SÉANCE DU 15 JANVIER 1953
Présidence de M. le docteur G. Janicaud, président
Présents : Mlles S. Pasquet, Schnir, M. Théreil, M. M.-H. Bon, Céron, A. Cléret, E. Cluzet, R. Hauptmann, H. Hemmer, C. Laborde, l'Abbé Mirguet, J.-B. Moreau.
Excusés : MM. M. Dayras, Louradour.
Décès : Nous avons à déplorer la mort de M. le docteur Lacourbes, d'Auzances. Nous exprimons à sa famille nos condoléances émues.
Admissions : Mlle G. Breuil, 50, avenue Cresson, à Issy-les-Moulineaux, (Seine) ; Mme Lardy, rue du Prat à Guéret ; M. M. Bonnet Raymond, Brugnat, Commune de Sainte-Feyre ; le docteur Ludwig Hantzichel, Wenderstrasse à Gottingen, (Allemagne) ; le docteur Lapine, Guéret ; Jean Maulléras, Pharmacien, 46, avenue Albert Thomas à Champigny (Seine) ; M. Mérigot, Pharmacien, avenue Manouvrier à Guéret.
SITUATION FINANCIERE. — M. le Capitaine Céron, trésorier donne l'état de nos finances au 1er Janvier. Il se résume ainsi :
Reliquat au 1er Janvier 1952 ............ 122.743 frs
Recettes en 1952 .................... 221.600
Dépenses en 1952 .................... 195.540
Reste en caisse au 1er Janvier 1953 .... 148.803
Des félicitations sont votées au trésorier pour son heureuse gestion.
BIBLIOTHEQUE. L'Association des Creusois de Paris nous fait le service de son bulletin mensuel. Nous lui adressons nos vifs remerciements. L'Exposition des dessins français aux Etats-Unis, à laquelle nous avons prêté un dessin de notre Musée, nous a envoyé son très beau catalogue.
MUSEE. — M. le professeur Heim du Muséum, qui a visité récemment le Musée de Guéret, s'est montré très intéressé par l'importance et la beauté de nos collections d'histoire naturelle locale, et surtout par la collection de moulage de reptiles, batraciens et poissons (une collection analogue est en cours de création au Muséum). Il nous a fait accorder, par le Muséum, une subvention de 50.000 francs. Nous lui exprimons notre vive gratitude.
LECTURES ET COMMUNICATIONS. — Le docteur Janicaud signale la découverte, qui lui a été signalée par M. l'abbé de Montaigut, d'une belle hache polie trouvée à Montégudet, et d'un autel gallo-romain avec inscription votive, à Thauron.
— M. H. Hemmer lit une communication sur un procès relatif à des droits honorifiques en l'Eglise de Sainte-Feyre.
— M. Boudard lit d'intéressantes lettres du sous-préfet Antoine Chassou sur le sacre de Napoléon 1er.
M. Laborde lit une note sur le beau groupe de la famille de la Vierge, de l'Eglise de Chavanat.
— Mlle S. Pasquet lit une étude de Mlle du Muraud sur le costume creusois.
SÉANCE DU 19 MARS 1953
Présidence de M. le Docteur G. Janicaud, président
Présents : Mmes Bonnet et Lardy, Mlle Schnir, MM. R. Bonnet, Céron, A. Cléret, M. Dayras, R. Hauptmann, H. Hemmer, C. Laborde, Louradour, J.-B. Moreau.
Excusés : Mlles Brunet et Théreil.
DECES. — Nous avons à déplorer la mort de Mme Mazet, veuve de M. Albert Mazet, premier président de la Société des Amis du Musée de Guéret, et l'un des plus grands bienfaiteurs de ce Musée. Elle-même, après la mort de son époux, avait fait des dons importants ; son testament vient d'y en ajouter de nouveaux. Nous garderons d'elle un souvenir fidèle et nous prions sa famille d'agréer nos plus sympathiques condoléances.
ADMISSION. — L'Université de Louvain (Belgique).
BIBLIOTHEQUE. — Il a été donné : par René Barbin Le Château de La Villeneuve (Vallière) ; par M. Limouzin-Lamothe, Le Diocèse de Limoges du XVIe siècle à nos jours, et par M. le Docteur Janicaud, trois des principaux ouvrages de Ch. Darwin, les Récifs de Corail, l'Origine des Espèces et la Descendance de l'Homme.
LECTURES ET COMMUNICATIONS. — M. Roger Crédeau signale la découverte d'une hache polie en diorite (ou amphibolite) à Maffe, commune de Saint-Maurice-la-Souterraine, d'une hache marteau au Queyroix (même commune), et de silex taillés à Chabannes (Saint-Pierre-de-Fursac) et à Brède.
Me M. Dayras présente une hache de bronze à talon trouvée en février 1952 par M. Prudhomme, à Balzine (St-Chabrais).
Le Docteur Janicaud lit un article du Mémorial Administratif du département de la Creuse, du 9 Novembre 1811 sur les ruines de Brède, qui nous apprend qu'à cette date les seules formes connues de ce nom étaient Bré, Bret, Bretum et Brède. Les graphies pseudo-celtiques Breth et Breith sont donc postérieures.
— Me M. Dayras lit une curieuse prière politique qui date de l'époque du Ministère Choiseul (1758-1770).
— Mme Gilbert, 78, rue Vaveix à Aubusson, envoie l'acte de vente de sa maison en date du 8-2-1779, acte dont elle fait don aux archives départementales.
— Me M. Dayras lit une note sur un Complot antisansculotique à Aubusson en l'An II.
— M. C. Laborde lit une étude sur le Culte de Saint-Blaise dans la Marche.
SÉANCE DU 21 MAI 1953
Présidence de M. le docteur G. Janicaud, président
Présents : Mlle Théreil, MM. le capitaine Céron, A. Cléret, M. Dayras, H. Hemmer, G. Janicaud, J.B. Moreau.
Excusés : Mme Bonnet, MM. R. Bonnet, Boudard, Hauptmann, Louradour.
DECES. — Nous avons à déplorer la perte de M. le docteur Louis Bretelle de Guéret, et de M. A. Rivet. (Membre correspondant à Crocq). Ce dernier nous envoyait assidûment d'intéressantes communications sur sa région de Crocq, dont beaucoup ont été ou seront publiées dans nos Mémoires.
ADMISSIONS. — Mme Monthioux, institutrice, 91, rue Dubourdieu, Bordeaux. MM. Juillet Jacques, Préfet, 77, rue de Monceau, Paris (8e), Rivet Joseph, photographe et correspondant de presse à Crocq, M. Warin, au château de Beaumont (Commune de Saint-Yrieix-les-Bois).
CLASSEMENT. — Le Ministère des Beaux-Arts nous informe du classement comme site pittoresque, de l'ensemble constitué, au Bourg-d'Hem, par l'église et la place du monument de Pierre Bourdan.
EXCURSION. — Le Président nous informe de ce que l'excursion annuelle de la Société se fera le 21 Juin, et intéressera les communes d'Anzême, Champsanglard, le Bourg-d'Hem, Chéniers, Bonnat, Genouillat, Roches, Jouillat et Saint-Fiel.
MUSEE. — Le Président nous apprend que le beau portrait au pastel de Mlle Guilleaumaud par Guiraud de Scevola avait été exposé au Salon de 1929, dont il fut un des clous.
BIBLIOTHEQUE. — M. Cure fait don de la première année de la Revue Sociale de Pierre Leroux, et de la Carte de la Creuse de Potier (1826).
LECTURES ET COMMUNICATIONS. — M. E. Génevoix envoie une étude sur un oiseau rare dans le département, le Busard Saint-Martin, (Circus Cyaneus Com.), dont un exemplaire a été abattu près de Dun-le-Palestel.
M. M. Dayras présente une hache polie en silex, partiellement retaillée à grands éclats, et trouvée par M. François Joulot, dans la terre de la Combette, Commune de Saint-Marc-à-Frongier.
SÉANCE DU 16 JUILLET 1953
Présidence de M. le docteur G. Janicaud, président
Présents : Mme Lardy et Monthioux ; Mlle Théreil ; MM. Balland, Chatreix, Cléret, Hemmer, Louradour, Moreau.
Excusés : MM. Boudard, Dayras et Laborde.
ADMISSIONS. — Mlle Pauly Francine, 2, rue Auguste Vitu, Paris (15e) ; M. Jean Rouel, directeur de l'Ecole d'Agriculture Defumade, Ahun.
BIBLIOTHEQUE. — M. Moreau, bibliothécaire fait don de l'Histoire Naturelle des champignons, de Sicard.
LECTURES ET COMMUNICATIONS. — M. Emile Génevoix envoie une note sur un cas de fécondité exceptionnelle d'un furet (Putorius furo), qui a mis bas 11 petits, au lieu de 4 à 5, nombre normal. Il signale la découverte récente, au Bost, commune de Naillat, par M. Morot, d'un souterrain-refuge à entrée dallée et galerie de 2 m. de large sur 1,80 m. de haut, divisée en deux parties par une cloison percée d'une ouverture étroite. Il n'y fut trouvé que quelques tessons de poterie noire mate.
— M. Chatreix présente plusieurs outils néolithiques, couteau et pointes de flèches en silex recueillis aux environs de Saint-Maurice-La-Souterraine.
— M. Antoine Perrier, professeur d'histoire au Lycée Gay-Lussac de Limoges, envoie une note complémentaire de l'étude de M. Boudard sur des tentatives de pénétration de la Religion Réformée dans le Département de la Creuse, et relatant la fin de la carrière, en Haute-Vienne, de l'instituteur évangéliste Bernard.
Est faite une note restée inédite de P. de Cessac, sur des sépultures gallo-romaines à incinération dans des amphores, découvertes à Châtelus, commune de Saint-Priest-la-Feuille, en 1878.
— Le docteur Janicaud lit une note sur une monnaie gauloise de type lémovique, trouvée au Puy-de-Gaudy, et signalée par Bonnafoux, mais non encore décrite.
— M. Louradour décrit une pierre taillée, ornée de fleurs de lys et d'une croix de Malte, découverte récemment dans l'église de Maisonnisses, et qui a dû servir de socle à une statue.
SÉANCE DU 19 SEPTEMBRE 1953
Présidence de M. le docteur G. Janicaud, président
Présents : Mme Lardy, MM. Balland, Hemmer, Hauptmann, Laborde, Louradour, Moreau.
Excusés : Mlles S. Pasquet et M. Théreil, MM. Chatreix, Dayras, Guillon.
BIBLIOTHEQUE. — Dons de M. le docteur Janicaud : Haeckel, Histoire de la Création des êtres organisés, et Havelock Ellis, la Sélection sexuelle chez l'Homme.
MUSEE. — A la longue série des legs de Mme et M. Albert Mazet, viennent s'ajouter deux beaux meubles, fin Louis XVI une table à jeu et un petit bahut.
LECTURES ET COMMUNICATIONS. — M. E. Genevoix envoie une note sur un Scorpion languedocien (Buthus occitanus Lin.), découvert à Malleret (Guéret) par M. Dupain.
On lit la copie faite par M. Dutheil, des Statuts de la dévote compagnie des Pénitants Blancs de la Ville de Saint-Voulry, érigée soulz l'invocation du glorieux sainct Jean-Baptiste (XVIIe siècle).
— M. H. Hemmer lit un important travail sur les Ateliers de charité d'Aubusson et de Felletin, à la veille de la Révolution.
— M. Balland donne les diverses définitions de l' « ogive » données par de nombreux ouvrages. Le docteur Janicaud rappelle que les constructeurs de nos églises médiévales appelaient « augive » (arcus augivus), les nervures diagonales qui soutenaient les arêtes des voûtes gothiques. La découverte de la « croisée d'ogives » leur permit, de substituer aux massives et pesantes voûtes romanes en berceau plein cintre ou en berceau brisé, des voûtes beaucoup plus légères. Ce fut le grand progrès d'où dériva tout l'art ogival, l'opus francigenum ou « art français », comme il fut alors nommé dans toute l'Europe. Plus tard, les Italiens de la Renaissance, ne comprenant rien à cet art si différent du leur, l'appelèrent dédaigneusement « gothique ». Le mot ogive garda son sens médiéval jusqu'au XVIIIe siècle, où un architecte ignorant confondit l'ogive avec l'arc brisé. Cette erreur fut reproduite par de nombreux auteurs, puis répandue et vulgarisée au XIXe siècle par Arcisse de Caumont, et admise alors par tout le monde. C'est l'Ecole des Chartes qui, remontant aux textes, démontra l'erreur et réussit à l'extirper de l'enseignement archéologique.
— M. C. Laborde présente le Journal d'une Marchoise, ouvrage anonyme contant un voyage à travers les Indes. Il en lit de curieux passages décrivant les splendeurs et les mœurs du pays, et surtout les crémations au bord du Gange.
SÉANCE DU 19 NOVEMBRE 1953
Présidence de M. le Docteur Janicaud, président
Présents : MM. Capitaine Céron, A. Cléret, H. Hemmer, G. Janicaud, M. Lemarquand, C. Laborde, J.B. Moreau.
Excusés : Mme J. Bonnet, Mlle M. Théreil, M. M. Dayras, M. Hauptmann.
DECES. — Nous avons à déplorer la mort de M. Bruzin, Conseiller d'Etat, décédé à Evaux et de M. H. Hugon, Trésorier payeur général en retraite. Ce dernier, d'origine guérétoise, président d'honneur de la Société Historique et Archéologique du Limousin, était administrateur de la Société des Amis du Musée de Guéret. Il avait donné à nos Mémoires de nombreux articles d'histoire locale, de Numismatique et d'Art héraldique, et, à notre Musée, de beaux dessins de nos vieux monuments.
ADMISSIONS. — MM. Auguste Guerrier, retraité à Guéret, Maurice Lemarquand, agent général d'assurances à Guéret, A. Paricaud, Ingénieur de l'Air, 113, rue Bobillot à Paris (13e).
BIBLIOTHEQUE. — Il a été donné par le Docteur Janicaud, les volumes suivants : Th. Huxley, Du singe à l'homme ; J. Lamarck, Philosophie zoologique ; F. le Dantec, La Crise du Transformisme.
LECTURES ET COMMUNICATIONS. — A propos d'un récent article de journal, le docteur Janicaud rappelle que beaucoup de rivières de la Creuse roulent des paillettes d'or et que la pratique de l'orpaillage y fut autrefois assez prospère. Il signale que l'uranium y a été trouvé en de nombreux points, mais jamais encore en quantités exploitables.
M. Rivet, de Crocq, relate la découverte déjà ancienne à la Mazière-aux-Bonshommes, d'une sépulture gallo-romaine à incinération en coffre de granit. L'ossarium, ovoïde, est creusé d'une cavité cubique entourée d'un bourrelet circulaire. L'urne, brisée lors de la trouvaille, a disparu. L'absence de monnaie et de poteries ne permet pas une datation précise.
M. Léon Chaize communique l'histoire d'un moulin et de ses meuniers, rapportant les discussions entre le meunier et son seigneur, la disparition d'un droit féodal à l'époque révolutionnaire et la vente d'une fiancée.
M. L. Cognet envoie une lettre, datée de 1729, adressée à MM. « les Juras » de Carcassonne, par un capitaine-adjudant-major du régiment de la Marche qui s'informe du sort de ses soldats blessés ou malades restés dans la ville où son unité avait stationné.
M. R. Boudard envoie deux intéressantes études historiques, sur La répression policière en Creuse après le coup d'état de 1851 et l'Arrivée en Creuse de la nouvelle des batailles de Magenta et de Solférino (Juin 1859).
M. H. Hemmer lit une importante étude sur l'officialité au XVIIIe siècle, son organisation en Haute-Marche, et un procès devant l'officialité de Chénérailles en 1756, témoignant notamment de « l'humeur belliqueuse » des curés marchois d'alors.
SOCIÉTÉ DES AMIS DU MUSÉE DE GUÉRET (1)
RÉUNION DU 28 JANVIER 1954
Présents : MM. Cléret, Clergeau, Gouvernaire, Hemmer, Janicaud, Laborde.
Excusés : Mlle M. Théreil, MM. Dayras, Hauptmann, Vernadeau.
ADMISSIONS. — Mlle Rigault, professeur au Lycée de Jeunes Filles, MM. Clergeau, professeur au Lycée de Garçons et Hemmer, archiviste départemental.
ELECTIONS. — Il y a lieu de renouveler totalement le bureau. Sont élus :
Président : M. Jules Lagrange, maire de Guéret.
Vice-Président : M. Vernadeau.
Secrétaire : Docteur G. Janicaud.
Trésorier : M. Gény.
Administrateurs : MM. Cléret, Clergeau, Cluzet, Dayras, Gouvernaire, Hauptmann, Hemmer, Laborde et Moreau.
Des remerciements sont votés à la Municipalité de Guéret pour les aménagements effectués à la salle d'Entomologie du Musée, et à la Caisse d'Epargne pour la subvention de 10.000 francs qu'elle a accordée au Musée.
FINANCES. — Les recettes en 1953 se sont élevées à 30.880 francs et les dépenses à 9.828 francs. La différence a été versée à la Caisse d'Epargne, ce qui a porté notre dépôt à 124.589 francs.
Des félicitations sont votées au trésorier pour son heureuse gestion.
Il a été décidé de porter à 100 francs la cotisation annuelle.
Sur demande de M. C. Laborde, il est décidé de faire imprimer des pancartes-réclames pour le Musée, destinées à être exposées dans les établissements fréquentés par les touristes.
(1) Séance statuaire de Décembre 1953 que les circonstances ont fait repousser d'un mois.
DONS AU MUSÉE
Il a été donné en 1953 :
— Par Mme A. Mazet, une table à jeu et un bahut laqué (XVIIIe siècle).
— Par Mlle Schnir, une tête de femme (dessin) signée Borsi, et un portrait d'homme (dessin) signé Delfau.
— Par M. Cléret, trois médailles de bronze, commémoratives de la visite à la Monnaie, le 6-7-1885, de l'empereur et l'impératrice de Russie.
— Par M. R. Drouillette, deux billets de la Banque du Viet-Nam.
— Par M. Jouannaud, un révolver à piston, et à barillet long faisant canon.
— Par la Municipalité de Guéret, la clef et la serrure de l'ancienne prison (début XIXe siècle).
NOTE LUE EN SÉANCE – UN CAS DE FÉCONDITÉ EXTRAORDINAIRE CHEZ LES FURETS
M. Jean Nadaud de Dun qui élève des furets me signale un cas de fécondité tout à fait rare observé dans son élevage. Récemment une famille a mis bas 11 petits alors que normalement le nombre est de 4 ou 5 par portée, comme chez les autres mustélidés. Ce fait extraordinaire peut intéresser les éleveurs. On sait que le furet n'est qu'une variété du putois domestiqué depuis des temps très reculés. C'est en quelque sorte une espèce créée par l'homme. On ne trouve plus de furet à l'état sauvage et ceux qui se perdent dans les terriers périssent généralement très rapidement l'état de liberté ne leur convenant pas. Le furet ne fait donc partie d'aucune faune régionale. C'est un animal domestique.
E. GENEVOIX
NOTE LUE EN SÉANCE – DÉCOUVERTE D'UN SOUTERRAIN-REFUGE SUR LA COMMUNE DE NAILLAT
En labourant une terre, M. Marot, propriétaire au Bost, commune de Naillat vit subitement ses bœufs se cabrer d'une façon désordonnée.
Ne sachant à quoi attribuer ce comportement il chercha à les apaiser de la voix tout en relevant sa charrue. Il se rendit compte très vite que le sol s'effondrait sous le poids des animaux et qu'il était temps de suspendre le travail pour éviter un grave accident. Il ramena aussitôt ses bœufs à la ferme et accompagné de voisins il revint sur les lieux pour examiner l'excavation qui s'était produite à environ un mètre du sol. Le souterrain qu'il venait de découvrir avait environ 1 m. 80 de hauteur. Il se présentait sous l'aspect d'un couloir de 2 mètres de large sur 4 mètres de long, mais à ce premier couloir très bien taillé dans le roc mort avec parois nettes et voûte soignée, un deuxième couloir faisait suite ; cependant les deux étaient reliés par une ouverture réduite, 60 × 80 cm., taillée dans une partie rocheuse qui avait été laissée à titre de cloison, comme si les constructeurs avaient craint qu'une voûte d'une trop longue portée ne nuise à la solidité du refuge.
Aucune trouvaille intéressante à l'intérieur du souterrain m'a dit M. Marot, sauf quelques débris de poterie noire non vernissée. Ces fragments ont été égarés près de tuiles signalées. L'un des couloirs paraissait être desservi par un dallage en pente qui devait servir d'accès.
Le sol semblait imprégné d'une matière grasse noirâtre, comme bitumeuse, résultant peut-être de combustions ?
M. Marot attribue sa découverte aux pluies abondantes qui avaient détrempé plus profondément le sol au moment du labour, enfin au poids des bœufs puissants qu'il employait pour un labourage profond ?
S'agit-il d'un souterrain refuge d'époque médiévale ou d'un travail plus ancien ? Je signale le fait au Docteur Janicaud qui seul pourrait je crois nous renseigner d'une façon précise.
Emile GENEVOIX Dun-le-Palestel 10 Juillet 1953
NOTE LUE EN SÉANCE – SUR UN INSTITUTEUR ÉVANGÉLISTE DE GUÉRET AU SIÈCLE DERNIER
Un ouvrage récent, « Protestantisme Limousin », publié en 1948 avec le concours de M. R. Baubérot, professeur d'histoire au Lycée de Limoges, et divers collaborateurs, permet de suivre la carrière de l'instituteur évangéliste Barnaud, dont M. René Boudard a rappelé le séjour à Guéret en 1858 dans un article des Mémoires de la Société de la Creuse, fascicule de 1949 : « Tentatives de pénétration de la religion réformée en Creuse sous le second Empire ».
Un « tableau de l'activité d'ensemble déployée en Haute-Vienne pendant un siècle par la Société Evangélique... », donne Barnaud comme pasteur et sa femme comme institutrice à Clavières, dans la commune de Nantiat, de 1845 à 1847 (Protestantisme Limousin, page 82). En 1851, il vient non pas à Arnac la Poste, comme l'a écrit par inadvertance M. Boudard, mais à Thiat, commune de Darnac, érigé depuis en commune autonome. A Thiat, Barnaud et sa femme doivent mener une lutte vigoureuse, rappelée par M. Boudard dans son article, pour assurer le fonctionnement de leur école ; les protestants de la Haute-Vienne n'étant pas affiliés à une église reconnue par l'état ne pouvaient réclamer le bénéfice de la loi Falloux. C'est après avoir été condamnés successivement pour ouverture illégale d'une école, puis pour exercice illégal du culte que Barnaud et sa femme viennent à Guéret.
Après leur court séjour à Guéret et les incidents qu'il entraîna, ils reprennent leurs fonctions d'instituteurs dans la Haute-Vienne. Mais peu à peu la persécution se relâche. Elle cesse même tout à fait à partir de 1861. Barnaud et sa femme sont successivement instituteurs à Villefavard de 1858 à 1866, à Roussac, de 1866 à 1867, à Limoges de 1867 à 1870. Leur fils fut plus tard pasteur à Mazamet (Tarn).
A PERRIER
NOTE LUE EN SÉANCE – LE TERRIER DE SAINT-DOMET
Le registre que nous examinons aujourd'hui et qui nous a été obligeamment communiqué par Me Dayras est une copie vidimée faite le 8 septembre 1576 par Léonard Bouchet, notaire royal, lieutenant ordinaire en la chatellenie de Saint-Avit, du terrier dressé au début du XVIe siècle par Martial Savy, sergent royal et Jean Gaud, notaire royal. Il se présente sous la forme d'un volume, recouvert de parchemin, et comprend 137 folios. L'écriture est belle et régulière et à part le premier folio qui est déchiré l'état matériel est excellent.
L'étude de ce terrier pose un problème que nous ne pouvons qu'indiquer dans ces brèves notes. Les reconnaissances qu'il contient échelonnées de 1505 à 1509 sont faites à Claude de Saint Avit. La formule est la suivante : « un tel a cognu et confessé a tenir en directe seigneurye, en justice et serfvement dudit noble Claude de Saint Avit escuyer, seigneur de Saint Dommect... » Il n'y a donc aucun doute : la seigneurie de Saint Domet était à l'époque en la possession de Claude Saint Avit. Or par ailleurs nous trouvons à la fin d'une reconnaissance la mention suivante : « ...lesquelles choses dessusdites les dessusdits ont attesté et depposé qu'elles et chascune d'elles sont et appartiennent audit escuyer de Saint Ayvd et de Saint Domet a cause de sa seigneurye dudit lieu ; dient plus et atteste que le chastel de Saint Domect appatient a noble Anthoine de Sainct Donmmect et de lajustice dudit escuyer seigneur de Saint Dommect ensemble tout ce qu'il tient a Sainct Dommect et terroir d'icelluy (1) », et plus loin « ...dient plus les dessus nommés et attestent moyennant ledit serement que le chateau de Sainct Dommect est et appartient a noble Anthoine de Sainct Dommect escuyer ensemble sa mesteryé et tous héritages que ledit escuyer tient et possédé audit lieu de Saint Domet... sont de la justice dudit noble Claude Saint Ayvd seigneur de Sainct Dommect a cause de sa seigneurye de Sainct Dommect (2) ». De ces derniers textes il semblerait résulter qu'il y ait eu une sorte de démembrement de la seigneurie. Une étude plus poussée et celle d'autres textes permettrait peut être d'élucider ce problème.
Quels renseignements pouvons-nous tirer de l'étude de ce registre ? Ils peuvent, pensons-nous, se ranger sous trois rubriques principales : topographie, toponymie et antroponymie, histoire du droit et des institutions. Nous nous contenterons d'énumérer rapidement les principaux points de vue à l'égard desquels l'étude de ce terrier pourrait éventuellement se révéler fructueuse.
I). TOPOGRAPHIE.
Comme tout terrier celui-ci pourrait permettre de dresser une carte de la seigneurie pour laquelle il a été établi. Succintement il concerne les villages de : Villecroux, Le Monteil (sans doute Le Monteil, commune de Saint Avit le Pauvre), Neuville, Le Clos, Chez-Varoche (que l'on trouve dans le terrier sous la forme Chaveroche), Saint-Domet, La Freye (lieu que nous n'avons pu identifier), La Ribière.
II). TOPONYMIE ET ANTROPONYMIE.
L'étude des noms de lieu et de personnes nommés dans ce document et de leur différentes graphies peut être utilement faite. L'origine de l'appellation de certains lieux-dits pourrait sans doute y être découverte.
III). HISTOIRE DU DROIT ET DES INSTITUTIONS.
Etude du formalisme auquel se soumettent les tenanciers : prestation de serment, apposition des mains sur les Evangiles que mentionne cette formule : « le livre touché », celle des usages locaux et coutumiers concernant les prestations, services et devoirs précisés ainsi : « à la coustume des hommes serfs de la Marche » ; étude aussi des mesures agraires, voire dans une certaine mesure, de l'habitat rural car la description de la « maison estagière » y est fréquente.
(1) fol. 88 (2) fol. 112
H. HEMMER
NOTE LUE EN SÉANCE – ÉGLISE DE MAISONNISSES – MISE A JOUR D'UNE PIERRE SCULPTÉE
Une petite porte latérale de cet édifice était jusqu'à présent et depuis un temps difficile à déterminer, comblée par de la maçonnerie du type le plus ordinaire. En retirant cet appareil, les ouvriers ont découvert un bloc de granit peut-être digne de retenir quelques instants notre attention.
Il comprend une base parallélépipédique de 40 cm. de largeur, 18 cm. de hauteur et 20 cm. d'épaisseur, simplement polie et ne présentant aucune sculpture.
Cette première partie est couronnée d'une très simple moulure en quart de cercle, en creux, surmontée elle-même d'une seconde partie, également parallélépipédique, mais dont la face antérieure est un carré garni de sculptures, dont l'état de détérioration rend malheureusement la lecture laborieuse et même hasardeuse.
Toutefois, après un sérieux examen, notamment à l'aide d'une forte lampe électrique utilisée en lumière très fusante, on peut distinguer, à chaque angle, une fleur de lys dont certains détails montrent une réelle finesse de travail. Entre les 4 fleurs de lys se place un cercle en relief. Sensiblement au centre de ce dernier mais légèrement vers le haut (serait-ce simple défaut d'exécution ?) se voit un cordon circulaire. A l'intérieur de celui-ci se présente une sculpture que j'ai jugée absolument indéchiffrable, réduite qu'elle est à un vague grimoire. Mais entre le cordon circulaire central ou quasi central et les bords du grand cercle se dessinent certainement les branches d'une croix de Malte. Entre ces branches, 4 saillies, partant du médaillon central, aboutissent, en s'élargissant, aux 4 fleurs de lys.
Je songe à la possibilité et même à la probabilité d'un rapport entre la présence de cette croix et celle portée par le chevalier dressé à quelques mètres de là, dans cette même église de Maisonnisses. Il semble raisonnable de supposer que ce bloc de granit ait servi de support de statues, ce que sa faible hauteur peut d'ailleurs faire mettre en doute.
LOURADOUR
NOTE LUE EN SÉANCE – BANSON
Banson, commune de Gelles (Puy-de-Dôme), fut le siège d'un très ancien fief qui fut longtemps possédé par une branche de la Maison d'Aubusson.
On fait descendre les d'Aubusson de Banson de Guillaume, quatrième fils de Guillaume d'Aubusson, baron de La Borne, qui confirmait en 1298 les privilèges de cette localité.
L'arrière petit-fils du premier de ces Guillaume, Guillaume III d'Aubusson, dit « Carados », vint s'établir au château de Banson à la suite de la donation que lui fit de cette terre, le 28 novembre 1434, Evrard, seigneur de Banson, son parent, à la condition de porter le nom et les armes de Banson. Cette donation fut confirmée en 1437 par Louis de Banson, fils d'Evrard, abbé de Mozac.
Les armes des d'Aubusson de Banson sont : au 1° et au 4° d'Aubusson, au 2° et 3° : au bois de cerf d'argent (quelquefois d'or), les andouillers de même, qui est de Banson.
Nadaud (Nobiliaire) et Pérathon (Hist. d'Aubusson), de même que Mignaton (Hist. de la Maison d'Aubusson) et Champeval (Nos Aubusson), terminent la lignée des seigneurs de Banson à François d'Aubusson, comte de Banson, marié à Marie Thérèse Lollier de Châteaurouge, lequel est mort sans postérité en 1722.
Une visite à Banson, le 26 mai 1953, vient de nous convaincre que ce renseignement n'est pas exact.
En effet, dans la chapelle, séparée des restes du château (dont nous parlons ci-dessous), chapelle dont les contreforts très plats semblent indiquer une origine très ancienne, peut être la fin du XIIe siècle, on peut voir une cloche détériorée qui porte la mention suivante :
- L'an 1742 IHS Marie Joseph - Ste BLAXI ORA PRO NOBIS
(La chapelle est dédiée à Saint-Blaise). J'ay pour parrein haut et puissant seigneur Mre Jean Louis de SARRAZIN, conte de Banson, et pour marreine dame Antoinette d'AUBUSSON, son épouse.
Ave Maria, gratia plena, Dominus tecum.
Ainsi donc, François d'Aubusson a eu des successeurs ; ce furent d'abord son frère Joachim, puis une nièce de celui-ci, Antoinette, mariée à Jean Louis de Sarrazin en 1726 (Armes : d'azur à une bande d'or, chargée de trois coquilles de sable). (Remacle, Dict. des fiefs de la Basse-Auvergne, T. I. col. 89-90).
En outre de la chapelle, il ne reste que peu de chose du château. Celui-ci semble avoir été construit sur une motte artificielle, dans un site dominant de vastes prairies, et d'où l'on découvre un beau panorama des monts d'Auvergne. Pérathon (Hist. d'Aubusson), qui paraît avoir pris ces renseignements dans Tardieu (Dict. Hist. du Puy-de-Dôme, cité), dit que le château a été remplacé par une maison bourgeoise au XVIIIe siècle ; il indique (1886) que l'entrée de la cour offre une porte Renaissance avec les armes des d'Aubusson de Banson. Nous n'avons pas vu cette porte, mais seulement les restes d'un portail de pierre écroulé, jadis surmonté des armes d'Aubusson (la croix ancrée) seules, l'écu supporté par deux hommes ; le tout est en granit, d'une sculpture assez médiocre, et pouvant remonter au XVIe siècle (hauteur approx. 80 cm.).
Au fond de la cour, est la maison d'habitation divisée entre deux propriétaires. Sur la gauche, se voient des amorces de voûtes qui seraient les restes d'une salle de l'ancien château ; au centre, est une porte en lave, assez ornée et surmontée d'une coquille, paraissant dater de la Renaissance.
Près du portail d'entrée, adossée contre un arbre et rompue en deux fragments, est une statue de femme au ventre proéminent, une main à un sein et l'autre sur le ventre, qui passe pour être une Eve qui aurait, avec un Adam non retrouvé, surmonté le portail. Cette statue est en lave.
Enfin, dans la ferme de Banson, entre le château et la chapelle, on peut voir une cheminée en lave de grandes dimensions et très ornée, que Pérathon indique comme étant du XVIe siècle, sans doute d'après Tardieu. La forme des piedroits à volute paraît plutôt rappeler le XVIIIe siècle ; mais la sculpture soignée et paraissant peu vétuste paraît être celle d'un artisan local qui se serait inspiré de thèmes plus anciens (animaux fantastiques, notamment). Cette cheminée comporte, au sommet des piedroits, des personnages tenant sur leur poitrine des écussons dont l'un est de Banson et l'autre n'a pu être déterminé.
Maurice DAYRAS
SOURCES. — Pérathon, Hist. d'Aubusson, p. 417 et S. — Nadaud, Nobiliaire, T. I, art. fam. d'Aubusson — Chabrol, Coutume d'Auvergne. Remacle Dict. des fiefs de la Basse Auvergne.