ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DU 21 JANVIER 1965
Le 21 Janvier 1965, à 14 h. 30, la Société s'est réunie en assemblée générale régulièrement convoquée. L'ordre du jour comportait le compte-rendu d'activité de l'exercice 1964 et le compte-rendu financier de cet exercice.
Le Président donne lecture d'un rapport sur l'activité de la Société (séances de travail, excursion, publications). Il indique que le nombre des membres titulaires est passé de 434 au 31 Décembre 1963 à 486 au 31 Décembre 1964. Le deuxième fascicule (1964) du Tome XXXV de nos Mémoires est en cours d'impression. Plus important que le précédent, largement illustré, son coût sera certainement très élevé. La première livraison du Dictionnaire bio-bibliographique d'Amédée Carriat a été envoyée aux souscripteurs. C'est un travail remarquable, qui sera d'une utilité primordiale pour toutes recherches ; sa présentation typographique est excellente.
La 36e excursion (28 Juin 1964) a été parfaitement réussie et pleine d'actualité. En Août et Septembre a eu lieu au Musée l'Exposition Fernand Maillaud qui a connu un beau succès.
Le Président a représenté la Société au Congrès Régional des Sociétés Savantes à Tulle. Il a fait une communication sur les relations entre la Haute-Marche et le Bas-Limousin.
M. Chatreix, trésorier, présente le compte-rendu financier de 1964, non compris le compte spécial du Musée. La hausse des frais d'impression est à souligner. Le compte s'établit avec un solde en excédent à reporter de Frs = 4.015,06, avec cette remarque qu'après un prélèvement de Frs = 1.000 sur le fonds en réserve à la Caisse d'Epargne, il a été fait, sur ce même fonds, un versement de Frs = 4.000 en vue du règlement de factures non encore parvenues, notamment celle de l'impression du premier fascicule du Dictionnaire d'Amédée Carriat, dont le bilan paraît devoir être favorable, grâce aux deux subventions spéciales (Affaires Culturelles (Lettres) et Conseil Général de la Creuse).
Mmes Louradour et Chateauvieux sont désignées pour la vérification des comptes. Sur leur proposition, ces comptes sont adoptés à l'unanimité et des félicitations très vives ainsi que des remerciements chaleureux sont adressés à M. Chatreix, trésorier.
Le trésorier présente le budget provisoire de 1965 (Société, Dictionnaire, Musée) qui est adopté.
COMPTE SPECIAL DU MUSEE. — M. Hemmer, conservateur, présente le compte spécial du Musée qui, en vue de transformations en cours, se traduit actuellement par un excédent à reporter de Frs = 10.176,13. Ce compte est adopté et des remerciements sont adressés à M. Hemmer pour sa gestion.
PRESIDENT D'HONNEUR. — L'élection d'un président d'honneur est reportée à la journée d'excursion de 1965.
L'ordre du jour étant épuisé, la séance a été levée à 16 heures.
Le Président, Le Secrétaire, Le Trésorier,
Maurice Dayras. P. Louradour. R. Chatreix.
Nota. — M. le Doyen Léon Binet, de l'Académie de Médecine, membre d'honneur, a été élu président d'honneur à l'unanimité, le 27 Juin 1965.
SÉANCE DU 21 JANVIER 1965
Présidence de Me Dayras, président
Présents : Mmes Chaix, Châteauvieux, Combarnous, Juillet, Labetoulle, Lardy, Lhuillier, Louradour, Nicolas ; Mlles Clergeau, Dubreuil ; MM. Châtreix, Clergeau, Colas, Dayras, Filloux, Hemmer, Louradour, Novion, l'abbé Mirguet, le chanoine de Montaigut, archiprêtre de Guéret, Roussillat, vice-président du Conseil Général de la Creuse.
Excusés : Mlles Bellegy, Périne, Reignoux ; MM. le chanoine Courteau, Malterre, Meysonnet, l'abbé Mayaud, Pénicaud.
Le procès-verbal de la séance précédente est adopté sans observation.
ADMISSIONS. — M. A.-L. Berchon, professeur au lycée, 9, rue V.-Hugo, Saint-Florent (Cher) ; M. Lucien Bret, 29, rue Pernety, Paris (XIVe) ; Mlle Solange Dudoussat, 7, rue Bouscrillet, Le Bouscat (Gironde) ; M. Albert Goursaud, administrateur général de la Marine (C.R.), 6, avenue Foch, Vaucresson (Seine-et-Oise) ; M. Camille Hyvernaud, électricien, 12, place de la Mairie, La Souterraine ; M. Gilbert Laconche, étudiant, 57, chemin des Buers, Villeurbanne ; M. Philippe Rabany, à Ligueil (Indre-et-Loire) ; M. Maurice Rousseau, notaire à Aubusson.
DECES. — La Société a eu à déplorer la mort de M. Amaury-Lepart, de Pluherbin (Morbihan).
La Société présente à la famille du disparu ses condoléances émues.
BIBLIOTHEQUE. — Ont été reçues les publications suivantes :
— La Revue archéologique du Centre (numéro 11, Juillet-Septembre 1964).
— L'article de M. Amédée Carriat : « Jules Marouzeau » (Le Creusois de Paris, numéro de Décembre 1964).
— De M. Lugagne : Le monde des plantes (Juillet-Septembre 1964) qui contient sa note : « La flore du Limousin » et un extrait du Bulletin mensuel de la Société Linéenne de Lyon (numéro 7, Septembre 1964) qui contient sa note : « Cécidologie creusoise ».
— De M. J. Roussillat, sa thèse : La vie et l'œuvre du docteur Grancher (Presses du M.C., 1964), travail remarquable sur ce grand médecin, originaire de Felletin.
— De la Société Académique du Nivernais : « Emile Martin, 1794-1871 ».
COMMUNICATIONS DU PRESIDENT. — Le Président annonce la parution du premier fascicule du Dictionnaire bio-bibliographique d'Amédée Carriat (lettres A et B), publié par les soins de notre Société aux imprimeries Lecante et Presses du Massif Central.
— Il félicite le docteur Roussillat pour sa thèse très complète sur le docteur Grancher.
— Il fait part de la lettre qu'il a adressée à M. Defressigne propriétaire du château de Sainte-Feyre. La Société, désireuse que soit gardé à ce château son cadre actuel, émet, à l'unanimité, le vœu que ne soit pas mis à exécution le projet formé par la municipalité d'édifier des constructions ou bâtiments quelconques en avant du château.
— Il présente le compte rendu du Congrès des Sociétés Savantes du Centre qui s'est tenu à Guéret en 1961, compte rendu qui contient sa communication : « Répertoire des noms de lieux en « ange », « enge », « inge »... pour les départements de la Creuse, du Cher, de l'Indre, de l'Allier, de la Corrèze, du Puy-de-Dôme et de la Haute-Vienne ». Après avoir remarqué le nombre important de noms de lieux terminés par ces suffixes, rencontrés dans les départements du Centre, il constate que s'il ne lui est pas possible de préciser lesquels des noms ont, en toute certitude, une origine wisigothe, burgonde ou franque, il espère que ce relevé facilitera la tâche d'un spécialiste de toponomastique et lui permettra de suivre sur la carte la vague de colonisation alémanique.
— Il indique que la Société envisage de formuler deux demandes de fouilles : l'une à Saint-Goussaud, l'autre au Puy-de-Gaudy.
M. Hemmer donne la liste des objets prêtés pour l'exposition consacrée aux trésors des églises de France :
— Calice et patène, argent doré, XVIe siècle (Aubusson).
— Reliquaire de saint Léobon, XIIIe siècle (Le Grand-Bourg).
— Reliquaire de saint Roch, argent, 1674 et croix-reliquaire cuivre doré et filigranes sur âme de bois, XVe siècle (Le Moutier-d'Ahun).
— Reliquaire phylactère, argent doré, XVe siècle (Vareilles).
— Vierge à l'enfant, recouverte de plaques de cuivre, XIIIe siècle (Soubrebost).
— Main reliquaire (Musée de Guéret).
— Buste reliquaire de sainte Valérie, XVe siècle (Chambon).
ARCHEOLOGIE :
Epoque préhistorique. — M. Credot, de Limoges, signale la découverte, près du village de Le Queroy, Sec. E., n° 848, commune de Saint-Maurice-la-Souterraine, d'une hache perforée de l'époque chalcolithique, la seconde de cette période trouvée dans cette commune et la troisième dans la Creuse (Mém. T. XXVI, p. 40).
Epoque gallo-romaine. — M. Alamy signale la découverte faite à Champagnat d'une construction comprenant deux carrés concentriques et se demande si cette construction ne serait pas celle d'un fanum. Le plan et le rapport dressés par M. Alamy seront soumis à la circonscription archéologique et publiés.
— M. Calinaud a envoyé une note : « Le trésor de Bourganeuf » dans laquelle il rappelle la découverte faite en 1817, dans un champ situé au bord de la route de Limoges, à la sortie de Bourganeuf, d'un vase de terre cuite contenant une grande quantité de « médailles antiques » notamment une monnaie portant l'inscription « Tetricus Caesar », pouvant être datée de l'année 269 qui est celle où le gallo-romain Tetricus conféra à son fils le titre de Caesar.
HISTOIRE. — Mme Louradour présente son étude : « Pour la création d'un siège royal à Bourganeuf ».
Le siège royal de l'élection de Bourganeuf se trouvant à Montmorillon, c'est-à-dire trop éloigné de Bourganeuf pour que les habitants puissent y avoir recours aussi souvent que la nécessité s'en faisait sentir, Henri II rendit un édit (1556) portant création, en la ville de Bourganeuf, d'un siège d'élection qui dépendrait de la généralité de Limoges. Cinquante ans plus tard, ce siège n'existe toujours pas et Henri IV, voulant lui aussi éviter les longs voyages et les frais qu'ils occasionnaient aux habitants de l'élection de Bourganeuf, ordonne l'établissement d'un siège royal dans cette ville. Or, en 1778, ceux-ci se voient contraints d'adresser à Louis XVI une supplique pour lui demander ce siège royal promis depuis deux cents ans.
— M. Calinaud a envoyé deux notes : l'une se rapporte à une pierre sculptée se trouvant sur un mur de soutènement qui borde la place de Soubrebost. La sculpture de cette pierre représente un personnage vu de dos en position accroupie, bras écartés. L'autre note concerne le fief de La Chatenède, dont le siège aurait été le village de La Chastenède (commune de Saint-Goussaud).
— M. J.-P. Dumont a envoyé trois documents. L'un est une pétition des habitants de Chamborand, en 1810, adressée à l'évêque de Limoges pour lui demander d'ériger en chapelle leur église supprimée, le motif de leur demande étant la difficulté pour eux de se rendre au Grand-Bourg. Le second est un exemple d'assemblée communale dans l'église, sous la Révolution : le président de l'assemblée du Grand-Bourg fait connaître au maire de Chamborand, que cette assemblée se tiendra dans l'église le 26 germinal an XII. Le troisième est un extrait des registres des arrêtés du préfet de la Creuse indiquant qu'une battue aux loups aura lieu dans la région de Bénévent le 7 Janvier 1850.
— M. Dayras communique un rapport relatif à la création de l'Ile de Juillet à Aubusson comme place publique et son aménagement après la Révolution de Juillet.
Il s'agit du rapport des experts dressé en 1834, donné aux Archives départementales.
Avant la Révolution de 1830, le terrain appelé Ile de la Rue et se trouvant sur la droite, à l'extrémité orientale de la rue dite « des Tanneurs », formait une plage irrégulière avec quelques vieux arbres et, au Sud-Est, quelques étendoirs pour les moulins à foulon qui existaient toujours.
Après 1830, ce terrain est aplani, orné d'une plantation régulière en forme de fer à cheval et prend le nom de place de Juillet ou d'Ile-de-Juillet.
HISTOIRE DE L'ART. — M. Dayras fait l'examen critique de l'ouvrage de Mme Lanckoronska (Frankfurt-am-Main, 1964) : Tapisseries pour une princesse, proposant d'identifier la « Dame à la Licorne » des tapisseries de Boussac avec Marguerite d'York, épouse de Charles le Téméraire. Sa note sera publiée.
— M. Lucien Bret rappelle que Clémentine Ballot, peintre qui a obtenu le Prix Puvis de Chavannes en 1950 et dont le Petit-Palais possède un tableau : « Les bords de la Sédelle », a épousé un Creusois en 1902, a vécu à Crozant de 1912 à 1919, où elle rencontrait Armand Guillaumin, Madeline, Eugène Alluaud, Armand Point, Eugène Morand, Suzanne Lalique, Thiesson, René Jules et Jules Adler... Il remarque que, grâce à de telles présences, la Creuse tient une place enviable dans le mouvement artistique du début du siècle.
HISTOIRE LITTERAIRE. — M. Lucien Bret note les origines marchoises de Georges Conchon, Prix Goncourt 1964. Georges Conchon venait passer ses vacances au pays natal de sa mère : Saint-Avit-de-Tardes. Il parle avec émotion de la Creuse et de la région de Crocq en particulier, et a encore des cousins près de Monteil-Guillaume, premier poste d'institutrice de sa mère.
— M. J. Chauveau, professeur assistant à la Sorbonne, a envoyé une note : Sur un sonnet oublié de Tristan l'Hermitte, sonnet qu'il a découvert en tête d'un ouvrage du généalogiste Pierre d'Hozier et dont la publication remonte vers 1628. Sa note a été publiée.
— M. A. Carriat communique un autre sonnet attribué à Tristan l'Hermitte, mais pour lequel, présentement, on ne peut affirmer, ni infirmer l'authenticité. Sa note a été également publiée.
SÉANCE DU 18 MARS 1965
Présidence de Me Dayras, président
Présents : Mmes Chaix, Châteauvieux, Combarnous, Labetoulle, Louradour ; Mlles Bellegy, Dubreuil, Périne ; MM. Châtreix, Colas, Dayras, Louradour, Malterre, Meysonnet, l'abbé Mirguet, Picouret.
Excusés : Mmes Dumont, P.-L. Grenier, Lardy, Lhuillier ; Mlle Catinat ; MM. le chanoine Courteau, Filloux, Hemmer.
Le procès-verbal de la séance précédente est adopté sans observation.
ADMISSIONS. — M. le Dr Edouard Desplat, 33, rue Anatole-France, Maing (Nord) ; M. René Gautron, employé de mairie, Bridiers, par La Souterraine ; M. Jean Grosset, 29 bis, boulevard de Strasbourg, Nogent-sur-Marne (Seine) ; M. René Javayon, instituteur à Sainte-Feyre ; Mlle Annie Michaud, étudiante, 8, rue A.-Focillon, Paris (XIVe) ; Mlle Suzanne Moity, La Borne, Blessac ; M. René Pasty, ingénieur agricole, Le Bribard, par La Souterraine.
DECES. — Nous avons à déplorer la mort de Me Ducoux, notaire honoraire à Guéret, doyen d'inscription de la Société ; du Dr Lucien Giraud, à Boussac, et de M. Henri Parrain, ingénieur à Canillac (Dordogne).
La Société présente aux familles des disparus ses condoléances émues.
MUSEE. — Les œuvres des peintres creusois seront réinstallées, pour l'été 1965, au musée, dans la salle où s'est tenue, l'an dernier, l'exposition Fernand Maillaud.
DONS AU MUSEE. — De Mme veuve Joannot, deux aquarelles de Maurice Leloir : « Les pirates à l'île de Bréhat » et « Jeanne du Barry ».
BIBLIOTHEQUE. — Nous avons reçu :
— La Revue de l'Académie du Centre (Châteauroux, année 1964).
— Le Bulletin de la Société d'Ethnographie Limousin-Marche (n° 9, Février 1965).
— De Me Dayras, un tiré à part des Actes du Congrès des Sociétés Savantes (Clermont, 1963), qui contient son étude : Réflexions sur les origines de la tenture de la Dame à la Licorne.
COMMUNICATIONS DU PRESIDENT. — L'excursion annuelle de notre Société aura lieu le Dimanche 27 Juin et aura pour itinéraire : église de Gartempe, château de Villepréaux (commune de Montaigut-le-Blanc), château de La Villatte-Billon (commune de Saint-Victor), église de Saint-Léger-le-Guérétois, col et route du Maupuy, églises de Savennes et de Peyrabout, château du Théret, église de La Saunière, château de Sainte-Feyre.
— Le Président adresse de vifs remerciements au Conseil Général pour les subventions accordées : 2.000 Frs à la Société et 500 Frs pour le Dictionnaire bio-bibliographique de A. Carriat.
— Il rappelle qu'une exposition archéologique organisée par le T.C.F. (section de Limoges) s'est tenue à Bourganeuf du 28 au 31 Janvier 1965 et indique que ce même T.C.F. a remis à notre Société un exemplaire du rapport des fouilles effectuées au Mont-de-Jouer au cours de l'année 1964.
ARCHEOLOGIE :
Epoque préhistorique. — M. Charpentier signale la découverte, par M. Laberthonière, d'un souterrain-refuge, à Villeneuve, commune de Crozant (parcelles n°s 560, 565, 566, section E) et d'un fragment de poterie noire qui provient de ce souterrain.
— M. Chatreix signale la découverte, par M. Jeannot, à Pierrefitte, commune de Saint-Germain-Beaupré, dans la terre dite « Les Gardes », n° 1354, section B, d'un souterrain-refuge.
Epoque gallo-romaine. — M. Caillat signale les découvertes faites par l'entreprise Virmont-Février, lors des travaux d'adduction d'eau, au lieudit « Les Prés-de-la-Pelle », commune de Lafat (n° 406, section D), à 3 m. 30 de profondeur, d'une margelle de puits (monolithe en granulite, de forme cylindrique, hauteur : 0 m. 90 ; diamètre intérieur : 0 m. 50 ; diamètre supérieur : 1 m.) et de nombreux fragments de poterie jaune, rouge, dont un portant la marque de potier « VI... ».
Epoque médiévale et temps modernes. — M. Dayras signale deux édifices en péril :
1° — La chapelle de La Parade, commune de Saint-Pierre-Bellevue, ruinée mais non à vendre comme l'avait indiqué la presse régionale et parisienne ;
2° — Les vestiges de l'église de la commanderie de Charrières, commune de Saint-Moreil, dont seul subsiste le beau portail à masques.
La Société émet un vœu pour l'inscription de cet édifice à l'Inventaire supplémentaire des Monuments historiques.
— Mme Louradour donne lecture de la mise en adjudication, en 1740, des travaux d'adduction d'eau et de reconstruction de la fontaine de Bourganeuf. C'est Louis Guillerot, entrepreneur des Ponts et Chaussées de cette ville, qui obtient l'adjudication et se charge de la réédification de la fontaine comportant une pyramide de granit surmontée d'une boule et de la statue de saint Jean.
HISTOIRE. — Mme Louradour indique qu'une pièce de procédure de 1398, relative à une redevance de 18 setiers de seigle, réclamée par le prieur de Peyrat-le-Château au commandeur de Charrières, signale la présence de Frère Guillaume Rozergue, commandeur de Gentioux, prouvant ainsi qu'au XIVe siècle les commanderies de Charrières et de Gentioux avaient chacune leur titulaire.
— M. Chatreix donne la suite de sa très importante étude : La vicomté de Bridiers, qui sera publiée à nos Mémoires.
— M. Calinaud a envoyé deux notes :
L'une concerne Les fiefs des paroisses de Saint-Amand-Jartoudeix et de Saint-Priest-Palus. Le territoire formé par ces deux paroisses appartenait au baillage de Bourganeuf et était féodalement lié à la Tour-Maubergeon de Poitiers. Exception faite pour le village du Nouhaut, il comprenait les lieux associés de Beauvais et de la Chaume, avec comme personnage ancien connu (1091) Gaubert, abbé de Solignac, qui fit don du château à Gourcelin de Pierrebuffière ; le fief de Saint-Amand-Jartoudeix qui dépendait de Beauvais, les fiefs de La Fayolle et du Clou, mentionnés dans un dénombrement rendu au roi en 1624 par le baron de Peyrat, les villages de Vergnoux, La Faye, Pradaude, Jartoux, Colombeix, Leylavergne, Montpensier, Miaudoux, tous de la paroisse de Saint-Amand-Jartoudeix.
Ces fiefs et villages dépendaient de la baronnie de Peyrat, tandis que les autres fiefs cités : Le Mas, Le Mas-Petit, Le Treix, Soudannes, Villegente, Nouallet, Livartous, Arfeuille, La Gardelle appartenaient à la baronnie d'Auriat.
Dans une seconde note : Les croix de chemins et limites territoriales, M. Calinaud signale plusieurs socles de croix ayant servi à délimiter des franchises, des seigneuries, des fiefs : à Bourganeuf, sur la bordure amont du pont de la Grande-Eau et dans le parapet du pont de la Roche, puis autour de Soubrebost, près de la route de la Martinèche, dans les bois de Treize-Vents, sur le bord de l'ancien chemin de Bourganeuf à Pontarion ; à un carrefour de vieux chemins aujourd'hui traversé par l'actuelle route de Chignat à Saint-Pierre-Bellevue, ainsi qu'au carrefour formé par cette route et celle de Soubrebost à Morterolles.
HISTOIRE DE L'ART. — M. le chanoine Courteau a envoyé la copie de notes de Bosvieux (carnet 26, Archives de la Haute-Vienne) qui mentionnent, en 1863, au château de Chard, l'existence de onze tapisseries de Felletin ou d'Aubusson représentant respectivement : Jeanne d'Arc en costume de guerrier romain, Suzanne surprise par les vieillards, La mort de Cléopâtre, La mort du général hébreu Sisara, l'arrivée de Judith auprès d'Holopherne ; une femme assise près d'une corbeille que soutient un amour ; une reine sous sa tente, puis une tapisserie peu visible et trois panneaux de tapisserie de paysage avec des oiseaux.
HISTOIRE LITTERAIRE. — M. A. Carriat signale la thèse de Mlle Daniel Dalle Valle : Il teatro di Tristan l'Hermite, saggio storico e critico, dans laquelle elle retrace l'histoire de la critique tristanienne du XVIIIe siècle à nos jours, passant en revue tous les auteurs qui ont parlé de Tristan en même temps qu'elle recense les éditions successives de ses œuvres théâtrales (Turin, 1964).
— M. Carriat donne des précisions sur les travaux de Pierre Charreyron (1862-1935), bâtonnier de l'Ordre des avocats de Limoges, qui collabora aux Mémoires de notre Société (T. XXI et XXII).
FOLKLORE. — M. Dayras note la persistance de la fête du « Saint-Vinage » pour la Saint-Blaise (3 Février 1965) à Saint-Bard, fête décrite à nos Mémoires XXXI-459.
TOPONYMIE. — M. le chanoine Courteau remarque grâce au relevé demandé par lui à Mme Combarnous, que trente-quatre parcelles situées sur le ruisseau des Chers, qui traverse Guéret, ou sur ses affluents portent le toponyme « Cher » employé seul, au singulier ou au pluriel, composé avec un adjectif, une indication géographique, agricole ou un nom de personne. Cette constatation confirme bien que l'appellation « ruisseau des Chers » s'appliquait aux noms de lieux voisins, l'oronyme étant devenu hydronyme. Sa note sera publiée.
SÉANCE DU 20 MAI 1965
Présidence de Me Dayras, président
Présents : Mmes Châteauvieux, Juillet, Labetoulle, Lardy, Louradour, Nicolas, Péchalat ; Mlles Bellegy, Dubreuil, Périne, Reignoux ; MM. Barry, Brunet, Colas, le chanoine Courteau, Dayras, Hemmer, Louradour, Malterre, Meysonnet, l'abbé Mirguet, le chanoine de Montaigut, archiprêtre de Guéret, Novion, Picouret.
Excusés : Mmes Chaix, Combarnous ; M. Lefort.
Le procès-verbal de la séance précédente est adopté sans observation.
ADMISSIONS. — M. Edmond Baertich, industriel, rue Pierre-d'Aubusson, Aubusson ; M. Jacques Béguin, 4, avenue Sainte-Foy, Neuilly (Seine) ; M. Defressigne, Grande-Rue, Guéret ; M. Marcel Jingeaud, Hôtel des Ruines, Crozant ; M. Serge Rommeluère, H.L.M., 13, rue Cerclier, Aubusson.
DECES. — La Société déplore la mort de M. Gabriel Périgaud, à Bonnat.
Elle présente à la famille du disparu ses condoléances émues.
MUSEE. — Une demande est adressée une nouvelle fois au musée de Saint-Germain-en-Laye, en vue d'obtenir le moulage du Leo-Lupus.
— Don de M. Marcel Vigneron : un fragment (tronc et bras) de statue en granit, trouvé au village de Masvigner (commune du Grand-Bourg).
BIBLIOTHEQUE. — La Société a reçu :
— La Revue Archéologique du Centre (n° 12, Octobre-Décembre 1964) ;
— Un exemplaire du rapport des fouilles effectuées au Mont-de-Jouer, par le groupe du T.C.F. de Limoges (1964) ;
— De M. Marcel Molucon, le bulletin de l'Association Guillaume Budé, de Décembre 1961, qui contient l'article de M. Letessier : Correspondance de George Sand avec le Dr Darchy, de Chambon-sur-Voueize.
COMMUNICATIONS DU PRESIDENT. — M. Dayras signale le congrès 1965 de la Société Française d'Archéologie en Savoie et celui de la Fédération des Sociétés Savantes au Puy.
— Les Mémoires de la Société pour l'année 1964 (T. XXXV, deuxième fascicule), paraîtront en Août-Septembre 1965.
— M. Dayras signale que la chapelle du Mas-Laurent inscrite à l'inventaire supplémentaire des Monuments Historiques le 21 Octobre 1932, est en péril. Ce bel édifice sera signalé à l'administration des Monuments Historiques.
ARCHEOLOGIE :
Epoque préhistorique. — M. Lefort signale, au lieu-dit « des Clides », commune de Saint-Amand-Jartoudeix, section A, n° 172, un menhir en granulite, de 1 m. 80 hors du sol, dont les contours évoquent une ogive. Sa note sera publiée.
Epoque gallo-romaine. — M. Dayras présente quatre monnaies romaines du Bas-Empire trouvées à Aubusson prouvant la persistance d'une occupation jusqu'au IVe siècle.
1°. — Un grand bronze, très fruste, probablement Faustine la Mère (+ en 141, épouse d'Antonin le Pieux, qui lui fit élever des temples).
Avers : DIVA FAUSTINA, Buste à droite.
Rev. : Vesta debout, à gauche, tenant une longue torche et le Palladium (petite statue de Pallas).
2° — Petite pièce argent, très bon état : Gallien 235-268, fils de Valérien, empereur après son père en 253, artiste, poète, courageux mais corrompu ; battit les Germains près de Ravenne, assassiné près de Milan.
Avers : Buste radié à gauche : GALLIENUS P(ius) F(elix) AUG(ustus).
Revers : 2 personnages assis tenant un globe ; au-dessus d'eux, trophée ; GERMANICUS MA...
Ces deux pièces ont été trouvées par M. Lagorsse, employé à l'état-civil, Mairie d'Aubusson, dans son jardin, 9, rue Rapide, Sec. F, N° 203.
3°. — Petit bronze de Probus, porté au trône en 276 par les légions de Syrie, assassiné en 282.
Avers : IMP.(erator) MAUR (Marcus Aurelius) PROBUS P.F. AUG. Buste radié à droite.
Revers : RESTITUTOR ORBIS, une femme debout présentant à Probus, debout, une couronne de laurier.
4°. — Petit bronze argenté de Maximien dit Hercule, associé à l'Empire sous Dioclétien en 286, suicidé en 310.
Avers : IMP.(erator) M(aximianus) AUR(elius) MAXIMIANUS P.F.AUG. Buste lauré à droite.
Revers : ??? HERC. CONSERV..., 2 personnages face à face, au milieu, autel et vase ou croissant.
Ces 2 pièces ont été trouvées par M. Faureau, jardin Faureau, rue de l'Escarpe, Sec. C, N° 364.
— Il signale, d'autre part, qu'une demande de fouilles au camp des Chastres a été déposée par les Amis d'Aubusson.
— M. Parotin signale la découverte, au Boueix, commune de Lupersat, d'un ossarium et d'une monnaie d'Antonin-le-Pieux (138-161).
— M. le chanoine Courteau signale, à Mautes, sur la route de Sermur, un mur en pierres sèches construit en partie avec des coffres funéraires en granit et « Le Chemin de César » qui franchit un pont formé de deux arches droites sur le ruisseau de La Combe ; enfin, près du village de Chamassy, commune de Rougnat, une rase : canalisation faite de pierres plantées de champ et recouvertes d'argile, qui pourrait être un aqueduc gallo-romain.
— M. Chatreix signale la découverte, en 1963, par M. Marcel Vigneron, au village de Masvigner, commune du Grand-Bourg, dans sa terre dite « Couture de la Brousse », section Ex, n° 9, d'un fragment de statue en granit (tronc et bras). Dans cette même terre, on trouve, bien localisés, sur une surface de deux ares environ, des fragments de tuiles à rebords et des débris de poterie, indices probables d'un habitat gallo-romain.
HISTOIRE. — Mme Louradour retrace l'histoire de la chapelle de Charrières, commune de Saint-Moreil. Sa note sera publiée. Il serait souhaitable de protéger les vestiges de cette petite église qui fut une des premières, en Creuse, à faire emploi des voûtes en arc d'ogives.
— M. Calinaud a communiqué une note : Un cas de réaction féodale à la fin du XVIIIe siècle. Sa note sera publiée.
— M. Calinaud a communiqué une seconde note : L'implantation du socialisme dans la région de Bourganeuf (1905-1910).
Cette implantation, dans les campagnes du canton de Bourganeuf, est lente. Vers 1905, outre le comité S.F.I.O. de Bourganeuf, on ne trouve que deux autres groupes : ceux de Bosmoreau et de Saint-Dizier-Leyrenne. En 1907, un membre du parti S.F.I.O. est élu au Conseil d'arrondissement. En 1910, des groupes ruraux actifs sont constitués à Saint-Martin-Sainte-Catherine et à Janaillat.
HISTOIRE DU DROIT. — M. Hemmer étudie la règle : Nulle terre sans seigneur (qui, dans l'origine, signifiait que toute terre se trouvait soumise à la juridiction d'un seigneur justicier) et le rôle joué par cette maxime dans la lutte entreprise durant la période féodale contre l'alleu, ainsi que la position adoptée à cet égard par la coutume de la Marche. Dans la région, le principe a prévalu que l'exercice du droit de justice n'entraînait pas la suzeraineté foncière mais, bien au contraire, qu'il s'agit là de deux domaines nettement tranchés. Sa note sera publiée.
HISTOIRE DE L'ART. — M. Novion compare les « Tapisseries des Neuf Preux » du château de La Palisse (Allier) et de Saint-Maixant (Deux-Sèvres), d'après l'étude de B. de Montault (1893).
Chaque série est incomplète et ne comporte plus que six pièces. Celle de La Palisse qui est aux armes des Blanchefort et des Chabannes, et qui a donc été tissée lors du mariage de Françoise de Blanchefort-Boislamy avec Jean de Chabannes-Curton, vers 1496, conserve, comme personnages : Hector, Alexandre, César, David, Charlemagne et Godefroy de Bouillon, et celle de Saint-Maixant : César, Hector, Josué, David, Artus et Godefroy de Bouillon. Les deux séries diffèrent par la composition et par la bordure. Les tapisseries de Saint-Maixant s'apparentent un peu à celle du château de Parentignat (Puy-de-Dôme) qui représente Godefroy de Bouillon, et pourraient être attribuées aux ateliers de la Marche, tandis que, pour celles de La Palisse, on ne peut, à priori, retenir qu'une origine française. D'après le catalogue de l'Exposition Le seizième siècle européen (Tapisseries), Paris, Mobilier National Octobre 1965, p. 12, col. 1, Les Neuf Preux conservés au château de Langeais seraient les pièces (de Saint-Maixant) étudiées en 1893 par B. de Montault.
— M. Dayras indique que les tapisseries Le chant du monde, de Lurçat ont été exposées à Paris (Pavillon de Marsan, 1963), à Annecy en 1964 et à Nice, au Palais de la Méditerranée, en Mars-Avril 1965.
Le chant du monde, composition de neuf tapisseries tissées à Aubusson, sur une surface de 500 m2, est inspiré par les tragédies au milieu desquelles le monde s'est débattu au cours du dernier demi-siècle et aussi par l'espoir dans l'avenir de l'humanité.
— M. Dayras signale l'exposition des œuvres du peintre Fernand Maillaud, à Paris, Galerie Jean de Ruaz, 31, avenue de Friedland, dont le vernissage a eu lieu le 29 Avril 1965, sous la présidence de M. Jean Guitton, de l'Académie Française.
— Il signale encore l'exposition d'une tapisserie de Marc Vaugelade à la biennale d'Amiens : Prestige de la tapisserie française et l'acquisition, par la société Esso-Standard (Paris, rond-point de la Défense), de plusieurs toiles de Gaston Thierry.
VARIA. — M. Chatreix signale, à Poitiers, la création du Club Martin-Nadaud (Amicale Poitevine des Etudiants Creusois).
SÉANCE DU 16 SEPTEMBRE 1965
Présidence de Me Dayras, président
Présents : Mmes Auget, Baffet, Châteauvieux, Juillet, Lardy, Louradour ; Mlles Bellegy, Lafaye, Périne ; MM. Brunet, Champagnat, Châtreix, Colas, le chanoine Courteau, l'abbé de La Cotardière, Dayras, Hemmer, Lefort, Louradour, Malterre, Meysonnet, l'abbé Mirguet, le chanoine de Montaigut, archiprêtre de Guéret.
Excusés : Mmes Chaix, Labetoulle, Lhuillier, Messin, Mlle Dubreuil, M. Nétange.
Le procès-verbal de la séance précédente est adopté sans observation.
DECES. — Nous avons à déplorer la mort du peintre Jean Aujame, né à Aubusson, dont le père fut président du tribunal de cette ville ; du professeur Favard, professeur à l'Ecole Polytechnique ; de Mme Louis Rousseau de Guéret.
La Société présente aux familles des disparus ses condoléances émues.
ADMISSIONS. — M. André Berthomier, étudiant, 4, rue Saint-Michel, La Souterraine ; M. l'abbé de La Cotardière, maison des prêtres, Evaux ; M. Albert Giraud, professeur honoraire, Villemoneix, commune de Lafat ; M. Lamoureux, Directeur de la Caisse d'Epargne, Guéret ; M. Camille Lauthier, instituteur, Saint-Priest-la-Plaine ; M. Eugène Luinaud, La Salesse, par Nailat ; M. le Dr Maumy, inspecteur général, 7, rue de Tilsitt, Paris (XVIIe) ; M. Pierre Nétange, 187 Faubourg Saint-Denis, Paris (Xe) ; Mme Pichard, 20, avenue Montaigne, Paris (VIIIe) ; M. Pierre Pageot, élève professeur, 15, avenue Pierre-Leroux, Guéret ; M. Pouteau de Malaisset, 8, rue de Tocqueville, Paris (XIIIe) ; Mme Henri Robert, 15, rue du Colonel-Fossé, à Braconne, par Guéret.
BIBLIOTHEQUE. — Nous avons reçu :
— Le catalogue de l'exposition d'Arras Aubusson 65.
— Une plaquette Aubusson, capitale de la tapisserie, contenant de magnifiques reproductions et un texte de M. Jean Guitton, de l'Académie Française, éditée par Les Amis d'Aubusson à l'occasion du 3e centenaire des Lettres Patentes de Louis XIV.
— Un relevé du plan du Mont de Transet, commune de Thauron (don de M. Guinepain, abbaye du Palais, par Thauron).
— Nous avons acheté deux vues aériennes (I.G.N.) (région du Puy-de-Gaudy).
COMMUNICATIONS DU PRESIDENT. — M. le Président fait part du projet généreux de M. Jean Guitton, de l'Académie Française, de créer dans sa résidence du Deveix (commune de Champagnat), une fondation destinée à aider à la formation de la jeunesse du département et à y attirer, pour des manifestations culturelles, chercheurs, savants et penseurs.
— M. le doyen Léon Binet exprime ses remerciements à l'occasion de son élection au titre de président d'honneur de notre Société.
— Un concours de photographies est organisé par l'Union Touristique de la Creuse, entre le 15 Juin et le 1er Novembre 1965. Le thème en est : Creuse, Vacances heureuses. La Société offre, en tant que lot, des tickets d'entrée gratuite au musée pour la saison 1966.
— La direction générale des Lettres a attribué une somme de 500 francs à notre Société (contribution aux frais d'impression du dictionnaire Carriat).
— M. Dayras présente le catalogue de la vente des meubles du château de Saint-Maixant qui a eu lieu du 21 au 24 Août 1965.
— Il signale l'ouverture au public du château de Boussac, par M. Blondeau.
ARCHEOLOGIE :
Epoque préhistorique. — M. Dhéron signale la découverte par MM. Jingeaud et Lasnier, à l'extrémité nord du promontoire sur lequel s'élève le château de Crozant, d'un atelier de taille néolithique et notamment de pointes de flèches finement travaillées.
— M. le chanoine Courteau signale, à l'Est de la colline sur laquelle s'élevait le château de Barmont, commune de Mautes, sur une plate-forme granitique, un bloc en forme de poire appelé « menhir » dans la région, puis une pierre dite « pierre des sacrifices », présentant une série de bassins superposés et enfin, près du village de Le Puy, commune de Brousse, un entassement désordonné de rochers sur lequel est dressé un bloc quadrangulaire parfaitement vertical, de 3 m. de hauteur. Les vestiges feront l'objet d'une publication.
— M. Lefort communique une « Notice sur Saint-Pierre-Chérignat », qui indique qu'il a été découvert, dans cette commune, durant ces 40 dernières années, plus d'un millier de silex néolithiques et mésolithiques, une dizaine de haches néolithiques en silex ou en amphibolithe, un menhir, quatre tumuli.
Epoque gallo-romaine. — M. Dalbavie fait savoir qu'il a signalé à la direction des Antiquités historiques, la découverte, à Champagnat, de ce qu'il pense être un « fanum ».
— Le colonel Laporte indique que M. Pleynard, ingénieur des mines d'or de La Petite-Faye, lui a signalé la découverte, lors de travaux de nivellement effectués dans la propriété de M. Leblanc, à Ansannes, commune de Saint-Etienne-de-Fursac, d'une sorte de cave voûtée de 1 m. 80, de laquelle semblaient partir deux conduits taillés dans le tuf, peut-être fosses de mines gallo-romaines.
— M. le chanoine Courteau décrit les vestiges du lieu-dit « Le Champ des Meules », commune de Mautes, un mur d'urnes composé d'une douzaine de coffres ou de couvercles à double rebord dont il a parlé à la séance précédente et, dans le parc du château de Chard, deux sépultures à incinération.
Epoque médiévale et temps modernes. — M. Champagnat décrit la pierre de mesure de La Borne, commune de Blessac, appelée dans le village « pierre du seigneur » ou « boisseau du seigneur ». Sa note sera publiée.
— M. Chatreix signale une meule en granit, trouvée par M. Cassat, fermier de M. Fournol, à la Maison-Rouge (commune de Saint-Maurice-La-Souterraine), dans la terre dite « des Gasselières » (section C, n° 196 du cadastre).
— M. le chanoine Courteau signale dans la commune de Les Mars, au village de La Faye, lieu-dit « Champ des Pommiers », et au village de Bernicaud, des sarcophages de faible profondeur en forme de D majuscule, qui pourraient dater du VIIIe ou du IXe siècle, puis à Chamassy (commune de Rougnat), au Breuillet (commune de Mautes) et à Mavier (commune de Sermur), des sarcophages en forme de trapèze qui remonteraient au VIe siècle.
— Il indique que Bosvieux, après avoir décrit le château de Chard, donne le signalement des écuries « Deux nefs longitudinales, deux travées avec arc doubleau et voûte à quatre pendentifs ». M. le chanoine Landon, curé de Chard, pense que cette construction, assez éloignée du château, n'est pas une écurie mais une salle de chapitre ou un réfectoire de moines étant donné qu'il y a bien eu, à Chard, un prieuré dépendant de l'abbaye d'Ebreuil.
— M. le chanoine Courteau signale encore d'une part, à Mautes, une maison du bourg qui s'appelle « Le prieuré » : murs de 1 m. 50 d'épaisseur, vestiges d'escalier à vis, canonnière dans le mur ; d'autre part, le château de Barmont dont il reste une belle porte étroite avec colonnettes, une fenêtre à meneau et, dans une écurie, deux vastes cheminées superposées.
HISTOIRE. — M. le chanoine de La Cotardière communique une note, « Louis d'Ars contre le connétable de Bourbon » extraite de son ouvrage : Louis d'Ars, ami et compagnon de Bayard (Lecante, Guéret).
L'intérêt du récit, présenté de façon imagée, de l'arrestation par Louis d'Ars, personnage du Berry, « d'un émissaire du connétable de Bourbon, chargé par Hugues de Villelume de faire ses recommandations à Louis d'Ars » réside surtout dans le fait que plusieurs représentants de la noblesse marchoise du XVIe siècle y figurent : la grand-mère de Louis d'Ars : Philippe de La Celle ; sa mère : Françoise de Villelume ; son oncle : Hugues Ier de Villelume ; ses cousins Hugues II et Charles de Villelume ; enfin François de Montaignac, seigneur d'Etansannes (fief de Saint-Chabrais) chambellan du connétable. Un volume, édité par l'imprimerie Lecante à Guéret, Louis d'Ars, ami et compagnon de Bayard, va être édité (souscr. 20 F.).
— Mme Louradour poursuit l'étude de la commanderie de Charrières du XIVe au XVIIIe siècle.
— M. Calinaud a envoyé une note : Les Creusois à Tahiti, dans laquelle il précise que deux Creusois que les hasards de la vie militaire ont conduits en Polynésie dans la seconde moitié du XIXe siècle, se sont fait libérer sur place et se sont installés à Tahiti : l'un maçon, l'autre contrôleur de la police judiciaire. Tous deux ont fondé là, une famille et beaucoup de leurs descendants habitent les îles polynésiennes.
HISTOIRE DU DROIT. — M. Calinaud a envoyé une note : A propos d'un procès en recherche de paternité. Sa note sera publiée.
HISTOIRE DE L'ART. — M. Dayras signale la 3e exposition de tapisserie du musée d'Arras Aubusson 65.
— Il présente la plaquette d'Edith Desternes : Jean Guitton, peintre. Une présence d'âme (Ed. Cahiers Bourbonnais, Moulins 1964).
« L'auteur révèle l'artiste que double le philosophe et recherche ses sources d'inspiration : Les Evangiles, la Bible, les grands mystères de la religion, Dieu, la Trinité, Marie, les Apôtres, les Saints d'une part ; de l'autre : le monde des philosophes, celui de l'histoire, de la littérature qui l'inciteront à peindre la série des portraits, des « sommeils », des « confessions ». Du présent, il retient les visages qui excitent sa curiosité et, du passé, il tire les images qui le hantent, les rêves, les visions étranges ».
Des cartons de dessins, d'aquarelles, d'esquisses, de peintures de Jean Guitton, l'auteur reproduit dans cette plaquette : Une page du manuscrit Une mère dans sa vallée, Platon dans le vieil âge, Vierge et sainte Anne, Les quatre descendent du Thabor jusqu'au lac, et Jean Guitton par lui-même.
HISTOIRE LITTERAIRE. — M. Moluçon relève, d'une part, une mention sur le mariage et le séjour de Jules Sandeau parue dans les Annales de Nantes et du Pays nantais, numéro 131, et, d'autre part, un curieux autographe de cet écrivain sur un Livre d'or conservé à la Bibliothèque municipale de Nantes.
SÉANCE DU 18 NOVEMBRE 1965
Présidence de M. Hemmer, vice-président
Présents : Mmes Châteauvieux, Combarnous, P.-L. Grenier, Juillet, Lardy, Louradour ; Mlle Périne ; MM. Châtreix, Colas, le chanoine Courteau, Filloux, Hemmer, Louradour, Malterre, l'abbé Maillaud, Meysonnet, l'abbé Mirguet, le chanoine de Montaigut, archiprêtre de Guéret, Picouret, Robin.
Excusés : M. Dayras ; Mmes Dubreuil, Labetoulle, Lhuillier, Nicolas ; Mlle Lafaye.
Le procès-verbal de la séance précédente est adopté sans observation.
ADMISSIONS. — Mlle Nicole Dargnat, 70, rue Hoche, à Montreuil (Seine) ; Mme Gaudriot, chemin des Amoureux, Guéret ; Mlle Marcelle Luquet, Saint-Domet ; Docteur du Montant, à Fougeolles par Eymoutiers (Haute-Vienne) ; M. Michel Robin, documentaliste au lycée de jeunes filles de Guéret ; M. Rousseau, instituteur à Masbaraud-Mérignat ; M. Roger Salmet, 8, rue Léon-Vaudoyer, Paris 7e ; le Groupement de défense sanitaire du cheptel creusois, direction des Services sanitaires, 7, avenue Fayolle, à Guéret.
MUSEE. — Don : une tuile à rebords trouvée à Vaumoins, commune de Glénic.
COMMUNICATIONS DU PRESIDENT. — Le 91e congrès national des Sociétés Savantes se tiendra à Rennes du 1er au 5 Avril 1966.
— Mme Louradour rend compte de la visite en Creuse (20 Octobre 1965) de M. Delporte, directeur des Antiquités préhistoriques, circonscription d'Auvergne et Limousin, et précise son itinéraire et le but de sa visite : Saint-Pierre-Chérignat (un menhir récemment découvert, un tumulus déjà signalé, quelques haches néolithiques et de nombreux silex paléolithiques trouvés dans cette commune) ; La Martinèche, commune de Soubrebost (la pierre aux neuf gradins et les nombreuses pierres à bassins qui l'entourent) ; musée de Guéret (salle de préhistoire) ; Néoux (la stèle sculptée signalée par M. Dayras à la séance du 21 Mars 1963).
Sur l'initiative de M. Delporte, la Société demande le classement de cette stèle.
— M. Chatreix donne le compte rendu financier de l'excursion (Juin 1965) et le détail des frais d'impression des Mémoires (fascicule 1964).
HISTOIRE NATURELLE. — M. Ph. Ribière a envoyé une note : Une tortue capturée au Maupuy, près Guéret. Sa note sera publiée.
ARCHEOLOGIE :
Epoque préhistorique. — M. Alamy signale le menhir dit de « Pierre-Haute », à Pont, commune de Champagnat, qui ne paraît jamais avoir été signalé. Une note complémentaire sera publiée.
— M. Lacampagne a envoyé une note accompagnée de croquis sur certains mégalithes se trouvant au lieudit « Bois de Paret », commune de Fransèches. Il décrit notamment une roche grossièrement taillée et un monolithe dont la face supérieure rectangulaire comporte, en son centre, une croix et, sur son périmètre, une rainure et un rebord interrompus par un goulet d'écoulement.
— M. Le Hello a communiqué une hache polie en diorite trouvée à Aubusson, au « Chapitre », confirmation de l'occupation préhistorique de cette éminence (poids : 110 grs ; long. : 8 cm. 3).
EPOQUE GALLO-ROMAINE. — M. Pénicaud signale la découverte, par le groupe du T.C.F. de Limoges, à Lavaud, commune de Saint-Goussaud, dans un terrain appartenant à M. Léon Jacquemin, d'un coffre funéraire en granit du IIe siècle.
— Le docteur Maumy a envoyé une note : A la recherche d'Acitodunum.
De ce qu'Ahun était certainement la ville gallo-romaine la plus importante de la Creuse, l'auteur déduit qu'elle devait comporter les installations et les monuments caractéristiques dont elle devrait garder d'importants vestiges. Etudiant la configuration du terrain, il s'efforce de retrouver l'emplacement de la cité et de ses divers éléments qui devraient subsister sous le sol actuel, vers le château de Laschamps.
HISTOIRE. — M. Calinaud a envoyé une note : A propos de deux diplômes médiévaux : localisation d'une villa fornolis. Sa note sera publiée.
— M. Calinaud a envoyé une seconde note : Le sac de l'abbaye du Palais. Sa note sera publiée avec une étude sur les restes de cette abbaye.
— Mme Louradour poursuit son étude : La commanderie de Charrières, qui sera publiée.
HISTOIRE LITTERAIRE. — M. Bouquet cite une lettre de l'écrivain Jean-Richard Bloch, reproduite dans l'ouvrage d'Hélène Abraham : Jenny de Vasson, une figure de femme, 1872-1920. Cette lettre rend un hommage émouvant à Blondin, paysan creusois, tué le 4 Juillet (1917 ?) et sera publiée.
TOPONYMIE. — M. Pénicaud étudie le nom de lieu Cramarigeas, hameau de la commune de Glanges (Haute-Vienne) qu'il rapproche de celui de Pimpérigeas, hameau de la commune de Vallière (Creuse), étudié par M. Dayras à la séance du 21 Mai 1964 (supra, p. IL). La terminaison rigeas serait un prélatin qui signifie les rois, et serait alors associée curieusement à un mot de la langue limousine : cramar : brûler.