SÉANCE DU 17 JANVIER 1946

Présidence de M. le docteur G. Janicaud, Président

Présents : MM. Boudard, Faure, Fazy, Janicaud, abbé Mirguet, Moreau, Moreigne, Timbal.

Excusés : Mlles du Mureau et Thereil, Mme Petit, MM. Béchet, Bordier, Cluzet, Délurier, Desjobert de Prahas, Durand, Laborde, Petit, Vergeade, Vignon.

DÉCÈS. — MM. Charlanne et A. Lacrocq. M. le Président adresse à leurs familles nos condoléances émues. Il rappelle que A. Lacrocq, fils de notre regretté président Louis Lacrocq a toujours été un membre très actif de notre Société, qu'il assistait à toutes nos excursions annuelles, et a donné à nos Mémoires de remarquables études sur les églises, les cloches, les vitraux et les émaux champlevés de la Creuse.

ADMISSIONS. — Mlle Guillot, institutrice, 30, rue Voltaire, à Montluçon ; M. Carriat Amédée, instituteur à Ceury, commune du Grand-Bourg ; M. Jacob René, 3, rue Pierre Perrat, à Metz (Moselle).

SOCIÉTÉ. — Sur demande du Président, en raison du mauvais temps et des épidémies qui ont cloué chez eux la plupart des membres qui devaient assister à la réunion d'aujourd'hui, sont renvoyés à la prochaine séance les élections au bureau et l'étude de la situation financière.

Un don de 500 francs a été fait à la Société par un de nos membres qui désire garder l'anonymat ; le président est chargé d'exprimer notre gratitude à ce généreux donateur.

BIBLIOTHÈQUE. — Monographie des grottes de Saint-Antoine-de-Padoue, à Brive (Corrèze), par Louis de Nussac. Don de l'auteur.

LECTURES ET COMMUNICATIONS. — M. le docteur Janicaud lit une étude sur l'oppidum de Châteauvieux (Pionnat).

— M. le Médecin-Général Guillon envoie une copie de la traduction de l'acte d'accord de 1163, entre l'abbé de Saint-Martial de Limoges et l'abbé de Lesterps pour la création d'un cimetière au lieudit de Sagnemoussouse, paroisse de Saint-Priest-la-Feuille.

— M. Bord Roger (de Mazeirmard, commune de Maisonnisses) envoie un acte de 1690, très intéressant en ce qu'il nous détaille la dot d'une paysanne marchoise au XVIIe siècle.

— M. R. Boudard lit le procès-verbal de l'arrestation d'un régent du collège de Felletin en 1794, et une étude sur les évasions du château de Bourganeuf, vers la fin de la Révolution.

 

 

SÉANCE DU 14 MARS 1946

Présidence de M. le docteur Janicaud, Président.

Présents : Mmes Carel, Petit, Phély ; MM. le docteur Bordier, Boudart, Fazy, Hauptmann, Laborde, l'abbé Mirguet, Moreau, G. Petit, Timbal.

Excusés : Mlle Thereil, MM. Béchet, Maurice Dayras, Délurier.

NÉCROLOGIE. — M. le Président annonce le décès de Madame Ronzier, à Guéret. L'hommage de la Société est adressé à sa mémoire, des condoléances exprimées à sa famille.

ADMISSION. — M. Maurice Fel, négociant à Anzème.

COMPTES. — Le trésorier, M. C. Laborde, donne le bilan financier de la Société pour 1945 :

Recettes
Reliquat de 1944......................................... 20.321,80
Cotisations ............................................. 22.863 »
Vente de volumes......................................... 8.106,50
Subvention du Département (1944)......................... 1.500 »
Subvention de la Ville de Guéret......................... 6.300 »
Contribution d'auteurs et dons........................... 800 »
Entrée au Musée.......................................... 900 »
Total....................................................... 60.791,30

Dépenses
Gardiennage du Musée..................................... 3.000 »
Mémoires (complément de 1944)............................ 2.824,30
Frais de poste et d'écritures............................ 3.168,10
Abonnement aux Annales du Midi........................... 50 »
Musée (frais d'entretien)................................ 1.698,70
Versement Caisse d'Épargne (cotisation membre à vie)..... 6.300 »
A reporter en 1946........................................ 43.750,20
Total....................................................... 60.791,30

Il signale que l'augmentation des prix d'édition des Mémoires a creusé un vide dans nos réserves et qu'il est urgent d'élever sérieusement le montant de la cotisation. Après longue discussion, l'assemblée décide de porter à 100 fr. le prix de la cotisation annuelle, et à 1.200 francs celui du rachat de cette cotisation. Des remerciements et des félicitations sont votés au Trésorier pour son habile gestion.

ÉLECTIONS. — À l'unanimité des membres présents, ont été élus : Vice-Président : M. Maurice Dayras ; Secrétaire : M. Fazy, archiviste en chef de la Creuse ; Administrateurs : MM. Boudard et l'abbé Mirguet, en remplacement de MM. A. Lacrocq et Sarrassat, décédés.

BIBLIOTHÈQUE. — Dons reçus : de Mme Mauvy, un lot d'ouvrages historiques reliés, du XVIIIe siècle ; de Mlle Marie-France, son livre Au Pays Limousin, très vivante étude de la vie dans un village de la Creuse, en 1944.

LECTURES ET COMMUNICATIONS. — M. le docteur Janicaud lit une étude sur la motte féodale de Château-Gaillard, commune de Linard.

— M. Fazy fait une communication où il s'efforce de montrer que le comté de la Marche fut un démembrement de l'Aquitaine en faveur de Boson de la maison des seigneurs de Charroux et premier comte de la Marche.

— M. le Médecin général Guillon envoie une note sur l'usage du prénom féminin d'Isilda très répandu dans la région de La Souterraine.

— M. Chatreix décrit le logement, l'ameublement et la garde-robe de Pichon de Bury qui fut médecin à Guéret et mourut à Saint-Maurice-la-Souterraine en 1779.

— M. Belile, photographe à Nevers, a envoyé trois photographies de girouettes-enseignes de métiers représentant un char romain, un laboureur et un bouvier prises à Chambon et Chénérailles. Le docteur Janicaud signale à Guéret, rue de l'Étang, une girouette figurant un charretier. M. Laborde en signale une deuxième, boulevard Carnot, dessinant une hure de sanglier.

— Mme Petit dit, d'après des documents d'archives (4.146 et 4.463), comment furent commémorés, à Guéret, l'assassinat des plénipotentiaires français à Rastadt, et à Felletin la mort de Mirabeau.

 

 

SÉANCE DU 16 MAI 1946

Présidence de M. le docteur G. Janicaud, Président

Présents : Mme Petit, MM. Berthomier, Boudart, Brousse, Maurice Dayras, Fazy, Hauptmann, l'abbé Mirguet, Moreau, Thomas.

Excusés : Mlles du Mureau, Thereil, MM. Béchet, le docteur Bordier, Laborde, G. Petit, Timbal.

PROTESTATION. — M. Paul-Louis Grenier, archiviste honoraire, signale qu'il est question de réduire à 40 le nombre des départements et que, dans le projet à l'étude, la Creuse serait séparée du Limousin. À l'unanimité des membres présents, la Société proteste et demande que la Creuse soit réunie au Limousin dont elle fit partie pendant plus de mille ans, jusqu'à la création artificielle et absurde des deux Marches.

CLASSEMENT. — Sur la demande de M. Berthomier, la Société émet le vœu que la Chapelle de Saint-Germain-Beaupré soit classée comme monument historique.

BIBLIOTHÈQUE. — Il a été donné : par M. Léon Chaize, originaire de Saint-Domet (Creuse) une plaquette du Chanoine Boulhaut ayant pour titre Une cité morte : Verdun, 11 juin-30 août 1940 (imprimerie Marchal, Verdun, 1946) ; par M. Maurice Dayras, un tirage à part de son étude du Bulletin Archéologique, 1938-39-40, La Tour carrée du château d'Aubusson (Paris, Imprimerie Nationale, 1944).

BIBLIOGRAPHIE. — M. Dayras signale le livre récent d'André Chamsen, Le dernier village, roman sur les derniers sursauts de la résistance française en juin 1940, dont l'action se passe autour de Guéret.

M. Hugon a fait imprimer, fin 1943, à 100 exemplaires, chez M. Lecante, une plaquette intitulée Suite d'Horizons (Étapes dans la vie) où la Creuse a sa part. Le président signale, chez le même imprimeur, un nouveau tirage, pareillement limité, d'un ouvrage du même auteur : Au Pays de Creuse.

CENTENAIRE. — Le président dit avoir représenté notre Société aux fêtes du centenaire de la Société Archéologique et historique du Limousin. Il donne le compte-rendu des cérémonies et présente le très intéressant volume édité à cette occasion : Limoges à travers les siècles.

ADMISSIONS. — MM. Roger Brousse, employé aux Archives, Guéret ; André Coffin, horloger, route de Limoges, Guéret ; Maxime Clédière, correspondant de La Liberté du Centre, Guéret ; André Crouzy, gérant du Crédit agricole, La Souterraine.

LECTURES ET COMMUNICATIONS. — M. Quellet envoie le compte-rendu des fouilles effectuées sous le dolmen supposé du Quéroy, près de La Souterraine. Elles ont montré qu'il n'y avait là qu'un rocher naturel en place.

— M. Maurice Dayras signale la découverte, entre Moutier-Rozeille et Saint-Hilaire, d'une conduite d'eau, probablement gallo-romaine, formée de briques évidées s'emboîtant les unes dans les autres.

— M. Hauptmann décrit une canalisation soignée du ruisseau de la Gorse près de Saint-Martial-le-Mont : le fond est fait de dalles très bien assemblées et les parois de moellons appareillés rectangulaires. On ignore sa date, mais ses sinuosités capricieuses ne permettent guère de l'attribuer à la période gallo-romaine.

— M. le docteur Janicaud lit une importante étude sur les Cultes payens de la Gaule et plus spécialement du pays creusois à l'époque gallo-romaine.

— M. Brousse signale qu'il a remarqué à Barreix, commune de Saint-Pardoux-le-Neuf, une maison du XVIe siècle présentant une tour assez remarquable et des souterrains et qui est probablement un ancien monastère.

— M. Maurice Dayras signale deux cas d'application de coutumes ou institutions anciennes invoquées devant l'autorité administrative ou judiciaire, malgré leur caractère périmé.

Le 18 septembre 1817, les habitants composant les sections des villages de Queyraud et de Conchas, commune d'Ars, exposaient au Préfet qu'ils avaient toujours joui du communal de Chez-Chrétien, déclaré par eux au terrier des ci-devant religieuses de Blessac ; ce droit avait été reconnu le 24 mai 1604. Ils demandaient l'autorisation d'intervenir dans un procès pour faire reconnaître leurs droits.

Bien mieux, la Municipalité de Blessac, le 16 nivôse an II, l'Administration du Directoire du District d'Aubusson le 21 nivôse suivant, l'Administration du Département, enfin, par décision du 29 pluviose de la même année, décidaient devant les titres produits qu'un citoyen de Blessac avait le droit de couper du bois dans les bois des ci-devant religieuses, devenus biens nationaux. Or, ces titres étaient les privilèges accordés par les vicomtes d'Aubusson en 1229 et confirmés par leurs successeurs jusqu'à 1789.

Le Tribunal Correctionnel d'Aubusson confirma cette manière de voir le 15 fructidor an V.

— M. Hugon envoie la biographie de Pierre Mathivet, chevalier d'Empire. Cette étude sera publiée.

— M. Fazy fait savoir que la série Q (domaines nationaux) des Archives de la Creuse, a été classée et répertoriée. Le dépôt s'est enrichi d'une photographie du cartulaire d'Évaux (XVe s.) existant aux Archives de l'Allier.

 

 

SÉANCE DU 18 JUILLET 1946

Présidence de M. le docteur G. Janicaud, président

Présents : Mmes Calmel-Lecante, Carel, Petit, Phély, Mlles du Muraud, Thereil, MM. Béchet, Boudard, Carriat, Maurice Dayras, Hauptmann, l'abbé Mirguet, Moreau, Vergeade.

Excusés : MM. le docteur Bordier, Délurier, Faure, Laborde, G. Petit, Timbal.

NÉCROLOGIE. — M. le Président annonce le décès de MM. Charles Moriscot et Léonard Quellet. L'hommage de la Société est adressé à leur mémoire, des condoléances exprimées à leurs familles.

ADMISSIONS. — MM. Emile Glomot, instituteur à Féniers ; Pradeau, instituteur à St-Martial-le-Mont ; Emile Pradillon, négociant à Guéret ; la Bibliothèque de Chateauroux.

BIBLIOTHÈQUE. — Mme A. Mazet fait don d'un lot de vingt-cinq volumes parmi lesquels La vie et l'œuvre de Houdon (édition de luxe) par Giacometti ; La vie de Pierre d'Aubusson (4e édition) par le Père Bouhours ; La Généralité de Moulins, par Florent d'Argouges ; Le dictionnaire de la Creuse de P. Valadeau ; La Réforme dans la Marche et le Limousin, d'A. Leroux ; Martyrs et Confesseurs, de A. Lecler, etc.

M. P. Noël envoie sa brochure : Constitution des Cadrans solaires ; M. E. Balland son travail La Radiesthésie est-elle un outil de travail ?

LECTURES ET COMMUNICATIONS. — M. René Lugagne envoie la description d'une pluie de boue observée le 3 mai 1946 à St-Avit-de-Tardes.

— M. Maurice Dayras présente un élément de la canalisation gallo-romaine décrite à la séance de mai dernier.

— M. Fazy annonce le classement des archives anciennes d'Aubusson, et la mise en ordre de la partie classique de la Bibliothèque municipale de Guéret. Il va s'occuper de l'histoire des Pénitents Blancs d'Aubusson et d'un catalogue des sources jusqu'au XIIe siècle de l'histoire des régions ayant formé la Creuse.

— Mlle du Muraud communique un important travail sur la culture du blé dans la Creuse (sera publié).

— M. le Médecin-général Guillon envoie un complément sur sa note du 14 mars dernier sur le nom de Isilda.

Il envoie également une note sur les bonnes fontaines de l'Hermitage à La Souterraine, César à Bréliers, St-Rémy, à Colondannes, St-Martin à Saint-Agnan-de-Versillat, St-Roch à Sagnat.

— M. Vergeade donne quelques renseignements sur cette dernière.

— Le docteur Janicaud lit un supplément à son mémoire sur les fontaines à pèlerinage de la Creuse (Mémoires t. XXVII, p. 456-472) énumérant une trentaine de fontaines inédites. M. Dayras en indique deux autres à Blessac et La Borne.

 

 

SÉANCE DU 19 SEPTEMBRE 1946

Présidence de M. le docteur Janicaud, président

Présents : MM. Bordier, Janicaud, Carriat, Laborde, l'abbé Mirguet, Moreau, Timbal.

Excusés : Mme Petit ; Mlles Dutheil et Thereil ; MM. Béchet, Adrien Blanchet, Boudard, Brousse, Dayras, Fazy, Hauptmann, Petit, Vergeade.

NÉCROLOGIE. — M. le Président signale le décès de M. Edouard Clémens et prie sa famille d'agréer nos condoléances émues.

ADMISSIONS. — MM. Adenis Albert, télégraphiste à Guéret ; Jeannot Pierre, étudiant à Guéret ; Morel Paul, élève à l'École Normale Supérieure de Saint-Cloud, à Auzances ; M. Ribière Marcel, notaire à Bénévent.

DÉCORATION. — Maître Maurice Dayras, notre vice-président, vient d'être fait Chevalier de la Légion d'honneur ; le docteur Bonnet, de Bourganeuf a été promu Officier de la Légion d'Honneur. Au nom de la Société, M. le Président leur adresse les plus vives félicitations.

BIBLIOTHÈQUE. — Le docteur Janicaud fait don des Œuvres de Tacite, traduction de Burnouf, et du Dictionnaire de la Fable, de Chompré.

LECTURES ET COMMUNICATIONS. — M. E. Genevoix envoie une note sur une apparition en Creuse de criquets migrateurs (Acridium migratorium de Gerr, ou Schistocerca peregrina), insectes trop connus par les désastres qu'ils causent aux cultures de l'Afrique du Nord.

Notre Président d'honneur, M. Adrien Blanchet, Membre de l'Institut, nous envoie une très intéressante note sur des recherches de mines effectuées en l'an III, dans le district de Boussac.

— Le docteur Janicaud lit une étude sur la grande voie romaine de Lyon à Saintes, qui traversait notre région, et une courte note sur les Souterrains de Guéret.

— M. Timbal lit un très remarquable travail sur l'importante seigneurie de Fromental, qui avait de nombreuses dépendances dans la partie ouest de l'actuel département de la Creuse.

— M. H. Hugon envoie une courte note sur une lettre de M. Edmond Panet, de la Société des Gens de Lettres, où on lit : « qui se préoccupe aujourd'hui des descendants légitimes de Louis XVII (mort en Creuse) ». Nous serions heureux d'avoir des renseignements sur cette version creusoise de la fin du prisonnier du Temple, version ignorée de nous tous.

Le président présente un projet de Carte de la répartition de la génoise en France, par Mlle Olga Fradisse, indiquant que, dans la Creuse, ce mode de couverture des murs n'existe plus que dans les arrondissements d'Aubusson et de Bourganeuf, où il est en voie de déclin.

 

 

SÉANCE DU 14 NOVEMBRE 1946

Président de M. le docteur G. Janicaud, président

Présents : Mmes Petit, Phély ; Mlles du Muraud, Pasquet ; MM. le docteur Bordier, Cluzet, Maurice Dayras, Laborde, l'abbé Mirguet, Moreau, George Petit, Timbal.

Excusés : Mlles Dutheil, Thereil ; MM. A. Blanchet, le docteur Bord, Brousse, Délurier, Faure, Fazy.

FÉLICITATIONS. — Des félicitations sont adressées à M. Carriat, instituteur à Flayat, à qui vient d'être décerné le prix Rollinat pour son recueil de poèmes La Compagnie des Ombres, écrits en captivité.

ADMISSIONS. — Mlle Suzanne Moreau, directrice d'école à Bussière-Dunoise ; M. le professeur Léon Binet, doyen de la Faculté de Médecine de Paris.

ARCHIVES. — Don reçu : de Mme Pellerin, un lot important de documents.

BIBLIOTHÈQUE. — Dons reçus : de Mme Pellerin, l'Archéologie celtique, de A. Bertrand, et un lot de brochures concernant l'histoire du département ; de « Jean de la Pigue », son volume Quelques souvenirs guérétois : La Ville et le Lycée de garçons entre 1873 et 1893.

LECTURES ET COMMUNICATIONS. — M. Dupuy, notaire à Dun, signale la découverte d'une hache à talon et d'un anneau de l'âge du bronze à Sagnat, ainsi que celle de plusieurs sépultures gallo-romaines, avec coffres de granit et urnes de verres, à La Roche-Bonneau (commune de Sagnat).

— Le docteur Janicaud décrit un cippe gallo-romain trouvé à La Courcelle, commune d'Ajain.

Il lit ensuite une étude de la voie romaine de Bordeaux à Bourges par Limoges, Praetorium, Brède et Argenton.

— M. Valadeau envoie la suite de son Histoire de Dun-le-Palleteau. On lit un passage de ce travail : le château.

— M. Vergeade communique une note sur les origines de la poste à Dun-le-Palleteau.

— M. Hauptmann envoie une intéressante comparaison de deux baux de fermage et de métayage, avant 1789, pour une même propriété de la commune de Jarnages.

— Maître M. Dayras présente une Histoire de la Révolution de 1848 dans la Creuse, rédigée par un pensionnaire du sanatorium de Sainte-Feyre qui désire garder l'anonymat.

 

NOTE LUE EN SÉANCE – SUR LA VIE RELIGIEUSE À BÉNÉVENT

Il est fort difficile, au haut Moyen-Âge, de trouver des renseignements sur la vie religieuse dans les chartes ecclésiastiques, qu'il s'agisse du Clergé Régulier ou du Clergé Séculier. Ce sont presque uniquement des actes de donation que nous rencontrons, et il est malaisé de leur arracher quelques bribes à ce sujet. Nous l'essaierons cependant pour l'une de nos abbayes, celle de Bénévent.

Malheureusement, le fonds est extrêmement pauvre ; il ne renferme guère que des extraits du cartulaire se trouvant dans la collection Gaignières, à la Bibliothèque Nationale ; et encore Bosvieux, qui les a copiés, ne les a pas tous transcrits. Bosvieux déclare, en tête de sa copie, que la plupart de ces actes n'étant pas datés, n'offrent guère d'intérêt. Cependant, par un relevé des auteurs et des témoins de chaque acte et des terres qu'ils concernent, on peut arriver à dater la plupart des pièces d'un cartulaire. Pareil travail sera fait prochainement, croyons-nous, pour Bénévent.

Si on en croit le chroniqueur Bernard Guy (voir le père Labbe, « Nova Bibliotheca manuscriptorum », tome I, p. 638), un certain Aubert que la Gallia Christiana appelle (tome II, col. 619), Robert, Docteur en Théologie à Paris et chanoine de Limoges, désirant se consacrer au seul service de Dieu, avec la licence et le consentement du chapitre de Limoges, édifia dans un manse de la paroisse de Salagnac, appelé Segondelas, une église, en l'honneur de sainte Marie-Madeleine ; mais plus tard, l'évêque de Limoges, Jordan (1024-1050) transféra Aubert dans un autre ténement, dit Segundeletas ; auquel lieu ayant été apportées les reliques du bienheureux Barthélemy, de Bénévent, la ville d'Italie où elles se trouvaient, Aubert fonda une église qu'il appela Bénévent. Les chanoines de Saint-Étienne de Limoges lui donnèrent cinq autres tènements. Les reliques du Saint arrivèrent au jour et à l'heure même où l'évêque prêchait. Comme le dit M. Louis Lacrocq dans son livre sur les Églises de la Creuse (p. 17), Bernard Guy rédigea sa notice en 1317 ; elle ne doit donc nous inspirer qu'une confiance très limitée ; d'autant plus que dans un acte du 8 novembre 1080, relatant la fondation du monastère, on ne dit rien de ce que Bernard Guy avance (cartulaire de St-Étienne de Limoges, édit. de Font-Réaulx, Bull. Soc. Archéol. Limousin, tome LXIX, pp. 76-78).

Nous relèverons avant tout de curieux détails, du temps d'Umbert de La Feuille, prieur de Bénévent, à la fin du XIe siècle, sur des ermites installés à Bois-aux-Areys, dans la paroisse de Saint-Hilaire. Ces pauvres ermites obtinrent du prieur le droit de dire la messe, mais à la condition qu'ni un autre ermite, ni un laïc, ni un clerc ne pourraient l'entendre (1). Quelques années plus tard, en 1120, les chanoines de Bénévent sont accusés d'avoir détruit une habitation d'ermites (2).

Venons-en à ces donations, dont nous parlions au début, et qui, malgré tout, nous parlent d'autres choses que de terres et de redevances. Voulez-vous savoir pourquoi, en 1125-1128, les parents de Géraud de Peyrusse, donnent aux bons chanoines de Bénévent l'église de Billanges ? Parce que ceux-ci avaient enseveli gratuitement et avec empressement le corps de Géraud de Peyrusse, tué étant en oraison, nous dit notre manuscrit, « par le jugement de Dieu, parfois caché, mais toujours juste » (3). Certaines donations prenaient des formes solennelles. C'est ainsi que sous le prieur Humbert, dont nous avons déjà parlé, le noble Aymard de Laurière fit abandon de ses droits sur l'église de Mourioux, dans une assemblée capitulaire, devant l'autel et en embrassant la croix (4). Savez-vous maintenant qu'entre 1087 et 1096, le puissant comte de la Marche ayant voulu donner l'église de Saint-Silvain au prieur Humbert, celui-ci refusa net, disant qu'il ne pouvait accepter un lieu saint des mains d'un laïc, et Humbert la reçut des mains d'Humbaud, évêque de Limoges (5).

À une date malheureusement non spécifiée, Géraud Tête fait une donation, en réparation de l'invasion du cimetière de la ville de Bénévent, à laquelle il prit part comme soldat (6). Je réserve pour la fin une clause assez touchante de la donation d'une église, sur le conseil non seulement des chanoines, mais des serviteurs et des enfants de chœur (7).

Un scrupule me prend en terminant. Ai-je vraiment parlé de la vie religieuse ? Non, si celle-ci ne consiste qu'en réformes, oraisons et prières, oui, si l'on y fait entrer les intentions, les remords, les solennités et les mouvements du cœur.

(1) Archives de la Creuse, H 534, fol. 10 recto.
(2) Archives de la Creuse, H 534, fol. 22 et 23, recto.
(3) Archives de la Creuse, fol. 7 verso.
(4) Archives de la Creuse, fol. 7, recto et verso.
(5) Archives de la Creuse, fol. 23 recto.
(6) Archives de la Creuse, fol. 9 recto.
(7) Archives de la Creuse, fol. 14 recto.

H. GERBAUD.

 

NOTE LUE EN SÉANCE – SUR ÉTIENNE-FRANÇOIS DROUILLETTE DE CHERDUPRAT

Au tome XII de nos Mémoires, F. Villard a cité comme procureur du roi à la châtellenie de Guéret, Silvain Drouillette de Cherduprat qui — dit-il — céda sa charge à son fils Étienne-François, lequel exerçait en 1746. Silvain tenait lui-même cette charge de son père Étienne, lequel fut inscrit, avec cette qualité, à l'Armorial général de France en 1700 (Armes d'office).

Le registre de Saint-Michel des Lions de Limoges contient l'acte de mariage, en date du 15 mai 1742, de cet Étienne-François avec Jeanne Ruby de Valette, fille majeure et autorisée de son père, celui-ci non dénommé et signant simplement Ruby père.

Les assistants signataires sont Bramaud du Boucheron, juge d'Aixe, Raby de Larüe, B. Champolimaud, et Froment ; le prêtre officiant avec la permission des curés de Guéret et de Saint-Michel, est un parent de la mariée, Bourdier-Raby, prieur de N.-D. de Pontchrestien.

La lacune dans la filiation de l'épouse ne permet pas de plus amples précisions, et je n'ai pas retrouvé le contrat notarié du mariage. Les Raby étaient de riches bourgeois originaires, à ce qu'il semble, de Saint-Jouvent où sont les terres de Larüe et de Valette. En 1718, Bernard Raby, notaire royal de La Jonchère, était juge de Dognon et sénéchal de Grandmont, offices qui relevaient des juridictions haut-marchoises de Guéret ; il possédait dans la paroisse également marchoise de Saint-Laurent-les-Églises, l'important domaine de Sireix (aujourd'hui Valmatte), où il édifia, dit le chanoine Lecler, une chapelle remplacée au XIXe siècle.

H. HUGON.

 

NOTE LUE EN SÉANCE – SUR L'HÔPITAL DE BOURGANEUF AU XVIIIE SIÈCLE

Le registre des délibérations des administrateurs de l'hôpital de Bourganeuf, renferme des pièces assez originales, entre autres, une, datée du 6 Décembre 1772 qui nous renseigne à la fois sur le fonctionnement des distributions faites par l'établissement aux pauvres de la ville et de l'extérieur et aussi sur les préoccupations des bourgeois et notables de la ville en ce qui touchait l'enseignement et l'éducation à donner aux enfants.

Le curé communique tout d'abord, en sa qualité d'administrateur né dudit hôpital, une lettre à lui adressée par Monseigneur l'Évêque de Limoges « par laquelle il paraît que sa Grandeur désire qu'avant d'approuver le Sieur Gaudet pour régent de cette ville il soit fait un sort et pourvu à la subsistance du Sieur Duroux que ses infirmités ont rendu incapable d'enseigner ; et qu'en conséquence il soit donné par ledit hôpital au sieur Duroux une rétribution en grain, fixe et déterminée ».

On reconnaît là une des multiples interventions de l'évêque de Limoges dans les affaires d'établissement de régents, et cela depuis une époque très ancienne. L'évêque avait la haute main sur tout ce qui regardait la bienfaisance et l'instruction et il n'abdiquait jamais aucun des privilèges qu'il tenait à la fois de la tradition et de son autorité sur le diocèse. Cependant ici, les administrateurs de l'Hôtel-Dieu firent preuve d'un certain esprit d'indépendance et cela, sur un point qu'ils mettent vivement en lumière. Ils objectent en effet, « une fois la matière mise en délibération » que si l'Hôpital qui a été si fort et si longtemps endetté est actuellement au courant et à niveau dans ses revenus, cela provient du sage règlement pris dans l'assemblée du 27 novembre 1744. Ce règlement stipulait en effet que l'Hôpital ne ferait plus dorénavant de distribution extérieure ni de blé, ni de seigle, ni d'aucune autre denrée. Il avait été accepté par l'Évêque de Limoges et par l'Intendant de la généralité, Monsieur de Saint-Contet, dès le mois de décembre 1744. Donner une rétribution en grain au Sieur Duroux serait de l'avis des administrateurs « rouvrir la porte aux abus que l'on a eu tant de peine à détruire et exposer les administrateurs de cet hôpital aux justes reproches et même à la haine du public, qui ne manquerait pas de relever le privilège et la préférence que l'on donnerait à un étranger au préjudice des pauvres de la terre et de la ville ».

Cependant, « vu l'intérêt que paraît prendre Monseigneur l'Évêque au sort du Sieur Duroux et pour contribuer autant qu'il est en eux à procurer un bon enseignement à la jeunesse de cette ville » les administrateurs consentent à donner une retraite à Duroux, s'il veut l'accepter, à l'Hôpital, où il recevra le même traitement que la demoiselle Darfeuille, supérieure de l'Établissement. Une condition cependant est imposée à Duroux, « il apprendra à prier Dieu et à lire aux enfants et il tiendra un registre d'entrées, de sorties ou de morts, et il rendra à l'Hôpital tous les services qui dépendront de lui.

Suivent les signatures des administrateurs :
Aubusson du Chezeau, administrateur.
Laurent Darfeuille, administrateur.
Foucaud de Hautefaye, administrateur.
Foucaud de Bord (juge administrateur).
Darfeuille (syndic).

L'hébergement de l'ancien régent Duroux à l'Hôpital de la ville faisait grand honneur à ceux qui l'avaient proposé et fait adopter, en un temps où, généralement les maîtres primaires achevaient leurs jours dans la misère. Mais les préoccupations des administrateurs se manifestèrent aussi, vers la même époque, en faveur de l'enseignement féminin. Ils entendaient assurer dans « cette maison de l'Hôpital » aux jeunes personnes du sexe une éducation chrétienne ». Le sieur Le Brun, subdélégué, entendait confier dès le 1er décembre, ses deux filles aux sœurs de Nevers, et il fallut fixer sans retard le prix de la pension. Il fut arrêté à 144 livres par an, jusqu'à l'âge de quinze ans, non compris le blanchissage, étant entendu que les parents fourniront les « couvertes, draps de lit et serviettes ». Au-dessus de quinze ans la pension serait portée à 150 livres, avec les réserves précitées concernant la literie et le blanchissage. Parmi les signataires nous trouvons Navières des Gouttes, procureur du Roi, Foucaud de Hautefage, Perron de Rigour et Rouchon. L'abbé Foucaud de Hautefage fit également arrêter le prix de l'externat. « Chaque écolière externe sera tenue de payer tous les mois, pour être instruite dans la Religion et apprendre à lire, écrire et travailler, la somme de trente sols, qui sera remise à la Dame Supérieure dudit hôpital. La Supérieure se réservait également le droit de fixer pour chaque élève une « quote-part » destinée à supporter le prix des livres et des autres « menus frais ».

René BOUDARD.

 

NOTE LUE EN SÉANCE – AFFERME DU MOULIN DE BOSTMOREAU (LE 22 AVRIL 1783)

Dans l'Auberge du Lion d'Or de la dite ville de Bourganeuf par devant Frère Claude-Marie de Sainte-Colombe de Laubépin, Grand Prieur d'Auvergne, Commandeur de Bourganeuf...

...Lequel a, par les présentes loué et affermé pour six ans et six jouissances prochaines et consécutives la première desquelles commencera au premier Mai prochain pour finir à pareil jour de l'année 1789 — à moins que le seigneur Grand Prieur ne passât pendant le tour du présent bail au bailliage de Lyon — que dans ce cas et encore au cas de mort le présent bail demeurera comme non advenu et résilié de plein droit sans que le preneur puisse demander aucune indemnité pour cela à Messires Michel Touret, Léonard Rouchon, notaires royaux, et au Sieur Jean-Baptiste Berger, commis à la recette des tailles de cette élection, tous trois demeurant en cette ville de Bourganeuf, savoir est :
« Le Grand Pré appelé du Nouhaud et la côte y joignant avec autre pré appelé de la Terrade, ensemble le moulin appartenant audit Seigneur Grand Prieur situé audit bourg de Bostmoreau sur la rivière du Thaurion ainsi que le tout se compose et suivant que les précédents fermiers en ont cy-devant joui ou dû jouir avec les prés et terres dépendant du dit moulin sans du tout en rien réserver ny retenir, aux charges, clauses et conditions suivantes pour et moyennant le prix et somme de 300 livres pour chacune année que lesdits preneurs se sont obligés solidairement l'un pour l'autre... »
...« ils ont dit bien savoir et entendre de payer ladite somme de 300 livres en deux paiements égaux de chacun 150 livres le 1er duquel échoira à Noël prochain et le second au jour et fête de la Saint Jean-Baptiste et ainsi continuer de six mois pendant le tour du dit bail. Les dits paiements seront faits à Bourganeuf en mains de Maître Lacoste, fondé de procuration de Monsieur le Grand Prieur ».
« Outre ce, les dits preneurs payeront tous deniers royaux imposés ou à y imposer sur les dits biens affermés pendant le tour du dit bail... »
« ...Ne pourront faire pacage après le 15 du mois d'Avril de la dernière année, promettant le dit Seigneur Grand Prieur de faire pour les dits preneurs de 2 arbans à faucher qui seront pris au village du Coudert ».
« Outre ce : pourront les dits preneurs prendre du branchage seulement dans le bois dudit Seigneur pour l'aclosture des dits prés ».
« Convenu que de tout le poisson qui se prendra dans les paniers ou anguillières qui sont situées près du dit moulin et sur l'écluse d'iceluy, il en appartiendra la moitié au dit Seigneur Grand Prieur qui la fera délivrer en son absence à Me Foucaud de Bort, juge de Bourganeuf, et l'autre moitié sera aux preneurs tenus aux réparations locatives des bâtiments dudit moulin comme aussi d'entretenir les cuillères des rouets et empalages sans aucune espèce d'autre réparation à exiger du Grand Prieur sauf à l'exception des meules quand il sera nécessaire ».

« Signé : Rouchon ».

René BOUDARD.