RÉUNION DU 20 JANVIER 1949
Présidence de M. le docteur Janicaud, président.
Présents : Mme Phély, Mlle M.-M. du Muraud, MM. Boudard, A. Carriat, l'abbé Fayolle, docteur G. Janicaud, C. Laborde.
Excusés : Mlles G. Brunet et M. Théreil, docteurs B. Bord et G. Bordier, MM. M. Dayras, Hauptmann, Colonel Michon, Moreau.
ADMISSION. — M. Germain Yvan, instituteur à Bussière-Dunoise.
ELECTION. — Sur demande du Président, M. Duportet est élu Membre Correspondant.
FINANCES. — M. C. Laborde, trésorier, donne la situation financière de la Société au 1er Janvier 1949 :
1°. — Recettes en 1948
Cotisations : 68.430 fr.
Vente de volumes : 6.251 »
Subvention du Département : 1.500 »
Subvention de la Ville de Guéret : 25.000 »
Entrées au Musée : 2.500 »
Coupon de rente : 120 »
Dons (Amis du Musée et divers) : 38.609 »
Reliquat en 1947 : 57.949 »
200.359 fr.
2°. — Dépenses en 1948
Gardien du Musée : 14.000 fr.
Mémoires (Impression, clichés, etc...) : 122.298 »
Frais d'envoi : 10.501 »
Musée frais d'entretien : 7.580 »
Versement Caisse d'Epargne cotisations Membre à vie : 28.800 »
Reliquat à reporter en 1949 : 17.120 »
200.359 fr.
Il expose que par suite de l'ascension folle des prix du papier et des frais d'édition, le fascicule des Mémoires en cours d'impression reviendra à 250 francs. De plus, les frais de port et d'emballage s'élèveront à 50 fr. environ. Il est donc indispensable de porter la cotisation à 300 fr. au moins. Après discussion, la fixation à 300 fr. de la cotisation est votée.
BIBLIOTHEQUE. — Reçu La Creuse Littéraire, supplément de La Creuse au Travail (M. Carriat) et la Revue Limousine de Tunis.
LECTURES ET COMMUNICATIONS. — M. Emile Génevoix envoie une note sur un Houx commun à fruits jaunes.
— M. Filhol envoie une très intéressante étude sur le bassin houiller de Bosmoreau.
— M. le docteur G. Janicaud commente un travail sur l'évolution de la monnaie française (du sou d'or au napoléon à 6.000 fr.). Il lit une notice biographique sur Fernand Maillaud peintre de la Creuse.
— Mme Phély lit une note intitulée « Coutumes et jeux d'autrefois ».
SÉANCE DU 17 MARS 1949
Présidence de M. le Docteur G. Janicaud, Président
Présents : Mmes Carel, Petit, Phély ; Mlle du Muraud ; MM. le Docteur G. Bordier, Boudard, Carriat, Laborde, Colonel Michon, l'Abbé Mirguet, Moreau.
Excusés : Mlles G. Brunet, M. Théreil ; MM. M. Dayras, Hauptmann.
DECES. — Nous avons à déplorer la mort de M. l'abbé P. Savoyant, curé de Nouhant ; M. Jacob Henri, 3, rue Pierre Penot, à Metz ; M. Provost Henri, horloger à Guéret.
Nous prions leurs familles d'agréer nos condoléances émues.
ADMISSIONS. — MM. Ardellier, 43, Cours Sablons, Clermont-Ferrand ; Bonneiras Louis, 60, rue Dulong, Paris (17e) ; Cuny Jacques, L'Age (Saint-Sulpice-le-Dunois) ; Dumajeaud J.-P., avenue Vion-Witcomb, Paris (16e) ; Laborde Alph., Ingénieur Agronome, 17, rue Morel-Ladeuil, Clermont-Ferrand ; Leclair Henri, Etudiant en Médecine, Marsac ; Ploux Gilbert, Président du Tribunal Civil, Guéret.
TRESORERIE. — M. G. Pellabeuf donne 300 francs.
BIBLIOTHEQUE. — Le Docteur G. Janicaud donne deux ouvrages de préhistoire.
LECTURES ET COMMUNICATIONS. — M. le Docteur Janicaud présente, de la part de Mlle Gerbeau Marcelle, un fragment important (2/3 environ) d'une grande lame néolithique, à double arête dorsale, en silex du Grand-Pressigny, trouvée à Beauvais (Saint-Victor), et, de la part de Mlle Jeanine Ferrand, un fragment plus petit d'une pièce analogue, trouvée dans un jardin de Guéret.
— M. R. Lugagne envoie une étude très poussée de l'orage du 15 Mai 1948.
— M. le Colonel Michon raconte un très curieux épisode de l'histoire du Maréchal de Boussac, Jean I de Brosse, (meurtre de Le Camus de Beaulieu).
— M. Maurice Dayras analyse une transaction intervenue entre Maître Anthoine Demyomandre, contrôleur des tailles en ce pays de la Marche, et Maître François Mage, notaire royal à Aubusson, le 21 Février 1587, sous la médiation de Duplantadis, juge châtelain d'Aubusson, relative au partage des eaux de la fontaine de Meouze, paroisse d'Alleyrat. Les eaux étaient partagées dans le temps chaque semaine, cinq jours à Demyomandre et deux jours à Mage pour l'irrigation de leurs prés.
Le 19 Mars 1611, Pierre Delacombe, greffier de la châtellenie d'Aubusson, donnait une expédition de la transaction. Le 31 Juillet 1825, M. Picon, propriétaire à Laubard, déposait cette expédition au rang des minutes de Dayras, notaire à Aubusson. Les eaux paraissent avoir été partagées comme il l'avait été prévu en 1587 jusqu'à une date récente. On voit par là quelle importance les propriétaires et gens de loi ont toujours attaché aux servitudes rurales.
— M. C. Laborde lit une mercuriale des denrées alimentaires en 1839 et 1849, très curieuse dans les circonstances actuelles.
— M. R. Boudard lit un remarquable travail sur la question romaine en Creuse, sous le Second Empire.
— Mlle M.-M. du Muraud lit une note sur les noms patois des animaux.
— Mme Phély lit une amusante page de ses souvenirs, sur un train de plaisir autrefois.
RÉUNION DU 19 MAI 1949
Présidence de M. le docteur G. Janicaud, président
Présents : Mmes Carel, Petit, Phély ; Mlles du Muraud et S. Paquet ; MM. le docteur Bordier, Boudard, Carriat, Genevrier, Laborde, colonel Michon, abbé Mirguet, Moreau.
Excusés : Mlles Brunet, Théreil ; MM. Dayras, Hauptmann.
ADMISSIONS. — MM. Barde Jean, à Châtelus-Malvaleix ; Fayard, Contributions Indirectes, à Guéret ; Lafaye Louis, 133, avenue Emile Zola, Paris 15e ; Talabot André et Talabot Marcel, transports, à Guéret.
CONGRES DE LA FEDERATION DES SOCIETES SAVANTES DU CENTRE. — Le Président rappelle que ce Congrès se tiendra à Limoges, les 12 et 13 Juin. Il invite les Membres de la Société à y adhérer et à envoyer des communications.
INSPECTION DES MUSEES. — Le Président relate la visite de M. l'Inspecteur Général des Musées de Province, qui a admiré le Musée de Guéret, mais estime que beaucoup d'objets devraient ne pas être exposés, et que diverses modifications devraient être faites dans l'ordonnance des salles.
BIBLIOTHEQUE. — Le docteur G. Janicaud fait don d'un recueil factice relié d'articles importants d'archéologie.
LECTURES ET COMMUNICATIONS. — M. E. Génevoix envoie une note sur une variété de truffe (Tuber Æstivum Vitt.) trouvée aux Forges, commune de Fresselines.
— M. M. E. Génevoix envoie une note sur une sépulture à incinération en coffre de granit avec urne de verre, trouvée à Lavaucoupet (Saint-Sulpice-le-Dunois) par M. Paquignon.
— M. A. Rivet communique une déclaration de 1754 et un extrait de délibérations du Conseil Municipal (1853), qui donnent d'utiles renseignements sur les anciennes murailles de Crocq.
— Mlle Lafaye donne le Règlement du Cercle Littéraire de Guéret, présidé par Louis Delille, en 1853.
— M. C. Laborde donne et lit un dossier sur un curieux conflit entre la direction du Musée de Guéret, et un ancien conservateur, Bonnafous (1850-51).
— Mme Phély lit une amusante note sur les communaux et la magique pièce de cent sous.
— M. Janicaud fait connaître une recette populaire pour le traitement de la rage.
Prochaine réunion le 21 Juillet à 15 heures.
RÉUNION DU 21 JUILLET 1949
Présidence de M. le docteur G. Janicaud, président
Présents : Mlle du Muraud ; Mme Phély ; MM. Améaume, Barde, Boudard, Janicaud, Hauptmann, Moreau, Vergeade.
Excusés : Mmes Carel, Petit ; Mlles Brunet, Théreil ; MM. le docteur Bordier, Dayras, Laborde, colonel Michon, abbé Mirguet.
DECES. — Nous avons à déplorer la mort de M. A. Loubaud. Nous prions sa famille d'agréer nos condoléances émues.
ADMISSIONS. — MM. Colnat Jean, archiviste à Guéret ; Durand Yves, étudiant à La Celle-sous-Gouzon, et Nouallet Edmond, entrepreneur à Guéret.
BIBLIOTHEQUE. — M. P. Noël fait don de son livre sur « La Pierre », très remarquable étude sur la pierre comme matériau de construction, son histoire, sa taille et son emploi.
— Le docteur Janicaud fait don d'un lot de brochures archéologiques.
LECTURES ET COMMUNICATIONS. — M. l'abbé Monnamy envoie une notice historique sur Magnat-Lestranges, une histoire de son prieuré, une liste de ses prêtres, et des sépultures effectuées dans son église.
— Le docteur Janicaud lit une courte note sur le Mont-Bernage (Puy des trois cornes).
— M. le docteur Janicaud lit et commente l'histoire ci-dessus du prieuré de Magnat.
— M. A. Rivet envoie un bail du Bers, membre de la Commanderie de Sainte-Anne (1790) et une copie d'un bail de la seigneurie d'Arfeuille, paroisse de Saint-Pardoux-d'Arnet (1754).
— M. René Martin envoie une copie de la Monographie de la paroisse de Lourdoueix-Saint-Pierre de l'abbé Ramade et un lot de documents concernant cette paroisse.
— M. R. Boudard lit un très intéressant travail sur la destruction des Arbres de la Liberté en 1853.
— Mlle du Muraud lit une étude sur Les fruits de la Creuse.
— Mme Phély décrit Un portrait d'autrefois, la mère Nono.
SÉANCE DU 15 SEPTEMBRE 1949
Présidence de M. le docteur G. Janicaud, président
Présents : Mmes Petit et Phély ; Mlle Théreil ; MM. Jean Colnat, Justin Faure, G. Janicaud, Abbé Mirguet, Jean Moreau.
Excusés : Mme Carel ; Mlle Brunet ; MM. le docteur Bordier, Boudard, M. Dayras, Laborde.
DECES. — Nous avons à déplorer la mort de M. P. Tournyol. Nous prions sa famille d'agréer nos condoléances émues.
ADMISSIONS. — M. Dubois Fernand, 1, rue Stephenson, Paris (18e) ; M. Tournyol Camille, Ingénieur, 13, rue de Paris, Pantin (Seine).
BIBLIOTHEQUE. — M. le docteur G. Janicaud fait don de deux ouvrages d'archéologie.
MUSEE. — Le Ministre des Beaux-Arts demande le prêt du portrait au crayon de Madeleine Chapelle, par Ingres, pour l'Exposition des Dessins Français qui doit s'ouvrir à Bruxelles au début de Novembre.
L'Assemblée autorise ce prêt.
LECTURES ET COMMUNICATIONS. — Le docteur G. Janicaud lit une étude sur Toulx-Sainte-Croix aux époques celtiques et gallo-romaine, étude dont un résumé avait été lu au cours de l'excursion de cette année.
— M. Adrien Rivet envoie deux extraits de délibérations du Conseil Général de la commune de Crocq (14 et 20 Mars 1740) concernant un four banal qu'il suppose avoir été situé dans la rue dite autrefois rue du Four, qui va du champ-de-foire à la rue de l'église.
Il envoie également deux copies de procès-verbaux concernant l'écroulement du château des Vergnes (Paroisse de Saint-Maurice-près-Crocq), qui s'est produit le 24-12-1824, et non le 21 comme on l'a dit, et la construction restée inachevée, d'une nouvelle maison en ce lieu (12-1 et 30-12 1824).
— M. le docteur Rochat envoie une notice sur l'église de Saint-Paul-de-Tercillat.
— Mme Phély lit une intéressante note sur un portrait d'autrefois.
SÉANCE DU 17 NOVEMBRE 1949
Présidence de M. le docteur G. Janicaud, président
Présents : Mlle M.-M. du Muraud ; MM. Boudard, Carriat, Colnat, Hauptmann, Janicaud, Laborde, Colonel Michon.
Excusés : Mlles Brunet et Théreil ; MM. le Docteur Bordier, le Docteur Bord, M. Dayras.
DECES. — Nous avons à déplorer la mort de M. Villechalanne, pâtissier à Guéret. Nous exprimons à sa famille notre sympathie émue.
FINANCES. — Le Trésorier nous informe que le déficit de nos finances a été rapidement comblé par les souscriptions généreuses de nombreux membres de la Société. Nous les assurons de notre vive gratitude.
BIBLIOTHEQUE. — Le docteur G. Janicaud fait don d'un nouveau lot de brochures archéologiques.
MUSEE. — Les sculptures prêtées à l'Exposition d'Art Marial de Limoges ont repris leur place au Musée, sauf la Vierge de Soubrebost que le Service des Beaux-Arts a emmenée à Paris pour faire disparaître l'horrible peinture grise qui cachait la dorure et les ciselures du cuivre.
LECTURES ET COMMUNICATIONS. — M. Adrien Rivet envoie la copie d'un bail de dimes de Dougnat (paroisse de Saint-Agnant-près-Crocq), par les doyen et chanoines de Crocq, passé devant Cornudet, notaire royal et apostolique à Crocq, le 29 Juillet 1759.
Le Docteur Janicaud présente deux certificats de civisme délivrés, l'un à Paris, l'autre à Guéret, en 1790, à un représentant du département de la Creuse à l'Assemblée Nationale.
Il lit une amusante « Ineptie rimée » de Hégésippe Cler, directeur-rédacteur du Courrier de la Creuse, revue un peu rosse de la Municipalité de Guéret vers 1892.
Il parle, d'après le Voyage en Finistère du citoyen Cambry (1795), des nombreux saints guérisseurs de la Bretagne et énumère quelques uns des remèdes employés par les magiciens, les sorcières, les rebouteux et les guérisseurs dans cette province où le médecin n'était alors que bien rarement consulté. Il invite les membres de la Société à noter toutes les vieilles recettes analogues qu'il sera possible de recueillir dans le département de la Creuse.
— Mlle M.-M. du Muraud lit une très intéressante étude sur l'heure des repas dans la région.
DONS AU MUSÉE DE GUÉRET EN 1949
Il a été donné :
— Par M. Faury, une hache en silex « préparée pour le polissage », trouvée au Soulier, Commune de Janaillat ;
— Par M. le docteur Rochat, de Genouillac, une grande hache polie en amphibolite ;
— Par Mlle Naillat Andrée, une hache polie en silex, brisée, trouvée à Cher-de-Bas ;
— Par M. Jean Pasty, un lot de silex néolithiques trouvés à Claverolle (Cne de Saint-Sulpice-le-Guérétois) ;
— Par M. Georges Odion, une piécette de Philippe III d'Espagne frappée à Barcelone (1617) ;
— Par M. le docteur G. Janicaud, une écritoire de poche en corne (XVIIIe siècle) ;
— Par M. Moreau Henri, à Champagnac-les-Mines (Cantal), un bicorne et un baudrier de gendarme ;
— Par les mines de Bosmoreau, deux vieilles pompes.
NOTE LUE EN SÉANCE – MINÉRAUX URANIFÈRES DU GISEMENT DE MONTEBRAS
Il existe à Montebras deux minéraux uranifères : la chalcolite et l'autunite.
CHALCOLITE : La chalcolite est le minéral uranifère le plus abondant. On le rencontre, en effet, dans la granulite franche, dans la granulite porphyroïde, dans la pegmatite, le greisen et le granit.
Sa formule est Cu O.2UO3. P2 O5. 8H2O.
La chalcolite n'est pas exploitable à Montebras, car elle ne se présente jamais en filon mais parsème irrégulièrement toutes les roches.
AUTUNITE : Sa découverte est très récente. M. Doucet l'a découverte pour la première fois grâce à une lampe à rayons ultra-violets dans la pegmatite en bordure de la granulite, il y a quelques années. Cette année même, j'ai trouvé des échantillons bien cristallisés (pour la première fois) dans le granit.
L'autunite est à Montebras une rareté minéralogique. Son analyse n'a en aucune manière été faite.
Les autres minéraux : curite, zeunérite et fritzchéite n'existent pas à Montebras.
La CURITE (un des uranates de plomb du Katanga) n'a été trouvée en France que dans l'exploitation d'uranium de Lachaux (Puy-de-Dôme) et à très rares exemplaires.
La ZEUNERITE (aséniate d'uranium et de cuivre) n'a été signalée en France que dans la Mine de La Garonne (Var) où elle est assez rare.
La FRITSCHEITE signalée en Saxe il y a fort longtemps, n'a jamais été retrouvée.
CONCLUSION : Les minéraux uranifères du gisement de Montebras ont, certes, un grand intérêt, mais seulement au point de vue échantillons minéralogiques : belles cristallisations de la chalcolite, rareté de l'autunite.
R. DEMANDER,
Administrateur-Directeur Commercial de la Société Nouvelle des Mines de Montebras.
NOTE LUE EN SÉANCE – LE MONT BERNAGE
Le Mont Bernage (du gaulois banno arca, « montagne cornue ») est une colline allongée, située dans la commune de Saint-Vaury, et s'élevant à 630 mètres au-dessus du niveau de la mer.
Son sommet forme une arête horizontale et rectiligne, longue de 500 mètres, que surmontent trois élevures équidistantes, accentuées par des bouquets d'arbres ; d'où le surnom de « Puy des trois cornes ».
L'élevure de l'Est est couronnée par les restes d'un retranchement préhistorique formé de rochers bruts et sans fossé ; dans l'enceinte subsiste un tertre artificiel, tumulus ou poste de guetteur. (Age du Bronze).
L'élevure centrale présente un curieux petit retranchement circulaire, d'époque inconnue, formé d'un talus et d'un fossé ; on l'appelle le « Jardin de saint Valéric ».
Entre ces deux cornes, un bac de granit est connu sous le nom de « Berceau de saint Valéric ».
Le Mont Bernage, dernier contrefort au Nord des Monts de la Marche, domine toute la région où son aspect imposant et pittoresque l'a rendu populaire. De son sommet, la vue découvre un immense paysage qui s'étend jusqu'au Berry. Le Folklore y retrouve les témoins de la curieuse légende de saint Valéric. Enfin, pour les archéologues, cette hauteur garde d'importants vestiges du passé : on y a trouvé des armes de l'âge du bronze, de l'âge du cuivre, et même de l'époque néolithique.
Ce site doit donc être protégé pour de nombreuses raisons. Il importe de lui garder son aspect si particulier, et pour cela, il est nécessaire de conserver les trois bouquets d'arbres qui accentuent si heureusement ses trois cornes.
Dr. G. JANICAUD.
NOTE LUE EN SÉANCE – LA RÉNOVATION DE LA TAPISSERIE
Notre bulletin qui a toujours enregistré l'évolution de l'industrie d'art de la tapisserie à Aubusson, et qui a suivi et noté le travail de rénovation de cette industrie, mené de longue date dans cette ville même, se trouve dans l'impossibilité de mentionner, même sommairement, la multitude d'expositions qui, depuis l'Exposition de la Tapisserie Française aux Musées d'Art Moderne à Paris en 1946, a consacré la rénovation de cet art bien français. Tant en France qu'à l'étranger et jusqu'en Amérique, ces expositions continuent à l'heure actuelle de présenter au public les productions modernes, souvent signées de très grands noms de la peinture française qui se sont tournés vers la décoration murale ; ces productions, dont l'immense majorité est tissée à Aubusson, suivant la technique des hachures et d'un nombre de tons limités, reprise pour la première fois depuis le XVIe siècle et adoptée par nos plus illustres cartonniers contemporains, redonnent ainsi au public averti le goût de ces tentures décoratives vigoureuses et franches qui avaient été abandonnées au XVIIe et au XVIIIe siècles, pour verser dans l'erreur de la copie servile de la peinture.
A l'occasion de l'exposition des Ecoles Nationales d'Art décoratif des départements (Aubusson, Bourges, Dijon, Limoges, Nancy, Nice), qui vient d'avoir lieu (Mars 1950) au Musée des Arts décoratifs à Paris, il est nécessaire de rappeler d'où est partie cette rénovation dont l'immense succès est aujourd'hui incontestable.
Après les travaux dirigés en ce sens par M. Antoine Jorrand, élève de Jean-Paul Laurens et directeur artistique de la manufacture que possédait sa famille à Aubusson, c'est l'Ecole Nationale d'Art Décoratif de cette ville qui, sous les directions successives de MM. A. M. Martin et Maingonnat, fut le véritable centre de ces recherches. Dans le volume du Centenaire de notre Société, nous le rappelions en exprimant l'espoir d'une réussite de cet effort. Cet espoir est aujourd'hui réalité.
Mais bien plus, et pour la première fois, les officiels reconnaissent, à l'occasion de l'Exposition des Ecoles Nationales, le travail effectué par celle d'Aubusson : dans la préface du catalogue de cette exposition du Musée des Arts Décoratifs, M. Albert Laprade, inspecteur général de l'enseignement artistique, écrit : « C'est de l'Ecole d'Aubusson, où depuis vingt ans on préconisait le retour à la technique des hachures... qu'est partie la renaissance de la tapisserie ». Dans le corps même du catalogue, l'article consacré à l'Ecole d'Aubusson mentionne que : « Dans cette Ecole, depuis 1917, un effort méritoire a été fait pour le retour aux grandes traditions des XVe et XVIe siècles et le merveilleux essor de la tapisserie moderne a eu pour point de départ ce véritable laboratoire de renovation ».
L'exposition a été inaugurée le 9 Mars 1950 par MM. Yvon Delbos, Ministre de l'Education Nationale, et Claudius Petit, Ministre de la Reconstruction, entourés des personnalités de la Direction Générale des Arts et des Lettres, qu'accompagnaient M. le Sous-Préfet d'Aubusson et M. Pauly, Sénateur de la Creuse.
L'Ecole d'Aubusson a présenté des tapisseries exécutées dans son atelier de tissage et à l'atelier-école fusionné depuis le 1er Janvier 1950 avec l'Ecole Nationale. Parmi ces tapisseries, citons celles tissées d'après des cartons de Perrot, Tourlière, Vogenski, Madame Pauline Pengnez, Madame Abel Idoux, Coutaud, Rouault, et la première tapisserie tissée par Jean Lurçat dans la technique rénovée.
Des vitrines contenaient des fragments de tapisserie, allant des premières notions de tissage aux éléments les plus difficiles ; des peintures et des compositions décoratives étaient également présentées avec des dessins d'enfants ; enfin, au centre de l'exposition était installé un métier de basse-lisse sur lequel un élève faisait une démonstration de tissage, d'après un carton d'un de ses camarades.
La presse parisienne artistique (Le Monde, Le Figaro, Arts, etc...) a commenté en des termes chaleureux, la présentation de cette exposition, faisant une place à part aux mérites de l'Ecole Nationale d'Aubusson.
Maurice DAYRAS.
NOTE LUE EN SÉANCE – TOPONYMIE CREUSOISE
C. Pérathon, dans son Histoire d'Aubusson (p. 132, 133), a donné sur l'étymologie du nom de cette ville, des indications imprécises. Il a exprimé dubitativement son opinion personnelle en disant : « Le nom primitif Albutio peut avoir une origine gauloise, car on y trouve le radical alb qui, dans la langue celtique, signifie hauteur et caractérise l'éminence sur laquelle une forteresse s'éleva dès les temps les plus reculés ». Cette explication est inexacte comme sont inexactes les suppositions plus ou moins fantaisistes de divers auteurs rapportées par Pérathon.
Aubusson est un nom de lieu gallo-romain formé, comme une infinité d'autres, en France et hors de France, sur un nom de personne, pour désigner un domaine. Ce procédé de formation a, on le sait, utilisé divers suffixes ; il a aussi parfois, simplement modifié la terminaison du nom de personne en faisant un nom de lieu en o, onis. C'est le cas d'Aubusson, à l'origine Albucio, formé sur le gentilice Albucius. (Cf. Longnon, Les noms de lieu de la France, numéros 354, 355). Le noyau du groupement qui devait devenir une ville a donc été un grand domaine gallo-romain appelé Albucio du nom de son maître, Albucius. Ce fait est en accord avec les découvertes archéologiques (Cf. Pérathon, loc. cit., p. 10 et 11) : restes de villa avec hypocauste à l'extrémité de la rue des Tanneurs, sépultures, monnaies, réemploi de pierres d'appareil romain dans le château du moyen âge.
Il va de soi qu'un tel nom doit avoir des homonymes, des Albucius propriétaires de domaines ayant pu habiter en diverses parties de la Gaule. Pérathon en a indiqué deux : Aubusson, chef-lieu de commune de l'Orne, et Aubusson, chef-lieu de commune du Puy-de-Dôme. Il a, pensant à l'étymologie du nom qu'il proposait, souligné l'analogie de situation en région accidentée de l'Aubusson auvergnat avec celle de l'Aubusson creusois. L'observation est dénuée d'intérêt, les domaines des Albucius pouvant être aussi bien en plaine qu'en montagne. Mais les homonymes ne se réduisent pas à deux.
Non loin de la Creuse, il y a un troisième Aubusson. C'est un village de la commune de Suzy-en-Vaux, canton de Sancerre (Cher), que mentionne le Dictionnaire topographique du Cher, de Boyer et Latouche, avec les formes anciennes Aubuçon, 1301, Aulbusson, 1580 ; Aubuisson, 1608 ; cette dernière forme est intéressante comme attestant la contamination par le nom commun buisson qui s'est aussi produite pour notre Aubusson et qui lui a valu l'attribut végétal de ses armes ainsi considérées comme « parlantes ».
Mais il y a d'autres homonymes à terminaisons différentes, noms aussi de domaines d'un Albucius formés avec le suffixe acus : Albussac, chef-lieu de commune du canton d'Argentat (Corrèze), Aubussay, village de la commune de Brinay, canton de Lurcy (Cher). Malgré la graphie actuelle, un autre village du Cher, Aubusset, Cne de Saint-Germain-des-Bois, canton de Dun-sur-Auron, parait bien être né du domaine d'un Albucius et il faut peut-être en dire autant du village d'Albusy, Cne de Saint-Christo-en-Jarrot, canton de Saint-Héond (Loire).
Au village de Lauradoueix, commune de Gouzon, existe une petite chapelle dédiée, comme l'étaient beaucoup d'autres chapelles rurales de notre région, à sainte Madeleine. Le nom du village y atteste l'ancienneté d'un lieu de culte. Il représente, en effet, le mot oratoire, en latin oratorium, terme qui a fourni, en France, un nombre important de toponymes de formes variées.
Lauradoueix appartient à ce groupe de la limite des langues d'oïl et d'oc, où se trouvent les deux Lourdoueix, chefs-lieux de communes : Lourdoueix-Saint-Pierre, dans la Creuse, Lourdoueix-Saint-Michel, dans l'Indre (Cf. Longnon, loc. cit., n° 1.411).
La forme ancienne du nom de ce village fournie, d'après Bosvieux, par le Dictionnaire de la Creuse de Lecler, est : L'Oradour, 1350 ; L'Ouradour, 1579. Cette forme est celle qu'a prise oratorium en langue d'oc (Ex. Oradour-sur-Glane, Oradour-sur-Vayres, Hte-Vienne), dont il faut rapprocher chez nous le nom de Saint-Oradoux = Adorator (Saint-Oradoux-de-Chirouze, Saint-Oradoux-près-Crocq). Cette transformation près de Gouzon de l'Oradour en Lauradoueix implique, comme tant d'autres faits, une régression de la langue d'oc qui n'était pas achevée au XVIe siècle et on doit remarquer la liaison entre les formes des deux langues attestée par la présence dans Lauradoueix de l'a antétonique que n'a pas Lourdoueix, forme de pure langue d'oïl.
Il faut peut-être rattacher aussi à oratorium trois autres noms de villages de la Creuse : Aurioux, commune de Saint-Pierre-le-Bost (canton de Royère) ; Laurioux, commune de Saint-Germain-Beaupré, et Louroux, commune de Saint-Priest, canton d'Evaux (Cf. Longnon, loc. cit., n° 1412). Il y a apparence qu'on a, là, la forme de langue d'oïl assez répandue Oroux, Ouroux, issue de Orour et Ourour, réduite par la chute du t intervocal et de l'a antétonique. Un mécanisme analogue a donné la forme voisine Ourouer, qu'on trouve en Berry. Mais, pour l'un de ces villages creusois, Aurioux, il n'a pas été relevé de formes anciennes et pour les deux autres, celles fournies par Lecler présentent le nom déjà fixé et l'étymologie à laquelle on songe comporte donc des réserves.
Tous ces noms venus d'oratorium, donc d'origine ecclésiastique, placent approximativement au début du moyen âge au plus tôt la naissance des groupements qu'ils ont désignés.
Louis LACROCQ.
NOTE LUE EN SÉANCE – MURAILLES, ET DE LA VILLE DE CROCQ
« Charles par la grace de Dieu roy de France. Aux baillι et chastellain de Montferrant ou à leurs lieutenans salut. De la partie des consultz, manans et habitans de la ville chastellenie et mandement de Croc nous a esté humblement exposé disans que ja soit ce que dès le mois de Mars l'an mil quatre cens vint et trois ils eussent obtenu nos autres lettres desquelles leu dit la teneur estre tele : Charles par la grâce de Dieu Roy de France. A tous ceulx qui ces presentes lettres verront salut. Oye avons humble supplicacion des consulz, manans et habitans de la ville chastellenie et mandement de Croc contenant que ledit lieu de Croc est assis en clef de pays marchissant à l'entrée d'Auvergne, de Guienne, de Combraille et de la Marche et à ceste cause est plus foulée et domaigée des gens d'armes et autres passans, séjournans et repassans par les diz pays. Et pour ce les diz supplians, afin de garder et sauver eulx et leurs biens ont propos et intention de faire clore ladicte ville de Croc qui est avantageuse, se sur ce il nous plaisoit leur octroyer nos congé et licence, si comme ils dient en nous humblement requérant que attendu que les seigneurs ou dames moyens soubz nous de ladicte ville sont d'accord que icelle ville soit close et que ce sera le proufit de tous les dis habitans et aussi de nous et la seureté du pays d'environ, nous leur vueillons sur ce pourvoir de notre grâce.
« Pourquoy nous considéré ce que dit est, à iceulz habitans ou cas dessus dit avons donné et octroyé, donnons et octroyons de grâce spécial par ces présentes plaine puissance et auctorité, royal congé et licence de clore et faire clore et fortiffier de murs, tours, fossés, portes et autres choses la dicte ville de Croc, pourveu aussi toutes voies que ce ne nous tourne à domaige ou préjudice ne au pays d'environ et que les diz supplians facent le guet au chastel dudit lieu de Croc ou autrement où ilz sont tenuz ainsi qu'ilz ont acoustumé. Si donnons en mandement par ces présentes au Seneschal d'Auvergne et à tous nos autres justiciers ou à leurs lieutenans et à chacun d'eux si comme à lui appartiendra, que se appelez ceulx qui seront à appeler il leur appert de ce qui dit est, ils facent, souffrent et laissent lesdiz supplians joyr et user paisiblement et plainement de notre presente grâce, congé et licence sans sur ce leur donner ne souffrir estre fait ou donné aucun destourbier ou empeschement au contraire. Non obstans quelconques ordonnances, mandemens ou defenses au contraire. En tesmoing de ce nous avons fait mettre notre scel à ces présentes.
« Donné à Bourges le XXVIIe jour de Mars l'an de grâce mil quatre cens vint et trois et de notre règne le second avant Pasques.
« Néanmoins les diz exposans n'ont encores aucunement présenté nos lettres dessus transcriptes ni d'icelles requis l'entérinement tant pour ce que le pais d'Auvergne, qui lors estoit en notre main a depuis esté baillé et délivré à notre très cher et amé cousin le duc de Bourbon et que le Seneschal d'Auvergne auquel elles s'adreçoient et lequel estoit lors notre officier est de présent seneschal audit païs pour notre dit cousin comme aussi pour les gens d'armes et grans guerres qui depuis l'octroy de nos dictes lettres ont esté continuellement environ ladicte ville de Croc et mesmement que depuis icelle ville a esté pillée par les Anglais qui détiennent et occupent le chastel de Masseret en Guienne. Si comme dient iceulz exposans requérans humblement sur ce notre provision.
« Pourquoi nous attendu ce que dit est vous mandons en comettant se mestier est, et à chacun de vous qui sur ce sera requis que s'il vous appert de nos dictes lettres vous icelles mettez à exécution selon leur forme et teneur tout ainsi et par la forme et manière que vous feriez et pourriez faire si elles se adreçoient à vous et à chacun de vous. Car ainsi nous plaist-il être fait de grâce especial par ces présentes. Non obstant qu'elles soient surannées. Dont nous en tant que mestier est avons relevé et relevons iceulz exposans de notre dicte grâce. Et quelconques lettres subreptices impétrées ou à impétrer à ce contraires.
« Donné à Poitiers le XIIIIe jour de l'Aoust l'an de grâce mil CCCCvint et huit et de notre règne le sixième — Soubz notre scel ordre en l'absence du grand ».
Pour copie conforme :
G. DE FOURNOUX.
(Archives personnelles).
NOTE LUE EN SÉANCE – COMMANDE D'UN TABLEAU POUR L'ABBAYE DE BONLIEU (1786)
Entre les parties soussignées s'en suivent les conventions suivantes : savoir que mon sieur Delaporte, peintre privilégié de l'Académie royale de Lion, promet et m'engage par ses présentes à faire un tableau pour le maître autel de l'église de Bonlieu de la grandeur de huit pieds de haut sur sept pieds de large, moyennant le prix et somme de soixante et douze livres en ce qu'il me sera fourni par le sieur procureur de l'abbaye dudit Bonlieu le chassis tout fait, la toile, les clouts, l'huile, les couleurs pour l'impression, le blanc de séruse pour la tunique de la Vierge et le bleu de Prusse pour son manteau ; lequel tableau représentera la Conception de la Vierge, ou autrement dit Ecce Mater tua. Promet exécuter ledit tableau conformément aux règles du dessein et l'are de la peinture, le finir du mieux qu'il sera possible. Et moi, Jean Marie Compagne, prieur, et Gilbert Lescouriou, procureur, promettons tenir les conventions ci-dessus expliquées, payer le montant du prix convenu après la réception et acceptation dudit tableau en ce qu'il sera fait et exécuté par ledit Delaporte conformément aux promesses qu'il en a donné par ses présentes. En foy de quoy pour plus grande sureté avons signé le présent double respectivement chacun en ce qui nous concerne. Fait à Bonlieu ce trois Décembre mil sept cent quatre vingt six.
Signé : Lescouriou, procureur ; Compagne, prieur ; Delaporte.
Receu le montant du présent mémoire. Fait à Bonlieu ce 8 Avril 1787. Signé Delaporte.
(Archives départementales de la Creuse, H. 511).
Pour copie conforme : Louis LACROCQ.