ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DU 18 JANVIER 1968

Le 18 Janvier 1968, à 14 h. 30, la Société s'est réunie en assemblée générale régulièrement convoquée. L'ordre du jour comportait le compte-rendu d'activité de l'exercice 1967 et le compte-rendu financier de cet exercice, ainsi que la désignation d'un administrateur, au lieu et place de M. Boudard, professeur à la Faculté de Caen, fonctions qui le tiennent éloigné de la Creuse, ce par application de l'article 6 des Statuts, paragraphe 5.

Le Président donne lecture du rapport d'activité pour 1967 qui relate les cinq séances de travail, l'analyse du fascicule des Mémoires, l'avancement du Dictionnaire bio-bibliographique, la 39e excursion annuelle (Aux confins du Berry, du Poitou et de la Marche), avec visite du chantier de fouilles d'Argenton, les aménagements du Musée et notre demande répétée tendant à la libération des sous-sols et à l'installation du chauffage et de l'éclairage. Ce rapport sera comme chaque année adressé à M. le Président du Conseil Général, ainsi qu'à M. le Chef du Service des Lettres au Ministère des Affaires Culturelles, afin d'obtenir le maintien et si possible l'augmentation des subventions accordées par ces organismes.

Il précise que le deuxième fascicule du Tome XXXVI des Mémoires est en cours d'impression ainsi que la quatrième livraison du Dictionnaire.

Il indique que le nombre des membres titulaires cotisants, non compris les membres à vie, est en augmentation, passant de 544 à 557, malgré d'assez nombreux décès en 1967.

MUSEE. — Par suite du décès accidentel de M. Hubert Delesalle, spécialiste du droit des musées à la Direction des Musées de Province, à qui avait été confiée l'étude de nos négociations avec la ville de Guéret, le Président a eu, à Paris, un entretien avec M. Quoniam, directeur des Musées de France, à la suite duquel il a proposé la création d'une association distincte du Musée, qui donnerait à celui-ci la personnalité civile et la propriété de toutes les collections. Le Président, désirant intéresser tout le département au Musée, a obtenu l'assentiment personnel de M. le Maire de Guéret et de M. le Président du Conseil Général ; ces deux personnalités ont été priées de demander à leur assemblée la désignation d'un certain nombre de membres, qui, avec les représentants de la Société, constitueront une commission d'étude de ce projet.

COMPTES. — M. Chatreix, trésorier, présente les comptes de l'exercice 1967, y compris celui relatif au Dictionnaire, mais à l'exclusion du compte spécial du Musée. La balance s'établit par un excédent à reporter de Frs = 2.582,21. Les comptes, vérifiés par Mmes Lardy et Chaix, désignées à cet effet par l'assemblée générale, sont adoptés à l'unanimité et des remerciements et des félicitations sont adressés au trésorier.

M. Chatreix présente le budget provisoire pour 1968, qui est approuvé.

COMPTE SPECIAL DU MUSEE. — M. Hemmer, conservateur, présente le compte spécial du Musée. L'excédent au 31 Décembre 1967 est de Frs = 1.601,51, mais il est à noter que la subvention de la ville n'était pas encaissée à cette date. Ce compte est vérifié par M. Colas et Mme Gaudriot, désignés à cet effet et il est adopté à l'unanimité ; des remerciements et félicitations sont adressés à M. Hemmer.

DESIGNATION D'UN ADMINISTRATEUR. — En raison de la demande formulée par M. Boudard, éloigné de la Creuse, le Conseil propose à l'assemblée la désignation en qualité d'administrateur et pour la durée du mandat de M. Boudard, de M. Carriat, excellent collaborateur de la Société. Cette proposition est ratifiée à l'unanimité.

L'ordre du jour étant épuisé, la séance a été levée à 16 heures.

Le Président, Le Secrétaire, Le Trésorier, M. Dayras. P. Louradour. R. Chatreix.

 

 

SÉANCE DU 18 JANVIER 1968

Présidence de M. Dayras, président

Présents : Mmes Chaix, Châteauvieux, Gaudriot, Juillet, Lardy, Lhuillier, Louradour, Nicolas ; MM. Broilliard, Caillat, Châtreix, Colas, Dayras, Hemmer, Louradour, l'abbé Mayaud, l'abbé Mirguet, Novion, Parot.

Excusés : Mme P.-L. Grenier ; Mlles Catinat, Dubreuil, Lafaye, Périne ; MM. le chanoine Courteau, Malterre.

ADMISSIONS. — M. Jean Berniquet, Champaville, Méasnes ; M. René Besson, Inspecteur des Impôts, 11, boulevard de Port-Royal Paris (XIIIe) ; M. Dagnaud, rue du Fossé-des-Canards, La Souterraine ; M. Olivier Deboudachier, 18 rue des Plâtrières, Paris (XXe) ; M. le docteur Rembert, Gouzon ; M. Léon Régnier, professeur honoraire, Néoux ; M. Jacques Rougeron, Chambon-sur-Voueize ; M. Raymond Sagnol, comptable, Le Cheix, La Souterraine ; M. Jean Sallandrouze, industriel, 12, rue Saint-Jean, Aubusson ; M. Tantot, directeur de la Banque de France, Guéret ; Archives départementales du Puy-de-Dôme, 18, boulevard Desaix, Clermont-Ferrand.

FELICITATIONS. — Des félicitations sont adressées à Mlle Marandon qui a obtenu le doctorat ès-lettres avec la mention « très honorable » ; à M. Villard, professeur à la Faculté de droit de Nancy, pour sa réussite à l'agrégation de droit ; à M. François Tabard, promu officier de l'ordre du Mérite et à M. Georges Schaller, nommé chevalier du même ordre.

DECES. — La Société a à déplorer la mort de Mme Marie Noel. Elle avait adressé à la Société des précisions sur son ascendance creusoise (sa grand-mère était originaire de Montmartin, commune de Lourdoueix-Saint-Pierre), ainsi que, de sa main, la musique et les paroles d'un vieux chant creusois : Dodo la rose (V. supra, p. 168).

BIBLIOTHEQUE. — La Société a reçu : — La Revue Archéologique du Centre (numéro 23, Juillet-Septembre 1967). — Le Bulletin de la Société d'Ethnographie Limousin-Marche (numéros 25, 26 et 27, Octobre 1967-Janvier 1968). — Le catalogue de l'exposition Ingres, au Musée de Montauban. — De M. Chaussade, son Rapport de fouilles 1967 au Mont-de-Jouer. — De M. Pinchon, un article de Michel Galateau paru dans La Vie française (15 Décembre 1967) : La Creuse ne doit pas vivre d'illusions. — De M. Antoine Perrier, vice-président de la Société du Limousin, une notice bio-bibliographique sur M. Raymond Limouzin-Lamothe. — De M. Paul Fitte, son étude : Contribution à l'étude du préhistorique en Limousin (extrait du Bulletin de la Société archéologique du Limousin 1967). — De M. le Conservateur du Musée de Carnac, trois études : Les monuments mégalithiques du Morbihan ; Les bijoux en or découverts dans les dolmens du Morbihan ; Les monuments mégalithiques de Carnac.

MUSEE. — Dons de M. Hurbe : une urne, trouvée dans la sépulture de Rissat, commune de Lépinas.

COMMUNICATIONS DU PRESIDENT. — Le Président a demandé à M. le Maire de Saint-Etienne-de-Fursac, le transfert au musée de la tapisserie qui se trouve actuellement dans l'église de Paulhac.

— Il a rappelé dans la presse locale, les règles légales des découvertes archéologiques.

— Il annonce l'attribution du Prix de l'Académie des Beaux-Arts au Grand livre de la tapisserie, dont M. François Tabard est l'un des quatre auteurs.

— Il regrette que la Commission d'Histoire Moderne du C.N.R.S. n'ait pas cru devoir donner un avis favorable à l'octroi d'une subvention en faveur du Dictionnaire d'A. Carriat.

— Il indique que le Festival de Bellac (été 1968) sollicite le prêt des tableaux de Guillaumin que se trouvent au musée.

— Il signale le recueil des poésies : Les rimes d'un simple, Tome II, de François Gébé.

— Il demande à Mme Louradour de rendre compte de l'inventaire de la première partie des documents de Pierre de Cessac, appartenant à Mme Chaix.

Ceux-ci renferment notamment la baillette (sur parchemin), de la métairie du Mouchetard, commune de Saint-Sulpice-le-Guérétois (1574) ; la liste des objets appartenant aux églises de la Creuse dont Monseigneur l'Evêque permit le prêt à l'exposition artistique de Guéret (1862) ; des communications de Pierre de Cessac sur les dolmens en Creuse, les exploitations gallo-romaines des minerais de Montebras, les fouilles qu'il a effectuées à La Tour Saint-Austrille, les souterrains en Creuse, les ébauches des procès verbaux des Assises scientifiques de Limoges (1866).

 

COMMUNICATIONS

ARCHEOLOGIE :

Epoque indéterminée. — M. Chatreix signale au Bost, commune de Saint-Maurice-la-Souterraine, une stèle actuellement en bordure du chemin d'intérêt commun numéro 176 et de la terre appartenant à Mlle Genty (cadastre numéro 863, section E). Cette stèle en granit, qui présente une figuration humaine, avait été découverte, en 1875 avec des pierres d'appareil, des vases en terre, des tuiles avec empreintes mélangées à des débris de charbon.

— M. Caillat signale plusieurs découvertes :

A la Cartelade, commune de Linards, un souterrain dont la galerie est obstruée de chaînes à piquants, avec un cadenas curieux.

A Bridiers, dans le terrain de M. G. Noel (Cadastre numéro 794p section D), des alvéoles, les unes encore apparentes dans le talus, les autres détruites lors des terrassements effectués en vue de l'édification d'une maison.

A La Bussière, commune de Lafat, dans le champ dit « Du Rossignol », appartenant à M. E. Guillon : un souterrain taillé dans le tuf, dont la galerie (2 m. 50 envrion), débouche sur un carrefour ouvrant, à gauche, sur une galerie annulaire longue d'environ 10 m., à droite, sur une niche ogivale séparée de la salle principale par un pilier.

— Aux Ecures, commune de Crozant (Cadastre numéros 560, 565, 566, section E) : un souterrain découvert en 1965 ainsi que des tessons de poterie noire, lors de la construction de la maison de M. C. Labertonière.

Epoque préhistorique. — MM. Paul Fitte et R. Geutier, dans leur étude Contribution à la préhistoire en Limousin (Bulletins S.A., Limousin, T. XCIV, 1967), signalent, à Saint-Maurice-la-Souterraine :

— Planche V, figure 1, une hache polie en gneiss à biotite (longueur 0 m. 137, largeur 0 m. 05, épaisseur 0 m. 023) trouvée au Couret-Farioux par M. Etienne Létang.

— Planche XIV, figure 2 : une grande lame brisée (poignard) en silex jaune-cire pressignien (longueur du fragment 0 m. 17, largeur 0 m. 04), trouvée au lieudit « Les Hôtes », par M. Roger Albert.

— Planche XV, figures 1 et 2 : deux fragments de poignards, en silex jaune-cire (longueur du fragment 0 m. 18, largeur 0 m. 04 ; longueur du second fragment 0 m. 155, largeur 0 m. 04), trouvés à « La Lande ».

Epoque gallo-romaine. — Notre collègue, M. Chaussade, nous a communiqué le rapport des fouilles exécutées par lui et ses collègues du groupe d'archéologie antique du T.C.F. (équipe régionale limousine), en accord avec notre Société, au théâtre ou podium du Mont-de-Jouer. Il a été procédé au dégagement de la deuxième partie de l'hémicycle, mais, à part des fragments de briques, de tuiles à rebords et de poteries, il n'a pas été fait de découvertes nouvelles (V. supra, pp. 305-308 et T. XVI, pp. 128-131 avec plan).

— Il signale, d'autre part, la découverte de deux sépultures. L'une, à Condat, commune de Grand-Bourg, dans la parcelle dite « Les Palènes » : sépulture en granit comprenant un coffre irrégulier (55 cm. de diamètre, 37 cm. de hauteur), avec bourrelet et cavité (26 cm. de largeur, 18 cm. de profondeur) contenant des ossements et une pièce de monnaie non identifiable. Le couvercle (44 cm. de largeur et 45 cm. de hauteur) présente un double évidement irrégulier. Le mobilier placé autour du coffre est composé d'une poterie intacte, des débris d'une seconde poterie et du col d'un balsamaire en verre bleuté.

La seconde sépulture, trouvée à Villette, commune de Masbaraud-Mérignat, parcelle dite « Les Sagnes », appartenant à M. Chabrier, est formée d'un coffre en granit de forme cylindrique (63 cm. de diamètre et 40 cm. de hauteur), avec bourrelet et cavité (21 cm. de diamètre et 17 cm. 5 de profondeur) et d'un couvercle à double évidement.

L'urne en verre bleuté (coupe recouverte d'une autre coupe renversée) contient des ossements, un bronze d'Antonin le Pieux et une petite fiole de 16 cm. de hauteur sur 9 cm. 2 de largeur. Autour de la sépulture ont été aussi trouvés 489 fragments de poterie commune et 50 fragments de verre bleuté, ainsi qu'une clé, une mèche et des anneaux formant charnières.

— Mme Louradour signale la découverte par M. Hurbe, à Rissat, commune de Lépinas, dans la terre dite « Du Tumulus », à environ 30 m. à l'Est de ce dernier, d'une sépulture en granit formée d'un coffre et d'un couvercle sans bourrelet ayant tous deux une large et profonde cavité, parce que renfermant une très grande urne en verre bleuté munie de deux anses larges et plates ornées de cannelures. L'urne contenant les ossements était fermée par un couvercle en forme d'entonnoir, également en verre bleuté et dont le tuyau, non creusé, trouvait place dans un petit évidement spécial situé au centre et en prolongement de la grande cavité du couvercle. Cette urne est donnée au Musée.

— L'Association des Amis d'Aubusson nous a fait part du résultat des fouilles exécutées au voisinage d'Aubusson en 1965-66-67.

Ce rapport a été publié en 1967 à nos Mémoires (V. supra, pp. 286 et s. et 309 et s.).

HISTOIRE. — M. Calinaud signale, commune d'Auriat, deux édifices religieux, inédits et disparus :

A Alesme, la chapelle Sainte-Madeleine, mentionnée dès 1201, frappée d'interdit en 1751.

A Grand-Vaux ou Vaux-Haut et, plus anciennement, Val-Sobra, la chapelle de la Nativité de Saint-Jean-Baptiste, dépendant du monastère de l'Artige, en 1125-1150, puis du collège des Jésuites de Limoges (XVIIe siècle). Ces études seront publiées.

— Il signale, d'autre part, quelques vestiges du XVIIe siècle, à Beaumont, commune de Soubrebost : une croix de pierre, haute de 1 m. 82, dont la face antérieure du fût porte la date de 1683 ; puis dans les dépendances de la ferme de M. Moreau, un linteau de cheminée gravé en son centre d'un écusson portant la date 1602, écusson inscrit dans un triangle surmonté d'une croix grecque, et un linteau de porte gravé d'un cœur avec la date 1688.

HISTOIRE DE L'ART. — MM. Dayras et Laville signalent l'article, trop affirmatif, de Mme Sophie Schneebalg-Perelman : La Dame à la Licorne a été tissée à Bruxelles, article paru dans la Gazette des Beaux-Arts (Novembre 1967).

L'auteur recherche l'origine de ce groupe de tapisseries à Mille-Fleurs dont La Dame à la Licorne est la plus remarquable et souligne que la tapisserie de Berne, avec des armoiries de Bourgogne, commandée en 1466, par Philippe le Bon, est un exemple admirable de tissage bruxellois Mille Fleurs.

Elle en tire la conséquence que La Dame à la Licorne ne serait plus une tapisserie exceptionnelle et isolée, mais ferait partie d'un groupe de tapisseries d'un style aristocratique, tissé sur des modèles français, dans la capitale du duc de Bourgogne, entre 1480 et 1490. Et ce qui n'est qu'une hypothèse est présenté par l'auteur comme une certitude (V. infra, p. 560).

 

 

SÉANCE DU 21 MARS 1968

Présidence de M. Dayras, président

Présent : Mmes Chaix, Châteauvieux, Juillet, Lardy, Lhuillier, Louradour, Nicolas ; Mlle Dubreuil ; MM. Châtreix, Colas, Dayras, Hemmer, l'abbé Mirguet, Picouret, Soumy, Tantot, Urien.

Excusés : Mlle Périne ; MM. le chanoine Courteau, Louradour, Malterre, l'abbé Mayaud, Novion.

ADMISSIONS. — Archives départementales de l'Allier ; Mme Jean Amarie, allée des Soupirs, Aubusson ; M. François Barillet, Chesley (Aube) ; Me L. Dallant, avocat au barreau de Montluçon ; M. Pierre Laucagne, ingénieur géologue au commissariat à l'Energie atomique, 26, rue de la Grande Coudraie, Gif-sur-Yvette (Essonnes) ; M. Lenormand, 83, avenue Henri-Martin, à Paris (XVIe) ; Mlle Magali Payan, attachée de préfecture, La Borne, par Blessac ; Comte du Peyroux, 98, avenue Félix-Faure, à Paris (XVe) ; M. Louis Rousseau, 53, boulevard d'Auteuil, à Boulogne-Billancourt.

DECES. — Nous avons à déplorer la mort de Mme Lenormand, château de Beauvais, par Bonnat et de M. Henri Labetoulle, à Guéret. La Société présente aux familles des disparus ses vives condoléances.

FELICITATIONS. — M. le Préfet de la Creuse et M. Bautier, professeur à l'Ecole des Chartes ont adressé des félicitations à M. Amédée Carriat pour son Dictionnaire bio-bibliographique des auteurs creusois.

BIBLIOTHEQUE. — Nous avons reçu : — La Revue Archéologique du Centre, numéro 24 (Octobre-Décembre 1967). — Le Bulletin de la Société d'Ethnographie Limousin-Marche, numéro 28 (Mars 1968). — De M. Yves Durand, le tiré à part de son étude parue dans la Revue d'histoire économique et sociale (4-1966) : Recherches sur les salaires des maçons de Paris au XVIIIe siècle. — De M. Jean Kenette, ses trois articles parus dans le Populaire (13-17-24 Janvier 1968) : « La Creuse dans Sans Famille d'Hector Malot ».

EXPOSITIONS. — Des expositions ont eu lieu à Paris : — Hôtel de Sens : La tapisserie figurative contemporaine. — Galerie de Paris (16 Janvier au 3 Février 1968) : Tapisseries d'Aubusson, où figuraient des œuvres de Gromaire, Picasso, Zadkine, Hilaire, Loewer, M. Ferréol, Marc Petit. — La Demeure (21 Février-2 Mars 1968) : Hommage à la tapisserie où étaient présentées des œuvres de Braque (L'Oiseau, Perséphone), de Le Corbusier (Les Musiciennes, Bogota), de Léger (La création du monde, Les constructeurs à l'aloès), de Lurçat (Temps martyrisés, Les feux sous la table), toutes œuvres tissées aux ateliers Goubely, Picaud, Tabard, d'Aubusson, et Pinton, de Felletin. Le 5 Mars : Aubusson 15 peintres, 20 ans d'activité, tapisseries et dessins dans un cadre nouveau (6, pl. Saint-Sulpice).

CONFERENCE. — Mme Madeleine Jarry, inspecteur principal du Mobilier national et des Manufactures nationales des Gobelins et de Beauvais, a fait, le 2 Mars, à la Société de l'histoire de l'art français, une communication avec projections sur Les débuts de la fabrication des tapis à Aubusson (1743).

COMMUNICATIONS DU PRESIDENT. — Le Président fait connaître que M. Daugas, délégué de M. Delporte, directeur des Antiquités préhistoriques, sera à Guéret le 27 Mars 1968.

— Il relève, au Bulletin officiel d'information et recueil des actes administratifs du département de la Creuse (numéro 1, Janvier 1968), une circulaire : Réglementation des fouilles et découvertes, diffusée sur sa demande.

— Il annonce que M. M. Robert, président de la Société d'Ethnographie Limousin-Marche, publie en souscription le Dictionnaire de la langue limousine par Léon Dhérale (1815-1891), et invite à souscrire à cet important ouvrage.

— Il propose que Charroux soit le but de l'excursion de la Société qui aura lieu en principe le 23 Juin.

— Il fait part de la publication de deux ouvrages : l'un, Les oiseaux du Berry, par Marc Michon (Guéret, Lecante, 1967) ; l'autre, Notre-Dame en Bourbonnais, par MM. l'abbé A. Leclerc, André Guy, André Muzac (en souscription).

— Il demande à Mme Louradour de rendre compte de l'inventaire de la dernière partie des documents de P. de Cessac, appartenant à Mme Chaix.

Outre de nombreuses lettres reçues par P. de Cessac en réponse à des questions posées par lui et concernant des recherches météorologiques, géologiques, botaniques et zoologiques qui ne manquent pas d'intérêt mais sont connues puisqu'elles ont servi au recensement, au classement et à l'étude des plantes et des animaux de la Creuse, étude importante et approfondie puisqu'elle constitue la matière des premiers Tomes de nos Mémoires, les documents de P. de Cessac dont il est ici question comprennent encore une grande quantité de fiches. Ces fiches avaient pour but de relever les titres de notes, de communications, d'études, d'ouvrages se rapportant à la Marche et au Limousin.

Ces notes sont tirées, pour la plupart, des carnets que Bosvieux a déposés aux Archives de la Haute-Vienne ; les autres sont sans références ; certaines se rapportent à des villes françaises en dehors de la Marche (Lyon, Bordeaux, Toulouse, Cahors) et même à des villes d'Espagne, d'Italie, d'Allemagne, de Hollande...

Elles devaient constituer ce que P. de Cessac appelait, en 1867, des matériaux pour trois dictionnaires qu'il se proposait de rédiger : Dictionnaire des paroisses et de leurs établissements, Dictionnaire des fiefs et Dictionnaire des familles.

 

COMMUNICATIONS

ARCHEOLOGIE :

Epoque préhistorique. — M. Chatreix décrit un menhir (La Rebeyrolle, commune de Saint-Priest-la-Feuille) signalé par P. Valadeau (Dictionnaire historique, géographique et statistique de la Creuse, Guéret, Amiault, 1892), mais non par C. Laborde. Sa note sera publiée.

Epoque gallo-romaine. — Mme Nicolas signale la découverte, à Villestivaud, commune de Saint-Vaury, de nombreuses tuiles à rebords et de poteries indiquant la présence en ce lieu d'un habitat gallo-romain.

— M. Calinaud a envoyé une note sur le cimetière gallo-romain des Sagnes de Pontarion. Cette note sera publiée.

Epoque indéterminée. — MM. Calinaud, Montmerle et Dayras présentent une communication faite par M. P. Montmerle sur le signal du Guet du Peux-la-Chaize, commune de Saint-Pardoux-Lavaud, sur des tours (N.C. 819) au Nord de Jarjavaly et au Sud-Ouest de Verdinas, sur le bois des Sagnes, le Puy-Brousset et le Puy-des-Gardes et où il concluait que ces vestiges ont eu, au cours des âges, un intérêt militaire certain soit comme signaux, soit comme observatoires, soit pour le combat.

M. Dayras relève, d'autre part, dans l'œuvre de Z. Toumieux : Royère jadis, aujourd'hui (Limoges, Ducourtieux, 1886) les restes de tours ou camps de la région Royère-Gentioux :

Près du bois des Sagnes, commune de Royère, un camp rectangulaire dit « camp de César », retranchement entouré d'un fossé, d'une seconde enceinte et d'un second fossé ; puis les restes turriformes de Verdinas, du Puy-Brousset, du Puy-de-Charvaud et du plateau qui domine Vergnolas et Jansanetas. Ces vestiges méritent une étude d'ensemble qui devra être entreprise.

Epoque médiévale. — M. Calinaud note deux édifices religieux inédits de Bourganeuf : la chapelle de l'hospice où s'installèrent les Filles de Notre-Dame et Notre-Dame du Mont-Carmel qui existait en 1671. Ces notes seront publiées.

HISTOIRE. — M. Dayras représentera notre Société au Congrès National des Sociétés Savantes qui se tient à Tours du 4 au 9 Avril 1968, et présentera une étude : L'exploitation d'un domaine en métairie perpétuelle aux XVIIe et XVIIIe siècles.

HISTOIRE DE L'ART. — M. Chatreix présente la photographie d'un tableau (peinture à l'huile sur toile) en assez bon état qui se trouve dans l'église de La Souterraine et qui est une copie exacte de la fresque de Raphaël au Vatican, connue sous le nom de La messe de Bolsène.

HISTOIRE LITTERAIRE. — M. Carriat a envoyé des notes bibliographiques qui seront publiées.

TOPONYMIE. — M. Hemmer relève dans la Revue Internationale d'Onomastique (numéro 4, Décembre 1965, p. 289) : « Augères, nom d'une commune de la Creuse.
D'après le Dictionnaire de Dauzat, le toponyme Augères vient du latin alvearia, dérivé de alvea, et aurait le sens d'auge pris dans une acception géographique.
D'après le Dictionnaire de Rich, il viendrait de alveare (ruche) et alvearum (rangée de ruches).
Donc, Augères aurait le sens de rucher ».

 

 

SÉANCE DU 16 MAI 1968

Présidence de M. Dayras, président

Présents : Mmes Chaix, Châteauvieux, Dumont, Lardy, Lhuillier, Louradour ; Mlles Catinat, Dubreuil, Périne, Reignoux ; MM. Bordier, Châtreix, Dayras, Hemmer, Louradour, l'abbé Mayaud, l'abbé Mirguet, Picouret, Urien.

Excusés : Mmes Combarnous, P.-L. Grenier ; MM. Caillat, Colas, le chanoine Courteau, Novion.

ADMISSIONS. — M. Desgranges, 105, avenue Jean-Jaurès, Saint-Amand-Montrond ; M. L. Dubourjal, château de Saint-Maixant par Aubusson ; M. Philippe Parrot, assistant à la Faculté de droit de Poitiers, 22 bis, rue Abbé-de-l'Epée, Poitiers.

BIBLIOTHEQUE. — La Société a reçu : — Le Compte rendu des fouilles effectuées en 1966-67 par M. Moreau, à Chassenon (Charente). — De MM. Crédot et Dominique, un tiré à part de leur étude pour la Société française de préhistoire : Le dolmen de Rouffignac (Haute-Vienne). — Le compte rendu des 22e, 23e, 24e et 25e Congrès de la Fédération des Sociétés Savantes du Centre. — De M. Jules Tintou : Soldats limousins de la Révolution et de l'Empire (Tulle, Ed. Lemouzi, 1967).

MUSEE. — Don de M. Bordier (un quart de mètre métal ancien).

EXPOSITIONS. — A signaler : — M. Augory (Avril), peintures, mairie de Guéret. — Mme Amarie (11-26 Mai), peintures, mairie d'Aubusson. — A Bellac, exposition Guillaumin et les post-impressionnistes limousins (22 Juin-1er Septembre) comportant plusieurs tableaux prêtés par le Musée de Guéret. — A Culan, exposition de tapisseries du XVIIe siècle (Eté 1968) dont une pièce de la série de Gombaud et Macé, appartenant au Musée de Guéret.

COMMUNICATIONS DU PRESIDENT. — Le Président précise l'itinéraire de l'excursion de la Société : Paulhac, Châteauponsac, Charroux, Bellac.

— Il indique qu'au 93e Congrès national des Sociétés Savantes, qui s'est tenu à Tours du 4 au 9 Avril, il a représenté la Société et communique son étude : Comment fut acquis et exploité un domaine de la Marche au XVIIe et XVIIIe siècles en métairie perpétuelle (Denaufeix, commune de Saint-Domet).

— Il annonce que le 126e Congrès de la Société Française d'Archéologie aura lieu en Mai, à Rennes, et qu'au 28e Congrès de la Fédération des Sociétés Savantes du Centre, qui se tiendra à Bourges du 18 au 20 Mai, il communiquera une note : Un mets de l'Est dans la Creuse : le fondu, note dans laquelle il compare la « fondue » de l'Est au « fondu » Creusois et souligne que le fromage à fondre est supérieur dans les régions où le lait est caillé à froid à celui des régions des environs du plateau de Millevaches, où le lait est caillé à chaud.

— Il rappelle l'émission radio : Interguides sur Aubusson, le 18 Mai, à 21 h. 10, et l'émission de télévision, deuxième chaîne, le 14 Avril, à 18 h. 10 : Voyage sentimental, émission consacrée à Marcel Jouhandeau et comportant notamment une vue aérienne de Guéret et du Lycée Pierre-Bourdan.

— Il signale la demande de M. Delporte, à la suite du rapport 1967 de la Société sur la conservation des pièces qui y sont signalées.

 

COMMUNICATIONS

ARCHEOLOGIE :

Epoque gallo-romaine. — M. Calinaud a envoyé une note sur le site gallo-romain d'Arsouze, commune de Châtelus-le-Marcheix.

Un coffre d'ossarium, de plan quasi carré, à angles arrondis, avec cavité circulaire, se trouve à Arsouze ; or, le gué d'Arsouze, d'après la carte d'état-major, se situait sur le chemin reliant Châtelus-le-Marcheix à La Châtre (commune de Saint-Pierre-Chérignat). Ces noms suggèrent un ensemble militaire gallo-romain.

Epoque médiévale. — M. Calinaud a noté de nouveaux édifices religieux disparus : à Bourganeuf, l'église Saint-Rémi de Bouzogles, mentionnée dès 1096.

A Châtelus-le-Marcheix : la chapelle d'Arsouze, dont les ruines sont mentionnés en 1617. Sa note sera publiée.

— M. Dayras a pu retrouver, au cours d'un séjour dans l'île de Rhodes, grâce à l'obligeance du conservateur du musée, l'édifice appelé Maison du Prince Djem (Zizim), situé dans la rue des Chevaliers, à gauche d'une petite voie perpendiculaire longeant l'Auberge de France. La construction peut remonter au XVe siècle et il est à noter que le motif central de la porte d'entrée de la cour a été détruit. C'est là que, selon la tradition, aurait logé Zizim pendant son court séjour à Rhodes avant son transfert en France. Il faut aussi signaler, qu'après les destructions causées par le siège de 1480, les fortifications de Rhodes ont été remises en état sous le magistère de Pierre d'Aubusson dont le blason à croix ancrée figure à de très nombreuses reprises sur les remparts et aussi sur l'Auberge de France, surmonté du chapeau de cardinal octroyé au grand-maître en 1489.

— M. Hemmer, sur les indications de M. Barde, signale la découverte faite par M. le doyen, du dallage primitif de l'église de Châtelus-Malvaleix et de ce qu'il estime pouvoir être un enfeu.

— Il a, d'autre part, constaté, à La Chapelle-Malvalaise la présence de plusieurs objets, mobiliers de qualité dont il se propose de faire une étude approfondie en vue de leur classement.

HISTOIRE. — M. Dayras communique une note : Un tricentenaire : le duc de La Feuillade en Crète.

François III, vicomte d'Aubusson, duc de La Feuillade-Roannais, consacra une partie importante de sa fortune à combattre les Turcs. En Août 1668 il recruta, à ses frais, trois cents gentilshommes, des officiers et une petite armée. Il embarqua sous le pavillon de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem et tenta de libérer Candie où il fut blessé. Après de nombreux combats et la perte d'un grand nombre de gentilshommes, Candie n'étant plus qu'un monceau de ruines, La Feuillade, pour ne pas faire décimer la petite troupe qui lui restait, fit voile vers Toulon le 22 Janvier 1669.

— Mme Louradour communique une étude sur la commanderie de Paulhac qui sera publiée.

— M. J.-F. Béguin a envoyé une importante étude intitulée Les sous-préfets de Boussac de l'An VIII à 1840, qui donne un tableau très précis et très vivant de la vie politique de cet arrondissement et sera publiée.

— Mme Combarnous a relevé, dans L'Annonciateur de la Creuse du 25 Février 1844, une délibération du Conseil municipal de Chambon fixant la somme due pour les voitures stationnant sur la voie publique et les lieux réservés à ce stationnement et, dans L'Annonciateur du 27 Décembre 1846 la délibération du Conseil Général de la Creuse fixant le prix de la journée de travail de 0,60 à un franc, selon l'importance de la commune.

HISTOIRE DE L'ART. — M. Dayras communique, de la part de M. Nougaret, de Montpellier, les photographies des cinq tapisseries du Musée de Pézenas (suite de l'histoire d'Alexandre) : Alexandre domptant Bucéphale, Bataille d'Arbelles, Porus blessé, Entrée d'Alexandre à Babylone, La famille de Darius implorant Alexandre. Les pièces, qui ne paraissent comporter aucune marque mais qui proviennent des ateliers de la Marche, sont tirées des cartons de Lebrun, peut-être par les gravures de Sébastien Leclerc.

— M. Nougaret a bien voulu nous adresser les deux photocopies de deux prix-faits à Pézenas avec des lissiers marchois (Michel Declaravaux, d'Aubusson, huit tapisseries de l'Histoire de Joseph, pour 1.000 livres, le 20 Mai 1630 ; François Couderc, de Felletin, sept pièces de Céphale et Prochris, 75 livres la canne, 21 Mai 1651). Ces prix-faits seront publiés.

FOLKLORE. — Mme Chaix lit une légende recueillie par P. de Cessac et se rapportant à la Pierre du Soldat, pierre située sur le Maupuy.

Un seigneur voulant venger son neveu tué par le seigneur de Montaigut assiégea le château de celui-ci. Les hommes d'armes de Montaigut étaient dirigés par la fille du seigneur du lieu. Les ennemis avaient pour chef un jeune guerrier connu sous le nom du « soldat » et amant de la jeune châtelaine. Le siège durant plusieurs mois sans résultat, les deux seigneurs convinrent de choisir deux guerriers pour décider en champ clos du sort des deux armées. Les deux amants désignés, ne se reconnaissant pas sous leurs armures, se battent sans merci. La jeune fille tombe sous les coups du soldat qui, alors seulement, la reconnaît. De désespoir il abandonne le champ de bataille et à cause de cet abandon est condamné à périr de la mort des lâches. La légende ajoute qu'il repose sous la pierre dite « du soldat ».

— Mme Châteauvieux fait part de la question posée par M. Fromageot, président de la Société d'Archéologie et d'Histoire du Tonnerrois « A quoi servaient les crochets en fer forgé, généralement doubles, fichés entre les pierres des voûtes en berceau de plusieurs caves du département de l'Yonne ? ». La même remarque peut être faite pour la Creuse. Plusieurs hypothèses sont proposées, notamment utilisation pour suspendre gibier ou autres victuailles.

 

 

SÉANCE DU 19 SEPTEMBRE 1968

Présidence de M. Dayras, président

Présents : Mmes Chaix, Châteauvieux, P.-L. Grenier, Juillet, Lardy, Lhuillier, Louradour, Nicolas, Tête ; Mlles Burgaud, Catinat, Périne ; MM. Carriat, Châtreix, Colas, Dayras, Hemmer, Louradour, l'abbé Mayaud, Meysonnet, l'abbé Mirguet, Picouret, Pinchon.

Excusés : Mlles Dubreuil et Lafaye ; MM. le chanoine Courteau, Malterre, Novion.

ADMISSIONS. — M. Guy Aubert, docteur ès-sciences, 59, rue Bonaparte, Paris (VIe) ; M. Christian Bouchassy, La Courtine ; M. Jacques Bouchassy, 34, rue du Sémaphore, Le Touquet-Paris-Plage ; Mlle Marie-Martine Burgaud, Saint-Silvain-Bellegarde ; M. Guinnepain, Le Palais, par Bosmoreau-les-Mines ; Mme Paul Jeanmot, rue Philippe-Bridot, à La Souterraine ; Mme Armandine Laplanche, rue des Ecoles, Bonnat ; M. Henri Pascouret, à Soumans ; M. René Petitcoulaud, rue Marcel-Deprez, Bourganeuf.

DECES. — Nous avons à déplorer la mort de Mmes Combarnous (fidèle sociétaire depuis 1921) et Tanty ; de Mlles Bathias et S. Moity ; de MM. Henri Dutheil, G. Pellabeuf et l'abbé Verrier, curé de Rougnat, qui avait obtenu la restauration des peintures de son église.

La Société présente aux familles des disparus ses vives condoléances.

FELICITATIONS. — Des félicitations sont adressées à M. Roger Sève, directeur des Services d'Archives départementales du Puy-de-Dôme, président de la Fédération des Sociétés Savantes du Centre, nommé chevalier de la Légion d'Honneur.

BIBLIOTHEQUE. — Nous avons reçu : — Le compte rendu des 26e et 27e Congrès de la Fédération des Sociétés Savantes du Centre. — De Michel Robin, son ouvrage : Poèmes inachevés. — De M. Dayras, l'étude de M. J.-H. Moreau : Cassinomagus (Chassenon).

Nous avons acheté l'ouvrage de M. le comte Maurice de Bony de Lavergne : Une descendance des seconds rois d'Austrasie : les vicomtes de Limoges, aînés des comtes de Toulouse ou la Maison de Rouergue en Limousin qui contient d'utiles renseignements sur les vicomtes d'Aubusson.

EXPOSITIONS. — Sont à signaler : — Château de Boussac : Tapisseries de Lagrange. — Château de Saint-Maixant : Tapisseries. — Château de Sainte-Feyre : Sculptures de Cl. Bouscau et médailles prêtées par l'Hôtel des Monnaies. — Paris, La Demeure : Tapisseries. — Felletin : Tapisseries et sculptures d'E. Gilioli. — Guéret (hôtel de ville) : Céramiques de Margot Plançon. — D'autre part, ont eu lieu, au château de Boussac, deux soirées musicales (les 20 Juillet et 17 Août) et, au château de Sainte-Feyre, un après-midi musical (piano) : Hommage à Debussy (1er Septembre 1968).

COMMUNICATIONS DU PRESIDENT. — Le Président fait le bilan de l'excursion de la Société et donne lecture de la lettre de M. Eygen, président de la Société des Antiquaires de l'Ouest, qui exprime ses regrets de n'avoir pas pu être présent à Charroux, où il avait dirigé les fouilles de la salle capitulaire.

— Il annonce qu'une tapisserie de la Marche, du XVe siècle, a été acquise par le Musée et que l'opération a été financée pour moitié par la ville de Guéret et, pour le reste, en parts égales, par la Société des Sciences Naturelles et Archéologiques de la Creuse et par la Société des Amis du Musée de Guéret.

— Il donne lecture de la délibération du Conseil Municipal de Saint-Etienne-de-Fursac, refusant le transfert au Musée de Guéret de la tapisserie de l'église de Paulhac.

— Il précise que le ministère des Affaires culturelles (Service des lettres) alloue à la Société une subvention de 400 francs.

— Il communique la lettre de M. André Guy qui regrette le dépôt de gravier établi contre le mur nord du clocher de Toulx, dépôt qui lui paraît peu convenable et même dangereux pour l'édifice, car l'enlèvement se faisant par pelleteuse mécanique, celle-ci peut érafler accidentellement le mur du clocher.

— Il signale la restauration de la chapelle du Prieuré de Grandmont à Rouen.

 

COMMUNICATIONS

ACHEOLOGIE :

Epoque gallo-romaine. — MM. Rigaud et Saintrapt ont opéré, avec M. Dayras, des recherches tendant à préciser l'importance de la villa gallo-romaine dont les traces ont été retrouvées entre le cimetière et le village, par l'ouverture d'une route, lieudit Les Boueix, commune de Saint-Maixant. Il a été repéré un bassin en pierres appareillées et des restes de construction sur une vaste étendue ainsi que des travaux sur le ruisseau de Saint-Maixant (restes de tegulae). Au voisinage a été relevée une importante croix monolithe, dite « Croix des Chameaux », paraissant porter, à l'opposé d'un Christ de bonne facture, des figurations dont l'étude est en cours.

— MM. Tournebise et Rivet signalent, à Malleret-La Courtine, au lieu-dit « Les Magnardeix » (n° 276, section B), appartenant à M. Gaston Michon, la découverte fortuite de deux sépultures à incinération avec coffres en granit de forme sphérique. L'un des coffres contenait une urne en poterie remplie d'ossements et de cendres. Dans les parages des sépultures, ont été trouvés de nombreux tessons de poterie jaune et noire, des clous, une clé et un petit bronze d'Antonin-le-Pieux (138-161).

— Mme Louradour signale à Lescuras, commune de La Chapelle-Saint-Martial, la découverte par M. G. Tixier d'une pierre cubique avec cavité, elle aussi cubique, et bourrelet rappelant un coffre de sépulture à incinération. Cette pierre est ornée, sur une face et sur le tiers de la face perpendiculaire, d'une bande sculptée formée d'une frette avec oves.

Epoque médiévale. — Mme Nicolas signale la tentative de sauvetage de l'abbaye de Prébenoit par une équipe de jeunes du Foyer-Club de Genouillat-Bétête. Les travaux de cet été, qui ont permis de dégager l'extérieur des bâtiments et de toutes les salles du rez-de-chaussée, de répertorier, en particulier, les pierres sculptées, se poursuivront.

— M. Dayras communique une photographie du donjon d'Eschizadour, commune de Saint-Méard (Haute-Vienne), donjon carré à contreforts plats, resté complet mais construit dans un matériau médiocre, sans doute au XIIe siècle (V. infra, p. 468).

— M. Calinaud, poursuivant la recherche d'édifices religieux inédits du Sud-Ouest creusois, signale près de Châtelus-le-Marcheix :

Boissieux, chef-lieu de paroisse au XVIe siècle ; à Faye Freide, une église mentionnée en 1158 ; à Peyrusse, la chapelle Saint-Martial, mentionnée en 1110 ; enfin, les édifices Saint-Hilaire et Saint-Martin, mentionnés l'un en 1449, le second en 1458 qui n'ont laissé aucune trace.

— M. Chatreix donne des précisions sur la statue de la Vierge conservée dans l'église de La Souterraine (calcaire XVe siècle).

Epoque indéterminée. — M. Tindilière signale un souterrain à Le Trucq, commune de La Courtine, entre l'ancienne école-mairie et l'église.

— MM. le docteur Gizardin, Caillat et Lemoine signalent la découverte d'un souterrain à La Cartelade (parcelle 369), commune de Linards (canton de Bonnat).

— M. le docteur Gizardin signale la découverte au Moulin-de-Lanaud, commune de Saint-Sébastien, dans un terrain appartenant à M. Berthias, d'un hypogée mis à jour par une pelleteuse, et à peu près détruit. L'intérêt de cet hypogée réside dans l'existence de goulots verticaux de 45 cm. de diamètre et 30 cm. d'épaisseur, qui forment comme trois décrochements de niveau.

— Mme Louradour signale au Masgiral, commune de Saint-Christophe, la découverte d'un souterrain, que le bulldozer a comblé, mais qui, selon les habitants, se divisait en trois galeries se dirigeant : l'une vers Rioux, l'autre vers Les Forges, et la troisième vers Maisonnisses.

HISTOIRE. — M. Joussier, de la Société des Sciences de l'Yonne, communique la photocopie d'un poème dédié par F. Ruyneau de Saint-Georges, magistrat felletinois, à M. E. Le Peletier de Saint-Fargeau, magistrat parisien exilé à Felletin en 1771, et qui s'intéressa à la conservation du dolmen dit « Cabane de César ».

HISTOIRE DU DROIT. — Mme Louradour note qu'en 1610 un tiers de la baronnie de Pontarion relevait du Comté du Poitou, et que ce tiers payait, outre les dîmes sur les céréales, les arbans, les droits de guet et de mosnage, des droits très spéciaux, lors du passage de certains animaux ou objets sur le pont de Pontarion : 16 deniers par animal ferré, 4 deniers par animal non ferré, 16 deniers par meule, une manade de sel pour chaque sac de sel, et 7 sols et 6 deniers pour le lit de chaque nouvelle mariée (V. infra, p. 568).

HISTOIRE LITTERAIRE. — M. A. Carriat relève, dans la thèse de Mlle Doris Guillumette (Université du Massachusetts) sur La libre pensée dans l'œuvre de Tristan l'Hermite, une liste chronologique des auteurs de thèses de doctorat ou de diplômes d'études supérieures, qui se sont attachés à l'étude du poète marchois. Cette note sera publiée.

HISTOIRE DE L'ART. — M. Dayras signale, de la part de M. Nougaret, de Montpellier, la vente, le 7 juin 1559, à Pézenas, de sept pièces de tapisserie de Felletin pour le prix de 130 livres.

— Il signale les tapisseries de l'histoire de Didon et Enée, actuellement au château de Culan (Cher), qui portent la marque particulière « A, fleur de lys, ou fleurette, B », marque qui indique, selon les travaux de Pérathon, une provenance d'Aubusson avant les Règlements de 1665.

TOPONOMASTIQUE. — M. le Professeur Martial Tricot a envoyé une note sur le hameau de Vallières (commune de Willemot près Hesdin, Pas-de-Calais) Valeriae (XIIe). C'est le même nom que Vallière (Creuse), Vallaria, vallée, et M. Tricot remarque que dans les deux localités il a existé un prieuré dès le XIe siècle.

 

 

SÉANCE DU 21 NOVEMBRE 1968

Présidence de M. Hemmer, vice-président

Présents : Mmes Chaix, Châteauvieux, Gaudriot, Lardy, Lhuillier, Louradour ; Mlles Catinat, Dubreuil, Périne ; MM. Bordier, Châtreix, Colas, Hemmer, Louradour, Malterre, Picouret, Soumy, Tantot.

Excusés : Mme Juillet ; Mlle Lafaye ; MM. Dayras, l'abbé Mayaud et l'abbé Mirguet.

ADMISSIONS. — M. Pierre Augory, artiste-peintre, Châtelus-Malvaleix ; M. Jean Charles, antiquaire-décorateur, 21, avenue P.-Larousse 92 - Malakoff ; M. Pierre Chigot, 136, boulevard de l'Hôpital, Paris (XIIIe) ; M. Maurice Bechamort, 8, rue Saint-Martin, Argentan (Orne) ; M. Delaunay, 21, rue Léopold Maupas, Moulins ; M. Jacques Ladant, dentiste, rue Alfred-Grand, Guéret ; Docteur Rabeux, Genouillat ; M. Emile Soumy, rue de Bosseret, La Souterraine.

DECES. — La Société a à déplorer la mort de Mme la comtesse de Barral, de M. Truffy et M. le baron de Villelume.

La Société présente aux familles des disparus ses vives condoléances.

FELICITATIONS. — Des félicitations sont adressées à M. Gadet, maire de la ville de Guéret, nommé chevalier de la Légion d'Honneur.

BIBLIOTHEQUE. — Nous avons reçu les numéros 25 et 26 de la Revue Archéologique du Centre (article sur la nécropole de Lavaud-Saint-Goussaud).

— Nous avons acheté la carte gallo-romaine de la Haute-Vienne par M. Perrier (Edition C.N.R.S.).

MUSEE. — Des remerciements sont adressés à M. Greber, du Bureau de Recherches Géologiques et Minières, qui a classé au Musée de Guéret, les empreintes carbonifères fossiles.

EXPOSITIONS. — A signaler : — A Paris La Demeure : tapisseries d'Adam (3-27 Octobre). — A Fresselines La Grange : peintures de Gaston Thierry (Eté 1968). — A Guéret, hôtel de ville : peintures de Mme Amarie (Octobre 1968). — A Paris, Rétrospective Aujame, au Musée Galliera.

COMMUNICATIONS DU PRESIDENT. — Le Président signale que, dans la série Typologie des sociétés rurales françaises, sur seulement huit études faites par le C.N.R.S. en 1956, l'une d'elles est consacrée à la commune de Saint-Silvain-Bellegarde.

— Il fait part de l'acquisition, par M. Fradet, de la moitié la plus endommagée du château de Magnat-l'Etrange, qui allait être rasée. La Société désireuse de sauver cet édifice creusois, émet le vœu qu'il soit classé monument historique et non pas seulement inscrit à l'inventaire supplémentaire, et qu'une aide soit accordée à l'acquéreur pour en assurer la sauvegarde.

— M. Dayras déplore la mutilation récente du tilleul des Monts, arbre classé (V. Mém. T. XXX, p. 390).

— M. Hemmer précise que sont classés monuments historiques : la tour et les vestiges de l'ancien château de Bridiers à La Souterraine, les peintures murales (XIVe et XVe siècles) de l'église de Glénic, les peintures murales (XVe siècle) de l'église des Forges.

— Le 94e Congrès national des Société Savantes se tiendra à Pau du 8 au 12 Avril 1969.

HISTOIRE NATURELLE :

Zoologie. — Mme Louradour, répondant aux demandes d'identification qui lui ont été faites à propos d'une sorte de limace fréquente en Creuse et qui se nourrit de vers de terre, précise que cet animal limaciforme est une testacelle. Une très petite coquille auriforme recouvre la partie postérieure du corps. Ce mollusque gastéropode essentiellement nocturne, demeure, le jour, enfoncé dans des galeries souterraines et se nourrit de lombrics.

 

COMMUNICATIONS

ARCHEOLOGIE :

Epoque préhistorique. — M. E. Panet a envoyé une note sur le dolmen à demi-détruit de Pierrefade, entre Gentioux et La Chaud.

— M. Hemmer signale l'intérêt de l'étude de M. Toussaint sur la pierre à bassins de Bellefaye et la stèle à figuration humaine de La Chassagne (étude parue au Bulletin de la Société d'émulation du Bourbonnais, au mois de Mars 1967).

Epoque gallo-romaine. — M. Hemmer donne lecture de la note de M. Dupuy et de l'équipe régionale du G.A.A. du T.C.F. (Revue Archéologique du Centre, numéro 26, Avril-Juin 1968), note se rapportant à la découverte d'une nécropole gallo-romaine. Une découverte fortuite à Lavaud, commune de Saint-Goussaud, au lieu-dit « Puy-Pendu-du-Bois » (numéro 181 C) a permis de mettre à jour quatre sépultures à incinération, en granit, avec coffres, couvercles et cavités. Trois d'entre elles possèdent un bourrelet ; aucune ne contient d'urne. Un mobilier fort important a été découvert à l'extérieur des sépultures : deux statuettes en terre blanche de l'Allier, représentant l'une une tête d'enfant rieur et chauve, l'autre une tête d'enfant à chevelure bouclée ; des tessons de céramique : poteries sigillées du IIe siècle, quelques-unes avec estampilles et poteries communes ; des objets métalliques (clé, anneau, clou, marteau, herminette, couteau, scie, charnière, serrure) et des pièces de monnaie : un Trajan (117-118) et deux Faustine Jeune (175) (V. supra, pp. 57-59).

Epoque médiévale. — M. le Docteur Moreigne a envoyé les photographies de deux pierres : l'une, cylindro-conique à bourrelets, située à proximité de Saint-Silvain-Bellegarde, l'autre située à l'angle est d'un champ appartenant à M. Bertrand, de Sermur, et qui pourrait être une borne seigneuriale.

— M. Bordier présente la photographie d'un récipient en granit percé à sa partie inférieure et se trouvant dans le sous-sol du magasin Bournat, établissement qui occupe l'emplacement de l'ancien magasin de sel de Guéret.

— M. Hemmer présente un document daté du 11 Décembre 1578 se rapportant à la vente « d'une place vague et inutile joignant le pont de La Terrade » en vue d'effectuer « les réparations nécessaires au dit pont situé à Aubusson, sur le chemin public de Limoges en Auvergne, pont construit en bois, lequel est devenu inutilisable parce que pourri par l'usage et le temps ».

HISTOIRE. — M. Dayras communique un « Mémoire présenté en 1808 par les administrateurs de l'hospice civil d'Aubusson ». Ces derniers, désirant rétablir les revenus de l'hospice, revenus qui se trouvent presque entièrement anéantis par les remboursements des capitaux qui ont été faits au receveur de la Régie en exécution des lois révolutionnaires qui avaient déclaré « nationaux » les biens et revenus des hôpitaux, présentent au préfet de la Creuse le mémoire des rentes et fondations dues soit au prieur, soit à la communauté des prêtres d'Aubusson et obtiennent l'autorisation de traduire devant les tribunaux tout débiteur ou détenteur de fonds assujetti aux redevances énoncées dans le mémoire.

Ce document contient de nombreux noms de lieux et de personnes assujettis aux rentes et a été communiqué aux Archives départementales.

— M. A. Laporte a envoyé une étude sur Hippolyte Marlot (1850-1920), fondateur des mines d'or du Chatelet. Cette étude sera publiée.

HISTOIRE LITTERAIRE. — M. Carriat a envoyé sa Chronique d'un semestre (Le Creusois de Paris, Juillet 1968), chronique dans laquelle il signale les œuvres parues se rapportant à la Creuse ou dues à des Creusois, notamment : La tuile à loups de Jean-Marc Soyer (Ed. Juilliard), Les baladins du roi de G. Nigremont (Ed. de la Farandole), Le revers de la médaille de Pierrette Sartin (Casterman), Les rimes d'un simple de F. Gébé (Ed. Lecante), Dans le vallon sauvage d'Emma Landry (Ed. de la Nouvelle Pléiade), Les naïves amours de F. Pradelle (Revue Betelgeuse), La vicomté de Bridiers par R. Chatreix (Ed. Lecante), Oiseaux du Berry par Marc Michon (Ed. Lecante).

HISTOIRE DE L'ART. — M. Dayras communique une note en réponse à un article récent Mais où donc a été tissée la tenture de La Dame à la Licorne ? qui sera publiée.

TOPONYMIE. — M. Bret pense que le nom du quartier guérétois de La Rodde indiquerait un lieu couvert de buissons.

Mme Louradour rejette, comme lui, pour ce toponyme, le sens de « roue ». Elle rappelle la légende de l'île de Rhodes qui veut que cette île doive son nom à ce que les roses y croissaient à l'état naturel et énumère un nombre important de noms formés du radical grec qui signifie en effet rose, qu'il s'agisse de la fleur, du parfum ou de la couleur et estime que ce toponyme peut indiquer un lieu où la teinte rose domine peut-être par la pierre ou la terre, mais surtout par des buissons de rosacées ou de toute autre plante aux roses floraisons.

— M. A. Laporte, au sujet de l'origine du nom « chemin ferré », indique que, dans les régions où il existe des vestiges d'anciennes sidérurgies, les scories métalliques forment de véritables collines désignées sous le nom de ferriers qui ont fourni des matériaux d'empierrement pour un grand nombre de chemins dits ferrés.

FOLKLORE. — Mme Louradour rappelle la demande faite par le président de la Société des Antiquaires du Tonnerrois, concernant les crochets doubles en fer forgé qui se trouvent aux voûtes des caves et la possibilité de leur utilisation pour accrocher volaille et gibier. Elle indique que dans plusieurs caves de fermes marchoises de tels crochets ont servi et servent encore à suspendre à l'aide de cordes, fils de fer ou chaînes un plateau de bois ou une claie sur lesquels ont déposait des denrées alimentaires, les protégeant ainsi des rongeurs et des chats.

— Mme Louradour donne lecture de deux affiches datées de 1826 et appartenant à Mme Chaix.

L'intérêt de ces affiches, qui sont la publication de la condamnation par la Cour d'Assises de Guéret, de deux malfaiteurs (un assassin et une voleuse de tissu) réside dans le fait qu'elles précisent qu'avant de purger leur peine ils seront tous deux attachés au carcan sur la place publique du Marché de Guéret et qu'en outre l'assassin sera aussi flétri par l'application d'une empreinte « avec un fer brûlant sur l'épaule droite ».