ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DU 18 JANVIER 1962
Le 18 Janvier 1962, à 15 heures, la Société s'est réunie en assemblée générale annuelle, régulièrement convoquée. L'ordre du jour comportait l'examen de l'exercice 1962 ainsi que le compte-rendu financier de cet exercice.
Le président indique que le fascicule 1960, paru en Mai 1961, et constituant le premier fascicule du Tome XXXIV a été adressé aux sociétaires avec l'Index du Tome XXXIII. Il a pu être distribué aux membres présents lors du Congrès des Sociétés Savantes du Centre, tenu à Guéret les 3, 4 et 5 Juin 1961.
Le fascicule 1961, deuxième du Tome XXXIV est en cours d'impression. Le président précise que le nombre de sociétaires cotisants, non compris 124 membres à vie est passé de 327 au 1er Janvier 1960 à 382 à la fin de cette même année.
COMPTES DE L'EXERCICE 1961. — M. Chatreix, trésorier, présente les comptes arrêtés au 31 Décembre 1961, en y comprenant :
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— Les contributions volontaires des membres à vie.
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— Le legs du président Laborde.
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— Les redressements à opérer avec le budget du musée.
L'exercice comporte un excédent de 3.169,86 NF dont une partie importante, constituée par des recettes exceptionnelles, devra être mise en réserve (contributions volontaires des membres à vie et legs du président Laborde).
Les comptes sont vérifiés par Mme Nicolas et Mlle Saint-Hilaire. Ils sont approuvés à l'unanimité et des remerciements sont adressés au trésorier.
L'ordre du jour étant épuisé la séance a été levée à 16 heures.
Le Président — Maurice Dayras.
Le Secrétaire — P. Louradour.
Le Trésorier — R. Chatreix.
SÉANCE DU 18 JANVIER 1962
Présidence de M. Dayras, président
Présents : Mmes Auget, Chaix, Châteauvieux, Combarnous, Juillet, Labetoulle, Lardy, Lhuillier, Louradour, Nicolas, Messin, Périne, Mlles Reignoux et Saint-Hilaire, MM. Châtreix, le chanoine Courteau, Dayras, Fonty, Hemmer, Louradour, l'abbé Mirguet, le chanoine de Montaigut, archiprêtre de Guéret.
Excusés : MM. Malterre, l'abbé Mayaud.
Le procès-verbal de la séance précédente est adopté sans observation.
ADMISSIONS : M. René Breton, instituteur, 16 rue de l'Ermitage, La Souterraine ; M. Paul Fitte, géologue, Saint-Avit-Sénieur (Dordogne) ; Le général d'armée Freydenberg, 148, boulevard Montparnasse, Paris ; M. Gaston Grandpey, instituteur, rue de Lavaud, La Souterraine ; M. Maurice Leprieur, instituteur, Saint-Sébastien (Creuse) ; M. Orliange, directeur d'école, rue Châteaufavier, Aubusson ; Archives Départementales de la Charente, 5, rue de la Préfecture, à Angoulême.
DONS AU MUSEE. — Par Mme Chaix, deux haches polies (Naillat) et des fragments de poterie gallo-romaine (Bussière-Dunoise) sans indication plus précise de leur provenance.
BIBLIOTHEQUE. — Nous avons reçu :
Le Bulletin de la Société des Sciences de l'Yonne.
« Gaule », numéro 18.
Le régime des fiefs d'après la coutume du Poitou (thèse de Mlle Portejoie).
Un article du « Populaire du Centre », 16 janvier 1962 :
Les artistes à Paris : Michel Tourlière, par M.-R. Schnir.
Les bulletins de la « Revue Archéologique du Centre » s'échangeront désormais avec ceux de notre société.
COMMUNICATIONS :
ARCHEOLOGIE — Epoque préhistorique :
— M. le chanoine Courteau présente divers fragments de silex trouvés dans la commune de Reterre sans qu'il ait été possible de préciser le lieu ni la date de ces découvertes.
— M. Bonnet-Beaufranc, notaire à Saint-Agnant-de-Versillat fait présenter une hache en silex gris, d'époque paléolithique, du poids de 608 grammes, longue de 24 cm., large de 6 cm. 5, dont il ignore la provenance.
— M. Fonty présente une hache polie en silex brun qui provient de la commune de Mainsat, trouvée par M. Robert Jouany, dans une terre « La Grande-Ouche », numéro 1.568, section C du plan cadastral et une hache (ou pointe d'araire) en granit, ainsi que le fragment inférieur d'une pièce de même nature, trouvées par M. René Gilbert, du Theil, commune d'Arfeuille-Chatain, dans une terre « Les Bregères », numéro 385, section D du plan cadastral, ainsi que des fragments de polissoirs en granit.
Epoque gallo-romaine :
— M. Marius Vazeilles signale, de la part de M. Chilaud, conducteur de travaux à Gentioux et du chef de brigade de gendarmerie de ce lieu, la découverte à l'intersection des routes N 692, D 85, angle Nord de ce carrefour situé près du domaine des Pêcheries, commune de Faux-la-Montagne, dans une carrière de tuf, appartenant à M. Joffre, d'urnes en poterie paraissant avoir été contenues dans un ou plusieurs coffres en bois. Ces urnes contenaient des cendres et des ossements calcinés ; au voisinage se trouvait une sorte de poêle à frire en fer oxydé de 43 cm. de long. Il s'agit d'une sépulture d'époque gallo-romaine sans ossarium de granit, paraissant donc ne pas être antérieure au IIIe siècle.
Les objets découverts sont étudiés par M. Vazeilles qui les adressera ensuite au musée de Guéret, conformément au désir de M. Faissat, maire de Faux-la-Montagne.
— M. le chanoine Courteau signale :
1°. — Dans la cour de M. Fonty, au Puy-Sauset, commune de Reterre, la présence de deux éléments de canalisation gallo-romaine, en granit, employés dans le mur d'une grange, l'un à canal rectangulaire, l'autre à canal semi-circulaire ;
2°. — Une monnaie de Faustine II trouvée à La Grave, commune de Sermur par M. Vigneresse, auprès de coffres à incinération en granit.
— Mme Louradour décrit la pièce à l'effigie de Constantin, trouvée sur l'emplacement de Bretum, près de Bridiers, dans la terre de M. Nonique-Desvergnes, section D, numéro 1.230 et présentée à la séance du 16 Novembre 1961. Au droit, le buste de Constantin diadémé à droite ; au revers, le soleil personnifié debout, levant la main droite et tenant un globe dans la main gauche, puis deux lettres qui sont les marques de l'atelier de Londres qui a frappé cette pièce, en 315.
— Elle signale d'autre part la découverte par M. Joseph Bouteille, à Leylavergne, commune de Saint-Amand-Jartoudeix, dans la parcelle numéro 16 p, section C, d'un récipient en poterie grossière gallo-romaine, contenant des cendres, fermé par une pierre et autour duquel se trouvaient des débris ferreux et des tuiles à rebord.
Epoques barbare et médiévale :
— M. le Chanoine de Montaigut appelle l'attention sur les deux tumulus de Drouilles, commune de Saint-Eloy, canton de Pontarion, dont l'un a été détruit lors de la création d'une route, et sur divers objets (bénitier, piscine), provenant de l'église disparue de Drouilles.
— M. le chanoine Courteau signale :
1°. — A La Grave, commune de Sermur, un sarcophage en granit, de petites dimensions, très large par rapport à la longueur, aux coins arrondis et qui semble pouvoir être daté du VIe siècle.
2°. — Une inscription sur un linteau de granit à Chez-Bramour, commune de Mainsat et dont la lecture est douteuse. (Sans doute JAISUSCH avec au-dessus une croix pattée).
— M. Hemmer signale la mention à la « Revue des Monuments Historiques », numéro d'octobre-décembre 1960, page 239, de quatre tapisseries d'Aubusson, d'après Lebrun, ayant pour sujet l'histoire d'Alexandre, et figurant dans la salle à manger de la sous-préfecture de Bellac (Haute-Vienne).
HISTOIRE :
— M. Maurice Dayras donne des précisions sur la restauration du monastère et de l'église de Moutier-Rozeille au XIe siècle. Jean de Cessac, dans son étude parue au T. V de nos Mémoires, pp. 422-442, donne comme auteur de ce rétablissement d'après Baluze (Hist. général de la Maison d'Auvergne) Renaud, vicomte d'Aubusson, sous le règne du roi Philippe Ier (1060-1108), Itier étant évêque de Limoges (1052-1073) ; ce monastère avait été ravagé par les ancêtres du vicomte.
Mais Albert Lacrocq, dans la notice consacrée plus tard à cette église (Mém. T. XXIV pp. 117-127), croit devoir préciser qu'il s'agit du vicomte Rainaud V le Lépreux ; cette précision, qui est inexacte, a été reprise par Louis Lacrocq, dans son recueil Eglises de France — Creuse (art. Moutier-Rozeille, p. 109) et encore par les auteurs du volume Limousin roman (Ed. Zodiaque 1960 p. 33).
Or il est certain qu'il ne peut s'agir de ce vicomte, Rainaud V le Lépreux, qui vivait environ cent ans après la restauration du monastère de Rozeille, fut à la seconde croisade avec le roi Louis-le-Jeune, et dont les actes extrêmes connus s'échelonnent entre 1141 et 1175. C'est au vicomte d'Aubusson Rainaud III qu'il faut attribuer cette restauration ; l'historien d'Aubusson C. Pérathon donne la date précise de 1069 (Hist. d'Aubusson p. 373) sans indiquer sa source, pour la restitution de ce monastère par Rainaud III à l'église collégiale de Saint-Yrieix, qui relevait du chapitre de Saint-Martin de Tours.
La notice du volume Limousin roman remarque le caractère archaïque des chapiteaux, d'un type peu courant dans la région : « entrelacs, motifs végétaux, animaux et personnages
« sont maigres et secs, laissant à nu de larges parties des fonds ;
« ils évoquent la sculpture romane de Normandie et d'Ile-de-
« France ». Ils sont taillés dans un granit fin inhabituel dans la région.
HISTOIRE RELIGIEUSE :
— M. Dayras présente le « Recueil des litanies, psaumes et hymnes que les Confrères Pénitents Noirs de la ville d'Aubusson chantent en faisant leurs processions et en visitant les églises » (Aubusson, imp. Pierre Betoulle, 1823).
Le jeudi-saint, les Confrères faisaient :
a) La première station dans l'église Saint-Nicolas.
b) La deuxième dans l'église Sainte-Croix.
c) La troisième dans l'église des sœurs de la Croix.
d) La quatrième dans l'église Saint-Jean.
e) La cinquième dans l'église des sœurs hospitalières.
Cette « église » et celle des sœurs de la Croix n'étaient certainement que deux chapelles. La congrégation des Pénitents Noirs était établie en l'église Saint-Nicolas depuis 1682 ; on sait que cette église fut démolie en 1907. Déjà, en 1807, avait été démolie l'église N.-D. du Mont du Château, et c'est pourquoi il n'en est pas question dans le « Recueil » de 1823.
TOPONYMIE :
— M. le chanoine Courteau signale le livre de M. Albert Dauzat, réédité et revu en 1960, « La toponymie française » (Paris, Payot 1960). Cet ouvrage contient un chapitre sur la toponymie gauloise et gallo-romaine de l'Auvergne, qui déborde incidemment sur la Creuse, et apporte des éclaircissements sur quelques noms de notre département.
Sa note sera publiée.
VARIA :
— M. Hemmer présente des photos d'objets mobiliers d'églises de la Creuse, exécutées par la direction de l'architecture du ministère des Affaires Culturelles.
— Mme Louradour indique que l'engin formé d'une tige de fer terminée en pointe de flèche et garnie de deux rangées latérales de barbillons acérés, trouvé par M. Patureau, de la Souterraine, non loin de la tour de Bridiers, au « Bois-des-Potences », (E 531), est une sorte de harpon, arme utilisée pour la chasse en Afrique noire, reconnue par notre collègue Paul Fitte comme oubanguienne.
SÉANCE DU 15 MARS 1962
Présidence de M. Dayras, président
Présents : Mmes Auget, Chaix, Châteauvieux, Combarnous, Juillet, Labetoulle, Lardy, Lhuillier, Louradour, Messin, Mlles Périne, Reignoux, Saint-Hilaire, MM. Colas, le chanoine Courteau, Dayras, Hemmer, Filloux, Louradour, l'abbé Mayaud, l'abbé Mirguet, le chanoine de Montaigut, archiprêtre de Guéret, Picouret, Pinchon.
Excusés : MM. A. Carriat, Châtreix, Fonty, Mme Nicolas.
Le procès-verbal de la séance précédente est adopté sans observation.
DECES. — Nous avons à déplorer la mort de M. Roger Crepin, négociant à Guéret et de M. Gravillon, de Guéret. La Société présente aux familles des disparus ses condoléances émues.
ADMISSIONS : Mlle Emilie Adami, institutrice, Avenue du Poitou à Guéret ; Mme Armand Auclair, rue de Lavaud à La Souterraine, Mme Marcelle Audousset, 18, Avenue du Général Clavery, Paris (16e) ; M. Victor Chaize, 29, rue Lothaire II à Nancy et Saint-Domet ; M. Eugène Chilaud, conducteur des Ponts et Chaussées à Gentioux ; M. Georges Dard, 169 rue Saint-Jacques, Paris (10e) ; Mme Jeanne Donnaz, place Bonnyaud, Guéret ; M. Jean-François Guemy, professeur de lettres, 4, rue Général Leclerc, Rouen.
DONS AU MUSEE. — De M. René Gilbert d'Arfeuille-Chatain : une grande pointe de granit poli, présentée à la précédente séance.
— de MM. Chilaud, Joffre et Faissat : un vase gallo-romain à une anse (Faux-la-Montagne).
— De M. le Dr Rochas : une hachette en fer.
DONS AUX ARCHIVES. — De M. Chatreix : trois ordres de garnisons (1789).
BIBLIOTHEQUE. — Nous avons reçu :
Le Bulletin de la Société des Antiquaires de Saint-Omer (déc. 1961).
La Revue Archéologique du Centre (Janv. mars 1962).
Une plaquette de M. Michel Tourlière (exposition de tapisseries à Paris), préface de M. Jean Beaufret.
Jules Toutain et la question d'Alesia par L. Gérard Varet.
Dons de M. Hemmer : Catalogue d'exposition d'Art français au Japon.
Réserves françaises d'oiseaux de mer et de marais (Paris 1961).
MONUMENTS HISTORIQUES :
Les façades et toitures de la Maison Corneille (Maison du Vieux Tapissier, aménagée par les Amis d'Aubusson), 69 rue Vieille à Aubusson, sont classées parmi les Monuments Historiques par arrêté du 4-1-62.
Communications du Président :
M. le Président fournit les précisions suivantes :
1°. — Le Conseil Général a porté de 100 à 300 NF la subvention annuelle accordée à la Société. Des remerciements ont été adressés à son Président.
2°. — L'excursion 1962 pourrait avoir pour itinéraire : Saint-Savin, Chassaingrimont, Chazelet, Cimetière mérovingien de Civaux, ou à défaut, la région de Boussac-Culan.
Ces itinéraires sont mis à l'étude. L'excursion aura lieu le 1er Juillet.
3°. — Le fichier Louis Lacrocq (Tapisseries et tapissiers d'Aubusson) pourra être transféré aux Archives Nationales, mais devra être complété par le dépouillement des minutes des notaires d'Aubusson. Des négociations sont en cours en ce sens.
4°. — Le Dictionnaire biographique et bibliographique de A. Carriat (écrivains creusois et leurs ouvrages, et tous écrivains dont les ouvrages parlent de la Creuse), pourrait être publié par tranches dans nos Mémoires à partir du fascicule 1963.
5°. — La Société s'est fait un honneur de participer à la souscription ouverte pour offrir l'épée d'académicien de notre illustre compatriote Jean Guitton ; la réception à l'Académie est fixée au 22 Mai.
COMMUNICATIONS :
HISTOIRE NATURELLE :
M. Genevoix a envoyé une note d'entomologie, se rapportant à deux coléoptères de formes caractéristiques assez rarement observés en Creuse :
1°) L'Orycte nasicorne ;
2°) Le Lamia textor.
Sa note sera publiée.
ARCHEOLOGIE :
Epoque gallo-romaine. — M. Dayras présente l'urne gallo-romaine, vase en poterie, de couleur grise, à une anse, découverte en janvier 1962, dans la carrière de tuf exploitée à l'angle nord de l'intersection des routes N. 692 et D. 85, sur la commune de Faux-la-Montagne ; cette urne contenait uniquement des cendres en grande quantité sans aucun objet étranger ; elle était recouverte d'une pierre. Autour d'elle ont été trouvés des fragments de poterie grossière et des débris ferreux, ainsi que les restes charbonneux qui pouvaient provenir d'un coffre en bois. Une telle sépulture ne paraît pas antérieure au IIIe siècle. Cette découverte fait suite à celle décrite par M. Marius Vazeilles à la séance précédente le 18 janvier. Dimensions : (haut : 32 cm. 5, diam. max. 19 cm. 5, diam. de la base 10 cm. diam. du col extér. 11 cm., hauteur de l'anse 14 cm.).
— Mme Louradour signale un bas-relief en granit sculpté, remployé dans le mur d'une grange appartenant à M. Rampignon, de Puy-Chalat, commune de Saint-Amand-Jartoudeix. Ce bas-relief comporte quatre personnages : au centre, un buste dans une sorte de niche ; à droite, un personnage à mi-corps ; à gauche, un buste qui a été rogné lors du remploi du bas-relief ; à la partie inférieure, un personnage étendu. Il paraît difficile de dater cette sculpture ; pourtant rien ne permettrait de nier qu'elle appartienne à l'époque gallo-romaine.
Epoque médiévale. — M. Devige signale, dans la commune d'Ajain, un « chemin ferré » qui reliait le Monastère des Ternes (paroisse de Pionnat) au bourg de Châtelus-Malvaleix et passait à Feuyat, village de la commune de Pionnat, situé sur la R. N. 145. Ce « Chamy farrat » est mentionné dans un document de 1770.
— Mme Louradour signale deux souterrains :
1°) à Bourganeuf, en creusant une tranchée pour la canalisation du tout à l'égout, M. Chatenet a découvert un puits d'environ 2 m. de profondeur, d'où partait, en direction ouest (le château) une galerie aux trois-quarts comblée dans laquelle s'amorçait, à trente mètres du départ, une autre galerie en partie obstruée orientée vers le nord (direction du château de La Chaume) ;
2°) aux Châtres, commune de Maisonnisses, une étroite ouverture sous le pignon de la maison de M. Meaume permet d'accéder à une pièce souterraine voûtée, creusée dans le tuf, qui communique par un étroit couloir avec une seconde pièce voûtée, suivie elle-même d'un autre couloir et d'une troisième pièce.
HISTOIRE :
— M. Devige a envoyé un extrait de la Reconnaissance de Jean Château demeurant à Villejavat en 1757, qui mentionne que les possessions du Monastère des Ternes (paroisse de Pionnat) s'étendaient à Villejavat et Villeput (commune de Glénic), mais que les biens et héritages dépendant de ces villages ne relevaient pas en totalité des religieux des Ternes, mais aussi du seigneur de Payzat (commune de Glénic). Ce document est extrait d'un livre terrier du Monastère des Ternes, déposé aux minutes de Me Brisabois, notaire à Jarnages.
— M. Cléret a envoyé une note sur « La Grande Peur à Reterre en 1789 ».
Sa note sera publiée.
— M. Chatreix fait don de trois ordres de garnison qui précisent que les habitants taillables de la paroisse de Saint-Maurice-la-Souterraine n'ayant point satisfait au paiement des termes échus de leurs impositions de l'année 1789, doivent le logement et la nourriture à la troupe ; sinon ils y seront contraints par emprisonnement de leur personne, saisie et vente de leurs effets, même de partie de leurs bestiaux.
HISTOIRE DE L'ART :
— M. le chanoine de Montaigut signale la mention, dans le travail imprimé de Roger Drouault « Le château de Montôtre » (Limoges 1912) de cinq pièces de tapisserie d'Aubusson, figurant à l'inventaire de 1763, ainsi décrites : « Cinq pièces de tapisserie d'Aubusson, en verdure de toile simple,
« chacune ayant les armes de la maison (Bony et Mondin), tendues autour
« de lad. salle, avec quatre rideaux pintrés en toile simple de
« pays, estimé le tout 160 l. ». En 1912, Roger Drouault indiquait que trois de ces panneaux subsistaient et ornaient la salle à manger de Montôtre (commune de Fromental, Haute-Vienne), deux petits et un grand (4 m. long. 2 m. 80 haut.) qui représente un château avec donjon, des montagnes dans le fond ; au premier plan, un étang avec deux hérons et de grands arbres ; l'un des petits (2 m. 80 — 2 m. 25) représente un château avec des arbres et un oiseau ; sur la bordure on lit M. R. B. N. I. soit Manufacture Royale d'Aubusson, les lettres N. I. représentant le nom du lissier, soit N. Jallasson, Janicot, Jeaucourt (selon la liste de C. Pérathon). Le troisième est à peu près identique mais porte des perroquets. Tous les panneaux ont des bordures à fleurs ; les écussons sont soutenues par des anges, mais paraissent avoir été ajoutées à l'occasion de l'alliance Bony-Mondin, en 1735. Dans le même travail, Roger Drouault signalait l'inventaire après décès de François Chapelle, sgr de la Valade, le 10 février 1610, comportant neuf pièces de tapisserie « façon d'Aubusson ».
HISTOIRE LITTERAIRE :
M. A. Carriat a envoyé la note suivante :
Le « Centro di studi sull'antico cristianesimo » de l'Université de Catane vient de publier des Entretiens avec J. Marouzeau, Propos recueillis par N.I. Herescu (Imp. à Catane (Italie) ; dépôt à Paris : Les Belles Lettres). Ces 117 pp. in-8° s'ouvrent sur un rapide curriculum vitæ de l'éminent linguiste, né à Fleurat le 20 mars 1878, fondateur en 1923 de quatre entreprises importantes (Soc. des Etudes latines ; Revue des Etudes latines ; Soc. de Bibliographie classique ; Année philologique), professeur à la Sorbonne en 1925, membre de l'Institut en 1945. Suit une bibliographie de ses ouvrages et des nombreux articles qu'il a dispersés dans les mélanges et les périodiques, tant en matière de linguistique générale qu'au point de vue du latin et du français. Dans les Entretiens proprement dits, notre savant compatriote évoque les souvenirs qu'il a déjà recueillis dans Une enfance ; puis deux tragédies « hors carrière » : captivité en 1914-1918, résistance en 1940 ; ses voyages de conférences à travers le monde ; les étapes de sa carrière ; ses études de stylistique et sur l'ordre des mots en latin ; son œuvre pédagogique et bibliographique ; sa récente incursion dans la philologie française... Douze planches hors-texte agrémentent cette riche autobiographie (vue de la maison natale, portraits divers et croquis de la main même de J. Marouzeau).
HISTOIRE DU DROIT :
— M. Dayras présente le contrat de mariage de Léonard Martin, natif du village de Montgermain paroisse de Fransèches avec Léonarde Chastelard, de la paroisse d'Ars, passé pardevant Parade, notaire à La Borne, le 27 Février 1643, qui provient de ses archives familiales. Ce contrat comporte une donation avec l'approbation et la signature de Jeanne de Bridiers veuve de Léon Brachet, dame de Saint-Avit (le Pauvre), qui donne cette approbation au futur marié, en raison du fait que ce dernier, tenancier de biens de mortaillable conditions de la seigneurie de Saint-Avit, les quittait, et avait la charge de tenir les fonds objet du contrat en directe condition serve. On a là un exemple précis du fait que la terre détenue pouvait, à raison de l'obligation de la cultiver, être une restriction à la liberté du mariage.
L'art. 142 de la Coutume de la Marche faisait en effet obligation de tenir feu vif et résidence sur l'héritage tenu en condition serve ou mortaillable (Cf. Autorde, Le servage dans la Marche Mém. T. VII p. 139, et R. Drouault, Le servage... etc. Mém. T. XX pp. 408-409).
— M. E. Genevoix a envoyé une note sur la « Recherche de la paternité à La Souterraine, à la fin du XVIIIe siècle ».
Sa note sera publiée.
SÉANCE DU 17 MAI 1962
Présidence de M. Dayras, président
Présents : Mmes Chaix, Châteauvieux, Combarnous, Juillet, Labetoulle, Lhuillier, Louradour, Nicolas, Messin, Périgaud, Mlle Périne, MM. Châtreix, Colas, le chanoine Courteau, Dayras, Fitte, Fonty, Hemmer, Louradour, l'abbé Mirguet, Périgaud, Pinchon.
Excusés : Mme Auget, Mlles Briquet, Reignoux, M. l'abbé Mayaud, Picouret.
Le procès-verbal de la séance précédente est adopté sans observation.
ADMISSIONS : M. le docteur Louis Jorrand, 10, rue Saint-Jean, à Aubusson ; M. Marc Lecoq, agent E.D.F. à Noth ; M. Amédée Monmaneix, électricité-radio, route de Clermont à Aubusson.
MUSEE. — Le ministère des affaires culturelles a fait parvenir des remerciements pour le prêt d'un tableau d'Odilon Redon pour l'exposition du Japon. Le prêt d'une tapisserie d'Aubusson « La chasse au Loup » de la suite de Gombaud et Macé, à la ville d'Arras, pour une exposition de l'été 1962, est accepté.
DONS REÇUS. — De M. Chilaud de Gentioux : 2 urnes funéraires en poterie provenant des sépultures à incinération de Faux-la-Montagne (dont l'une de grande taille et de forme à usage ménager) et le fond d'une coupe sigillée à la marque de Decimus, potier connu de Lezoux, identifiée par notre collègue, M. Vazeilles.
BIBLIOTHEQUE. — M. Hemmer signale le compte rendu de l'exposition d'art roman à Barcelone, paru dans les « Cahiers de Civilisation Médiévale » et la mention à cette exposition de la châsse de Malval, prêtée par notre musée.
— M. Dayras indique que dans le numéro 12 (Avril 1962) de la Revue « Vieilles Maisons Françaises » figure, p. 26, la liste importante des souterrains-refuges de la Creuse, arrêtée par le regretté Adrien Blanchet dans son ouvrage « Refuges souterrains historiques » (Picard, édit.).
— M. Chatreix signale la bande illustrée parue dans « France Soir » du 18 Mars au 14 Avril 1962 et popularisant l'histoire d'Isabelle d'Angoulême, la comtesse-reine.
Publications reçues : « Gaule » numéro 19, contenant notamment la suite de l'inventaire des mégalithes en France (département des Basses-Pyrénées).
Communications du Président :
— Le président fait part des invitations adressées par notre membre d'honneur, M. Jean Guitton, le 14 Mai, pour la remise de son épée ; le 22 Mai, pour sa réception à l'Académie Française ; le président assistera à cette dernière cérémonie.
— La société a été également invitée aux manifestations commémoratives du tricentenaire de la mort de Blaise Pascal à Clermont-Ferrand, les 2, 3 et 4 Juin ; le président y représentera la société.
— L'excursion du 1er Juillet 1962 nous conduira à Boussac (château), Boussac-Bourg (église à fresques XIIe siècle), Culan (château et exposition Jeanne d'Arc), Hérisson, Néris et Evaux.
— Congrès de la Fédération des Sociétés Savantes du Centre à Nevers les 27 et 28 Mai, M. Hemmer y représentera la société.
COMMUNICATIONS :
ARCHEOLOGIE :
— Mme Louradour signale, à Mansat-la-Courière, au lieudit « Chaumes » la mise au jour de plusieurs sépultures à incinération : M. Nouallet a découvert à 30 cm. de profondeur, dans la terre labourée un ossarium entier, en granit, avec bourrelet, contenant une urne en verre bleuté sans anse, remplie aux trois-quarts d'ossements calcinés et renfermant une pièce de monnaie à l'effigie, semble-t-il de l'empereur Claude (41 à 54), et côte à côte 5 coffres en granit, aux formes diverses (cylindrique, cubique, semi-ovoïde), avec bourrelet, sans couvercle, ce qui indique qu'ils ont dû être fouillés en un temps plus ou moins reculé, puis une urne sans ossarium, en poterie brune de 20 cm. de hauteur, dont l'ouverture est fermée par une coupelle, elle aussi en terre brune, remplie presqu'entièrement d'ossements calcinés. Dans la même terre, M. Martaud a découvert un ossarium entier, cubique, avec un double bourrelet et un autre ossarium avec bourrelet dont le couvercle a la forme d'un cône avec deux oreilles ; aucun d'eux ne contenait d'urne, les ossements se trouvant à même la cavité.
— M. le chanoine Courteau résume un article de la revue « Scientific-Américan », de Décembre 1961, Habitants des lacs en Suisse préhistorique, d'où il résulte que, d'après les fouilles opérées depuis 1957, pour le Musée Historique de Berne, les habitations sur pilotis (5.000-2.000 avant J.-C.) étaient établies au bord des lacs et non sur les eaux ; on sait que des habitations lacustres ont été signalées en Creuse par le Dr Janicaud, près de l'étang actuel de Landes, commune de Lussat qui est un ancien lac.
— M. Dayras signale, de la part de M. Chatenet, un beau pressoir à fruits, en granit, abandonné près de l'ancien moulin de Vitrat, commune de Saint-Marc-à-Frongier ; un autre semblable est signalé par M. le chanoine Courteau, près du ruisseau, La Noizette, à Auzances, au voisinage du moulin détruit. Ce type de pressoir a été signalé par le Dr Janicaud (Mém. T. XXVIII, pp. 612 et s.).
HISTOIRE :
— M. Emile Genevoix a envoyé une note résumant l'influence des guerres de religion dans notre région.
Sa note sera publiée.
— M. Chatreix présente, avant de le verser aux Archives départementales, le « Registre de la municipalité de la paroisse de Saint-Maurice, commencé le 28 Février 1790 ». Ce premier registre des délibérations de la commune de Saint-Maurice-La-Souterraine a été retrouvé dans les papiers de notre collègue Jean Bellet, mort en 1917. Il montre la façon dont furent accueillies les mesures prises par les assemblées révolutionnaires et surtout la façon dont ces mesures furent appliquées. Il permet de suivre avec un intérêt passionnant : la création de la première municipalité en application de la loi du 14 Décembre 1789, la création de la Garde Nationale, l'enrôlement des Volontaires, les serments du curé et du vicaire, les problèmes soulevés par l'enseignement, les subsistances, le maintien de l'ordre public, etc...
— M. Dayras communique deux lettres pleines de détails militaires, l'une d'un grenadier vélite de la Garde Impériale (Fontainebleau, 12 brumaire, An XIII) ; l'autre d'un matelot de la guerre de Crimée (Gallipoli, 4 Juin 1854).
— Il présente l'étude imprimée (Paris, Janvier 1882) relative au voyage en Tunisie d'Amédée Lefaure, député de la Creuse et à son intervention remarquée à la Chambre, qui devait précéder de peu son décès prématuré.
HISTOIRE DE L'ART :
— M. Hemmer signale une tapisserie d'Aubusson ornant le château de Coussac-Bonneval (Haute-Vienne) et représentant Antoine et Cléopâtre, sujet souvent traité par nos tapissiers.
FOLKLORE :
— M. Cléret a envoyé deux notes :
a) superstitions et légendes, avec des précisions sur sa commune, Reterre, et sur la légende de Saint-Marien ;
b) l'art vétérinaire chez nos ancêtres (remède publié en 1763 contre la « surlangue » ou chancre volant des bœufs, chevaux, mulets, ânes, chèvres et porcs).
TOPONYMIE :
— M. le chanoine Courteau étudie le toponyme « car » et ses dérivés : cher, cheix, chier, etc..., dont le sens est : amas de rochers, éminence rocheuse. Il constate que c'est peut-être les lieux qui ont donné leur nom aux cours d'eau, tel l'exemple du ruisseau des Chers à Guéret qui, sur six kilomètres, arrose les localités de Chermentou, Cherdon, Grandcher, Cher-du-Prat, Cherdemont et Le Cher. La même observation est faite pour la rivière Le Cher.
— M. Dayras présente :
1°) Une table manuscrite pour la transformation des mesures (mètres, aunes, toises, poids, pouces, lignes, lieues, mesures agraires, mesures des solides, des grains, des poids, des monnaies, etc...), œuvre d'Etienne Picon, instituteur et géomètre à Montourcis, commune de Vallière, en 1828.
2°) De la part de M. Dubuit un « Traité de calcul pratique à l'usage des Manufactures de Tapisseries d'Aubusson, pour auner une pièce promptement et avec justesse » par J.-B. Verrier, instituteur à Aubusson (Guéret, Betoulle 1830). L'ouvrage est dédié à M. Charles Sallandrouze de la Mornaix « propriétaire de la Manufacture Royale » (sic) et membre de la Société d'encouragement pour l'industrie nationale.
SÉANCE DU 20 SEPTEMBRE 1962
Présidence de M. Dayras, président
Présents : Mmes Châteauvieux, Combarnous, Juillet, Labetoulle, Lardy, Lhuillier, Louradour, Périgaud, Villard ; Mlles Bellegy, Périne, Reignoux, MM. Aureix, Chatreix, Colas, le chanoine Courteau, Dayras, Hemmer, Louradour, l'abbé Mayaud, l'abbé Mirguet, le chanoine de Montaigut, archiprêtre de Guéret, Périgaud, Picouret, Villard.
Excusés : MM. Carriat, Fitte, Malterre, Mme Messin.
Le procès-verbal de la séance précédente est adopté sans observation.
DECES. — Nous avons à déplorer la mort de MM. Guy, négociant, place Bonnyaud, à Guéret ; René Martin, membre à vie depuis 1919, et Rivaud, de Nice, membre à vie. La société présente aux familles des disparus ses condoléances émues.
ADMISSIONS. — Mlle Bellegy, directrice honoraire d'Ecole normale à Guéret ; Mme Roger Boiron, à Lafat ; M. Jean Brunet, à Chambon-sur-Voueize ; M. Albert Debize, agriculteur à Boussac ; M. Philippe Drevon, vice-consul de France, à Bonlieu, par Peyrat-la-Nonière ; M. André Dubreuil, retraité E.D.F. à Guéret ; M. René Laurent, à La Chassagne, commune d'Issoudun ; M. Germain Leygnac à Guéret ; Mlle Françoise Loulergue, 5, rue Dupont-des-Loges, à Paris ; M. Raymond Picaud, fabricant de tapisseries à Aubusson ; Mlle Schnir, professeur agrégé d'histoire, 95-97, avenue de Saint-Mandé, à Paris ; M. Robert Verny, chirurgien-dentiste à Aubusson ; Mme René Villard et M. Pierre Villard, 3, rue du Boccador, à Paris.
DONS AU MUSEE. — De M. G. Courty : une grive albinos, tuée à Pontarion le 16 mars 1962 ; de M. Chilaud : un instrument de cuisine gallo-romain provenant des sépultures de Faux-la-Montagne.
FELICITATIONS. — La société a adressé ses félicitations à M. Jacques Levron, directeur des Archives de Versailles, ancien archiviste de la Creuse, à qui a été décerné le Prix des Gens de France pour l'ensemble de son œuvre d'historien.
BIBLIOTHEQUE. — Nous avons reçu : les discours du général Weygand et de M. Jean Guitton, prononcés lors de la réception de ce dernier à l'Académie Française (« Le Monde », 23 Mai 1962).
« Les Tapisseries d'Anglard-de-Salers », tirage à part de la « Revue de la Haute-Auvergne », tome 38.
« Entretiens avec J. Marouzeau » (Herescu, « Bulletin des Lettres », Paris 1962) ;
« La Revue archéologique du Centre », Avril-Juin 1962).
« Contribution à l'étude de la microflore fongique de la Creuse », par notre collègue M. Lugagne (« Bulletin de la Société mycologique de France », tirage à part, 1961).
« Toponymie française », par Albert Dauzat (Payot, Paris, 1960).
Compte rendu du dix-neuvième congrès des Sociétés Savantes du Centre.
Il y a lieu de signaler, en outre :
Compte rendu de l'Exposition du Louvre : « Dix siècles de joaillerie française », avec la photographie du buste reliquaire de Chambon-sur-Voueize, dans la revue du T.C.F., Juillet-Août 1962.
Communications du Président. — Le président rend compte des cérémonies auxquelles il a représenté la société : réception de M. Jean Guitton à l'Académie Française (22 Mai 1962) et commémoration du tricentenaire de la mort de Blaise Pascal à Clermont-Ferrand (4 Juin 1962).
Le président propose la nomination au titre de membre honoraire, de M. Jean-Pierre Paquet, architecte en chef des Monuments historiques, en remplacement de son père décédé. Cette proposition est acceptée à l'unanimité.
M. Jean Verrier, inspecteur général des Monuments historiques qui a bien voulu accepter de présider notre excursion du 1er Juillet 1962, a vivement remercié le président pour la parfaite réussite de cette journée, l'a félicité à la suite de la visite qu'il a faite de notre musée pour sa bonne organisation et l'excellente tenue de ses différentes salles ; il lui a fait part de son accord sur un projet de restauration de la chapelle de Notre-Dame de la Borne.
COMMUNICATIONS :
HISTOIRE NATURELLE :
M. E. Genevoix a envoyé deux notes d'entomologie :
— Le minétisme chez les insectes.
— Un insecte assez rare dans notre région, la perlide.
Ses notes seront publiées.
ARCHEOLOGIE :
Epoque gallo-romaine. — M. Dayras signale un cippe anépigraphe de granit, encastré dans le mur Nord bordant le chemin qui partant du Nord-Est du village du Mazeaublanc, commune de Néoux, se dirige au Sud vers la cote 623, et à proximité du village.
Ce cippe, d'une hauteur totale de 0 m. 98, comporte un toit à bâtière haut de 0 m. 35, mouluré ; dans la partie rectangulaire, haute de 0 m. 63 et large de 0 m. 50, épaisse d'environ 0 m. 40, a été pratiquée une niche en plein cintre, également moulurée haute de 0 m. 37, large de 0 m. 24 et profonde de 0 m. 14, ayant contenu une statue plus récente. Le cippe est placé sur une colonne cylindrique de granit d'un diamètre d'environ 0 m. 60 et émergeant du sol de 0 m. 60.
A noter que le chemin sur lequel se trouve ce petit monument est le diverticule de la voie romaine se dirigeant du Sud-Est de Néoux vers Aubusson, diverticule signalé par le Dr Janicaud T. XXIX p. 603, avec une erreur de nom : il faut lire N. de Mémanges et non de Méanas.
Epoques médiévale et classique :
— M. Hemmer signale, dans le Cahier de Civilisation médiévale de l'Université de Poitiers, un article de M. Henri Stern : Mosaïques de pavement préromanes et romanes ; Limoges : le Tombeau de saint Martial ».
— Mme Louradour signale la découverte par Mme Chamarat, aux Civadoux, commune de Saint-Pierre-Chérignat, d'une fourche entièrement métallique, à deux dents courtes et massives, semblable aux fourches d'armes employées dans les combats d'approche et les combats de brèche durant le moyen-âge et jusque sous Louis XIV.
— M. Dayras a visité le château d'Oiron (Deux-Sèvres), qui a fait partie du patrimoine de Charlotte Gouffier (Mlle de Roannez), lors de son mariage avec François III d'Aubusson, duc de la Feuillade. Ce dernier fit montre à Oiron de son goût pour la magnificence et les fastueuses dépenses. Il fit au château des agrandissements et transformations considérables ; il refit notamment la partie centrale du bâtiment, dont le fronton porte ses armes, ainsi que l'imposante façade méridionale. A l'intérieur, la « Galerie des Batailles », la « Chambre du Roi », le « Cabinet des Muses », portent la marque de ce faste aimé de la Feuillade, que nous ne soupçonnions pas d'avoir laissé une demeure provinciale de cette importance. Son fils, le second maréchal-duc de la Feuillade, criblé de dettes, dut vendre Oiron en 1700 à Mme de Montespan.
HISTOIRE :
— M. Dayras signale que la famille Rogier, propriétaire de l'abbaye de Bonlieu, a bien voulu lui communiquer, parmi les archives de l'abbaye, les chartes suivantes :
1°) 1194, charte parfaitement conservée, écrite en minuscule diplomatique, constatant les dons faits par Guy Ier, vicomte d'Aubusson.
2°) 1207, charte également très bien conservée, écrite en minuscule gothique, constatant les donations faites par des membres de la famille de Saint-Julien et leurs ancêtres à Bonlieu.
Les sceaux des deux chartes sont détruits.
Ces chartes ont été analysées et intégralement publiées par l'abbé Roy de Pierrefitte (Etudes histor. sur les monastères du Limousin et de la Marche). Il semble donc qu'il existe encore à Bonlieu une partie, au moins, du chartrier, contrairement à ce que pensait M. Fazy dans son étude « De la valeur historique du cartulaire de Bonlieu » (Mém. T. XXIX p. 364).
— M. l'abbé Mayaud analyse un contrat de vente passé devant Busselier, notaire royal à Cressat, le 10 Mai 1601, entre Etienne Villatte, marchand du Moutier-d'Ahun, et autres, d'une part, et Thomas Bordas, d'Azaget, paroisse de Cressat, d'autre part, et relatif à une « ouche » appelée « du Chier », joignant le chemin d'Azaget à Chénérailles. Cet acte est suivi de la prise de possession habituelle, par Louis Bordas, fils de l'acquéreur, effectuée seulement le 6 Juin 1608. Il a été communiqué par M. Alamy, instituteur à Champagnat, que nous félicitons de sa conservation aux archives de son école.
— Mme Louradour présente une étude sur la « Confrérie des Pénitents Blancs » établis en la ville d'Ahun sous l'invocation de saint Jean-Baptiste. Elle précise l'érection de cette confrérie par Jean et François Lamy en 1643, la célébration des offices à Saint-Jean de Lasfons, puis dans un sanctuaire édifié spécialement dans le centre de la ville, le règlement de la Confrérie, sa composition, le symbolisme attaché au costume des pénitents, leurs oraisons spéciales, leurs jours et lieux de procession, enfin ce qui subsiste aujourd'hui de cette Confrérie : la rue des Pénitents et surtout la fontaine et la statue de saint Jean, qui demeurent encore de nos jours l'objet d'un culte populaire.
— M. Devige a envoyé une note « Au sujet du faux-saunage ». La commune de Rimondeix se trouvait, avant 1789, à la frontière de la Marche, province exempte de l'impôt sur le sel, et de celle du Berry, où l'on payait la gabelle. Elle était le lieu de passage des fauxsauniers, ce qui explique le nom donné à deux de ses bois : Bois des Salins (ou Bois des Contrebandiers) et Bois du Gabelou (ou Bois du Douanier).
— M. Chatreix communique :
1°) Un arpentement du 8 Avril 1783, fait par Chastenet, arpenteur royal à La Souterraine, au village de l'Age-Troinet, paroisse de Saint-Maurice, « aux requêtes de sieur André Jouannet, maître-paveur, Léonard Commergnac et la veuve Pierre Prieur », qui devront payer chacun an au commandeur de Morterol huit boisseaux de froment, seize de seigle, seize d'avoine, une poule et neuf sols.
2°) Une copie imprimée de l'arrêt de la Cour d'appel de Limoges, du 17 Août 1832, qui met fin à une procédure de 25 ans, fixant les limites de l'étang de Vitrac, commune de Saint-Maurice.
— Mme Louradour donne lecture d'une ordonnance médicale faite à Ahun en 1810, dans le but de guérir les humeurs et qui mentionne l'utilisation de « semencontra, mousse de mer, verjus, emplâtres de mouches et feuilles de blettes graissées de beurre frais ».
— M. Soulmagnon a envoyé une note complémentaire à l'article « Le rêve d'un Creusois : le lieutenant-colonel Roudaire », par le colonel Ardellier. (Mém. T. XXXIV, pp. 329-338). Le projet du colonel Roudaire visait la création d'une mer intérieure au Sahara. M. Soulmagnon expose les raisons pour lesquelles cette création ne pouvait, à son avis, être envisagée.
Sa note sera publiée.
— M. Aureix donne lecture d'intéressantes lettres écrites à sa famille par un Creusois qui résidait à Paris lors de la Révolution de 1848, et des Journées de Juin.
— M. Genevoix a envoyé la copie d'une décision du roi Louis-Philippe établie sur parchemin, avec le sceau de cire à l'effigie du roi. Il s'agit de la signification d'une faveur accordée par le roi Louis-Philippe à un veuf de Dun qui désirait se remarier avec sa belle-sœur, ce que la loi interdisait à l'époque ; cette signification a été faite à l'intéressé par le tribunal civil de Guéret, le 12 Janvier 1848.
HISTOIRE LITTERAIRE :
— M. Carriat a envoyé les notes suivantes :
1°) Dans le T. XXIV des Mémoires, Antoine Thomas signalait un rare petit livre : Oraison funèbre de Geneviève de Gédoyn, épouse de Guillaume-Michel de Montboissier-Beaufort-Canillac, prononcée dans l'église des Pères Récollets de Guéret, par le P. Florent La Serre. Clermont, F. Boutandon, 1699, pet. in-8° Le même ouvrage, semble-t-il, figurait dans la bibliothèque d'Auguste Bosvieux (N° 234 du Catalogue de livres rares et curieux... composant la bibliothèque de feu J. B. Aug. Bosvieux, P., Claudin, 1887, in-12, 171 pp.) mais avec quelques variantes dans le titre : Oraison funèbre de haute et puissante dame Geneviève de Gedoyn, marquise du Pont-du-Château, prononcée dans l'église des PP. Récollets de Guéret où son cœur repose, par le R. P. Flor. La Serre. Clermont, P. Boutaudon, 1699, pet. in-8°.
S'agit-il ou non de la même édition ? Quoi qu'il en soit, ni l'une ni l'autre n'est l'originale. Celle-ci a figuré dans le catalogue n° 282 (1959) de la librairie Poursin, 176, rue Montmartre, où j'ai pu la consulter. En voici la description précise :
Oraison | funebre | de haute et puissante Dame | Genevieve | de | Gedoyn | marquise | de Pont du Chateau. | Prononcée | dans l'Eglise des Peres Recollets | de Gueret où son cœur repose. | Par le Reverend Pere | Florent La Serre, Gardien. || A Limoges, | Chez Jean-Baptiste Chapoulaud, | Imprimeur près les RR. PP. Jésuites. 1698. || — (2) — 104 pp. in-12.
2°) Dans le dernier numéro de la Revue d'Histoire Littéraire de la France (Juil.-Sept. 1962), pp. 425-426, M. Jean Varloot rend compte d'un important travail consacré à Cartaud de La Villatte par le romaniste allemand Werner Krauss, directeur, sous les auspices de l'Académie des Sciences de Berlin, d'une collection consacrée à l'Aufklärung allemande et française. Sous le titre Cartaud de la Villate (sic). Ein Beitrag zur Entstehung des geschichtlichen Weltbildes in der französischen Aufklärung. Berlin, Akademie Verlag, 1961. Deux vol. in-8° de 327 et 230 pp., W. Krauss présente, réimprime et annote l'Essai historique et philosophique sur le Goût dans l'éd. La Haye (1737) et des extraits des Pensées sur les Mathématiques.
3°) Dans la revue XVIIe Siècle (Nos 54-55, 1962, pp. 74-77), M. Jean-Pierre Chauveau assistant à la Sorbonne, qui a des attaches creusoises et prépare plusieurs travaux sur Tristan (son diplôme d'études supérieures portait, en 1955, sur la Poésie lyrique de Tristan L'Hermite) rend compte de l'édition de La Mariane par le professeur italien P. A. Jannini et du Choix de Pages de Tristan L'Hermite présentées et annotées par A. Carriat.
TOPONYMIE :
— M. Dayras étudie l'étymologie du mot « carrière », qui peut avoir pour origine soit le radical « car », c'est-à-dire rocher (Houzier, troisième lettre sur les noms de lieux en France, p. 30), soit, le bas latin « quadraria », de « quadratarius », c'est-à-dire tailleur de pierres (carrées).
— M. le chanoine Courteau a présenté la liste provisoire des noms de lieux habités de la Creuse, rattachables au radical « car », le plus souvent traduit en Cher, Chier, Cheix, etc., et déformé parfois en Chez.
Cette liste sera publiée.
SÉANCE DU 15 NOVEMBRE 1962
Présidence de M. Dayras, président
Présents : Mmes Auget, Chaix, Châteauvieux, Combarnous, Labetoulle, Lhuillier, Louradour, Messin, Mlle Bellegy, MM. Châtreix, Colas, Dayras, Filloux, Fitte, Hemmer, Louradour, l'abbé Mayaud, l'abbé Mirguet, le chanoine de Montaigut, archiprêtre de Guéret, Picouret.
Excusés : Mmes P.-L. Grenier, Juillet, Lardy, Mlles Périne, Saint-Hilaire, MM. le chanoine Courteau, Malterre, Pinchon.
Le procès-verbal de la séance précédente est adopté sans observation.
DECES. — Nous avons à déplorer la mort de M. Jean Bardinon, membre à vie (1922), maire de Saint-Avit-de-Tarde.
La société présente à la famille du disparu ses condoléances émues.
ADMISSIONS : M. Jean Carrière, professeur au lycée, Aubusson ; M. le marquis de Kernier, château de Mainsat ; M. Georges Lachaume, épicier, 19, place du Marché, La Souterraine ; M. Bernard Lelong, ingénieur, 10, boulevard Magenta, Paris (Xe) ; Mlle Rebière, retraitée, La Celle-Dunoise ; M. Maurice Robert, attaché de recherche au C.N.R.S., 23, rue Toulouse-Lautrec, Limoges ; M. Marcel Tricaud, professeur à la Faculté libre de Droit, 16, rue de l'Odéon, Paris (VIe).
MUSEE. — M. Hemmer donne lecture d'une note à l'intention de MM. les curés et desservants, concernant le mobilier et les objets d'art des églises, indiquant les principes à respecter et les précautions à prendre afin que de nouvelles disparitions, dépréciations ou dégradations ne soient plus à déplorer dans nos édifices religieux.
Communications du Président. — La « Sociedad Mexicana » de Mexico a demandé communication des études et documents relatifs à la guerre d'intervention du Mexique.
Les membres de la société qui posséderaient des documents sur ce conflit sont priés de se mettre en rapport avec notre président.
Ce dernier annonce, d'autre part :
— Le 88e congrès national des Sociétés Savantes, qui se tiendra à Clermont-Ferrand, du 3 au 7 Avril 1963.
— La création de la Société d'Ethnographie du Limousin et de la Marche, à laquelle notre société donne son adhésion de principe.
— La destruction malencontreuse des travaux manuscrits du colonel Roudaire sur le Sahara, qui rend sans objet la demande faite par Mlle Lafaye, de remettre ces manuscrits aux Archives.
Il propose :
— La nomination, au titre de membre correspondant de notre société, de M. Taillemitte, conservateur aux Archives nationales, 60, rue des Francs-Bourgeois.
— L'édition, à part des Mémoires, et par souscription, du Dictionnaire bio-bibliographique de la Creuse, par A. Carriat. La souscription sera organisée par notre société. Des précisions seront données ultérieurement.
COMMUNICATIONS :
ARCHEOLOGIE :
Epoque préhistorique. — M. Paul Fitte signale la découverte de silex moustériens de tradition acheuléenne, sur la commune de La Souterraine et à Bridiers ; de longues lames retouchées en silex du Grand-Pressigny (I.-et-L.), sur le territoire de Saint-Maurice-la-Souterraine (au Grand-Bessac et aux Hôtes) ; celle d'un tumulus et d'un menhir inconnus, près du hameau de La Faye, dans la même commune.
Sa note sera publiée aux Mémoires.
— M. Devige signale la découverte, dans la commune de Blaudeix, au lieudit « Les Neiaudes », section B, numéro 621, d'une petite lame en silex et au lieudit « La Brégerolle », section A, numéro 390, d'une moitié de hache polie (la troisième trouvée dans cette commune).
— Mme Louradour signale deux découvertes : celle, par M. Duché André, au village de Mazernaud (commune de Linards), d'une hache en pierre polie, de 8 cm. de long, et celle, par Mme Lecardeur, de la commune de Mourioux, d'une hache en pierre polie de 14 cm. de long, d'un poinçon et d'un racloir en silex.
— M. Tricaud signale l'intérêt grandissant des minéraux de Montebras, commune de Soumans, qui ont déjà fait l'objet de plusieurs études à nos Mémoires. M. Demanter, directeur général adjoint, prépare une étude sur ces minéraux, exploités dès la période de l'âge de fer (800-50 av. J.-Ch.) et jusqu'à nos jours.
HISTOIRE :
— M. Hemmer lit une note : « L'expansion des artisans marchois aux XVIIe-XVIIIe siècles » (d'après une communication, faite à Nevers, au congrès de la Fédération des Sociétés Savantes du Centre par Mlle Saint-Eloy, de la Société Nivernaise des S.L.A.).
Sa note sera publiée.
— M. Louradour présente une expédition sur parchemin de 1367, en parfait état, qui comporte un texte latin par lequel Noble Dame Marguerite de la Celle reconnaît tenir en « foy et hommage lige » de Noble Homme et puissant seigneur Louis de Motier, chevalier seigneur dudit lieu, son lieu appelé de Fougières avec tous ses courtillages, la place d'un moulin et de son écluse, sa part de dîme de Motier et « toutes les autres choses qu'il y a en la justice de Motier ». Il s'agit de la famille Motier de la Fayette qui possédait le fief de Hautefeuille (paroisse de Saint-Merd-la-Breuille).
— Mme Louradour montre un contrat de vente, sur parchemin, daté du 7 Juin 1632, avec reçu signé par Sœur Claude de Baile, prieure du prieuré conventuel de Blessac, puis un autre contrat de vente, sur papier, du 3 Février 1662, avec reçu de Sœur Rose de Saint-Julien, également prieure de Blessac.
— M. Eugène Lardy a envoyé une quittance datée du 13 Janvier 1790 par laquelle la Chartreuse de Port-Sainte-Marie reconnaît avoir reçu de M. le comte de l'Etrange certaines sommes dues, notamment le paiement du moulin de Mazière, acquis par lui.
— M. Michel Laroche a envoyé un extrait des registres des délibérations du Directoire du département de la Creuse, du 19 Mars 1793, dans lequel il est exposé que le péril de la Patrie est imminent, que l'agression des ennemis de la liberté dans les départements des Deux-Sèvres, du Maine-et-Loire, de la Vendée, de la Loire-Inférieure, devient chaque jour plus dangereuse, qu'en conséquence tous les citoyens doivent se consacrer à la défense de la Patrie, et qu'alors chaque district de la Creuse doit fournir des chevaux et au moins deux cents hommes armés de fusils avec ou sans baïonnettes, de piques, de pistolets, de cartouches, et diriger cette force armée dans le département des Deux-Sèvres.
— Mme Louradour analyse un registre cantonal de Saint-Sulpice-les-Champs (Ans II, III et IV) et met en lumière certains points intéressants :
En agriculture, la défense du défrichement par le feu qui réduit l'étendue des pacages, la difficulté du labourage due à la violence de l'orage du 30 fructidor An III, qui a creusé des ravins profonds et entraîné la terre végétale, l'établissement d'un magasin de grains à Ahun.
En industrie : la demande de concession d'une mine de charbon dans la commune de Mont-Martial.
En affaires militaires : l'assurance donnée par les citoyens de ce canton de stimuler le zèle des jeunes soldats destinés à partager les lauriers du Champ-de-Mars avec leurs frères d'armes.
En affaires religieuses : la vente des biens ayant appartenu à l'Ordre de Malte, le serment des prêtres (dits constitutionnels) du canton, aux lois de la République.
En festivités : la célébration de la fête des Epoux, de celle de la Jeunesse, de celle de la Victoire et de la Reconnaissance.
— M. Chatreix donne lecture d'une lettre écrite à Paris, le 5 Avril 1848, par Louis Commergnat, adressée à son père, au village de Rissac (commune de Saint-Maurice-la-Souterraine), dans laquelle il fait allusion au chômage généralisé qui sévit dans la ville, aux « 50.000 hommes » déjà détenus dans les prisons, aux arrestations quotidiennes et à sa crainte d'être arrêté lui-même comme insurgé.
HISTOIRE DE L'ART :
— M. le chanoine de Montaigut signale la présence de l'une des tapisseries de Peyrudette, au château de Jupille (commune de Leyrat).
— M. le chanoine Courteau a envoyé une première note concernant les peintures et sculptures du XVIIIe siècle de l'église de Rougnat, accompagnée de photos. Il signale les travaux en cours d'exécution par les soins des Beaux-Arts : remise en état du rétable avec son haut-relief, des boiseries et des peintures qui ornent l'abside et les deux absidioles ; rénovation des vingt et un tableaux de scènes religieuses et, par les ateliers du Louvre, leur encadrement. Une étude complète de ce bel ensemble du XVIIIe siècle sera rédigée pour les Mémoires à la fin de ces travaux.
TOPONYMIE :
— M. Dayras signale la rencontre faite, en Provence, par Mme Brunaud, tout en haut de la montagne de Séguret, d'une chapelle désignée sous le nom de Notre-Dame d'Aubusson et les recherches effectuées pour connaître les rapports possibles entre cette chapelle et Aubusson, recherches qui ont abouti à l'explication suivante : il s'agirait d'une déformation du mot « besson » ; la chapelle serait la conséquence d'un vœu d'une haute dame à laquelle la Vierge aurait accordé des « bessons »... « dou bessons » en provençal (« Mémorial de la Marche », 6 Octobre 1962). Cette explication démontre une fois de plus combien les recherches toponymiques doivent être prudentes.