Conformément aux dispositions de l'art. 10 des Statuts de la Société (Mém. T. XXIV pp. 481 et suiv.), l'Assemblée générale se réunit au moins une fois par an, en février ou en mars ; ces assemblées ont eu lieu, ces dernières années, en janvier, et nous estimons nécessaire, désormais, de publier aux Mémoires, dans le fascicule annuel, les textes du procès-verbal de ces assemblées générales annuelles, qui doivent donner à nos membres la physionomie de la marche de la société pendant l'année considérée.

 

ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DU 19 JANVIER 1961

Le 19 janvier 1961, à 15 heures, la Société s'est réunie en assemblée générale annuelle, régulièrement convoquée. L'ordre du jour comportait l'examen de l'exercice 1960 ainsi que le compte-rendu financier de cet exercice.

Le Président rappelle la perte subie par la Société du fait de la disparition du président Laborde.

Il indique que le fascicule 1959, qui a paru au printemps de 1960, constituait le dernier fascicule du Tome XXXIII des Mémoires, et qu'en conséquence, il aurait dû être assorti de l'Index alphabétique habituel. Le Conseil d'administration propose donc à l'assemblée générale de demander à M. Hemmer, Directeur des Services d'Archives de la Creuse et Vice-Président de la Société, de réaliser cet Index, qui sera imprimé séparément et adressé aux sociétaires avec le fascicule 1960, premier fascicule du Tome XXXIV. Cette proposition est adoptée.

Le fascicule 1960, dont l'impression est commencée, sera distribué au printemps 1961.

M. Chatreix, trésorier, présente le compte-rendu financier de l'année 1960, les budgets de la Société et du Musée (qui doivent être séparés conformément aux dispositions de l'art. IV du Règlement Intérieur paru aux Mémoires, T. XXXIV, pp. XII et suiv.) étant restés communs pour cette dernière année, et devant être séparés à partir de l'exercice 1961.

Mesdames Louradour et Nicolas sont désignées pour la vérification des comptes. Après proposition conforme des vérificatrices, le compte de l'exercice 1960 est approuvé à l'unanimité ; il se solde par un excédent de 2.994,97 NF.

Des remerciements sont adressés au trésorier.

L'ordre du jour étant épuisé, la séance a été levée à 16 heures.

Le Président — Maurice DAYRAS
Le Secrétaire — P. LOURADOUR
Le Trésorier — R. CHATREIX

Note annexe : En raison de la date du versement de la subvention octroyée par la Ville de Guéret, qui doit essentiellement alimenter le budget Musée, la séparation des budgets n'a pu être réalisée qu'à partir du 1er mars 1961.

COMPOSITION DES MEMOIRES

Il apparaît essentiel, afin de garder à notre Bulletin son intérêt, de ne publier, en principe, que des études inédites, après admission par le Comité de lecture prévu au Réglement Intérieur.

Ces études doivent viser, dans l'état actuel de nos publications, à un travail de synthèse, plutôt qu'à des analyses détaillées, sauf bien entendu lorsqu'il s'agit de découvertes nouvelles. Lorsqu'un monument est étudié à nouveau, le travail doit comporter la synthèse de toutes les études antérieures, sans les reproduire même en partie.

 

 

SÉANCE DU 19 JANVIER 1961

Présidence de M. Dayras, président

Présents : Mmes Châteauvieux, Combarnous, Juillet, Labetoulle, Lhuillier, Louradour, Nicolas, Périne, Mlle Saint-Hilaire, MM. Dayras, Chatreix, Colas, Hemmer, Louradour, Malterre, l'abbé Mayaud, l'abbé Mirguet, l'abbé de Montaigut, archiprêtre de Guéret.

Excusés : Mlle Briquet ; MM. Pinchon, Tabard.

Le procès-verbal de la séance précédente est adopté sans observation.

DECES. — Nous avons à déplorer la mort de M. Moreigne Adolphe, ancien gardien du musée ; de M. Teissonniere, professeur au Lycée de jeunes filles de Guéret, et de M. Courty, agent technique des Ponts et Chaussées.

La société adresse aux familles de ces disparus ses condoléances émues.

ADMISSIONS. — Mme la vicomtesse Ch. de Curel, 21 avenue de Saxe, Paris ; M. Claude Dalby, sous-chef de groupe à la Banque de France, 14, avenue du Pont-Royal, Cachan (Seine) ; docteur Deguillaume, 24, rue Saint-Jean à Aubusson ; colonel Demonet, château de Piegut, par Saint-Sulpice-les-Feuilles (Haute-Vienne) ; M. Henri Recoing, huissier, rue Saint-Jean, Aubusson ; Mme Yvette Thibault, restauratrice, avenue de la Sénatorerie, à Guéret ; M. Marcel Rousseau, administrateur de sociétés, 1, avenue Général-Leclerc, à La Souterraine.

DONS AU MUSEE. — De M. Martin, maçon, 54, rue Vaveix, à Aubusson, deux objets en poterie (un chauffe-lit et un pot à cuire les châtaignes).

COMPTES DE L'EXERCICE 1960. — Le trésorier, Monsieur Chatreix, donne un compte rendu détaillé de l'exercice financier de la société pour 1960, d'où il ressort que la situation se présente ainsi :

Recettes ............................. 16.002,32 NF
Dépenses ............................. 13.007,55 NF
Excédent ............................. 2.994,77 NF

Les comptes sont vérifiés par Mmes Louradour et Nicolas et approuvés à l'unanimité.

M. Dayras, président, félicite M. Chatreix pour sa gestion, faite avec une ponctualité et un dévouement qui méritent les remerciements de toute la société.

COMMUNICATIONS :

HISTOIRE NATURELLE. — M. Genevoix envoie une note de mycologie : « Un cèpe rare dans notre région, le bolet odorant ». Cette note sera publiée.

ARCHEOLOGIE :

Epoque gallo-romaine. — M. l'abbé de Montaigut donne lecture du travail de M. Jean Perrier « L'autel de Thauron », travail paru dans la revue Gallia, T. XVIII, 1960, fasc. 2, dont M. Perrier a envoyé un tirage à part pour notre bibliothèque.

Cet autel gallo-romain, reconstitué grâce à l'abbé de Montaigut, est un dé parallélépipédique couronné d'un entablement mouluré et reposant sur une base également moulurée ; son sommet est creusé d'une cavité cylindrique pour le feu rituel ; sa face antérieure porte gravée une dédicace à la divinité d'Auguste et à Jupiter. On y relève également un nom dérivé de Taranis, issu soit du mot celtique désignant le tonnerre, soit de Thoron, ancien nom des sources.

EPOQUE MEDIEVALE. — M. le Chanoine Courteau signale :

  1. — Commune de Sermur, à « Chez Rouchon », chez Monsieur Jouenne, route d'Auzances à Sermur, un petit bassin qui est la pierre de mesure d'une ancienne seigneurie toute proche : Beaulong.

  2. — Les restes du château de Vialle (situé à 2 km. de Sermur, entre les villages du Marvier et du Cluzeau) qui aurait été incendié accidentellement vers 1780.

  3. — Une cuve baptismale hémisphérique, en granit, de 1 m. 10 de diamètre et 0 m. 55 de hauteur, qui se trouve aux Grandes-Farges, commune d'Auzances, et provient de l'église de Courleix, démolie avant la Révolution.

HISTOIRE. — Mme Louradour donne lecture de la première partie de son étude sur La vie de Jacques II, comte de la Marche (1378-1438).

— M. Chatreix lit une note : « Les mobilisés de la Creuse » (deuxième bataillon de la 1re Légion), qui, en 1870, furent logés à La Souterraine, y reçurent leur instruction militaire, puis cantonnèrent notamment à Folles (Haute-Vienne), où ils se distinguèrent par leur bonne tenue et leur discipline.

— M. Gabillon a envoyé une étude sur Pierre Gravelais, huissier, en 1794, du district de La Souterraine, cumulant les fonctions de maire et de membre du comité de surveillance. Cette étude sera publiée.

HISTOIRE DE L'ART. — M. Hemmer signale la mention au Bulletin monumental de la Société Française d'Archéologie (1960-4), par Geneviève François-Souchal, de la communication faite le 22 mai 1957 à la Société nationale des Antiquaires de France, par M. Verlet, selon laquelle les tapisseries de la Dame à la Licorne (qui, on le sait, ont été trouvées au château de Boussac et sont au Musée de Cluny) auraient appartenu, en 1595-1597 à la famille de la Guiche, par suite d'un mariage.

M. Dayras fait observer qu'il a déjà remarqué, à la suite de la communication de M. Verlet, que l'enchaînement d'héritages qui aurait amené la Dame à la Licorne à Boussac, enchaînement proposé par M. Martin, en 1928, aux Mémoires des Antiquaires de France, se trouverait ainsi détruit. Il précise qu'il a actuellement en cours une étude sur l'origine de ces tapisseries et leur présence au château de Boussac au XIXe siècle, comme suite au bel ouvrage illustré qui vient de paraître, œuvre de MM. P. Verlet et Fr. Salet.

— M. Boyer, inspecteur principal des Musées de province, communique des « Documents inédits sur les marchands tapissiers d'Aubusson à Aix-en-Provence, au XVIIe siècle ». Ces documents seront publiés.

HISTOIRE LITTERAIRE. — M. Dayras présente l'opuscule d'Alfred Assolant : « A ceux qui pensent encore » (Paris, Dentu 1861), pages admirables par le double élan du style et de la pensée, hymne fervent à la liberté sans laquelle « tous les dons du ciel demeurent stériles », « gloire et vie même d'une nation, liberté de penser et d'écrire, de n'obéir qu'à la loi, de ne craindre ou de ne flatter personne », « liberté qui échauffe les cœurs, élève les âmes, d'où naissent les pensées sublimes et les actions immortelles ».

Ce texte démontre chez Assolant un talent très particulier, dont l'essentiel fut dilapidé dans des articles vite oubliés.

— M. Carriat signale une remarquable réédition de la « Mariane », de Tristan l'Hermite, donnée en 1953 par M. P.-A. Jannini, professeur à l'Université de Turin ; accompagne le texte original de la tragédie une introduction de 95 pages sur l'œuvre poétique, romanesque et dramatique de notre compatriote, et un commentaire terminal de 36 pages, montrant ce que la pièce de Tristan (1636) doit à celle du Vénitien Ludovico Dolce (1565). Son article sera publié.

M. Hemmer lit une note relevée sur les registres paroissiaux de Genouillat, relatant une inondation survenue après les orages des 27 et 28 août 1792 ; toutes les rivières et ruisseaux avaient débordé ; « l'eau qui coulait dans les rues du bourg était suffisante pour porter bateau » (sic).

Dans la nuit du 28 au 29 les eaux passaient de plus d'un pied au-dessus du pont de la Petite-Creuse, qui résista cependant et fut seulement détérioré.

 

 

SÉANCE DU 16 MARS 1961

Présidence de M. Dayras, président

Présents : Mmes Châteauvieux, Combarnous, Juillet, Lardy, Louradour, Nicolas, Perine, Mlle Saint-Hilaire, MM. Barde, Châtreix, Colas, le Chanoine Courteau, Dayras, Hemmer, Louradour, Malterre, l'abbé Mirguet, Picouret.

Excusés : Mme Lhuillier, MM. Boudard, Lugagne, l'abbé Mayaud.

Le procès-verbal de la séance précédente est adopté sans observation.

DECES. — Nous avons à déplorer la mort de M. Horluc, vice-recteur honoraire de l'Académie d'Alger, originaire de Faux-la-Montagne, et de M. Louis Fourneau, de Dun-le-Palestel.

La Société adresse aux familles de ces disparus ses condoléances émues.

ADMISSIONS. — Mlle Catinat, institutrice en retraite, 12, avenue du Docteur Manouvrier, à Guéret ; Mme Chaix, rue Ferragüe à Guéret ; M. le docteur Chedal, avenue Louis-Laroche, à Guéret ; M. M. Daymon, directeur des Contributions directes, Cher-Demont, à Guéret ; M. Duprat, 48, avenue Julien à Clermont-Ferrand (P.-de-D.) ; M. le docteur Meaume, à Vallière ; M. G. Parrotin, La Croix-Pierre, à La Souterraine ; Mlle A. Pérathon, 3, rue Vaveix, à Aubusson ; M. Paul Pinlon, architecte D.T.P., 2, rue Foulombert, à Aubusson ; M. Charles Poisson, à Charsé, par Brissac (M.-et-L.) ; M. Renard, procureur de la République, à Guéret ; Mme Roussillat, professeur, rue H-Berlioz, à Guéret ; M. Camille Simon, greffier honoraire, à Aubusson ; M. Marc Vaugelade, architecte à Guéret.

BIBLIOTHEQUE :

Echanges. — La Société échangera désormais ses publications avec celles de la Société académique du Puy, de la Société d'Agriculture, Sciences et Arts de la Sarthe, de la Société archéologique et historique de Nantes et de la Loire-Maritime.

Fichier Lacrocq sur les tapisseries d'Aubusson. — Le président indique que ce fichier est déposé au musée du Louvre (conservation des objets d'art).

DONS AU MUSEE. — Legs de Mme Marius Martin : trois tapisseries de M. Martin, une tapisserie signée Paul Vera et des gravures, gouaches et dessins.

DONS AUX ARCHIVES. — De M. l'abbé Courteau : deux registres et des documents sur l'entrepôt des tabacs d'Aubusson (XVIIIe siècle).

EXCURSION 1961. — Le président propose le programme suivant : menhir de Pierre-Pointe, ruines gallo-romaines des Cars et musée Vazeilles à Meymac, chapelle et colline du Rat, croix de La Lezioux, église de Gentioux.

Ce programme est adopté et l'excursion est fixée au dimanche 25 juin.

COMMUNICATIONS :

HISTOIRE NATURELLE. — M. Genevoix a envoyé une note : « Un animal de légende : la salamandre ». Cette étude sera publiée.

ARCHEOLOGIE :

Epoque préhistorique. — M. Gabillon décrit une hache à ailerons et à anneau latéral, en bronze, de 15 centimètres de longueur, portant des traces de martèlement, trouvée en piochant du tuf par M. André Guillon, à Mondolant, commune d'Azérables.

Epoque gallo-romaine. — M. Aureix signale la découverte à Aulon :

1°) Par M. Durudaud d'une pierre de 1 m. 80 sur 1 m. 40, creusée d'une cavité peu profonde, pouvant être la pierre à brûler les corps (ustrinum) du cimetière gallo-romain d'Aulon.

2°) Par M. Halary, de trois nouveaux coffres à incinération : l'un cylindrique, les deux autres cubiques et à cavité carrée.

— M. Hemmer signale les découvertes faites à La Cour-de-Magnat (commune de Montboucher) par M. Mortier, fermier, en labourant une terre appartenant à M. Poutet.

M. le chanoine Courteau lit une étude sur les voies gauloises et gallo-romaines qui sera publiée.

HISTOIRE. — M. Chatreix communique une lettre de rémission accordée par le roi Louis XI, en novembre 1462, à Hugues de Chamborand, chevalier, seigneur de Lavault. Ce document sera publié.

— M. Dayras lit un extrait de « Promenades dans toutes les rues de Paris » Paris Hachette 1910, par le marquis de Rocheguide, se rapportant à la rue La Feuillade et à la place des Victoires.

— M. Devige a envoyé la copie d'une prise de possession d'un pré à Parsac, le 20 septembre 1739, qui fait état de la coutume selon laquelle le nouveau propriétaire annonce cette prise de possession en criant à haute voix, en coupant des buissons, en ébranchant des arbres et en lançant des pierres dans son pré.

— M. le chanoine Courteau présente son étude sur « l'entrepôt des tabacs à Aubusson (1744-1791), étude qui sera publiée.

— M. Boudard a envoyé un article : « Un Vétéran des guerres de la Révolution et de l'Empire : Le Guérétois Dumarest ».

HISTOIRE LITTERAIRE. — M. E. Panet communique l'un des exemplaires sur Hollande (le n° 1) du livre de Willette : Georges Lorin et Rollinat (Paris Sansot 1928), qui comporte beaucoup d'anecdotes sur Rollinat pendant son séjour à Fresselines et notamment celle intitulée « La Salamandre », anecdote qui a donné lieu à l'étude d'histoire naturelle de Monsieur Genevoix sur ce curieux animal.

 

 

SÉANCE DU 18 MAI 1961

Présidence de M. Dayras, président

Présents : Mmes Châteauvieux, Chaix, Combarnous, Juillet, Labetoulle, Lardy, Louradour, Nicolas, Périne, MM. Bourdon, Chatreix, Colas, le chanoine Courteau, Dayras, Fonty, Louradour, Malterre, l'abbé Mirguet, l'abbé de Montaigut, archiprêtre de Guéret, Parrotin, Picouret, Vançon.

Excusés : Mme Lhuillier, Mlle Briquet, M. Hemmer, M. l'abbé Mayaud.

Le procès-verbal de la séance précédente est adopté sans observation.

DECES. — Nous avons à déplorer la mort de M. Journaux, professeur honoraire au lycée de Guéret. La Société présente à la famille du disparu ses condoléances émues.

ADMISSIONS. — Mme D. Aupetit-Laubier, 2, rue de l'Echelle, Aubusson ; M. Bounaud, distillateur, 18, quai des Iles, Aubusson ; M. René Bourdon, 3, boulevard Saint-Pardoux, Guéret ; M. Joseph Chassagne, assurances, 26, rue Vaveix, Aubusson ; M. Octave Cléret, à Reterre ; M. Jacques Ducoux, maître des requêtes au Conseil d'Etat, 48, rue de Rivoli, Paris ; M. Yves Durand, professeur, 21, rue de l'Hermitage, à Montluçon ; M. André Fonty, administrateur en chef des Affaires d'outre-mer, à Arfeuille-Châtain ; M. Robert Marboutin, étudiant, 24, rue Jean-Jaurès, Aubusson ; M. Olivier de Pierrebourg, député de la Creuse, rue de Stalingrad, à Guéret ; Mlle Reignoux, 10, avenue de la Sénatorerie, Guéret ; M. Adrien Terrade, agent général d'assurances à Auzances ; Mme Thévenot, institutrice à Dun-le-Palestel ; M. Guy Vançon, établissement thermal à Evaux-les-Bains.

DON AU MUSEE. — Par M. Guillon, de Mondolant, commune d'Azérables : une hache à ailerons du Bronze IV (1.200-900 av. J.C.) étudiée à la précédente séance.

MUSEE. — Le président donne connaissance d'une lettre de remerciements du musée de Toledo (Ohio, U.S.A.) pour le prêt d'un tableau.

Il indique que la nouvelle présentation des vitrines d'archéologie et de la grande salle de peinture est en cours.

DON A LA BIBLIOTHEQUE. — Compte rendu du 18e Congrès (1958) de la Fédération des Sociétés Savantes du Centre.

DON AUX ARCHIVES. — Par M. Dayras, original du procès-verbal d'enquête sur les privilèges d'Aubusson (6 novembre 1566), et diverses pièces de la famille Prugnet de la Seiglière.

VOEUX. — La Société confirme le vœu exprimé lors de la séance précédente et transmis à M. le Maire, pour que soient donnés des noms se rattachant à l'histoire locale aux rues de la ville de Guéret. Elle exprime aussi le vœu que soit indiquée par des inscriptions la nature des arbres d'essence rare du jardin public de Guéret.

XXIe CONGRES DE LA FEDERATION DES SOCIETES SAVANTES DU CENTRE (Guéret, 3-4-5 Juin 1961)

Le Président précise le programme du congrès et de l'excursion du 4 juin 1961 : Bénévent, le Grand-Bourg, Breth-Bridiers, La Souterraine, Saint-Germain-Beaupré, Crozant. Chacun des monuments sera présenté aux congressistes par notre Société.

COMMUNICATIONS :

HISTOIRE NATURELLE. — M. Genevoix a envoyé son étude : « Les papillons sphingidés observés en Creuse », qui sera publiée.

ARCHEOLOGIE :

Epoque préhistorique. — M. Dayras présente de la part de M. Fonty, d'Arfeuille-Chatain, un magnifique coup de poing paléolithique trouvé au cours d'un labour sur la commune de Mainsat, vers 1910.

Cette pièce longue de 0 m. 21, large de 0 m. 113, épaisse de 0 m. 037, du poids de 920 grammes, couleur cire d'abeille foncée, est une pièce capitale pour la préhistoire dans la Creuse. Elle sera étudiée et présentée aux Mémoires.

— M. Parrotin présente une lame du Grand-Pressigny, silex blond taillé avec une seule arête dorsale, trouvée à la Chirade, commune de Compas, dans le bassin du Cher ; un fragment de lame incurvée, silex blond taillé, à double arête dorsale, trouvé aux Jarasses, commune du Compas ; un fragment de petite lame, silex blond, à double arête dorsale, également aux Jarasses, et un racloir paléolithique, silex blond foncé, trouvé à La Chaud, commune de Rougnat.

Epoque gallo-romaine. — M. Vançon, directeur de l'établissement thermal d'Evaux-les-Bains, présente une statuette en bronze d'Esculape, dieu de la Médecine, acquise par lui et qui, selon une indication écrite ancienne, provient des fouilles des thermes d'Evaux-les-Bains au XIXe siècle, ainsi que deux fibules dont l'une paraît porter des traces d'émail, qui sont indiquées comme provenant des mêmes fouilles. Ces objets, confiés provisoirement au musée, seront ultérieurement exposés à l'établissement thermal d'Evaux-les-Bains.

— M. Cléret, de Reterre, signale la découverte faite par M. Georges Simonet, en avril 1961, dans la commune de Reterre, près de Villechérine, sur la parcelle n° 83 de la section B, appartenant à M. Albert Foraud, d'un coffre de granit de type classique, ovoïde, avec bourrelet de fermeture. Le coffre contenait les cendres de l'incinération sans aucune urne intermédiaire. A l'entour ont été trouvés des tessons de poterie grossière et des clous prouvant la présence d'un coffre de bois. Il n'a pas été trouvé de monnaie.

M. Cléret signale qu'un coffre identique avait été trouvé, il y a environ 30 ans, près de Vaurennes, commune de Mainsat ; il était placé dans la même orientation, au levant, et près d'un bois. Il est dans la cour de la ferme de M. Loubaud.

— Mme Louradour signale la découverte faite par M. Lesouple, en mai 1961, à La Feyte, commune de Sardent, au lieudit « Le Puy-Chaud », d'un coffre de granit, ovoïde avec bourrelet, contenant une urne en verre bleuté à deux anses, renfermant des cendres et des ossements. Près de la sépulture ont été trouvés des tessons de poteries jaunes, grises, noires et vernies rouges. M. Bourdon présente l'urne funéraire de type classique, très bien conservée.

— M. Curutchague signale, à Mazeirat, près du lieudit « Bois des Jasses », appartenant à M. Albert Pouzeaud, la présence d'un rocher appelé « Les Coupes », émergeant d'environ 1 m. 50 et creusé à sa partie supérieure de trois cavités circulaires entourées d'un léger bourrelet, qui ont pu être des sépultures à incinération, rocher à proximité duquel ont été trouvés des tessons de poterie et des tuiles à rebord.

Mme Louradour signale en outre, à Mazeirat, non loin du rocher précité, au lieudit « Les Sagnes », appartenant à M. Arsène Malherbe, la découverte des substructions d'une demeure gallo-romaine dans le dallage de laquelle se trouve la pierre d'un moulin à bras gallo-romain, ainsi que celle d'une monnaie de Marc-Aurèle et de tessons de poteries sigillées.

Epoque médiévale. — M. le chanoine Courteau signale :

  1. — Entre les villages de Montfoulet et Trouchevent, une borne seigneuriale. C'est, sur un grand rocher plat incliné, une croix gravée profondément, avec un pied élargi, qui devait marquer la limite de deux petites seigneuries : Trouchevent et Les Farges ;

  2. — A l'église d'Auzances, face à la porte d'entrée, une figuration prophylactique : c'est un personnage grotesque qui, avec ses épaules, soutient le tailloir du chapiteau.

HISTOIRE. — M. Dayras signale que sa mère, a retrouvé en classant des papiers de sa bisaïeule, Sophie Prugnet de la Seiglière, le procès-verbal original de l'enquête faite à Aubusson, le 6 novembre 1566, pour établir la réalité des privilèges accordés aux habitants de cette ville, à la suite de la destruction des archives communales, vers 1561.

Cette pièce capitale pour l'histoire d'Aubusson n'avait pas été retrouvée par l'historien d'Aubusson, C. Pérathon. Elle sera intégralement publiée aux Mémoires.

— M. le chanoine Courteau donne l'explication des baptêmes extra-paroissiaux, à Auzances, au XIXe siècle.

FOLKLORE. — M. Cléret signale la curieuse coutume, pratiquée à Reterre de l'incinération de la paillasse. Sa note sera publiée.

 

 

SÉANCE DU 21 SEPTEMBRE 1961

Présidence de M. Dayras, président

Présents : Mmes Châteauvieux, Combarnous, Juillet, Labetoulle, Louradour, Périne, Mlle Reignoux, MM. Chatreix, Colas, le chanoine Courteau, Dayras, Fonty, Hemmer, Lagrange, Louradour, l'abbé Mayaud, l'abbé Mirguet, Picouret, Vernadeau, président des Amis du Musée.

Excusés : Mmes Lardy, Lhuillier, Nicolas, Mlle Briquet, MM. Lugagne, Pinchon, le chanoine de Montaigut, archiprêtre de Guéret.

Le procès-verbal de la séance précédente est adopté sans observation.

ADMISSIONS. — Mme Auget, 37, route de Limoges, à Guéret ; Mlle Boulaud, 62, boulevard Exelmans, Paris (16e) ; M. F. Bouyer, directeur d'école, à Saint-Sulpice-le-Dunois ; M. André Coffin, horloger à Gouzon ; Mme Marguerite Courot, à Busseau-sur-Creuse ; M. Emile Filloux, avenue du Bourbonnais, à Guéret ; M. Pierre Fonty, laboratoire d'analyses, 43, boulevard du Roi-René, à Angers (M.-et-L.) ; M. Victor Gagné, libraire, 17, place du Marché, La Souterraine ; M. Marcel Glenisson, instituteur retraité, 3, rue des Fossés-des-Canards, à La Souterraine ; M. Bernard Habellion, La Rodde, à Guéret ; M. André Jorrand, rue des Tanneurs, à Aubusson ; M. Pierre Labrousse, professeur, à Chabannes, par Saint-Pierre-de-Fursac ; M. Paul Laquintat, ébéniste, 7, rue de Gergovie, à Paris (14e) ; M. Georges Legrand, directeur d'école à Felletin ; M. Legards, à Saint-Hilaire-le-Château ; M. le docteur Massendari, 36, avenue Gambetta, à Guéret ; M. Gaston Moreau, Magasins Réunis, 42, rue Montaudon, à La Souterraine ; M. le docteur Parrain, maire de La Souterraine ; M. Jean-Charles Parot, ingénieur, 5, rue de l'Université (Paris 7e) ; M. Maurice Strumza, chef de travaux de physiologie, 20, rue Daru, Paris (8e).

FELICITATIONS. — Des félicitations sont adressées à notre compatriote et membre d'honneur, le philosophe Jean Guitton, élu à l'Académie française, et à M. Edmond Panet, qui a obtenu la Coupe des Corréziens de Paris, un prix pour son film sur le Limousin, et une mention d'honneur à Cannes pour son court métrage sur l'éclipse de soleil du 15 février 1961.

DONS AUX ARCHIVES DEPARTEMENTALES. — Par les Amis de Felletin, les trois catalogues des Expositions de tapisserie de Felletin (1959-1960-1961).

DONS AU MUSEE. — De Mlle Picaud, à Guéret : une buse (oiseau de proie) naturalisée sur branche, et deux fuseaux à filer la laine ; de M. Briat, à Guéret : un paon empaillé.

DONS A LA BIBLIOTHEQUE. — Par M. Chatreix, une plaquette « La Souterraine » (1961) ; par les Amis de Felletin : les trois catalogues des Expositions de tapisserie de Felletin (1959-1960-1961) ; par M. Cerbelaud-Salagnac, son ouvrage : « Le Sceau du Prince Henri » (Paris, Ed. Fides, 1957).

PUBLICATIONS. — « Auzances-en-Combraille » (Guéret, Lecante 1961), de M. Marc Parrotin.

— « Sur la tombe du cardinal de La Chapelle-Taillefert », article du journal « La Montagne » du 24-8-1961, de M. Louis Rigault, doyen honoraire de la Faculté catholique de Droit de Paris, qui émet le vœu, approuvé par la société, qu'une plaque commémorant le cardinal soit apposée à l'église de La Chapelle-Taillefert.

MUSEE. — M. Dayras signale l'achèvement, au Musée, des nouveaux aménagements de la grande salle de peinture et de deux vitrines de la salle d'archéologie (préhistoire et époque gallo-romaine).

M. Vernadeau, président de la Société des Amis du Musée, exprime sa grande satisfaction de la nouvelle présentation des salles et souhaite que les heureuses initiatives prises dans le sens du dégagement s'étendent à l'ensemble du Musée.

VOEUX. — La société émet les vœux suivants :

Que la Tour de Bridiers soit classée monument historique, alors qu'elle n'est inscrite que sur l'inventaire supplémentaire, et que le château de Montaigut-le-Blanc soit dégagé de la végétation envahissante qui nuit à son aspect intérieur et extérieur. Une lettre en ce sens sera adressée à M. le Maire.

LE CONGRES DE LA FEDERATION DES SOCIETES SAVANTES DU CENTRE (4-5-6 Mai 1961)

Le Président rappelle la réussite de ce congrès et le succès de l'excursion à laquelle prenaient part 130 personnes dont 85 Montluçonnais.

Il remarque la qualité des présentations faites à cette occasion, celles de la Creuse gallo-romaine par Mme Louradour, de la Creuse féodale par M. Chatreix, du château de Saint-Germain-Beaupré, par M. Louradour et de La Souterraine, par MM. Hemmer et Chatreix. Dans les ruines de Crozant, le Président a évoqué la grande période d'Isabelle, la Comtesse-Reine et sa lutte contre saint Louis.

L'EXCURSION DE LA SOCIETE (25 juin 1961)

Le Président exprime la satisfaction des participants à cette excursion qui les a conduits sur le pittoresque plateau de Millevaches et jusqu'en Corrèze où M. Marius Vazeilles, président de la Société des Lettres, Sciences et Arts de ce département, leur a présenté, aux Cars, les ruines gallo-romaines, et à Meymac, ses riches collections archéologiques.

VIIIe CONGRES D'ARCHEOLOGIE CLASSIQUE

M. Dayras précise que ce congrès aura lieu à Paris en septembre 1963.

COMMUNICATIONS :

HISTOIRE NATURELLE. — M. le Président adresse ses remerciements à M. Lugagne, qui a remis en état l'herbier du Musée.

ARCHEOLOGIE :

Epoque préhistorique. — M. Dayras signale que le silex paléolithique de Mainsat, dont il a été question à la séance précédente, se trouve actuellement pour examen au Musée de l'Homme. M. Fonty présente un deuxième silex trouvé à Mainsat et dont l'époque précise reste à déterminer.

Epoque gallo-romaine. — Mlle Fourneron a envoyé deux grands bronzes, l'un fruste, l'autre à l'effigie de l'empereur Hadrien (117-138), trouvés il y a plusieurs années dans la région de Saint-Alpinien.

— M. Hemmer présente, de la part de M. Legards, cinq pieds d'amphores trouvés à Linard, commune de Saint-Hilaire-le-Château.

— M. Lagrange, d'Ambazac, présente son travail : « Contribution à l'étude des voies antiques en Limousin. La voie Burdigala-Augustoritum-Avaricum dans la traversée de la région d'Ambazac ».

Il traite les questions suivantes : étant donné l'existence certaine d'une voie antique dans la région d'Ambazac, pourquoi les opinions diffèrent-elles sur sa destination ? Son tracé, son importance ? S'agit-il d'une voie ou de deux voies confondues, se séparant bientôt ? Dans ce cas, où se confondent-elles ? Où se séparent-elles ? Où mènent-elles ?

M. Lagrange reprend les études faites par le Dr Janicaud et ses prédécesseurs sur les voies romaines et les milliaires, la venue de saint Martial en Limousin, les diverses découvertes archéologiques, et il attire l'attention sur les restes situés près du village de Maillorat (commune de Jabreilles), qui fut peut-être un campement romain, et où M. Lagrange croit pouvoir placer Praetorium.

M. le Chanoine Courteau accompagne cette étude d'une note : « Praetorium et la voie d'Agrippa ». Il résume l'histoire de la voie Clermont-Limoges-Saintes, décidée par Auguste en 27 av. J.-C. et terminée 40 ans plus tard. Il rappelle que les Romains ont construit leurs routes sur le tracé du réseau routier gaulois ; il estime que Limoges était relié directement à Praetorium et à Ahun, que les milliaires datés du IIIe siècle ne peuvent servir à identifier la voie d'Agrippa, que d'autre part celle-ci étant la première en date, s'avère difficile à retrouver, ayant été la plus usée et la plus réparée. Le travail de M. Lagrange sera étudié ultérieurement.

— Mme Louradour signale au Teilloux (commune de Saint-Laurent), la découverte par M. Marchand, dans sa terre dite « Terre du Bois », d'une sépulture à incinération en coffre de granit, formée de deux parties, avec une profonde cavité sans bourrelet, contenant une très belle urne en verre bleuté, à la panse flanquée de deux anses plates striées.

Epoque barbare. — M. le chanoine Courteau décrit un sarcophage trouvé aux Cheizes (commune des Mars), qui paraît remonter au VIIIe siècle, et présente la particularité d'avoir les deux côtés de la tête dissymétriques, l'un courbe, l'autre presque rectiligne.

Epoque médiévale. — Mme Louradour, dans une étude sur quatre reliquaires figurant dans la vitrine de la salle des émaux du Musée de Guéret, montre que ceux-ci faisaient partie du trésor de l'église de Sardent. Son étude sera publiée.

HISTOIRE. — M. Dayras présente, de la part de la famille Champeaux, la vente de la terre de la Faye, près Felletin, du 27 février 1577. Cette belle pièce est confiée aux Archives départementales pour étude et microfilm,

— M. Chatreix lit un extrait des « Cahiers de mise aux enchères des dîmes de la paroisse de Saint-Maurice-la-Souterraine de 1735 à 1742 », découvert dans les papiers de Jean Bellet, membre de notre société, mort en 1917.

Cet extrait montre le comportement de certains seigneurs envers leurs tenanciers, telle la comtesse d'Auzances, dame de Chabannes, qui bat et fait battre sauvagement un de ses sujets, le poursuit, le menace de mort parce qu'il fauche dans un pré appartenant à lui-même, alors que la comtesse prétend se réserver l'entière propriété de l'herbe de ce pré.

— M. Pinchon a envoyé une étude : « La Creuse et la Maison Royale de Saint-Louis à Saint-Cyr ». Cette étude sera publiée.

— M. Pinchon a envoyé la copie d'une lettre écrite au siècle dernier par une femme de Nantiat pour vendre, au meilleur prix, ses cheveux à un marchand de Bellegarde.

Cette lettre montre que le sacrifice des « vendeuses de cheveux » ne leur était que bien chichement rétribué.

 

 

SÉANCE DU 16 NOVEMBRE 1961

Présidence de M. Dayras, président

Présents : Mmes Auget, Châteauvieux, Combarnous, Juillet, Labetoulle, Lardy, Lhuillier, Louradour, Périne, Mlle Reignoux, MM. Châtreix, Colas, Dayras, Filloux, Hemmer, Louradour, l'abbé Mayaud, l'abbé Mirguet, le chanoine de Montaigut, archiprêtre de Guéret, Picouret.

Excusés : Mme Nicolas, Mlle Saint-Hilaire ; MM. Fonty, Malterre, Pinchon.

Le procès-verbal de la séance précédente est adopté sans observation.

ADMISSIONS. — M. Louis Machelier, directeur Aide sociale, 15, rue Regnard, à Limoges (Haute-Vienne) ; M. Maurice Bouchon, ingénieur A.-et-M., 5, rue E.-Fournier, Paris (Ve) ; M. Georges Caillamaud, président du Tribunal civil, à Guéret ; M. Jacques Callier, inspecteur d'assurances, rue du 11-Novembre, bât. A 93, à Nanterre (Seine) ; M. C.-A. de Corbier, à Cornebarieu (Haute-Garonne) ; M. J.-L. Fargeaud, avocat, à Aubusson ; M. Charles Gogue, pharmacien, à Dun-le-Palestel. Mme Messin, 8, avenue Louis-Laroche, à Guéret ; M. Frédéric Périgaud, directeur d'école honoraire à Bonnat.

DECES. — Nous avons à déplorer la mort de M. Chigot, peintre-verrier, à Limoges ; de Mlle Maussang, institutrice à Faux-la-Montagne ; de M. Basly, gardien du musée de Guéret.

La société présente aux familles des disparus ses condoléances émues.

BIBLIOTHEQUE. — La société décide de prendre un abonnement au bulletin de la Société d'histoire, d'archéologie et de tradition gauloises, « Gaule ».

VOEU. — M. le Chanoine de Montaigut, archiprêtre de Guéret, présente le vœu approuvé par la société, que soit remise en état la chapelle des pénitents du cimetière de Guéret. Une lettre en ce sens sera envoyée à M. le Maire de Guéret.

COMMUNICATIONS :

ARCHEOLOGIE :

Epoque gallo-romaine. — Mme Nicolas signale la découverte, en mars 1961, dans la terre dite « Le Renversadis », commune de Saint-Amand-Jartoudeix, au sud du village du Trop, d'un ossarium de granit contenant des ossements calcinés. Quelques débris de poterie grossière ont été trouvés au voisinage.

— Mme Louradour rend compte des recherches qu'elle a faites pour retrouver le léo-lupus de Bridiers, curieuse statue en granit figurant un carnassier assis, à tête de canidé, de crinière léonine, trouvée à Brède, près de Bridiers, à la fin du siècle dernier, d'abord propriété du musée de Cluny, et déposée depuis peu au musée de Saint-Germain-en-Laye ; elle signale qu'elle a obtenu de M. le Conservateur de ce Musée des Antiquités Nationales son accord de déposer au musée de Guéret le moulage de ce léo-lupus.

— M. Chatreix présente, de la part de M. Henri Caillat, de Dun-le-Palestel, une pièce de bronze à l'effigie de l'empereur Constantin (306-337), trouvée à Brède, près de Bridiers, dans la terre de M. Nonique-Desvergnes.

HISTOIRE. — Mme Louradour lit la deuxième partie de son étude sur La vie de Jacques II, comte de la Marche. Ce travail sera publié.

— M. Dayras signale dans la « Revue de la Cavalerie Blindée », numéro 33 (premier trimestre 1961), un article sur l'historique du 2e Régiment de Hussards, régiment de Chamborand.

Formé en 1735 par le comte Esterhazy avec des volontaires hongrois, déjà célèbre par plusieurs campagnes, pendant la guerre de sept ans (1757-1764), c'est notre compatriote, le marquis André-Claude de Chamborand, seigneur de la Clavière qui en devint colonel. Il y débuta par un coup de maître : le 8 juillet 1762, franchissant avec 500 cavaliers les avant-postes ennemis, il occupe la ville de Warburg, tenue par une garnison anglaise de 6.000 hommes, brise les canons, saisit les munitions et revient dans nos lignes avec son butin. Alliant la bravoure à la générosité, après une charge où ses hommes avaient blessé grièvement le prince de Brunswick, Chamborand envoya aussitôt ses deux chirurgiens auprès du général ennemi.

Les hussards de Chamborand, qui ont conservé leur nom jusqu'à nos jours, ont participé à de nombreuses batailles de la Révolution et de l'Empire (Valmy, Jemmapes, Hondschoote, Courtrai, Fleurus, Hohenlinden, Pratzen, Austerlitz, en Russie, en Espagne), puis en Afrique (où on les surnomma les Lions du désert), à Isly, avec les chasseurs à pied, à Sidi-Brahim, puis plus tard encore à Solférino, enfin aux trois guerres de 1870, 1914-18 et 1939-45.

Le régiment a toujours fait honneur à sa devise : « Noblesse oblige, Chamborant autant », comme à celle de son mestre de camp : « Oncques ne faillis ».

Par substitution et autorisation, la descendance du marquis de Chamborand, mort en émigration en 1805, et qui n'avait eu que trois filles, a été autorisée à relever ce nom célèbre dans l'armée.

C'est, d'après une anecdote, la reine Marie-Antoinette qui, un après-midi de l'automne 1786, à un goûter de Trianon, proposa au marquis de Chamborand de doter ses houzards du célèbre dolman brun-marron, en voyant passer un père capucin. « On verra mes moines à l'œuvre » répondit le marquis.

— Mme Louradour présente une carte du département de la Creuse de la fin du XVIIIe siècle et fait observer, notamment, que notre département était divisé en cinq districts, qu'il avait comme aujourd'hui 25 cantons mais que les cantons de Grand-Bourg et de Gentioux portaient les noms de Sallagnac et de Pallier, que 65 paroisses ont été supprimées (suppressions très inégalement réparties, puisque si le canton de Guéret a conservé la totalité des siennes, celui de Bourganeuf en a perdu 7 et celui de Chambon 8).

D'autre part, les modifications intervenues dans les noms des paroisses sont nombreuses et variées : certains sont devenus noms composés ou au contraire noms simples, d'autres se sont adjoint l'article où l'on perdu, plusieurs ont changé leur terminaison ac en at ou at en ac et enfin ceux qui ont conservé la même consonance ont souvent une orthographe différente.

— M. Serge du Cray, membre de la Société Archéologique et Historique du Limousin, fait présenter par M. Hemmer, directeur des Services d'archives de la Creuse, son travail : « Contribution à l'histoire de Vallière », fruit de recherches faites par lui de 1932 à 1939 ; après un avant-propos et des généralités, l'étude se poursuit par des notices de hameaux, puis des listes de notaires, praticiens, huissiers, chirurgiens, contrôleurs, collecteurs, curés ou prêtres communalistes, juges-châtelains ou lieutenants, procureurs, greffiers et sergents ; après quelques extraits des registres paroissiaux et la copie du rôle des tailles de 1681, suit une courte étude sur Le Boueix (village disparu), et la copie d'une vente du 12 mai 1728, par laquelle Joseph de Lestrange, baron de Magnat et de la Borne, vend : 1. A Jacques Renard, de la Borne, une terre dite l'Ouche du Château, et le Pré du Château, à la Borne ; 2. A Jacques de Saint-Julien, seigneur de La Rochette, la terre et seigneurie de la Borne, pour moitié, (l'autre moitié appartenant à la dame Marie-Constance de Saint-Julien, dame de Saint-Marc, épouse de Charles de Saint-Chamant).

HISTOIRE LITTERAIRE. — M. Devige signale la parution, en 1813, chez l'éditeur P. Landroit, de Clermont-Ferrand, d'un petit livre intitulé « La sensibilité », poème en quatre chants, par M. Rabany-Beauregard, docteur ès-lettres, chef d'institution à Evaux.

HISTOIRE DU DROIT. — Monsieur Dayras présente et donne aux Archives départementales l'expédition de lettres patentes données à Paris, le 13 Décembre 1758, au juge châtelain de La Forêt-Madelon, province de Combraille (justice de la Commanderie de Tortebesse, près Herment, actuellement Puy-de-Dôme), enjoignant à ce juge de permettre à « notre amé Antoine Girault, laboureur du village du Puy », d'engager une action en rescision de vente pour lésion de plus de moitié contre son acquéreur qui avait usé de « finesse et surprise, vol et fraude préméditée », et avait exigé que son co-contractant renonce dans l'acte à cette action, clause qualifiée « contraire aux bonnes mœurs ».

Cette pièce démontre l'intervention parfois bienfaisante de l'autorité royale dans la justice au profit des plus humbles sujets. Elle est une contribution à l'histoire de la lésion dans le contrat de vente, non admise par le premier droit romain, créée par un édit de Dioclétien (284-305 Ap. J.-C.) en cas de lésion de moitié (2 C. De rescind. vend IV, 44), adoptée par le droit coutumier français (Cout. de la Marche : l'article 110 l'excluait en cas de vente de choses mobilières), et passée dans le Code Civil, articles 1674 et suivants, qui l'organise en cas de lésion de plus des sept douzièmes, au seul profit du vendeur, même au cas où, comme dans celui des lettres patentes de 1758, il y aurait expressément renoncé dans l'acte de vente.