ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DU 11 JANVIER 1945
Présidence de M. le docteur G. Janicaud, président.
Présents : Mme Petit, MM. Boudart, Cognet, Faure, Fournier, Laborde, l'abbé Mirguet, le colonel Monchablon, Moreau, Timbal, Vignon.
Excusés : Mme Phély, Mlle Théreil, MM. Délurier, G. Petit, Sarrassat.
Démission : M. de Forges.
NÉCROLOGIE. — L'hommage de la Société est adressé à la mémoire de MM. Marc Bloch, professeur à la Sorbonne, le docteur Brésal, Régnault, membres titulaires. Des condoléances émues sont exprimées à leurs familles.
ADMISSIONS. — MM. André Guy, 28, rue Lakanal, Montluçon (Allier) ; Landoin, receveur des Contributions indirectes, Culan (Cher) ; Adolphe Nezblanc, préparateur en pharmacie, Guéret ; Charles-Louis Quétaud, rue Corbières, Guéret ; René Valentin, villa Bethanie, Avenue Urbani Bosio, Nice (Alpes-Maritimes).
COMPTES. — Le trésorier, M. C. Laborde, donne le bilan de l'exercice 1944 :
Recettes
Reliquat de 1943..... 20.714,90
Cotisations..... 18.587
Vente de volumes..... 2.529
Subvention du département..... 1.500
Subventions de la Ville de Guéret..... 6.300
Coupons de rente..... 178
Contribution d'auteurs..... 500
Total..... 50.308,90
Dépenses
Gardiennage du Musée..... 3.000
Mémoires (impression, clichés, brochage)..... 17.901,50
Frais de poste..... 1.051,60
Abonnements..... 50,50
A Reporter..... 22.003,60
Report..... 22.003,60
Musée (frais d'entretien, achats)..... 2.733,50
Versement à Caisse d'Epargne (cotisations M. à vie)..... 5.250
Reliquat à reporter en 1945..... 20.321,80
Total..... 50.308,90
Le Livret de Caisse d'Epargne se monte à la somme de trente-sept mille six cent soixante dix francs et dix centimes.
A l'unanimité, des félicitations et des remerciements sont votés au trésorier.
BIBLIOTHÈQUE. — Don reçu de M. de Laborderie, sa monographie de l'église Notre-Dame-des-Lions à Limoges.
LECTURES ET COMMUNICATIONS. — M. Fournier lit une importante notice nécrologique sur le professeur Marc Bloch. Elle sera publiée.
— M. le docteur Janicaud présente des poteries noires à décor estampé trouvées à Gouzon et Saint-Sulpice-le-Guérétois et conservées au Musée de Guéret. Ce sont des poteries wisigothes du Ve siècle de notre ère.
— M. Faure lit la suite de son travail sur la gabelle en général et surtout dans la province marchoise.
— M. Boudard donne un compte-rendu des ordonnances de police promulguées en 1769 et 1771 par le juge sénéchal de la « Ville et bailliage » de Bourganeuf qui fournissent des renseignements intéressants sur la police des marchés en particulier.
— M. Hugon envoie le menu appétissant d'un repas plantureux donné à Guéret le 5 février 1870 ; dîner d'adieu offert à M. Brunement, directeur de l'Enregistrement, par son personnel.
SÉANCE DU 15 MARS 1945
Présidence de M. le docteur G. Janicaud, Président.
Présents : Mme Petit, Mlle du Muraud, MM. Alamasset, Bautier, Béchet, Desjobert de Prahas, Faure, Gerbaud, l'abbé Mirguet, le colonel Monchablon, Moreau, G. Petit, Vergeade.
Excusés : Mmes Carel, Phély, Mlle Théreil, MM. le docteur Bordier, Délurier, Laborde, Timbal.
NÉCROLOGIE. — L'hommage de la Société est adressé à la mémoire de MM. de Gentil de Rosier, mort pour la France ; Ernest Labrousse, avoué à Bourganeuf ; Eugène Parot, professeur honoraire au Lycée ; Claude Sarrassat, professeur honoraire de l'Ecole Normale d'Instituteurs. Des condoléances sont exprimées à leurs familles.
Le président rappelle que Claude Sarrassat fut un des membres les plus actifs de notre Société, dont il était administrateur. Botaniste distingué et travailleur acharné, il a donné à nos Mémoires un monumental catalogue des Muscinées de la Creuse et refait le vieil herbier du Musée de Guéret auquel il a ajouté une collection des Mousses de la Creuse. Sa mort est pour la science locale une perte irréparable.
ADMISSIONS. — Mmes Marie Babet, rue Lantaire, à Guéret ; Souilhat, avenue Gambetta, à Guéret ; Mlle Denise Campiglia, avenue Gambetta, à Guéret ; MM. Edmond Belot, garagiste à Gouzon ; Raymond Bugeaud, négociant à Glénic ; Georges de Bussac, Le Mas, par Ambert (Puy-de-Dôme) ; Roger Caillat, chirurgien-dentiste à Dun-le-Palleteau ; l'abbé Albert Delage, curé de Glénic ; Marandon, instituteur, 16, rue Cuvier, Paris 5e ; Roger Mousset, préparateur en pharmacie à Guéret ; André Picant, étudiant à Guéret et Domérot, Lucien Tabouret, comptable à Vieilleville et Bonnat ; Marcel Vernet, receveur des P. T. T., à Crozant.
BIBLIOTHÈQUE. — Dons reçus : de M. Aufaure, deux reçus d'impôts payés par la commune de La Celle-sous-Gouzon en 1776 (déposés aux Archives départementales) ; de M. Villechalanne, un permis de chasse établi à Aubusson en septembre 1881 ; de M. de Nussac, sa brochure : Chevau-légers de la garde du roi originaires du Limousin.
BIBLIOGRAPHIE. — L'imprimerie Lecante a édité à un très petit nombre d'exemplaires un volume de vers de notre compatriote et collaborateur, M. Henri Hugon, intitulé Suite d'Horizons, où l'auteur évoque des paysages et des souvenirs de ses résidences sous diverses latitudes à partir de sa patrie creusoise. Elle a mis également en vente un tirage fac-similé à 100 exemplaires du recueil épuisé du même auteur, Au pays de Creuse, datant de 1931.
LECTURES ET COMMUNICATIONS. — M. Bautier, archiviste en chef de la Creuse, signale d'après l'article de M. Germouty « Les reinages dans le Massif-Central » (extrait du Bulletin d'Auvergne) l'existence de reinages dans la paroisse de Saint-Marc-à-Frongier vers 1880.
Il lit ensuite le testament d'un curé de la paroisse de Notre-Dame de Lusignan (Vienne) où il est fait mention d'une tapisserie d'Aubusson en cinq pièces représentant l'histoire d'Abraham (1754).
Enfin, il annonce qu'il a retrouvé les archives anciennes du comté de la Marche. Réunies à celles du comté d'Angoulême pendant l'union de ces deux comtés, elles en furent séparées en 1314 et versées au Trésor des Chartes de la royauté en 1322. Les rouleaux des Parlements de Charroux et le cartulaire des Lusignan passèrent à la Chambre des Comptes ; les premiers ont disparu depuis le XVIIe siècle ; le second est connu par une copie éditée par Georges Thomas.
Au XVe siècle, les archives des comtes des maisons de Bourbon et d'Armagnac étaient conservées au château d'Aubusson. Elles furent partiellement transportées à Moulins au début du XVe siècle, puis à la Chambre des Comptes de Paris, vers 1530. Elles sont actuellement dispersées dans la série P des Archives Nationales.
Une partie des archives, restée à Aubusson, paraît avoir été remise au Maréchal de La Feuillade par Louis XIV. Il est impossible d'en suivre la trace ultérieure.
— M. Faure, continuant son étude de la gabelle, lit un très intéressant travail sur cet impôt dans notre région.
— M. L. de Nussac signale, dans l'opuscule cité plus haut (Bibliothèque), plusieurs chevau-légers de la garde du roi, originaires de la Haute-Marche.
— M. le Médecin général Guillon communique une note sur un Cabinet de Lecture existant à Guéret en 1813 ; il indique les ouvrages que l'on pouvait s'y procurer tant pour les acheter que pour les emprunter.
— M. Germouty a envoyé un important travail sur le chanvre dans la Creuse dont on lit la première partie : culture et récolte, broyage et rouissage.
— Mlle du Muraud nous dit ce que fut et ce qu'est encore la garde des troupeaux dans la Creuse et évoque la vie des bergères creusoises.
— Mlle Perrine communique une étude sur la statue de Notre-Dame de Boulogne qui a traversé la Creuse en septembre 1945.
SÉANCE DU 17 MAI 1945
Présidence de M. le docteur G. Janicaud, président.
Présents : Mmes Carel, Petit, Phély ; MM. le docteur Bordier, Boudart, Desjobert de Prahas, Gerbaud, Hauptmann, le colonel Monchablon, l'abbé Mirguet, Moreau.
Excusés : MM. Laborde, G. Petit, Timbal, Vergeade, Vignon.
ADMISSIONS. — Mme de Cressac, place Louis Lacrocq, à Guéret ; MM. André Barraud, négociant à Guéret, le docteur Raymond Chervy, à Saint-Vaury ; Dauger, instituteur aux Forges, commune de Gouzon ; Peloton, directeur de l'Union Electrique Rurale, à Guéret ; Jean-Marie Villemeyre, négociant à Giat.
BIBLIOTHÈQUE. — Dons reçus : de M. Louis de Nussac, sa brochure J.-F. Marmontel, historiographe de France ; de M. A. Duris, un lot de journaux clandestins de la période d'occupation.
FÉLICITATIONS. — M. le docteur Bordier félicite M. le docteur Janicaud au sujet de la médaille que vient de lui décerner l'Académie des Inscriptions et Belles Lettres (4 mai 1945) pour son oeuvre archéologique.
LECTURES ET COMMUNICATIONS. — M. Paul Maitre envoie une étude géologique sur le litage et la divisibilité des roches métamorphiques et en particulier du granit à mica blanc de la région d'Aigurande. Cette étude sera publiée.
— M. le docteur Janicaud lit le premier chapitre d'un travail sur les Voies romaines de la Creuse. Il concerne la documentation et les procédés de recherches.
— M. Boudard lit le testament de Joseph Aubusson de Soubrebost (1749) et les clauses qu'il contient, relativement à une rente annuelle destinée à entretenir un régent de latinité à Bourganeuf.
— M. Rivet envoie la copie : 1° d'une transaction survenue en 1743 à St-Martial-le-Vieux au sujet de dîmes novales ; 2° de l'acte de nomination de Me Michel Ducourteix, curé de St-Oradoux-près-Crocq, à la chapellenie et vicairie de Saint Paul et Saint Damiens en 1777. Il succédait à Maître Jean-Baptiste Ducros, curé de Mautes, décédé.
Il signale qu'une erreur s'est glissée dans le troisième fascicule du tome XXVIII de nos Mémoires, aux pages 558 et 559, dans la liste des notables, il faut lire « procureur de la commune » au lieu de « prieur de la commune ».
SÉANCE DU 19 JUILLET 1945
Présidence de M. le docteur G. Janicaud, président.
Présents : Mme Petit, Mlle du Muraud, MM. Bautier, Béchet, le docteur Bordier, Boudard, Faure, Gerbaud, Laborde, Hauptmann, l'abbé Mirguet, Moreau, G. Petit, Timbal.
Excusés : Mmes Berger, Carel, Phély ; Mlle Théreil ; M. Maurice Dayras, dont le président nous annonce l'heureux retour de captivité.
NÉCROLOGIE. — Le président signale le décès de MM. le comte Jacques de Baudus, mort pour la France ; Henri Gadou, avoué à Limoges ; Louis Lasnier, Louis Latrige, avocat à Aubusson ; Pierre Pajot, inspecteur honoraire des Eaux et Forêts à Guéret. L'hommage de la Société est adressé à leur mémoire.
ADMISSIONS. — Mlle Marie-Aimée Pérathon, à Aubusson ; MM. Challeil, faubourg de Toulouse, à Guéret ; René Commergnat, instituteur à La Souterraine ; Dalmagne, inspecteur de l'Assistance Publique, à Guéret ; Albert Duchazeaubeneix, ingénieur à La Souterraine ; le Père Maurice Gibouin, curé-doyen de La Souterraine ; Armand Guittard, propriétaire à La Gorce, par Guéret ; Arsène Lafaye, propriétaire à Chermentoux, par Guéret ; Albert Lamotte, 2, square Lagarde, Paris 5e ; René Lannet, ingénieur, villa Rip, 10, rue de Toulon, à Garche ; Roger Lecante, avocat à Guéret ; Maréchal, professeur d'histoire naturelle, lycée de Guéret ; Roger Picaud, employé de banque, à Guéret.
BIBLIOTHÈQUE. — M. le docteur G. Janicaud fait don des deux volumes du Manuel de Philologie de Salomon Reinach.
LECTURES ET COMMUNICATIONS. — Le docteur G. Janicaud décrit un dolmen récemment découvert par M. Dardanne, dans son domaine de La Bachellerie, commune de Saint-Maurice-la-Souterraine, dolmen ruiné, mais de restauration facile.
Il décrit un cimetière gallo-romain (sépultures à incinération en ossarium de granit) signalé antérieurement par L. B. de Nalèche (1885) et M. R. Bautier (15-9-44) et des vestiges d'une villa gallo-romaine à Noger, commune de Vidaillat.
Il signale, dans le même village, des restes de constructions des XVe, XVIe et XVIIe siècles, et en particulier deux cuviers de granit encore en place dans des niches creusées, l'une dans un angle d'une cheminée du XVe siècle, l'autre dans un pignon, à côté d'une cheminée également ancienne.
— M. Adrien Blanchet, membre de l'Institut, président d'honneur de notre Société, envoie les deux premières feuilles de la Carte de Peutinger (édition des Antiquaires de France) dont il fait don à la Société. Cette carte introuvable était accompagnée d'une lettre charmante.
— M. R. H. Bautier, archiviste en chef, après avoir relaté comment les archives anciennes d'Aubusson, égarées depuis 1865, ont été retrouvées par lui, utilise des documents de ces archives dans une étude sur le Début de la Révolution à Aubusson en trois parties : les assemblées préliminaires du Tiers-Etat de la ville (mars 1789), les cahiers de doléances du Tiers-Etat, la Grande-Peur à Aubusson (juillet 1789), cette dernière accompagnée d'un appendice sur la Grande Peur et sa diffusion dans le Centre-Ouest.
Il signale ensuite deux faits divers intéressant la Creuse : la proposition du poste d'archiviste départemental faite à José-Maria de Héridia peu avant sa nomination de conservateur à la Bibliothèque de l'Arsenal et d'autre part la composition par le musicien André Lhermitte à Felletin en 1942 de sa « Symphonie brève », jouée récemment par l'orchestre des Concerts du Conservatoire.
Puis il lit un travail sur les Archives départementales de la Creuse de 1930 à 1945 et particulièrement sur leurs acquisitions durant cette période.
Il étudie ensuite une lièvre de 1487, de la seigneurie de Lépinas, donnée par M. Carolus Barré, bibliothécaire de l'Institut de France, et montre son intérêt pour l'histoire économique.
Après quoi, il signale divers envois faits aux archives départementales (1536-1699), pièces de l'abbaye de Chambon-Sainte-Valérie par les Archives du Puy-de-Dôme, titres de la communauté des prêtres de Notre-Dame d'Aubusson (1439-1522) par celles du Cantal et papiers de P. Mazières, procès au bailliage d'Evaux au XVIIIe siècle par celles de Bellac.
Enfin, il met en relief l'intérêt pour l'histoire de la tapisserie de la comptabilité de Pierre-Elie Quellet, marchand fabriquant d'Aubusson (1781 à 1792) conservée aux Archives départementales (2 F 8).
— M. Jean Lassaigne nous apprend que le peintre David a fait, notamment sous le Premier Empire, plusieurs séjours à Felletin, chez le père de Léon Sandon qui y tenait un petit collège.
— M. H. Hugon signale une enquête faite sous la Restauration pour savoir si l'on devait achever les opérations cadastrales, commencées sous l'Empire. Deux départements, la Corrèze et la Creuse réclamèrent l'abandon des travaux entrepris.
M. R.-H. Bautier explique cet avis par le fait que ces deux départements possédaient des cadastres établis au cours du XVIIIe siècle et qui étaient considérés comme suffisants.
— M. P. Montmerle envoie les paroles de la chanson dont César Franck a tiré son Chant de la Creuse « En veni de meissounna ». Cette chanson est connue, avec des variantes locales dans tout le Limousin.
SÉANCE DU 13 SEPTEMBRE 1945
Présidence de M. le docteur G. Janicaud, Président.
Présents : Mmes Carel, Petit, Phély ; Mlle Théreil ; MM. le docteur Bordier, Béchet, Cluzet, Fazy, Gerbaud, Hauptmann, l'abbé Mirguet.
Excusés : MM. Berthomier, Adrien Blanchet, Cluzet, Delurier, Goudard, A. Lamotte, Moreau, G. Petit, Vernadeau.
NÉCROLOGIE. — L'hommage de la Société est adressé à la mémoire de MM. Martial Clément, boucher à St-Vaury, et Charles Fargeix, ancien pharmacien à Guéret, membres titulaires récemment décédés. Des condoléances émues sont adressées à leurs familles.
ADMISSIONS. — MM. Emile Bérard, à Sivry-sur-Meuse (Meuse) ; Henri Champaud, à Bosmoreau ; Max Fazy, archiviste en chef du département de la Creuse (membre à vie) ; Emile Gouraud, à Sardent.
LECTURES ET COMMUNICATIONS. — M. le docteur Janicaud signale d'après M. Fournély, la découverte d'une sépulture gallo-romaine à incinération en coffre de granit ovoïde au Boucheteau (commune de Glénic).
— Il lit la suite de son travail sur les Voies romaines de la Creuse, le chapitre concernant les bornes milliaires trouvées dans le département.
— M. Bérard envoie une note sur Claude de Chamborant, Seigneur de la Clavière, Aiguson, etc.., chevalier de St-Louis, lieutenant général des armées du roi, gouverneur de Montmédy, et en même temps de la personne de Louis-François-Joseph de Bourbon, comte de la Marche, prince du sang. Il était né le 3 juillet 1688 et épousa Marie-Anne Moret de Bournonville, fille de Louis, colonel général des Dragons de France.
— M. Hugon communique une note sur les cimetières de Guéret. Elle sera publiée.
— M. Fazy fait une communication sur la victoire remportée par un Combraillais, Humbert Lafola, prieur d'Evaux, sur Archambaud IV le fort, sire de Bourbon, redoutable seigneur qui ne respectait ni les biens des laïcs, ni même ceux des lieux saints. Humbert réussit à faire, pour lui et ses successeurs, de celui qui s'était montré hostile à ses prédécesseurs et extrêmement contraire à leurs droits, un homme doux et se laissant fléchir. Archambaud avait envahi les possessions d'Evaux en Bourbonnais, il les rendit toutes et fit plusieurs dons à la prévôté.
Il faut se rappeler le nom de ce Combraillais qui sut venir à bout de la superbe du plus puissant seigneur du Centre de la France et qui, par ailleurs, joua un rôle important dans l'organisation religieuse du prieuré de Chantelle, dépendant d'Evaux, en y établissant définitivement les chanoines réguliers.
On trouve l'acte nous apprenant cet épisode vraiment intéressant dans Chazaud (Chronologie des sires de Bourbon, nouvelle édition, 1935, p. 176-177).
— M. Gerbaud nous conte une légende : Gargantua et le Puy-de-Geay, puis nous chante une mélodie qu'il a recueillie aux environs de La Souterraine : « Que l'popo qu'maride sa fille ».
— On lit la fin du travail de M. Germouty sur Le chanvre dans la Creuse.
SÉANCE DU 15 NOVEMBRE 1945
Présidence de M. le docteur Janicaud, Président.
Présents : Mmes Carel, Phély ; MM. Boudard, Dayras, Faure, l'abbé Fayolle, Fazy, Gerbaud, l'abbé Mirguet, Timbal, Vignon.
Excusés : MM. Béchet, Bordier, Laborde, Vergeade.
NÉCROLOGIE. — L'hommage de la Société est adressé à la mémoire de M. Blanchon, de La Rochette.
ADMISSIONS. — MM. Chaize Léon, 17, rue Saint-Maur, Verdun ; Chazot Emile, 70, Cours Lafayette (Lyon) ; Dayras René, élève à l'Ecole des Beaux-Arts, 11, rue Humblot, Paris 15e ; l'abbé Dumont, curé de Vieilleville ; Lecante Pierre, propriétaire au Breuil, commune de Néoux ; Mallet, propriétaire à Augères ; Thomas Lucien, à Vieilleville.
CLASSEMENT. — M. le Président signale l'inscription à l'Inventaire des Sites, de la butte et des ruines du château de Montaigut-le-Blanc (31-7-1945).
BIBLIOTHÈQUE. — M. Pimpaneau, de St-Sulpice-le-Dunois, fait don d'un lot de livres.
BIBLIOGRAPHIE. — Le Président présente le remarquable volume que vient de publier notre sociétaire M. l'abbé Michel Pénicaud, sur Saint-Pardoux (1 vol. in-8, Limoges, 1945), ouvrage illustré de beaux dessins de l'auteur.
LECTURES ET COMMUNICATIONS. — M. Vignon présente deux lames néolithiques, un fragment de pendeloque aiguisoir et deux fusaïoles en terre cuite, trouvées aux environs de Mourioux.
— M. Dayras signale des vestiges gallo-romains au Breuil, commune de Néoux, et présente de la part de M. Lecante, un pommeau d'épée romaine en bronze et un fragment de moulure en pierre de Volvic trouvés dans ces ruines.
— M. le Médecin-Général Guillon envoie en communication deux moyens bronzes frustes trouvés dans les ruines de Bréde.
— M. le docteur Janicaud lit une étude sur l'Oppidum de Thauron et son enceinte vitrifiée (sera publiée).
— M. P. Montmerle envoie une étude sur d'énigmatiques vestiges de tours qu'il appelle Le guet du Peux de la Chaise (commune de Saint-Pardoux-Lavaud).
— M. Fazy fait une communication sur la Valeur historique du cartulaire de Bonlieu, précieux document qui nous donne l'origine bourbonnaise des sires de Montluçon et permet de dresser la généalogie des sires de Chambon et de Saint-Julien, d'où est issue Perrine de Chambon, femme de Gui II, Comte d'Auvergne.
— M. Gerbaud lit une note sur la vie religieuse à l'abbaye de Bénévent et relève notamment de curieux détails sur des ermites et la façon dont se faisaient les donations.
— M. Timbal présente une Histoire du duc en Bavière Louis-le-Bossu, publiée à Nuremberg en 1821, par Karl-Heinrich Ritter von Lang, qui donne de curieux renseignements sur les princes bavarois du début du XVe siècle, sur leurs rapports avec Charles VI, époux d'Isabeau de Bavière, ainsi que de très intéressants détails sur l'Histoire de la Basse-Marche.
— M. Léon Chaize envoie un extrait des Mémoires de Lord Blainey, racontant d'humoristique façon son séjour à Guéret en 1814.
— M. P. Montmerle envoie le texte patois de la Légende de la Roche de Mazuras, avec traduction rythmée en regard.
NOTE LUE EN SÉANCE – ABBAYE DU PALAIS (INVENTAIRE DE 1790)
Il s'agit de l'inventaire effectué le 18 décembre 1790 par Marc Antoine Huguet, président et J. B. Sylvain Parelon, administrateur du directoire du district de Bourganeuf, nommés par le directoire pour inventorier d'une façon détaillée et spécifique les titres et meubles existant dans l'abbaye du Palais.
Ayant rencontré dans la dite abbaye, Dom Fery, religieux profès et prieur, ils lui firent connaître l'objet de leur mission, à quoi le dit Fery répondit qu'il allait les conduire dans toute la maison conventuelle et leur faire présenter tous les titres, papiers et meubles, mais que les objets à son usage ne devaient pas figurer dans l'inventaire parce qu'ils lui appartenaient aux termes du décret du 9 septembre dernier. Et a déclaré en outre être âgé de 41 ans, être seul religieux dans la maison du Palais, qu'il entendait rester dans sa maison pour laquelle il avait fait un voeu de stabilité, mais que, cependant, pour se conformer au décret de l'auguste assemblée et pour lui prouver sa soumission, il entendait qu'il lui fut désigné une maison composée de 20 religieux conformément au décret, que si elle lui convient, il acceptera pour y continuer remplir les obligations et devoirs de son état, auquel il sera singulièrement attaché pour le reste de sa vie.
La maison est ainsi composée :
Au rez de chaussée : une grande salle, un salon, une cuisine, une boulangerie et un cellier.
Au premier étage : 4 chambres dans le dortoir dont 2 servaient à 2 religieux qui les occupaient, les deux autres étaient destinées aux étrangers de passage.
Au-dessus, 2 greniers.
Voici l'inventaire du mobilier ; il était plutôt sommaire et en tout cas ne comportait pas grand luxe.
Dans le salon à manger : 4 morceaux de tapisseries d'Aubusson encadrées dans les boiseries, 24 assiettes de faïence commune ; dans la chambre des hôtes donnant dans le jardin, un lit à quenouilles, et le ciel à dossier en toile peinte ; dans la chambre n° 2, un autre lit à quenouilles avec ses rideaux, tous en droguet de pays vert, une tapisserie tout autour de la chambre en Bergame ; dans un cabinet, quelques vieux livres, comme les oeuvres de Saint Bernard avec une vingtaine de volumes de morale.
Dans l'église il n'y avait sur l'autel que 6 chandeliers de cuivre et une nappe avec les cartons ; dans le salon, les titres et les papiers de l'abbaye qui avaient été apportés, un recueil de titres contenant 54 feuillets sur le couvent (peut-être le Cartulaire conservé aujourd'hui au British Museum), un registre de reconnaissances de dettes dues par plusieurs villages, datant de 1560, un terrier de 239 feuillets, des liasses de titres ou de procédure concernant les dîmes et rentes de Bounefont, le moulin du Palais, Rocherolle, Grandvallet, Pinroche, Le Chezeaud-Rymard, Le Montariche, La Garneiche-Beaumont, le moulin Chiraud, le village du Mas de Thauron.
Ces titres furent déposés dans une armoire à deux battants fermant à deux clefs placées dans un cabinet joignant la chambre de Dom Fery qui s'en est déclaré dépositaire pour les représenter quand il en sera requis.
Voici l'état des revenus de l'abbaye d'après les déclarations du prieur. Deux étangs occupés en paccage et affermés au sieur Lemoine, 20 livres ; un moulin banal à froment, à seigle et à foulon, 180 livres ; cinquante quintaux de foin donnés par l'abbé commandataire pour le tiers des préclôtures à raison de 1 livre le quintal ; 50 l. rente d'Arcinas ; 200 l., rente du Moucheix ; 40 l. 13 sols, rente de Fontaneix ; 200 l., rente de Beaumont ; 100 l., rente de Granvallet ; sur les greniers de Bourganeuf dues par le grand prieur, 100 livres ; rentes querables sur le village de Montarichard, le moulin Cardeau et La Garnèche, 40 livres ; pension annuelle payée par l'abbé commandataire pour les charges claustrales, 300 livres. Au total, 1.970 livres.
Charges annuelles de la communauté et intérêts, 3.000 livres.
Aux religieux de Saint-Junien, 150 livres.
Aux carmélites de Limoges, 100 livres.
Aux religieuses de Saint Augustin de Guéret, 500 livres.
Pour contribution de l'ordre, 450 livres.
Droit de visite et chapitres généraux, 120 livres.
Suppléments de portion congrue aux vicaires de Thauron, Mérignat, Soubrebost et Janaillat, 124 livres.
Salaire des gardes bois, 150 livres.
Aujourd'hui, le bâtiment principal de l'abbaye existe encore, mais dans un état de délabrement proche de la ruine ; il est presque en bordure de la route nationale 140 qui va de Guéret à Bourganeuf peu après le pont sur le Thaurion. Les ruines de la chapelle sont encore visibles.
R. BOUDARD.
NOTE LUE EN SÉANCE – LES CIMETIÈRES DE GUÉRET
La cote G. 761 des Archives départementales de la Haute-Vienne réunit des dossiers du Diocèse relatifs aux transferts de cimetières, notamment en vertu de la déclaration royale du 10 mars 1776. Leur imprécision, leurs lacunes, l'absence de plans rendent sans intérêt un exposé d'ensemble. Nous n'avons noté pour le territoire creusois qu'un fait inédit concernant Guéret.
D'après F. Villard (Guéret au XVIIIe siècle) et L. Lacrocq (Rues et places de Guéret), le cimetière séculaire du Marchedieu, situé en plein marché, était, en 1700, privé de clôtures et les animaux y divaguaient. En 1728 les habitants demandèrent son abandon, et les consuls achetèrent pour le remplacer le jardin Chanaud (emplacement actuel de la Banque de France et ses abords), mais la mise en service du nouveau cimetière ne fut décidée que par une ordonnance épiscopale du 8 juillet 1743. Après quarante ans d'utilisation, il fut remplacé, en 1783, par le terrain de Corbière (Lycée actuel de garçons) acquis de Rochon de Valette. Nos auteurs n'ont pas connu le projet intermédiaire suivant :
Le 14 mai 1777, les autorités de Guéret demandèrent à l'évêque le remplacement du cimetière devenu insuffisant. Une enquête confiée au chanoine Besse-Dumas désigne dans ce but, sur la proposition du maire et des échevins, un parc et jardin avec petite maison situé à l'extrémité du faubourg Chênevert (soit vers la rue Tour du Baril), contenant 871 toises carrées et appartenant au procureur Baret d'Auriolle qui est d'accord sur le prix de 3.240 livres. Il est presque partout clos de murs et la construction servira de chapelle. Ce choix, approuvé le 20 mai par le promoteur ecclésiastique est ratifié par une ordonnance épiscopale du 24, qui prescrit le transfert du cimetière hors de ville, sur le terrain dit Chênevert, qui sera clos, muni de portes, et pourvu d'une croix de pierre ».
Cette décision ne fut pas exécutée puisque, le 18 septembre 1779, des notables de la paroisse se plaignent de nouveau à l'évêque de l'insuffisance et de la situation du cimetière. La lettre peu explicite, contient ces mots : « Le fait qui empêche la translation du cimetière est que ses habitants ne veulent pas qu'on les rapproche de leurs habitations, et que le curé et les prêtres le veulent près de leur église. A vous de déterminer les distances imposées... »
Le 27 juin 1780, une visite personnelle de l'évêque et de ses vicaires généraux reconnut que l'abandon du cimetière s'imposait, et fixa aux paroissiens un délai de six mois pour proposer un nouvel emplacement à distance suffisante. Tel fut, à n'en pas douter, malgré le silence du dossier G. 761, l'origine de l'achat de Corbière.
H. HUGON.
NOTE LUE EN SÉANCE – TAPISSERIE D'AUBUSSON A LUSIGNAN (Vienne) en 1750
J'ai relevé dans l'Inventaire sommaire des Archives départementales de la Vienne, série E supplément, T. I. (Poitiers 1921), p. 32 a, la mention suivante extraite du registre de catholicité de la paroisse Notre-Dame de Lusignan (E suppl. 20, GG 1) :
« Je soussigné, Louis Pierre Albert Venault, docteur en théologie et curé de Lusignan, donne et lègue par cette présente donation à l'église, fabrique et paroisse de Notre-Dame de Lusignan, exclusivement à tout autre paroisse, un bénitier d'argent avec son goupillon de même métal que j'ay fait faire à mes dépends, du poids de cinq marcs et demi. Je donne aussi aux mêmes clauses et conditions une tapisserie d'Aubusson, de douze aunes et demie, où est représentée en grands personnages l'histoire d'Abraham en cinq pièces, pour estre tendue dans le sanctuaire de Notre-Dame de Lusignan aux quatre festes annuelles, le jeudy saint, au reposoir, pendant l'octave du Saint Sacrement, le jour de l'Assomption de la Sainte Vierge et dans les solennités extraordinaires qui pourroient se faire dans ladite église et regarderoient mes successeurs curés ; laquelle tapisserie demeurera après mon décès entre les mains de mon frère Pierre Venault, chevalier de Saint-Louis, capitaine dans le régiment de Lyonnois, pour passer ensuite à ses enfants mâles, aux aînés de préférence et ensuite aux filles, toujours de préférence à l'aînée, et à leur deffault à mes plus proches parents de la ligne masculine à Lusignan, lesquels ou lesquelles s'en serviront à l'ordinaire aux conditions de l'entretenir en bon état tant qu'elle subsistera. A Lusignan, le vingt-quatrième jour de décembre mil sept cent cinquante. (Signé :) Venault, curé de Lusignan. Il en est resté un double entre les mains de mon dit frère Pierre Venault ».
Cette mention d'une tapisserie d'Aubusson, figurant en cinq pièces l'histoire d'Abraham, en 1750 à Lusignan (Vienne), pourra compléter modestement les relevés des tapisseries marchoises, si soigneusement faits par Louis Lacrocq.
R.-H. BAUTIER.
NOTE LUE EN SÉANCE – LA COMPTABILITÉ D'UN TAPISSIER D'AUBUSSON AUX ARCHIVES DÉPARTEMENTALES
Il existe aux Archives Départementales sous la cote 2 F 8, deux petits registres qui offrent pour l'histoire de la tapisserie d'Aubusson un grand intérêt. Il s'agit des journaux de Pierre-Elie Grellet, marchand fabricant, de 1781 à 1792. On y trouve un grand nombre de renseignements divers : commandes, expéditions, règlements de comptes, notes diverses. On y peut découvrir l'activité d'une maison importante à la fin du XVIIIe siècle, l'importance de ses commandes en quantité et en prix, les fabricants secondaires et les ouvriers qu'elle faisait travailler et à qui elle passait commande, les noms des clients, les modes de transport, etc...
Dans l'ensemble les commandes étaient expédiées vers Paris, la Lorraine, la Bourgogne et la Suisse, via Montluçon, Clermont ou Lyon. Il semble qu'il fallait normalement moins de 12 jours pour que la marchandise fut rendue à Lyon, 20 jours pour Paris et 25 jours pour Nancy.
De 1782 à 1790, j'ai relevé parmi les clients les tapissiers suivants : Antoine et Chatelin à Nancy, Bourillière à Troyes, Dehague et Pain à Dijon, Couturier à Bourges, Lucel, Charagne, Reubour, Nonat, Bourgois, etc. à Paris, Houete à Moulins, Aselaire à Colmar, Dorival à Saint-Louis-sous-Bâle, etc...
Parmi les clients particuliers, je relève Liverdun, surintendant du comte d'Artois à Nancy ; Morlat, bénédictin ; de Vienne, coutelier à Langres ; Menée, docteur en médecine ; Petitévenot, prêtre à Besançon ; Caroline Trouchin à Genève ; Lefaivre de la Tour à Langres ; Godin à Nyon en Suisse ; Marcet, conseiller d'Etat à Genève ; Foye, chanoine d'Autun ; du Fraine, procureur à Nancy ; Gouret, procureur à Autun ; de Broucard, de Berne ; le doyen de Toul ; Hauy, ancien procureur du roi à Nancy ; Renaud, notaire à Bourges ; Chardon, directeur des carosses à Dijon ; Royer, avocat à Belfort ; Boyère, entrepreneur de la manufacture des cristaux d'Autun ; l'abbé Gargnié, semi-prébendier de Langres ; chevalier de Valaise à Besançon ; l'abbé de Verchamps, chanoine de Saint-Jean de Besançon ; l'abbé Archambos, chanoine de Bourges ; les messieurs de Chominon, prieuré cistercien près St-Dizier en Champagne, etc, etc...
Une partie importante du commerce de la tapisserie pourrait sans doute être mise en lumière grâce à ces documents à vrai dire diffus, pleins de fatras et de lecture assez rebutante.
On y pourrait lire aussi de nombreuses énumérations d'ensemble des tapisseries du type de celle-ci, par exemple : « Il faux pour Monsieur Charagne 18 cabriolet, fon ver à petite figure françaize et fable aux fon, avec une hotomane et 5... : la chase aux cerfs avec un canapé aussi, le Nouson (?) le fait. De plus dix fon cramoisy clair au fable ; il fau pour le mois d'auoust ; c'es palison qui les fera les dix. Plus dix avec un bouquet dans le siège que au fon, une bordure de roses et bouton ; Belat et le veuf les feron, etc... »
Pierre Elie Grellet est cité par Pérathon dans son Histoire d'Aubusson ainsi que dans son catalogue de tapisseries. J'ignore comment ses journaux, interrompus brusquement, sont entrés aux Archives Départementales ; une fiche que j'ai retrouvée dans l'un d'eux, d'une main contemporaine, indique que ces livres ont été déposés par lui à Aubusson, le 17 avril 1792. Est-ce à la suite d'une faillite ? Ce ne serait pas impossible. En tout cas les érudits qui se décideront à écrire l'histoire, si éminemment désirable, de la tapisserie d'Aubusson, devront en faire état et les mettre à contribution.
R.-H. BAUTIER.