SÉANCE DU 16 JANVIER 1947

Présidence de M. le docteur G. Janicaud, Président.

Présents : Mmes Petit, Phély ; Mlles Dutheil, du Muraud ; MM. le docteur Bordier, M. Dayras, Faure, Hauptmann, Laborde, l'abbé Mirguet, Moreau, F. Petit, Timbal.

Excusés : Mlle Thereil, MM. Brousse, Délurier, G. Petit.

NÉCROLOGIE. — L'hommage de la Société est adressé à la mémoire de : Mlle Élise Jouanny, MM. Lucien Charles-Marlin, Pierre Cluzet, Gabriel Dumont, Paul Rouffet, membres titulaires récemment décédés ; des condoléances émues sont exprimées à leurs familles.

ADMISSIONS. — Mlle Marguerite Dutheil, sous-archiviste aux Archives départementales de la Creuse ; MM. André Adenis, directeur de l'École Normale d'Instituteurs, à Guéret ; André Aufort, à La Souterraine ; Maurice Bardon, à Teix, commune de St-Sulpice-le-Guérétois ; Pierre Boureau, clerc de notaire à La Souterraine ; Jean Caillat, chirurgien-dentiste à Aigurande (Indre) ; Hubert Gaudriot, maire de Guéret ; Luis, professeur au collège d'Aubusson ; le colonel Michon, à Guéret.

COMPTES. — Le trésorier, M. C. Laborde, donne le bilan de l'exercice 1946 :

RECETTES :
Reliquat de 1945.............................................. 43.750,20
Cotisations ................................................. 51.475
Vente de volumes.............................................. 4.685
Subvention du Département..................................... 1.500
Subvention de la ville de Guéret.............................. 6.300
Coupons de rente et soulte.................................... 260
Entrées au Musée.............................................. 1.650
Dons divers................................................... 600
Total........................................................... 110.220,20

DÉPENSES :
Gardiennage du Musée.......................................... 5.580
Mémoires (impression, brochage, clichés)..................... 40.451,90
Frais d'envoi (timbres-poste, etc...)......................... 4.708
Musée (frais d'entretien)..................................... 2.071
A reporter en 1947............................................ 57.140,30
110.220,20

À l'unanimité des félicitations et des remerciements lui sont votés.

BIBLIOTHÈQUE. — Don reçu de M. Chaize, son Histoire de Verdun, t. I, II et III.

FÉDÉRATION DES SOCIÉTÉS SAVANTES. — M. le chanoine de Laugardière, président de la Fédération, informe que les congrès annuels vont reprendre et que le prochain se tiendra cette année à Clermont-Ferrand à une date encore indéterminée.

LECTURES ET COMMUNICATIONS. — M. Lugagne envoie une note sur des plantes nouvelles pour la flore creusoise.

— M. le Médecin-général Guillon communique les renseignements qu'il a recueilli sur une villa gallo-romaine de l'Escopiat, proche de Brède.

— M. Timbal lit une importante étude sur la seigneurie de Chabannes-Guerguy au XVe siècle.

— M. Carriat envoie une étude sur le plus grand poète creusois, Tristan de l'Hermite de Souliers.

— Me Dayras communique et fait don aux Archives de la part de M. Champeaux, avoué, de quelques actes notariés paraissant provenir des minutes du notaire Finet d'Aubusson, actes datés de septembre 1688.

Il signale que par l'un de ces actes, reçu le 9 septembre 1688, Jacques Jallasson, marchand d'Aubusson, et sa mère Alix Bouchet, aussi marchand de cette ville, sous-affermaient à Pierre Chapelle, le four banal à eux affermé par le Lieutenant-général de cette province pour Mgr le Maréchal duc de la Feuillade, seigneur de la ville. Il s'agissait du four proche du pont de la Terrade (rive droite) dont une ruelle portait le nom.

— M. Boudard envoie un travail sur l'hôpital de Bourganeuf au XVIIIe siècle.

— M. Hugon communique une note sur Étienne Drouillette de Cherdu-Prat.

— Mlle du Muraud lit une étude sur la météorologie campagnarde (hommes, plantes, animaux).

— M. le docteur Janicaud raconte plusieurs légendes locales : La Vierge de Glénic, la montagne des fées de Peyrabout, la légende creusoise de St-Martial.

— M. le Médecin Général Guillon envoie une note sur la foire de marquage à la Souterraine.

Mlle du Muraud signale que semblable coutume existerait à Crocq.

 

 

SÉANCE DU 20 MARS 1947

Présidence de M. le docteur G. Janicaud, président.

Présents : Mmes Carel, Petit, Phély, Mlle du Muraud, MM. Carriat, M. Dayras, Hauptmann, Moreau.

Excusés : Mlles Dutheil, Thereil, MM. Adenis, Béchet, le docteur Bordier, Faure, Laborde, l'abbé Mirguet, G. Petit, Timbal.

NÉCROLOGIE. — L'hommage de la Société est adressé à la mémoire de MM. Paul Chaumanet et Délurier, membres titulaires récemment décédés ; des condoléances émues sont exprimées à leurs familles.

ADMISSIONS. — Mme Moreau, professeur à l'École Normale, Guéret ; Mlle Hélène Guilleminot, employée à la Préfecture, Guéret ; MM. Joseph Brisset, directeur de la C. G. A., Guéret ; Maurice Gravillon, aide-radiologue à l'hôpital de Guéret ; Henri Merle, avenue du Docteur Manouvrier, Guéret ; le Docteur Émile Parrain, La Souterraine ; Pénichon, instituteur à Vallières ; Félix Royet, 43, rue des Sources, à Vichy ; Norbert Touraton, directeur de l'O. A. D., Guéret ; Raymond Valadeau, dépensier à l'hôpital, Guéret ; André Verjat, notaire à Bussière-Dunoise.

BIBLIOTHÈQUE. — Don reçu : de M. Van Gennep, le premier numéro du Folklore vivant.

NUMISMATIQUE. — Une médaille à l'effigie de M. Adrien Blanchet, notre président d'honneur, est frappée par la Société française de Numismatique ; la Société décide de souscrire à cette médaille.

LECTURES ET COMMUNICATIONS. — M. Lugagne envoie : 1° la description d'un halo exceptionnel observé dans la Creuse ; 2° un important catalogue de plantes nouvelles pour la Creuse.

— M. le docteur Janicaud décrit la Voie romaine Limoges-Ahun-Néris et la voie secondaire (compendium ou raccourci) de Néoux-Aubusson-La Borne-Chaussadas, qui abrégeait le trajet Clermont-Limoges en évitant le détour par Ahun.

— M. H. Gerbaud envoie une étude du terrier de Saint-Hilaire, commune de Saint-Priest-la-Plaine (XVIIIe siècle).

— M. Boudard communique une étude sur l'instruction primaire dans la Creuse durant la Révolution.

— Mlle du Muraud raconte la Légende du Puy-de-Gaudy et le conte guérétois sur l'huissier, l'agneau et le serrurier.

— M. le docteur Janicaud lit une série de vieux dictons locaux.

 

 

SÉANCE DU 22 MAI 1947

Présidence de M. le docteur G. Janicaud, Président

Présents : Mme Phély, Mlle M.-M. du Muraud, MM. Dayras, Faure, Hauptmann, Laborde, abbé Mirguet, Moreau, Timbal.

Excusés : Mme et M. Petit, Mlle Thereil, MM. docteur Bordier, Boudard.

ADMISSIONS. — Mlle Dubet Madeleine, 68, Bd. Rochechouart, Paris ; MM. Galateau Emmanuel, négociant, à Guéret ; Gayon Amable, Sidi-Embarech, par Aïn Djennel (Maroc) ; Juillet Pierre, avocat à Puy-Judeau, commune de Vallière ; Piton, greffier de justice de paix à La Souterraine ; Roqueplo Eugène, Contrôleur technique principal à la S. N. C. F., à Poissy (Seine-et-Oise) ; docteur Sinaud André, à Guéret.

DÉCORATION. — De vives félicitations sont votées à Maître A. Arfeuillère qui vient d'être fait chevalier de la Légion d'Honneur. Jamais décoration n'a été plus méritée.

DON. — M. Gabriel Pellabeuf fait don de 100 fr. à la Société. Des remerciements lui sont votés.

BIBLIOTHÈQUE. — M. Léon Chaize envoie son étude sur Les Tribulations de Nicolas Henry. Le docteur Janicaud fait don du Livre des Proverbes de Le Roux de Lincy et de trois brochures de préhistoire.

LECTURES ET COMMUNICATIONS. — Le docteur Janicaud signale la description d'une très belle lame néolithique en silex du Grand-Pressigny, trouvée en 1905 à Epy, commune de Cressat, et publiée par M. le chanoine J. Bouyssonie dans le Bulletin de la Société Préhistorique Française (t. XLIII, p. 308).

Il lit une note sur l'utilisation des voies romaines comme limites de paroisses.

Il décrit des sépultures gallo-romaines trouvées à Chaux (Peyrat-la-Nonière) et à la Croix-au-Bost (Saint-Domet) et qui lui ont été signalées par M. le docteur Larché.

— M. M. Dayras signale une sépulture gallo-romaine récemment découverte à Sourliavou (Vallière).

— Adrien Rivet envoie l'acte de vente du fief du Theil (St-Aignan-près-Crocq) le 17 octobre 1658, l'acte de prise de possession de la baronnie de Crocq, le 16 novembre 1726, par Jean de Bertain, et deux notes sur l'ancienne église de Crocq.

— M. René Hauptmann lit une intéressante étude sur l'inventaire des meubles et valeurs de Maître Thaury, notaire royal à Jarnages (1762).

— M. R. Boudard envoie une note sur l'Enseignement primaire pendant la Révolution.

— Mlle M.-M. du Muraud lit une très importante et très intéressante étude sur les Scieurs de long.

 

 

SÉANCE DU 17 JUILLET 1947

Présidence de M. le docteur G. Janicaud, Président

Présents. — Mlles M.-M. du Muraud et S. Pasquet, MM. Béchet, R. Berthomier, docteur G. Bordier, R. Chatreix, Faure, Hauptmann, C. Laborde, l'abbé Mirguet, Moreau.

Excusés : Mme Petit, Mlle G. Brunet et M. Thereil, MM. Boudard, Dayras et Timbal.

DÉCÈS. — Nous avons à déplorer la perte de deux de nos membres : Mme Bazelard, de Châteauvieux, commune de Guéret, et M. Petit Georges, officier de la Légion d'Honneur, instituteur honoraire, membre à vie.

Nous prions leurs familles d'agréer l'expression de notre très vive sympathie.

ADMISSION. — M. Châteauvieux Arsène, instituteur (membre à vie).

BIBLIOTHÈQUE. — Il a été donné, par M. Adrien Blanchet (M. I.), son travail sur Le Taureau des monnaies d'Auguste, et par M. G. Janicaud, L'Énigme de Civaux, de M. Deloche.

Le président présente la médaille frappée par la Société Numismatique, en l'honneur de notre Président d'Honneur, M. Adrien Blanchet, Membre de l'Institut, médaille à laquelle notre Société avait souscrit.

LECTURES ET COMMUNICATIONS. — M. R. Chatreix présente un pic en silex, une pointe de flèche et un nucleus de silex, et deux haches en amphibolite trouvés dans les environs de Saint-Maurice-la-Souterraine.

— M. le docteur G. Janicaud lit une étude sur les voies gallo-romaines d'Aigurande à Brède, à Praetorium et à Ahun.

— M. Luc Séry envoie une note discutant et complétant le travail de M. Max Fazy sur les Origines de la Marche, paru dans le fascicule de 1945 de nos Mémoires.

— M. A. Rivet envoie une note sur le maréchal de la Feuillade, créateur de la Place des Victoires à Paris, et un extrait des registres des délibérations du Conseil de fabrique de Crocq (1848) attestant que le clocher de l'ancienne église de cette ville était une lanterne des morts percée de seize baies.

— M. le Médecin-Général Guillon envoie une note sur Antoine Varillas, historiographe de Gaston d'Orléans, historien longtemps dédaigné et qu'on réhabilite aujourd'hui, et auteur d'un legs important à la ville de Guéret ; ce legs permit l'édification du Collège des Barnabites, qui devint l'École communale des garçons et a été démoli récemment.

— M. R. Chatreix lit une étude sur Les engagements volontaires sous la Révolution à Saint-Maurice, extrait de sa Monographie de Saint-Maurice-la-Souterraine.

 

 

SÉANCE DU 14 SEPTEMBRE 1947

Présidence de M. le docteur Janicaud, Président

Présents : MM. Améaume, Béchet, le docteur Bordier, Boudard, Carriat, Janicaud, Laborde, Moreau, Hauptmann.

Excusés : Mme Petit, Mlles Brunet, du Muraud et Thereil, MM. Dayras, Chatreix, Timbal.

DÉCÈS. — Nous avons à déplorer la mort de M. Blanchet Silvain, de Guéret. Nous exprimons à sa famille nos plus sympathiques condoléances.

ADMISSIONS. — Mme et M. H. Constantin, de la Martinèche (Soubrebost) ; MM. Améaume Émile, 15, route de Limoges, à Guéret ; Bayard Georges, employé à la Sécurité Sociale, à Guéret ; Friaire Jacques, 9, avenue Louis Laroche, à Guéret.

FÉLICITATIONS. — Au nom de la Société, le Président adresse à notre Président d'Honneur, M. Adrien Blanchet, membre de l'Institut, ses très vives félicitations pour sa promotion au grade d'Officier de la Légion d'Honneur. Il est l'Hommage à M. Adrien Blanchet qui a été édité à cette occasion par le Cabinet des Médailles de la Bibliothèque Nationale.

BIBLIOTHÈQUE. — M. le Médecin-Général Guillon fait don de son bel ouvrage sur Notre Sédelle édité par la librairie Lecante.

— M. H. Hugon envoie des tirages à part de ses trois études sur Les exécuteurs de Justice à Limoges, le Général Dumoulin, et La récupération des monuments de bronze en Haute-Vienne, en 1942.

— M. de Laborderie donne un Inventaire du château de Rochechouart.

— M. A. Perrier envoie sa note sur des Survivances de pratiques communautaires dans l'agriculture limousine.

— M. Raphanaud fait don d'un lot de brochures et de documents.

LECTURES ET COMMUNICATIONS. — M. le médecin-général Guillon envoie le plan et un dessin de la « Maison de Bridiers » à La Souterraine.

— M. le docteur Janicaud lit la fin de son travail sur les voies romaines de la Creuse (Voies Clermont-Évaux-Aigurande, Évaux-Vichy, Bourges-Évaux-Eygurande, Praetorium-Tintignac et Praetorium-Aigurande par le Grand-Bourg.

— M. Tournyol fait don d'un acte du 5-2-1700, concernant la prise de possession par le duc de La Feuillade, du droit de « petit scel » dans la vicomté d'Aubusson et les châtellenies de Felletin, Ahun, Chénérailles, Jarnages et Drouilles « délaissées par Sa Majesté à défunt monseigneur le maréchal de La Feuillade en échange de la terre et seigneurie de Saint-Cyr dans le parc de Versailles ».

Il donne un deuxième acte qui nous apprend l'existence en 1711 de « Isabeau et Gabrielle Mazure, sœurs boulangères de la ville de Guéret ».

— M. A. Perrier envoie deux courtes notes sur Le prétendu cahier de doléances de Boussac, qui n'était qu'un mémoire, sans caractère officiel, dû à M. de Sainthorent, notaire royal à Boussac, et sur le cahier de la paroisse de Bonneville, actuellement commune de Thauron.

— M. Chatreix envoie le procès-verbal de constitution de la première municipalité de Saint-Maurice-la-Souterraine.

— M. Hauptmann lit une très intéressante étude biographique sur le colonel Roudaire.

 

 

SÉANCE DU 20 NOVEMBRE 1947

Présidence de M. le docteur G. Janicaud, président

Présents : Mmes Carrel, Phély, Mlle M. du Muraud, MM. Adenis, Béchet, docteur Bordier, Boudart, Carriat, Dayras, Faure, Hauptmann, Laborde, l'abbé Mirguet, Moreau.

Excusés : Mme Petit, Mlles Brunet, Dutheil et Thereil, MM. Améaume, Timbal.

DÉCÈS. — Au nom de la Société, le président exprime ses condoléances émues aux familles de cinq membres de la Société, décédés depuis la dernière réunion, MM. Roger Auclair, Henri Germouty, Georges Lévêque, Étienne de Nalèches et J. Nouaillac. Il rappelle que H. Germouty, instituteur à Guéret, puis inspecteur primaire en Puy-de-Dôme, a donné à de nombreuses revues, ainsi qu'à nos Mémoires, d'importants articles sur l'histoire et le folklore de notre région. Il lit une précise notice de M. A. Perrier sur J. Nouaillac, historien du Limousin et de la Marche.

Maître M. Dayras rappelle quel homme fin et distingué fut Étienne de Nalèche, directeur du Journal des Débats, président du Syndicat de la Presse Parisienne et membre libre de l'Académie des Sciences Morales et Politiques.

ADMISSIONS. — MM. Guillot Antoine, négociant à Guéret ; l'Intendant Jeanrot ; Meunier Fernand, chef de service à la Sécurité Sociale.

FÉLICITATIONS. — Des félicitations sont adressées à M. Amédée Carriat, couronné par l'Académie des Jeux Floraux pour ses poèmes en Langue d'Oc.

BIBLIOTHÈQUE. — Il a été donné : par les Archives de la Corrèze, une carte historique du département de la Corrèze ; par M. Carriat, son beau recueil de poèmes en Langue d'Oc, Chamis de mon cor ; par MM. Chazet et Roux, leurs études sur la Ferme Modèle et sur la Station gauloise des Essarts ; par M. A. Merlier, un Type d'émigration limousine, du canton de Crocq.

LECTURES ET COMMUNICATIONS. — M. Émile Genevoix envoie une note sur un champignon gasteromycète d'une espèce rare dans notre région, un Lycoperdon giganteum de dimensions exceptionnelles, découvert récemment près de Dun-le-Palleteau.

— Le docteur Janicaud lit un essai de démonstration de l'existence à l'époque gallo-romaine d'un pagus correspondant à très peu près à l'actuel département de la Creuse (Pagus Crosanus ?).

— M. Faure lit un acte de vente judiciaire de 1726, concernant un office du Procureur du Roy, une maison sise à Guéret (Grand'Rue), les domaines du Clos, de la Gorce, de Banassat et de Figier, et le moulin au Comte, de Cherpont, moulin qui était en emphytéose du Maréchal de La Feuillade.

— Mme Mauvy donne une copie d'un curieux arrêté sur la boulangerie, donné par Louis Delille, maire de Guéret, en 1863, imposant l'affichage des prix.

— Mlle M.-M. du Muraud lit une très intéressante et très spirituelle note sur les Mondanités Guérétoises au siècle dernier.

La prochaine réunion aura lieu le jeudi 15 janvier à 15 heures.

 

NOTE LUE EN SÉANCE – MYCOLOGIE
Un champignon rarement observé dans notre région :
Le Lycoperdon géant (Lycoperdon giganteum (Balsch))
Globaria gigantea (L.)

J'ai récolté ce champignon, signalé comme rare en France par de nombreux mycologues, le 2 octobre 1947, dans la forêt de Gervelle, située aux environs de Dun-le-Palleteau. En l'apercevant à quelques mètres, j'avais eu l'impression qu'il s'agissait d'une souche d'arbre, sa couleur fauve et sa forme tourmentée justifiant cette hypothèse. Ce n'est qu'en l'examinant de près que je me rendis compte que j'étais en présence d'un champignon. Ce dernier, ayant passé le stade de la maturité, s'était sclérosé au lieu de se liquéfier comme font les champignons en décomposition ; la chaleur excessive de la saison était sans doute cause de cette dessication. La masse incisée au canif, paraissait aussi compacte qu'un amadou ordinaire. Au sommet, une masse brune volumineuse laissait s'échapper au moindre choc une abondante poussière fuligineuse de spores brunes.

Voici les caractéristiques de ce champignon :

Poids : 1 kilo environ, mais en tenant compte que le peridium a laissé échapper une grosse partie des spores, on peut évaluer le poids en pleine maturité à 1 kilo 500.

Hauteur : 20 centimètres minimum.

Périmètre du chapeau : environ 50 centimètres.

Périmètre du pied en son milieu : 35 centimètres.

Aspect : Le champignon (qui est bilobé dans son chapeau) offre l'aspect d'un pied de bovidé si on l'examine tête en bas.

Le peridium qui était en partie détruit laissait s'échapper des spores nombreuses en poussière brun verdâtre.

Spores : Les spores observées au microscope avec un grossissement de 900 sont régulières, crénelées avec de menues arêtes (aspect d'oursins minuscules).

De l'examen de ce champignon, il résulte que nous sommes en présence d'un gastromycète (champignon à hyménium clos) le peridium rompu, dont il subsiste quelques fragments, atteste cette particularité primordiale pour la détermination. La glèbe pulvérulente constatée nous conduit immédiatement à la famille des Lycoperdacées, vulgairement « vesses de loup », dont plusieurs espèces sont banales et communes, mais les dimensions importantes du champignon excluent ces espèces communes et nous ont fait conclure à la variété géante beaucoup plus rare : le Lycoperdon Giganteum (Batsch) ou Globaria Gigantea (L.). Certains auteurs classent cette espèce sous deux genres différents. M. le professeur Mascré, titulaire de la chaire de botanique à la Faculté de Pharmacie de Paris, à qui j'avais soumis ma détermination a bien voulu me confirmer qu'étant donné la description et les proportions il ne pouvait s'agir d'une autre espèce.

Ce champignon, d'après Cordier, serait comestible à l'état jeune. Je doute que l'affirmation mérite attention. Les Italiens s'en nourriraient, les Finlandais feraient prendre la poussière de spores mêlée avec du lait contre la diarrhée des veaux. On a utilisé le pouvoir tinctorial des spores dans le midi et on a employé la fumée comme anesthésique.

Je résume dans un tableau sommaire, pour ceux qui s'intéressent à la mycologie, les ordres et sous-ordres des champignons. On verra mieux ainsi à quel groupe appartient le Lycoperdon géant.

Sous-ordres des Basidiomycètes (spores sur basides).

I. Hyménomycètes (à hyménium externe). La plupart des champignons comestibles courants, quelques-uns vénéneux.

II. Gasteromycètes (partie fertile ou glèbe incluse dans un peridium, enveloppe qui s'ouvre à maturité pour libérer les spores.

Familles principales : 1°) Lycoperdacées ; 2°) Phalloïdées (type Phallus).

Je n'ai jamais observé le Lycoperdon giganteum dans notre région. Je crois devoir signaler le fait à la Société des Sciences de la Creuse.

Emile GENEVOIX.

 

NOTE LUE EN SÉANCE – VOIES ROMAINES LIMITES DE COMMUNES DANS LE DÉPARTEMENT DE LA CREUSE

L'étude de la Carte de l'État-Major et des Plans Cadastraux nous apprend que les limites de nos communes, qui sont généralement restées celles de nos anciennes paroisses, sont souvent marquées par des chemins presque toujours rectilignes. L'examen sur le terrain de ces chemins permet de constater qu'ils sont très anciens et que certains d'entre eux présentent des vestiges plus ou moins importants de construction à la romaine, c'est-à-dire que ces chemins sont, soit des voies romaines, soit des chemins plus anciens réutilisés et améliorés à l'Époque Gallo-Romaine.

On sait que le mot latin limes signifiait à la fois « chemin » et « limite », ce qui nous indique que les Romains prenaient souvent les chemins comme limites. Leurs ingénieurs avaient en effet pour habitude de prendre les routes pour points de départ de leur cadastre, et c'est pourquoi les vieux chemins devinrent tout naturellement des limites de fundi. Les paroisses s'étant généralement superposées à ces derniers, et les communes ayant presque toujours gardé les bornes des paroisses qui les avaient précédées, il était forcé que les limites des communes actuelles coïncidassent parfois avec d'antiques voies romaines.

En nous en tenant aux seules grandes voies, dont l'assiette est actuellement connue à peu près totalement dans le département, voici le relevé de leurs tronçons coïncidant avec les limites des paroisses, et la longueur approximative de ces tronçons :

1°. — Voie de Lyon à Saintes par Clermont, Ahun, Prætorium, et Limoges.
— Limites de Saint-Avit-de-Tardes et de Néoux (600 mètres) ;
— Limites de Saint-Pardoux-le-Neuf et Saint-Alpinien (2.500 m.) ;
— Limites de La Chaussade et Saint-Maixant (1.500 mètres) ;
— Limites de Saint-Maixant — Puy-Malsignat (1.000 mètres) ;
— Limites Issoudun - Saint-Médard et Saint-Martial (1.000 m.) ;
— Limites Lavaveix-les-Mines - Saint-Martial-le-Mont (2.400 m.) ;
— Limites Chamberaud - Sous-Parsat (1.500 mètres) ;
— Limites Ceyroux - Mourioux (Bois de Plein-Panier) (800 m.).

2°. — Voie de Limoges à Bourges par Prætorium et Argenton.
— Limites de La Souterraine - Saint-Agnant-de-Versillat (800 m.) ;
— Limites de Saint-Germain-Beaupré - Vareilles et Bazelat (3.000 mètres) ;
— Limites Bazelat - La Chapelle-Baloue (4.000 mètres).

3°. — Voie de Limoges à Néris par Pontarion, Ahun et Évaux.
— Limites de Saint-Pierre-Chérignat - Saint-Amand-Jartoudeix (1.500 mètres) ;
— Limites Montboucher - Masbaraud-Mérignat (600 mètres) ;
— Limites Tardes - Saint-Priest-Palus et Sannat (1.000 mètres) ;
— Limites Évaux - Saint-Julien-la-Genête (1.500 mètres).

Pour les voies secondaires, nous pourrions indiquer un nombre correspondant de tronçons formant limites de paroisses ; mais leur connaissance étant moins avancée, et les erreurs possibles, nous n'en parlerons pas.

Docteur G. JANICAUD.

 

NOTE LUE EN SÉANCE – LA COUTUME À MAGNAT-LESTRANGE DE 1598 à 1837

Quelle était la coutume régissant Magnat-Lestrange ? Les historiens ne sont pas toujours d'accord. Les uns, Drouault (1), Tardieu (2), comte Henry de Lestranges (3), Autorde, prétendent que c'était celle de la Marche. D'autres, Chabrol (4), Duval (5), Lacrocq (6), celle d'Auvergne.

Leur désaccord vient sans doute de la complexité des coutumes locales et de la division administrative du territoire de Magnat.

Une partie, en effet, était du « païs et comté de La Marche » ; et l'autre « comprenant la quarte partie du bourg de Maignac et les villages de Solignac et de la Ribière » (7) — et même Ventejoux — était du Franc-alleu ; la coutume d'Auvergne était censée la régir.

La question serait résolue si des deux parties l'une était régie par la coutume de la Marche et l'autre par celle d'Auvergne. Mais les coutumes s'enchevêtraient — au moins pour le Franc-alleu — ; tantôt on faisait appel à l'une, tantôt à l'autre et même l'on se passait des deux si besoin en était.

Les documents que nous allons citer vont en donner une idée.

— 1598 - Marche. — Le premier date du 18 février 1598 ; c'est une reconnaissance faite par les habitants de Nouaillac à François de Lestrange, écuyer, seigneur de Magnat où déclarent « lesdits tenanciers devoir la taille au quatre cas, arbans et manœuvres et autres droits de servitude selon les autres hommes serfs dudit pays et comté de la Marche où les dits lieux sont assis et situés » (8).

En cette même année 1598, nous trouvons une autre reconnaissance faite par les habitants de Solignat et de la Ribière, au même François de Lestrange, où les tenanciers sont encore assujettis à la « taille au quatre cas, arbants et autres droits de servitude selon les autres hommes serfs du pays et coutume de la Marche... » mais où ils déclarent en outre « ne pouvoir marier leurs filles, leurs hommes de semblable condition sans le consentement dudit seigneur, ny semblablement ne pourront faire leurs enfants prêtres sans le conjet... et ont confessé devoir audit seigneur le droit de coursage quand ils viennent à se marier... » (9).

— 1613 - Marche. — Dans le contrat de mariage de René de Lestrange avec Anne de Bonneval, le 5 février 1613, il est stipulé : « et sont les tenanciers de chascuns des-dits lieux obligés au payement, uniformément l'ung pour l'autre ; plus les droits de mortaillie sur tous les hommes tenant servuement, sus déclairés, suivant les coustumes du conté de la Marche... » (10).

— 1613 - Auvergne. — Mais dans le dénombrement fait par François de Lestrange au duc de Ventadour, le 9 juin 1613, pour la « quarte partie du bourg de Maignac appelée du franc-alleu, et les villages de Solignat et de la Rebière » — relevant de la baronnie d'Herment — le seigneur déclare que « les dits lieux ci-dessus que sont dans le dict pays d'Auvergne appartiennent au dit seigneur de Maignac en tout droit de justice, directe et seigneurie, icelluy seigneur de Maigniac les tient et possède en fief et hommage franc et lige selon les formes prescrites par la coutume du dict païs d'Auvergne... » (11).

— 1613 - Aucune. — Et voilà qu'en cette même année 1613 — le 5 février — dans le dénombrement de la seigneurie de Magnat pour servir à la donation insérée au contrat de mariage de René de Lestrange, il est dit : « ...et tout ce que dessus, les dictes partyes, en ce que chacune regarde et peult toucher, l'ont ainsi accordé, convenu et stippulé et accepté et promis inviolablement tenir et observer de poinct en poinct... et ont renoncé à toutes coutumes, soict du pays de la Marche, que aultres, et aux exceptions par lesquelles elles pourraient venir au contraire des présentes... » (12).

— 1620 - Marche. — Sept ans plus tard nous trouvons une reconnaissance passée entre les gens de la Ribière (en particulier Gabriel de la Rebière) et René de Lestrange « chevalier, seigneur du bien de Maignat et de Montvert demeurant au château de Maignat, paroisse dudit lieu, en païs de la Marche... selon la coustume du pays et comté de la Marche... » (13).

— 1623 - Marche. — En 1623, une autre reconnaissance est faite par les habitants de la Ribière et de Solignat, au même René de Lestrange, chevalier, seigneur de Magnat et de Montvert « selon la coutume du païs et comté de la Marche... » (14).

— 1625-1634 - Auvergne. — Mais en 1625 et en 1634, nous voyons deux contrats de mariage de gens de la Ribière et de Solignat passés selon la coutume d'Auvergne. L'un entre Mathieu Ribière et Claire Dourmezant le 29 janvier 1625 et l'autre entre Claude Rebière et Allègre le 21 août 1634 « comme étant tels pactes, avantages, permis et authorizés par la coutume d'Auvergne où les biens de... sont situés... » (15).

— 1678 - Auvergne. — Le cinquième jour d'octobre 1678, toujours dans ces mêmes villages, est enregistrée devant Pradaleix, notaire royal, la succession de Mandon Rebière de la Ribière selon la coutume d'Auvergne (16).

— 1742 - Marche. — En 1742 dans le contrat de mariage de Joseph comte de Lestrange avec Suzanne Philotée de Blair il est précisé « que la dicte dame, future espouze aura et prendra sur ses biens la somme de six mille livres pour luy tenir lieu de trousseau en satisfaisant aux charges ordinaires suivant et conformément à la coutume de la Marche suivant laquelle les parties se régiront pour ce qui n'est contenu aux présentes... » (17).

— 1766-1769 - Auvergne. — Ce sera selon la coutume d'Auvergne que de 1766 à 1769 se disputera une querelle de succession entre « Pardoux Guinot et Marie Mondon, sa femme, défendeur contre Jean Baube, héritier... par devant M. le bailly de Magnac, s'appuyant sur ce que donne « la gaigne coutumière au mary survivant selon l'article 44 du titre 44 de la coutume d'Auvergne... » (18).

— 1770 - Marche. — Lors du mariage de Charles de Lestrange avec Gabrielle de Montaignac en 1770, il est entendu que Charles de Lestrange aura à payer à sa demi-sœur Antoinette de Lestrange la somme de 90.000 livres à condition néanmoins « que la dite demoiselle renoncera à toutes successions directes et collatéralles dans les termes de représentation suivant et au désir de la coutume de la Marche suivant laquelle les parties entendent être régies... » (19).

— 1791 - Marche. — En 1791 pour formuler un jugement condamnant les habitants de la Rebière (Joseph Redon...) à payer les redevances dues à Joseph de Lestrange, seigneur de Magnac, les juges s'appuieront sur la coutume de la Marche (20). (Tribunal civil de Felletin).

— 1820-1837 - Auvergne. — Enfin le dernier document en notre possession est un jugement de la Cour royale de Limoges, du 21 juin 1837, s'appuyant sur la coutume d'Auvergne pour trancher un différend survenu entre le maire de Magnat et les habitants de Solignat et de Ventejoux d'une part et Mme Fattet Damoneville, propriétaire des anciens biens de la famille de Lestrange, d'autre part, au sujet d'un droit de passage réclamé par les gens de Solignat et de Ventejoux et le maire de la commune. Ces derniers furent déboutés. Solignat et Ventejoux y sont mentionnés comme étant régis par la coutume d'Auvergne (21).

(Cour royale de Limoges, 21 juin 1837, folio 70).

Puissent ces quelques notes être utiles aux chercheurs de l'avenir, afin qu'ils puissent avec plus de facilité et de compréhension faire revivre l'histoire de notre petit pays.

(1) Drouault : Le Servage à Magnat.
(2) Tardieu : Histoire de la Marche.
(3) Comte Henri de Lestrange : La Maison de Lestrange.
4) Chabrol : tome IV p. 852.
(5) Duval : Cahiers de la Marche, p. 7.
(6) Coutume du Franc-Alleu, p. 3.
(7) De Lestrange, p. 412.
(8) Extrait de la Reconnaissance ... 15 f. 1598 ... (communique par M. A. Rivet).
(9) Arh. J. (extrait de l'original).
(10) Lestrange, p. 405.
(11) Lestrange, p. 411.
(12) Lestrange, p. 393.
(13) Arch. J.
(14) Arch. J.
(15) Arch. J.
(16) Arch. J.
(17) Lcstrange, p. 455.
(18) Arch. J.
(19) Lestrange, p. 458.
(20) Arch. J.
(21) Arch. pers.

 

E. MONAMY.