ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DU 19 JANVIER 1967
Le 19 Janvier 1967, à 14 h. 30, la Société s'est réunie en assemblée générale régulièrement convoquée. L'ordre du jour comportait le compte-rendu d'activité de l'exercice 1966 et le compte-rendu financier de cet exercice, ainsi que la désignation de deux membres honoraires.
Le Président donne lecture du rapport d'activité pour 1966 ; séances de travail, Mémoires, Dictionnaire bio-bibliographique, excursion, musée et fouilles. Ce rapport sera adressé à M. le Préfet de la Creuse et M. le Président du Conseil Général, ainsi qu'à M. le Chef du service des Lettres au Ministère des Affaires Culturelles, afin d'obtenir le maintien, et si possible l'augmentation des subventions accordées à la Société par ces deux organismes.
Il précise que le premier fascicule du Tome XXXVI des Mémoires est en cours d'impression, ainsi que la troisième livraison du Dictionnaire. La 38e excursion (26 Juin 1966) destinée à étudier une partie de l'ancienne Enclave poitevine, a été parfaitement réussie.
Il indique que le nombre des membres titulaires cotisants, non compris les membres à vie, est passé de 516 au 31 Décembre 1965 à 544 au 31 Décembre 1966.
MUSEE. — Des négociations sont en cours avec la ville de Guéret, dans le but d'aboutir à la création d'un poste de conservateur à plein temps, souhaitée depuis longtemps par la Direction des Musées de province. Ce conservateur serait rémunéré par la ville, mais la Société conserverait, conformément à ses Statuts, la gestion du Musée, au besoin au moyen d'un conseil de gestion commun. M. Boyer, Inspecteur général des Musées de province a visité le Musée le 22 Novembre 1966, et a exprimé sa très vive satisfaction des transformations déjà opérées.
COMPTES. — M. Chatreix, trésorier, présente les comptes de l'exercice 1966, y compris celui relatif au Dictionnaire, mais à l'exclusion du compte spécial du Musée. La balance s'établit avec un excédent à reporter de Frs = 1.693,45. M. Brunet et Mme Lardy sont désignés pour la vérification des comptes. Sur leur proposition, ces comptes sont adoptés à l'unanimité avec remerciements et félicitations au trésorier.
M. Chatreix présente le budget provisoire pour 1967, qui est adopté.
COMPTE SPECIAL DU MUSEE. — M. Hemmer, conservateur, présente le compte spécial du Musée, du 3 Décembre 1965 au 31 Décembre 1966. Ce compte présente un excédent de Frs = 9.169,30, en vue des transformations et réorganisations nécessaires. Ce compte est adopté et des remerciements particuliers sont adressés à M. Hemmer pour son action et sa gestion.
DESIGNATION DE DEUX MEMBRES D'HONNEUR. — Sur la proposition du Président, l'assemblée générale décide de conférer le titre de membre d'honneur de la Société à M. Jacques Levron, ancien archiviste départemental de la Creuse, Directeur des Services d'Archives à Versailles, auteur de nombreux livres d'histoire et d'importantes études à nos Mémoires, et à M. Raymond Christoflour, homme de lettres, qui a été l'historiographe du peintre Fernand Maillaud.
L'ordre du jour étant épuisé, la séance a été levée à 16 heures.
Le Président, Le Secrétaire, Le Trésorier, Maurice Dayras. P. Louradour. R. Chatreix.
SÉANCE DU 19 JANVIER 1967
Présidence de M. Dayras, président.
Présents : Mmes Chaix, Châteauvieux, Juillet, Lardy, Lhuillier, Louradour, Nicolas ; Miles Catinat, Dubreuil, Périne ; MM. Brunet, Châtreix, Colas, Dayras, Hemmer, Louradour, l'abbé Mayaud, l'abbé Mirguet, le chanoine de Montaigut, archiprêtre de Guéret, Novion, Ravasson, Urien.
Excusés : MM. le chanoine Courteau, Debize, Malterre ; Mme P.-L. Grenier ; Mlle Brunet.
Le procès-verbal de la séance précédente est adopté sans observation.
ADMISSIONS. — Amicale des Anciens Elèves de l'Ecole de Métiers du Bâtiment, à Felletin ; M. Roger Bourdet, comédien, 26, rue d'Estienne-d'Orves, 94, Maisons-Alfort ; M. Henri Delarbre, conseiller de l'ambassade de France, à Bruxelles ; M. Michel Dominique, instituteur, 5, avenue Louis-Pergaud, à Limoges ; M. Jean-Bernard Laurent, H.L.M. n° 44, rue Jean-Jaurès, Bourganeuf ; Mme Claudine Le Moal, 72, avenue Gaston-Boissier, 78 - Viroflay-les-Yvelines ; M. Eugène Meaume, rue des Hôtels, Boussac ; M. Jean-Henri Moreau, président-fondateur des Amis de Chassenon, 87 - Rochechouart.
DECES. — Nous avons à déplorer la mort de Mme Henri Labetoulle, directrice honoraire de l'école annexe de Guéret.
La Société présente à la famille de la disparue ses vives condoléances.
BIBLIOTHEQUE. — Don de M. Christoflour : son livre Fernand Maillaud (Paris, Magnard, 1966).
— Don de M. Pinchon : un article de la Vie Française, 14 Octobre 1966 (La Creuse ne veut pas devenir incurable).
MUSEE. — Don de M. Dayras : médaille du professeur Favard.
— Don du Musée de Saint-Germain-en-Laye : moulage du Léo-Lupus.
EXPOSITION. — Exposition des peintures de Jean Bougret au cours de l'été 1966 (château de Boussac) et, du 25 Novembre au 11 Décembre de la même année, à la mairie de Guéret.
COMMUNICATIONS DU PRESIDENT. — Le Président relate la visite au Musée, le 21 Novembre, de M. Delporte, directeur des Antiquités Préhistoriques de notre circonscription, conservateur au Musée de Saint-Germain-en-Laye.
Il a été procédé à l'examen des silex découverts à La Vaugelade et dans les communes de Saint-Eloi et Saint-Victor, recueillis par MM. Urien et Ravasson.
Une autorisation nous a été donnée pour les fouilles à réaliser à La Vaugelade.
— Il fait part de l'inspection du Musée, le 22 Novembre, par M. Boyer, inspecteur général des musées de province, qui a bien voulu exprimer sa surprise et sa vive satisfaction devant les nouvelles présentations réalisées par M. Hemmer et Mme Nicolas.
— Les fouilles au Puy-de-Gaudy, pour lesquelles une demande avait été faite mais non satisfaite en 1966, seront autorisées en 1967, selon l'assurance donnée par M. Vatin, directeur des Antiquités Historiques de notre circonscription.
— Le 22 Décembre s'est tenue, à Limoges, sur la demande de M. Juillet, préfet régional, une réunion des responsables des Sociétés Savantes du Limousin (Haute-Vienne, Corrèze, Creuse) tendant à mettre en œuvre l'inventaire général des monuments et richesses artistiques de la France, demandé par le ministère des Affaires Culturelles.
Il a été constaté que la Creuse, grâce aux études publiées à nos Mémoires, se trouvait être dans un très bon rang pour la réalisation de cet inventaire officiel.
— Le Président donne enfin des précisions sur les stages destinés aux personnes qui désirent acquérir une formation pour les fouilles archéologiques.
COMMUNICATIONS
ARCHEOLOGIE :
Epoque préhistorique. — M. Ravasson présente une série de silex trouvés aux Mazères, commune de Saint-Eloi au voisinage de restes qui pourraient être un dolmen, à La Vaugelade, et une hache polie provenant de Bussière, commune de Saint-Victor.
— M. Dayras présente le croquis d'une pierre anthropomorphe, en granit du pays, à la tête et aux épaules nettement dessinées, haute de 0 m. 95, qui semble avoir été postérieurement christianisée par la sculpture d'une croix, mais semble antérieure à l'ère chrétienne. Cet objet se trouve actuellement renversé sur le bord de la voie romaine secondaire (diverticule sud de la voie impériale) au Nord du village du Mazeaublanc, commune de Néoux. Il est à rapprocher de la stèle à visage humain, de Néoux, dont la photographie contrastée a été présentée à notre séance du 21 Mars 1963 (Mém. XXXV-XIV).
Ces deux objets méritent une protection.
Epoque gallo-romaine. — M. Urien présente une tegula (tuile à rebords) provenant des restes gallo-romains de La Vaugelade, portant l'empreinte d'une patte qui paraît être celle d'un chat, alors qu'il est généralement admis que cet animal n'existait pas en Gaule à cette époque.
— M. Novion présente le croquis des restes du lavoir ou abreuvoir qu'il a, avec une équipe, dégagé en 1966, au camp des Chastres, près Aubusson (longueur, 22 m. ; largeur moyenne, 3 m. 50) revêtu sur trois côtés d'un appareil assez régulier. Cet ouvrage ne paraît pas avoir eu une utilisation agricole et pourrait être en rapport avec le camp.
Epoque médiévale. — M. Dayras présente le dessin d'une belle cheminée monumentale de granit du XIVe ou XVe siècle, aux armes de la famille de Lhermite, provenant de l'ancien château démoli de Soliers, commune de Janaillat, et réédifiée au chef-lieu de cette commune (maison Dupuy).
HISTOIRE. — M. Dayras donne le résumé d'une communication qu'il prépare pour le prochain congrès des Sociétés Savantes, sur l'évolution de la population d'Aubusson du XVIIe au XVIIIe siècle.
— M. le comte de Chabannes-Lapalisse a communiqué la copie, extraite de ses titres de famille, du contrat de mariage de Françoise de Blanchefort, dame de Boislamy, avec Jean de Chabannes-Curton, d'où il résulte que Françoise de Blanchefort était âgée seulement de 14 ans à la date des noces (1497 A.S.). M. Dayras fait remarquer qu'il s'ensuit que Françoise de Blanchefort, contrairement à ce qu'il avait écrit dans ses Réflexions sur les origines de la Tenture de la Dame à la Licorne (Paris, Imp. Nat., 1965, Congrès Soc. Sav., Clermont-Ferrand 1963), n'était qu'une enfant de 2 ou 3 ans, lors du séjour de Djem au château de Boislamy (Juin 1484-Juin 1486).
HISTOIRE DE L'ART. — Mme Lecointre de Montessus a envoyé la fin de son travail : Thèse de l'Ecole du Louvre, 1936, sur les rétables et tabernacles sculptés des XVIIe et XVIIIe siècles, dans les églises de la Creuse. Ce travail, qui contient l'inventaire et la description de ces sculptures, permettra de mesurer l'ampleur des regrettables destructions opérées ces dernières années. Il est déposé aux Archives départementales.
— Mme Quétin née Pierre communique les positions de sa thèse de l'Ecole des Chartes, soutenue le 26 Mars 1966 et ayant pour sujet : Le métier de tapissier à Aubusson et à Felletin jusqu'en 1965.
— Mme Louradour répertorie les reliquaires des églises creusoises, dépendant de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem aux XVIIe et XVIIIe siècles.
A cette époque, chacune de ces églises en possède au moins un et l'église de Bourganeuf treize. Ces reliquaires renferment des reliques qui ne sont pas spécialement celles de saint Jean. Parfois, les reliques disparaissent et, quelques années plus tard, sont remplacées par d'autres. Cet inventaire comprend la forme des reliquaires, le matériau qui les compose, la description de l'ornementation et la nature des reliques.
— Mme Louradour étudie ensuite les reliquaires se trouvant, au XIXe siècle et au début du XXe, dans les églises de la Creuse, en essayant d'en établir l'inventaire. Sa note sera publiée.
— M. Dayras communique la photographie d'une tapisserie d'Aubusson portant la mention : P.C.M.R. D'AUBUSSON (hauteur, 2m. 80 ; longueur, 3 m. 10), représentant Judith et un serviteur devant la tête d'Holopherne, personnages à genoux ; au fond, camp et tentes d'Holopherne. Cette tapisserie d'époque Louis XIV appartient à M. Jean Mora, avoué à Riom (1967).
SÉANCE DU 16 MARS 1967
Présidence de M. Dayras, président
Présents : Mmes Chaix, Châteauvieux, Combarnous, Dudoussat, Juillet, Lardy, Lhuillier, Louradour ; Mlles Catinat, Périne ; MM. Châtreix, Colas, le chanoine Courteau, Dayras, Hemmer, Louradour, Novion, Malterre, l'abbé Mayaud et l'abbé Mirguet.
Excusés : Mmes Péchalat et Messin ; Mlle Dubreuil ; MM. Messin et Picouret.
Le procès-verbal de la séance précédente est adopté sans observation.
ADMISSIONS. — Mme Christiane André, à Champseaux, Peyrat-le-Château (87) ; M. le docteur Durand, vétérinaire à Saint-Vaury ; Mme Marie Rigaud, La Celle-Dunoise ; M. Alfred Lemoux, 18, Grande-Rue, Evaux-les-Bains.
DECES. — La Société a eu à déplorer les décès de M. Dutheil, ex-sous-archiviste de la Creuse, et ex-secrétaire adjoint de la Société ; de M. Raymond Limouzin-Lamothe, historien, auteur de deux volumes sur le diocèse de Limoges, et celui de M. Félix Terrade.
La Société présente aux familles des disparus ses vives condoléances.
BIBLIOTHEQUE. — La Société a reçu : — La Revue Archéologique du Centre, Juillet-Septembre 1966 (numéro 19). — De M. Pierre Villard, sa thèse (diplôme d'études supérieures d'histoire du droit) : Les justices seigneuriales dans la Haute-Marche aux XVIIe et XVIIIe siècles. — De M. Lugagne : Contribution à la microflore fongique de l'Auvergne.
MUSEE. — M. Hemmer annonce que le dessin du Musée de Guéret, portrait de Mme Ingres, sera exposé à Montauban.
COMMUNICATIONS DU PRESIDENT. — M. Dayras donne lecture des lettres de remerciements envoyées par M. Levron, conservateur en chef, directeur des services d'archives de Seine-et-Oise, et par M. Raymond Christoflour, élus membres d'honneur de la Société.
— Il fait part de la réponse du Conseil Général aux demandes d'augmentation de subventions ; ces dernières sont passées de 2.000 à 2.200 francs au profit de la Société des Sciences et de 500 à 600 francs au profit du Dictionnaire bio-bibliographique des auteurs du pays creusois.
— Il indique qu'un groupe de sociologie rurale du Centre d'Etudes Sociologiques (C.N.R.S.) a réalisé en France huit études dont l'une sur Saint-Silvain-Bellegarde.
— Il propose la date du 25 Juin pour l'excursion annuelle de la Société. La Société visitera le chantier de fouilles d'Argenton.
— Il fait savoir qu'avec l'autorisation de M. Barre, les fouilles au Puy-de-Jouer vont être effectuées par M. Chaussade, avec la collaboration du T.C.F. (section de Limoges).
— M. Novion signale le mauvais état de la tapisserie de l'église de Paulhac et de deux statues à Mareille-au-Prieur.
COMMUNICATIONS
ARCHEOLOGIE :
Epoque préhistorique. — Mme Louradour signale, à Bournazeau, commune de Saint-Fiel, la découverte, par l'entrepreneur qui effectuait des travaux de terrassement en vue de la construction d'une maison, d'un souterrain comprenant trois salles creusées dans le tuf et le roc.
Deux salles sont remblayées, l'autre vide mesure 2 m. 20 de longueur, 1 m. 80 de largeur et 1 m. 60 de hauteur. L'ouverture de la galerie qui les relie a 0 m. 80 sur 0 m. 55. Dans les déblais ont été trouvés des fragments de poterie peu épaisse, à engobe intérieure et extérieure noire, des pierres avec traces de feu, des fragments de silex brut. Lors de la création de la route, il y a plusieurs années, il avait été trouvé deux haches en pierre polie.
— M. Hemmer fait part de la lettre de M. Vernioles, relative à l'analyse par le laboratoire de pétrographie de la Sorbonne d'un échantillon de granit vitrifié provenant du puy de Gaudy.
Epoque gallo-romaine. — MM. Dayras et Novion signalent une pierre d'angle en granit, trouvée à La Cube (commune d'Aubusson), dans les ruines gallo-romaines d'une villa signalée par C. Pérathon (Mém. VII, pp. 260-65). Cette pierre d'angle, malgré son importance, paraît avoir été une pierre d'écoulement des eaux, à l'un des angles de la villa (dimensions : 0 m. 90 × 0 m. 90, avec canal ouvert).
Epoque médiévale. — Mme Louradour signale que la pierre qui porte les armes d'Elisabeth d'Aubusson de La Feuillade, et qui était encastrée dans le mur d'une galerie de l'abbaye de La Règle, à Limoges, a été, lors de la démolition de cet édifice, remise, bien que légèrement détériorée par la dépose, au Musée municipal de Limoges, plus précisément au musée lapidaire, dans l'ancienne orangerie de l'évêché.
HISTOIRE. — M. E. Panet a communiqué une note sur les limites de l'Enclave poitevine à La Chaud, commune de Gentioux, limites passant entre La Chaud-Couraud (dans l'enclave) et la Chaud-Fauveix (hors de l'enclave).
— M. Chatreix lit deux déclarations de grossesse (1768-1769) à la justice de Bridiers. Aux dépositions faites par deux jeunes servantes accusant leur patron d'être responsable de leur état, le lieutenant de la juridiction de la vicomté de Bridiers répond en enjoignant aux plaignantes d'avoir soin de l'enfant à naître.
HISTOIRE DE L'ART. — M. Dayras signale la vente au palais Galliera (9 Mars 1967) d'un Paysage de la Creuse, de Guillaumin (22.000 francs) et d'une gouache d'Utrillo : La chapelle du Puy à Bourganeuf, 1927 (19.100 francs).
— M. Hemmer fait part du colloque des conservateurs d'antiquités et d'objets d'art qui s'est tenu à Chartres, en Février 1967. Si le colloque de 1966 s'était élevé contre la disparition d'objets mobiliers dans les églises, celui de Février 1967 s'élève contre les transformations inconsidérées auxquelles procèdent des personnes mal informées, et fait remarquer que les mobiliers dont les éléments, même s'ils ne servent plus, tirent leur valeur de la place très précise qu'ils occupent dans la composition architecturale et décorative de l'édifice ; que hors de cette place ils perdent jusqu'à la raison d'exister et sont un rebut de boiseries, de plâtres ou de ferronnerie, rebut voué, un jour, à une liquidation certaine ; que, d'autre part, le déplacement d'un de ces éléments dépareille et détruit l'ensemble et qu'il est nécessaire d'étendre les moyens mis à la disposition des conservateurs pour empêcher ces démembrements qui équivalent à des destructions.
HISTOIRE LITTERAIRE. — M. Dayras présente le volume de M. E. Panet : Les roses galactiques (Paris, 1966, éd. Revue Moderne).
FOLKLORE. — Mme Louradour lit la fin de son étude sur La vannerie creusoise.
Après avoir rappelé qu'au XVIIe siècle, des visiteurs de commanderies de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem demandaient au tenancier du four banal qu'ils visitaient de refaire des corbeilles à pain, après avoir noté qu'au XVIIIe siècle, la hotte était, en Creuse, une mesure pour raves, pommes, poires, carottes, châtaignes, elle relève différents noms de paniers, décrit ces récipients et note la confection, au siècle dernier, de jouets en vannerie.
— Elle relève des dictons, des coutumes, des comtines enfantines se rapportant à la hotte ou au panier. Elle cite un document de 1786 sur lequel un notaire creusois a apposé son cachet représentant un personnage et une hotte. Elle termine par des légendes.
SÉANCE DU 25 MAI 1967
Présidence de M. Dayras, président
Présents : Mmes Aumasson, Chaix, Châteauvieux, Lardy, Louradour ; MM. Châtreix, Colas, Dayras, Debize, Filloux, Hemmer, Louradour, l'abbé Mayaud, l'abbé Mirguet, le chanoine de Montaigut, archiprêtre de Guéret, Novion, Picouret, Urien.
Excusés : Mme Juillet ; M. le chanoine Courteau, M. Malterre.
Le procès-verbal de la séance précédente est adopté sans observation.
ADMISSIONS. — M. Georges Chazaud, peintre-cartonnier, Moulin de La Betoulle, Saint-Sébastien (Creuse) ; Mme M.-A. Dostes, 59, rue Camille-Pelletan, 33 - Talence ; M. Henri Patureau, négociant, Azérables ; M. Marcel Pénot, Pissaloup, commune de Saint-Sulpice-le-Guérétois ; M. Petit, notaire, 2, rue Saint-Jean, Aubusson ; M. Maurice Tétaz-Montoux, président de la Caisse Départementale de Crédit Agricole, Guéret.
FELICITATIONS. — Des félicitations sont adressées à M. Marius Vazeilles, président d'honneur de la Société Lettres, Sciences et Arts de la Corrèze, qui vient d'être nommé chevalier des Arts et Lettres, et à M. Maurice Robert, président de la Société d'Ethnographie du Limousin et de la Marche, qui a récemment obtenu le titre de docteur en ethnologie.
DECES. — La Société a à déplorer la mort de M. A. Clergeau, membre du Conseil d'Administration de la Société des Amis du Musée ; de M. de Fonjaudran et de M. Pruchon.
— A Vallière, le 23 Février 1967, est décédé le peintre Edouard Degaine, auteur de cartons de tapisseries remarquables dont l'une a été acquise en 1914 par le Musée des Arts Décoratif (Verdure, n° 158 de l'Exposition Cinq siècles de Tapisseries d'Aubusson à Paris 1935).
La Société présente aux familles des disparus ses vives condoléances.
BIBLIOTHEQUE. — Nous avons reçu : — La Revue Archéologique du Centre (n° 20, Octobre-Décembre 1966). — De M. Chaussade, les rapports des fouilles effectuées par le groupe d'archéologie du T.C.F. à Lavaud (commune de Saint-Goussaud), à Linard (commune de Soubrebost), et à Sauriat (commune de Faux-Mazuras). — De M. Paul Fitte : Le guide de géologie de la Haute-Vienne (Imp. Bontemps, Limoges, 1961). — De l'auteur Mlle J.-A. Lelarge : les vers et la musique de son poème : Hif, hou, hou ! et le texte en vers de sa Légende de la rigole du Diable.
EXPOSITIONS. — Il faut signaler : — A Paris, Galerie Bernheim (5-18 Avril 1967), exposition comprenant des toiles d'Yvette Etienne. — A Fresselines, à « La Grange » (7 Mai-Octobre 1967) Gaston Thierry expose ses œuvres récentes : peintures, dessins et tapisserie d'Aubusson. — Dans le cadre des Floralies internationales, le Musée d'Orléans présente une exposition de tapisseries sur le thème du règne végétal qui comprend plusieurs tapisseries d'Aubusson dont trois du XVIe siècle provenant de la collection de la mairie d'Anglards-de-Salers (Cantal) : Cygne tenant un serpent (2,67 × 3,91) ; Le caméléon (2,40 × 2,85) ; Les licornes (2,71 × 4,65) ; deux verdures du XVIIIe siècle (collection du château de Compiègne) ; douze tapisseries contemporaines, tissées aux ateliers Pinton et signées Maurice André, Lucien Coutaud, René Fumeron, Camille Hilaire, Claude Idoux, Hervé Lelong, Jean Lurçat, Charles-Edouard Le Corbusier, Mathieu Matégot, Yves Millecamps, René Perrot, Ossip Zadkim ; une tapisserie de Jean Picart-Le-Doux tissée aux ateliers Hamot. — A Paris, à « La Demeure », exposition de M. Tourlière, directeur de l'Ecole Nationale d'Art Décoratif d'Aubusson (24 Mai-17 Juin).
MUSEE. — Don par M. le chanoine de Montaigut, archiprêtre de Guéret : la plaque de bronze de Saint-Martin-Sainte-Catherine ; et par Mme Aumasson : un manuel des pénitents blancs d'Ahun (1772).
COMMUNICATIONS DU PRESIDENT. — Le Président donne lecture de sa communication : La population d'Aubusson du XVIIe au XIXe siècles, présentée au congrès national des Sociétés Savantes (Strasbourg, 31 Mars-4 Avril 1967).
— Il indique que, lors du 27e congrès de la Fédération des Sociétés Savantes du Centre (Aurillac, 20-22 Mai 1967), il présenta une communication intitulée : Qui était le marquis de Carabas ?
— D'autre part, la 125e session du Congrès Archéologique de France, dirigée par la Société Française d'Archéologie, s'est ouverte à Nevers le 22 Mai 1967.
— La revue Etudes Rurales demande que lui soient indiqués les organismes qui, dans le département, se consacrent exclusivement ou principalement à des recherches fondamentales ou appliquées en économie, sociologie, géographie, histoire, ethnologie et psychologie des campagnes.
— L'excursion annuelle de la Société (25 Juin 1967) aura pour itinéraire : Rhodes (château), Chassingrimont (château), Chazelet (château et église), Argenton et Saint-Marcel (Indre) (église et fouilles).
— M. Hemmer annonce qu'une subvention de 1.000 francs a été accordée par le Conseil Général en vue de l'établissement de l'inventaire général des monuments et richesses artistiques de la France.
COMMUNICATIONS
ARCHEOLOGIE :
Epoque préhistorique. — M. le docteur Gizardin a envoyé une note sur la chaussée et l'hypogée du Mas-Sebrot (commune de La Chapelle-Taillefert), au lieu-dit « Chez Lafarge », signalé par M. Ravasson. Sa note sera publiée.
Epoque gallo-romaine. — M. Chaussade nous a signalé la curieuse statuette de granit contenue dans une niche d'une maison moderne, au village des Bourdeix, commune de Monboucher. MM. Dayras et Novion ont examiné cette statuette qui a été dessinée puis photographiée par notre collègue, M. Chaussade. Haute de 40 cm. environ, la tête est rejetée en arrière, le bras droit replié sur la poitrine, le bras gauche brisé. L'ensemble est très comparable à la statuette du « petit pâtre », d'époque gallo-romaine, trouvée en Loir-et-Cher et publiée page 322 (photo) de la Revue Archéologique du Centre (Octobre-Décembre 1966).
— M. le chanoine de Montaigut présente le poignard de La Teixonnière, commune de Saint-Martin-Sainte-Catherine. Cet objet a été trouvé en 1907 par M. Frédéric Poyet, au lieu-dit « Châtreix », dans le coffre de granit d'une sépulture à incinération, avec un anneau d'argent, parmi les ossements et les cendres. Il est décrit à nos Mémoires, T. XXVIII, p. 262.
Ce petit poignard de bronze, à lame de fer, est long de 17 cm., dont 7 cm. pour la poignée et 10 cm. pour le fourreau. Sa fusée, en forme de croix, part du milieu de la garde. Son pommeau est constitué par une main qui sort d'une sorte de manchette échancrée et qui tient du bout des doigts une petite boule.
— M. le chanoine de Montaigut présente une plaque de bronze (0 m. 25 sur 0 m. 57) qui était clouée sur la porte d'une maison de cultivateur du hameau de Villards (commune de Saint-Martin-Sainte-Catherine). Cet objet intéressant peut être d'époque gallo-romaine, mais paraît plutôt une copie d'après l'antique exécutée sous la Renaissance. Il a été déjà signalé à nos Mémoires (séance du 16 Novembre 1950). Il en est fait don au Musée.
Epoque médiévale. — Mme Aumasson signale l'intérêt des églises de Chamberaud et de Fransèches et d'une maison ancienne à Champs (commune de Fransèches).
— M. le chanoine Courteau donne lecture de la description de l'église de Sermur en 1858, d'après les carnets de Bosvieux. Cette église comportait une nef unique à trois travées, séparées par des arcs doubleaux plein cintre, terminée par une abside semi-circulaire (XIIe siècle), éclairée par une baie plein cintre ornée, à l'intérieur, d'un tore reposant sur deux grosses et courtes colonnettes dont les chapiteaux représentaient un animal fantastique et, à l'extérieur, d'un cordon de billettes.
Le portail, en tracé légèrement brisé, comprenait trois arceaux et une arcade intérieure polylobée (cinq lobes). Cette église a été démolie.
— M. le chanoine Courteau donne également lecture de la description, d'après les carnets de Bosvieux, du reliquaire en cuivre émaillé (XIIe siècle) qui existait à Pourrioux (commune de Saint-Pierre-Chérignat).
C'était une châsse rectangulaire sur pieds, avec toit à double pente surmonté d'une galerie.
Dans un fond de rinceaux dessinés dans le cuivre et courant sur un fond d'émail bleu, avec des fleurons d'émail rouge, vert, jaune, bleu clair se détachaient, sur le toit, le Christ assis bénissant et quatre apôtres ;
sur la plaque de face, quatre apôtres dont saint Pierre ;
sur un des pignons, saint Paul tenant le glaive et un livre ;
sur l'autre pignon, saint Pierre avec ses clés ;
sur les revers, quatre anges ailés gravés au trait.
— M. Debize présente les photos prises à Saint-Pierre-le-Bost, de l'église et de la croix de pierre située devant cet édifice, d'une croix sculptée de carrefour et d'un meuble bas dont les deux portes et les faces latérales sont ornées de sculptures gothiques. Ce meuble est utilisé comme autel.
HISTOIRE. — M. Calinaud, sous le titre Villages disparus, a établi d'après le dictionnaire de l'abbé Lecler, un répertoire des habitats disparus dans notre département. Ce travail sera complété par les renseignements qui sont demandés par l'auteur à M. Hemmer.
— M. Calinaud a envoyé une importante note sur la date des premières mentions de Bourganeuf qui sera publiée.
— Mme Louradour communique une note : Les conventionnels creusois et la mort de Louis XVI, d'après l'ouvrage d'Arthur Conte, Sire, ils ont voté la mort (Imp. R. Lafont, 1966, 6, place Saint-Sulpice, Paris 6e).
Après une notice succincte mais ironique sur la vie des conventionnels où Coutisson-Dumas est traité de corbeau à la voix grasseyante, Barailon, de renard, Huguet, de robespierriste, Texier d'homme sans ambition, Guyès, de grand malade, Debourges, de bon bourgeois, il est noté que Guyès seul vote la mort immédiate, Huguet seul, la mort avec sursis, Coutisson-Dumas, Jorrand, Baraillon, Texier réclamant l'indulgence et Debourges ne votant pas. Sur les 88 départements français, la Creuse est le 79e votant. Après elle le scrutin s'établit ainsi : votants 661, majorité absolue 331, pour la mort immédiate, 331.
Le scrutin final aura d'ailleurs la même physionomie.
— M. le chanoine de Montaigut communique trois lettres de Jacques-Antoine Chassoux, premier sous-préfet de Bourganeuf, relatives au sacre de Napoléon Ier (2 Décembre 1804).
Elles précisent notamment la durée du voyage Bourganeuf-Paris (5 jours), le prix de la location mensuelle d'une chambre à Paris (50 francs). Elles notent l'éclat resplendissant de la capitale où se trouvent rassemblés l'empereur, l'impératrice, la cour, le pape, les généraux, les ministres, pour la cérémonie du sacre qui dura plus de dix heures.
Après une absence de 24 jours, Antoine Chassoux annonce la joie qu'il éprouve de quitter « cette immense fourmilière parisienne » et de retrouver avec Bourganeuf « la vie paisible de nos campagnes ».
HISTOIRE DE L'ART. — M. Dayras signale l'intérêt exceptionnel d'une verdure du XVe siècle (hauteur 1 m. 87, largeur 3 m. 53), provenant, à l'origine, du château de Saint-Marc-à-Frongier et qui a été exposée à Arras en 1963, sous le numéro 9, dans la présentation Tapisseries d'Aubusson et de Felletin.
Cette pièce à « bêtes et feuillages » est certainement l'une des plus anciennes identifiables des ateliers marchois et il serait capital de la conserver soit à Aubusson, soit à notre Musée.
Elle est exposée à la Maison du Vieux Tapissier à Aubusson, pour l'été 1967.
SÉANCE DU 21 SEPTEMBRE 1967
Présidence de M. Dayras, président
Présents : Mmes Bizot, Chaix, Châteauvieux, P.-L. Grenier, Juillet, Lardy, Lhuillier, Messin ; Mlle Périne ; MM. Caillat, Châtreix, Dayras, Hemmer, Louradour, Malterre, l'abbé Mayaud, le colonel Messin, l'abbé Mirguet, Pageot, Picouret.
Excusés : Mmes Combarnous, Louradour, Nicolas ; Mlle Lafaye ; M. le chanoine Courteau.
ADMISSIONS. — Colonel Louis Bernard, 97, boulevard Jean-Jaurès, Fresnes (94) ; Mme Bizot, 33, route de Courtille, Guéret ; M. André Boyer, retraité, Fresselines ; M. Gaston Crépiat, Lascaux par Moutier-Rozeille ; M. le Dr Gizardin, 39, rue Hoche, Limoges ; M. Gilbert Fauvet, secrétaire de mairie, Saint-Sébastien ; Mme Gaudon, institutrice, Felletin ; M. Yann Gauthier, étudiant, 25, rue de Vouillé, Paris (XVe) ; M. Raymond Gonnot, carrossier, Dun-le-Palestel ; M. André Magdinier, trésorier principal des Finances, 96, boulevard Barbès, Paris (XVIIIe) ; M. Alain Montpeyroux, étudiant à La Villetelle ; M. François Tabourdeau, ingénieur, avenue du Dr-Bord, Dun-le-Palestel.
DECES. — Nous avons à déplorer la mort de M. René Pasquet, de Guéret, et de M. Pérol, d'Auzances.
La Société présente aux familles des disparus ses vives condoléances.
BIBLIOTHEQUE. — Nous avons reçu : — La Revue Archéologique du Centre (Avril-Juin 1967). — Une notice sur l'abbé d'Aubignac, de M. de Montpeyroux.
COMMUNICATIONS DU PRESIDENT. — Le Président signale que les trois prix de l'Association Jean Guitton ont été décernés pour la première fois cette année. Le jury, présidé par M. Maurice Genevoix, de l'Académie Française, a attribué deux prix à deux élèves du Lycée d'Aubusson et le prix principal destiné à récompenser l'œuvre littéraire, artistique ou scientifique servant à la formation de la jeunesse creusoise, à M. Amédée Carriat pour son Dictionnaire bio-bibliographique des auteurs du pays creusois et des écrits le concernant.
— Il sollicite du C.N.R.S. une subvention en faveur de ce dictionnaire, en faisant remarquer l'intérêt que représente la parution de la totalité de l'ouvrage, l'augmentation considérable des frais d'impression et en regrettant la réduction de moitié de la subvention accordée par le ministère des Affaires Culturelles (250 francs au lieu de 500 francs).
— Il signale, à l'église du Moutier-d'Ahun, la réfection de la couverture du chœur et des chapelles du XVe siècle, divers travaux à la croisée du transept et à la coupole, et la mise au jour de deux colonnes romanes et d'une pierre tombale portant la date de 1731.
— Il donne lecture de sa lettre adressée à M. le Conservateur régional des Bâtiments de France, par laquelle il déplore les travaux effectués à la maison dite « du Bailli », sise à Felletin, inscrite façades et toitures à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques : destruction de la partie XVIIIe siècle, suppression des grilles anciennes des ouvertures moulurées du XVe siècle et apposition d'éléments parasites sur les façades.
— Il indique qu'il serait souhaitable de choisir un emplacement autre que la place de Rougnat pour la construction du foyer rural, afin de ne pas nuire au site comprenant l'église et ses abords.
— Il signale que le château de Sainte-Feyre a été ouvert au public durant cet été et que, dans trois salles du château de Boussac, ont été présentées des tapisseries tissées, à Aubusson par les ateliers Goubely-Gatien, d'après les cartons d'un Creusois : Georges Chazaud.
— Il déplore que le site classé « du Chapitre », emplacement d'une forteresse où se révèlent les trois antiquités préhistorique, gallo-romaine et féodale, ainsi que celui du Marchedieu, en partie classé et en partie inscrit, ne soient pas préservés par une servitude non aedificandi et qu'une construction vienne contribuer à défigurer ces deux sites caractéristiques d'Aubusson.
— Il signale, d'autre part, à Aubusson, le résultat des fouilles effectuées par les Amis d'Aubusson : mise au jour de murs, découverte d'une clef et de fragments de poteries noires, datant de la Tène, au voisinage des ruines du château.
— Il annonce la parution de deux livres, dont les auteurs sont des Creusois : En ouvrant les yeux, de Robert Gallitre, et La Politique dans le département de la Creuse, de Jean-Pol Dumont, avec préface de M. Erignac, préfet de la Creuse, et de M. Pauly, président du Conseil Général.
— M. Hemmer annonce que la Direction des Archives de France accorde à la Société une subvention de 350 francs.
COMMUNICATIONS
ARCHEOLOGIE :
Epoque préhistorique. — M. Dayras signale une hache polie, appartenant à M. Lartigaud, découverte à La Feuillie, près Aubusson (commune de Saint-Amand), parcelle n° 146, section Chez Ruchon, et présentant les caractéristiques suivantes : poids, 1 kg. 130 ; longueur maximum, 24 cm. ; largeur maximum, 7 cm. 5 et minimum 2 cm. ; épaisseur maximum, 4 cm. 5.
— M. Urien présente son deuxième rapport de recherches effectuées à La Vaugelade. Il a recueilli un grand nombre de pièces de silex : 1.174, dont 25 sur la rive gauche du Thaurion et 1.149 sur la rive droite.
Ce sont des fragments d'outils (biface, pointes de flèche, tranchant de hache), façonnés dans des silex variés (blond, ocre, gris, noir, jaspé). Le rapport sera publié.
Epoque gallo-romaine. — M. Urien a recueilli, d'autre part, à La Vaugelade, des fragments de poterie grossière (200 tessons environ, cols ou fonds de pots, marmite tripode), quelques fragments de poterie sigillée ornée de demi-oves, plantes aquatiques à tiges sinueuses, feuilles en cœur allongées ou en palmettes ; des tuiles à rebord, un col d'amphore, des débris de verre bleuté dont un col de flacon et un petit bronze non identifiable.
— M. Moreau signale, au lieu-dit « Le Bois-des-Corbeaux », parcelle n° 320, section E, au village de l'Etang, commune de Le Compas, la découverte d'un ossarium de granit, de forme cylindrique pour le coffre et conique pour le couvercle (hauteur totale 93 cm., diamètre 50 cm.). La cavité (diamètre 25 cm.) contient un vase en poterie rouge présentant des figures en relief et des motifs décoratifs et renfermant cendres et ossements. Dans le voisinage immédiat de l'ossarium, se trouvaient des tessons de poterie, des fragments de vases en verre et des clous.
— M. Calinaud signale, au site du Suchet, village du Breuil, commune de Morterolles, parcelle 283, section B, au lieu-dit « Le Cloux », la découverte d'un coffre d'ossarium, sans son couvercle. En granit, ce coffre de plan circulaire a 60 cm. de diamètre, un bourrelet, une cavité de 22 cm. de diamètre pour 11 cm. de profondeur.
— M. le Dr Moreigne et M. Alamy ont découvert deux cippes anépigraphes : l'un parallélépipède, avec moulures, à Bussière-Vieille ; l'autre, tronc de pyramide quadrangulaire, à Montmoreau, commune de Saint-Priest-d'Evaux, au lieu-dit « des Pelades », appartenant à M. Lavergne.
— MM. Rigaut et Saintrapt signalent, à Saint-Maixant, la mise au jour par les Ponts et Chaussées, lors de l'élargissement d'une route, des vestiges d'une villa gallo-romaine avec de nombreuses tuiles à rebords, des cols et des fonds de poteries, certaines dites de Lezoux.
Epoque indéterminée. — Trois souterrains ont été signalés : l'un par MM. Montpeyroux et Sourioux, à La Villetelle ; le second par MM. Recoing et Rebière, à Mérinchal, près Le Mazeau, parcelle dite « La Fat », appartenant à M. Boulaud, et le troisième, par M. Caillat, à La Bussière, commune de Lafat.
Epoque médiévale. — MM. Caillat et Janot signalent à Paulhac une crypte du XIIe siècle. Située sous l'emplacement de l'ancien château et dite « Cave de la Commanderie » elle est parallèle au côté nord de l'église et distante de 25 m. ; elle mesure 7 m. 80 sur 6 m. Voûtée en plein cintre, son pilier central paraît porter la date de 1197 ; son chapiteau à tailloir est orné de feuilles d'eau, de crochets et de deux têtes de bélier. Elle est éclairée par deux baies très étroites à large ébrasement. Son seul mobilier est une cuve en granit de 1 m. de diamètre, sans décor. Une note lui sera consacrée.
HISTOIRE. — M. de Montpeyroux-Brousse a envoyé une étude sur l'Abbé d'Aubignac.
Après une courte notice sur l'abbaye d'Aubignac, commune de Saint-Sébastien, il retrace la vie de François Hédelin, auquel Richelieu octroya l'abbaye d'Aubignac. Homme de lettres du XVIIe siècle, François fut connu sous le nom d'« abbé d'Aubignac », nom qu'il illustra.
En effet, un groupement de beaux esprits forma l'« Académie d'Aubignac », dont les réunions se tenaient au domicile de l'abbé, rue du Temple. Cette Académie d'Aubignac, placée sous le patronage du dauphin, se vit refuser, par Louis XIV, les lettres patentes d'établissement et fut dissoute peu avant la mort de l'abbé d'Aubignac.
— M. Calinaud a envoyé une seconde liste de Villages disparus en Creuse, complétant la première qui se rapporte principalement aux villages du Sud-Est et du Centre du département. De nombreux renseignements ont été fournis par M. Hemmer.
— M. Pageot a communiqué une note : Etablissement d'un atelier de charité à Guéret, durant la Révolution française qui sera publiée.
HISTOIRE DE L'ART. — M. Hemmer donne lecture de l'article paru au Bulletin Monumental (Janvier-Mars 1967), se rapportant à la Vierge à l'Enfant (applique du XIIe siècle), de Saint-Amand-Jartoudeix.
SÉANCE DU 16 NOVEMBRE 1967
Présidence de M. Dayras, président
Présents : Mmes Chaix, Châteauvieux, Gaudriot, Louradour ; MM. Caillat, Colas, Châtreix, Dayras, Larigauderie, Louradour, Malterre, l'abbé Mayaud, l'abbé Mirguet, Picouret.
Excusés : Mme Dumont ; MM. le chanoine Courteau, Hemmer, Novion.
ADMISSIONS. — M. Raymond Bayard, 16, rue Desmond-Dupont, 92 - Colombes ; M. Raoul Girodet, 5, rue Raoul-Nordling, 92 - Neuilly-sur-Seine ; M. André Larigauderie, La Bernadière, à Lourdoueix-Saint-Pierre ; Mme Raymonde Lebourg, La Ronde, 36 - Parnac ; M. Henri Parot, cultivateur, Peux-Guerchoix, Lafat ; M. François Philippe, Clos-Mireille, chemin de la Cortésine, Aix-en-Provence.
DECES. — Nous avons à déplorer la mort de Mme la vicomtesse de Curel, à La Fôt, commune de Noth ; de MM. Fonty, à Arfeuille-Chatain, et Albert Lamotte, à Paris.
La Société présente aux familles des disparus ses vives condoléances.
BIBLIOTHEQUE. — Nous avons reçu : — De M. Clouzy, un exemplaire de Souvenir napoléonien (Janvier 1963), qui rappelle que le marin Morard de Galles, dont le cœur est au Panthéon, est mort à Guéret en Juillet 1809. Titulaire de la sénatorerie du Ier Empire, il a été inhumé au cimetière de notre ville.
— D'autre part, trois auteurs ont fait don de leur ouvrage :
M. Galitre : En ouvrant les yeux, livre destiné à la jeunesse, présenté par une phrase de M. Jean Guitton, de l'Académie Française.
Mlle Landry, ses poèmes : Dans le vallon sauvage, sur Vidaillat.
J.-P. Dumont, son étude : La politique dans le département de la Creuse (Paris, L'Etrave, 1967). Illust. de P. Augory.
EXPOSITIONS. — Mme Rachel Adenis a exposé ses œuvres au Grand-Bourg (Août 1967).
— M. Gaston Thierry a présenté à Fresselines, durant l'été, ses peintures et, du 8 au 22 Août, dans le cadre du Ve Festival de théâtre populaire, son adaptation de La Petite Fadette, de George Sand.
— M. Gérard Charpentier, de La Souterraine, a obtenu la médaille d'or au Salon des Artistes décorateurs pour son œuvre : Mur vivant.
COMMUNICATIONS DU PRESIDENT. — Le Président annonce que le 93e congrès national des Sociétés Savantes se tiendra à Tours, du 4 au 9 Avril 1968. Il y représentera la Société.
— Il signale que l'excursion de la section creusoise de la Société Vieilles maisons françaises (20 Août), comportait la visite des châteaux de Mainsat et de Châteaubodeau.
— Il souhaite que les documents de M. P. de Cessac, en la possession de Mme Chaix, fassent l'objet d'un dépouillement minutieux.
— Il rappelle que le 56e Congrès national de la pâtisserie, qui a eu lieu du 26 au 30 Juin 1967 à Limoges, a visité, au cours de son excursion, la ville d'Aubusson et, plus particulièrement, une exposition gastronomique, la maison Corneille et l'exposition de tapisseries.
— Il rappelle, d'autre part, que le Congrès national des ingénieurs E.D.F., qui s'est tenu à Limoges du 22 au 24 Septembre, a également inclus dans son programme la visite d'Aubusson. Des plaquettes ont été publiées à l'occasion de ces deux congrès, illustrées de reproductions de tapisseries de Lurçat et de dom Robert.
— La Société de Démographie historique annonce la parution de ses Annales pour 1968.
— M. Pierre de Lagarde a parlé à plusieurs reprises de la Creuse et de ses monuments au cours des émissions de radio et de télévision consacrées aux chefs-d'œuvre en péril. Il a attiré spécialement l'attention sur le danger qui menace la commanderie de Lavaufranche et ses fresques classées.
— Sur la demande de M. le colonel Laporte, docteur ès-sciences et spécialiste des vestiges miniers des époques préhistorique et gallo-romaine, la Société émet le vœu que ces vestiges, spécialement ceux situés à Saint-Dizier-Leyrenne, lieu-dit « Les Fosses », à Chamborand et à Montebras, soient classés monuments historiques et préservés de destruction ou dégradation dans les travaux agricoles ou industriels présents ou futurs.
COMMUNICATIONS
ARCHEOLOGIE :
Epoque indéterminée. — M. Caillat signale la découverte, à Lavaud, commune de Noth, d'une stèle en granit gravée, et de curieux rochers entaillés. Des photographies ont été adressées pour information à M. Delporte, directeur de la circonscription préhistorique.
— Mme Louradour signale la découverte par M. Dubosclard, dans un terrain vague près de La Chassagne, commune de Soumans, parmi de nombreux blocs déplacés en 1965, lors de la pose de canalisations, d'une stèle en granit clair (hauteur 110 cm., largeur 81-85 cm., épaisseur 33-38 cm.) sur laquelle on semble distinguer une figuration humaine et, à Bellefaye, dans la même commune, d'une pierre à bassins (longueur 104 cm., largeur 65 cm., hauteur 50-58 cm.), comportant huit cavités connues dans le pays sous le nom de bols gaulois.
— M. Chatreix pense que la statue de granit qui se trouve dans le hall d'entrée du Musée, cataloguée Déesse-mère provenant du Chauchet, ne serait autre que la statue trouvée au village de La Feuille, commune de Saint-Priest-la-Feuille, signalée par M. Valadeau dans son Dictionnaire de la Creuse (Guéret, Amiault 1892). Sa note sera publiée.
— M. E. Panet a envoyé deux photos en couleur de la Pierre du Crapaud, commune de Faux-la-Montagne.
Epoque préhistorique. — M. Gouyet signale la découverte près du village de Grand-Pommier, commune de La Forêt-du-Temple, d'un talon de hache polie en silex gris foncé, et, dans la commune de Genouillat, à environ 200 m. à l'Ouest du confluent du ruisseau de la Fontaine-aux-Verriers et de la Petite-Creuse, d'un autre talon de hache polie, en silex gris blanchâtre, et d'un grattoir, sur éclat épais, en silex veiné (gris violacé et marron clair). Des croquis et cette note seront publiés.
— M. Dhéron signale à Léchère, commune de Crozant, au lieu-dit « Bois de Lascoux », n° 562, section D, la découverte par M. Lépinat d'une hache en silex gris bleu (longueur 8 cm., largeur 4 cm., épaisseur 1 cm. 4).
— Mme Louradour signale la découverte par M. Albert Glomot, à Roches, commune de Saint-Vaury, de deux haches polies (l'une longueur 17 cm., largeur 6 cm., épaisseur 3 cm. 5 ; l'autre longueur 9 cm., épaisseur 2 cm.) et de deux fragments de hache polie, l'une en silex blond pâle (largeur 4 cm. 5, épaisseur 2 cm., longueur du fragment 5 cm.), l'autre en silex rosé (largeur 6 cm., épaisseur 3 cm., longueur du fragment 9 cm.).
— M. le chanoine Courteau signale à Rougnat, entre les villages du Soupt et de Chamassergue, un groupe de pierres qui paraît être un dolmen disloqué. Sa note sera publiée.
Epoque gallo-romaine. — M. Calinaud signale la découverte, par M. Pateyron, au point d'intersection des parcelles 294, 295 et 296, section F, à Poutignat, commune de Thauron, d'une pierre en granit poli, placée actuellement à l'angle d'une grange appartenant à M. Arnaud. Elle est en forme de coin, avec un sommet arrondi en arc surbaissé (hauteur 76 cm., largeur 35 cm. à la base et 31 cm. au sommet, épaisseur 28 cm. à la base et 9 cm. au sommet). Elle porte sur la partie supérieure de sa face avant, en légère saillie et gravée d'un simple trait creux délimitant les contours, une figure humaine emmanchée d'un assez long cou. La facture de cette pierre semble proche de celle du Marmot de la Feyte, et rappelle les petits personnages de la déesse-mère de Crozant. Cette note sera publiée.
— Il signale, d'autre part, la découverte faite, en 1960, par M. Pateyron, au lieu-dit « Poutignat », parcelle n° 293, section F, d'un coffre d'ossarium en granit.
— M. le chanoine Courteau signale la découverte, à Rougnat, lors de l'enlèvement, en 1965, de la couche de déblais entourant la face nord de l'église, d'une partie de corniche moulurée et, à Marcillat, commune des Mars, d'un coffre d'ossarium en granit.
— Mme Louradour signale, à Vaumoins, commune de Glénic, un fragment de colonne (base et partie de fût) trouvé, il y a quelques années, par M. Pruchon.
Epoque médiévale. — Mme Lenormand a envoyé un aperçu de l'état actuel du couvent de Bois-Ferru et des ruines du château de Malval. Après avoir insisté sur la disparition de nombreuses pierres sculptées provenant de ces deux édifices, elle demande la protection de leurs vestiges, au titre des Monuments historiques. Un appel sera adressé à la Direction des Bâtiments de France.
— M. le chanoine Courteau fait part des mises au jour faites dans l'église de Blavepeyre, lors du décapage de celle-ci, effectué sur l'initiative de M. l'abbé Binon : l'autel primitif, énorme dalle sur bloc de pierres appareillées, une fenêtre, des fresques du XVIIIe siècle sur les murs du chœur représentant les quatre évangélistes avec leurs attributs, un autel domestique réutilisé pour former la colonne qui supporte la cuve baptismale.
— M. Edmond Panet a envoyé la photo en couleur de la croix de La Chaud, commune de Gentioux, village situé en limite de l'enclave poitevine.
HISTOIRE. — M. le chanoine de Montaigut présente le rapport (29 Juin 1861) de M. Chassoux, sous-préfet d'Aubusson, faisant état de l'esprit remuant et frondeur des Aubussonnais, surtout de la bourgeoisie, du peu d'influence exercée par le clergé, de la bonne marche de la fabrication des tapisseries, du recul de la fabrication des tapis « à la navette » et des chapeaux, du prix des céréales et des animaux de la ferme, ainsi que des pertes occasionnées par les orages et la grêle.
Le rapport précédent (1859-1860), a été étudié à nos Mémoires XXXII, pp. 231-237, par notre collègue, M. Boudard.
— MM. Broilliard et Dayras communiquent un Arrêt de la Table de Marbre, du Parlement de Paris (20 Avril 1967) relatif à la contestation des droits d'usage sur la forêt de Blessac au profit des habitants voisins, qui statue en appel de la sentence de la Maîtrise de la Haute-Marche du 12 Avril 1766, rendue entre les religieuses de Blessac et des habitants de la paroisse d'Alleyrat.
— M. Calinaud a envoyé un complément aux listes des villages disparus communiquées antérieurement. Il dénombre ainsi 250 habitats disparus pour 140 communes étudiées ; il estime que le total des villages désertés, en Creuse, doit s'élever à environ 450.
HISTOIRE DE L'ART. — M. le docteur Eybert fait observer que l'écusson figuré à senestre de la pierre tombale de Jean de Lastic, publiée à nos Mémoires (XXXVI-78), a été bûché et portait une fasce, tandis que l'écusson figuré à dextre, en partie bûché et semblant porter un pal, portait en réalité la croix de l'Ordre, mise à la place d'honneur, à la droite du personnage.
— Il demande qu'une mesure soit prise pour sauvegarder la tapisserie de la chapelle de Paulhac, commune de Saint-Etienne-de-Fursac, tapisserie décrite à nos Mémoires, T. XXI, pp. 227-228, qui est détériorée par l'humidité des murs. Cette demande rejoint celle de M. Novion (séance du 16 Mars 1967). Une démarche sera faite auprès du maire de la commune afin de préserver cette pièce intéressante qui est un souvenir de l'Ordre de Malte.
— M. Dayras signale, au château de Châteaudun, trois tapisseries d'Aubusson. Deux d'entre elles portent l'inscription M.R.D.A. Dessarteaux et représentent, l'une, les Travaux de saint Grégoire le Grand, l'autre, saint Pierre et saint Paul. La troisième, sans aucune marque, a pour sujet le Départ de l'enfant prodigue.
TOPONYMIE
— Mme Louradour rappelle que le docteur Janicaud estimait que le toponyme « chemin ferré », si fréquent en Creuse, désignait une voie romaine et que d'autres pensaient à un chemin moins ancien. Recherchant, en dehors de la Creuse, les diverses significations de cette appellation, les unes ayant trait à l'utilisation de ces chemins, les autres à des travaux de forage, elle remarque, après Albert Grenier, une similitude d'assonance entre ferré et perré (égalant pierré) et conclut que le chemin ferré est un chemin « dur comme fer » parce que fortement empierré et, de plus, un chemin très ancien puisqu'il est cité dans les chansons de geste, mais qu'il peut ne pas être toujours une voie romaine.
FOLKLORE. — M. le chanoine Courteau signale le Tombeau de Gargantua, pierre sans légende, qui se trouve au milieu de la voie romaine Evaux-Felletin et à 8 km. environ de la Tasse de Gargantua, espèce de bassin en pierre érodé, qui se trouve sur le même chemin.