SÉANCE DU 15 JANVIER 1959
Présidence de M. Laborde, président.
Présents : Mmes Châteauvieux, Labetoulle, Lardy, Lhuillier, Louradour, MM. Chatreix, Cléret, Hemmer, Laborde, Louradour, Sigmann.
Excusés : M. Boudard, Me Dayras.
Le procès-verbal de la précédente séance est adopté sans observations.
Décès : Nous avons à déplorer la mort de Mme Lamaze, fille aînée du Docteur Janicaud. La Société adresse ses condoléances émues à la famille.
ADMISSIONS : M. Laucournet, libraire, 15 Bd Carnot à Limoges ; M. Dagnias, chemin des Gouttes, St-Junien, Hte-Vienne ; Melle Laconche, 6 rue Berthelot à Villeurbanne, Rhône ; M. Moluçon, pharmacien à Crocq ; M. Aufaure, coiffeur à Jarnages ; M. Rousseau, retraité à Jarnages ; M. Boulanger, représentant à Maison-Blanche, Alger ; M. Villemeyre, négociant à Giat, Puy-de-Dôme, M. Basly, épicier route de Pommeil à Guéret.
Dons au Musée : de M. Chatreix, six pointes de flèches trouvées à St-Maurice La Souterraine.
Rapport du Trésorier : Notre trésorier, M. Cléret, donne un compte-rendu détaillé de l'exercice financier de notre société pour 1958, d'où il ressort qu'au 1er Janvier 1959 la situation se présente ainsi :
Recettes : 897.541 frs
Dépenses : 695.230 frs
d'où un excédent de : 207.311 frs
Les comptes sont vérifiés par Mmes Lhuillier et Louradour, et approuvés à l'unanimité.
M. Laborde tient à féliciter notre Trésorier, pour sa gestion faite avec une ponctualité et un dévouement qui méritent les remerciements chaleureux de toute la Société.
NOTES LUES EN SÉANCE
— M. Deviges attire notre attention sur la découverte d'une pierre en granit sur laquelle est sculptée une croix de Templiers.
— M. Hemmer montre deux parchemins envoyés par M. Deviges, concernant deux pièces de procédure.
— M. Louradour signale l'ouvrage de M. Léon Binet, membre de l'Institut : « Creuse, mon beau pays ».
Communications
Archéologie :
— M. A. Laborde, géologue au Puy, nous fait part de ses observations concernant une villa gallo-romaine dans la commune d'Evaux-les-Bains sur la limite de Saint-Julien-la-Genête.
— Mme Louradour signale la découverte d'une sépulture gallo-romaine au hameau de Châtain, commune de St-Junien-la-Bregère.
Histoire :
— M. Guy, nous envoie son étude sur « les fresques de la Commanderie de Lavaufranche ».
— M. Laborde, président, complète son étude : « Les Leloir, famille de peintres aquarellistes, décorateurs, illustrateurs, dessinateurs, graveurs et historiens ».
Il signale, dans la chocolaterie : « La Marquise de Sévigné », 11, Boulevard de la Madeleine à Paris, une salle dont le plafond est orné, sur la totalité de sa surface, de quatre splendides peintures signées Maurice Leloir présentant les sujets suivants :
1° Un marquis suivi d'un négrillon offre des boîtes de chocolat à la Marquise.
2° Une réception chez la Marquise où les invités lui font présent de boîtes de bonbons.
3° Des Chinois vêtus du costume national et portant leur longue natte dans le dos se présentent à la Marquise des porcelaines de leur pays.
4° La Marquise examine les antiphonaires de l'Abbaye de Clairvaux en songeant que ces feuillets décoreront peut-être un jour d'archaïques coffrets de bonbons.
Les costumes sont scrupuleusement ceux de l'époque Louis XIV.
Les dentelles sont finement reproduites, les tissus soyeux et de ton pastel, les longues perruques bouclées. Les attitudes sont celles du Grand Siècle. Chaque scène est présentée dans un décor approprié : somptueux appartements, bibliothèque de monastère aux murs tapissés de livres.
M. Laborde attire l'attention sur ces œuvres magistrales de Maurice Leloir afin, non seulement de les faire connaître, mais surtout de les préserver d'une détérioration et peut-être même d'une destruction.
Il fait part d'autre part de la très intéressante correspondance qu'il a échangée avec cette famille, correspondance visant notamment à l'entrée au Musée de Guéret des tableaux constituant le legs Leloir.
SÉANCE DU 19 MARS 1959
Présidence de M. Laborde, président.
Présents : Mmes Châteauvieux, Juillet, Lardy, Lhuillier, Louradour, Périne, MM. Chatreix, Cléret, Dayras, Hemmer, Laborde, Louradour, l'Abbé Mirguet, Moreau, Picouret, Pinchon.
Excusé : M. Boudard.
Décès : Nous avons à déplorer la mort de Mme Guillon, épouse de M. le Médecin Général Guillon ; de M. Arsène Guillot Maire de St-Fiel. La Société présente à la famille des disparus ses condoléances émues.
ADMISSIONS : M. Martin de Fonjaudran, château de Laschamp, par Ahun ; M. Rivalier Claude 5, impasse Emile Zola Kremlin Bicêtre Seine ; M. Caillat, liquoriste à Dun-le-Palestel ; M. Andrivet, Inspecteur des P.T.T., 16 bis route de Limoges à Guéret ; M. Blondeau ; Ingénieur, 11 rue Paul Châterousse à Neuilly-sur-Seine ; M. Peynaud, retraité 15 Avenue Gambetta à Guéret ; M. Lamé, 50 rue de Silly à Boulogne-sur-Seine ; M. Lecante, 4 rue du Clos de l'Abbaye à Antony (Seine) ; M. Villeribière, employé à l'Hôpital, 19 à Champegaud, Guéret.
Dons au Musée : 2 flèches empoisonnées venant de Bobo-Dioulasso, Côte d'Ivoire, rapportées en 1848 par Serge Labrune, soldat colonial de carrière ; de M. Tissier, garde-champêtre à Guéret, un poids de 4 livres et un éclat de bombe tombé sur Guéret en 1940 ; de M. Laborde, président, douze assiettes à dessert, de Gien, médaillées de l'exposition de 1855 et représentant des épisodes de l'histoire de Garibaldi ; de M. Chatreix, 24 haches néolithiques, trouvées dans la région de La Souterraine.
EXCURSION ANNUELLE DE LA SOCIETE. — M. le Président en précise le programme : La Rochette, Alleyrat, Aubusson, Felletin, St-Quentin, La Borne, Blessac.
FELICITATIONS. — M. le Président félicite Me Dayras pour son article paru dans la presse « Pour la défense du département de la Creuse. »
NOTES LUES EN SÉANCE
— Me Dayras signale la reprise à Paris, au Théâtre du Tertre, de la Marianne du poète marchois Tristan l'Hermite.
— M. Laborde communique la note du professeur J. Marouzeau membre de l'Institut : « Comment on parle chez nous ».
— M. Deviges évoque le culte de St-Blaise dans la commune de Blaudeix : le 3 Février, on célébrait une grand'messe, on faisait brûler des cierges devant la statue du saint pour obtenir la protection des animaux de la ferme, et on s'abstenait de consommer de la viande ce jour-là.
COMMUNICATIONS. — Histoire. — Me Dayras donne lecture de son étude sur Melle de Roannez.
— M. Boudard nous envoie son texte sur les « Ecoles d'autrefois : l'enseignement primaire clandestin dans le département de la Creuse entre 1830 et 1880. »
— M. Hemmer nous communique son article sur l'Unité Creusoise.
SÉANCE DU 21 MAI 1959
Présidence de M. Laborde, président.
Présents : Mmes Châteauvieux, Chevrier, Guibert, Juillet, Labetoulle, Lardy, Lhuillier, Louradour, Périne, MM. Chatreix, Cléret, Laborde, Louradour, l'Abbé Mirguet, Moreau, Peynaud, Picouret.
Excusés : MM. Dayras et Boudard.
Décès : Nous avons à déplorer la mort de M. le Chanoine Siméon Lamonerie, ancien curé-doyen de Chambon-sur-Voueize et d'Evaux. La Société présente à la famille ses condoléances émues.
Admissions : M. Arsouze, instituteur à Thauron ; M. Picaud, représentant à la Rodde, Guéret ; M. Lousson, liquoriste, place de l'Eglise à Guéret ; M. Danton, 51 rue Lafuente à Casablanca, Maroc.
DONS AU MUSEE. — de M. Blandin : une prière bouddhiste tissée en soie de Chine, un jeu de baguettes en ivoire pour manger le riz, une tasse de Chine, en porcelaine, pour boire le Tchoum, une carte de la Gaule divisée en provinces, une carte de l'Ouest de la France (une partie de la Marche) 1771, une carte de la Normandie 1771, une carte de la Manche ; de M. Tixier, garde-champêtre : un insigne allemand (croix gammée en étoffe), un insigne allemand (aigle en métal) ; de M. Chatreix, une pièce de monnaie en argent, de Louis XV (datée de 1734).
BIBLIOTHEQUE. — M. Moreau, bibliothécaire depuis plusieurs années demande, pour raison de santé, la résiliation de ses fonctions. Sur la proposition de M. Laborde, président, qui lui adresse l'expression de la reconnaissance de la Société pour son dévouement constant et pour les précieux services qu'il a rendus, M. Moreau reçoit le titre de bibliothécaire d'honneur. Mmes Lhuillier et Chateauvieux sont élues bibliothécaires.
NOTES LUES EN SÉANCE
— Me Dayras a envoyé le croquis, dressé par M. Bougerol, architecte, de l'enfeu de l'église de Rougnat.
— M. Deviges nous parle du « Chemin des Maçons » dans la commune de Châteauroux (Indre), (chemin qu'empruntaient les Maçons du Limousin se rendant à Paris) et du « chemin de la forge » (chemin reliant Claverolles à Puy-Rougier où se trouvait la forge banale de la Commanderie de Blaudeix).
— M. Laborde signale que le Bulletin du Limousin de 1957, mentionne les études, faites dans les Mémoires de notre Société au cours de cette année.
— M. Cléret commente « La Sainte-Vehme », l'un des derniers romans de Pierre Benoît.
COMMUNICATIONS. — Archéologie. — Me Dayras signale, à Ahun :
1° un cippe gallo-romain.
2° la découverte, au cours de travaux d'adduction d'eau, de plusieurs coffres de sépultures à incinération, d'un fragment de pierre sculptée et de plusieurs sarcophages paraissant remonter au XIe siècle.
— M. Laborde donne lecture d'une étude parue dans le Bulletin des Antiquaires de France, sur une tabatière en bronze du XVIIIe siècle, qui a été trouvée à Bourganeuf.
Histoire. — Mme Louradour donne connaissance de son étude : Le Médecin-Colonel Jamot 1879-1937.
SÉANCE DU 17 SEPTEMBRE 1959
Présidence de M. Laborde, président.
Présents : Mmes Chevrier, Guibert, Juillet, Lhuillier, Louradour, Pelletier, Périne, MM. Balland, Chatreix, Cléret, Hemmer, Laborde, Louradour, l'Abbé Mayaud, Moreau, Picouret, Ribière.
Excusés : Mme Châteauvieux, Me Dayras.
Décès : Nous avons à déplorer la mort de M. Camille Faure, Trésorier-Payeur Général de l'Aveyron, de Mme Ducher, née Blanche Janot, de Mme Jouannet, au Château de Beauvais à Bussière-Dunoise, de M. le Médecin-Général, Guillon, auteur de « Notre Sédelle ».
La Société présente à la famille des disparus ses condoléances émues.
Admissions : M. Soulmagnon, Directeur honoraire de l'Agriculture en Tunisie à Chambon-sur-Voueize (Creuse) ; M. Delattre, conseiller agricole à St-Loup par Chénérailles ; M. Olivier, bijoutier, route de Limoges à Guéret ; M. Bougerol, Architecte à Auzances ; M. Robert, Ingénieur T.E.G. 15 rue J.-J. Rousseau à Nantes (L.A.) ; M. Bugeon, Inspecteur des Impôts, place Ste-Catherine à Aubusson ; M. Nebout, 54 boulevard Pasteur, Paris XV ; M. Laverdant, négociant à Maison-Feyne, Creuse ; M. Poulteau, mécanicien à Dun-le-Palestel, Creuse ; Mme Magnier, le Mont par Bussière-Dunoise ; M. Touzet, bar de l'Avenue du Dr Manouvrier à Guéret ; M. Son Walter ; M. Zenati, Maire de Bayer-Sakra à St-Arnaud (Algérie) ; M. Amarie, agent de maîtrise, allée des Soupirs à Aubusson ; M. Tessier, 11 bis rue Ferragüe à Guéret ; M. Bonne, Président Association Renaissance et Culture 39 Avenue Gai-Vernon à Ste-Geneviève-des-Bois, Seine-et-Oise ; M. Ballet, 20 rue Carpeaux, St-Maur, Seine ; M. Baudron, Inspecteur des P.T.T., 70 rue Diderot à Vincennes ; M. Chanton, Employé R.A.T.P. 98, Avenue François Molé à Antony, Seine ; M. P.E. Moreau, 42 rue Ampère, Paris (17e).
DONS AU MUSEE. — De M. Chanton à Sagnemoussouze, Commune de St-Priest-la-Feuille, un pressoir à cidre (réduction au 1/10 du pressoir qu'il possédait) ; de M. le Dr Rochat, une petite géographie de la Creuse par Grosson, Inspecteur d'Académie, éditée chez Delagrave en 1883 ; de Me Dayras, le catalogue des tapisseries de la Marche du XVe au XVIIIe siècle, exposées en l'église du Château à Felletin en 1959 ; de M. Chatreix, 6 silex taillés trouvés à Saint-Maurice-la-Souterraine ; de M. Ribière, une boîte contenant toute une série de papillons et une cigale mâle trouvée sur un cerisier Commune de St-Victor.
NOTES LUES EN SÉANCE
— M. Alevêque, rappelle l'opinion de P. Mérimée, Inspecteur des Monuments Historiques en 1837, sur la nature et la destination de la Pierre Bataurine.
— M. Hemmer, fait part de la découverte de peintures murales dans l'église de Clugnat.
— M. Laborde donne lecture des remerciements adressés à M. le Maire de Guéret par M. l'Archiviste de l'Etat d'Oregon pour les photographies de la statue ornant le vestibule de l'Hôtel de Ville de Guéret : Eros, œuvre de Coutan, et montre la reproduction d'une étude sur bois de la statue de bronze sur le même sujet, dûe au même auteur, qui se trouve au Musée de Salem.
— M. Dayras signale :
1° Le volume « La Vénerie Limousine » de Paul Demartial, paru en 1919 aux Publications du Centre à Limoges,
2° la mort à St-Brieuc, le 3 août 1959 de l'écrivain français Francis de Miomandre,
3° la manifestation organisée en 1959 à Felletin au cours de laquelle les peintres J. Lurçat et M. Gromaire ont été faits citoyens d'honneur de Felletin,
4° l'exposition de Tapisseries de la Marche du XVe au XVIIIe siècle dans l'Eglise du Château à Felletin.
COMMUNICATIONS. — M. Laborde nous livre la première partie de son importante étude sur « Les Mégalithes ».
— Mme Louradour complète son étude sur l'église de La Rochette, qu'elle a présentée lors de notre excursion.
SÉANCE DU 19 NOVEMBRE 1959
Présidence de M. Laborde, président.
Présents : Mmes Briquet, Châteauvieux, Juillet, Labetoulle, Lardy, Lhuillier, Louradour, Périne, St-Hilaire, MM. Chatreix, Cléret, Colas, Dayras, Hemmer, Laborde, Louradour, l'Abbé Mayaud, Picouret.
Excusés : Mme Chevrier, M. Boudard.
Admissions : M. Colas, Caissier de la Banque de France, Avenue du Dr Manouvrier à Guéret ; M. Charles, Instituteur, rue Châteaufavier à Aubusson ; Mlle Perrotin, professeur de lettres, 6 rue de Marseille à Vichy ; M. Boutaud, avoué, rue Maubey à Guéret.
DONS AU MUSEE. — par M. Dhéron à Crozant : un disque en bronze à 6 pans, orné de 3 feuilles gravées avec, entre chacune d'elles, deux tiges terminées chacune par 4 cupules ; par Mme Phérivong : 1 grand plat du Laos, émaillé sur cuivre, fond bleu, décoré de fleurs, 2 grands vases assortis, une table richement sculptée, un encadrement de porte laqué, du Laos ; par M. Bazaigeon : 3 albums de photos et de dessins de Cochinchine, 2 tableaux d'un artiste cochinchinois (avec cadres), un tableau exécuté par son père ; par Mme Jouannet, au château de Beauvais (Bussière-Dunoise) : une grande tapisserie d'Aubusson (verdure), une commode Louis XV, une commode Louis XVI, une petite commode Louis XV, une commode Empire, une petite commode rustique, un tableau avec encadrement de bois sculpté (peinture ancienne à la manière de Rembrandt), quatre tableaux (bonne peinture d'école française du 18e siècle), un pastel représentant La Tour, attribué à lui-même, un tableau d'après Chardin, quatre glaces anciennes, deux têtes en pierre sculptées et vingt deux vases cloisonnés, une pierre sculptée du Dieu Soleil ; par M. le Médecin Général Guillon : un tableau (jeune femme) que Maurice Leloir date de 1610 ; une tapisserie en soie.
NOTES LUES EN SÉANCE
— M. Deviges envoie la copie d'une partie d'un acte notarié dans lequel il est fait état de redevances envers le seigneur-chevalier de St-Julien, Commandeur de Blaudeix.
— Me Dayras donne un complément à son article « Les tapisseries de l'église Ste-Croix d'Aubusson ».
— M. Deviges donne le sens du mot « gluasse » que l'on rencontre dans certains procès-verbaux des XVIIIe et XIXe siècles. Ce mot viendrait du patois « luasse » et signifierait : bottes de paille.
— Mme Louradour présente trois ouvrages parus tout récemment : « Sermur » de M. Lanoë-Herpe, « Sous le ciel creusois » de L. Casanova et « Zizim, le prisonnier de la Tour » de Georges-Nigremont.
COMMUNICATIONS. — Histoire Naturelle. — M. E. Genevoix nous envoie sa note intitulée : « Deux plantes parasites de nos cultures. Un cas de parasitisme très rare observé sur des plants de carottes ».
Archéologie. — M. Laborde nous livre la deuxième partie (Cromlechs et Alignements) de sa vaste étude sur « les Mégalithes ».
Histoire. — M. Hemmer présente son étude : « La propriété des remparts et fortifications à l'époque de la monarchie absolue ».
— M. Boudard communique son texte : « Magistrats et tribunaux creusois d'autrefois. »
Le Secrétaire :
Paul Louradour.
NOTE LUE EN SEANCE – « LA MARIANNE » DE TRISTAN L'HERMITE
L'extraordinaire rentrée en grâce, durant l'hiver 1958-59 à Paris, du poète marchois Tristan l'Hermite mérite d'être signalée.
A la Radiodiffusion française, chaîne France III, dans la série « Anthologie française », une émission spéciale a été consacrée au poète le 10 Décembre 1958 de 21 h. 50 à 22 h. 45 par M. Jean de Beer ; des poèmes ont été lus par Jean Topar et d'autres chantés sur la musique de Claude Debussy (Le promenoir des deux amants). Mais, surtout, on a repris à Paris, la Marianne, d'abord au Théâtre du Tertre, puis devant le succès, au Théâtre de Lutèce ; créée en 1636 en même temps que le Cid, et qui balança un temps le succès de la pièce de Corneille, la Marianne qui n'avait pas été jouée depuis le 18e siècle, met en scène l'empereur Hérode et son épouse Marianne ; l'acteur Mondory y triompha alors comme dans le Cid. La jeune compagnie d'Antoine Bourseiller qui a monté la pièce cet hiver à Paris, a bénéficié d'une critique enthousiaste tant pour son interprétation (spécialement Simone Rieutor, Marianne) que pour la qualité de la pièce ; toute la presse en a parlé en des termes extraordinaires (notamment Le Figaro littéraire 10 janvier 1959 : le Théâtre par Jacques Lemarchand ; la France catholique 23 janvier 1959 ; Aspect de France 16 janvier 1959 etc...), les critiques retrouvent chez Tristan et le songe d'Athalie et les imprécations de Camille. Une autre émission de la Radio, chaîne I du 23 janvier 1959, le Masque et la Plume, concluait : La Marianne est un chef-d'œuvre de la littérature française totalement méconnu. Corneille et Racine s'en sont nettement inspirés. La pièce touche à la plus grande histoire et sa situation dramatique est plus poignante que celle d'Othello.
Maurice DAYRAS
NOTE LUE EN SEANCE – LA VÈNERIE LIMOUSINE
Le volume LA VENERIE LIMOUSINE de Paul Demartial, parut en 1919 aux Publications du Centre à Limoges et aux éditions de l'Eleveur à Paris. Dans cet ouvrage, l'auteur qui fut pendant les années président du Tribunal d'Aubusson, a étudié les petits et les grands équipages de vénerie du Limousin et de la Marche. Le volume illustré comporte les fanfares des principaux équipages et les reproductions des boutons. Pour le département de la Creuse, on y relève les noms de MM. du Authier de la Baconnaille, de Baillet, Cne de St-Priest d'Evaux, Boiron à La Souterraine, Filhoulaud à Bourganeuf, de Forge à Naillat, Fressinaud au Nouhaud par Bourganeuf, Lajoie à Aubusson, de Lavaublanche à la Faye par St-Julien la Bregère, de Lavaucoupet et de Ligondès, Montaudon-Desfougères à la Souterraine, Montégudet à Aubusson, Plaisance à la Souterraine, Poujaud à La Souterraine, de La Roche-Aymon à Mainsat, Sallandrouze à Aubusson, Simon à St-Germain-Beaupré, Thonier à Evaux, Trébuchet à Gouzon, Ducoux à Marsac, Jorrand à Blessac. Pour les chasseurs sous terre, l'ouvrage cite en Creuse MM. Bernard et de Ligondès, de Guéret, Bosvieux de Monneron à Marsac, les capitaine et lieutenant Costeur et Trape, à Guéret, Delor à Dun-le-Palestel, de Forge à Naillat, Nadaut à Naillat, Giraud à Chatelus-Malvaleix, Grandin de l'Eprevier à Guéret, le commandant Peters à Guéret, Tandeau de Marsac, Thonier à Evaux. Ajoutons, que depuis l'édition de cet ouvrage, ces veneurs et chasseurs sous terre ont eu, malgré les difficultés de l'existence, des continuateurs sans doute plus modestes, mais aussi fervents de la chasse. Une notice a été consacrée par Paul Demartial à chacun de ces grands ou petits équipages disparus et il nous a paru désirable de conserver leur souvenir à nos Mémoires.
Maurice DAYRAS
NOTE LUE EN SEANCE – FRANCIS DE MIOMANDRE
L'écrivain français Francis de Miomandre est mort à St-Brieuc, le 3 août 1959. Il était le doyen des lauréats vivants du Prix Goncourt. Francis de Miomandre avait obtenu cette haute récompense en 1908 pour son livre « Ecrit sur de l'eau ».
C'était un essayiste et un critique en outre d'un romancier ; ses souvenirs sur le Paris d'autrefois étaient inépuisables. Né à Tours et se nommant de son vrai nom Francis Durant, il avait choisi un pseudonyme le rattachant à la Creuse, le nom du village de Miomandre, commune de St-Maurice près de Crocq. Quoiqu'il ait accepté pour cette raison le titre de membre d'honneur des Amis d'Aubusson, il n'avait pas révélé la raison pour laquelle il avait adopté ce nom de lieu de notre province, qui est porté par une famille marchoise connue. D'après M. Christan de Miomandre, représentant de cette famille à Bruxelles, Francis de Miomandre aurait pris le nom de sa mère.
M. DAYRAS
NOTE LUE EN SEANCE – MANIFESTATIONS ORGANISÉES EN 1959 PAR LA JEUNE SOCIÉTÉ DES AMIS DE FELLETIN ET LA MUNICIPALITÉ
Le 7 Juin, les peintres Jean Lurçat et Marcel Gromaire, qui dès 1939 ont créé des cartons de tapisseries modernes, ont été faits citoyens d'honneur de Felletin. Avec l'aide du Musée des Arts décoratifs et du Mobilier national, a été organisée une exposition de Tapisseries de la Marche du XVe au XVIIIe siècle dans la belle église du Château, restaurée à cette occasion par le service des Monuments Historiques ; cette manifestation a connu un gros succès jusqu'en septembre ; un catalogue de l'exposition, avec diverses notices a été publié ; un exemplaire est présenté et remis pour notre bibliothèque.
M. DAYRAS
NOTE LUE EN SEANCE – TAPISSERIES DES ÉGLISES D'AUBUSSON
Il est nécessaire de donner un complément à notre article « Les tapisseries de l'église Sainte-Croix d'Aubusson », article paru à nos Mémoires (T. XXVI pp. CXXXVIII et s.) d'où il résulterait qu'au minimum, cette église était, en 1828, ornée de près de quinze tapisseries. Il faut préciser que C. Pérathon avait signalé, dans son Essai de catalogue descriptif des anciennes tapisseries d'Aubusson et de Felletin, paru à Limoges en 1894, tome I p. 15, cinq tapisseries de cette église : 1°) une chancellerie aux armes de Michel Le Tellier (1683) ; 2°) Les armes de France et de la ville, fabriquée en 1751, (ces deux premières pièces ont été signalées par nous. C. Pérathon les indique comme « vendues ». L. Lacrocq a retrouvé la seconde dans le catalogue de la vente de la succession de Mme Godillot, à l'Hôtel Drouot, les 1er et 2 Juin 1938. V. son article du Courrier du Centre Notes du Lundi, du 6 février 1939) ; 3°) Saint-Michel terrassant le dragon (cette tapisserie n'est pas indiquée de façon précise à notre article. C. Pérathon la signale également comme vendue en 1894) ; 4°) L'eucharistie, grand panneau du XVIIIe siècle (cette tapisserie a été signalée par nous ; mais C. Pérathon en donne la provenance : Le panneau représente un évêque donnant la communion de la main gauche à un malade. Il s'agissait d'une inadvertance du peintre, le cartonnier n'ayant pas prévu que le tissage inverse les sujets. Destinée à une église de Bordeaux, la pièce fut refusée ; le fabricant en fit don à la Compagnie des Pénitents blancs, qui la plaça dans la chapelle réservée à la Confrérie ; vendue en 1894 ; 5°) La vision de Constantin (signalée par nous, et qui est la seule tapisserie subsistant à l'église). Enfin, toujours dans le même ouvrage, C. Pérathon signale trois tapisseries existant à l'église Saint-Nicolas d'Aubusson ; 6°) Bataille d'Alexandre, d'après Lebrun XVIIe siècle (signalée comme vendue, il pourrait s'agir de la pièce appartenant actuellement à la ville, et qui se trouve dans la Salle d'Audience du Palais de Justice : « Entrée d'Alexandre à Babylone (h. 2 m. 85 l. 4 m. 40 MR. REYNAUD, fabricants connus au XVIIIe siècle) ; 7°) L'archange Raphaël, armé de l'épée flamboyante ; 8°) une verdure.
Ainsi, il est donc permis d'affirmer que c'est, avec les trois pièces de Saint-Nicolas, près d'une vingtaine de tapisseries qui, au début du XIXe siècle, décoraient ces deux églises d'Aubusson. On sait que la tapisserie de la Confrérie des tapissiers, Le martyre de Sainte-Barbe, œuvre remarquable, exécutée en 1678, est fort heureusement conservée au Musée de Guéret.
Nous avions signalé, dans notre article du T. XXVI, que neuf pièces étaient entrées à Sainte-Croix en 1828, par suite d'un legs fait à cette église par Antoine Galand, sans doute descendant des fabricants de ce nom. Galand avait légué à l'église dix huit tapisseries, mais par ordonnance royale du 5 juin 1828, le legs avait été réduit de moitié, en raison du « peu d'aisance » de ses héritiers. Nous faisons don aux Archives Départementales d'une expédition de cette ordonnance royale, qui a été retrouvée récemment par M. l'abbé Courteau.
M. DAYRAS,