SÉANCE DU 20 JANVIER 1955

Présidence de M. Laborde, président.

Présents : Mmes Châteauvieux, Labetoulle Henri, Lardy, Petit, Mlle Pasquet, MM. Balland, Cléret, Cluzet, Hemmer, Laborde, Louradour, Abbé Mirguet, Moreau, Ribière, Teste.

ADMISSIONS. — Mme Devige, libraire à Jarnages, M. Bloch Jean-Paul, professeur, 45, rue d'Ulm, Paris 5e.

DECES. — Nous avons à déplorer la mort de Mme Lagrange, mère de M. Jules Lagrange, maire de Guéret et Président des Amis du Musée de Guéret. Nos sincères condoléances.

MUSEE. — Il a été fait don par Mme Bordier, veuve du Dr, d'une sonde-stylet destinée à la détection des éclats d'obus (objet ayant servi à l'occasion de la blessure de Garibaldi), de 9 boîtes d'insectes (don de M. Philippe Ribière, pharmacien à Guéret) ; par le Docteur Rochat, d'une hache en pierre polie.

Des remerciements sont adressés aux généreux donateurs.

— M. Louradour donne lecture du procès-verbal de la dernière séance. Celui-ci est adopté à l'unanimité sans observations.

— M. Cléret, trésorier, présente le compte-rendu financier annuel.

— M. Laborde lui exprime les remerciements et félicitations de la Société.

LECTURES ET COMMUNICATIONS. -- BOTANIQUE : M. Emile Genevoix nous envoie une fort intéressante mise au point « Sur de prétendus pruniers phénomènes qui portent cette année, non seulement des prunes..., mais aussi des haricots verts ».

Il ne s'agit nullement de haricots verts. A l'intérieur de ce qui ressemble à une gousse, on ne trouve qu'une seule graine atrophiée, minuscule. Ce n'est donc pas un cas d'hybridation mais un phénomène distrophique, c'est-à-dire une déformation du fruit sous une influence parasitaire dont l'agent est un champignon de la famille des ascomycètes : le taphrina Pruni, proche parent de celui qui provoque la « cloque du pêcher ». Cette maladie sévit sur les pruniers communs de l'espèce « dindon », surtout à la suite des printemps pluvieux.

ENTOMOLOGIE. — M. Ribiere nous présente, à la fois matériellement et par une note descriptive, deux insectes particulièrement intéressants :

1°) L'Anthrémius muséorum, coléoptère minuscule, le plus redoutable ennemi des collections d'insectes qu'il réduit en fine poudre, même dans les boîtes les mieux closes où il réussit cependant à s'introduire, même si ces boîtes sont imprégnées d'insecticide.

2°) L'Urocérus Gigas ou Sireix Gigas, hyménoptère de la famille des Siricidées, (groupe des tenthrèdes), (échantillon recueilli dans l'immeuble des Presses, fin juin 1954), qui se développe dans le bois de conifères, est peu commun dans notre pays, mais se trouve en abondance dans les forêts de pins en Allemagne, dans le Nord de l'Europe et de l'Amérique Septentrionale.

La vie larvaire s'écoule dans la profondeur du bois où rien ne décèle sa présence. Dans la dernière phase de sa vie, la larve se dirige vers l'écorce. Si les larves sont contenues dans des pièces de bois de construction, les insectes sortiront du bois mis en place, pouvant causer des dégâts importants, allant jusqu'à compromettre la solidité de certaines charpentes.

La particularité la plus curieuse présentée par les Sireix consiste certainement dans le fait que ces insectes sont capables de perforer des métaux afin de parvenir à la lumière, ainsi que Fabre l'affirme dans ses célèbres « Souvenirs entomologiques », tandis que les archives de l'entomologie lui font amplement écho en notant des perforations faites à des balles, tantôt par le Sireix Gigas, tantôt par le Sireix Juveneus.

HISTOIRE. — M. René Boudard nous remet une très importante étude intitulée « Jugements d'un Sous-Préfet d'Aubusson sur l'état d'esprit de ses administrés en 1860 », appuyée sur les rapports hebdomadaires rédigés par les importants agents politiques qu'étaient alors les Sous-Préfets qui émettaient, en général, des jugements empreints de modération et d'objectivité d'où les Préfets tiraient leurs rapports-synthèses.

Ces rapports mentionnent notamment le mécontentement des catholiques français devant les préparatifs faits par le Piémont pour dépouiller le Souverain Pontife de son pouvoir temporel en lui prenant ses états.

M. le Docteur Rochat nous a envoyé en communication un document intéressant. Il s'agit d'un reçu adressé à un porte-bourse, aïeul du Docteur Rochat pour la taille, capitation et autres impositions perçues en 1761 par le dit porte-bourse, pour la paroisse de Champsanglard.

— M. Hemmer, en marge d'une exposition sur la forêt, la chasse et la pêche, présente l'étude d'une série de documents « qui seront offerts à la curiosité du public » à cette occasion. Pour situer ces documents dans leur contexte historique, il rappelle la législation qui règlementait la chasse et la pêche sous l'ancien régime, législation sévère et parfois subtile, au « caractère de monopole au profit du monde seigneurial » qui, avec « le goût pour la procédure poussé par nos ancêtres à un degré très avancé » et « le caractère éternellement frondeur du Français » a été la source d'innombrables conflits dont les documents qui font l'objet de cette fort pittoresque étude donnent quelques spécimens.

 

 

SÉANCE DU 20 MARS 1955

Présidence de M. Laborde, président.

Présents : Mmes Châteauvieux, Lardy, Petit, Mlle Pasquet ; MM. Balland, Cléret, Me Dayras, MM. Hemmer, Laborde, M. l'Abbé Mirguet, MM. Moreau, Picouret, Teste Guy.

Excusés : MM. Louradour, Ribière.

Le procès verbal de la dernière séance est adopté.

DECES : Nous avons à déplorer la mort du Dr Vincant, de Saint-Hilaire-le-Château, ancien élève du Lycée de Guéret, médecin à Paris, membre depuis longtemps de notre Société. Nous présentons à sa famille nos condoléances émues.

ADMISSIONS : M. Jacques Malgras, chef de travaux de bactériologie à la Faculté de Strasbourg, 75, Rue du Général Conrad, à Strasbourg, M. Bas Maurice, professeur, école des Métiers du bâtiment, Rue des Mayades, Felletin.

EXCURSION. — La Société projette d'organiser son excursion, cette année, dans la Basse-Marche avec, comme principaux objectifs : Châteauponsac, Bellac et Le Dorat.

L'excursion aura lieu le 12 Juin.

M. Laborde rappelle que le Musée de Guéret possède 3 toiles d'Aujame, provenant du legs Bord :
« Un village avec un garçonnet au premier plan » ;
« Une vue de l'Allier » et « Une baigneuse ».

Or, M. Roche, publiciste, vient de faire paraître dans le journal « Le Courrier » un article sur Aujame, dont on peut détacher les passages suivants :

« En parcourant l'exposition de la Galerie Montmorency où l'Aubussonnais Aujame est apparu nettement pour ce qu'il est ; un des cinq ou six jeunes maîtres les plus sûrement contrôlés et poinçonnés de la peinture française actuelle, j'ai senti refleurir en moi beaucoup d'impressions vieilles de vingt-cinq ans. En 1931, Aujame, qui avait vingt-six ans, exposait aux Indépendants et j'écrivais : ce Limousin-là possède les qualités essentielles de la race : il est coloriste. C'est pourquoi nous pouvons noter sur nos tablettes, en le soulignant deux fois, le nom de M. Aujame ».
« En 1932, je lui reprochais certaine véhémence pleine de tumultes juvéniles que je ne goûtais guère mais j'ajoutais : « Il y a dans son « Paysage de Creuse » des lointains et une ligne d'horizon si imprégnés de lumière limousine, d'une telle exactitude de tons qu'on ne peut méconnaître chez lui une vraie nature de peintre ». En 1935, à trente ans, il recevait le Prix Paul-Guillaume qui est, comme l'on sait, le Goncourt de la peinture, et ce fut le départ définitif pour les réussites éclatantes.
« Actuellement, Aujame fait partie du Jury du Prix de Rome et enseigne dans plusieurs écoles officielles. Il enseigne surtout dans ces pittoresques ateliers de la « Grande Chaumière » où voisinent de braves gars qui y croient, sans avoir peut-être beaucoup de raisons d'y croire (car rien n'est plus indépendant l'un de l'autre que la vocation et les aptitudes), des filles qui veulent voir du modèle vivant, et des jeunes sans expérience, mais qui portent, encore clignotante, l'étoile au front.
« En présentant Aujame comme Aubussonnais pur jus et nous appartenant en propre, j'ai un peu tiraillé le régionalisme. Né à Aubusson en 1905, il a seulement passé chez nous le début de sa vie, de zéro à douze ans.
« Aujame nous a actuellement un peu délaissés pour la Haute-Loire, bien qu'il ait peint, pour Aubusson, plus d'un carton de tapisserie, amples, puissants, équilibrés ».

M. Dayras fait remarquer qu'Aujame n'a pas oublié Aubusson : il y revient quelquefois et peint des cartons pour la tapisserie.

MUSEE. — Une anse en bronze, remarquable par sa facture, trouvée dans un puits funéraire de la région d'Ahun, est mise en dépôt au Musée de Guéret.

BIBLIOTHEQUE. — Déposé par M. Moreau de la part de Mme Veuve Bordier :
— « Abbaye de Bonnesaigne » (Corrèze) ;
— « La Commanderie de La Chassagne St-Antoine »
« Constitution de la République Française » (an IV de la République) ;
(Editée à Guéret, par l'Imprimerie Nationale).

— Un manuscrit intitulé : « Théâtre des Maris Honnêtes » et comprenant notamment :
« Qu'est-ce que l'amour ? » (divertissement comique) ; « Le retour du colonel Copindre ou les moustaches de Gustave ». (comédie en 1 acte et en prose mêlée de Vaudeville) ;
« Dialogue sur la guerre d'Espagne » et « La Barbe-bleue », mélodrame en 1 acte par Bonnafous.

LECTURES ET COMMUNICATIONS. — SCIENCES NATURELLES. — M. Balland donne lecture de sa très intéressante note sur le Capricorne des Maisons, insecte xylophage très répandu dans le centre de la France, très dangereux pour les bois de nos habitations. Coléoptère caractérisé par une forme toute particulière des antennes, une teinte brunâtre, une taille comprise entre 8 et 20 millimètres.

Cette étude sera publiée dans nos Mémoires.

HISTOIRE. — M. Guy Teste a fait la traduction d'une note de Vittorio Viale sur la découverte de 2 boucles de crosse, décorées en émail de Limoges. Cette note est extraite du « Bulletin de la Société Piémontaise d'Archéologie et des Beaux-Arts » (1952 et 1953).

Cette traduction figurera dans nos Mémoires.

M. Hemmer donne lecture d'un document de l'an VIII sur la « Vaccine » par Cassius, officier de santé, professeur de physique, chimie, histoire naturelle du département de la Creuse.

M. Hemmer présente ensuite son étude sur « Les biens nationaux mobiliers dans la Creuse », étude vaste, dont il ne nous est donné aujourd'hui qu'une sorte d'avant-propos montrant « ce que l'historien peut espérer trouver en une semblable étude pour l'histoire sociale, économique, voire intellectuelle et artistique, autant que pour l'histoire générale ». M. Hemmer précise en outre ses sources de documentation dont il laisse entrevoir la richesse par un exemple judicieusement choisi et expose le plan de l'ensemble de son étude.

M. Dayras, au nom de M. l'Abbé Courtaud, présente une étude sur l'église d'Auzances, par G. de Bussac, inspecteur des monuments historiques.

M. Boudard nous envoie « Les vicissitudes du Collège de Felletin entre 1789 et 1792 », analyse des évènements qui, durant ces trois années, devaient conduire « à la fermeture du Collège, après que les obligations du serment à la Constitution eurent rendu difficile la situation des régents qui appartenaient tous à l'Eglise. Fort heureusement, le très ancien établissement retrouva au XIXe siècle, sa prospérité un moment compromise et « par la qualité de l'enseignement et le nombre de ses élèves », « il se montra digne du vieux collège de prêtres de Beaumont », « donnant à la Marche, au cours des deux derniers siècles, ces générations de fonctionnaires, de soldats, et de religieux dont certains noms peuvent enorgueillir notre petite patrie ».

M. Boudard nous fait parvenir une autre note extrêmement intéressante concernant le stylet-sonde de Nélaton, ayant servi pour Garibaldi (objet présenté à notre dernière séance).

Ces différentes études seront publiées dans nos Mémoires.

M. Hemmer attire l'attention des sociétaires sur le congrès de la Fédération des Sociétés Savantes du Centre les 21, 22 et 23 mai, à Brive et l'excursion qui aura lieu le dimanche 22 mai dans cette région.

Le Secrétaire : LOURADOUR.

 

 

SÉANCE DU 12 MAI 1955

Présidence de M. Laborde, président

Présents : Mmes Petit, Châteauvieux, Lardy, Labetoulle, Mlle Pasquet, M. Cléret, Me Dayras, MM. Hemmer, Laborde, Louradour, Picouret, Ribière.

Excusé : M. Moreau.

ADMISSIONS. — MM. Lacrocq Henri, à La Celle-Dunoise, l'Abbé Baron, Curé-doyen d'Ahun, Mlle Briquet Marie, institutrice honoraire à Guéret.

DONS AU MUSEE :

— Par M. Demargne, pharmacien à Bourganeuf, de la part de M. Marteau à La Courrière de Mansat, un vase en poterie brune de forme élégante, contenant des débris d'os, le tout enfermé dans un coffre funéraire en granit, avec anses (trouvé dans un champ de M. Marteau).

Ces deux objets, accompagnés de débris de poterie grise ou rouge décorée, de clous, de débris de fer, d'une pièce de monnaie de bronze, enfouis autour du coffre funéraire.

BIBLIOTHEQUE. — Par le Docteur Rochat, un Bulletin des lois (du n° 96 au n° 138, 4e série du 14 avril 1806, procédures devant les tribunaux).

— Par M. Ribiere, un travail personnel sur les plantes à Copal et un autre opuscule didactique sur les champignons.

LECTURES ET COMMUNICATIONS -- HISTOIRE NATURELLE :

— M. Ribiere présente une véritable floraison de ses fort intéressantes observations personnelles sur toute une série d'insectes et d'oiseaux :

1°) l'hylotrupes bajulus, coléoptère « l'ennemi le plus redoutable des charpentes et bois résineux employés dans la construction et dont la présence, fréquente dans les conifères du Midi, semble efficacement combattue par un badigeonnage au carbonyl ;

2°) le tétranyque ou araignée rouge (microscopique), dont de nombreuses espèces nuisent considérablement à une foule de plantes (tilleul, vigne, houblon, plantes de serre), ces dernières pouvant être sauvées par une pulvérisation de solution savonneuse de nicotine ;

3°) les pies (pica-pica), qui semblent, à l'occasion, se faire un devoir de rendre de menus services aux bovins en les débarrassant de leurs parasites ;

4°) les corbeaux, destructeurs non seulement du blé mais de poulets pesant jusqu'à 700 gr. et dont la « destruction réglementée et prescrite par l'Autorité » n'est opérée que trop tardivement lorsque les jeunes de l'année sont devenus adultes et ont déjà causé « de considérables dégâts ».

5°) le pic-vert (Picus viridis pinetorum ou picus viridis virescens de Brehm), capable d'un équilibre singulier en creusant des trous sur des surfaces lisses » et dont « la souplesse d'intelligence et d'adaptation » semble essayer de justifier la boutade du Professeur Coutière : « Si un être plus intelligent que l'homme doit apparaître sur terre, ce sera un oiseau ».

ARCHEOLOGIE : Me Maurice Dayras, de la part de M. l'Abbé Baron, curé-doyen, d'Ahun, signale l'existence, dans la Maison Coursaget, Hôtel, d'une salle voûtée, actuellement à usage de cave, aux voûtes très surbaissées reposant sur une colonne centrale ronde dont le chapiteau s'orne de crochets et d'un masque humain.

D'après la tradition recueillie à Ahun, il s'agirait d'une salle de l'ancien château de cette localité, dit Château-Rocher dont, d'après le Dictionnaire de l'Abbé Leclerc, on voyait les ruines au début du XIXe siècle.

Me Maurice Dayras attire l'attention de la Société sur le risque de ruine de l'Eglise de Chamberaud, désaffectée depuis plusieurs années, mais qui pourrait être encore réparée. Il demande qu'un vœu soit émis pour que l'édifice soit, à tout le moins, consolidé et conservé.

A l'unanimité, la société émet immédiatement ce vœu qui sera transmis à la municipalité de Chamberaud et à la Préfecture de la Creuse.

Mlle Pasquet, à la demande de M. l'Abbé Boudard, Curé d'Issoudun (Creuse), signale la découverte par ce prêtre, dans la sacristie de son église, d'une Vierge de bois sculpté qui semble pouvoir être datée du XIIIe siècle.

Cette œuvre curieuse, très primitive mais d'une grande majesté, représente le personnage assis dans une pose hiératique.

Il est revêtu d'un vêtement plissé. Le bas du corps est très endommagé. Le visage plat et ovale est nimbé d'un voile. Il a une grande douceur due tant au dessin de la commissure des lèvres qu'au pli de l'œil très allongé, encore byzantin, qui donne une expression de calme et de bonté.

Le bois employé est clair, dur et sans veinures.

L'ensemble est intéressant car il existe peu d'œuvres comparables et il n'en est pas connue d'autre en Creuse.

Le Prêtre désirerait le classement, la Société s'associe à ce vœu et les démarches nécessaires seront faites en ce sens.

HISTOIRE : M. Laborde donne lecture d'un important document envoyé par M. l'Abbé Monamy, curé de Magnat-l'Estrange (suite de ses « notes historiques sur Magnat-l'Estrange »), consacrées aujourd'hui aux Serfs de la Ribière, étude alimentée par la documentation la plus dense et précisant notamment les charges pesant sur certains serfs (dont certains étaient prêtres, tel le curé de Magnat même), et étalant l'histoire (remplie de vicissitudes) de leur affranchissement.

M. Moreau nous envoie sa remarquable étude intitulée « Le chemin de fer en Creuse », illustrée d'une carte ancienne, consacrée à la première voie ferrée mise en service en Creuse pour le transport des voyageurs et des marchandises, et devant relier Montluçon à Limoges par Guéret. M. Moreau expose les motifs d'établissement de cette ligne, analyse minutieusement les controverses suscitées par le choix de son tracé ; réunit, sur celui-ci, de fort nombreuses et intéressantes données statistiques et, après avoir énuméré et daté les fermetures de lignes secondaires de notre département conclut en déplorant ces suppressions qu'il montre contraires à l'intérêt général et représentatives du désordre caractérisant notre temps.

FOLKLORE : M. Laborde nous présente sa « Chandeleur » délicieuse étude folklorique, où la relation de la légende naïve, la notation de la coutume dictée par la superstition, la citation du proverbe parfois millénaire s'allient harmonieusement pour faire revivre à nos yeux un passé qui s'estompe et des rites qui s'oublient.

M. Hemmer donne lecture d'une lettre de la Direction des Archives attirant l'attention de la Société sur le centenaire de notre ancien président d'honneur Antoine Thomas et de l'intention des Archives de France de fêter cette date (novembre 1957). Notre Société tient à rendre un hommage éclatant à ce grand savant creusois et, dans ce but, unira ses efforts à la Direction des Archives pour célébrer en commun cet anniversaire.

Le Secrétaire : LOURADOUR.

 

 

SÉANCE DU 21 JUILLET 1955

Présidence de M. Laborde, président

Présents : Mmes Châteauvieux et Lardy, MM. Cléret, Laborde, Louradour, M. l'Abbé Mirguet, MM. Ribière et Moreau.

Excusés : Me Dayras, MM. Hemmer et Boudard.

DECES. — Nous avons à déplorer la mort du Dr Jean Deguison, à Guéret et de M. Paul Louis Grenier, originaire de Chambon, tous les deux membres très actifs de notre Société. Nous prions les familles des disparus de vouloir bien trouver ici l'expression de nos condoléances émues.

ADMISSIONS. — M. Bouvier, instituteur à Boussac.

DONS AU MUSEE. — Par M. Peynaud, 15, Avenue Gambetta (Guéret), une carabine allemande de 1911, un fusil à broche.

LECTURES ET COMMUNICATIONS :

ARCHEOLOGIE. — M. Penichon, instituteur à Vallière, nous signale qu'il est en possession d'une urne funéraire en terre (trouvée dans le jardin du Château du Plat, Commune de Vallière).

— M. Tissier, directeur de l'école de St-Dizier-Leyrenne nous fait part de la découverte, sur le territoire de la commune, d'une boîte cinéraire de granit contenant les débris d'une urne de terre cuite, une petite hache en fer, une sorte de poignard en fer également.

La boîte a la forme de deux troncs de pyramide à base carrée, retournés l'un sur l'autre et d'égale importance, l'ensemble dépassant 1 mètre de haut.

L'emplacement est en plein champ, sur un plateau dominant la vallée du Thaurion et appartient à M. Pradaude qui tient à la disposition de notre Société l'objet de cette découverte.

M. Emile Genevoix nous fait parvenir sa très intéressante étude descriptive et iconographique de deux statues attribuées au XVIe siècle par notre regretté président Louis Lacrocq conservées au hameau de la Bretaudière (Commune de Fresselines), provenant du château du même lieu (dont il ne reste plus que de vagues vestiges) :

1° Vierge de Pitié en pierre blanche, assise, tenant sur ses genoux un Christ étendu dont la tête manque.

L'attitude de la Vierge, l'expression de son visage confèrent à l'œuvre un caractère fort émouvant tandis que l'ampleur et les grandes lignes avec lesquelles l'auteur a traité le sujet achèvent de lui donner une réelle valeur artistique.

2° Sainte Barbe représentée debout près de son attribut habituel : une tour carrée (le tout sculpté en buis dans la masse). La statue, d'un art assez naïf, présente cependant une attitude gracieuse et souple et une expression de jeunesse et de charme.

Ces deux statues (de 0,85 de hauteur chacune) sont, depuis quelques années placées dans un petit monument en maçonnerie que les habitants du village ont fait ériger et où, tous les ans, à la belle saison, un prêtre vient célébrer une messe.

— M. René Boudard nous envoie une remarquable note intitulée « La Marche vue par les voyageurs des XVIIe et XVIIIe siècles ».

Après une évocation, pour le XVIe siècle, de la rapide description donnée par Michel de Montaigne à la fin de son « Journal du Voyage d'Italie », M. Boudard nous fait suivre l'allemand Abraham Goelnitz, (secrétaire du roi Christian IV à Copenhague, en 1662), passionné de voyages qui, au cours de longues pérégrinations en France, traversa notamment la région séparant Limoges de Clermont (par Sauviat, Le Compeix Crocq, Felletin), sur laquelle il nous livre ses impressions nombreuses et variées quant à la gastronomie, à la culture, à l'élevage, au déboisement, au mode de groupement des habitations, observations entremêlées de jugements dont l'excessive sévérité n'a pour excuse que la profonde méconnaissance de Goelnitz pour ce pays.

En 1789, un autre voyageur, dans un ouvrage intitulé « Voyages d'un Français depuis 1775 jusqu'en 1807 », décrit l'itinéraire de Bayonne à Clermont, vante la beauté et le confort des routes Turgot et apprécie, mieux que Goelnitz, St-Léonard et sa « petite vallée verte », Sauviat et ses « châtaigniers sur des landes nues », Bourganeuf « dont nous n'apercevons cependant ni le château ni l'église », St-Hilaire-le-Château « La Limagne de la Marche », Aubusson dont les « tapisseries de verdure » ont déjà à lutter contre l'usage généralisé du papier peint...

FOLKLORE. — M. Laborde nous fait entendre son étude folklorique très poussée : « Origine des étrennes » (du latin strena), dans laquelle il explique tout d'abord l'origine du mot qui est le nom d'une déesse des Sabins, en Italie : Strenia ou Strenua, déesse de la force, à laquelle, près de Rome, un bois de palmiers était consacré, bois où chaque premier jour de l'an, on coupait des rameaux qu'on envoyait aux magistrats en signe de déférence.

Ce sont donc les Romains qui, après leur conquête, ont apporté le nom en Gaule où la chose existait déjà puisque, le sixième jour de la dernière lune d'hiver, correspondant au premier jour de l'an gaulois, avait lieu la grande fête de la cueillette du gui sacré distribué à tous les assistants pour leur servir de précieux talisman.

De nombreuses précisions sur le druidisme en général et sur la fête du gui en particulier ont été glissées par M. Laborde dans cette fort intéressante étude.

Le Secrétaire : LOURADOUR

 

 

SÉANCE DU 15 SEPTEMBRE 1955

Présidence de M. Laborde, Président

Présents : Mmes Châteauvieux, Juillet, Lardy, Monthioux, Mlle Saint-Hilaire, M. Boudard, Me Dayras, M. l'Abbé Emeriau, MM. Hemmer, Laborde, Louradour, M. l'Abbé Mirguet, MM. Moreau, Picouret, Ribière.

Excusé : M. Cléret.

Le procès-verbal de la dernière séance a été adopté.

ADMISSIONS : Mlle Saint-Hilaire Madeleine, Rue St-Jacques, La Souterraine, Mme Moutard, à La Chaume, commune d'Azerables, M. Menudier Paul, Rue de Flandres, Paris, M. Grangier, Inspecteur Principal P.T.T. Guéret, Mme Peraule, 98, Rue Pasteur, Fontenay-sous-Bois (Seine), Mme Juillet, Avenue Louis Laroche, Guéret, M. Guillot Maurice, Notaire à St-Sulpice-les-Champs, M. G.-M. Chevalier à St-Sulpice-les-Champs.

DONS AU MUSEE : Par M. Jardy, gardien du jardin Public, une belle collection de fuseaux.

Par MM. Chanoine et Desfougeres, une serpe déjà ancienne trouvée à Chambon-sur-Voueize.

Par M. Le Faux, par l'entremise de Mlle Schnir, un très original dessin à la plume (tête d'homme) : « Le bâtisseur ».

Par M. Emile Genevoix, une série de « fragments de poteries rouges en terre cuite, appartenant à l'époque gallo-romaine, trouvées au « Camp de César », à proximité du domaine de La Ligne, commune de Lafat » : morceaux d'épaisses tuiles à rebord et deux parties inférieures d'amphores, le tout accompagné de croquis explicatifs et d'une note dans laquelle M. Emile Genevoix nous apporte d'intéressantes précisions sur l'emploi (trop souvent abusif) de l'appellation « Camp de César », puis sur le lieu même qui, près du domaine de La Ligne, mérite plus sûrement ce nom comme le prouvent sa forme, ses dimensions, ses fossés et les multiples trouvailles qui y ont déjà été faites.

Par M. Demargne, pharmacien à Bourganeuf, une pièce de monnaie trouvée « ainsi qu'une urne funéraire déjà visible dans les vitrines du Musée », dans un ossarium de granit à La Courrière. M. Hemmer, en présentant cette pièce, l'accompagne d'une note dans laquelle il conclut qu'il s'agit de l'effigie de Trajan (empereur de 98 à 117 après Jésus-Christ).

M. Ribiere nous présente aujourd'hui quelques exemplaires du Tétranique (ou araignée rouge), sur lequel il nous avait déjà donné d'intéressantes précisions au cours de notre séance du 12 mai dernier.

APPORTS A LA BIBLIOTHEQUE. — La semaine religieuse hebdomadaire de Limoges, la Revue Mabillon, le Bulletin historique et archéologique du Périgord, le Bulletin historique et archéologique de l'Orléanais, le Bulletin de la Société archéologique de Béziers, le Bulletin de la Société des Sciences Naturelles de l'Ouest de la France (Nantes), le Bulletin de la Société des Antiquaires de la Morinie (St-Omer), le Bulletin de la Diana (Montbrison), Actes du 79e Congrès National des Sociétés savantes, Société des Sciences, Lettres et Arts de Bayonne, Bulletin de la Société Archéologique de Touraine, Bulletin des Antiquaires de l'Ouest.

Remis par M. Moreau, de la part de Mme Bordier, « Histoire illustrée d'Auzances et de Crocq » (de Tardieu et Boyer).

« Les devoirs d'un jeune orateur envers la Patrie » (d'Aubaisle).

Un volume relié sur les objets d'art exposés à Guéret en 1862 (de Bonnafoux).

Un permis de se marier délivré par l'archevêque de Luques.

Chroniques de la Marche (de Blanchet).

LECTURES ET COMMUNICATIONS. — M. Louradour présente la relation des fouilles récemment effectuées en l'église de Maisonnisses au cours desquelles ont été mis au jour un sarcophage de granit enfoui près de l'enfeu et une pièce de dimensions importantes ornée d'un écu et d'une épée du XIIIe siècle.

Après s'être livré à une description détaillée de ces objets, il passe en revue les hypothèses auxquelles ils peuvent donner lieu, notamment quant à leurs rapports avec la statue du Chevalier placée dans cet enfeu.

M. Boudard donne lecture de sa très intéressante note intitulée « Aspects de Bourganeuf en 1753, d'après un rapport des visiteurs de l'Ordre de Malte ».

Les rapports de telles visites comptent, dans la masse des documents que nous a légués le passé, parmi les plus précieux du point de vue de la description des lieux ou des monuments historiques et renferment, par surcroît, de véritables inventaires d'objets accumulés en ces lieux.

Leur intérêt atteint son maximum lorsque, comme ici, ils s'appliquent à « un chef-lieu de grand prieuré » demeuré localité importante et qu'ils sont doublés d'une constante comparaison entre le passé et le présent.

M. Maurice Dayras communique un lot très important de documents anciens remis en dépôt aux Archives départementales par la famille Jorrand. Parmi ces documents, on relève l'original ainsi qu'une copie postérieure du terrier du Fot, très beau recueil de 118 feuillets, dressé sur parchemin en janvier et février 1558 ; ce document devra être étudié et analysé dans nos Mémoires. Dans le même lot, se trouve également le procès-verbal original des biens échangés entre le roi Louis XIV et le maréchal de la Feuillade qui, contre la terre de Saint-Cyr près Paris, reprenait la vicomté d'Aubusson ; il s'agit des biens se trouvant sur la châtellenie d'Ahun ; à cette pièce est joint un état du domaine de La Feuillade.

Il signale qu'après l'incendie du Palais du Parlement de Navarre à Pau, en 1716, et lors de la reconstruction de cet édifice, le roi accorda un crédit à cet effet et, par l'entremise de l'Intendant d'Auvergne, des tapisseries furent commandées à Aubusson sur des cartons exécutés par un peintre béarnais nommé Bulay ; le travail fut livré en septembre 1724 ; ces tapisseries dont le sujet est inconnu, ont disparu à la Révolution ; deux délibérations du registre du Parlement de Pau indiquent seulement, le 13 Novembre 1722, que le premier président devra demander à M. l'Intendant d'Auvergne de rechercher le prix des tapisseries « à double fil », et une autre du 30 Juin 1723 indique que les tapisseries seront commandées à Aubusson au prix qui sera arrêté par la Cour. Ces renseignements ont été fournis par la Société des Sciences, Arts et Lettres de Pau. Une recherche faite obligeamment par M. le sous-Archiviste Gerbaud dans les fiches de M. Louis Lacrocq au Musée des Arts décoratifs de Paris n'a pas permis de donner d'autres précisions.

M. Hemmer donne lecture d'une note de M. Gerbaud, ancien sous-archiviste d'Avignon, intitulée « Etudiants marchois en l'Université d'Avignon à la fin du XVIIIe siècle », document permettant de constater l'étonnante facilité et parfois la déconcertante rapidité avec laquelle 45 de nos étudiants (dont les noms sont ici relevés), originaires de la Creuse, ont conquis baccalauréats et licences dans la cité des Papes où les attirait, davantage encore que la douceur du climat et le charme de la ville, la prodigalité, bien connue alors, de sa faculté de droit en matière de délivrance de diplômes.

FOLKLORE. — M. Laborde lit la « Légende de St-Martin », communiquée par M. Pasty, qui nous montre le diable joué une fois de plus par les humains, puis la « Légende du Châtelard » dans laquelle nous assistons surtout à la compétition de deux saints visant chacun à l'annexion d'un hameau à la paroisse dont il est le patron.

Le Secrétaire : LOURADOUR

 

 

SÉANCE DU 17 NOVEMBRE 1955

Présidence de M. Laborde, président

Présents : Mmes Châteauvieux, Juillet, Lardy, Petit, Mlle Pasquet, M. Cléret, Me Dayras, MM. Hemmer, Laborde, Louradour, Moreau, Picouret, Teste Guy.

Le procès-verbal de la dernière séance est adopté.

DECES. — Nous avons à déplorer la mort de : Me Louis Rousseau, ancien avoué, membre de notre Société depuis 1895, M. Marius Martin, artiste peintre, ancien directeur de l'Ecole de Tapisserie d'Aubusson ; M. Louis Timbal, directeur honoraire du Collège de Bellac, auteur de nombreux et remarquables ouvrages de géographie et d'histoire régionales : « Cahier pour guider les enfants dans l'étude de leur commune » ; deux cartes murales : Haute-Vienne et Le Pays Limousin et ses Régions Naturelles ; Le Centre-Ouest de notre France : sa géographie, son histoire ; un volume intitulé « La Région Limousine », un guide touristique : La Basse-Marche et ses Marges ; une « Contribution à l'Etude de la Géographie historique de la Région Limousine », enfin une masse considérable de notes manuscrites retraçant quatre cents ans d'Histoire Limousine, imposant ensemble justifiant ce jugement élogieux entre tous : « Aucun homme n'a réuni jusqu'alors une documentation historique aussi riche sur l'arrondissement de Bellac ».

Le 21 Mai 1955 est mort à Chambon-sur-Voueize le poète de langue d'oc Paul Louis Grenier. Une notice lui sera consacrée aux Mémoires, la revue le « Gai Saber », revue de l'école occitane, éditée à Toulouse lui a consacré en hommage son numéro entier de juin 1955.

Il nous faut enfin enregistrer la disparition d'Albert Dauzat que nous nous honorons de compter parmi nos compatriotes puisqu'il est né à Guéret le 4 Juillet 1877 ainsi qu'en témoigne l'acte de naissance qu'a retrouvé et que lit Me Dayras.

De souche auvergnate, fils d'un professeur de physique au Collège de Guéret, Albert Dauzat était docteur en droit, docteur ès lettres, diplômé de l'Ecole Pratique des Hautes Etudes. Il s'intéressa à la dialectologie et, en particulier, aux patois d'Auvergne. Il enseigna cette dialectologie à l'école des Hautes Etudes et devint titulaire de la chaire d'onomastique.

Il conçut un nouvel Atlas linguistique de la France rajeunissant celui de Gilliéron et d'Edmont, fonda la « Revue Internationale d'onomastique » et une seconde revue : « Le français moderne », organisa deux Congrès internationaux consacrés à la toponymie et à l'anthroponymie, publia dans « Le Monde » la chronique « Défense de la langue française » et devint plus largement connu encore par ses volumes « Noms de lieux » et « Noms de personnes ». Avec Albert Dauzat disparaît « le maître actuel de la philologie française ».

La Société des Sciences Naturelles et Archéologiques de la Creuse adresse aux familles de tous ces disparus ses bien sincères condoléances.

ADMISSIONS. — M. Feugère, vétérinaire à Dun-le-Palestel ; M. Jeanrot Louis, matériaux de construction à Dun-le-Palestel ; M. Marcq, opticien, Rue Eugène France à Guéret ; M. Calliérat, le Couret, commune de Ste-Feyre ; M. Giraud André, 11, Boulevard Duclaux à Clermont-Ferrand.

DONS AU MUSEE. — Mme Vve Marius Martin nous promet 3 tapisseries dont 2 de 2m sur 2m et une de 2m sur 3m.

— M. Desjobert de Prahas une carte d'un projet de chemin de fer de Busseau à La Châtre.

— M. Soullet, fils de M. Gervais Rousseau Sénateur de la Creuse nous a envoyé un tableau (Louis Michel Van Loo 1707-1771).

— Mme Beraud, nièce de Leloir nous a donné un diplôme en arabe de commandeur de l'ordre du Nichan Iftikar, accompagné de la notification de l'élévation à cette dignité par le Résident Général de Tunisie.

DONS A LA BIBLIOTHEQUE. — 37 bulletins de diverses sociétés savantes de France et de l'étranger — Donné par Mme Janicaud 45 volumes brochés et 60 volumes reliés concernant la Creuse et les départements limitrophes.

LECTURES ET COMMUNICATIONS. — LES TAPISSERIES D'AUBUSSON A L'HONNEUR

M. Dayras nous lit, à ce sujet, la note suivante :

La fabrique de tapisseries Tabard frères et sœurs d'Aubusson a exposé à la Dixième Triennale de Milan (Exposition internationale d'arts décoratifs et industriels modernes et d'architecture moderne) tenue en 1955 :

Une tapisserie « ZAIRA », éditée sur un carton de Vasarely, pour laquelle le jury lui a accordé une médaille d'or.

Une tapisserie : « VILLE », éditée sur un carton d'Herbin, pour laquelle le jury lui a accordé une médaille d'argent.

Il s'agit de deux œuvres abstraites.

De plus, le Secrétariat Général de la Triennale a fait savoir à M. le Maire d'Aubusson qu'il était « accordé à la Ville d'Aubusson pour les tapisseries tissées dans les ateliers Tabard Frères et Soeurs, un Diplôme d'honneur », la plus haute récompense distribuée à cette Triennale.

Enfin, par délibération en date du 16 novembre 1955, le Conseil Municipal d'Aubusson, à l'unanimité, « a adressé ses félicitations et ses remerciements tant à MM. Tabard Frères et Soeurs qu'à tous leurs ouvriers ».

M. Dayras nous donne lecture de sa fort intéressante note « Les tapisseries de Felletin avant 1514 ». En manière d'introduction, il offre à notre admiration « l'un des 300 beaux exemplaires numérotés de l'ouvrage d'Edmond Bonnafé : Inventaire de la Duchesse de Valentinois, Charlotte d'Albret (Paris, Quantin 1878), acquis récemment à Paris par M. François Tabard qui dirige à Aubusson la plus vieille manufacture de tapisseries de la ville, restée dans sa famille au moins depuis 1600.

L'ouvrage comprend une notice indiquant que l'original de l'inventaire se trouvait primitivement aux archives du duc de la Trémoille. Suit la transcription intégrale de cet inventaire toujours cité lorsqu'on traite la question de l'ancienneté des tapisseries marchoises, mais dont le texte intégral est peu connu. La fort luxueuse maison de Charlotte possédait de très nombreuses tapisseries de Felletin et de Normandie.

L'inventaire relevé dans la note de M. Dayras fait ressortir que 80 pièces environ d'origine felletinoise ornaient avant 1514 le château de la Motte-Feuilly, retraite de la Veuve de César Borgia. Ces tapisseries sont des pièces à feuillages, à oiseaux, à bêtes, ou encore à bandes et à champ doré.

Par la présence de ces tapisseries marchoises, et par le fait que le fief de la Motte-Feuilly était, dès le XIIe siècle propriété d'une famille marchoise, les Palestel, seigneurs de Dun, ce château se rattache doublement à notre province.

M. Hemmer nous communique sa remarquable étude « Une correspondance administrative en l'an IV ». C'est l'étude de l'action des agents locaux durant la période révolutionnaire et l'examen des tâches qui leur incombaient vus au travers d'une correspondance échangée entre le commissaire du pouvoir exécutif près l'administration municipale du canton de Bellegarde et le citoyen de Cherbouquet agent de la commune de la Celle Barmontoise.

Quelques documents à caractère doctrinal, judicieusement choisis par M. Hemmer, suffisent à une évocation ample et colorée des multiples problèmes de l'époque qui vont du mobilier national et des biens nationaux aux émigrés flétris en un langage d'une emphatique violence qui recrée intensément et savoureusement l'atmosphère du temps.

M. Hemmer termine en empruntant à la plume du commissaire du pouvoir exécutif des recommandations qui demeurent parfaitement d'actualité et qui se confondent avec celles de Monsieur l'Archiviste, puisqu'elles concernent la conservation des actes de l'Etat-Civil « précieux dépôt, actes les plus essentiels de la Société ».

M. Maurice Dayras signale, de la part de M. Marcel Moluçon, docteur en pharmacie à Nantes, la parution d'un ouvrage intitulé « Les Amis de Flaubert » Ernest Feydeau (Paris 1955 Imprimé chez Gaignault et fils à Issoudun). L'auteur, le Docteur André Finot, parle de l'origine de la famille Feydeau, qu'il situe au château de Feydel, baronnie de la Basse-Marche, château incendié, dit-il, par les Anglais au XVe siècle.

Il semble cependant que le château de Feydel, origine de la famille de Feydel, puis de Feydeau, se situe non en Basse-Marche, mais en Auvergne, dans la paroisse de Giat (Chabrol, Coutumes d'Auvergne T. IV ; Tardieu, Dictionnaire de la Hte-Marche, au mot Feydeau). Il est certain qu'une famille de ce nom après l'extinction de sa branche aînée, vers le XVe siècle, vint, par une branche cadette, se fixer à Felletin et, par une autre à Paris où elle acquit une certaine notoriété au XVIIIe siècle dans la magistrature et le clergé. La branche marchoise comptait, lors de l'établissement de l'armorial de 1696, Yves Feydeau, sieur de Noncelier (paroisse de la Nouaille), conseiller du roi et commissaire aux revues des troupes de sa Majesté en la ville de Felletin et Joseph Feydeau, sieur de Cherbonneix (paroisse de Poussanges), capitaine major de la milice bourgeoise de Felletin (H. Hugon, La Creuse dans l'armorial ; Leclerc, Dictionnaire, au mot Cherbonneix).

Il semble que Felletin et Paris aient donné le nom de Feydeau à l'une de leurs rues bien avant que fussent devenus célèbres Ernest Feydeau, le romancier ami de Flaubert et son fils, Georges Feydeau, l'auteur théâtral.

Monsieur Laborde présente l'attachante :

« Légende de la Chapelle de Lorette »

La Croix de Lorette était érigée à l'embranchement de l'ancienne route de St-Léger qui monte à travers le Maupuy et de la route longeant le Maupuy et conduisant à la Brionne.

La Chapelle de Lorette, simple et petit oratoire, (du XVIIIe siècle, selon Louis Lacrocq), s'élevait à côté.

Cette chapelle et la Croix (disparues au XIXe siècle), étaient vraisemblablement des monuments expiatoires ainsi que tend à le prouver la légende inédite que Monsieur Laborde nous fait connaître aujourd'hui.

Monsieur Louradour donne lecture de son étude « les particularités du langage creusois ».

Le Secrétaire : P. LOURADOUR