ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DU 16 JANVIER 1969
Le 16 Janvier 1969, à 15 heures, la Société s'est réunie en assemblée générale régulièrement convoquée. A l'ordre du jour, figurait le compte-rendu d'activité de l'année 1968 et le rapport financier, ainsi que le renouvellement du tiers sortant du Conseil d'administration.
Rapport d'activité. — Le Président donne lecture du rapport pour 1968 en la forme habituelle : séances de travail, Mémoires, 40e excursion annuelle (Paulhac, Châteauponsac, Charroux, lieu d'origine des premiers comtes de la Marche, retour par Bellac et exposition Guillaumin et le paysage post-impressionniste, à laquelle avait contribué notre Musée). Le quatrième fascicule du Dictionnaire bio-bibliographique a été distribué ; le cinquième est en cours d'impression, ainsi que le troisième fascicule du Tome XXXVI des Mémoires.
Le nombre des membres cotisants est en progression constante, passant de 557 à 580 à la fin de 1968, non compris les membres à vie.
MUSEE. — Il a été acquis en 1968, avec le concours de la Ville de Guéret pour moitié, de la Société des Amis du Musée pour un quart et de notre Société également pour un quart, une magnifique tapisserie de la fin du XVe siècle ou du début du XVIe, provenant à l'origine du château de Saint-Marc-à-Frongier, et jugée d'origine marchoise par MM. François Tabard et Michel Tourlière. Cette pièce est un jalon capital dans l'histoire de la tapisserie marchoise. Des réparations urgentes et indispensables y ont été effectuées dans des conditions spécialement favorables par la Manufacture Tabard, sur le budget du Musée avec l'accord de M. Hemmer et avec un don généreux de 500 F. de notre collègue M. Dubourjal.
Les entrées au Musée sont en progression. La commission tripartite, Ville de Guéret, Conseil Général et Société, a été désignée et devra se réunir afin d'étudier la création d'une association qui donnerait au Musée la personnalité civile et une vocation départementale. Le poste de conservateur à plein temps souhaité par la Direction des Musées de province, solution adoptée par la Ville, est l'objet de plusieurs candidatures, mais n'est pas encore pourvu.
COMPTE-RENDU FINANCIER. — M. Chatreix, trésorier, a établi le compte de l'exercice 1968, y compris le Dictionnaire, mais à l'exclusion du compte spécial du Musée ; ce compte se solde par un excédent à reporter de F. : 1.067,49 ; les comptes, vérifiés par MM. Colas et Malterre, désignés à cet effet par l'assemblée générale, sont adoptés à l'unanimité et des remerciements sont adressés au trésorier, qui présente le budget provisoire pour 1969, lequel est approuvé.
COMPTE SPECIAL DU MUSEE. — M. Hemmer, conservateur, présente le compte spécial du Musée qui comprend deux subventions de la Ville, celle de 1967 n'ayant pas encore été encaissée lors de l'arrêté de comptes du 31 Décembre 1967, ainsi que le don de 500 F. de M. Dubourjal. Ce compte, vérifié également par MM. Colas et Malterre, est adopté à l'unanimité et des remerciements sont adressés à M. Hemmer.
ELECTIONS. — Il est procédé au renouvellement du tiers sortant du Conseil d'administration. En l'absence de candidature formulée avant l'assemblée générale, sont soumis au renouvellement statutaire : Mmes Louradour et Nicolas, M. Villard (mandat de M. Martin, décédé), M. l'abbé Mirguet et M. Picouret. Ces membres du Conseil sont réélus à l'unanimité pour la durée statutaire du mandat, soit neuf ans. Le bureau de la Société reste inchangé.
Le Président, Le Secrétaire, Le Trésorier, M. Dayras. P. Louradour. R. Chatreix.
NOTA. — Au cours de l'année 1969, la Ville de Guéret a fait connaître qu'elle préférait constituer un Conseil du Musée limité à la Société et à la Ville, et n'envisageait pas de donner au Musée la personnalité civile.
Mme Doublard du Vigneau a été désignée en qualité de conservateur à plein temps par la Direction des Musées de province, et, à dater du 1er Juillet 1969, la Ville a pris en charge les frais de gardiennage et encaissé les entrées. De ce fait, il devenait indispensable de mettre en harmonie cette nouvelle situation de fait avec l'acte de donation avec charges conclu entre la Ville et notre Société, le 1er Octobre 1837. L'étude de la nouvelle convention est en cours (Décembre 1969).
SÉANCE DU 16 JANVIER 1969
Présidence de M. Dayras, président
Présents : Mmes Chaix, Châteauvieux, Gaudriot, Juillet, Lardy, Lhuillier, Louradour, Nicolas ; Mlles Catinat, Périne ; MM. Bordier, Colas, Dayras, Hemmer, Louradour, Malterre, Meysonnet, Peynaud.
Excusés : Mlle Dubreuil ; MM. Châtreix, le chanoine Courteau, Debize, l'abbé Mirguet, Novion, Tantot.
ADMISSIONS : M. Jean Advenier, ingénieur, Leyrat ; M. Jacques Audouze, professeur de géographie, 43, route de Beauze, Aubusson ; M. Bourdier, Commentry ; M. Raymond Brunet, Saint-Sylvain-bas-le-Roc ; M. Caradet Alain, Guéret ; M. Fernand Charpentier, Crozant ; Mme Cheroux, institutrice, Peyrat-la-Nonière ; M. Charles Greber, ingénieur géologue, bureau des recherches géologiques et minières, 74, rue de la Fédération, Paris - XIVe ; Mme Suzanne Lafargue, institutrice, Peyrat-la-Nonière ; Mme Lemarchand, 17 bis, rue Saint-Maur, Rouen ; M. André Marchadier, entrepreneur, 87, Les Grands-Chezeaux ; M. Serge Nikitine, 2, rue d'Austerlitz, 60 - Compiègne ; M. Maurice Oliveau, musique, avenue de la République, Guéret ; Mme de Pougnadoresse, Moisse par Bétête ; M. Michel Roche, 20, rue de Sauve, 30 - Nîmes ; Mme Sandillon, institutrice, Moutier-Rozeille.
DECES. — Nous avons à déplorer la mort de M. Victor Chaize, maire de Saint-Domet et conseiller général de Bellegarde.
La Société présente à la famille du disparu, ses vives condoléances.
BIBLIOTHEQUE. — Nous avons reçu : — Le bulletin (troisième trimestre 1968) de la Société Bourbonnaise des Etudes locales, qui contient un article sur le passage en Creuse du conventionnel Vernerey. — Le bulletin de la Société d'Ethnographie Limousin-Marche (Décembre 1968).
MUSEE. — Don de M. F. Tabard : la photographie de la tapisserie du XVe siècle acquise et restaurée pour le Musée, ainsi qu'une note sur sa provenance.
EXPOSITIONS : — A Paris, galerie Nicolas : peintures de Pierre Augory (19 Octobre - 8 Novembre 1968). — A Paris, galerie Ror-Volmar : peintures de Gaston Thierry (27 Novembre - 10 Décembre 1968). — A Lyon, galerie Verrière : tapisseries d'Aubusson de Marc Petit (Décembre 1968). — A Paris, La Demeure : tapisseries de Borderie (12 Novembre - 16 Décembre 1968) et Tourlière (9 Janvier - 2 Février 1969).
COMMUNICATIONS DU PRESIDENT. — Le Président annonce que le 94e Congrès national des Sociétés Savantes se tiendra à Pau, (8-12 Avril 1969) et sera suivi du Colloque des présidents des Sociétés Savantes.
ARCHEOLOGIE. — MM. Rigaud et Saintrapt présentent la photographie de la croix monolithe de granit, très importante et très ancienne, dite « Croix des Chameaux », au relèvement de laquelle ils ont procédé cet été. Cette croix est située à proximité immédiate du bourg de Saint-Maixant, à l'Ouest de la route de La Bussière. Sur une face, est sculpté le Christ et sur l'autre trois personnages (des orants ?) d'une facture très primitive. M. Dayras estime que ce monument devra être soumis à l'appréciation de la Direction des antiquités historiques et protégé par un classement.
Epoque indéterminée. — MM. Caillat et Gizardin signalent la découverte par MM. Hivernaud et Bressy, puisatiers à Lavaud de Pognagot, commune de Grand-Bourg, sur la propriété de M. Albert Petit, d'un souterrain non circulaire mais incurvé avec goulot. Dans l'éboulis, a été trouvé un autel votif gallo-romain qui est conservé au Grand-Bourg. Leur note sera publiée.
Epoque gallo-romaine. — M. Alamy signale la découverte, par M. Fougeron, à Peyrudette, commune de Champagnat, dans la terre de Mme Melchior (379-E) d'un ossarium de granit sans urne. Quelques débris de vases grossiers, une quarantaine de clous à grosse tête ont été trouvés à l'entour du coffre.
Epoque médiévale. — M. Calinaud, poursuivant ses recherches se rapportant aux Edifices religieux inédits du Sud-Ouest creusois, a envoyé une note sur la chapelle de Las Plégeas, commune de Faux-Mazuras. Sa note sera publiée.
HISTOIRE. — M. Urien relève un passage de l'œuvre de Ph. Erlanger, Louis XIV, passage qui note que Louis XIV, atteint d'une fistule à l'anus, ne put assister à l'inauguration, place des Victoires, de la statue que lui offrait le duc de La Feuillade (p. 400).
— Mme Louradour rend compte du dépouillement des archives appartenant à M. Desjobert de Prahas et se rapportant au couvent des Célestins des Ternes, de Pionnat.
Un inventaire des papiers du couvent (1776) mentionne un grand nombre de faits appartenant à l'histoire de cet établissement religieux, notamment sa fondation, le samedi après l'Ascension 1338, par Roger le Fort, qui fait don des biens hérités de son père Godefroy des Ternes, de la justice haute, moyenne et basse qu'il possède sur ceux-ci, puis les dons et privilèges accordés aux religieux par Marie, duchesse de Bourbonnais et d'Auvergne et par son fils Charles ; par les comtes de La Marche, Louis, Jean et Jacques, ducs de Bourbon ; par les rois de France de Charles V à Louis XV. Cet inventaire fait part, en outre, des exemptions de charges accordées par les papes Paul II et Benoît XIII, des dons nombreux reçus par les religieux, en terres et en argent, et de la prospérité du couvent qui perçoit des dîmes sur près de deux cents villages.
— M. Delaunay, de la Société Bourbonnaise des Etudes locales, a envoyé une note sur le séjour, en Creuse, du conventionnel Vernerey, durant l'hiver 1794.
Vernerey séjourna quarante-quatre jours en Creuse et parcourut les sept districts. Accablé de sollicitations et de pétitions, assidu aux séances des sociétés populaires, il participa aux travaux des comités de surveillance.
Venant de Bourganeuf, il arriva à Aubusson le 16 ventôse, an II. Le 19, à Felletin, il procéda aux épurations. Il trouva la population divisée par des rivalités personnelles et des passions partisanes. Les modérés avaient fait la loi à la société populaire, durant des mois.
HISTOIRE LITTERAIRE. — M. Carriat a donné au journal Le Creusois de Paris (Nov. 1968) un article passant en revue les travaux littéraires et les ouvrages parus relatifs à la Creuse. M. Dayras souhaite que soit reprise, aux Mémoires, l'étude bibliographique annuelle.
HISTOIRE DE L'ART. — M. le chanoine de Montaigut a relevé, à la date du 26 Août 1727, le mariage, à l'église Notre-Dame de Bazas, de Pierre-Alexandre de La Seiglière, peintre et doreur, natif d'Aubusson, non cité aux listes de Pérathon.
SÉANCE DU 20 MARS 1969
Présidence de M. Hemmer, vice-président
Présents : Mmes Chaix, Châteauvieux, Gaudriot, Lardy, Lhuillier, Louradour ; Mlles Périne, Simonnet ; MM. Châtreix, Colas, le chanoine Courteau, Filloux, Hemmer, Louradour, l'abbé Mayaud, Malterre, l'abbé Mirguet, Oliveau, Picouret, Soumy.
Excusés : Mlle Dudoussat ; M. Dayras.
ADMISSIONS. — M. René Barret, 76 - Ferrières-en-Braye ; M. Jean Bonnet, Centre Amélioration du Logement, 6, avenue de la Sénatorerie, Guéret ; M. Jacques Dallier, notaire, 2, rue Saint-Jean, Aubusson ; M. Robert Gallitre, adjoint de direction, Ecole de Métiers du Bâtiment, Felletin ; Mlle Marie-Odile Greck, Cressat ; Mlle Bernadette Popineau, P.T.T., 36 - Argenton ; M. M.-G. Raterron, inspecteur honoraire de l'Education Nationale, à Gouzon ; Mlle Simonnet, professeur au lycée technique, 6, rue des Gayes, Guéret.
FELICITATIONS. — Des félicitations sont adressées à M. Gadet, maire de Guéret, promu officier de l'Instruction publique, et à Mlle Emma Landry, qui a obtenu le Grand prix du concours international de poésie.
DECES. — Nous avons à déplorer la mort du colonel Demonet (Saint-Sulpice-les-Feuilles), héros de la guerre 1914-18 et de la Résistance.
La Société présente à la famille du disparu ses vives condoléances.
BIBLIOTHEQUE. — Nous avons reçu : — De M. Moreau, son Compte rendu de fouilles (1968) de Chassenon (Charente). — De M. Delaunay, Notre Bourbonnais (quatrième trimestre 1968), qui contient la suite de son étude sur le séjour du Conventionnel Vernerey, en Creuse. — De M. Roussillat, Eloge de Paul Carnot par Henri Benard ; Paul Carnot (1869-1957), grande figure de la médecine contemporaine, clinicien doublé d'un savant biologiste, passait ses vacances dans la propriété familiale du Monteil, commune de Saint-Sulpice-le-Guérétois. — De Mlle Rothonnet, plusieurs manuscrits de son père Jean Rothonnet, et signés Jean Roth (Monographie d'un hameau creusois et Busseau-sur-Creuse).
EXPOSITIONS. — A Paris : — La Demeure : tapisseries de Jullien (4 Février - 1er Mars). — A Saint-Etienne, Maison de la Culture : tapisseries de Lagrange (Février). — A Paris, La Demeure : tapisseries de Millecamps (11 Mars - 5 Avril). — A Guéret, hôtel de ville, peintures, de Jean Bougret (16-31 Mars).
MUSEE. — Legs de Mlle Rothonnet : deux tapisseries (copies de Boucher).
— Legs de M. Pintout, de Guéret : deux tableaux (paysages) et un vase.
COMMUNICATIONS DU PRESIDENT. — Le Président signale que M. Jean-Pierre Paquet, architecte en chef des Monuments Historiques, membre d'honneur de notre Société, vient de restaurer l'Hôtel de Lamoignon (1763-1969) au Marais, 24, rue Pavée à Paris, auquel sa destination première de bibliothèque historique de Paris vient d'être rendue par M. André Malraux.
— Le Conseil Général de la Creuse alloue deux subventions : l'une de 600 F. pour la publication du Dictionnaire Carriat ; l'autre de 2.200 F. à notre Société.
— Le vingt-neuvième Congrès de la Fédération des Sociétés Savantes du Centre se tiendra cette année à Limoges, les 7, 8 et 9 Juin.
— Le Prix P.-L. Grenier (500 F. tous les trois ans) sera remis vers le 3 Mai, à Toulouse, à un poète ou un prosateur de langue d'Oc.
— M. Dayras signale la parution de The Carpets of Aubusson, par Madeleine Jarry, inspecteur principal du Mobilier national (F. Lewis, Leigh on Sea, Angleterre), ouvrage tiré à six cents exemplaires de 49 pages, et 65 planches, et relatif au tapis de pied d'Aubusson depuis 1743.
MONUMENTS HISTORIQUES. — M. Hemmer annonce que sont classés ou inscrits monuments historiques : les églises de Roches, Clugnat, Mautes, Saint-Maurice-La-Souterraine ; les peintures murales des églises de Clugnat, Les Forges, Glénic et le rétable de Chambon-sur-Voueize.
ARCHEOLOGIE :
Epoque préhistorique. — M. Lucien Lefort a envoyé son rapport de fouilles de l'abri du lieudit « Le Peu-la-Côte », ou de « La Roche-Branlante », commune de Saint-Pierre-Chérignat, rapport qui contient le plan des fouilles et plusieurs planches présentant les échantillons de l'industrie lithique recueillis (67 pièces en leptynite : burins, grattoirs, racloirs, couteaux, pointes).
L'auteur estime que la présence d'outils composites trop nombreux et de pédicules, exclut l'hypothèse d'un gisement moustérien.
D'autre part, l'absence de microlithes géométriques, d'outils particuliers au néolithique et de la céramique prouve qu'il ne s'agit pas d'une industrie postérieure à la dernière glaciation.
Il s'ensuit alors que l'outillage lithique trouvé au lieudit « Le Peu-la-Côte », doit appartenir au paléolithique supérieur ou à un épipaléolithique. Ce rapport sera déposé aux Archives de la Société et publié aux Mémoires.
Epoque médiévale. — M. Calinaud a envoyé une étude sur le site médiéval de La Chaussade, commune de Thauron.
Le site dit « Ville de Transet » se trouve à un kilomètre au Nord-Est de Quinsat, et à un kilomètre au Sud du Mont-de-Transet. Son étude sera publiée.
HISTOIRE. — Mme Louradour relate le passage à Guéret, le 22 Novembre 1676, d'un religieux persan, pauvrement vêtu, coiffé d'un bonnet fourré et accompagné d'un « Cordelier de la Grande Observance », âgé de 27 ans, natif de l'île de Pathmos. Le religieux célébra, en l'église de Guéret, la messe en langue et à la manière syriaques, assisté de son compagnon. Une quête faite à leur profit, dans l'assistance, rapporta cent et quelques sols.
— Mme Louradour, poursuivant le dépouillement des archives de M. Desjobert de Prahas, relève, dans celles-ci deux notes relatives à Guéret.
L'une précise que, lors de la première visite à Guéret, le 26 Août 1678, à 5 heures du soir, de Mgr l'Evêque de Limoges, les prêtres, puis les pénitents blancs et noirs ensemble, ensuite les consuls, se réunirent à l'église et allèrent à sa rencontre, hors de la ville, près de la Porte du Chancelier, où un autel était dressé.
L'autre note, datée du 10 Octobre 1697, signale, vers midi, la sortie en procession de la châsse du « glorieux saint Pardoux », parce que les arbres avaient été rompus, ébranchés ou déracinés et que les terres n'avaient pas pu être ensemencées par suite du mauvais temps.
— Mme Louradour termine son étude sur Paulhac, commanderie de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, par le membre de Lascroux qui comprenait l'église paroissiale de Fleurat et la chapelle de Lascroux. Ce texte sera publié.
— M. Broilliard a relevé, aux Archives départementales, un document du 6 Mars 1783, relatif à un curieux délit : le vol avec effraction du carcan qui était attaché avec une chaîne à un pilier de la halle d'Aubusson et l'exposition de ce carcan, à l'aide d'une jarretière de laine, au loquet de la porte de l'un des principaux citoyens de la ville.
— M. Delaunay, dans Notre Bourbonnais (quatrième trimestre 1968), donne la suite de son article sur le séjour en Creuse du conventionnel Vernerey.
Il le montre, attendu par les populations creusoises, écoutant les suppliques, recueillant les pétitions, s'occupant du ravitaillement, adoucissant le régime des ex-nobles (hommes détenus dans les maisons Tourniol-Rateau, femmes détenues à Blessac) et quittant Guéret pour La Souterraine le 30 pluviose, An II.
VARIA. — M. René Barret a envoyé une étude climatologique sur la Haute Gartempe, où sont classés par saisons, par mois, les jours de pluie, de neige, de brouillard, de gelée, de vent, d'orage, d'ensoleillement et cela plus spécialement pour quelques communes de cette région.
SÉANCE DU 22 MAI 1969
Présidence de M. Dayras, président
Présents : Mmes Chaix, Châteauvieux, Doublard du Vigneau, Juillet, Laplanche, Lardy, Lhuillier, Louradour, Nicolas ; Mlles Catinat, Périne, Reignoux ; MM. Bordier, Châtreix, Colas, le chanoine Courteau, Dayras, Hemmer, Filloux, l'abbé Mayaud, l'abbé Mirguet, Novion, Picouret, Soumy, Urien.
Excusés : Mlle Dubreuil ; MM. Faye, Tantot.
ADMISSIONS. — M. Bornuat, ingénieur du Bureau des Recherches Géologiques et Minières, rue du Prat, Guéret ; M. Deluchat, étudiant à Saint-Fiel ; Mme Guy Descoursières, Le Grand-Bourg ; M. Jean Devaud, étudiant, 21, rue de La Font-aux-Moines, La Souterraine ; Mme Doublard du Vigneau, conservateur du Musée de Guéret ; M. Berty Louradour, 43, rue de Pommeil, Guéret ; Mme Huguette Marsilloux, 13, avenue Marc-Purat, Guéret ; Mme Michel Mazetier, Confolens par Moutier-Rozeille ; M. Jacky Paillet, Saint-Sulpice-le-Dunois ; M. Luc Pascaud, hôtelier, La Celle-Dunoise ; M. Raymond Pascaud, agriculteur, Saint-Sulpice-le-Dunois ; M. Jean Touzot, libraire, 38, rue Saint-Sulpice, Paris - VIe.
DECES. — Nous avons à déplorer la mort de M. Paul Louradour, secrétaire de la Société ; de M. Meysonnet, adjoint au maire ; de M. François Tabard, président du Comité d'Expansion Economique et descendant de la plus ancienne famille de tapissiers d'Aubusson.
La Société a été douloureusement frappée par la disparition brutale de son secrétaire qui, depuis dix-sept ans, assumait cette fonction avec un inlassable dévouement.
Elle présente aux familles des disparus ses vives condoléances.
BIBLIOTHEQUE. — Nous avons reçu : — Le bulletin de la Société Bourbonnaise des Etudes locales (premier trimestre 1969) qui contient l'article de M. Delaunay sur le passage, en Creuse, du Conventionnel Vernerey (1794). — Le rapport des fouilles du Groupe d'archéologie du T.C.F., au Mont-de-Jouer (Novembre 1968), et celui de la découverte de la sépulture de Condat (Le Grand-Bourg).
EXPOSITION. — A la mairie de Guéret, en Mars, peinture de J.-P. Galland.
MUSEE. — Le Président signale la nomination de Mme Doublard du Vigneau, en qualité de conservateur du Musée. Il lui adresse les souhaits de bienvenue de la Société.
— Don de M. Jamot : Base de statue gallo-romaine.
COMMUNICATIONS DU PRESIDENT. — Le Président signale, à France-Culture, le 24 Avril 1969, à 14 h. 10 l'émission consacrée à Tristan l'Hermite, à laquelle a participé notre collègue Amédée Carriat.
— Il fait part du désir de la Société Renaissance et Culture de voir notre collègue, M. Bordier, prendre la délégation départementale de cette Société.
— Il signale que l'Académie Nationale de Metz publie une bibliographie lorraine, dont le premier tome paraîtra cette année.
— Il précise l'itinéraire de l'excursion 1969, itinéraire qui permettra l'étude en Creuse du site de Peyrusse (commune de Châtelus-le-Marcheix) ; de l'église et de la châsse d'Ambazac, de l'abbaye de Grandmont (commune de Saint-Sylvestre), de la vicomté du Dognon et de l'oppidum de Lémovices à Villejoubert en Haute-Vienne.
— Il annonce que le Congrès archéologique de France, de la Société Française d'archéologie, a tenu sa cent-vingt-septième session à Agen, à partir du 12 Mai 1969.
MONUMENTS HISTORIQUES. — M. Hemmer signale l'inscription ou le classement au titre des monuments historiques des églises de Pigerolles, Bussière-Dunoise, Lioux-les-Monges, Banize, Châtelus-Malvaleix, Fransèches.
COMMUNICATIONS
ARCHEOLOGIE :
Epoque préhistorique. — M. Urien signale la découverte, à un kilomètre de Létrieix (commune d'Issoudun), aux lieudits « La Terre-Longue », « La Tuilerie » (section A D, numéro 23), de quatre tumuli ovoïdes datant vraisemblablement de l'époque de Hallstatt. Sa note sera publiée.
Epoque gallo-romaine. — Mme Nicolas signale, au lieudit de Villecreux (commune de Châtelus-Malvaleix), et à proximité du chemin ancien dénommé « charrière des buis », la mise au jour, par M. Moret, d'un angle de mur et la découverte de nombreux fragments de tuiles à rebord, de poteries communes et sigillées et d'un mortier (16 cm. de hauteur) en pierre calcaire. Ses arêtes sont décorées de cannelures formant oreilles aux angles supérieurs. Son évidement tronconique a 10 cm. de profondeur. A cent mètres, de l'autre côté de la charrière, un ossarium de granit avait été trouvé antérieurement.
— M. Chatreix présente la base de statue signalée par M. Abel Coulon et découverte par M. Moïse Jamot, à Saint-Priest-la-Feuille, au lieu-dit : « de la Pierre-Folle », à 48 m. au Nord-Ouest du dolmen. Sur la face antérieure sont sculptés le pied et le mollet de la jambe droite et sur la face postérieure, une représentation grossière du corps et des deux jambes d'un enfant au d'une tête et des deux bras. M. Jamot fait don de cette pièce au Musée.
— Il décrit, d'autre part, un fragment de statue en granit, trouvé par M. Robert Leblois, à Souvelinge, commune de Saint-Priest-la-Feuille, et qui représente un corps humain, grandeur naturelle, sans la tête et avec une très petite partie des jambes. Sa note sera publiée.
Epoque médiévale. — M. Calinaud, a envoyé la suite de son étude sur Quelques édifices religieux inédits du Sud-Ouest creusois, communes de Janaillat et Mérignat. Sa note sera publiée.
— M. Chatreix décrit un bel écusson en granit signalé par M. Abel Coulon. Il se trouve sur le mur sud de la sacristie de l'église de Saint-Priest-la-Feuille et porte dans la partie supérieure la date 1635 et dans la partie inférieure, l'inscription I H M. (Jésus Maria).
— M. Hemmer lit un devis des réparations à la chapelle Notre-Dame de la Borne daté du 9 Septembre 1744.
Les réparations dites « urgentes et nécessaires » consistent à couvrir à neuf une partie de la chapelle, à jointoyer sept piliers, à crépir à chaux et à sable le tour du vitrage et le mur, à boucher les trous des murs intérieurs et extérieurs et à blanchir la chapelle et la sacristie. Sa note sera publiée.
— M. Tibéri a envoyé la photographie d'une pierre sculptée d'une croix fourchée, qui faisait partie d'un dallage de caniveau séparant l'ancien cimetière, aujourd'hui place plantée d'arbres, de Bussière-Dunoise, d'une route Bussière-Naillat, dans la traversée du bourg. Cette photographie sera publiée.
HISTOIRE. — Mme Louradour décrit la seigneurie des Monneyroux en 1669. Située dans la paroisse de Clugnat, elle a pour seigneur Jean-François de la Saigne, qui possède sur la paroisse de Clugnat, la justice haute, moyenne et basse, les cens, la rente annuelle en directe franche ou directe serve payable en trois termes, la taille aux quatre cas, les droits de guet, de monage, les arbans, les vinades et, sur la paroisse de Jalesches, la haute justice seule. Elle s'étend sur le bourg de Clugnat, les villages de Doulon, La Faye, Pradelettes, Petit-Freneix, Farges, Le Bouché, Lavaud, Barteix, partie du territoire de Poussanges et sur toute la paroisse de Jalesches.
— Mme Louradour lit une note se rapportant au passage de troupes à Guéret en 1690. Trois déserteurs furent condamnés aux galères après avoir eu les oreilles coupées et avoir été marqués à la joue.
— M. Dayras communique 1°) l'expédition d'un acte de vente notarié du 13 Juin 1776, reçu par Fournier, conseiller du roi, commissaire général aux saisies-réelles du Limousin, notaire à Limoges, par lequel Messire Pierre-Joseph de la Regondie, écuyer, sieur du Mazeau (paroisse de Bujaleuf, en Haute-Marche), demeurant alors à Paris, vend à Jean Faugeron, domestique à Limoges, rue Croix-Neuve, paroisse Saint-Michel, son lieu et métairie du Mazeau... fondalité et justice du seigneur du Chalard... moyennant la somme de 1.800 livres et 98 livres pour pot de vin... payables 1.500 livres au seigneur du Chalard comme étant aux droits de J.-B. Chenaud du village de la Cour, paroisse de Nedde... plus les 300 livres restant... les arrérages de rente que le Sr vendeur lui doit.
2°) l'expédition d'un autre acte de vente antérieur au précédent daté du 29 Décembre 1761, reçu par le même notaire, par lequel le même vendeur avait déjà cédé à Messire Jean Léonard de Maumont, chevalier, seigneur du Chalard, les deux rentes nobles foncières et directes, détaillées à l'acte, dues sur le village mas et tènement du Mazeau et sur le village de Fontvieille, avec la directe seigneurie... emportant droit de lods et ventes et rétention féodale... et droit de justice, moyennant le prix de 1.900 livres, dont 1.200 payables à M. Benoit trésorier de France en cette généralité à qui le Sr de la Regondie en est débiteur.
Au premier de ces deux actes, le vendeur se réserve, « nonobstant ladite vente, de continuer à porter le nom du Mazeau pendant son vivant »...
De l'examen de ces deux actes, il apparaît que ce représentant de la petite bourgeoisie locale, titulaire d'un modeste fief, se trouvait, après 1760 contraint de vendre sa terre après avoir vendu ses droits féodaux, mais entendait cependant en garder le nom, réserve particulièrement intéressante, qui permet de juger avec quelle facilité se sont perpétués les noms de terre après la Révolution.
Ces pièces sont données à nos archives départementales.
— M. Dayras signale la communication, par M. Panet, d'un recueil de notes et dessins, qui paraît bien être l'un des quatre cahiers de M. Beaumesnil, comédien ambulant du XVIIIe siècle, qui étudiait les antiquités notamment en Limousin, décrivant monuments et objets. Ce recueil sera communiqué au Congrès de la Fédération des Sociétés Savantes du Centre.
— Mme Louradour communique une note se rapportant à la dîme sur le parc de Pionnat.
Le receveur des Consignations de la Marche fait savoir que la dîme ne se perçoit pas sur les parcs et les jardins dont les fruits sont ceux naturellement produits par un jardin et destinés à l'usage exclusif du propriétaire. En fait, c'est la nature du fruit qui décide, quant aux jardins, aux parcs, comme à l'égard de tous autres terrains de l'exemption ou du paiement de la dîme.
— Mme Chaix présente un laisser-passer pour un prêtre assermenté qui se rend de Guéret à Genève par Lyon en 1792.
— M. Bordier communique deux documents.
L'un, un imprimé, est une reconnaissance postale, de l'époque révolutionnaire, destinée aux armées. C'est un reçu délivré par le Directeur des Postes, en échange des sommes, déposées entre ses mains, sommes qui accompagnées d'une lettre d'avis étaient expédiées au bureau postal du destinataire où ce dernier venait en prendre possession contre présentation de la « reconnaissance » que le déposant lui a fait parvenir. Cet imprimé ne figure pas à la collection du Musée Postal de Paris et M. Bordier en fait don à nos archives départementales.
Le second document, daté de 1814, vu par le Sous-Préfet de l'arrondissement de Guéret, délégataire du Préfet, est la prescription du placement d'un garnisaire chez des redevables en retard de leurs impositions indirectes, la taxe de station de ce personnage étant à la charge des redevables retardataires.
SÉANCE DU 20 SEPTEMBRE 1969
Présidence de M. Dayras, président
Présents : Mmes Chaix, Châteauvieux, Doublard du Vigneau, Gaudriot, Lagrange, Lardy, Lhuillier, Louradour, Nicolas, Tête, Villard ; Mlles Burgaud, Catinat, Périne, Reignoux, Simonnet ; MM. Bordier, Châtreix, Colas, le chanoine Courteau, Dayras, Filloux, Hemmer, l'abbé Mayaud, l'abbé Mirguet, Oliveau, Docteur Rabeux, Ravasson, Docteur Rochat, Villard (François), Villard (René).
Excusés : Mme Pierre Dumont ; MM. Malterre, Tantot, Vernadeau.
ADMISSIONS. — Mlle Marie-Claire Bournaud, l'Age-du-Curé, La Souterraine ; M. Pierre Chabot, Bonavaud, Glénic ; Mlle Jeanine Chambon, secrétaire à Villelot par Glénic ; M. Michel Chirat, château de Chabassière, Aubusson ; Mlle Evelyne Collange, lycée de jeunes filles, 63 - Riom ; M. Louis Deschamps, château de Souvolle, Saint-Sulpice-le-Dunois ; M. Bernard Desthieux, 16, rue de l'Observatoire, Limoges ; M. Gustave Devaloir, 25, avenue George Sand, 36 - Argenton ; M. Guy Dusaillant, 71, rue du Pont-de-Créteil, 94 - Saint-Maur ; Mlle Françoise Gasnet, Crocq ; M. Yves Gomichon, rue Jean-Jaurès, 91 - Saint-Germain-les-Arpajon ; M. Charles Lavillaugouet, château du Palis, 36 - Argenton ; M. Michel Megret, Monismes par Saint-Christophe ; M. Pierre Queré, 17, rue de l'Eglise, 92 - Neuilly-sur-Seine ; M. Jean-Claude Rouvet, Association Atlantis, 76, rue des Plantes, Paris - XIVe ; M. Jacques Valette, assistant à la Faculté des Lettres de Poitiers, 3, rue Fondary, Paris - XVe ; M. François Villard, 3, rue du Boccador, Paris - VIIIe.
DECES. — Nous avons à déplorer la mort de MM. Georges Caillamaud, conseiller à la Cour d'Appel de Limoges ; le Docteur Cournet, à Guéret ; le Docteur Dessaix, à Bénévent ; Pierre Gérard, à Paris, et de Mlle Théreil à Guéret (membre à vie depuis 1929).
La Société présente aux familles des disparus ses vives condoléances.
BIBLIOTHEQUE. — Nous avons reçu : — Le Bulletin de la Société Bourbonnaise des Etudes locales (2e trimestre 1969) qui contient la suite de l'article de M. Delaunay sur Le Passage du Conventionnel Vernerey en Creuse (1794). — La Revue Archéologique du Centre (n° 29, Janvier-Mars 1969). — De M. Pinchon : neuf fascicules des Mémoires (1959-1967). — De Mme Limouzin-Lamothe : les Mémoires à partir du T. XXII. — De la famille Valadeau : une collection des Mémoires et des documents divers. — De Mme Chaix : plusieurs numéros de Limousin-Magazine.
MUSEE. — Le Président annonce la création d'un Conseil du Musée, avec la Société, la ville et le conservateur. Les attributions de ce Conseil seront précisées et entraîneront une modification de la donation avec charges, faite par nous à la ville en 1837, ainsi que de nos statuts.
DONS AU MUSEE : — De MM. Crédot et Dominique : objets provenant de la grotte de La Croisière. — De Mme Margerite Hugon : bijoux et lampes à huile. — De M. le Docteur Marchand : un tableau (portrait 1897).
EXPOSITIONS ET MANIFESTATIONS : — 29 Mai - 11 Juin, à Cologne (Institut français) : Tapisseries de Jacques Lagrange. — Juin, Guéret, Maison des Jeunes : Peinture, sculpture, céramique, etc... — 21-30 Juin, Guéret à l'hôtel de ville : Céramiques de Michel Morichon. — 21 Juin - 31 Août, Bellac, Maison des Jeunes : Recherches dans la tapisserie contemporaine d'Aubusson. — 21 Juin - Septembre, Felletin, église du château : Tapisseries de Picard-Le-Doux. — 28 Juin - Juillet, Montluçon, Galerie Bosquet : Tapisseries de Cinquin. — 7 Juillet - Septembre, château de Sainte-Feyre : 30 tapisseries de Lurçat. Inauguration de l'exposition par Mme Jean Lurçat et tournage pour la deuxième chaîne de T.V. d'un film en couleur sur ce thème. — 9 Juillet - Septembre, château de Boussac : Tapisseries de Tourlière et exposition de tapis d'Orient. — 12 Juillet - Août : Annecy, au Palais de l'Isle : Tapisseries de Jacques Lagrange. — 20 Juillet, La Nouzière, par Mainsat : Tapisseries de M. B. Poindefer et émaux de Roger Phillipon. — 26 Juillet, château de Boussac : Conférence par le comte Bernard d'Astorg : Le mythe de la Dame à la Licorne. — Août, Bourganeuf, mairie : Tapisseries. — 2 Août, château de Boussac : Concert par le quatuor Michèle Margand. — 9 Août, château de Boussac : Concert par le duo de flûte et harpe R. Bourdin et A. Challan. — 16 Août - Septembre, Bellegarde, mairie : Tapisseries de Mme Bureau-Chigot, avec, au vernissage, la présence de M. Jean Guitton de l'Académie française. — Août, St-Aignan (Loir-et-Cher) : Peintures de Mme Amarie. — 23 Août, château de Boussac : Son et lumière. — 26 Août, Ahun (crypte de l'église) : Peintures de Ph. Michel ; céramiques de Margot Plançon ; sculptures d'Estaque. — Août - Septembre, Guéret, Maison des Jeunes : Peintures de Christiane Loulergue.
COMMUNICATIONS DU PRESIDENT. — Le Président fait connaître le montant des subventions allouées à la Société : 350 F. par les Archives de France et 400 F. par le ministère des Affaires Culturelles (Service des lettres).
— Il indique que, lors du Congrès de la Fédération des Sociétés Savantes auquel il a pris part à Limoges, le Comité directeur réuni le 7 Juin, a décidé que les Actes du Congrès paraîtraient accompagnés de la revue des activités des sociétés adhérentes.
— Il note plusieurs manifestations : du 6 au 14 Juillet, XIXe Congrès préhistorique de France (Clermont-Ferrand, Aurillac, Le Puy) ; les 19, 20, 21 Juillet le Ve Symposium international du C.I.R.A. à Limoges (études d'archéologie des souterrains) ; du 18 au 27 Août, stage « Connaissance de la Creuse », pour lequel nous avons fourni des éléments d'information.
— Il annonce l'adhésion des « Amis de Saint-Sylvestre et de l'abbaye de Grandmont », à notre Société, à la suite de notre visite lors de l'excursion.
— Il donne lecture du bilan de l'excursion 1969.
— Il signale la parution du 5e fascicule du Dictionnaire d'Amédée Carriat, publié par nous et du 2e tome du Dictionnaire de la Langue limousine, édité par la Société d'Ethnographie du Limousin et de la Marche.
— Il rappelle que la Société a demandé que des mesures de sauvegarde soient prises en faveur de l'église de Saint-Martial-le-Vieux, dont la démolition était souhaitée par la municipalité et précise qu'un dossier est déposé en vue du classement de cet édifice.
— Il rappelle également que les travaux à la chapelle de La Borne sont en cours et que des travaux de restauration sont commencés à l'abbaye de Prébenoit, à l'église du Trucq et aux châteaux de Malval et de Magnat-Lestrange.
— Il note que le Comité artistique de Fresselines sous la conduite de Gaston Thiery a représenté en Août Les Maîtres sonneurs, et que M. Jean Guitton, de l'Académie Française qui avait attribué son prix 1969 au Festival de Fresselines, assistait à la première représentation.
COMMUNICATIONS
ARCHEOLOGIE :
Epoque préhistorique. — M. Crédot présente un fragment de hache polie, trouvé au lieudit « Le Couraud », commune de Saint-Sulpice-le-Dunois.
Epoque gallo-romaine. — M. le chanoine Courteau signale les découvertes suivantes : — à Lépinard, commune de Rougnat : dans une parcelle dite « Les Champs » (n° 156, section A.L.), il a été trouvé par M. Guy Bouchet un ossarium en pierre tendre. — à La Liève, commune d'Auzances, dans un champ dit « L'Ouche », cinq ossaria vides, en granit à gros grain, sans couvercles ni bourrelets. Il avait été trouvé, non loin de là, antérieurement, six autres ossaria. — à Dondanette, commune des Mars, chez M. Pradoux-Bouchet, une pierre de mesure. Cet objet provient du bourg du Compas où il servait de contrepoids à une barrière.
Sa note sera publiée.
— MM. Saintrapt, Urien, Dayras signalent la découverte fortuite à Puy-Malsignat, dans « Le Champ Combacornet » (n° 794, section B), d'un ossarium rond à bourrelet, accompagné d'un mobilier composé d'une clé (15 cm.), d'un ciseau (19 cm.), d'un pic (33 cm.), d'un anneau en bronze 3 cm. 5) et d'un demi-anneau pour accrochage.
A Hauteserre, commune de Saint-Chabrais, chez M. Picand où sont les objets précités, se trouve un ossarium trouvé, au même lieu, il y a plus de vingt ans. Il est carré (60 cm. de côté) à couvercle losangé et avec bourrelet.
Leur note sera publiée.
Epoque médiévale. — M. Calinaud a relevé quatre édifices religieux inédits, à Montboucher. Son étude sera publiée.
HISTOIRE. — Mme Louradour communique une note sur la seigneurie de Sainte-Feyre, en 1669.
A cette époque, le château, qui a précédé la construction actuelle, comportait un grand pavillon et cinq tours dont deux sur la face postérieure et trois en façade, celle du milieu renfermant l'escalier à vis qui desservait les étages, une vaste cour, un autre corps de logis comprenant boulangerie, cuisine, grenier, grange écurie. Tous les bâtiments avaient des mâchicoulis de même que l'épaisse muraille qui entourait le tout. Le portail, lui-même, à mâchicoulis, était un pavillon flanqué de deux tours.
Le seigneur possédait des terres, des bois, des étangs, des moulins, les domaines et métairies du bourg, de Chaulet, du Chassin, de Buxclet et du Chirou. Il percevait, sur la paroisse de Sainte-Feyre et sur quelques villages des paroisses de Saint-Laurent, La Saunière, Saint-Yrieix et Saint-Hilaire, des droits : dîmes, rentes, taille, guet, vinades, arbans. Il possédait encore à l'église paroissiale de Sainte-Feyre, la chapelle du Saint-Rosaire, lieu de sépulture de sa famille, et la chapelle Sainte-Anne.
— M. Hemmer, répondant à une enquête, ouverte par le directeur du Centre d'Etudes et de Recherches d'Histoire de la France méridionale, enquête sur les malades et la pharmacopée dans les siècles passés, donne lecture de quatre documents des Archives de la Creuse.
L'un concerne les conditions de la profession d'apothicaire en 1714. C'est un contrat d'apprentissage qui précise que Me Boucheron, apothicaire à La Châtre, s'engage, pendant la durée d'une année à apprendre au jeune Louis Lebourg de La Celle-Dunoise « l'art de la pharmacie », à le nourrir, le loger, le blanchir et ce, contre la somme de 120 livres.
Les trois autres documents sont des mémoires de pharmaciens qui mentionnent l'usage de certains produits, notamment, en 1685 « les poudres de vipère et le sirop de pourpier », en 1713 « la nus vomica et la manne », en 1721, « un gros de rhubarbe et un gros d'agaric ».
— M. Chatreix, inventoriant les papiers du regretté M. P. Valadeau, relève, notamment, les registres paroissiaux de Saint-Priest-la-Feuille et de Saint-Silvain-Montaigut (XVIIIe siècle), une affiche de la Cour de justice criminelle de la Creuse (1808), une affiche de la Cour royale de Limoges (1823), une prière républicaine contre Napoléon III (1870) et une enquête agricole (Indre, Vienne, Creuse, 1869).
— M. Dayras signale la regrettable démolition du Palais de justice d'Aubusson.
Construit au XIXe siècle, cet édifice qui comportait une belle façade de granit à colonnes plates cannelées, surmontées d'un fronton triangulaire et un degré de treize marches, une porte monumentale surmontée de l'écu et de la couronne royale de la Restauration, a été condamné par l'implantation trop proche de la nouvelle école nationale d'art décoratif. Malgré tous les efforts faits, les pierres de taille n'en ont pas été conservées.
— Il donne lecture de l'article « Remembrer... mais non saccager » (Mémorial 8-3-69). Le remembrement est une opération qui peut être bénéfique, si elle est bien conduite, en Creuse où l'agriculture est la principale ressource. Il devient une opération nuisible pour l'histoire et aussi pour le tourisme, autre ressource du pays, si elle est conduite sans discernement et sans l'avis des organismes intéressés, (ex. : la disparition des chemins anciens et l'élargissement inconsidéré d'un ruisseau qui, non seulement occasionne la destruction des poissons, mais encore empêche par la nouvelle configuration du cours d'eau, toute vie future de la faune aquatique).
HISTOIRE DE L'ART. — Mlle Saint-Eloi (Archives du département de la Nièvre) communique deux actes notariés relatifs à nos tapissiers, qui seront publiés.
— M. le colonel Laporte signale, à Versailles, la vente de deux tapisseries d'Aubusson, du XVIIIe siècle, représentant La Toilette de Vénus, l'une (258 cm. sur 598), le 4 Juin 1969, au Palais des Congrès, l'autre (280 cm. sur 460), le 12 Juin 1969, à l'hôtel Rameau.
— M. Hemmer signale la découverte par M. Guy, d'une petite fresque du XIIIe siècle dans l'église de Saint-Marien.
SÉANCE DU 22 NOVEMBRE 1969
Présidence de M. Dayras, président
Présents : Mmes Cazes, Chaix, Châteauvieux, Doublard du Vigneau, Juillet, Lagrange, Laplanche, Lardy, Lhuillier, Louradour, Nicolas ; Mlles André, Catinat, Périne ; MM. Bordier, Châtreix, Dayras, l'abbé Mirguet, Novion, Picouret, Ravasson, Soumy, Urien.
Excusés : Mmes Gaudriot, P.-L. Grenier ; Mlle Lafaye ; MM. Carriat, Colas, Hemmer, Malterre.
ADMISSIONS. — Mlle Marie-Claude André, professeur au Lycée de Jeune Filles, 2, avenue de la Sénatorerie, Guéret ; Mme Andrée Bault, hôpital de Girac, 16 - Saint-Michel ; Bibliothèque Municipale, hôtel de ville, Guéret ; Mme Suzanne Cazes, 15, rue Jean Jaurès, Guéret ; Mlle Marie-Hélène Froidefond, 28, rue de Soissons, 33 - Bordeaux ; M. Marchadier, professeur, 2, avenue de la République, Guéret ; M. Jules Marchadier, 87 - Saint-Sornin-Leulac ; M. Thierry Montmerle, 94, avenue Victor Hugo, 95 - Paris - XVIe ; M. Robert Nicaud, directeur C.E.G., Boussac ; M. Olivier Pinton, 7, rue Honoré-de-Balzac, 92 - Sèvres.
MUSEE. — Le Président indique que les négociations continuent avec la ville de Guéret, en vue de modifier l'acte notarié de 1837. Une fois l'accord obtenu, une assemblée générale extraordinaire régulière sera nécessaire pour la modification des statuts de la Société.
— Il annonce la fermeture du Musée, de Décembre au printemps prochain, pour travaux : installation d'éclairage de circulation et de chauffage et, pour bientôt, la libération des sous-sols.
DONS AU MUSEE : — De Mme Chaix : Miroir des Chartreux (tissu de soie). — De Mlle Lafaye : un coffret de voyage (bois). — De M. le Docteur Rochas : affiches et journaux (1914-1918).
BIBLIOTHEQUE. — Nous avons reçu : — Le Bulletin de l'Association des Amis de Jean Guitton. — La Revue Archéologique du Centre (n° 30, Avril-Juin 1969). — Le Bulletin du Comité Archéologique de Lezoux (n° 2, 1969). — Les Actes du 91e Congrès National des Sociétés Savantes qui s'est tenu à Rennes en 1966. — La Revue des Sociétés Savantes de Haute-Normandie (4e trimestre 1968). — L'article du colonel Laporte (Populaire du Centre, 17 Octobre 1969) : Il y a cent ans, Ernest Mallard publiait la première carte géologique de Haute-Vienne. — De M. Dayras, ses deux tirés à part : Où a été tissée La Dame à la Licorne ? et Les tapissiers marchois au XVIIe siècle. — De M. Pinchon, son tiré à part : Bellegarde et ses tapissiers. — Le Creusois de Paris (Mai 1969) qui a publié l'article de M. Carriat, sur François Tabard.
EXPOSITIONS : — A Paris, La Demeure, 21 Octobre - 22 Novembre : Naissance d'une tapisserie. — A Paris, Galerie Garnier, 70, boulevard Malesherbes : Tapisseries contemporaines d'Aubusson. — A Bièvres, Moulin de Vauboyen, 30 Octobre - fin Décembre : Autour d'Ambroise Paré (tapisseries). — A Aubusson : ouverture de la Galerie Picaud. — Ve Biennale de la tapisserie à Lausanne et à Paris (Mobilier national). — Vingt-cinq ans de tapisserie française, aux Gobelins.
COMMUNICATIONS DU PRESIDENT. — Le Président fait part de la réception de deux subventions allouées par le Conseil Général ; l'une de 2.200 F. à notre Société ; l'autre de 600 F. pour la publication du Dictionnaire bio-bibliographique des Auteurs Creusois. Des remerciements sont adressés à l'assemblée départementale.
— Il indique que les travaux en cours à la chapelle de La Borne sont terminés et que la pierre de Cherbouchet (commune de Magnat-Lestrange) qui avait été signalée par les Ponts et Chaussées est une pierre naturelle.
— Il fait part du souhait émis par M. Berger, du groupe Technique, Science et Nature, de Melun-Villaroche, ayant pour but l'échange de nos publications.
— Il mentionne l'intérêt du Bulletin de la Société d'Ethnographie Limousin-Marche (Octobre 1969) qui est consacré aux Pierres à légendes de la Haute-Vienne et des numéros en cours de la revue Limousin-Magazine qui a entrepris une Histoire du Limousin et de la Marche.
— Il donne lecture de la lettre du colonel Laporte qui demande de rappeler qu'il a été le premier à émettre l'hypothèse de pénitenciers gallo-romains dans l'ancien territoire des Lemovices, ces pénitenciers servant de dépôts de main-d'œuvre pour l'exploitation des mines d'or qui abondaient dans la région (Mém., XXXVI, 69 et s.).
— Il est ensuite procédé à la désignation de membres de la Société, choisis par cantons, liste qui sera communiquée à la préfecture pour aider à la réalisation du pré-inventaire des sites ou stations du département présentant un intérêt scientifique et culturel.
— Il est décidé de prendre en charge, à titre d'avance de fonds, la facture de la reproduction de la tapisserie ancienne récemment acquise par le Musée. Cette photographie sera mise en vente par la Société.
COMMUNICATIONS
ARCHEOLOGIE :
Epoque préhistorique. — MM. Crédot et Dominique rappellent la découverte, à Lépinas, dans le dernier quart du XIXe siècle, d'une pièce en silex du Grand-Pressigny. Cette pièce, de forme allongée, vaguement ovalaire, à encoches latérales, serait un hachoir ou un racloir apparaissant au néolithique et se répandant de plus en plus au chalcolithique.
Epoque indéterminée. — M. Charpentier signale, à Villeneuve (commune de Crozant), dans une terre appartenant à M. Alassaunière, un souterrain, en grande partie inaccessible à cause des éboulis et comportant quatre pièces circulaires.
— M. Labrousse signale, au village de Montoys (commune de Saint-Pierre-de-Fursac), un souterrain (longueur 5 m., largeur 1 m. 50, hauteur 1 m. 60) qui se dirige vers la parcelle A-1074 et a été comblé en partie, en 1894, lors de la construction de la route.
— M. Roussy signale des tumuli sur le domaine de M. Costelet, à 500 m. environ de Saint-Vaury, sur la route La Brionne-Saint-Vaury. Une visite sur place semble avoir permis de ne retenir qu'une seule des buttes examinées.
Epoque gallo-romaine. — M. Chaussade signale la découverte d'une sépulture sous dalle à Montboucher, paraissant remonter à l'époque gallo-romaine. Son étude est en cours.
— MM. Dayras, Urien, Saintrapt signalent, au village de Les Chaises, commune de Saint-Dizier-la-Tour, dans la parcelle B-675 dite Fontgalland, la découverte par MM. Chabredier et Rival, d'un ossarium de forme cylindrosphérique (hauteur 66 cm., diamètre moyen 50 cm.) et portant, sur le dessus, une fente parallélipipédique. Le coffre comporte un bourrelet et une cavité (diamètre 23 cm., profondeur 15 cm.) entièrement remplie de cendres et d'ossements en partie répandus à l'extérieur, au milieu desquels se trouvait un moyen bronze, très oxydé et illisible. Le mobilier trouvé à l'entour de la sépulture consiste en morceaux de verre bleuté et en fragments de clous à tige creuse, sans aucun tesson de poterie ou vaisselle funéraire.
Une des parcelles voisines à 300 m. Sud-Est (B-703) présente de nombreux morceaux de tuiles à rebord.
Epoque médiévale. — M. Dayras signale, au Nord et à peu de distance d'Aubusson, cinq petites constructions qui paraissent avoir été élevées à la même époque (au moins au XVe siècle) et à la suite des troubles de la guerre de Cent Ans.
1°) Le château de Poux (commune de Saint-Amand), au Sud du hameau du Courtioux, sur la R.N. 693. Cette construction rectangulaire, au toit à quatre versants, flanquée, aux extrémités, de deux tours rondes coiffées de bardeaux, est un vestige de l'important château de Guillaume d'Aubusson, 4e fils du baron de La Borne, château qui appartint, en 1633, à Gilles Robichon, procureur du roi à Aubusson puis, de 1742 à la Révolution, à André Aumont, receveur général des tabacs, à Aubusson.
2°) Le château du Chalard (commune de La Chaussade). Bâtie sur un éperon, cette petite construction, en retour d'équerre, avec tour carrée, appartint à Jean-François de Durat de Vauchaussade, maréchal de camp, et, au début du XIXe siècle, à sa fille Henriette, épouse de Victorin, comte d'Arfeuille.
3°) Le château de Babonneix (commune de La Chaussade). Cette construction au toit à deux versants avec rampants de pierre aux deux pignons et comportant, façade nord, deux bretèches sur corbeaux, façade sud, une tour coiffée de bardeaux, a appartenu, au XVe siècle, à la famille Des Escots puis, au XVIe siècle, à sa descendante Sébastienne, épouse d'Etienne Seiglière, qui fut vice-sénéchal de la Haute-Marche.
4°) Le château de l'Etang (commune de La Chaussade) est une construction rectangulaire au toit à quatre versants, flanquée de trois tours coiffées de bardeaux, qui a appartenu, de 1409 à la fin du XVIIe siècle, à la famille de Lauzanne et, avant la Révolution à la famille Dumasrambaud.
5°) Le château de La Ribière (commune de Champagnat) : logis fortifié comportant deux corps en retour d'équerre, une tour ronde, des bouches canonnières fermées par des sphères de pierre, a appartenu aux Du Peyroux puis aux Montgrut et aux Segrette.
— Mme Louradour signale une borne ancienne, à Guéret, sur l'ancienne route de Paris, à environ 50 m. de son point de jonction avec l'avenue du Berry (R.N. 140). Elle est en granit, rectangulaire, au sommet arrondi que souligne un bandeau saillant. Une petite moulure encadre la face portant des inscriptions en lettres capitales, dont les seules lettres réellement lisibles actuellement sont T.OIZ (unité de mesure de l'époque). M. Lacrocq avait signalé des bornes identiques à Glénic, Chambon et La Celle-Dunoise.
HISTOIRE. — M. Guy a envoyé une note sur Le Prieuré de Mérignat, complétant l'étude de M. Boudard de 1956.
En 1857, J.-B. Gauthier vendait à Dom Léopold Lapierre, supérieur de Sept-Fons, sa propriété de Mérignat et ses dépendances sises à Murat (commune de Saint-Dizier) ainsi que tous ses biens meubles et immeubles. En 1869, le jugement rendu par le tribunal de Bourganeuf et l'arrêt rendu par la Cour impériale de Limoges, annulaient le contrat de vente et les religieux se désistaient en faveur des héritiers de M. Gauthier. Mais cette annulation n'est pas la cause de l'abandon de Mérignat par les moines. Déjà en 1868, le prieur, deux religieux et cinq convers partaient pour Chambarand (Isère). Ils se plaignaient du délabrement de leur maison, de l'ingratitude du sol, de l'hostilité et du manque de foi des habitants, de l'impossibilité pour eux de recruter novices ou convers et d'avoir un cimetière à eux, de l'obligation où ils se trouvaient d'être enterrés à Bourganeuf, comme des séculiers. Ils manifestaient leur désir légitime de se transplanter ailleurs. En 1870, le corps de Dom Alphonse, leur prieur, est ramené à Sept-Fons.
— M. Chatreix poursuivant l'inventaire des papiers de M. Valadeau, relève notamment deux imprimés :
L'une est une Adresse du préfet de la Creuse Bureau-Destiveaux, destinée aux habitants du département, pour les mettre en garde contre les propos mensongers et calomnieux qui sont colportés, à la suite des incidents qui avaient éclaté, le 12 juin 1848, à propos de l'augmentation d'impôt de 45 centimes pour les Ateliers nationaux, incidents qui avaient fait 16 morts et 9 blessés.
Le second imprimé est un extrait de la Gazette de France (2 Septembre 1738) adressé à M. le Curé de Versillac. Cet extrait n'est autre qu'un avertissement public tendant à faire comprendre ce qu'est l'invention des frères Montgolfier afin de « prévenir les terreurs qu'elle pourrait occasionner parmi le peuple ».
— M. Dayras compare deux « prières politiques » qui comprennent toutes deux l'oraison dominicale, le credo et le confiteor. Leur originalité réside dans le fait qu'elles font intervenir les personnages de l'époque avec les défauts qui leur sont reprochés et qu'elles évoquent la misère du peuple. La prière du XVIIIe siècle, manuscrite est contemporaine de Louis XV, celle de 1870, imprimée est postérieure à la chute de Napoléon III.
— Le colonel Laporte a envoyé une note sur Le duc Louis de La Feuillade, maître de forges. Sa note sera publiée.
— M. Calinaud a envoyé une étude sur Les origines de la chatellenie du Dognon, étude importante qui apportera de nouvelles lumières sur les origines de cette grande seigneurie. Elle sera publiée.
HISTOIRE DE L'ART. — M. Dayras indique, de la part de M. Jouvelier, conservateur honoraire des musées, que, sur les seize tapisseries d'Aubusson représentant la vie de Jeanne d'Arc et signalées par M. Lacrocq, seulement neuf panneaux et un fragment se trouvent encore à Orléans ; les premiers appartiennent au Musée Jeanne d'Arc, le fragment au Musée de Peinture (actuellement Musée des Beaux-Arts) ; le reste a été vendu en 1943.
— M. d'Alauzier signale un acte (23 Juillet 1655) par lequel l'agent à Villegly du président de Gach (seigneur de Villegly, Aude) déclare avoir reçu de « Lionard » La Massure, marchand-tapissier de Felletin, une tapisserie « où est » la mort de Marc Antoine et lui en avoir rendu une « où est » la mort de Cléopâtre.
— M. Dayras présente la reproduction du portrait de Bertrande de Brosse, petite-fille du maréchal de Boussac, et de deux enfants, Jeanne et Blanche Paléologue, filles du premier mariage de son mari Guillaume VII (entre 1474 et 1479). Le portrait, dont la reproduction a été envoyée par Mme Ferrero Viale, se trouve sur une fresque de la chapelle Sainte-Marguerite, à l'église de Crea, près de Casal-Montferrat (Italie).
— Mme Chaix signale la vente à l'hôtel Drouot (8 Octobre 1969) de verdures tissées à Aubusson.
— Le colonel Laporte signale plusieurs ventes à Versailles.
A l'hôtel des Chevaux-Légers, le 12 Octobre : tapisseries d'Aubusson (XVIIIe siècle) à sujet de paysage animé de volatiles et d'une rivière (200 × 310) ; le 19 Octobre : une tapisserie d'Aubusson (XVIIe-XVIIIe siècles) ; le 2 Novembre : une tapisserie d'Aubusson (XVIIIe siècle) à décor polychrome, d'après un carton de Pillement (245 × 330), et, au Palais des Congrès, de plusieurs autres tapisseries d'Aubusson, le 16 Novembre.
ETHNOGRAPHIE. — M. Son signale l'existence de barrières à contrepoids dans le Bedforshire (Angleterre) semblables à celles signalées en Combraille par M. Dayras.
TOPONYMIE. — Mme Louradour recherche si Beaune, nom d'un village de Bord-Saint-Georges, peut avoir pour origine le dieu gaulois Belenos.
La présence de substructions gallo-romaines provenant d'un important édifice qui pouvait bien être une hôtellerie (substructions signalées en 1784, par Barailon et l'abbé Thomas) ; le nom de « puits des fades » donné à un puits comblé ; le souvenir, au XVIIIe siècle de bains remontant à une lointaine époque et la légende qui veut que les empreintes pédiformes sur la « Roche de Beaune » soient celles de saint Martial et de la Reine des Fades, constituent un ensemble qui rend vraisemblable l'existence, à Beaune, d'un lieu de culte consacré à Belenos.
VARIA. — M. Bordier donne lecture d'une note : De l'avion au néolithique.
Les Papous, des régions montagneuses de la Haute-Guinée sont encore à l'époque néolithique. D'un type néanderthalien caractérisé, ils vivent nus, se font la guerre avec arcs et sagaies, se servent pour l'agriculture du bâton à fouir, sont encore, parfois cannibales, portent les tatouages et les cicatrices de supplices rituels et, cependant, s'adaptent avec une extraordinaire rapidité à notre civilisation et prennent sans surprise, le Bœing 707.