ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DU 17 JANVIER 1963

Le 17 Janvier à 15 heures, la Société s'est réunie en assemblée générale annuelle, régulièrement convoquée. L'ordre du jour comportait l'examen de l'exercice 1962 ainsi que le compte-rendu financier annuel.

Le Président indique que le fascicule 1962, le dernier du Tome XXXIV avec index, table des matières et des illustrations paraîtra en Mai 1963.

Le nombre des sociétaires cotisants, non compris 129 membres à vie, est passé de 382 au 1er Janvier 1962 à 409.

COMPTES DE L'EXERCICE 1962. — M. Chatreix, trésorier, présente les comptes arrêtés au 31 Décembre 1962.

L'exercice comporte un excédent de 2.887,76 Frs outre les sommes en réserve sur le livret de Caisse d'Epargne.

Les comptes sont vérifiés par Mme Lardy et M. le Chanoine de Montaigut. Ils sont approuvés à l'unanimité, et des remerciements sont adressés au trésorier.

M. Hemmer qui assure la trésorerie du Musée, présente le compte de ce chapitre spécial. Ce compte est en excédent de 891,80 Frs. Mmes Chateauvieux et Louradour sont désignées pour vérifier ces comptes qui sont ensuite approuvés à l'unanimité. Des remerciements sont adressés à M. Hemmer.

RELEVEMENT DE LA COTISATION. — Sur proposition du Président, l'assemblée décide à l'unanimité :
— a) que la cotisation de membre actif sera portée de 7,50 Frs à 10 Frs à dater du 1er Janvier 1964 ;
— b) que le droit d'entrée au Musée les jeudis et dimanches (entrées jusqu'alors gratuites) sera à dater de ce jour porté à 50 % du droit normal.

ELECTIONS. — Il est procédé au renouvellement partiel statutaire du Conseil d'Administration.

Mmes Chateauvieux et Lhuillier et M. Boudard sont réélus à l'unanimité, administrateurs.

Il est ensuite procédé au remplacement de MM. Dutheil, démissionnaire, Cléret, éloigné de Guéret et Martin, décédé.

Sont élus administrateurs : Mme Lardy, M. le Chanoine de Montaigut et M. Paul Villard.

L'ordre du jour étant épuisé, la séance a été levée à 16 heures.

Le Président, Maurice Dayras. — Le Secrétaire, P. Louradour. — Le Trésorier, R. Chatreix.

 

 

SÉANCE DU 17 JANVIER 1963

Présidence de M. Dayras, président

Présents : Mmes Auget, Châteauvieux, Combarnous, Juillet, Labetoulle, Lardy, Louradour, Messin ; Mlles Bellegy, Dubreuil, Périne ; MM. Bourdon, Châtreix, Colas, Dayras, Debize, Filloux, Hemmer, Louradour, Malterre, l'abbé Mirguet, le chanoine de Montaigut, archiprêtre de Guéret.

Excusés : Mmes Lhuillier et Nicolas ; Mlle Saint-Hilaire ; MM. A. Carriat, le chanoine Courteau.

Le procès-verbal de la séance précédente est adopté sans observation.

DECES. — Hommage à Marcel Aubert. — L'assemblée rend hommage à la mémoire de M. Marcel Aubert, récemment décédé, président d'honneur de la Société Française d'Archéologie, membre de l'Institut, conservateur en chef honoraire des Musées nationaux, qui a été l'auteur d'innombrables travaux sur l'archéologie du moyen-âge et l'animateur de multiples sociétés savantes.

Nous avons à déplorer la mort de M. Pierre Poitevin, de Pontarion. La Société présente à la famille des disparus ses condoléances émues.

ADMISSIONS. — M. Arnaud, libraire, à Boussac ; M. René Calinaud, magistrat du tribunal de Papeete (Tahiti) ; M. de Dianous de La Perrotine, 4, avenue du Point-du-Jour, Paris (XVIe) ; Mlle Alice Dubreuil, avenue du Docteur Manouvrier, Guéret ; Mlle Geneviève Durand, Bussière-Saint-Georges, par Boussac ; M. André Gibard, industriel, Boussac ; M. le colonel Messin, à Orladeix, par Royère ; Comtesse Hugues de Verdalle, château de Marsat, par Chambon-sur-Voueize.

DONS AU MUSEE. — MM. Chilaud, Faissat et Joffre ont fait don au Musée d'un récipient à usage domestique, en poterie, à une seule anse, ayant servi d'urne funéraire, et de nombreux fragments de poterie gallo-romaine, découverts à Faux-la-Montagne.

BIBLIOTHEQUE. — Nous avons reçu le n° de Juillet-Septembre 1962 de la Revue Archéologique du Centre.

COMMUNICATIONS DU PRESIDENT :

— M. J.-P. Paquet, architecte en chef des monuments historiques, qui a reçu le titre de membre d'honneur de notre Société, a adressé ses remerciements avec l'espoir de voir commencer cette année les travaux de restauration de la chapelle Notre-Dame de la Borne.

— Une exposition Fernand Maillaud est projetée. Elle se tiendrait au Musée de Guéret, au cours de l'été 1963.

— M. Guy, président des Amis de Montluçon, demande que notre Société apporte une aide financière, en vue de la protection des fresques de Lavaufranche, et indique la somme que peut consentir sa Société pour cette protection. (Projet mis à l'étude).

— M. Robert, attaché de recherche au C.N.R.S., précise le rôle de la Société d'Ethnographie Limousin-Marche et particulièrement la destination des objets folkloriques collectés : conservation au Musée de leur région d'origine et conservation des doubles à Limoges.

— M. le Conservateur du Musée d'Arras annonce une exposition rétrospective des tapisseries d'Aubusson et de Felletin qui se tiendra au Palais Saint-Vaast, en Juin, Juillet, Août 1963, avec « Le martyre de Sainte-Barbe », si le Musée de Guéret accepte de prêter cette tapisserie de la Confrérie des tapissiers d'Aubusson. (Adopté).

— M. le Président annonce sa participation au 88e Congrès national des Sociétés savantes, qui se tiendra à Clermont-Ferrand du 3 au 7 Avril 1963, où il représentera notre Société.

— Il donne lecture de l'article bio-bibliographique consacré à la mémoire de Marcel Aubert, grande figure de l'archéologie française (« Le Monde », 30-31 Décembre 1962).

— Il précise les conditions d'édition du dictionnaire bio-bibliographique de la Creuse par A. Carriat : l'ensemble de l'ouvrage comportera 5 à 6 fascicules, hors Mémoires ; chaque fascicule annuel comprendrait un minimum de 48 pages et coûterait 5 francs, ou 8 francs pour 64 pages.

— Il annonce la parution d'un ouvrage de M. Marius Vazeilles Le Pays d'Ussel, avec Manuel d'archéologie régionale, intéressant travail de 250 pages (chez l'auteur, 13 francs).

COMMUNICATIONS :

HISTOIRE NATURELLE. — M. Genevoix a envoyé une note de botanique, relative à trois échantillons de la famille des sorbiers existant à l'état sauvage dans notre région : l'un, le sorbier commun à feuille composée avec limbes lancéolés, opposés et finement dentelés ; le second, le sorbier de variété « Aria scandina », à feuille simple avec échancrures, et le troisième, de variété « Aria obtusata », à feuille simple avec nervures en relief (dont des greffons doivent être envoyés au Muséum). Sa note sera publiée.

ARCHEOLOGIE :

Epoque préhistorique. — Mme Louradour signale deux découvertes :
— Celle faite par M. Julien Picouret, au village « Le Poirier », commune de Saint-Hilaire-le-Château, dans une terre nommée l'Ecluse, numéro cadastral 559, section E, d'une hache en pierre polie, de 16 cm. de long et 7 cm. de large ;
— Celle faite par M. Bosdevesy, à Chaussadas, commune de La Chapelle-Saint-Martial, d'une hache en bronze (de l'époque dite morgienne), de 15 cm. de long et 7 cm. de large, présentant sur chaque côté de l'une et l'autre de ses faces un rebord saillant.

Epoque gallo-romaine. — M. Dayras signale de nouvelles découvertes de sépultures à incinération, au même point de la commune de Faux-la-Montagne ; grâce à la vigilance de notre collègue M. Chilaud, de Gentioux, les vases en terre contenant les cendres, ainsi que le mobilier de ces tombes, ont été transportés, pour étude complémentaire, à Guéret.

— Mme Louradour signale la découverte faite par M. Murat, au village de Chassidouze, commune de Mainsat, dans la terre « Petite Couture », d'un ossarium de granit à oreilles, dont la cavité contenait une urne en verre bleuté renfermant des ossements calcinés.

HISTOIRE. — Mme Louradour donne lecture d'une note lue, en 1860, à la Société Académique du Puy-en-Velay, où il est dit que, sous Philippe-Auguste, le sire Raoul de Montgeniers, prisonnier des musulmans, recouvrant sa liberté grâce à Enguerrand de Beaumanoir, grand maître des Chevaliers du Temple, lui fit don de l'une des deux statues miraculeuses du Puy ; celui-ci la fit remettre à Bourganeuf où une chapelle fut édifiée, pour la recevoir ; cette chapelle fut profanée sous la Révolution et la statue échappa à la destruction grâce à une pieuse femme qui lui donna asile dans son humble demeure.

— Mme Louradour présente deux prises de possession de terrain, l'une du 7 Février 1783, au village de Montgermain, paroisse de Fransèches, ayant trait au rachat par la sœur de Léon Pardonnet, curé de La Pouge, décédé, des biens ayant appartenu à ce dernier et devenus, à sa mort, propriété de la Commanderie de Chamberaud ; l'autre, du 24 ventôse, an III, à Ahun, et selon la coutume de la Marche, le nouveau propriétaire lève des pierres des murs de part et d'autre de la propriété, coupe des branches, creuse de la terre et crie pour manifester son droit de propriété.

— Le colonel Ardellier donne une réponse à la note de M. Soulmagnon sur les projets du colonel Roudaire (voir séance du 21 Septembre 1962) et indique qu'il trouve discutable l'argument des bateaux pétroliers se comportant, sur la « mer intérieure », comme des brise-glaces, étant donné que ce fait ne s'est pas encore produit pour les navires transitant par le canal de Suez, dans leur traversée des lacs Amers, pour lesquels un phénomène analogue de saturation aurait dû se produire.

HISTOIRE DE L'ART. — M. Taillemitte, conservateur aux Archives nationales, fait connaître qu'une élève de l'Ecole des Chartes doit entreprendre un travail sur les origines de la tapisserie marchoise, en utilisant notamment les renseignements contenus au fichier Louis-Lacrocq.

— M. Dayras fait remarquer que si certains faits se rapportent à la tapisserie dans la première moitié du XIVe siècle (transplantation probable d'ouvriers flamands, confirmation des privilèges d'Aubusson par Louis Ier de Bourbon...) sont connus, il serait intéressant de faire des recherches sur les tapisseries de la deuxième moitié du XIVe siècle en étudiant les comptes d'Amédée de Savoie et de son épouse, Bonne de Bourbon, petite-fille de notre comte Louis Ier et de Marie de Hainaut.

— M. A. Carriat signale une exposition de tapisseries d'Aubusson qui a eu lieu à l'hôtel du Grand-Cerf, à Evreux, du 30 Novembre au 3 Janvier, à laquelle figuraient des œuvres de Maurice André, Paulette Bardin, Berrœta, Byé, Dazin, Fumeron, Grekoff, Guita, Lurçat, Millecamps, Perrot, Picart-le-Doux, Schlegel.

— M. Hemmer présente le bulletin trimestriel des Monuments historiques de France, n° 2-3, Avril-Septembre 1962, consacré aux « Monuments historiques au service des orgues de France », qui mentionne la pose, en 1962, d'après le projet de M. l'architecte en chef Jean Creuzot, de l'orgue de la cathédrale de Limoges, orgue dont l'extrémité supérieure de la tuyauterie principale, épouse la courbe inférieure de la grande rosace occidentale et dont les puissantes consoles-corbeaux ont permis le dégagement du jubé élevé, en 1533, par l'évêque Jean de Langeac.

HISTOIRE LITTERAIRE. — M. A. Carriat a envoyé la note suivante :

  1. — Début Mars passera en vente à l'Hôtel Drouot une pièce de choix qu'en attendant on peut voir à la librairie Giraud-Badin, Boulevard Saint-Germain. Il s'agit d'un manuscrit intitulé Les Merveilles de Poussoule et autres raretez du Royaume de Naples, présentées à Mademoiselle. S.l.n.d., pet.in-fol.maroq. rouge, dos orné avec fleurs de lis, fil.dor. avec grandes fleurs de lis aux angles sur les plats, dent.int., tr. dor. Ce manuscrit, signé Tristan L'Hermite et magnifiquement exécuté sur vélin, se compose de 22 feuillets comportant une page de titre décorée à l'aquarelle d'un portique de temple grec dont le fronton porte les armes de la Grande Mademoiselle (qui marquent déjà les plats de la reliure) et celles de la famille d'Orléans ; deux feuillets de dédicace encadrés d'un semis de fleurs de lis or sur fond bleu ; 19 feuillets dont les 18 premiers sont décorés d'une grande aquarelle représentant un site ou un monument célèbre de l'Italie méridionale... Frédéric Lachèvre a déjà décrit et commenté cette pièce unique dans le Bulletin du Bibliophile (1933) et dans ses Nouvelles Glanes bibliographiques et littéraires (1933). Nous ne pouvons que faire nôtres ses conclusions : l'œuvre n'est pas du poète des Amours et de la Lyre, mais de son frère le généalogiste. Jean-Baptiste l'Hermite a signé en effet plusieurs ouvrages sur l'Italie, où il fut envoyé quand le duc Henri de Guise y était prisonnier des Espagnols, et ne se gênait nullement pour emprunter le pseudonyme de son frère... Lors de la vente de la succession du duc de Vendôme, Les Merveilles de Poussoule atteignirent 12.200 francs (1933) ; les amateurs ne manqueront pas de se les disputer cette fois encore.

  2. — Notre compatriote Paul-Louis Grenier occupe une place importante dans la récente Anthologie de la Poésie occitane publiée par Andrée Paule Lafont, avec une préface d'Aragon (P., Editeurs français réunis, 1962, in-16, 412 p.). Pour Andrée Paule Lafont, c'est à partir d'Images que le poète marchois est véritablement maître de son art : « L'image tire sa densité de la matière même que le poète évoque avec un rare bonheur : images du feu, primordiales chez ce démiurge, de l'eau plus rares, si discrètes pour ce chantre du Limousin des rivières, de l'air enfin où le poète se meut comme un libre génie ». Les trois pages de présentation (100-103) sont suivies (108-123) de dix poèmes bilingues empruntés à La Dame à la Licorne (Les trois sœurs), Images (Les Signes, les Hommes de neige, Le Vieux, Le Pâtre), Vieux Limoges (Le Courrier) et Paysages (Soir, La pluie, La claie).

  3. — En revanche, l'Abrégé de grammaire limousine de P.-L. Grenier n'est pas mentionné dans les indications bibliographiques dont M. Jean Mazaleyrat, professeur à la Faculté des Lettres de Clermont, enrichit son importante étude dialectologique sur La Vie rurale sur le Plateau de Millevaches, publiée avec le concours du C.N.R.S. (P., Presses Universitaires de France, 1959, in-8, 299 p.). C'est que l'auteur a volontairement écarté tous ouvrages littéraires pour ne considérer que la langue réellement parlée, s'efforçant, dit-il, « d'apporter, par le moyen de l'enquête linguistique, un document de première main sur des réalités économiques, techniques et humaines d'aujourd'hui ». Dans cette optique sont donc seulement cités, pour la Marche, le Rapport sur une mission philologique d'Antoine Thomas et le Patois de la Région de Chavanat du Docteur Queyrat. L'enquête se limite à la partie limousine de la Montagne, mais il ne fait aucun doute que ses enseignements valent aussi bien pour les cantons de Royère, Gentioux, Felletin et La Courtine ; ils seront précieux pour le dialectologue qui s'intéresse aux mots et aux choses rurales, paysage, sol et climat ; outillage, véhicules et attelages ; champs et labours ; culture et récolte des céréales et des plantes sarclées ; prairies et fourrages ; gros et petit bétail. Cette étude, qui recense ainsi près de deux mille vocables et les regroupe dans un lexique terminal, eût enchanté Antoine Thomas.

VARIA. — M. Martial Tricaud, professeur à la Faculté libre de Droit de Paris, a évoqué, dans un article paru dans « La Montagne » du 9 Décembre et le « Mémorial de la Marche » du 15 Décembre, le duel qui eut lieu à Chambon, en 1841, et le transfert, dans l'actuel cimetière de Chambon, du monument élevé à la victime : M. Ranjon. Une note sera consacrée à cet évènement.

 

 

SÉANCE DU 21 MARS 1963

Présidence de M. Dayras, président

Présents : Mmes Auget, Chaix, Châteauvieux, Combarnous, Juillet, Lardy, Louradour, Messin, Péchalat ; Mlles Bellegy, Catinat, Dubreuil, Périne ; MM. Bourdon, Châtreix, Colas, le chanoine Courteau, Dayras, Filloux, de Fonjaudran, Hemmer, le colonel Laporte, Louradour, Malterre, le colonel Messin, l'abbé Mirguet, le chanoine de Montaigut, archiprêtre de Guéret, et Picouret.

Excusés : Mmes Labetoulle, Lhuillier, Nicolas ; Mlle Saint-Hilaire ; MM. Carriat, l'abbé Mayaud.

Le procès-verbal de la séance précédente est adopté sans observation.

ADMISSIONS. — Mlle Nicole Balabaud, professeur, 22, rue Durantin, Paris (18e) ; MM. Jean Bonnet, 119, avenue Emile Zola, Paris (15e) ; Jacques Charpentier, ébéniste, 30, route de Limoges, La Souterraine ; colonel Laporte André, 44, rue de la Pépinière, Le Chesnay (Seine-et-Oise) ; Guy Picoty, industriel, Bridiers, La Souterraine ; Rossi, juge au tribunal de Guéret.

MUSEE. — M. Hemmer annonce que certains objets appartenant au musée de Guéret figureront à diverses expositions :
— Le taureau de Pontarion (relief de bronze) à l'exposition « L'Art dans les provinces romaines d'Occident », à l'occasion du VIIIe Congrès international d'archéologie classique (musée du Louvre, 15 Juin-15 Septembre) ;
— La grande tapisserie « Le martyre de sainte Barbe » à l'exposition rétrospective des tapisseries d'Aubusson et de Felletin (Palais Saint-Vaast, Arras, Juin-fin Août) ;
— La chasse de Malval à l'exposition du VIIIe Centenaire de Notre-Dame de Paris (Sainte-Chapelle Paris, 22 Juin-fin Octobre) ;
— Le Christ bénissant (tableau attribué à Lebrun) à l'exposition consacrée à Lebrun (Versailles, Juin-Novembre).

CLASSEMENT. — M. Hemmer signale :

  1. Le classement parmi les monuments historiques, par arrêté du 16 Février 1963, des objets mobiliers suivants :
    — Pieta, bois XVIIe (église de La Brionne) ;
    — Croix-reliquaire XVIe, présentant aux extrémités des quadrilobes du Tétramorphe et médaillon central argent (église de Guéret) ;
    — Série de tableaux représentant des scènes de la vie du Christ, toiles peintes, XVIIIe siècle (église de Rougnat) ;
    — saint Michel terrassant le Dragon, statue en pierre, XVIe siècle (église de Saint-Victor) ;
    — La Vierge, sainte Anne et l'Enfant, groupe calcaire, XVIe siècle (église de Saint-Yrieix-les-Bois) ;

  2. L'inscription sur l'inventaire supplémentaire des monuments historiques, par arrêté du 9 Mars 1963, de l'église de Royère ; par arrêté du 11 Mars 1963, de l'église de Saint-Georges-la-Pouge et du lion archaïque placé sur la terrasse voisine.

BIBLIOTHEQUE. — Nous avons reçu : « La Revue Archéologique du Centre » (Octobre-Décembre 1962), « La Revue Indépendante du Syndicat des Journalistes » (Novembre-Décembre 1962).

MINERALOGIE. — M. Laporte présente une analyse de sa thèse de doctorat ès-Sciences de l'Université de Paris : « L'archéologie et l'histoire au service de la recherche minière ; un exemple d'application : les gisements aurifères du Limousin et de la Marche », et une étude plus spécialement axée sur « Les origines de la découverte et de la recherche des gisements aurifères du Limousin et de la Marche ». Il expose notamment que ces gisements ont été retrouvés à la suite d'une série de découvertes qui ont commencé sous la Révolution par la mise à jour de la formation wolframmifère de Puy-les-Vignes et des antiques mines d'étain de Vaulry, en Haute-Vienne, puis par la découverte en 1859, à Montebras, de vastes excavations, restes d'anciennes exploitations minières, par l'ingénieur Mallard, qui tirait de ses travaux (1856-1870) les conclusions suivantes :

  1. — Le Limousin et la Marche ont possédé indubitablement à Montebras, à Vaulry et dans d'autres points des deux provinces d'importantes mines d'étain ;
  2. — L'or accompagne généralement l'étain de Vaulry, donc les autres gisements stannifères peuvent aussi être aurifères ;
  3. — Le nom d'Aurières donné aux fouilles anciennes et attribué aux localités voisines de semblables excavations (Laurière, Aurières, Auriéras) paraît indiquer que l'or était le but principal des recherches ;
  4. — Le fait que celles-ci aient été exclusivement effectuées de manière superficielle et à ciel ouvert, semble suffisamment indiquer qu'elles sont dues aux Gaulois et permet de supposer que le Limousin et la Marche ont été les contrées d'où nos ancêtres tiraient l'or qu'ils possédaient en grande quantité et où Marseille venait approvisionner son entrepôt d'étain.

Par voie de conséquence, ces deux provinces ont dû avoir leur période de prospérité et ont pu être l'objet de convoitise des peuplades de la Gaule, à un aussi haut degré que de nos jours la Californie celle du monde entier.

Il n'y a presque rien à reprendre à ces conclusions qui ont conduit à des exploitations contemporaines de certains de ces gisements,

ARCHEOLOGIE :

Epoque préhistorique. — M. Dayras présente la photographie contrastée d'une pierre de granit du pays haute de 1 m. 35, située dans un mur de clôture du pré Saint-Julien, en face de l'école de Néoux, portant les traces d'une figuration humaine, tête anormalement grosse pour des bras très minces et des mains tenant un objet indéterminé, ce travail paraissant remonter à une époque très éloignée. La photographie sera soumise pour avis à M. le Directeur de la circonscription d'archéologie préhistorique.

— M. Hemmer présente une hache néolithique (11 cm. de long, 6 cm. de large), trouvée par M. Paul Bodeau à l'angle de la rue Jeanne-d'Arc et de l'avenue Fayolle à Guéret (parcelle numéro 857, section B, dite terre d'Albret).

Epoque médiévale. — Mme Louradour reconstitue l'historique de la chapelle Sainte-Marie-Madeleine située au village de Puy-Moulherat, commune de Parsac, d'après des documents des XVIe, XVIIe, XVIIIe siècles, selon lesquels elle appartenait à la Commanderie de Blaudeix et à la paroisse de Rimondeix.

D'abord simple oratoire, puis chapelle et souvent en même temps refuge de faux sauniers, elle a possédé trois tableaux de sainte Marie-Madeleine, un tableau de la Vierge et un de sainte Barbe, trois statues de bois, dont deux de sa patronne et une de la Vierge, une cloche placée dans le pignon au-dessus de la grande porte.

Après avoir retracé les diverses modifications effectuées à la chapelle : édification d'un petit clocher, abandon de l'ancien autel de granit aujourd'hui enfoui et du pied d'autel servant présentement de table des morts, déplacement des deux pierres tombales sculptées, Mme Louradour signale que cette chapelle au toit complètement effondré gardait encore, l'an dernier, trois statues, alors qu'elle n'en conserve plus que deux, et émet le vœu que celles-ci soient le plus rapidement possible mises à l'abri du vol et des intempéries.

— Mme Louradour signale la découverte faite par Mme Juillet, dans son jardin de la rue Maubey, à Guéret, d'une pièce de monnaie de bronze : liard de Château-Renaud (Ardennes), portant les inscriptions : « François de Bourbon, 1614, prince de Conty, seigneur de Château-Renaud », et au centre, le buste du prince ainsi que ses armes : trois fleurs de lis et une bande.

— M. Brunet a envoyé les photos de deux consoles de granit remployées à Chambon-sur-Voueize, l'une à trois têtes humaines et rappelant une console de retombée de voûte, l'autre à une seule tête et située dans une cour intérieure.

— M. Dayras signale l'ancien château de Relibert, commune d'Evaux-les-Bains, dont les propriétaires actuels ont entrepris le dégagement. Il s'agit d'une construction quadrangulaire dépourvue de mâchicoulis, flanquée, sur une cour intérieure, d'une tour ronde et, sur l'extérieur, de deux tours rondes, type simplifié et un peu différent de notre architecture militaire locale du XIVe siècle. On connaît mal la liste des seigneurs que le Dictionnaire de Lecler ne fait commencer qu'à Antoine Maistre, seigneur de Relibert et de Chaumes, époux de Demoiselle de Vauchaussade, qui était mort en 1762 (sic) mais plutôt en 1702, et dont la fille, Anne, Dame de Relibert, avait épousé en 1714 Charles-Louis de Beaufranchet, capitaine des chasses du Duc d'Orléans. M. Leclerc de Maisonrouge acheta Relibert en 1826. Il appartient actuellement à Mme Bonnet.

— M. Dayras présente un exemplaire de la gravure effectuée au XVIIe siècle, sur le dessin fait à la fin du XVIe par Chastillon et intitulée « Châtelet en la Marche », lieu qui n'a pu être déterminé sous ce nom. Cette gravure vient d'être acquise par les Amis d'Aubusson et le vendeur, spécialiste de gravures anciennes, a prétendu avoir identifié le château figuré par Chastillon avec celui d'Aubusson. M. Dayras compare cette gravure avec le dessin plus tardif de F. de la Pointe, du Cabinet des Estampes de la Bibliothèque nationale, figurant le côté méridional du château d'Aubusson (v. « Bulletin des Amis d'Aubusson » numéro 3, 1936. Iconographie du château d'Aubusson par H. Hugon et Mém. T. XXXIII, page 602). Il souligne les points de ressemblance. A l'extrême gauche du dessin de Chastillon semblent bien être figurées l'église Sainte-Croix et la ville dans le fond de la vallée, ce qui paraît appuyer l'identification proposée avec Aubusson.

HISTOIRE. — M. Chatreix présente :

  1. — Un texte manuscrit de C. Pérathon se rapportant au château, aux seigneurs et à l'église de Saint-Marc-à-Frongier ;
  2. — Une notice manuscrite de Jean Bellet sur cette même seigneurie, ces documents ont été utilisés (Mém. T. VIII, pp. 469 et 3).
  3. — Le plan des « lieu et tènements de Vialle et des Moreaux » dépendant des seigneuries de La Villeneuve et La Farge, dressé le 23 Décembre 1786 par Jammet de Villart, arpenteur-juré et géomètre de Felletin ;
  4. — Une liasse de documents se rapportant aux justices de Saint-Marc-à-Frongier, de La Farge et de la baronnie de La Borne, comprenant notamment une transaction passée le 20 Janvier 1506 entre Bertrand et François de Saint-Julien, père et fils, seigneurs de Saint-Marc, et plusieurs tenanciers du village de La Lune, et une sentence de François de la Porte, avocat en Parlement, du 29 Avril 1761, dans une affaire de coups et blessures. Ces deux documents sont versés aux Archives.

— Mme Louradour retrace l'histoire de la seigneurie du Liège, commune de Saint-Hilaire-le-Château.

Si le château a disparu pour faire place en 1840, à une vaste habitation, il reste la belle terrasse d'où la vue s'étend sur la vallée du Thaurion, quelques linteaux à accolade remployés dans la ferme qui, malheureusement, menace ruine, une pierre armoriée placée au-dessus du portail de la cour.

Parmi les seigneurs du Liège, Jacques fut chevalier de Malte en 1586 ; son fils Jean, prieur du Moutier-d'Ahun ; Louis, chanoine du chapitre de La Chapelle-Taillefer en 1730 et Léonard, procureur fiscal de la justice de Pontarion.

Le château de Liège fut le berceau de la famille et sa résidence principale jusqu'en 1731. Jean de Chastaignac, baron de Pontarion en fit l'acquisition et le légua à son gendre, Michel de Corbier, en 1745, qui le vendit, en 1816, à Barthélemy Denis, lequel le revendit, en 1876, à M. Dufour dont la famille en demeura propriétaire jusqu'en 1962.

— M. Dayras rappelle que, selon la notice consacrée à cette famille du Liège par Borel d'Hauterive (Paris, 1876), l'un de ses membres épousa en 1698, la fille de Pierre de Villemerle, entrepreneur des fortifications du roi à Strasbourg, qui paraît avoir été d'origine marchoise (v. Mém. T. XXV p. XX).

 

 

SÉANCE DU 16 MAI 1963

Présidence de M. Dayras, président

Présents : Mmes Aumasson, Châteauvieux, Dumont, Juillet, Labetoulle, Lardy, Louradour, Messin, Péchalat ; Mlles Bellegy, Catinat, Dubreuil, Périne ; MM. Bourdon, Châtreix, Colas, le chanoine Courteau, Dayras, Filloux, Hemmer, Louradour, Malterre, le colonel Messin, l'abbé Mirguet, le chanoine de Montaigut, archiprêtre de Guéret ; Picouret.

Excusés : Mmes Chaix, P.-L. Grenier, Lhuillier, Nicolas ; Mlle Saint-Hilaire ; M. Jessel.

Le procès-verbal de la séance précédente est adopté sans observation.

DECES. — Nous avons à déplorer la mort de M. Simon, greffier honoraire à Aubusson. La Société présente à la famille du disparu ses condoléances émues.

FELICITATIONS. — M. le Président présente ses félicitations à M. de Font-Réaulx, membre correspondant, nommé correspondant de l'Institut.

— A M. Hemmer, nommé chevalier des Arts et Lettres ; et à Mme Louradour qui au congrès de Clermont, a été nommée chevalier des Palmes académiques.

ADMISSIONS. — Mme Aumasson, à Ahun ; M. Berthelot Georges, contrôleur P.T.T., 1 bis, rue Saint-Joseph, La Souterraine ; M. Jessel, docteur ès-sciences, 34, place d'Ardenay, Palaiseau (Seine-et-Oise) ; M. Nérot, directeur du Collège d'enseignement général, Saint-Vaury ; M. l'abbé Pierre Verrier, curé de Rougnat.

MUSEE. — M. Hemmer présente les photographies de certains tableaux du musée de Guéret, prises par des spécialistes hollandais qui recensent ces œuvres dans les musées de France.

— M. Dayras donne la réponse de M. Vernadeau, président des Amis du Musée, concernant l'exposition F. Maillaud. Cette exposition, en raison de l'état de santé de Mme Boule, nièce du peintre, est remise à 1964.

DONS AU MUSEE. — De Mme Aumasson : un fragment de canalisation en bois, trouvé à 3 mètres de profondeur, suivie pendant 30 à 40 mètres en direction de l'ancien château d'Ahun.

— de M. Delmas, de Saint-Vaury : une astrolabe et deux mappemondes anciennes.

BIBLIOTHEQUE. — Nous avons reçu « Les paroisses de la région de La Tour-d'Auvergne » (docteur Godonnèche).

— « Etude juridique sur le charivari » (M. Sourioux).

— « François III d'Aubusson » (Paris, Versailles, Oiron), dans « Vieilles maisons françaises », numéro d'Avril 1963 (M. Dayras).

— « Revue archéologique du Centre », Janvier-Mars 1963.

— Don de M. le docteur Thomas : Exemplaire personnel d'Antoine Thomas Bertrand de Born.

— La Société échangera ses Mémoires avec les publications de l'Académie nationale de Metz, dont le secrétaire est M. Colnat, ancien archiviste de la Creuse.

CLASSEMENTS. — M. Hemmer annonce les classements suivants comme monuments historiques :
— Le porche du château de Mainsat.
— Les restes du monastère de Chambon.
— Les fresques de la Commanderie de Lavaufranche.

VOEU. — M. le chanoine de Montaigut propose que soit classée monument historique la chapelle des Pénitents (cimetière de Guéret). Une demande de classement est faite pour cette chapelle, ses objets mobiliers et son site et un vœu en ce sens est adopté et sera transmis à M. le Maire de Guéret.

EXPOSITION DES TABACS. — M. Dayras félicite M. Talon qui a organisé, du 12 au 19 Mai 1963, à l'hôtel de ville de Guéret, une exposition des tabacs, avec des pièces prêtées par le Musée des Arts et Traditions populaires de Paris et des documents appartenant aux Archives de la Creuse et au Musée de Guéret.

COMMUNICATIONS DU PRESIDENT. — Le Président adresse ses remerciements au Conseil Général de la Creuse qui a accordé une subvention de 300 francs à notre Société. Il a invité M. le Président et ses collègues à visiter le musée.

— Il indique la publication, par les soins du Conseil Général, dans la collection « Richesses de France » (numéro 53, éditions Delmas) de « La Creuse », ouvrage illustré de très belles photographies et destiné à faire mieux connaître le département de la Creuse, son histoire, ses sites pittoresques et ses ressources. Les professeurs Jean Guitton, de l'Académie Française ; Léon Binet, de l'Académie des Sciences ; Marouzeau, de l'Institut ; Favard, professeur à Polytechnique, notamment, ont collaboré à ce bel ouvrage dont M. Hemmer a assuré l'édition.

— Il précise que l'excursion de notre Société qui a été fixée au 30 Juin se proposera l'étude d'églises restaurées et de châteaux non encore visités ; elle aura pour itinéraire : Lavaud-Promis (château), Mautes (église), Lupersat (chapelle), Blavepeyre (chapelle), Vauchaussade (château), Auzances (église et chapelles), Rougnat (église), Chatain (château et église), Fournoux (château).

— La Société d'ethnographie Limousin-Marche tiendra sa réunion en Octobre, à Guéret.

— M. Dayras a représenté notre Société au quatre-vingt-huitième Congrès national des Sociétés Savantes du Centre qui s'est tenu à Clermont du 3 au 7 Avril 1963 et a présenté une communication à la section historique. (Chronologie des seigneurs de Saint-Domet (1150-1755) et étendue de la seigneurie en 1505).

— Le quatre-vingt-neuvième Congrès national des Sociétés Savantes qui aura pour thème : « Les relations entre la France et l'Empire (jusqu'en 1610) », se tiendra à Lyon, en 1964, dans la semaine précédent Pâques.

— Le huitième Congrès international d'archéologie classique se tiendra à Paris du 3 au 13 Septembre 1963.

— A Paris, à l'occasion du huitième centenaire de Notre-Dame, aura lieu à la Sainte-Chapelle (22 Juin-fin Octobre) une exposition à laquelle figurera la châsse de Malval.

HISTOIRE NATURELLE. — M. E. Genevoix a envoyé une note de zoologie sur trois espèces dites « dormeuses » vivant dans notre région : le loir brun-rougeâtre, habitant les hautes futaies ; le lérot brun et jaune, hôte familier, mais nuisible de nos jardins ; le muscardin jaune-rougeâtre, de petite taille, et sur une souris des buissons dont une variété a le type albinos. Cette note sera publiée.

ARCHEOLOGIE :

Epoques préhistorique et gallo-romaine. — M. Hemmer signale deux silex taillés : un fragment de grattoir long de cinq centimètres, en silex blond cendré translucide, et une pointe triangulaire à arêtes retouchées, en silex blanc opaque, de trois centimètres environ, trouvés par M. Marc Varenne, à La Chaux, commune de Lussat.

— M. Dayras précise l'emplacement de la statue grossière dite « Le Marmot », qui se dressait près de La Feyte, à l'extrémité Nord de la commune de Sardent. Cette statue décrite en 1860 à nos « Mémoires » par le docteur Vincent (T. III, p. 364), et étudiée en 1937 par le docteur Janicaud (T. XXVI, p. 460), qui estimait qu'il s'agissait d'un dieu Terme, protecteur des routes, a été renversée et la tête a disparu. La partie qui subsiste, longue d'environ un mètre, est située à l'intersection du chemin partant de l'Ouest du village de La Feyte et revenant vers le Toureau, avec un autre chemin non figuré sur la carte d'état-major, et se dirigeant vers Le Masgiral, soit à moins de 500 mètres Nord-Ouest des premières maisons Ouest de La Feyte.

— Mme Louradour fait remarquer que ce monument très ancien est à rapprocher d'un autre, nommé aussi « Le Marmot », situé à trois kilomètres à l'Ouest sur une petite place du village de Monime, commune de Saint-Christophe, signalé par le docteur Villard (T. XVI, pp. 7-11) et étudié par le docteur Janicaud (T. XXVI, p. 468), qui pensait qu'il pourrait s'agir d'une déesse-mère de la période gallo-romaine. Le culte décrit par le docteur Vincent, pour le Marmot de Sardent, consistant à faire faire trois fois le tour de la statue par les jeunes bovins qu'on veut dresser au joug, subsiste encore et a été observé au cours du printemps 1963. Le Marmot de Monime est également sollicité pour la protection du bétail.

Un avis a été demandé sur ces deux statues et aussi sur le monument de Néoux, présenté à la séance du 21 Mars, à M. Balsan, directeur de la circonscription préhistorique, et à M. Fournier, directeur de la circonscription gallo-romaine.

Epoque médiévale. — M. Rivet signale la découverte, par M. Chaninas, d'un souterrain au lieudit Laureux-Piatou, commune de Basville, qui présente une ouverture réduite de 60 centimètres sur 80 centimètres, taillée dans une partie rocheuse, un couloir d'un mètre de haut, sur 1 m. 10 de large et trois mètres de long ; un second couloir de 1 m. 60 de haut, un mètre de large et 3 m. 80 de profondeur, et une voûte à environ 1 m. 30 du sol, taillée dans le roc ou le tuf, appareillée de pierres choisies, mais non taillées.

HISTOIRE :

— Mme Louradour présente une étude sur la Commanderie de Blaudeix (XVIe, XVIIe, XVIIIe siècles), histoire et archéologie. Cette étude sera publiée.

— M. Chatreix présente :

  1. — Un contrat de mariage passé le 6 Juin 1689 au château de La Maison-Rouge, paroisse de Saint-Maurice-la-Souterraine, entre Louis de Moras, seigneur de Chamborand, et demoiselle Anne Mondin de Montostre ;
  2. — Le procès-verbal dressé le 4 ventôse, An IX, par Joseph Lechapt, premier assesseur de la justice de paix de La Souterraine, pour procéder à « la levée » d'un enfant trouvé au lieu de Lacoux, commune de Saint-Maurice.

— M. Hemmer rend compte de l'exposition qui a eu lieu à Clermont-Ferrand, dans le cadre du 88e Congrès national des Sociétés savantes. Cette exposition ayant pour thème : « Les cartes anciennes de l'Auvergne » présentait notamment une carte levée en 1569 par M. de Nicolay, géographe du roi qui donne les confins de la Marche et de la Combraille avec le Bourbonnais ; une carte de Bouguereau (1594), qui a pour cadre le diocèse de Limoges, puis celles d'Ortélius (1589), de Mercator (1607), de Le Clerc (1632), de Tavernier (1634), de Jansson (1636), de Mérian (1650), de Nolin (1685), de Jaillet (1719), et de Robert de Vaugondy fils (1753).

Il indique, d'autre part, l'intérêt que présente une carte « itinéraire et minéralogique » de la Généralité de Limoges dressée en 1789 par le sieur Cornuau, ingénieur géographe.

HISTOIRE LITTERAIRE. — M. A. Carriat a envoyé la note suivante :

  1. — L'Histoire de la littérature française, publiée sous la direction de Monseigneur Calvet vient de s'enrichir d'un volume nouveau consacré au préclassicisme par M. Pierre Sage, professeur aux Facultés catholiques de Lyon (Del Duca, 1962). On y trouve deux études importantes sur Tristan l'Hermite : l'une sur son œuvre poétique (pp. 181-4), jugée « la plus importante du règne de Louis XIII pour sa variété et sa valeur » ; l'autre sur son œuvre dramatique (pp. 264-70) qui fait de lui, « à n'en pas douter, le frère aîné de Racine, et l'un des grands noms de notre théâtre ».

  2. — Le manuscrit de Jean-Baptiste l'Hermite intitulé : « Les Merveilles de Poussoule et Autres raretés du Royaume de Naples, Présentées à Mademoiselle » a été adjugé, à l'Hôtel-Drouot, à un libraire du quai Voltaire, 17.000 Frs. (v. séance du 17 Janvier).

  3. — A la Galerie du Passeur, 90, rue du Bac, Paris (7e), ont été exposés, du 21 Février au 30 Mars, de remarquables dessins d'arbres et de paysages de la Creuse que Charles Walch (Thann, 1898-1948) exécuta durant l'été 1940 à Vallière où l'avait amené l'exode (C.R. par J.-D. Rey, in Jardin des Arts, Mars 1963, pp. 80-81).

  4. — Dans le petit volume de M. Jean Rouquette sur Littérature d'oc (P.U.F., coll. « Que sais-je ? » 1963), on trouvera, p. 111, une présentation très élogieuse de l'œuvre poétique de notre compatriote Paul-Louis Grenier.

  5. — Vient de paraître Salut bourgeois ! (Calman-Lévy, 1963), le second roman qu'a inspiré à Mme Maryse Vincent-Neveu, la chronique de Boralède, nom qu'elle a déjà donné à Bourganeuf, sa ville natale, dans Les Jardins du Tribunal. Ce second ouvrage lui a valu le Prix du Journal intime (CF. Figaro littéraire, 30-6-1962 et 11 Mai 1963 qui en donne une critique favorable).

  6. — Dans Millevaches, terre inconnue (chez l'auteur, 1962), M. Clément Moratille, originaire de Peyrelevade (Corrèze), a inséré trois notices sur Féniers, Gioux et Pigerolles, avec trois photographies se rapportant à la première localité.

  7. — Dans le tome II de Portrait de la France (Horizons de France, 1963), c'est le romancier Jean Blanzat qui a traité de la Marche, en même temps que du Limousin, du Bourbonnais et de l'Auvergne. Y figure un hors-texte en couleurs de Fernand Maillaud.

  8. — Vient de paraître un troisième recueil poétique de notre collègue Lucien Casanova. Le mot de passe, s. l. n. d., 40 p. in. 16.

  9. — Une exposition de toiles déjà anciennes de Clémentine Ballot a eu lieu à la Galerie des Orfèvres, place Dauphine, du 12 au 23 Mai, présentée par Maximilien Gauthier. Vingt ont été peintes à Crozant entre 1912, date à laquelle elle y connut Guillaumin, et 1918. (C.R. in Figaro, 24-4-1963 et Arts, id.).

— M. Dayras signale la plaquette : Reconquête des Hautes Terres du Limousin et de la Marche. Recherches économiques et structurales, par M. J. Filliol qui avait donné à nos Mémoires, en 1949 (T. XXX, pp. 178-184) un article sur le bassin houiller de Bosmoreau.

 

 

SÉANCE DU 19 SEPTEMBRE 1963

Présidence de M. Dayras, président

Présents : Mmes Châteauvieux, Labetoulle, Lardy, Lhuillier, Louradour, Messin, Villard ; Mlles Bellegy, Dubreuil, Périne, Reignoux ; MM. Châtreix, Dayras, Filloux, Hemmer, Louradour, l'abbé Mayaud, Malterre, l'abbé Mirguet, Picouret, Villard.

Excusés : Mmes Combarnous, Juillet, Nicolas ; MM. Carriat, le chanoine Courteau, Martial Tricaud.

Le procès-verbal de la séance précédente est adopté sans observation.

DECES. — Nous avons à déplorer la mort de Mlle Beneton, 12, rue Morère, Paris (14e) ; de M. Auguste Deyris, à Ventenat par Anzème ; de M. Ebaudy, à Guéret ; de M. Emile Mignot, à Theix, par Saint-Sulpice-le-Guérétois ; de M. Emile Vinchon et de M. Suchaud, boulevard Emile Zola, à Guéret. La Société présente aux familles des disparus ses condoléances émues. Elle salue l'œuvre d'Emile Vinchon, chantre du Berry.

ADMISSIONS. — M. Georges Bouquet, 186, avenue Aristide-Briand, Antony (Seine) ; M. Henri Brivet, professeur, Ecole nationale d'art décoratif, à Aubusson ; Médecin-colonel Cousty, à Metz ; M. Alain Dumery, libraire, 2, rue de la Rampe, La Souterraine ; M. Jean-Pierre Groux, lycée de jeunes filles, La Souterraine ; Mlle Renée Labesse, Malleret, près Guéret ; docteur Pierre Lefort, 127, Boulevard Raspail, Paris (6e) ; M. René Meysonnet, trésorier-payeur général, Albi (Tarn) ; M. Guy Rogier, avoué, 50, rue Lafaurie de Monbadon, Bordeaux ; M. Roger Tartary, greffier, 38, avenue Simon Bolivar, Paris (19e) ; Mlle Arlette Tessier, institutrice, 58, rue Mirabeau, Choisy-le-Roi (Seine).

CLASSEMENTS. — M. Hemmer annonce les classements comme monuments historiques de la croix de Saint-Pardoux-d'Arnet, des églises de Saint-Dizier-les-Domaines, Arrènes, Faux-la-Montagne, des façades et de la toiture de la tour de Bellegarde.

— Le Musée a reçu la visite de représentants du Touring-Club de Belgique, qui ont pris de nombreuses photographies.

BIBLIOTHEQUE. — Don anonyme : Nouvelle méthode du blason (Lyon 1734).

— de M. René Boudard : L'organisation de l'Université et de l'enseignement secondaire dans l'Académie Impériale de Gênes entre 1805 et 1814 (Paris, La Haye, Mouton et Cie 1962), gros travail publié par lui, dans la série d'études « Recherches Méditerranéennes ».

— de l'Association des Amis d'Aubusson : le catalogue de l'Exposition de tapisseries d'Aubusson-Felletin à Arras (1963).

Nous avons reçu les numéros 1 et 2 du Bulletin de la Société d'Ethnographie du Limousin et de la Marche ; la Revue Archéologique du Centre (Avril-Juin 1963).

COMMUNICATIONS DU PRESIDENT :

Le Président présente ses félicitations à M. Gabriel Fournier, qui a obtenu la première médaille de l'Académie des Inscriptions pour son ouvrage « Peuplement rural en Basse-Auvergne », et à M. le professeur Martial Tricaud, nommé chevalier de la Légion d'Honneur.

— La Société d'Ethnographie Limousin-Marche a tenu, le 19 Septembre, à Guéret, sa réunion au cours de laquelle son président, M. Maurice Robert, donna l'assurance que les objets collectés par cette société et se rapportant au folklore seraient remis au Musée de leur province d'origine, s'ils étaient en un seul exemplaire et que les doubles seuls deviendraient propriété de la Société d'Ethnographie.

— MM. Dayras et Hemmer firent visiter le Musée de Guéret aux membres du Conseil d'Administration venus de Haute-Vienne et de Corrèze, qui exprimèrent leur admiration devant l'ampleur et la beauté des collections.

— M. Balsan, directeur de la circonscription préhistorique, et M. Fournier, directeur de la circonscription gallo-romaine, font savoir qu'ils ne peuvent, pour l'instant, donner de précisions sur les marmots de La Feyte et de Monime, la Pierre aux neuf gradins de Soubrebost et la stèle de Néoux qu'ils ont visités le 17 Juillet.

— Le colonel Laporte propose la collaboration d'un géologue des Charbonnages de France en vue du classement de la vitrine minéralogique du Musée.

HISTOIRE NATURELLE :

Géologie. — M. Jean Guitton communique l'opuscule : « Essai de morphologie limousine », de Mme Jacqueline Beaujeu-Garnier, de l'Institut de géographie de Lille, publié dans la Revue de géographie alpine (1960), qui étudie notamment la géologie de l'espace situé au croisement du méridien O et du 46e parallèle (lieu situé au Nord-Ouest de Lupersat et au Nord-Est de Bellegarde vers un hameau appelé Le Croizet). L'auteur a précisé que cette région est sur un des axes de rebroussement du Massif Central sur lesquels se rencontrent les deux grandes directions de plissement et de broyage qui caractérisent les vieilles montagnes hercyniennes en Europe : vers l'Est : Vosges, Forêt Noire, bordure orientale du Massif Central ; vers l'Ouest : axes de plissements limousins et armoricains et presque au croisement de deux grandes lignes de dislocation et de fracture dont témoignent, à l'Est, une petite trace de houiller et de nombreux filons Nord-Nord-Est, Sud-Sud-Ouest, jalonnés par des veines de microgranulite, et à l'Ouest, vers Bellegarde, par des filons Nord-Nord-Ouest, Sud-Sud-Est de porphyre.

— MM. Laugier et B. Lelong projettent l'établissement de cartes et fichier minéralogiques de la Creuse.

Mycologie. — M. E. Genevoix a envoyé une note : « Guide des amateurs de champignons ». Sa note sera publiée.

ARCHEOLOGIE :

Epoque préhistorique. — M. Dayras présente le croquis d'une hache en bronze, à talon, du poids de 440 grammes, trouvée près des bâtiments du Peyroux, commune de Chambonchard, dans le champ dit « Les Pierres », par M. Félicien Clément, en Mai 1963.

Epoque gallo-romaine. — Mme Louradour signale la découverte par M. Durudeau, cultivateur à L'Espérance, près de Saint-Vaury, au lieudit « Chamazet », d'un ossarium. Le coffre présente la particularité d'être muni de trois bourrelets ; sa cavité est formée de trois cylindres superposés de grandeur décroissante ; elle ne contenait pas d'urne, seulement des ossements calcinés.

Autour de l'ossarium, se trouvaient divers objets de poterie : une tasse en terre rouge très épaisse, une soucoupe tripode également en terre rouge, une soupière miniature en même terre sans couvercle, plusieurs fragments de poterie jaune, un petit récipient en terre jaune, sorte de bouteille à large panse, à goulot étroit et court, à anse unique ; enfin un clou oxydé.

— M. Dayras signale la découverte sous la R.N. 682, au col du Massoubre, par M. Duboisset, ingénieur subdivisionnaire du Service vicinal, à La Courtine, du couvercle d'un coffre à sépulture à incinération, haut de 0 m. 70 et portant à sa base les gorges. Le couvercle a été aimablement porté sur la terrasse du Musée par M. Duboisset.

— Le docteur Legate signale, à Evaux-les-Bains, un mur parallèle au fossé Est de la route, qui conduit à l'établissement thermal, situé exactement à 90 mètres du château d'eau municipal. Vestige d'une construction gallo-romaine, il mesure 35 mètres de long et 1 mètre de hauteur.

— M. Malterre signale, dans la commune de Peyrat-la-Nonière, les découvertes suivantes :
— En 1940, un ossarium complet, avec bourrelet et une urne en verre, remplie d'ossements calcinés, par M. Picaud, au lieudit « Blanchard et Blanche », numéros 275 et 276 section F. (l'urne a été donnée au Musée de Guéret) ;
— En 1950, des fragments de poterie, au lieu-dit « Pierre-Grande », numéro 278, section F. par M. Picaud ;
— En 1958, un ossarium complet à bourrelet, une urne sans anse en verre et quelques clous de métal oxydé, par M. Chabredier, au lieu-dit « Pierre-Grande » numéro 281, section F. Sa note sera publiée.

Epoque médiévale. — M. Dayras présente le croquis d'une hache d'armes, trouvée, il y a de nombreuses années, à Evaux, rue Nationale, dans le jardin Glomot ; cette petite arme, longue de 26 cm., est du type des haches d'armes du XIIIe siècle.

— M. Villatte signale une chambre-refuge au bourg de La Villedieu, découverte en 1940. L'entrée du refuge se trouvait sous un parquet effondré. Un petit escalier débouche dans une pièce de 4 à 5 mètres carrés dont la voûte est formée de pierres. Une porte rectangulaire ouverte dans cette pièce serait l'entrée d'un souterrain allant à l'église.

— Mme Louradour décrit la découverte faite par M. Aimé Lavaugauttier et signalée par M. Caillat, au village des Villettes à Naillat, au lieu-dit « Les Bordes » numéro cadastral 569, section D, d'une chambre souterraine taillée dans le roc, de 2 m. 60 de long sur 1 m. 40 de large, 1 m. 70 de haut et dont la voûte se situe à environ 0 m. 60 du niveau du champ. Une galerie affectant la forme d'une demi-couronne assez irrégulière part du Nord de la salle et revient au Sud de celle-ci. Deux autres issues sont impraticables, parce que remplies d'éboulis.

HISTOIRE. — M. Chatreix lit une série de lettres d'émigrants maçons travaillant à Paris. La première lettre (1797) constate les difficultés des communications et la cherté de la vie (pain de quatre livres à douze sous, vin à douze et quinze sous la bouteille). La deuxième (1810), mentionne le marasme régnant dans le travail. La troisième (1827), note le chômage, conséquence des gelées. La quatrième (1827), indique le prix du pain à quatorze sous les quatre livres, le vin à quatorze et seize sous le litre et la viande à dix et douze sous la livre. Les deux dernières (1870), notent une nouvelle augmentation du coût de la vie, la déclaration de guerre et le rappel des classes de réserve.

— M. Lardy a envoyé un règlement de la Garde Nationale de Saint-Pardoux-le-Neuf, daté du 11 Février 1832, où il est précisé notamment que le contrôle général du service sera divisé en dix sections d'après le nombre de villages de la commune, que le sort désignera la section qui commencera le service et que, dans chaque section, ce seront les plus âgés qui, les premiers, assureront ce service.

— M. Dayras présente, de la part de M. le chanoine Touraille, la Carte du Diocèse de Limoges avec sa division par archiprêtrés, dressée par le sieur Cornuau, ingénieur géographe, en 1782. Le diocèse de Tulle figure également sur cette carte ainsi que celui d'Angoulême.

— Mme Louradour retrace l'histoire de l'église de Blaudeix. Au XIIe siècle, cette église n'est qu'une chapelle de l'Ordre des Templiers. Après la dissolution de cet Ordre, elle passe sous le patronage de l'Ordre de Malte.

Au XVIe siècle, un verrier de Montluçon pose ses vitraux. Au XVIIe siècle, elle possède un reliquaire en cuivre, sans reliques, un autel secondaire dédié à Notre-Dame avec la statue de celle-ci en bois peint. Au début du XVIIIe, son reliquaire contient des reliques de saint Blaise, et une statue de ce saint se trouve sur l'autel. Dans la seconde moitié du XVIIIe, il est conseillé de retirer un troisième petit autel qui est inutile. En 1786, l'autel et le tabernacle en bois sculpté, qui existent encore, sont mis en place.

L'église est actuellement, comme alors, entièrement bâtie en pierres de taille avec ses baies longues et extrêmement étroites. Elle conserve sa grille en fer forgé (XIIIe siècle) qui clôt le puits creusé dans l'épaisseur du mur Sud, la statue en bois de saint Blaise (XVIIe), la châsse en cuivre (XIIIe) avec toit à deux versants et dont la face principale est ornée de trois émaux champlevés : le Christ en majesté en tunique rouge sur fond bleu dans un médaillon ovale et des figures d'anges dans les deux médaillons circulaires.

— M. Martial Tricaud a envoyé une note : « Le monument Ranjon de Chambon-sur-Voueize, évocateur d'un drame judiciaire en 1841 ». Cette note sera publiée.

HISTOIRE DE L'ART. — M. Géraud-Lavergne, Directeur des Services d'Archives du Périgord, signale un document appartenant aux archives du château de Fénelon et conservé par le comte de Maleville, à Cénac (Dordogne), document selon lequel, Bertrand de Salignac de La Mothe-Fénelon (seigneur de Fénelon et ambassadeur de France auprès d'Elisabeth d'Angleterre) a passé marché, le 17 Juin 1584, avec deux marchands tapissiers d'Aubusson, Jacques Bouchon et Jean Basset, pour la fourniture d'une tapisserie de verdure d'autant de pièces qu'il faudrait pour tendre toute sa chambre à coucher ainsi que d'un tapis de table fait à l'aiguille. Ce document sera publié.

HERALDIQUE. — Le docteur Jean Eybert a envoyé une étude rectifiant les armoiries de Pontarion. Sa note sera publiée.

 

 

SÉANCE DU 21 NOVEMBRE 1963

Présidence de M. Hemmer, vice-président

Présents : Mmes Chaix, Châteauvieux, Combarnous, Dumont, Juillet, Labetoulle, Lardy, Lhuillier, Louradour, Messin ; Mlles Bellegy, Périne, Reignoux ; MM. Bourdon, Châtreix, Colas, le chanoine Courteau, Hemmer, Louradour, Malterre, le colonel Messin, l'abbé Mirguet, le chanoine de Montaigut, archiprêtre de Guéret.

Excusés : Mme Grenier ; Mlle Dubreuil ; MM. Dayras, président, l'abbé Mayaud, Picouret.

Le procès-verbal de la séance précédente est adopté sans observation.

DECES. — Nous avons à déplorer la mort de M. Jean Verrier, inspecteur général honoraire des monuments historiques, de MM. Jussan et Poisson, membres titulaires.

La Société présente aux familles des disparus ses condoléances émues.

M. Jean Verrier, membre du Comité des travaux historiques, membre résidant de la Société nationale des Antiquaires de France, secrétaire général de la Société Française d'Archéologie, secrétaire général du Comité international des monuments, sites et fouilles archéologiques, était, depuis 1958, président d'honneur de la Société des Sciences Naturelles et Archéologiques de la Creuse. Il nous avait fait l'honneur d'accepter de présider, en 1962, l'excursion de notre société. Une notice lui sera consacrée.

ADMISSIONS. — M. Bonnet, 50, avenue du Dr-Manouvrier, Guéret ; Mme Jeanne Carriat, 68, Boulevard Soult, Paris (12e) ; M. Champagnat Jean-Claude, 38, rue Bansac, Clermont-Ferrand ; M. Comandon, rue Berlioz, Guéret ; M. Louis Lansade, docteur vétérinaire, 21, Boulevard Mestadier, La Souterraine ; M. Louis Laville, Secrétaire Fédéral Sociétés Savantes du Centre, 22, rue Corneille, Montluçon ; Mme Louis Royer, 1, rue Jean-Nicoud, Toulouse ; Service des Archives de la Corrèze, à Tulle.

BIBLIOTHEQUE. — Nous avons reçu :
— Le Bulletin n° 3 de la Société d'Ethnographie Limousin-Marche, avec laquelle nous échangerons nos publications.
— De M. Edmont Panet, ses œuvres en deux volumes, l'un relié : « Trésors en Limousin », « Les Jumelles de Malagnac », « La Mort du Barrage » ; l'autre : « Les Secrets de la vieille Théosophie ».

MUSEE. — M. Dayras communique la lettre qu'il a adressée à M. le Maire de Guéret, pour lui rappeler la nécessité absolue de la réfection de la grande salle de peinture du Musée, salle symétrique à celle déjà restaurée, ainsi que l'opportunité de la libération et de l'aménagement des sous-sols, en vue d'installer dans ces derniers les éléments lapidaires qui encombrent le rez-de-chaussée et dont la conservation serait ainsi mieux présentée.

— M. Hemmer indique qu'à l'exposition des chefs-d'œuvre de l'émaillerie limousine qui se tient au Vatican, en Décembre 1963, figureront les objets suivants appartenant au Musée de Guéret : les châsses de saint Etienne, de Malval ; de saint Sulpice, de Banize ; de l'Adoration des Mages, et la petite plaque en émail, peinte vers 1500, représentant la Nativité.

CLASSEMENTS. — M. Hemmer annonce les classements suivants comme monuments historiques :
— l'église d'Alleyrat et sa crypte ;
— les églises de Poussanges, de Sainte-Feyre, de Lépaud ;
— la chapelle du château de Montjouan, à Azérables (XVe) ;
— l'ancienne tour des remparts à Felletin ;
— les balcons en fer forgé, Louis XV, sis place Gambetta, à Boussac ;
— la croix de cimetière (XVIe) au lieu-dit « Le Gouttery, au Mas-d'Artige.

COMMUNICATIONS DU PRESIDENT. — M. le Président fait savoir qu'en réponse à la demande qu'il a adressée à la Direction des Arts et Lettres en faveur de l'édition du Dictionnaire bio-bibliographique de la Creuse, d'A. Carriat, il pense obtenir une subvention annuelle de 400 à 500 Frs.

— Le 89e Congrès national des Sociétés Savantes se tiendra à Lyon du 2 au 8 Avril. Mme Lardy émet le vœu qu'un compte rendu de ces Congrès soit envoyé aux Sociétés participantes.

— De vifs remerciements sont adressés au Conseil Général, qui a accordé à la Société une subvention de 1.300 Frs.

— M. Dayras a envoyé à la Fondation pour l'Art, la Recherche et la Culture, cinq photographies représentant divers aspects du château de Boussac (notamment la charpente, la salle des gardes, l'appartement dit de George Sand) en vue d'attirer l'attention sur cette belle demeure historique et de contribuer à sa sauvegarde.

COMMUNICATIONS :

HISTOIRE NATURELLE. — Zoologie. — M. Dayras signale que le 18 Octobre, dans la vallée de la Voueize, à 3 kms environ de la source de cette rivière et à hauteur du village du Brujaud, commune de Bosroger, a été tué, par M. Malavaud, un mammifère inconnu de notre région, du poids de 7 kgs, caractérisé par un poil fauve, hérissé, les quatre pattes palmées, le corps volumineux, la queue lisse, la tête plate, les incisives larges, longues, de couleur orangée, les oreilles petites, l'aspect répugnant. D'après certains, il s'agirait d'un myocastor ou myopotame. Des photographies seront envoyées au Muséum pour tenter d'aboutir à une identification.

ARCHEOLOGIE :

Epoque préhistorique. — M. le chanoine Courteau présente des pierres provenant toutes d'un champ appelé Saulze, du village de Chamassergue, commune de Rougnat, ayant toutes une arête et pouvant être une ébauche de grattoirs paléolithiques ; une hache polie, en granit, du poids de 720 grammes, découverte par M. Fernand Lanouzière, au village des Peyrichoux, commune de Reterre, dans un champ nommé Cilieux (plan cadastral A.C. 21).

— M. Chatreix présente, de la part de M. Commergnat, un silex taillé : longueur 11 cm., poids 126 grammes, et trois haches polies, trouvés à Azérables, section D1, parcelle 200.

Epoque médiévale. — M. Chatreix signale, de la part de M. Duméry, la découverte faite le 19 Novembre, place de l'Eglise de la Souterraine, par des ouvriers municipaux qui creusaient une tranchée, de plusieurs morceaux de cercueil en bois, d'un crâne humain relativement bien conservé, portant, à sa partie antérieure gauche, une cavité de 1 cm. 1/2 de diamètre, d'un tibia, d'une omoplate, de trois dents et de plusieurs côtes, et de la part de M. Bonhême, il signale, d'autre part, dans le cimetière de Saint-Sébastien, un socle de croix sur lequel est sculptée une main bénissant. Ce socle, dont la photographie a été prise par M. Barbaud, paraît être une clef de voûte.

— Mme Louradour signale la découverte, par Mme Chateauvieux, dans la terre dite « La Bugeaude », nos 549-550, section Châteauvieux, commune de Guéret, et appartenant à M. Bazelard, d'une pièce souterraine, creusée dans le tuf, aux parois très lisses, de 1 m. 70 sur 1 m. 40, reliée à la surface par un couloir vertical de 0 m. 40 de diamètre et 1 m. 75 de profondeur.

— Mme Louradour signale, d'autre part, la découverte par M. Legay, au cours d'un labourage au tracteur, au village de La Chatenède, commune de Saint-Goussaud, dans la terre dite « La Moulière », n° 129, section C, à une profondeur de 3 mètres, d'une galerie souterraine de 1 mètre de large et 2 mètres de haut, praticable sur une longueur de 15 mètres, avant d'aboutir à un éboulis.

HISTOIRE. — M. Chatreix lit une lettre d'émigrant, datée de 1871, et témoignant de l'âpreté de la vie des maçons creusois, loin du milieu familial.

— Mme Louradour lit une note : « Les redevances de quelques villages de la commune d'Ajain », étude d'après un Terrier du XVIIe siècle.

Le commandeur de Blaudeix percevait, sur quatre villages de la commune d'Ajain : Rameix, Rougnat, Puy-Gaillard, Moulantier, les dîmes, les droits de lods et vente et une poule le jour de Noël si l'habitant semait des raves dans son champ.

Au nombre des assujettis à la dîme, il faut citer Jean-Louis Beaufils, seigneur de Peyzat, propriétaire d'un domaine à Rougnat, et Gilbert Picaud, avocat en Parlement, propriétaire d'un domaine à Puy-Gaillard et d'un autre à Rougnat.

— Mme Louradour présente l'étude de l'église de Rimondeix (archéologie et histoire). Sa note sera publiée.

HISTOIRE LITTERAIRE. — M. A. Carriat signale deux publications récentes d'auteurs creusois : un recueil de vers de M. Henri Adenis, natif de Chambon-sur-Voueize, aujourd'hui inspecteur général de la Jeunesse et des Sports : « L'Arbre à Mouches » (P., Les Paragraphes littéraires de Paris, 1963, in-16, 63 pp.) ; un livre d'histoire à l'usage des classes de seconde, par M. Désiré Brelingard : « L'Ere des Révolutions » (P., Hachette 1963, in-8, 368 pp.) en collaboration avec R. Lohrer et L. Mazoyer.

— Il annonce que M. Georges Lubin s'apprête à donner, dans la collection des Classiques Garnier, une édition complète de la Correspondance de George Sand dont Mme Marie Cordroc'h a récemment dressé le Répertoire (P., A. Colin, 1962, in-8, 210 pp.). Sous le titre : « Les Amoureux d'Etampes », M. Lubin a publié, dans Le Monde du 20 Novembre, quelques lettres inédites de George Sand, avec ce commentaire peu flatteur concernant l'Aubussonnais Jules Sandeau : « Nous tairons complètement (sans regret) le long post-scriptum de Jules Sandeau (trois pages et demie !) où il se borne, le blondin, à bêler en d'autres termes ce que sa belle maîtresse a déjà dit beaucoup mieux, car, au rendez-vous d'Etampes, c'est le petit Sandeau qui attendait Aurore ».

— Il signale le remarquable Corneille, en un volume (P., « L'Intégrale », Ed. du Seuil, 1963, in-4, 1.130 pp.), annoté par M. André Stegmann, qui vient désagréablement illustrer ce que nous écrivions (Mém. Soc. Sc. Cr. XXXIV, 272-3) à propos des erreurs qui se sont récemment propagées sur les origines de Tristan : une note, p. 643, fait naître le poète marchois en 1604 et parle de « ce compatriote (sic) avec qui Corneille semble avoir été lié ».

— Dans le cadre du Festival du Marais, devant la magnifique façade de l'hôtel de Lamoignon ont été données, les 18, 20, 23, 25 et 27 Juin, cinq représentations de « La Mort de Sénèque », tragédie de Tristan l'Hermite, par le Théâtre de l'Ile-de-France, dans une mise en scène de Jacques Sarthou, avec la participation de Robert Etcheverry (Néron), Luce Feyrer (Sabine Poppée), Francis Claude (Sénèque), Sylvie Deniau (Epicaris). Dans le commentaire qu'il fait de la pièce (Catalogue pp. 69-70), Paul Blanchart rappelle qu'elle n'avait pas été représentée depuis qu'en Octobre 1911, Antoine, alors directeur de l'Odéon, l'avait remise en scène dans une de ses matinées du jeudi.

— Notre compatriote, M. Georges Bouquet, ancien élève de l'Ecole normale supérieure de Saint-Cloud, vient de publier, en collaboration avec Mme Marguerite Audouze, chez A. Colin : « Vers la composition française » (classes de 6e et de 5e), ouvrage dans lequel la Creuse tient une belle place avec des textes de Jean Guitton, M. Jouhandeau, J. Marouzeau, G. Nigremont et deux dessins inédits de F. Maillaud.

— Deux professeurs américains, M. Claude K. Abraham, de l'Université de l'Illinois, et M. Jérôme V. Schwatzer, de l'Université d'Alabama, sont en train de préparer une édition critique des œuvres complètes de Tristan l'Hermite. M. Claude K. Abraham a déjà publié une étude sur notre compatriote : « Un poète de la nature au XVIIe siècle : Tristan l'Hermite », dans la French Review, 34-1, Octobre 1960, pp. 51-59.

— M. Dayras communique la poésie « Creuse » (Mémorial de la Marche, 28 Septembre 1963) de M. Robert Goffin membre de l'Académie royale de langues et de littérature de Belgique, président du Pen-Club Belge, écrite en hommage à la Creuse, où il a passé quelques jours au château de La Villeneuve, près Vallière.

— Il signale deux romanciers creusois : Maurice Carmeni, de son nom véritable Maurice Bordessoulle, domicilié à Saint-Sulpice-les-Champs, qui a écrit : « Les Loups du Torsiero » et « Mon Château en Auvergne » (Ed. Scorpion, coll. « Alternances »), et Louise-Marie Bordas, qui passe ses vacances également à Saint-Sulpice-les-Champs et signe ses œuvres, notamment ses romans régionalistes, du nom de Pierre des Essarts (Mémorial de la Marche, 5 Octobre 1963).

— M. Carriat a envoyé une étude : « Sur l'oraison funèbre de Mazarin » par Georges d'Aubusson. Son étude sera publiée.

HISTOIRE DE L'ART. — M. Carriat communique : Dans « Le Monde » du 27 Septembre, M. H. Deligny a donné, sur l'exposition de tapisseries d'Aubusson et de Felletin, organisée à Arras dans le Musée de l'abbaye de Saint-Vaast, un fort intéressant compte-rendu. Rappelant que l'ordonnance douanière de 1581, signée par Henri II, estimait les tapisseries de la Marche à un tiers de valeur des tapisseries des Flandres, M. Deligny s'interroge : « L'adresse des Creusois serait-elle en cause ? Non, mais moins favorisés par les voies de communication, à l'écart des grands centres commerciaux, ils s'adressaient à une clientèle de hobereaux campagnards fortunés, d'abbés pourvus de maigres bénéfices qui demandaient à la tapisserie une fonction utilitaire et non décorative : dissimuler la pierre froide et humide de la muraille, couper une salle trop vaste... ».

— Le 13 Juin 1963, au Palais Galliera, a été adjugée 470.000 Frs une suite, en excellent état de conservation, de huit tapisseries d'Aubusson à sujets chinois, d'après Boucher, représentant notamment : la Volière, la Tasse de Thé, la Pêche en Barque, la Bergère tenant sa houlette.

— M. Dayras signale que le 30 Mars 1963, au Palais Galliera, a été adjugée pour 50.000 Frs, la tapisserie du XVe siècle Licorne debout sur fond de fleurettes, tenant un écu et un heaume, qui avait figuré sous le n° 1 à l'exposition « Cinq siècles de Tapisseries d'Aubusson » (Paris, 1935) et a été présentée en 1963 sous le n° 2 à l'exposition du palais Saint-Vaast à Arras.

— M. Dayras signale les tapisseries d'Aubusson faisant partie de la vente aux enchères publiques qui a eu lieu le 12 Octobre 1963, à Montluçon : trois verdures, XVIIIe à décors de volatiles dans un parc ; deux tapisseries, début XVIIIe siècle : Don Quichotte attaquant les moulins et Don Quichotte attaché à la fenêtre ; deux panneaux XVIIIe siècle à décors chinois polychromes.

— M. Hemmer présente une étude : Le trésor de l'église de Chambon qui sera publiée.