément, le médecin, les frais de pharmacie, le perruquier, le blanchissage et le raccommodage sont à la charge des parents.
« Le prix de l'externat est de 125 francs pour l'année scolaire. 12 fr. 50 par mois. Point de frais de chauffage ni d'éclairage.
« Internes et externes, tout mois commencé est dû en entier. Chaque élève interne doit être muni d'une malle ; de plus, il doit apporter un couvert, trois paires de draps, douze serviettes, douze paires de bas, douze mouchoirs de poche.
« Les parents qui voudront bien nous honorer de leur confiance sont priés d'adresser leur demande le plus tôt possible.
« La rentrée est fixée au 15 octobre 1850.
« Bourganeuf, le 2 Août 1850.
« COUTIER ».
(Bourganeuf, Imprimerie Ducher, 1850).
R. BOUDARD.