ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DU 16 JANVIER 1964

Le 16 Janvier 1964, à 14 h. 30, la Société s'est réunie en assemblée générale régulièrement convoquée. L'ordre du jour comportait l'examen de l'exercice 1963 et le compte-rendu financier annuel, ainsi que la désignation d'un président d'honneur, à la suite du décès de M. Jean Verrier.

Le Président indique que le nombre des membres titulaires n'a cessé de progresser ; alors qu'il avait fléchi, en 1954, à 221 pour passer à 330 en 1959, il est, au 31 Décembre 1963 de 434, sans compter les 123 membres à vie. Cette progression, ainsi que l'augmentation de la cotisation annuelle portée à 10 Frs, permettra de donner plus d'ampleur et des illustrations plus nombreuses au fascicule annuel des Mémoires, dont l'impression est en cours.

M. Chatreix, trésorier, présente le compte-rendu financier de l'année 1963, non compris le compte du Musée ; les frais d'impression sont en hausse constante et il est à remarquer que les cotisations encaissées ne permettraient pas de couvrir les frais d'impression du fascicule annuel, ce poste du budget n'étant apuré que grâce aux subventions.

Grâce à celles-ci, le compte de l'exercice 1963, compte-tenu du reliquat de 1962 (2.887,76 Frs) et de l'encaissement des souscriptions au Dictionnaire bio-bibliographique au 31 Décembre 1963 (808,00 Frs) présente un solde créditeur de Frs = 5.875,92 outre les sommes en réserve sur le livret de la Caisse d'Epargne.

MM. Malterre et Colas sont désignés pour la vérification des comptes. Sur leur proposition, le compte 1963 est approuvé à l'unanimité et des remerciements sont adressés au trésorier.

A la demande du Président, le trésorier a établi un budget provisoire pour 1964, tenant compte tant des recettes que des dépenses extraordinaires (souscriptions et impression du Dictionnaire 1er fascicule). Ce budget est en équilibre et est approuvé.

COMPTE SPECIAL DU MUSEE. — M. Hemmer qui assure cette partie de la trésorerie, présente le compte de l'année 1963, qui y compris les reliquats précédents, présente un solde créditeur de Frs = 9.382,54. MM. Malterre et Colas sont désignés pour la vérification des comptes qui, sur leur proposition sont approuvés à l'unanimité. Des remerciements sont exprimés à M. Hemmer pour sa gestion.

ELECTION D'UN PRESIDENT D'HONNEUR. — Cette élection est remise à l'assemblée générale de 1965.

L'ordre du jour étant épuisé, la séance est levée à 16 heures.

Le Président, Maurice Dayras. — Le Secrétaire, P. Louradour. — Le Trésorier, R. Chatreix.

 

 

SÉANCE DU 16 JANVIER 1964

Présidence de M. Dayras, président

Présents : Mmes Chaix, Châteauvieux, Combarnous, Juillet, Labetoulle, Lardy, Louradour, Nicolas ; Mlles Bellegy, Périne, Reignoux ; MM. Châtreix, Colas, Dayras, Filloux, Hemmer, Louradour, Malterre, l'abbé Mayaud, l'abbé Mirguet, Rossi.

Excusés : Mmes P.-L. Grenier, Lhuillier, Messin ; Mlles Catinat, Dubreuil, Saint-Hilaire ; MM. le chanoine Courteau, le chanoine de Montaigut, archiprêtre de Guéret, le colonel Messin.

Le procès-verbal de la séance précédente est adopté sans observation.

ADMISSIONS. — Mme Dudré, 4, place Rochefort, Guéret ; M. Pierre Gérard, 8, rue Lyautey, Paris ; M. Grandvergne, artiste peintre, 18, rue du Goulet, Aubervilliers (Seine) ; M. R. Lachaume, comptable, Lépaud (Creuse) ; M. Jean Picaud, instituteur, Parsac (Creuse) ; M. Sévérac, artiste peintre, rue Jarrit-Delille, Guéret ; Mme Verdier, professeur, lycée de La Souterraine ; M. Louis Verrier, entreprise él., 22, rue des Rondeaux, Paris (20e).

BIBLIOTHEQUE. — Nous avons reçu :
— Le Bulletin numéro 4 de la Société d'Ethnographie Limousin-Marche.
— Le compte-rendu du congrès régional des Sociétés Savantes (Vichy 1960).

La Revue Municipale de La Souterraine 1963.

Le Président signale : une erreur et une lacune dans L'art gaulois (Ed. Zodiaque 1956) : planche 62, la photographie du torse du Mercure qui se trouve au Musée de Guéret, n'est pas celle du Mercure du Puy de Jouer, mais d'Ahys, commune de Saint-Sulpice-les-Champs, et p. 95, planche 34, pour celle du Léo-Lupus de Brède qui est au Musée des Antiquités Nationales de Saint-Germain-en-Laye (dépôt du Musée de Cluny), la provenance n'est pas précisée.

— Dans « La Montagne » (21-1-64), « Les jurisconsultes de La Souterraine », par R. Chatreix ;

— « Le mythe de la Dame à la licorne », par Bertrand d'Astorg (éd. du Seuil, P. 1963) ;

— « Oiseaux exotiques » (P. éd. du Chêne, Francfort-sur-le-Main 1962), de Jacques Barraband, avec 14 planches couleurs, reproductions des peintures de cet artiste aubussonnais du XVIIIe siècle.

La Société accepte l'échange de ses Mémoires avec ceux de la Société d'Histoire de Corse.

MUSEE. — Une demande a été adressée à M. Varagnac, conservateur du musée de Saint-Germain-en-Laye, pour obtenir le dépôt au Musée de Guéret du moulage du Léo-Lupus de Brède.

COMMUNICATIONS DU PRESIDENT :

— Mme Jean Verrier remercie la Société qui lui a adressé ses condoléances lors du décès de M. Jean Verrier, inspecteur général des monuments historiques, président d'honneur de notre Société.

— Le Président de la Société d'Ethnographie Limousin-Marche fait connaître l'enquête entreprise par lui, concernant les puits à balancier dans les départements du Centre, en vue de dresser une carte de leur répartition.

— M. Langlade, préfet de la Creuse, a fait savoir que tel qu'il est décrit par M. le docteur Eybert, le blason de Pontarion ornera, dans la salle du Conseil Général, le siège du représentant de cette circonscription.

— Lors du 89e congrès national des Sociétés Savantes qui se tiendra à Lyon, du 2 au 8 Avril 64, un colloque réunira les présidents et animateurs des Sociétés Savantes de France.

— La Direction des Monuments Historiques n'a pas autorisé la Fondation pour l'Art, la Recherche et la Culture, à exposer les photographies du château de Boussac, comme il avait été prévu, estimant que ce monument n'est pas en péril.

— M. Dayras rend compte du succès des démarches entreprises en vue d'arrêter les fouilles importantes irrégulièrement effectuées au Puy-de-Gaudy et de contraindre leurs auteurs à remettre en place tous objets trouvés en ce lieu.

— Il signale l'article qu'il a fait paraître dans toute la presse régionale, afin de faire mieux faire connaître l'action de notre Société.

HISTOIRE NATURELLE :

Zoologie. — M. E. Genevoix a envoyé deux notes : l'une, « La martre de France, mammifère carnivore de la famille des mustélidés », où il constate qu'à l'inverse de ce qui était observé il y a cinquante ans : rareté des martres et abondance relative des fouines et belettes, aujourd'hui les premières se rencontrent assez communément tandis que les autres se raréfient.

— L'autre note se rapporte à la trouvaille, dans la souche d'un arbre mort et vermoulu, d'une larve importante qui, observée pendant une quinzaine de jours, était celle d'un coléoptère, vraisemblablement d'un lucane femelle.

Ces notes seront publiées.

ARCHEOLOGIE :

Epoque préhistorique. — M. Rivet signale que M. Chassagne, de Toureix, commune de Beissat, a trouvé une hache en silex poli du poids de 235 grammes. Cette hache sera présentée à la séance de Mars.

— M. André Jorrand signale l'existence, au village de Plagne, commune de Saint-Médard, partie Sud, à l'entrée de la cour de la propriété de M. Magnier, d'un menhir qui a été vers 1910, transporté du bois de Pierre-Haute, près de ce village, où il avait été dressé. Ce menhir, dont le pied paraît reposer actuellement sur le sol, est haut de 2 m. 50 et de forme pointue, offrant une assez grande ressemblance avec celui de Pierre-Pointe, commune de Gioux, que nous avons vu à l'excursion de 1961 (Cf. Mém. XXXIV-295) ; sa largeur maxima sur la face est de 0 m. 70 et sur le profil de 0 m. 80 ; il offre au milieu une coupe sensiblement quadrangulaire ; il est constitué par du granit du pays ; le nom de lieu du bois où il était érigé prouve l'ancienneté du monument, et, comme pour celui de Pierre-Pointe, il paraît indiscutable qu'il s'agit bien d'un menhir ; non signalé jusqu'ici, il s'ajoute à la liste dressée par le président Laborde (Mém. XXXIII-461).

Epoque gallo-romaine. — M. Eugène Lardy, de Bareix, commune de Saint-Pardoux-le-Neuf, a signalé l'existence des ruines d'une villa gallo-romaine, lieudit Les Côtes, N° 293, Section D de cette commune. (au voisinage, sont les Nos 296, 276 et 277 dénommés Les Horts, nom caractéristique venu de hortus : jardin). Le N° 293 est au Sud et en face du village actuel de Brifoulière, sur la pente Nord rive gauche du ruisseau qui va se jeter dans la Rozeille, actuellement en nature de bois, il appartient à M. Lecante. En outre de terrasses successives, deux très importants amas de pierres décèlent l'existence de constructions ; à leur base et en plusieurs endroits se voient des murs de petit appareil bien conservés ; d'autres murs de même nature se retrouvent dans le voisinage et jusque de l'autre côté du ruisseau, sur sa rive droite ; des fragments de tuiles à rebords ont été trouvés également au voisinage des ruines. Cet établissement se trouvait à peu de distance de la voie romaine secondaire bien connue, qui passait à l'agglomération voisine de Peyrat, même commune.

— M. le chanoine Touraille communique un moyen bronze à très belle patine trouvé par M. André Guillen au bourg de Fontanières, lieudit Le Bourg, Section AW, N° 228 ; il s'agit d'une monnaie à la double effigie d'Auguste et Agrippa, têtes adossées, R/ : COL. NEM. Crocodile à droite, attaché à un palmier. Cette monnaie, contemporaine de l'avènement de l'ère chrétienne et peu postérieure à la conquête de la Gaule, est d'un type assez fréquent dans notre région. C. Pérathon signale que plusieurs avaient été trouvées dans la contrée (Hist. d'Aubusson, p. 10). Une semblable avait été trouvée à Evaux en 1859 « la plus ancienne des monnaies impériales trouvées à Evaux » (Mém. III-197).

HISTOIRE. — Mme Louradour note qu'au point de vue de la perception des cens et rentes, la commanderie de Maisonnisses était divisée en quatre membres : celui de Savennes dont relevaient trois villages de la paroisse de Saint-Christophe (Les Forges, Le Masgiraud, Les Villates), celui de Peyrabout, celui de Montbut qui englobait des hameaux de Saint-Sulpice-le-Guérétois et de Saint-Léger, et, enfin, le moins important celui de Cosnat.

Elle étudie spécialement le membre de Montbut qui comprenait les moulins fariniers de La Borderie et de Volle, un moulin à chanvre, un étang et une chapelle.

Par son membre de Montbut, le commandeur percevait des rentes mortaillables, ainsi que les viandes, les arbans, les dîmes.

La chapelle de Montbut était lambrissée et possédait deux cloches. Elle était desservie tantôt par un prêtre de La Chapelle-Taillefert, tantôt par cleu de Savennes, ou par les Récollets de Guéret. Elle fut vendue, nationalement, en l'An IV, et transformée en maison d'habitation.

— M. Dayras communique la reproduction d'une planche de l'ouvrage Histoire de Louis-le-Grand, par le R. P. Claude François Menestrier (Paris J.B. Nollin 1687), publiée dans l'Illustration, n° du 17 Septembre 1938. Dans un cartouche le titre indique « Veüe de la place des Victoires, où M. le Mareschal-Duc de la Feüillade a dressé un monument public à la gloire de Louis-le-Grand... le 28 Mars 1686 ». Il s'agit de la cérémonie d'inauguration de la place créée par le Maréchal-duc ; la gravure reproduit les inscriptions latines et françaises de la dédicace du monument, ainsi que les quatre bas-reliefs : Le passage du Rhin, Le Roy donne la Paix à l'Europe, Préséance de la France, Conquête de la Franche-Comté. Hormis la statue en pied détruite à la Révolution et remplacée par celle de Bosio (Mém. XXXIV-190-193), et la disparition des trophées et des colonnes, l'aspect de la place des Victoires n'a que peu changé ; sa restauration est envisagée par un comité parisien. Les quatre statues des nations vaincues (Espagne, Hollande, Turquie, Allemagne) ornent actuellement le parc de Sceaux. Elles sont l'œuvre du sculpteur Van den Bogaert (Desjardins).

— M. l'abbé Mayaud lit deux extraits des registres paroissiaux de Felletin-Beaumont se rapportant à deux faits qui furent regardés comme des miracles par leurs témoins oculaires : l'un (5 Novembre 1632) relate la chute d'un enfant depuis « la porte par laquelle on entre aux orgues dans la Chapelle Notre-Dame du Château jusqu'au bas de la chapelle », chute qui n'entraîna pas la mort de l'enfant ; l'autre (7 Juillet 1636) note l'apparition d'un cercle autour du soleil, le ciel restant calme, de la couleur de l'arc céleste.

HISTOIRE DU DROIT. — M. Dayras analyse un écrit incomplet de la fin du XVIIe siècle (non daté) dans lequel il est exposé que Révérendes Dames Sœur Gabrielle de Mallesset de Chastellux, prieure du couvent de Blessac (connue notamment en 1681), Ordre de Fontevrault, de fondation royale, sœur Marie du Ligondès, dépositaire, et sœur Antoinette de la Roche-Aymon bourcière, « officières » du couvent et au nom de celui-ci, après avoir entendu lecture du contrat de vente consenti par François Boulhot, ses frères et cousins, au profit de Michel Robichon, prêtre-curé d'Ars, tant pour lui que pour ses successeurs, de la maison et jardin à usage de maison curiale, approuvent et ratifient ledit contrat et reconnaissent avoir reçu dudit Robichon leurs droits de tiers deniers sur le prix, sans pouvoir prétendre à autre chose que leurs cens et devoir sur lesdits bâtiments et jardin. Cet acte avait été reçu au parloir du couvent, en présence de Jean Pairault, marchand de la ville de Bellegarde, qui avait signé, et de Joseph Jaudonnet, qui avait déclaré ne savoir.

Mais la suite de l'écrit nous apprend que cette approbation des religieuses devait, par la suite être contestée par elles, du fait que la maison vendue étant de condition mortaillable, elles auraient dû obtenir un dédommagement pour cette cession à un curé et ses successeurs, et que, d'autre part, la ratification aurait dû être faite par acte capitulaire par l'abbesse de Fontevrault et était donc nulle en la forme ; qu'ainsi elles devaient, à la mort du Sr Robichon, reprendre la maison et le mobilier par droit de succession. Le curé, non dénommé, qui avait succédé à Robichon après résignation de celui-ci, protesta en soutenant que des arrêts avaient ordonné que dans les bourgs où il n'y a pas de maison de condition franche, les seigneurs sont obligés d'en affranchir une pour servir de maison curiale ; que, en la forme, les trois « officières » du couvent pouvaient légitimement engager le temporel de celui-ci ; qu'enfin les curés n'étaient pas véritablement propriétaires des meubles ni de la maison, tandis que la Coutume de la Marche exige, pour le bien mortaillable, que le seigneur succède au tenancier en soit propriétaire.

Aussi le curé demande « avis au Conseil » (on ignore de quel Conseil il s'agit) afin de pouvoir entreprendre des réparations quand il aura été rassuré « par quelque avocat fameux », et s'il a quelque chose à craindre, il serait d'avis de faire abattre la maison et d'en faire construire une nouvelle sur un fonds qui appartient à la Cure d'Ars.

Ce texte fait allusion aux articles 148 et 152 de la Coutume de la Marche et pose une question de droit délicate. Il est cité à titre d'exemple de l'âpreté avec laquelle les établissements monastiques, seigneurs directs et fonciers, défendaient leurs droits prétendus, même à l'encontre du clergé séculier local.

HISTOIRE DE L'ART. — M. Dayras signale la vente, à l'hôtel des ventes de Montluçon, le 21 Décembre 1963, d'une tapisserie d'Aubusson, époque Louis XIII, verdure à un personnage (3 × 2).

 

 

SÉANCE DU 19 MARS 1964

Présidence de M. Dayras, président

Présents : Mmes Chaix, Châteauvieux, Juillet, Labetoulle, Lardy, Louradour, Messin, Péchalat ; Mlles Bellegy, Dubreuil, Périne ; MM. Châtreix, Colas, Daloubeix, Dayras, Filloux, Hemmer, Louradour, Malterre, le colonel Messin, l'abbé Mirguet, le chanoine de Montaigut, archiprêtre de Guéret, Novion, Pénicaud, Picouret.

Excusés : Mmes Auget, Lhuillier, Combarnous ; Mlle Reignoux ; MM. le chanoine Courteau, l'abbé Mayaud.

Le procès-verbal de la séance précédente est adopté sans observation.

DECES. — L'hommage de la Société est adressé à la mémoire de Mlle Marie Rothonnet, membre à vie, 3, av. de la Rodde à Guéret, qui a légué à la Société les manuscrits des œuvres de son père, parmi lesquels est une monographie d'un hameau creusois : Busseau.

Des condoléances sont adressées à sa famille.

ADMISSIONS. — M. Jean Barry, instituteur, à Saint-Amand-Jartoudeix ; Mlle Bouchaudy-Ebaudy, 26, avenue Pierre-Dufour à Guéret ; M. Georges Carteron, professeur au lycée de Guéret ; M. Gaston Ducouret, mécanicien, à Bridiers-la-Souterraine ; M. Jean-Louis Dunet, photographe, Le Puy-Roland, par Saint-Agnant-de-Versillat ; M. Robert Faye, professeur, 34, rue Saint-Jean, Aubusson ; M. Pierre Gavinet, pharmacien, à La Souterraine ; Mme Jussan, rue du Prat, à Guéret ; Société Lou Velhadours de Sen-Juni, à Saint-Junien (Haute-Vienne) ; M. Henri Pénicaud, ingénieur E.M., à Saint-Sulpice-Laurière (Haute-Vienne) ; M. Jean Sauvage, pharmacien, à La Souterraine ; M. le chanoine Touraille, à Fontanières ; Mme Tregoat, 11, place Bonnyaud, à Guéret.

CLASSEMENTS. — M. Hemmer fait part de l'inscription à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques des ruines du château d'Aubusson, des façades et toitures de l'abbaye de Bonlieu, de l'église de Croze, ainsi que les ruines du château du Monteil-au-Vicomte, de la croix du cimetière de Saint-Martial-le-Vieux, et des croix de Villemoneix à Gentioux.

BIBLIOTHEQUE. — Nous avons reçu le numéro d'Octobre-Décembre de la Revue archéologique du Centre, et acquis divers fascicules anciens des Mémoires.

MUSEE. — L'exposition des peintures de Fernand Maillaud aura lieu en Août.

COMMUNICATIONS DU PRESIDENT. — L'excursion de 1964 est fixée au dimanche 28 Juin.

Elle comportera la visite des vestiges de la station romaine de Praetorium (Le Mont de Jouer à Saint-Goussaud) ; celle de Bourganeuf, où sera pris le déjeuner, et pour le surplus d'autres sites archéologiques ou monuments dont la liste n'est pas définitivement arrêtée.

— Une lettre pressante a été adressée à M. le Préfet de la Creuse, afin de le prier d'attirer l'attention des responsables, maires et curés, sur les disparitions ou destructions d'objets contenus dans les églises, les plus précieux de ces objets devant être mis à l'abri des vols possibles.

— M. Balland, architecte à Guéret, a envoyé une carte oblitérée du timbre « Blason de Guéret », premier jour.

Des remerciements lui sont adressés.

— Des félicitations sont exprimées à M. Marius Vazeilles, nommé président d'honneur de la Société des Lettres, Sciences et Arts de la Corrèze.

— Le Dictionnaire bio-bibliographique de la Creuse, travail considérable de notre collègue Amédée Carriat, paraîtra en fascicules, dont le premier sera adressé aux souscripteurs cette année.

— Un congrès interfédéral des Sociétés Savantes se tiendra à Tulle, les 8, 9 et 10 Mai.

Le Président et M. Hemmer y représenteront la Société.

ARCHEOLOGIE :

Epoque préhistorique. — M. Hemmer présente de la part de M. Cutoit, une hache polie en granit, deux bifaces paléolithiques, deux pointes de flèches en silex, trouvés à Crozant.

— M. Daloubeix présente une hache (12 cm. × 6 cm.) en silex poli, signalée par M. Rivet, trouvée par M. Chassagne, de Toureix, commune de Beissat, au voisinage immédiat de la limite du camp de La Courtine, ainsi qu'une deuxième hache, celle-ci en basalte, un peu plus longue que la précédente (14 cm. au lieu de 12), légèrement plus étroite (5 cm. 5 au lieu de 6 cm), plus épaisse (4 cm. au lieu de 3) et nettement plus lourde (480 grammes au lieu de 235).

Cette deuxième hache a été trouvée par Mlle Lainé, des Vergnes, commune de Saint-Maurice-près-Crocq, sur la parcelle numéro 238, section B du plan cadastral.

— M. Dayras présente le croquis envoyé par M. Faufingue, de Rochas, commune de Royère, d'une cuve en granit de forme presque elliptique, avec une partie plane (longueur extérieur : 1 m. 55 ; longueur intérieur : 1 m. 20 ; largeur extérieure : 0 m. 70 ; largeur intérieure : 0 m. 45 ; hauteur totale : 0 m. 50 ; hauteur intérieure : 0 m. 25), dont l'évidement intérieur est en forme d'arc aplati.

Cette cuve a été trouvée il y a environ un siècle, dans une parcelle inculte dite Les Combeaux.

Il ne s'agit certainement pas d'un sarcophage, mais d'un objet vraisemblablement beaucoup plus ancien, de destination inconnue, l'hypothèse d'un réservoir étant également exclue, en raison des formes de cet objet.

Epoque gallo-romaine. — M. Pénicaud signale que le groupe d'archéologie antique du Touring-Club de France de Limoges a obtenu une autorisation régulière de dégager les éléments de construction découverts par l'abbé Dercier au Mont-du-Jour, près de Saint-Goussaud, ancienne station sur la voie romaine de Clermont à Limoges et Saintes, nommée Praetorium, spécialement les restes d'un théâtre en plein air, signalé dans les études de l'abbé Darcier, parues à nos Mémoires.

Ces travaux seront conduits en accord avec notre Société et celle du Limousin.

— M. Pénicaud rappelle qu'à peu de distance du site, des prés portent au cadastre le nom de Prataury, nom sur lequel des hypothèses étymologiques diverses sont émises.

— M. Calinaud rectifie une erreur de nom de lieu concernant une fusaïole trouvée dans une sépulture gallo-romaine, non pas au Chezeau, mais au Cheiroux, lieu-dit situé au Sud de Mazuras, près Bourganeuf (T. XXV, p. 371).

Epoque médiévale. — Mme Louradour donne lecture de ses études sur les églises de Savennes et de Peyrabout, ainsi que sur la chapelle de Pétillat, d'après des documents des XVIIe et XVIIIe siècles, donnant des précisions sur ce que furent ces édifices et leur mobilier et permettant une comparaison avec ce qu'ils sont actuellement.

— M. Calinaud signale deux sarcophages monolithes en granit, l'un dans un chemin du village de Bouzogles, près Bourganeuf (longueur intérieure : 1 m. 77, largeur intérieur 0 m. 48 à la tête, 0 m. 26 aux pieds), portant pour la tête deux dés latéraux qui permettent de le dater du Xe siècle ; l'autre très petit (longueur intérieure 1 m. 56, largeur maxima 0 m. 40) dont l'emplacement céphalique arrondi le date du XIIe siècle, est placé à proximité immédiate de Saint-Martin-Château, sur le bord de la route conduisant à Chassagnoux.

HISTOIRE. — M. Chatreix résume la première partie de sa remarquable étude sur la vicomté de Bridiers ; cette étude sera publiée ; elle débute par un exposé de la situation féodale de notre province et la délimitation de ce que fut la vicomté de Bridiers et la variation de ses limites.

— M. Calinaud donne des précisions sur le cimetière des Espagnols, cité à nos Mémoires (T. XX, p. 34) ; il ne s'agit pas de prisonniers de guerre faits en Flandre au XVIIe siècle ; ce cimetière situé vers l'entrée du domaine de La Chaume, près Bourganeuf, est celui de prisonniers de guerre de l'Empire qui, selon la tradition, auraient été atteints de la peste, dont mourut également en 1809 l'abbé Aubusson, curé de Soubrebost.

HISTOIRE LITTERAIRE. — M. Amédée Carriat a envoyé les deux notes suivantes :

— Dans l'important Guide Littéraire de la France qui vient de paraître dans la collection des « Guides Bleus » (Hachette, 1964, pet. in-8, 837 p.) c'est M. Raymond Christoflour qui a rédigé les notices concernant la Creuse. Accordées aux itinéraires routiers décrits dans le Guide Bleu France, on trouvera p. 425-6 (d'Aubusson à Bourganeuf), p. 428 (de Chambon à Auzances), p. 473-4 (Boussac, Guéret, La Souterraine), p. 474-5 (Janaillat, Bourganeuf), et p. 485 (Crozant, Fresselines) une quarantaine de brèves notices consacrées aux écrivains originaires de la Creuse ou qui y ont séjourné. S'il n'y a guère d'omissions importantes, en revanche plusieurs coquilles et inadvertances gâtent un peu ce beau panorama : Jean d'Aubusson y est donné pour vicomte et réfugié en Sicile ; Georges d'Aubusson, mort en 1697, y devient Gérard d'Aubusson, mort en 1689 ; Cartaud de La Villatte y naît en 1700 au lieu de 1710, Emile de Girardin en 1804 au lieu de 1806 ; le père de Quinault y est prénommé Philippe au lieu de Thomas et affirmé felletinois sans aucune preuve ; Le Bourg d'Hem y est cinq fois orthographié Le Bourg d'Herm ; La Mariane est oubliée parmi les pièces de Tristan ; et Roland Bétolaud y est confondu avec le poète poitevin Pierre Fauveau (lat. P. Fulvius) de qui il s'était fait l'éditeur. Il serait souhaitable de voir ces erreurs rectifiées dans une prochaine édition ; comme aussi de voir rattacher à Saint-Goussaud le nom de Simon Millanges, le premier éditeur de Montaigne, cité seulement à propos de Bordeaux.

— En marge de l'histoire de la tapisserie, il convient de signaler Le Mythe de la Dame à la Licorne, par M. Bertrand d'Astorg (Ed. du Seuil, 1963, in-16, 198 p.), essai parfois romancé qui contient (p. 94-143) des pages et des illustrations intéressantes sur les six tapisseries du Musée de Cluny et sur la série de la Chasse à la Licorne, que les Rockefeller ont achetée aux La Rochefoucauld en 1920, puis léguée en 1937 au Musée d'Art moderne de New-York, qui les expose au Musée des Cloisters. L'auteur rappelle les recherches auxquelles a donné lieu la suite provenant du château de Boussac et, interprétant à son tour le symbole de la Licorne, figure de l'ambigüité de la femme, remonte jusqu'au domaine de la lyrique d'oc et à la complexe notion d'amour courtois qu'elle a imposée.

— M. Georges Bouquet a envoyé un texte de Marie Noël, évoquant un voyage en Creuse, à la recherche de ses inspirations ancestrales. Marie Noël est en effet la descendante des Lafaille, tailleurs de pierre du village de Montmartin, commune de Lourdoueix-Saint-Pierre, où elle vint en 1946 pour « retrouver le pays natal de sa poésie, le nid perdu de sa chanson, la contrée sauvage d'où elle lui est venue ». (Notes intimes, 1959). Ce beau texte sera publié.

HISTOIRE DE L'ART. — Le peintre cartonnier Lurçat expose à Paris, au Palais du Louvre, une partie importante de la série des tapisseries intitulées par lui « Le chant du monde », sur le thème de la bombe atomique et de la paix retrouvée ; neuf grandes pièces sont présentées au Pavillon de Marsan jusqu'au 31 Mars.

M. Dayras précise que cette exposition a un grand succès par son caractère dramatique et poétique souligné par la voix de Jean Lurçat, qui présente chacune des pièces au moyen d'une bande magnétique avec un accompagnement musical approprié.

Cette première partie comporte plus de 300 mètres carrés de tapisseries qui ont été en entier exécutées à Aubusson.

Jean Lurçat vient, on le sait, d'être élu membre de l'Institut.

— A Guéret, dans la salle de l'hôtel de ville, ont été présentées deux belles expositions de peinture des peintres Beaudenom et Clergeau.

FOLKLORE. — Mme Louradour présente une note bibliographique qui signale dans la revue « Arts et Traditions populaires 1962 » consacrée à l'exposition du M.N.A.T.P. ayant pour thème : Bergers de France, des photographies de bergères creusoises et dans le bulletin de la Société d'Ethnographie Limousin-Marche (numéro 5) les notes de Mlle Peyrat : « Carnaval à Guéret », et de M. L. Suisse, une vieille légende du Donzeil : « Le chat qui allait au sabbat ».

TOPONYMIE. — M. Pénicaud donne des précisions sur la signification du mot « combe », fréquent nom de lieu en Creuse, Corrèze et Haute-Vienne. Il lui paraît que ce mot est appliqué à la naissance d'un thalweg, à un commencement d'une petite vallée, d'un ravin, où il n'y a pas forcément d'eau, mais où une habitation a pu être construite à l'abri des vents et de façon à avoir à creuser un puits moins profond, sans exclure que le lieu habité ait été parfois déplacé par la suite, en gardant son nom.

Il donne également la signification du mot « ribière », fréquent en Creuse et Haute-Vienne, qui désigne en langue limousine la prairie marécageuse située au bord d'un cours d'eau, la ferme bâtie tout auprès et qui a pris ce nom, pouvant avoir été déplacée dans les siècles suivants.

 

 

SÉANCE DU 21 MAI 1964

Présidence de M. Dayras, président

Présents : Mmes Châteauvieux, Combarnous, Dumont, Juillet, Lardy, Lhuillier, Louradour, Péchalat, Mlles Bellegy, Catinat, Périne, Reignoux, MM. Châtreix, Colas, le chanoine Courteau, Dayras, Filloux, Hemmer, Louradour, Meysonnet, l'abbé Mirguet, le chanoine de Montaigut, archiprêtre de Guéret, Pénicaud, Picouret.

Excusés : Mmes Chaix, P.-L. Grenier, Labetoulle, Nicolas ; MM. Carriat, Malterre, l'abbé Mayaud, le colonel Messin, le chanoine Touraille.

DECES. — Nous avons à déplorer la mort de M. Emile Genevoix, de Dun-le-Palestel. Membre de notre Société depuis 1920, chercheur infatigable, il a communiqué de nombreuses études d'histoire naturelle du plus grand intérêt.

La Société rend hommage au disparu et présente à sa famille ses condoléances émues. Elle a été représentée à ses obsèques.

ADMISSIONS. — M. Michel Aubrun, instituteur, à Gioux ; Mme Babonneix, 2, rue Saint-Jean, à Aubusson ; M. Jean-Louis Broilliard, professeur d'histoire au lycée d'Aubusson ; M. Firmin Cassat, auberge de Breith, Bridiers, La Souterraine ; Mlle Suzanne Deguillaume, rue de Lavaud, La Souterraine ; M. Dumas, président du tribunal d'instance de Bourganeuf ; M. Claude Genevoix, pharmacien à Dun-le-Palestel ; M. Jean Kenette, rue Ch.-Le-Moulec, Dreux (Eure-et-Loire) ; M. Jean Lachambre, antiquaire à Chantaud, par Lavaveix-les-Mines ; M. Gilles Le Hello, 24, rue de Belfort, Clichy (Seine) ; M. Camille Mourgues, professeur Ecole de Métiers, à Felletin ; M. Raymond Novion, professeur Ecole Nationale d'Art Décoratif, à Aubusson ; vicomtesse de Verdalle, château de La Courcelle, par Saint-Priest (Cher).

MUSEE. — L'exposition des œuvres de Fernand Maillaud aura lieu au Musée de Guéret du 10 Août au 30 Septembre.

— M. Vernadeau, président de la Société des Amis du Musée, a publié dans le journal « Le Creusois de Paris » (Mai 1964) un article : « Le Musée de Guéret », dans lequel il rappelle que celui-ci offre une diversité qui s'étend à travers toute notre histoire et précise que la salle occupée par l'exposition des œuvres de Fernand Maillaud, « ce grand peintre qui a si pleinement compris et interprété l'âme creusoise », sera ensuite affectée aux peintres creusois.

BIBLIOTHEQUE. — Nous avons reçu :
— « La Revue Archéologique du Centre » (Janvier-Mars 1964) ;
— le Bulletin n° 5 de la Société d'Ethnographie Limousin-Marche ;
— « La Souterraine se penche sur son passé », de J.-P. Dumont, bonne plaquette de survol historique ;
— le Bulletin de la Société Académique des Antiquaires de la Morinie (Mars et Décembre 1963) ;
— de M. Mourichon, le « Bulletin de la Société de Géographie » (Mars 1964), contenant une étude sur les communaux dans la Creuse, dont il sera parlé ci-dessous.

COMMUNICATIONS DU PRESIDENT. — L'excursion annuelle de la Société aura lieu le 28 Juin 1964 et aura pour itinéraire : Montaigut-le-Blanc (château) ; Saint-Goussaud (église, reliquaire et lanterne des morts), Le Mont-de-Jouer (Praetorium), le camp du Châtelard (Haute-Vienne), Bourganeuf (château et églises) ; Soubrebost (la pierre aux neuf gradins et Nadapeyras).

— Au congrès interfédéral des Sociétés Savantes du Centre, qui s'est tenu à Tulle les 8, 9 et 10 Mai 1964, notre Société a été représentée par son Président, qui a présenté une communication : « Haute-Marche et Bas-Limousin : relations difficiles... » Cette communication sera publiée aux Actes de ce congrès.

— Le congrès de La Société Française d'Archéologie se tiendra en Anjou du 25 au 31 Mai.

— En réponse à la lettre du Centre de recherche sur les migrations des mammifères et des oiseaux, M. Dayras a signalé la présence d'un myocastor en Creuse, déjà signalé à notre séance du 21 Novembre 1963. La collaboration de tous nos membres est demandée à ce sujet.

— Dans une lettre adressée à M. Chastel, professeur à la Sorbonne, qui recommande la constitution d'un inventaire des richesses artistiques et immobilières de France, M. Dayras a fourni un rapide historique de notre Société, un aperçu des différentes disciplines d'étude abordées dans nos Mémoires et des inventaires faits, publiés ou en cours (architecture civile et religieuse, dictionnaire bio-bibliographique...). La réponse de M. le professeur Chastel précise que l'inventaire final se fera dans un cadre régional et avec l'aide des sociétés.

— La Société Française d'Architecture de Jardins, en vue de célébrer la mémoire du jardinier de Louis XIV, a créé un « Comité Le Nôtre », qui tend à préciser l'importance et l'étendue de son œuvre magistrale trop peu connue. Elle recherche donc son intervention en Creuse. Il lui est signalé que dans « Le château de Saint-Germain-Beaupré » (Limoges, Ducourtieux, 1862, p. 167), l'abbé Ratier écrit : « Les plates-bandes et les dessins symétriques du jardin ont été tracés par Le Nôtre ».

— M. Dayras donne la liste des pièces à fournir pour la constitution du dossier en vue de la reconnaissance d'utilité publique de notre Société.

— Il signale la souscription, par la Direction des Bibliothèques de France, de quarante exemplaires du dictionnaire bio-bibliographique des auteurs creusois, par A. Carriat, ce qui montre l'intérêt de ce travail dont le premier fascicule paraîtra fin 1964.

— Il signale d'autre part le couronnement de la statue de Notre-Dame du Puy, à Bourganeuf, le 3 Mai 1964, en présence de nombreux prélats.

ARCHEOLOGIE :

Epoque préhistorique : M. Chatreix présente, de la part de M. Fitte, deux silex taillés provenant, l'un, de Bridiers, l'autre de St-Maurice-la-Souterraine (V. Mém. T. XXXIV, p. LVIII).

— M. le chanoine Touraille a envoyé un fragment de hache polie en granit, trouvé par M. Dumalanède, à Reterre ; cette pièce est donnée au musée.

Epoque gallo-romaine. — M. Dayras fait part des travaux de dégagement du « théâtre » du Mont-de-Jouer, entrepris par le groupe d'archéologie antique du T.C.F. de Limoges, autorisés par Paris, et qui ont commencé le 1er Mai après la visite du Président. Celui-ci a établi une liste des ouvrages à consulter et des prescriptions à observer. Il a obtenu l'engagement que soient déposés au Musée de Guéret les objets découverts et la surveillance des travaux par M. Couraud, de la Société Historique et Archéologique du Limousin.

— M. Calinaud a communiqué une note sur les vestiges gallo-romains situés sur la pente nord-ouest de la butte de Mazuras et sud-ouest du hameau du Grand-Coudert, au Nord de la limite entre les communes de Bourganeuf et de Faux-Mazuras : nombreux fragments de tuiles, vieux chemin appelé « chemin de Bouzogles à Mourne », qui recoupe le tracé, encore visible par endroits, de la voie romaine Praetorium-Quintiniacum. Sa note sera publiée.

Epoque médiévale. — M. Chatreix communique une demande de fouilles, faite par un groupe de Paris. La Société n'a pas compétence pour donner cette autorisation, qui doit être demandée à la Direction Régionale des Antiquités.

— M. Calinaud a envoyé une note concernant une pierre de mesure de 23 cm. de hauteur et 29 cm. de largeur, dont le plan supérieur est octogonal et le plan inférieur carré, et qui se trouve en remploi, en entrant dans l'église de Saint-Pardoux-Lavaud, à gauche du portail nord. Elle pourrait être l'ancienne mesure de Peyrat utilisée jusqu'à Bourganeuf.

HISTOIRE. — M. Chatreix donne lecture de la suite de son intéressante étude « La vicomté de Bridiers », qui sera publiée à nos Mémoires.

— M. Calinaud fait savoir qu'il a eu connaissance d'un exemplaire dactylographié d'une thèse intitulée : « L'Ordre des Chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem dans le diocèse de Limoges », par Michelle Vigon. Cette étude donne quelques indications sur l'animosité séparant les hospitaliers de l'ensemble du clergé régulier et séculier régional, des renseignements sur la situation économique de l'Ordre en 1374-1375.

— M. Hemmer lit une étude sur « Les Pénitents noirs de Guéret », qui sera publiée.

— M. Mourichon a envoyé, pour la bibliothèque, le fascicule (Mars 1964) d'Acta Géographica, qui contient une étude de M. A. Caron : Les communaux dans le bocage marchois, avec bibliographie.

Après avoir recherché l'origine des communaux, leur nature (couderts, landes, peux), leur utilisation (d'abord des pâtures, ils font partie intégrante des territoires villageois, pièce maîtresse de l'exploitation agricole, ont permis l'élevage donc l'agriculture), l'auteur souligne qu'au XVIIIe siècle l'influence des progrès de l'agriculture amène l'amélioration du communal, les défrichements (les parties les plus fertiles devenant terres céréalières) et, par suite, les partages.

Les communaux occupaient, dans le Nord-Ouest de la Creuse, 10 % de la superficie du sol ; dans le Sud-Est, de 35 à 50 %, et, dans le reste du département, de 10 à 35 %. Ils ont assuré, pendant longtemps, l'existence des bêtes et des hommes. Leur superficie a diminué jusqu'en 1911, date des derniers partages, et augmente actuellement par suite de l'abandon de la propriété individuelle.

HISTOIRE DE L'ART. — M. d'Alauzier signale la vente, le 11 Juin 1614, par Léonard Coustaron (?) dit Espressac, maître tapissier d'Aubusson, dans la Marche, de trois pièces de tapisseries (deux historiées et une de feuillages) au prix de 7 livres 10 sous l'aune de Paris, livrables en un mois, à Bathazar Day, procureur du roi à Figeac.

— M. Dayras signale :

  1. — L'exposition « Vingt-cinq tapisseries de Jean Cocteau », qui a eu lieu du 9 au 31 Janvier à Paris ;
  2. — La vente, à Montluçon (salle des ventes), le 18 Avril 1964, d'une portière en Aubusson (fin XVIe siècle), sujet de chasse (valets, dame, seigneur et chiens), hauteur 2 m., largeur 1 m. 20 ;
  3. — L'existence au château du Lieuteret, commune de Darnetz, près d'Egletons (Corrèze), à M. et Mme de Tournemire, de tapisseries représentant l'Histoire de Judith (pièces disparues) et d'une tapisserie à bêtes et feuillages à volutes (XVIe siècle), licorne attaquée par un dragon ;
  4. — Les tapissiers d'Aubusson aux U.S.A. (1893-1925) : Jean Foussadier, qui a tissé en 1893 les premières tapisseries à Williamsbridge (mort aux U.S.A. vers 1926) ; Bouret, revenu mourir à Aubusson après 1945, et Octave Dennaud, qui partie aux U.S.A. en 1918, marié aux U.S.A., revenu à Aubusson, a vendu sa maison et est reparti en Amérique vers 1930 ;
  5. — Michel Brignolas, d'Aubusson, exilé après 1871, en raison de la Commune, part en Angleterre, où il travaille pour des amateurs à réparer des tapisseries, fonde et dirige une Manufacture royale à Old Windsor (1877), tisse le portrait de la reine, « Les joyeuses commères de Windsor » (médaille d'or, Paris 1878), avec du personnel venu d'Aubusson. Il publie « Histoire de l'art des tapisseries en Angleterre », in-folio, 16 pages de texte avec planches et photogravures (Londres 1879. Imp. anglo-française, 16, Noël Street, Oxford Street, London W.).

TOPONYMIE. — M. Dayras rappelle que le grand savant Antoine Thomas avait été frappé par le nom du hameau « Pimperigeas », commune de Vallière, qu'il rapprochait — pour l'en écarter — du latin Quinque Reges, mais qu'il rapportait à un prélatin celtique ou gallois : « Pempe Rijas », Les Cinq Rois. Or, au cours d'un voyage en Irlande, en Novembre 1963, M. Dayras a posé la question à des professeurs connaissant la langue gaélique, puis à des Bretons de France. En gaélique comme en Breton, Pempe Rijas signifie bien les Cinq Rois.

ETHNOGRAPHIE. — Mme Louradour communique son étude : « Vannerie creusoise d'autrefois ».

Après avoir rappelé que la vannerie était surtout confectionnée en famille, par les hommes, au cours des longues veillées d'hiver, elle recherche les matériaux employés, le mode de fabrication, les divers objets fabriqués et leur utilisation :
Vannerie d'osier (hottes, paniers, corbeilles...) ;
Vannerie de noisetier (tamis pour les grains, panières d'emballage, longs paniers à pommes de terre...) ;
Vannerie de paille (sièges de chaises, frontaux des bêtes, chapeaux creusois...) ;
Vannerie de paille et ronce (pallissous, grands récipients à grain, à farine, à fruits, ruches...).

Mme Louradour termine en constatant que cette vannerie traditionnelle tend de plus en plus à disparaître.

 

 

SÉANCE DU 17 SEPTEMBRE 1964

Présidence de M. Dayras, président

Présents : Mmes Chaix, Châteauvieux, Combarnous, Dubré, Dumont, Juillet, Labetoulle, Lhuillier, Louradour, Sergent ; Mlles Bellegy, Périne, Reignoux ; MM. Châtreix, Colas, Dayras, Filloux, Hemmer, Louradour, Malterre, l'abbé Mayaud, Meysonnet, l'abbé Mirguet, Pénicaud, Sergent.

Excusés : Mmes P.-L. Grenier, Nicolas ; MM. Carriat, le chanoine Courteau.

DECES. — Le Président commence la séance par un hommage à la mémoire de M. Camille Riffaterre, ancien professeur agrégé d'histoire au lycée Henri IV, à Paris, qui fut maire de Bourganeuf, conseiller général de la Creuse, rapporteur général du budget, conseiller technique de plusieurs ministres de l'Agriculture ; il créa le Syndicat d'Electrification de Bourganeuf-Bénévent et fut l'animateur de l'électrification du département.

La Société présente à la famille du disparu ses condoléances émues.

ADMISSIONS. — M. Jean Barbier-Cruveilhier, 70, boulevard de la Reine, Versailles et Fontvieille-par-Vareilles (Creuse) ; M. Pierre Boyer, professeur, lycée de Guéret, La Vergne, commune de Saint-Fiel ; M. Brelingard, professeur au lycée Condorcet et à l'école des H.E.C., 8, boulevard du Parc, Vanves (Seine) ; M. Roger Chassin, 20, avenue Général-de-Gaulle, Juvisy ; M. Raymond Couraud, avocat à la cour, 99, rue Armand-Dutreix, Limoges (Haute-Vienne) ; M. Fauroux-Lionnet, pharmacien, 104, rue Saint-Dominique, Paris (7e) ; M. le docteur Lucien Giraud, Boussac ; M. Roger Laberthonnière, l'Aumône par Mouhet (Indre) ; M. Benjamin Lasnier, à Villeneuve par Crozant ; Mme Fernand Lesouple, à Saint-Vaury ; M. Jacques Maugenest, ingénieur en chef-géographe retraité, Les Lignières par Viplaix (Allier) et 82, rue du Ranelagh, Paris (XVIe) ; M. Jacques Montégut, professeur de botanique à l'E.N.S. d'Horticulture de Versailles, 4, rue Hardy, Versailles ; M. Jean Nicot, archiviste-adjoint, 233 F. La Duchère, Le Poteau, Lyon (5e) ; M. René Pérol, retraité à Auzances ; Mme Régnier, professeur, lycée d'Aubusson ; M. Rivière, 3, bis, rue Morice à Clichy (Seine) ; M. Jacques Roussillat, docteur en médecine, 2, rue de la Liberté à Savigny-sur-Orge (Seine-et-Oise) ; M. Marc Jamin, étudiant, 8, avenue du Poitou, Guéret ; M. le docteur Sergent, hôpital, Guéret ; M. l'abbé Claudius Tixier, curé de La Petite-Marche (Allier) ; Mme Valuet, Institut Français, 29, rue Sina (Athènes) ; Mme Colette Vernet, institutrice à Champvoux, par Chaulgnes (Nièvre).

FELICITATIONS. — Des félicitations sont adressées à M. l'abbé Mayaud, promu au grade d'officier de la Légion d'honneur à titre militaire.

MUSEE. — L'inauguration de l'exposition Fernand Maillaud s'est déroulée en Août, au musée, sous la présidence de M. Serrulaz, conservateur au Louvre, en présence de M. J. Guitton de l'Académie Française.

— Le Conservateur en Chef du Musée national de Saint-Germain-en-Laye, précise que l'envoi du moulage de la statue du Lion-Loup trouvée à La Souterraine, pourra être adressé au Musée de Guéret.

BIBLIOTHEQUE. — La Société a reçu :
— La Revue Archéologique du Centre III-2 (Avril-Juin 1964) ;
— De M. Dayras, ses articles des Mémoires (tirés à part) ;
— La Tapisserie marchoise au XVe et XVIe siècles ;
— Le Château de Fournoux ;
— De M. Carriat : Jean Aujame (né à Aubusson en 1905). (Ed. Cahiers d'art — Documents, Genève).

COMMUNICATIONS DU PRESIDENT. — Le Président expose le bilan financier de l'excursion de la Société et attire l'attention sur la somme chaque année plus élevée, nécessaire à l'impression des Mémoires.

— Il regrette la carence de la presse de Paris qui n'a presque pas fait mention de l'exposition Fernand Maillaud et énumère les publications auxquelles il avait demandé de bien vouloir l'annoncer dans leurs colonnes : L'Amateur d'Art, Le Jardin des Arts, Connaissance des Arts, La Cote des Peintres, l'Œil, Arts, Le Figaro Littéraire, Le Monde, Les Lettres Françaises.

Il remercie M. Blot des articles qu'il a écrits pour la presse régionale dans lesquels il a présenté l'homme que fut Fernand Maillaud, son œuvre et l'exposition.

— M. le docteur Eybert (Saint-Paul-d'Eyjeaux) signale, dans le fascicule des Mémoires 1963, l'erreur commise dans la représentation des couleurs des armes de Pontarion, représentation qui pourrait faire croire que la croix des Aubusson est d'argent, que les armes des Lusignan sont un burelé d'argent et de sinople et qu'enfin le pont se trouve sur un champ de pourpre.

— M. Cancalon, maire de Saint-Yrieix-la-Montagne, signale que quelques coffres en granit de l'époque gallo-romaine découverts depuis fort longtemps et déjà signalés, doivent toujours se trouver dans un terrain inculte, lui appartenant, et situé dans cette commune.

— M. Dayras déplore la réponse négative du C.N.R.S. à la demande de subvention pour la publication du premier fascicule du Dictionnaire bio-bibliographique de la Creuse d'A. Carriat. Ce fascicule paraîtra en Novembre au prix convenu pour les souscripteurs et à 15 francs, en librairie, pour les non-souscripteurs.

— Il cite l'article du professeur André Chastel : « Inventaires historiques d'hier et de demain » (Le Monde 28 Août 1964) dans lequel l'auteur montre le rôle que l'aérophotographie est appelée à jouer dans l'exploration d'innombrables vestiges et la résurrection du passé.

— Il signale, d'autre part l'article : « L'affaire du cercueil » (Presse locale, 11 Juillet 1964) qui reproduit deux lettres : celle de M. Pauly, président du Conseil Général de la Creuse, qui demande à M. Jouhandeau de « réserver à Guéret son dernier voyage pour reposer près de sa mère » et celle où l'écrivain évoque un retour posthume à Guéret.

HISTOIRE NATURELLE :

Entomologie. — Mme Louradour signale la présence sur certains blocs de pierre de nids d'une abeille que l'on rencontre rarement en Creuse : la chalicodoma (famille des apidés ou mellifères).

Cet hyménoptère porte-aiguillon, au corps d'un noir velouté, aux ailes violet sombre, vit solitaire et construit contre les rochers, dans les lieux arides, un nid de la grosseur d'un œuf de poule ou d'un poing, en terre argileuse mélangée de sable pétrie avec sa salive. Cette note sera publiée.

ARCHEOLOGIE :

Epoque préhistorique. — Mme Nicolas signale de la part de MM. Cassier et Bonenfant, une hache polie longue de 10 cm., large de 5 cm., du poids de 240 grammes, trouvée au lieudit « Le Camp Romain », au Montpigeau, commune de Saint-Eloi ; un fragment de hache polie en silex blond (8 cm. 5 de long et 6 cm. 3 de large, du poids de 240 grammes) trouvé au Montpigeau, et une troisième hache polie en silex foncé (longueur 10 cm. 5, largeur 4 cm. 2, poids 150 grammes), trouvée à Bétête.

— M. Dayras présente une hache en granit grossier au tranchant brisé et sans tranchant latéral (longueur 15 cm., largeur 5 cm., poids 400 grammes), trouvée par M. Gasnier, près de Nadapeyras, commune de Soubrebost.

Epoque gallo-romaine. — M. Dayras signale la découverte par M. Moreau, à Montgaudon, commune de Saint-Domet, sous le sol de sa grange, de l'infrastructure d'un chauffage à hypocauste. Les traces, en outre, des restes du foyer, consistent en deux voûtes parallèles en briques (longueur 2 m., hauteur 0 m. 90, largeur totale 1 m. 65), d'où partent soixante canalisations verticales qui amenaient l'air chaud sous le sol de la villa gallo-romaine qui devait être bâtie en ce lieu. Un article sera consacré à cette découverte.

Epoque médiévale. — M. Dhéron signale la découverte, par MM. André et Auguste Périot, dans le cimetière de Crozant, à 1 m. 40 de profondeur, de six sarcophages en granit, orientés vers l'Est, contenant quelques ossements et un fragment de vase à eau bénite, en poterie noire du XIIIe siècle. L'un des sarcophages est recouvert de cinq petites dalles en granit non taillé.

— Mme Louradour signale les réparations effectuées par les Beaux-Arts, à l'église du Moutier-d'Ahun. L'enlèvement du plâtre recouvrant les murs a permis la mise au jour dans le mur nord du chœur au-dessus des stalles, d'une petite fenêtre romane et, dans le mur au-dessus de l'autel latéral gauche, d'une pierre sculptée. La suppression des deux autels latéraux de bois laisse apparaître les autels de pierre qu'ils recouvraient ; chacun d'eux est formé d'une table de granit qui repose sur un massif de maçonnerie.

— M. Imberdis a envoyé une note sur « l'ancienne route de Paris-Toulouse entre Felletin et la Dordogne ». Il mentionne le guide des chemins de France qui indique les villes de Felletin, Bellesenseigne, Nouy, Esteron, Espontour, et, vérifiant les distances indiquées, il constate qu'il n'est pas possible de situer Bellesenseignes à Bellechassaigne, ni Nouy à Neuvic.

— M. Rivet signale un abri souterrain au lieudit « Boutiniergue », commune de Saint-Agnant-près-Crocq, dans un terrain appartenant à M. Jacques Sanselme. Cet abri a été comblé avant son exploration.

HISTOIRE. — M. Hemmer communique, de la part de M. de Dianous, un article de la revue « Orient » n° 30, 2e trimestre 1964 « Un prince turc en France et en Italie au XVe siècle : Djem sultan ». Il s'agit du prince Zizim, captif à Boislamy et à Bourganeuf, dont l'aventure est rapportée avec des précisions souvent fort intéressantes.

— M. Cuny a envoyé une bibliographie de l'histoire de la Révolution dans la Creuse (supplément 1935-1962). Son travail sera publié.

— M. Calinaud a envoyé une note : « La chapelle de l'hospice de Bourganeuf ». Vers le milieu du XVIIIe siècle, elle fut aménagée pour la congrégation des « Filles de Notre-Dame » et reçut la dépouille de J.-B. François Aubusson, son directeur, en 1692. Sa façade, donnant alors sur le chemin de la Voie-Dieu, fut englobée dans la reconstruction de l'hospice en 1904-1908. Actuellement, cet édifice simple, de plan rectangulaire, se trouve en bordure de la rue Joliot-Curie et forme l'extrémité sud de l'aile en retour gauche de l'hôpital.

— Il a communiqué une seconde note : « La propriété de l'église de l'Arrier à Bourganeuf ». Propriété de l'Etat à la Révolution, elle fut vendue comme bien national en l'an IV, à Anthoine Laumond, puis rétrocédée, en l'an XIII, à Jean Baleynaud et aux Pénitents blancs à la condition expresse qu'elle soit « destinée à servir à perpétuité à l'usage des Pénitents pour leurs offices et autres exercices pieux ».

En 1824, la famille Aubusson de Soubrebost était réintégrée dans les droits de propriété qu'elle possédait antérieurement sur un caveau et une chapelle, à charge d'entretenir celle-ci sans rien changer à sa destination.

— Mme Louradour décrit le tabernacle de Blaudeix comprenant statues, consoles, niche, guirlandes de feuillage, étoiles, exécuté en 1750 par Caternault, sculpteur et doreur de Boussac, d'après les explications données et le dessin tracé par le commandeur.

— Mme Louradour étudie la gestion des commanderies aux XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles.

Le commandeur résidant au château de la commanderie gérait lui-même celle-ci, mais étant presque constamment absent, il en « affermait » la totalité ou un membre en particulier et cela à certaines conditions : paiement du fermage, entretien des bâtiments, des terres, des bois, des étangs, des moulins, paiement de la pension des prêtres... Il « affermait » aussi parfois séparément les dîmes, chaque métairie, chaque terre.

— M. Chatreix communique l'affiche publiée par les soins de la préfecture dans toutes les communes creusoises au sujet des « Incidents de Guéret, le 15 Juin 1848, à propos de l'augmentation d'impôts de 45 centimes pour les Ateliers nationaux » et il signale l'échauffourée qui causa la mort de huit contribuables d'Ajain et huit de Pionnat qui refusaient le paiement de cet impôt.

HISTOIRE LITTERAIRE. — M. Bazangeon communique une bibliographie des œuvres de son père, né à Pontarion en 1850, conseiller à la Cour d'Appel de Saïgon, membre des sociétés de géographie de Marseille et de Rochefort, écrivain et polyglotte.

HISTOIRE DE L'ART. — M. Bernet, de Toulouse, a envoyé la copie d'actes appartenant aux Archives de la Haute-Garonne qui mentionnent les noms de tapissiers marchois :

  1. — En 1579, François Allary et Gabriel Robert, marchands de Felletin, qui doivent 575 livres pour « 14 quintals et demi » de laine blanche lavée, vendue par un marchand de Toulouse ;
  2. — En 1585, Tavaneau, marchand d'Aubusson, qui remet en gage à son créancier vingt-sept ciels de lits à gros point de Hongrie, deux ciels de lits faits au métier, ainsi que la garniture de quelques tabourets ;
  3. — En 1588, Jacques Bouchon, marchand d'Aubusson, procureur de Tavaneau qui, en présence de François Roy, tapissier de Felletin, reconnaît avoir été payé pour vingt-huit ciels de lits au point de Hongrie, un ciel de lit fait au métier, cinq pièces de tapisserie de l'histoire de la reine Esther et une pièce de verdure.

— M. Dayras donne des précisions sur les raisons pour lesquelles, au XIVe siècle, l'Angleterre avait acquis, au moins pour les Flandres, le monopole de la production des laines : Pays non ravagé par la guerre, très peu peuplé par rapport au continent, d'où sécurité des propriétaires fonciers ; la prohibition de l'exportation des laines anglaises, ordonnée contre la Flandre en 1336, causa les plus graves difficultés aux lissiers flamands dont beaucoup s'expatrièrent.

— M. Dayras signale l'exposition d'Arras au Palais Saint-Vaast : « La tapisserie retrouvée par les peintres », organisée dans l'été 1964 et qui a fait suite à celle de 1963 sur Aubusson et Felletin : « Des origines à Jean Lurçat ». Cette année encore notre production artistique est à l'honneur à Arras, et, dans la préface, le conservateur du musée, M. Hollart, souligne les essais fructueux entrepris à Aubusson dès 1920.

— M. Dayras signale l'article de Sabine Marchand : « Aubusson et les maîtres abstraits » (Aurore 23 Avril 1964) dans lequel elle mentionne les tapisseries réalisées dans les ateliers Tabard à Aubusson, d'après les cartons des peintres : Jean Arp, S. Delaunay, Herbin, Taeuber-Arp, Van Doesburg, Vasarely, Mortensen et Le Corbusier.

 

 

SÉANCE DU 19 NOVEMBRE 1964

Présidence de M. Dayras, président

Présents : Mmes Châteauvieux, Combarnous, Juillet, Labetoulle, Lardy, Louradour, Nicolas ; Mlles Bellegy, Dubreuil, Périne ; MM. Colas, Dayras, Debize, Louradour, Malterre, l'abbé Mirguet, Meysonnet, Picouret.

Excusés : Mme Lhuillier ; MM. Châtreix, le chanoine Courteau, Hemmer, l'abbé Mayaud, Pénicaud, Pinchon.

DECES. — Nous avons à déplorer la mort de Mme Henri Hugon ; de M. Roche-Fougerolle, membre à vie de notre Société ; de M. Gabriel Brunet, qui fut professeur à l'Ecole Normale d'Auteuil, écrivain, membre du comité du Syndicat des critiques littéraires, critique au « Mercure de France », lauréat du Grand Prix de la Critique littéraire, né le 2 Septembre 1894 à Saint-Julien-le-Châtel.

La Société présente aux familles des disparus ses condoléances émues.

ADMISSIONS. — M. Jean Alamy, instituteur honoraire à Champagnat ; M. André Baret d'Auriolle, 12 bis, rue Jean-Jaurès, Aubusson ; M. Sylvain Beguin, ingénieur E.C.P., à Boussac ; M. Bonnet, Perception, à Guéret ; Mme Brunet Odette, pharmacie, à Boussac ; Mlle Clergeau Marie Jeanne, étudiante, 14, rue Rollinat, Guéret ; M. Jean Dalbavie, administrateur civil, 12, rue Victor-Hugo, à Villeparisis (S.-et-M.) et Champagnat (Creuse) ; M. Roger Elion, professeur de philosophie, 21, rue de Melun, Coulommiers (S.-et-M.) ; Mme Le Goff-Coqueton, Quelaines (Mayenne).

BIBLIOTHEQUE. — Nous avons reçu :
— Le Bulletin n° 6 et 7 (Octobre 1964) de la Société d'Ethnographie du Limousin et de la Marche.
— Le bulletin n° 2 (1961) du Groupe archéologique de Seine-et-Marne.
— Un tiré à part de « Sites et Monuments » : Nécessité de sauver les vestiges d'architecture médiévale (châteaux).
— De M. Hollart, conservateur au Musée d'Arras, le catalogue de l'exposition d'Arras 1964 : « La tapisserie retrouvée par les peintres ».
— De M. Robert, président de la Société d'Ethnographie Limousin-Marche : Vanniers et vannerie du Limousin et de la Marche (Limoges 1964), qui comprend l'étude de Mme Louradour.

COMMUNICATIONS DU PRESIDENT. — M. Dayras remercie le Conseil Général de la Creuse de la somme que celui-ci a allouée à notre Société et fait part de sa demande de renouvellement et d'augmentation de cette subvention pour l'année 1965.

Il demande, d'autre part, au Conseil Général une aide pour la publication du dictionnaire Carriat.

— Il est répondu affirmativement à la demande de la Société Ethnographie Limousin-Marche d'encarter dans le bulletin de notre Société un prospectus relatif à l'ouvrage « Vanniers et Vannerie du Limousin et de la Marche ».

— Le 90e Congrès national des Sociétés Savantes se tiendra à Nice du 9 au 13 Avril. Le président pense pouvoir y représenter la Société.

— M. Barre, propriétaire à Saint-Goussaud, fait part du désir exprimé par M. le Conseiller Général de Bénévent, de voir acquérir par le département la parcelle de terrain comprenant le site archéologique. La Société approuve totalement ce projet.

— M. le Président adresse l'hommage de la Société à la mémoire de M. le professeur Marouzeau, décédé le 27 Septembre, qui a donné, par son enseignement et ses publications une impulsion capitale à la linguistique et à la philologie du latin. Il est l'auteur de l'un des plus beaux livres qui aient été écrits sur la Creuse : « Une Enfance ». Une notice lui sera consacrée à nos Mémoires.

ARCHEOLOGIE :

Epoque gallo-romaine. — Mme Nicolas signale la découverte faite par M. Georges Vau, en Septembre 1964, au lieu-dit « La Grande-Couture », n° 232, section A, commune de Saint-Hilaire-la-Plaine, d'un ossarium de granit contenant des tessons de poterie commune et, dans le même lieu, de tessons de poterie blanche couverts d'un engobe brun et de tessons de poterie rouge couverts d'un engobe rouge.

— MM. Alamy et Dalbavie donnent un compte-rendu des découvertes faites lors des recherches effectuées à Champagnat : un conduit de pierres sèches de 10 centimètres de large, de nombreuses tuiles à rebords, un mur large de 0 m. 30, fait de pierres maçonnées avec de la terre, sur une longueur de 3 m. 80, avec un parement au sommet ; les substructions d'un autre mur de 7 m. 80 de côté, avec des pavages intérieurs séparés les uns des autres.

— M. Rivet signale la découverte, à Sermur, par M. Daniel Bersol, au lieu-dit « Les Aires », n° 551, section E, d'un ossarium en granit, à gros grain, avec une urne en verre bleuâtre contenant de menus ossements et de quantité de débris de poterie, dont un fragment de tasse ouvragée en deux couleurs.

— Mme Louradour signale la découverte faite par M. Michel Dumas, au lieu-dit « Les Coutures », n° 494, section B, au village de Linards, commune de Soubrebost, de deux sépultures de granit, informes, contenant des ossements et ayant pour couvercle une large tuile à rebord et, au même lieu, à même la terre, d'une urne en verre bleuté, sans anse, renfermant des ossements calcinés et fermée elle aussi par une tuile à rebord.

Epoque médiévale et moderne. — Mme Louradour signale la découverte faite par M. l'abbé Boudard, curé d'Issoudun, dans le jardin de la cure, d'un sarcophage en grandes dalles de briques avec un couvercle formé des mêmes dalles posées à plat.

— M. Calinaud a envoyé trois notes sur Bourganeuf : la première sur les chapelles et le mobilier de l'église Saint-Jean ; la seconde sur la chapelle Saint-Jérôme ; la troisième sur la chapelle du Pont-de-la-Roche. Ces notes seront publiées avec le compte rendu de l'excursion 1964 à nos Mémoires.

HISTOIRE. — M. Chatreix donne, à titre d'exemple de la situation difficile de la grande noblesse à la fin du XVIIIe siècle, l'arrêt de surséance rendu par le Conseil d'Etat en faveur de Gabrielle de Rouville, veuve de messire Henri de Pot, marquis de Rhodes, vicomte de Bridiers. Cet arrêt précise que la veuve s'étant trouvée chargée de dettes contractées par son mari pour subvenir aux grandes dépenses de sa charge pour le service de Sa Majesté, ayant ensuite dû engager des dépenses pour mettre ses fils en état de servir le roi, obtient de celui-ci un délai de deux années, porté à quatre années, pour payer ses créanciers.

— M. Chatreix communique l'ordonnance de renvoi en correctionnelle du 4 Floréal, an VI, à Boussac, d'un habitant de la commune de Bord qui, au mépris de la loi, avait fait sonner les cloches le 11 Brumaire (précédemment jour de la Toussaint).

HISTOIRE DE L'ART. — M. Pinchon présente et donne aux Archives départementales la photocopie du contrat intervenu le 1er Mars 1665, aux termes duquel Anthoine et Martial de la Chièze, frères, tapissiers de la ville de Bellegarde, confessent avoir fait marché avec Anthoine Buxerette, tapissier à Bellegarde, de lui faire, à raison de « cinquante-cinq soulz l'aulne, cinquante aulnes carrées de tapisserie de menu vert de Bellegarde de semblable bonté et beauté que celle que Jean Chièze fait audit Buxerette ».

— M. le chanoine Courteau a relevé le résumé établi par Bosvieux, (tiré du fonds Bosvieux, Archives de Limoges) du roman de « La Dame à la Licorne », XIIIe siècle, et constate que ce roman, dont l'original est à la Bibliothèque nationale et où figurent la Dame, un beau chevalier et d'autres chevaliers, n'a pu inspirer la composition de la tapisserie « La Dame à la Licorne », dans laquelle ne paraît aucun personnage masculin.

— M. Dayras signale l'article : « Du nouveau sur la Dame à la Licorne » (« Le Figaro », 26 Août 1964), qui fait part d'un ouvrage allemand de Mme Lanckoronska, éminente experte d'art, selon laquelle la Dame à la Licorne ne serait autre que Marguerite d'York, épouse de Charles le Téméraire et fille de Richard Plantagenet, avec laquelle l'auteur établit de nombreuses correspondances. Cet ouvrage sera étudié dès qu'il nous sera parvenu.

— M. Dayras présente le timbre-poste « La Dame à la Licorne », émis le 31 Octobre 1964 et figurant une partie de la tapisserie consacrée à « La Vue », l'une des 6 pièces de la célèbre suite de Boussac. Il présente aussi la carte et l'enveloppe « premier jour » et constate une non-concordance dans le texte de la notice explicative et dans celui de l'enveloppe, qui relate la tradition locale d'une commande par le prince turc Zizim.

HISTOIRE LITTERAIRE. — M. Dayras fait part de l'apposition et de l'inauguration à Chambon-sur-Voueize, le 25 Octobre 1964, d'une plaque à la mémoire du grand poète P.-L. Grenier, ancien élève de l'Ecole des Hautes Etudes et de l'Ecole des Chartes, bibliothécaire à la Bibliothèque Nationale, né à Chambon le 21 Novembre 1879, et mort dans cette ville le 21 Mai 1954.

P.-L. Grenier, après une rencontre avec Mistral, se passionna pour la langue d'oc, et après un voyage en Catalogne, publia plusieurs œuvres marquantes, où la Creuse a une grande place, notamment « La Chanson de Combraille » (1927) et « La Dame à la Licorne » (1933), poésies en langue d'oc, dialecte marchois. Il fut nommé majoral du Félibrige à Arles en 1944.

Cette cérémonie à laquelle notre Président a représenté la Société a été présidée par M. l'abbé Salvat, majoral du Félibrige, président de l'association « Les Amis de P.-L. Grenier », en présence des autorités préfectorales et municipales.

Le même soir, à 20 h. 30, était donné le spectacle des Amis d'Aubusson « Si la Licorne m'était contée... » dont le thème a été emprunté au livre du poète. A cette occasion enfin a été publiée une plaquette in-8 de 14 pages : « P.-L. Grenier, poète limousin du rêve », œuvre de M. l'abbé Salvat (Tulle, Lemouzi, 1964). P.-L. Grenier fut membre de notre Société depuis 1935 (1).

— M. Dayras présente un livre de vers d'un cultivateur creusois, qui a pris le pseudonyme de François Gébé : « Rimes d'un simple » (Guéret, Lecante, 1964).

Ce recueil, très bien édité, contient de beaux vers, octosyllabiques délicats ou alexandrins bien frappés, inspirés par la terre et le travail du paysan qui a suivi la charrue toute sa vie « et sème avec un même amour le blé et les rimes ».

(1) V. article nécrologique, Mém. T. XXXII, p. 596.