SÉANCE DU 15 JANVIER 1948
Présidence de M. le docteur G. Janicaud, président.
Présents : Mlle du Muraud, MM. le docteur Bordier, Désiré, Faure, Goudard, Hauptmann, Laborde, le colonel Michon, Moreau.
Excusés : Mlle Théreil, M. Meunier.
COMPTES. — Monsieur C. Laborde, trésorier, présente les comptes de l'exercice 1947.
I. — RECETTES
Reliquat de 1947 : 57.949 fr.
Cotisations : 68.430 »
Vente de volumes : 6.251 »
Subvention du Département pour 1947 : 1.500 »
Subvention de la Ville de Guéret : 25.000 »
Entrées au Musée : 2.500 »
Coupons de rente : 120 »
Dons (Amis du Musée et divers) : 38.609 »
Total des Recettes : 200.359 fr.
II. — DEPENSES
Gardien du Musée : 14.000 fr.
Mémoires (impression, clichés, brochage) : 122.298 »
Frais d'envoi, timbres et écritures : 10.561 »
Musée, frais d'entretien : 7.580 »
Versement à la Caisse d'Epargne de 24 cotisations de Membre à Vie : 28.800 »
Reliquat à reporter en 1948 : 17.120 »
Total des Dépenses : 200.359 fr.
Le livret de Caisse d'Epargne s'élève à la somme de 83.191 francs, somme constituée par les versements des Membres à Vie.
Le Trésorier : Camille LABORDE.
Les Commissaires aux comptes : A. CARRIAT et Abbé FAYOLLE.
Des félicitations et des remerciements lui sont adressés à l'unanimité.
ADMISSIONS. — Mlle Marie Rothonnet, institutrice à Busseau-sur-Creuse ; Eugène Conchon, à La Genête, Cne de Maisonnisses ; Charles Désiré, professeur au Lycée ; Roux, inspecteur des Contributions Indirectes.
BIBLIOTHEQUE. — Dons reçus : de M. le colonel Michon, un exemplaire numéroté de son livre Les Mémoires d'un Corbeau Freux ; de M. l'abbé Michel Pénicaud, son livre Les Grands Saints Limousins qu'il vient de publier et les dessins de son ouvrage sur Le Vieux Dorat (en souscription) ; La Revue Limousine, revue des Limousins de Tunisie ; La Creuse Littéraire, supplément au journal La Creuse au Travail.
LECTURES ET COMMUNICATIONS. — M. Désiré signale la découverte, à Saint-Pierre-le-Bost, d'une hache néolithique en silex dont les dimensions sont : longueur, 13 centimètres 1/2 ; largeur, 5 centimètres 1/2 ; épaisseur maximum, 2 centimètres 3.
— M. le docteur Janicaud lit une étude historique et archéologique sur la ville gallo-romaine de Brède, Cne de La Souterraine.
— M. le médecin général Guillon, à propos de l'article d'Antoine Thomas sur la Pucelle de La Souterraine, envoie une courte note signalant un cas analogue où le condamné a préféré la pendaison au mariage, la salvatrice ayant le nez pincé et les lèvres minces.
— Mlle du Muraud présente les vieilles enseignes de chez nous ; MM. le docteur Janicaud, Hauptmann et Laborde en indiquent d'autres également curieuses.
SÉANCE DU 17 MARS 1948
Présidence de M. le Docteur G. Janicaud, Président
Présents : Mmes Carel, Phély ; Mlle du Muraud ; MM. le docteur G. Bordier, Boudard, désiré Génévrier, Laborde, le colonel Michon, l'abbé Mirguet, Moreau.
Excusés : Mlle Théreil ; MM. Maurice Dayras, Meunier.
DECES. — Le Président annonce le décès de MM. Barret-d'Auriolle, Léon Picard, le docteur Sallet, membres titulaires. L'hommage de la Société est adressé à leur mémoire ; des condoléances émues exprimées à leur famille.
ADMISSIONS. — Mme Travers, à Evaux-les-Bains ; MM. Gérard Bourdeau, notaire à Guéret ; Ch. Ebaudy, à Guéret ; Jean Filhol, professeur au Collège Moderne de Bourganeuf ; Bernard Folliguet, à Guéret ; F. Fouriaud, imprimeur à Guéret ; Jean et Marc Gouvernaire, industriels à Guéret ; le commandant Mignaton, à Guéret ; Henri Reygnier, à Bourganeuf ; Félix Terrade, 9, boulevard Saint-Germain, Paris (5e).
FEDERATION. — M. le chanoine de Laugardière, président de la Fédération des Sociétés Savantes du Centre, nous informe que le Congrès annuel de la Fédération aura lieu à Bourges les 8 et 9 mai. Les membres de notre Société sont invités à s'y faire inscrire et à y apporter des communications.
EXCURSION. — Sur proposition de M. C. Laborde, on décide de reprendre les excursions annuelles d'études archéologiques. Le trésorier est chargé d'étudier la question au point de vue financier.
BIBLIOTHEQUE. — Mlle Georges Henry fait don de son livre Le deuxième Aiglon, drame en cinq actes et en vers, préfacé par Louis Madelin, de l'Académie Française.
LECTURES ET COMMUNICATIONS. — M. le colonel Michon fait un très intéressant exposé sur la notion de territoire chez l'oiseau.
— M. le docteur Janicaud présente une belle hache néolithique en amphibolite (long : 28 centimètres), appartenant à M. Gourdon et trouvée à Longeville, commune de Mazeirat.
Il lit une note sur l'Eros funèbre de Brède.
Il présente un squelette du type méditerranéen, malheureusement très détérioré, trouvé récemment dans l'ancien Hôtel-Dieu de Guéret, sans aucun objet permettant de le dater.
— M. Luc Séry envoie une curieuse note sur Humbert de Lafola, prévôt d'Evaux, vainqueur d'un Sire de Bourbon (fin du XIe siècle).
— M. A. Rivet envoie des copies de documents : Vente et prise de possession de la baronnie de Crocq en 1780 ; abandon de dîmes de la paroisse de Villefert (Le Mas d'Artige) en 1747 ; élection d'un syndic fabricien à Villefert (1757), et procuration de ce syndic au curé de la paroisse (1757).
— M. Boudard lit une importante étude sur l'Enseignement primaire dans la Creuse (les écoles clandestines) de 1830 à 1882.
— Mlle M.-M. du Muraud lit un très intéressant travail sur trois centres d'étude creusois : le collège de Guéret, le petit séminaire d'Ajain, le collège de Felletin.
— Mme Petit communique l'acte de mariage d'un prisonnier de guerre hongrois (1810) amusant dans sa rédaction.
SÉANCE DU MAI 1948
[Le jour est omis sur le volume original]
Présidence de M. le Docteur G. Janicaud, Président
Présents : Mlle du Muraud ; MM. le docteur Bordier, R. Boudard, A. Carriat, M. Dayras, l'abbé L. Fayolle, R. Hauptmann, le docteur G. Janicaud, C. Laborde, E. Leroux, le colonel Michon, l'abbé M. Nostron.
Excusés : Mme M. Petit ; Mlles G. Brunet et M. Théreil ; M. Moreau.
DECES. — Nous avons à déplorer la mort de deux de nos membres, MM. Boujasson, ébéniste à Guéret, et E. Guillot, directeur d'école à Saint-Martial-le-Mont. Nous prions leurs familles d'agréer nos condoléances émues.
Nous avons également perdu la dévouée gardienne du Musée Mme Moreigne. Nous adressons à son mari, M. A. Moreigne, notre fidèle gardien principal, et à ses enfants, l'assurance de notre très vive sympathie.
ADMISSIONS. — MM. Coriez, professeur à l'Ecole de Pharmacie de Paris ; Coutier Roger, Inspecteur des Contributions Indirectes à Clermont-Ferrand ; Gouille Jean, Directeur de l'Ecole Saint-Joseph à La Souterraine ; Lachaume Jean, Négociant à La Souterraine ; l'Abbé Maurice Nostron, Professeur à l'Ecole Notre-Dame à Guéret ; Leroux Edouard, Archiviste départemental ; Roux R., Inspecteur des Contributions Directes à Guéret ; Verdier René, Professeur au Lycée Carnot à Paris.
EXCURSION. — Le président indique que l'excursion de cette année se fera le dimanche 13 juin. On visitera Moutier-Malcard (Creuse), Bois-Lamy, La Forêt-du-Temple, Cluis (Indre) et Cluis-Dessous, Neuvy-Saint-Sépulcre, Sarzay et Sainte-Sévère. Les explications seront données par MM. Boudard, M. Dayras, C. Laborde et G. Janicaud. Le trésorier informe que le déjeuner se fera à Neuvy-Saint-Sépulcre, à l'Hôtel de la Gare, et que le prix de l'excursion est fixé à 750 francs par personne (car, déjeuner, pourboires, frais divers compris), et 400 francs pour les personnes qui suivraient par leurs propres moyens.
BIBLIOTHEQUE. — Madame Mazet fait don de 325 volumes reliés (Collections locales creusoise et limousine, dictionnaires d'architecture, ouvrages d'art et éditions de luxe, etc...).
La Société exprime à Madame Mazet l'assurance de sa profonde gratitude pour les dons somptueux qu'elle vient de faire au Musée (voir plus loin). Sur la proposition du président, et à l'unanimité des membres présents, on décide de donner à la Salle des Emaux du Musée, le nom de « Salle Albert Mazet ».
LECTURES ET COMMUNICATIONS. — Le docteur G. Janicaud décrit les vestiges de la villa gallo-romaine de la Métairie (Gartempe) où fut trouvée la clochette donnée au Musée par M. Jouanny.
— M. Luc Séry envoie une note sur une lettre de Géraud, évêque de Cahors (1159), apportant quelques modifications à ses communications antérieures.
— M. Adrien Rivet envoie une liste complétée des baillis de Crocq, le texe d'une vente de 1770 (2 setiers hémine de seigle pour 360 livres), une demande de partage des communaux de La Celle-Barmonoise (an II), et des actes de procédure, de 1752 et 1758, à la requête de Louis-Philippe, duc d'Orléans, seigneur d'Auzances, contre les tenanciers du Mazendraud (Saint-Georges-Nigremont), dépendances de ce dernier fief.
— M. Adrien Blanchet, membre de l'Institut et président d'honneur de la Société, fait don d'une copie d'une curieuse lettre, adressée en 1795 de Chambon au représentant Baraïlon, indiquant qu'un bœuf valait alors 10.000 livres en assignats.
— M. Tournyol communique des documents concernant l'abbé Fournioux, curé de Saint-Vicor de 1831 à 1895, et à son action pendant la Deuxième République.
— M. le colonel Michon fait une très intéressante causerie sur les mœurs du Coucou.
SÉANCE DU 15 JUILLET 1948
Présidence de M. le Docteur G. Janicaud, Président
Présents : Mmes Petit, Phély ; Mlles M.-M. du Muraud, S. Paquet, M. Théreil ; MM. Faure, C. Laborde, l'abbé Mirguet.
Excusés : MM. le docteur Bordier, R. Boudard, M. Dayras, Hauptmann, Moreau.
DECES. — Nous avons à déplorer la mort de M. A. de Labrouhe de Laborderie, le savant spécialiste de l'architecture religieuse limousine, qui se chargea si souvent de l'explication des principales églises de la Creuse à nos excursions annuelles. C'est une perte irréparable pour l'archéologie limousine et pour nos Sociétés. Nous prions sa famille d'agréer l'expression de notre vive émotion et de notre sympathie.
ADMISSIONS. — MM. Desgranges Hugues, de Saint-Amand (Cher) ; Desheraud Marcel (P.T.T. Guéret) ; Docteur Noyer Boris (Bonnat) ; et Pinchon Maurice, de La Ribière de Saint-Sylvain-Bellegarde.
BIBLIOTHEQUE. — Don par M. de Laborderie de son dernier travail : Influence de l'Ecole Auvergnate sur l'Architecture Limousine du Moyen-Age. Par M. le docteur Janicaud de Les Ornements, par Jules Passepont.
LECTURES ET COMMUNICATIONS. — M. Génevoix envoie un Lycoperdon géant. C'est le quatrième qui nous est signalé comme trouvé en Creuse, depuis quelques mois.
— Le Médecin-Général Guillon envoie une note sur le dernier loup tué en Creuse, et annonce la découverte, à La Souterraine des substructions d'une tour de la deuxième enceinte de la ville, tour signalée dans les documents sous le nom de « Tour du Piquand ».
— On lit une étude du regretté Chanoine Parinet (remise par M. Hauptmann), sur Les guerres de religion à Bourganeuf.
— Le docteur Janicaud analyse un Procès-verbal de la Comanderie de Sainte-Anne, document important, copié par M. A. Rivet et qui sera publié.
— M. A. Rivet envoie divers autres documents concernant l'église de Saint-Alvard (Cne de Basville) et la paroisse de Monteil-Guillaume (Crocq).
Il signale plusieurs erreurs du tome XXIX de nos Mémoires : p. 13, au lieu de « Saint-Paul et Saint-Damiens », il faut lire « Saint-Côme et Saint-Damian » ; p. 687, le lieu d'« Auchères » situé par Germouty près de Saint-Avit (Puy-de-Dôme), était en réalité « Le Chier », près de Basville : là était un relais de poste qui fut transféré à Crocq vers 1634. Enfin l'église des Gorses, que Bruel mettait dans la paroisse de Saint-Pardoux d'Arnet, était en réalité dans celle de Fernaël.
SÉANCE DU 16 SEPTEMBRE 1948
Présidence de M. le Docteur G. Janicaud, Président
Présents : Mmes Carel et Phély ; MM. Améaume, Boudard, docteur Janicaud, l'abbé Mirguet, Moreau, l'abbé Nostron.
Excusés : Mme Petit ; Mlles Brunet et Théreil ; MM. le docteur Bordier, M. Dayras, le docteur Guillon, Hauptmann, C. Laborde, le colonel Michon.
DECES. — Nous avons à déplorer la mort de M. le docteur Larché, de Chénérailles, qui avait donné à nos Mémoires plusieurs notes d'archéologie locale. Nous prions sa famille d'agréer nos condoléances émues.
Une autre perte douloureuse est celle du peintre berrichon bien connu, Fernand Maillaud. Ce paysagiste original et délicat, qui s'était formé lui-même et n'était d'aucune école, avait une habitation à Guéret, fut quelque temps membre à notre Société, et fit don à notre Musée de quelques unes de ses premières toiles creusoises. Nous exprimons à sa famille notre sympathie attristée dans ce deuil qui est aussi celui de tout ce qui en France s'intéresse à l'art.
ADMISSIONS. — La Bibliothèque du Sanatorium de Sainte-Feyre ; Mme Mossard Pierrette (des Brosses, par Arnac-la-Poste, Haute-Vienne) ; MM. Collot (Notaire à Bar-le-Duc) ; Loubaud Armand (Ingénieur aux Houillères du Dauphiné, à La Motte-d'Aveillan, Isère) ; Loubaud Barthélemy (Inspecteur de police à Sainte-Estève, Pyrénées-Orientales) ; Millet Emile (9, rue Giraudeau, à Tours, Indre-et-Loire).
BIBLIOTHEQUE. — Il a été donné par Mme A. Mazet, l'Ancien Bourbonnais, d'Achille Allier, magnifique publication de 1932-1935, illustrée de très belles lithographies ; par M. Amédée Carriat, son volume de poésies Compagnie des Ombres, qui lui a valu le prix Rollinat ; par M. le docteur Janicaud, 70 brochures archéologiques.
LECTURES ET COMMUNICATIONS. — Le docteur G. Janicaud lit une note sur Guéret à l'époque gallo-romaine, énumération de tous les vestiges de cette époque découverts au XIXe siècle et signalés. Il conclut qu'il y avait alors ici une villa importante, au Sud-Ouest de l'église actuelle, et une série de petites habitations construites sur les flancs nord et est de la colline de Grandcher.
Il présente le denier de Limoges du XIe siècle donné par M. Courty, et compare ce denier, très dégénéré, avec divers autres de même origine, mais plus proches du modèle primitif. Il présente également une série de deniers des comtes d'Angoulême et de la Marche, au nom de Lodoïcus.
— M. A. Rivet envoie la liste des maîtres de poste de Crocq (1634-1773) et de Pontcharraud (1689-1773), un bail à ferme de la terre et seigneurie des Forges, paroisse de Saint-Pardoux-d'Arnet, et un bail de dimes, consentis l'un et l'autre par dame Jeanne Joussineau, veuve de Philibert, marquis d'Ussel, le premier à Joseph Defournoux, châtelain du Baneix-Saint-Pardoux, le deuxième à François Defournoux, curé de Saint-Pardoux-d'Arnet.
— M. Boudard lit une très intéressante étude sur le rôle du clergé, sous la Deuxième République en Creuse.
— Mme Phély lit la Légende de la fontaine ninadoire, et fait don de son manuscrit illustré par sa petite fille.
SÉANCE DU 16 NOVEMBRE 1948
Présidence de M. le Docteur G. Janicaud, Président
Présents : Mmes Carel, Petit, Phély ; Mlles Paquet, du Muraud ; MM. Améaume, Docteur Bordier, Boudart, Faure, Génévrier, Hauptmann, Laborde, Colonel Michon, l'Abbé Mirguet, Moreau.
Excusés : Mlle Théreil ; MM. Carriat, Dayras.
INHUMATION. — Le peintre Fernand Maillaud, récemment décédé, a été inhumé à Guéret ; il avait fait don de six de ses toiles à notre Musée. Nos condoléances à sa famille.
ADMISSIONS. — MM. Albert Sauvage, négociant à Mortroux ; Jean Morilieras, pharmacien à Champigny (Seine).
FELICITATIONS. — Des félicitations sont adressées à M. Amédée Carriat qui vient d'obtenir le 3e prix de l'entr'aide aux poètes pour son recueil Le Rendez-vous Sudète.
BIBLIOTHEQUE. — Mme Mazet fait don d'un lot de livres et de bulletins de Sociétés Archéologiques parmi lesquels le volume de Dessins de Violet le Duc.
J.-D. Saint-Hilaire fait don de ses Oiseaux de nos Campagnes, un exemplaire de luxe, numéroté, sur vélin de Paris.
LECTURES ET COMMUNICATIONS. — M. R. de Mender envoie une note sur les minéraux radio-actifs de Montebras.
— Le docteur Janicaud lit une note sur la marche de Du Guesclin vers La Souterraine après le siège de Sainte-Sévère.
— M. A. Rivet envoie sept documents :
- — Les dates des contrats de mariages de plusieurs familles nobles de la Creuse avec les noms des notaires.
- — Quittances de rentes dûes à la communauté de Beaumont de Felletin par les habitants de Senimontel, paroisse de Saint-Maurice-près-Crocq.
- — Un contrat de vente d'un héritage sis à Senimontel, intéressant parce que la perception des droits sur ce contrat a été faite par la communauté de Beaumont à Felletin (notaire : Cornudet : 1724).
- — Une expédition de trois domaines : Chez du Theil, Chez Gaudet-Barmont et Chez Huguet, paroisse de Mautes, appartenant à Juste Henri du Bourg, comte de Saint-Polgue, baron de Brion, marquis du Chez, seigneur du Chez et Barmont, demeurant au château du Chez, paroisse de Saint-Avit-de-Tardes (Cornudet 1752).
- — Un acte de constitution d'une rente perpétuelle de cinq livres, en faveur de la fabrique de Saint-Maurice, créée par Ligier de Labesse, curé de Saint-Maurice : pour une messe chaque dimanche, pour le luminaire et pour le surplus distribué aux pauvres (1690 : Cornudet).
- — Un procès-verbal d'assemblée de Saint-Maurice constatant la décision prise par les habitants d'exécuter en nature la corvée sur les grands chemins (1770 : Cornudet).
- — Un bail d'un moulin du Theil commune de Saint-Agnant-près-Crocq consenti par Gilbert Arnaud Cherbouquet, maire, percepteur du domaine du Theil (notaire : Madé, 1840).
— M. A. Perrier communique une note sur la Deuxième République dans la Creuse.
— M. Boudard lit une étude sur le rôle joué par les Maires en 1848.
— Mme Phély lit un travail sur la Saint-Jean-Baptiste dans la Creuse.
DONS AU MUSÉE DE GUÉRET
En 1948, il a été donné au Musée :
Epoque Néolithique. — Par MM. Wilhelm Muller et M. Picron, une hache polie en diorite trouvée au Petit-Villard (Saint-Hilaire-la-Plaine) ;
— Par M. Virton, de Maison-Feyne, 1 hache polie en silex trouvée dans le champ des Champioux ;
— Par M. Grand, de Saint-Laurent, 1 pointe de flèche à pédoncule, trouvée à Bordessoulle.
Age du Bronze. — Par Mme Mazet, 11 haches à talon, dont deux à anses, provenant du dépôt de Lamant (Banise).
Epoque Gallo-Romaine. — Par M. Boudard, 1 grand bronze d'Antonin, trouvé dans la Creuse ;
— Par M. Jouanny Eugène, 1 clochette en bronze trouvée dans les ruines de la villa de la Métairie (Gartempe) ;
— Par M. Morin, Ingénieur du Génie Rural, 1 élément de canalisation en brique, trouvé entre Moutier-Rozeille et Saint-Hilaire.
Numismatique. — Par M. Courty, 1 denier de Limoges au type d'Eudes ;
— Par M. Malgat, 1 jeton de bronze au nom de F. de Ville... seigneur de Montaiguillon (1637).
Gravures. — Par M. l'abbé Pénicaud, les illustrations de son livre « Vieux Dorat » ;
— Par Mme Leclère (legs), 1 lot de gravures du XIXe siècle.
Miniatures. — Par Mme Mazet, trois miniatures, un portrait de femme signé « E. Lami 1813 » et deux portraits d'homme de la même époque.
Peinture à l'huile. — Par Mme Mazet, 16 toiles : 3 paysages de Degaine, 2 paysages de F. Maillaud, 1 paysage de Hareux, 1 paysage de Le Lepvic, 1 marine de E. Petitjean, 1 vue de Venise de Cl. Pouchin, 1 intérieur tunisien de V. Prouvé, 1 chien non signé, 1 paysanne creusoise de Depagnat, 1 hussard patrouillant de Josias, 1 portrait de femme de V. Prouvé, 1 portrait de femme de Bellerie-Desfontaines, 1 étude de femme de Benjamin-Constant, et une peinture italienne sur cuivre, non signée (Joseph et Mme Putiphar) ;
— Par Mme Leclère (legs), 1 portrait de fillette de G. Thomas, et 1 peinture religieuse sur cuivre.
Sculpture. — Par Mme Mazet une statuette en bronze (un noir) de A. Quinquaud ;
— Par Mme Leclère (legs), un lot de bronzes non signés.
Mobilier. — Par Mme Mazet, une tapisserie (verdure : chasseur et oiseaux aquatiques), 1 commode Louis XV à deux tiroirs, poinçonnée ME. I. DUBOIS, 1 commode Louis XVI et deux bergères Louis XVI, dont une poinçonnée IACOB, et 1 cabinet italien (XVIIIe siècle) ;
— Par Mme Leclère (legs), 1 fauteuil empire et un cartel Louis XV.
Divers. — Par M. G. Janicaud, 1 balance de changeur (de poche) du XVIIe siècle ;
— Par Mme Leclère (legs), 1 cafetière argent Louis XV et une montre à remontoir ;
— Par Mme Mazet, une corbeille en fer forgé, à pied (XVIIIe siècle) ;
— Par M. Moreigne, une curieuse croix en fer forgé, avec mains tenant un missel.
NOTE LUE EN SÉANCE – SUR UNE VARIÉTÉ DE HOUX COMMUN (ILEX AQUIFOLIUM L.) A FRUITS JAUNES
Les rameaux de houx à fruits jaunes que j'ai eu l'occasion d'examiner proviennent des Bois du Terrail, commune de Villard, canton de Dun. Ils ont été cueillis pour le compte d'un commerçant local qui expédie tous les ans de grandes quantités de houx destiné à rehausser les étalages parisiens et aussi à parer les intérieurs des citadins au moment des fêtes de Noël et du nouvel an. Depuis plus de vingt ans il est ainsi expédié par des camions du houx tant sur la Capitale que sur l'Angleterre où la « Christmas » est commémorée avec un éclat toujours très vif. J'ai donc pu me documenter largement sur la plante et ses particularités. Le houx à fruit jaune qui m'a été soumis, d'un bel effet ornemental avec ses graines d'or ne diffère guère du houx commun que par la coloration des drupes. Ces dernières sont d'un jaune citron très pur, très homogène ; leur forme est plus ovoïde que celle des graines rouges et les rameaux semblent moins garnis. Sur les tiges aucun panachage : uniquement des fruits jaunes comme sur l'arbuste. Ce dernier paraissait très vigoureux et n'offrait aucun signe de dégénérescence ou de maladie. J'ai interrogé les ramasseurs de houx ; ils ont été unanimes pour me dire que cette particularité était très rare ; beaucoup d'agriculteurs ne l'ont jamais observée. Un ami botaniste a découvert une seule fois un houx à fruit jaune dans la région de Gest (Cne de Saint-Sulpice-le-Dunois).
J'ai soumis un échantillon au Professeur Mascré, titulaire de la chaire de botanique à la Faculté de Pharmacie de Paris. Il m'a répondu en ces termes : « Pas plus que vous je n'ai trouvé mention dans aucun livre de houx à fruit jaune et personne dans mon entourage n'en a jamais rencontré. Je suis très embarrassé pour vous répondre et vous donner une opinion. Toutefois le fruit jaune, lorsque je l'ai reçu a pris une teinte brune après dessication et racornissement. Cela pourrait faire supposer que pour des raisons inconnues le processus de maturation a été interrompu. »
Personnellement je ne puis faire les mêmes déductions : les fruits que j'ai conservés sont restés jaune très pur malgré leur dessication. D'autre part il parait difficile d'admettre qu'une perturbation pathologique ait eu lieu pendant la maturation sans entraîner ipso facto des désordres dans la forme des fruits, dans leur coloration ; il n'y aurait pas eu dans ce cas cette évolution normale et régulière aboutissant à des graines bien formées, du même type (ovoïdes) et toutes colorées uniformément en jaune très pur.
Il est donc permis de supposer qu'il s'est produit — sous des influences que nous ignorons — une simple « déviation physiologique » dans le processus de maturation — déviation accidentelle ne nuisant en rien à la santé de la plante. Un fait d'importance est d'ailleurs à retenir en faveur de cette hypothèse : le ramasseur qui a cueilli ce houx m'a affirmé que le même pied, soigneusement repéré, a déjà fructifié sous la forme jaune il y a deux ans. Nous pouvons donc conclure que cet arbuste — s'il a produit autrefois des graines drupacées rouges (ce qui est possible) sous des influences que nous ignorons — est devenu producteur de fruits jaunes et que depuis il n'a pas reconquis son individualité « ancestrale ». Il serait intéressant de savoir si cette évolution est définitive. En vue d'observations ultérieures quelques pieds de ce houx ont été transplantés dans un jardin ; malheureusement, l'expérience a déjà démontré que dans les transplantations souvent les plantes devenaient stériles. Une expérience avec les graines serait encore plus concluante. Si les graines reproduisaient un houx à fruit jaune il faudrait donc admettre une variété de houx commun seule espèce signalée en France jusqu'à ce jour. Pour le moment le problème reste posé : s'agit-il d'une fantaisie due au hasard ou aux caprices de la nature qui ne sera que passagère ou bien verrons nous notre flore indigène s'enrichir d'une variété du houx commun si répandu dans notre Creuse.
Janvier 1949.
Emile GENEVOIX.
NOTE LUE EN SÉANCE – LE PRETENDU CAHIER DE DOLEANCES DU CANTON DE BOUSSAC
Dans son étude sur les Cahiers de doléances de la Creuse (Mém. Soc. Creuse Tome XXVIII 1942 p. 272) M. A. Murat mentionne la citation fort incomplète du Cahier de Boussac, faite par L. Duval dont l'Echo de la Creuse (L. Duval : Le servage dans la Creuse en 1789 — numéro du samedi 9 Juin 1888 p. 3) puis ajoute en note « Le cahier de Boussac aurait été rédigé par un homme de loi, M. de Sainctorent, notaire royal. Les extraits qu'en donne Duval sont insuffisants pour permettre de connaître approximativement le texte original. Une autre étude de ce même cahier aurait paru dans la Révolution Française, au tome XV, p. 95, il nous a été impossible de retrouver cette publication ».
Il est surprenant que M. Murat semble ignorer l'article de H. de Berranger, paru au tome XXVI (p. 324) des Mémoires des Sciences Naturelles et Archéologiques de la Creuse. M. de Berranger a retrouvé aux Archives Nationales les « Doléances paroissiales du canton de Boussac » et il a vu que le prétendu cahier de Boussac était en réalité un copieux mémoire, sans aucun caractère officiel, adressé à titre personnel à Necker, le 13 Mars 1789, par M. de Sainctorent, notaire royal à Boussac. Estimant que l'étendue de ce mémoire était sans rapport avec son intérêt, il s'est contenté de le résumer. Au reste L. Duval avait publié le plus intéressant de tous les articles, l'article 4 sur la main morte. A noter que le terme de canton (les trente quatre paroisses de la subdélégation de Boussac, selon Sainctorent) n'a été employé administrativement qu'après 1790.
J'ai pu voir le tome XV de la Révolution Française. Il ne contient pas d'étude du Cahier de doléances, mais simplement la reproduction de l'article de Duval « Le servage dans la Creuse », vraisemblablement envoyé à F. A. Aulard par ce dernier. Aulard n'a pas pris la précaution de vérifier la référence donnée par Duval et, sur la foi de celui-ci, a pris pour un cahier de doléances le mémoire personnel adressé par de Sainctorent à Necker. C'est H. de Berranger qui a montré l'erreur.
NOTE LUE EN SÉANCE – LE CAHIER DE LA PAROISSE DE BONNEVILLE
Le fascicule du Bulletin de la Société des Antiquaires de l'Ouest du 1er trimestre de l'année 1934 contient le texte du Cahier de doléances de la paroisse de Bonneville. Bonneville, qui est actuellement de la commune de Thauron, fut une succursale de Bosmoreau avant d'être érigée en paroisse en 1635. M. H. Rousseau, professeur à la Faculté de Droit de Poitiers, possesseur de ce cahier l'a publié en annexe à un article « Un poète Marchois en Poitou : Tristan l'Hermite et les Sainte-Marthe ».
Voici les principales doléances formulées dans le Cahier :
- Constitution de la Marche en pays d'état à l'instar du Dauphiné.
- Création d'un évêché à Guéret, doté avec les biens des couvents à supprimer.
- Organisation d'une paroisse régulière assurant le culte dominical : en 1789, la paroisse desservie par le curé de Bosmoreau se plaignait d'être obligée d'entretenir l'église de cette dernière paroisse située en Poitou.
- Egalité devant l'impôt et réunion des impôts sous une seule dénomination et un seul collecteur.
- Affranchissement à perpétuité des droits odieux de banalité, main-morte, servitude.
Antoine PERRIER.
Secrétaire adjoint de la Société Archéologique et Historique du Limousin.
NOTE LUE EN SÉANCE – CORRESPONDANCE POUJAUD DELAMARRE
Notre regretté collègue René de Bourran avait obtenu de Madame Louis Jorrand, née Poujaud, communication d'une assez copieuse correspondance échangée entre son père Emile Poujaud et le député Delamarre ; il me l'avait confiée en vue de son dépouillement, travail dont je fus détourné par la suite des évènements. L'examen de ces lettres vient de me montrer qu'elles ne se prêtent pas à l'analyse, et qu'elles ne révèlent pas de particularités susceptibles d'enrichir l'histoire locale, mais un disciple de l'école balzacienne y glanerait, pour ce qui touche au caractère des auteurs et à la psychologie sociale du milieu, de bons matériaux pour un chapitre de la Comédie humaine d'il y a quatre-vingts ans. Les missives s'échelonnent — avec des lacunes évidentes — sur une dizaine d'années à partir de 1858.
Avocat et fils d'avocat, Conseiller de préfecture à Guéret en 1852, Emile Poujaud avait épousé la fille du très estimé docteur Cressant, fils lui-même d'un chef de bureau de la Préfecture de la Creuse. Toute la famille avait été en étroite relations avec Delamarre lorsque celui-ci avait occupé, sous la Monarchie de Juillet, de 1842 à 1847, le poste de Préfet, y faisant montre d'une réelle activité avant d'être obligé de se démettre par suite du triomphe de son adversaire politique Legrand. Mais notre Normand (Delamarre était né à Guerlaville près de Candelec-en-Caux) n'avait pas abandonné la Creuse sans esprit de retour, et, après un passage dans les Finances, il avait mis à profit les relations gardées dans le Centre et les intérêts qu'il s'était créés à Jarnages pour obtenir d'abord un siège de Conseiller Général de ce canton, puis celui de député de l'arrondissement de Boussac. Il avait pris une part décisive à la nomination de Poujaud à cette sous-préfecture — « poste des plus agréables, écrivait-il, de beaucoup préférable à celui de secrétaire général du département ». Il lui obtint ensuite la Légion d'Honneur et un avancement de classe et intervint avec insistance pour recommander la candidature du docteur Cressant à la Croix d'Officier.
Bon administrateur et homme d'affaire avisé — il avait débuté par le notariat —, n'ignorant rien de l'art de se faire valoir, Commandeur de la Légion d'Honneur et familier des Ministères, notre député était déjà le commissionnaire bénévole de ses représentés dans toutes les occasions ; il faut voir quelle importance revêtait à ses yeux la moindre désignation dans sa circonscription, d'un instituteur local, d'un commissaire de police, d'un juge de paix, pour s'expliquer les considérations de tout ordre qu'il échangeait à ce sujet avec son correspondant et ami de Boussac. Quand il évoque les « milliers d'affaires qui l'appellent de sa résidence de Saint-Agnoult près Caudebec à Paris, souvent au détriment de sa santé » nous ne pouvons nous empêcher de noter que deux seulement de celles qu'il cite offrent vraiment un intérêt général : la réfection des quais « ignobles » de Chambon, et le tracé du chemin de fer appelé à desservir l'arrondissement. Par contre les habitants de celui-ci ne pouvaient douter de l'influence du député qui, en cinq ans, obtenait pour quinze paroisses des dons impériaux en ornements d'église : chandeliers, statuettes, ostensoirs, etc...
Au demeurant correspondance prolixe, d'une époque moins hâtive que la nôtre, n'abandonnant jamais le ton d'une courtoisie confiante et témoignant de relations familiales les plus intimes et les plus affectueuses.
H. HUGON.
NOTE LUE EN SÉANCE – MAGISTRATS CREUSOIS A LA COUR DE CASSATION
On trouve dans le tome XXIV (pp. 489-502) une étude du Conseiller Pierre Bouchardon, dans laquelle figure cette constatation que, parmi les magistrats, au nombre de plus de neuf cents, qui de 1790 jusqu'en 1900, ont accédé à la Cour Supérieure, la Creuse n'en peut revendiquer tout juste cinq. Il faut y en ajouter un sixième, ce qui améliore un peu la moyenne...
Silvain-Antoine Defougères est né à Bonnat en Marche, le 26 Février 1739, fils de Antoine Defougères et de Marguerite Jeangnaud. Après avoir été reçu avocat au Parlement, il a exercé, à partir de 1767, la profession d'avocat au siège présidial de Guéret.
Il est allé se fixer à la Châtre en Berry en fin 1776, et a été pourvu en titre de l'office de maire de cette ville en 1784. Il a donné, le 3 Septembre 1789, sa démission de maire (non acceptée par la ville), mais a été maire élu de la ville de la Châtre de Janvier 1790 jusqu'en Août 1790.
Nommé en Août 1790 l'un des administrateurs du département de l'Indre, il a occupé ce poste pendant deux ans, comme Vice-Président.
Elu, en Octobre 1790, Premier Juge et Président du Tribunal de district établi en la ville de La Châtre, il fut maintenu dans cette place en Novembre 1792. Il occupait encore cette place le 1er frimaire de la IIIe année républicaine (21 Novembre 1794). Les renseignements postérieurs immédiats me manquent, mais je sais qu'il est décédé juge au Tribunal de Cassation et que son oraison funèbre a été prononcée par le Président Muraire (?), le 10 floréal an IX (1803).
Jean MUNICH.