ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DU 19 JANVIER 1974

Le 19 janvier 1974, à 15 heures, la Société s'est réunie en Assemblée générale régulièrement convoquée. L'ordre du jour comportait le rapport d'activité 1973, le compte rendu financier et les élections partielles au Conseil d'Administration.

RAPPORT D'ACTIVITE. — Me Dayras, Président, malade a envoyé le rapport d'activité pour l'année 1973. Ce dernier rend compte des séances de travail, des Mémoires, du Dictionnaire Carriat dont le dernier fascicule n'est pas paru.

Il indique que le nombre de cotisants (titulaires) est de 659.

Le rapport est adopté sans observation.

MEMOIRES. — Le Président annonce que le fascicule 1973 sera le second du Tome XXXVIII. Il comportera le compte rendu de l'excursion annuelle qui a permis, sous la conduite de M. Guy, la visite des vieilles maisons, des églises de Montluçon et des vestiges gallo-romains et de l'église de Néris.

COMPTE RENDU FINANCIER 1973. — M. Chatreix, trésorier, donne lecture de l'exercice financier pour l'année 1973.

Les comptes vérifiés par MM. Roussillat et Marlier désignés à cet effet par l'Assemblée générale sont adoptés à l'unanimité et des remerciements sont adressés au trésorier.

DICTIONNAIRE CARRIAT. — Le 8e fascicule doit paraître vers la fin de l'année 1974.

ELECTION. — Il est procédé à l'élection d'un administrateur en remplacement de M. l'abbé Mirguet, décédé.

M. P. Léger, présentant sa candidature, est élu administrateur par 19 voix sur 25 votants. M. Bordier obtient 5 voix. Il y a 1 bulletin blanc.

 

 

SÉANCE DU 19 JANVIER 1974

Présidence de M. Hemmer, vice-président

Présents : Mmes Baylé, Chaix, Gaudriot, Hemmer, Lagrange, Louradour, Marcilloux, Nicolas, Rommeluère, du Vigneau ; Mlles Catinat, Sagnol, Vialaton ; MM. Bordier, Bugeaud, Chatreix, Frémont, Hauprich, Hemmer, Goubet, Labrousse, Léger, Marouseau, Mettoux, Rousseau, Roussillat.

Excusés : Mme Lardy ; Mlles Dubreuil, Jeuniaux, Lafaye ; MM. Certon, Colas, Dayras, l'abbé Mayaud.

ADMISSIONS — M. Autourde, 12, rue André-Théret, 93000 Bobigny ; M. G. Berthias, 23160 Saint-Sébastien ; M. Boudeau, Saint-Julien-le-Châtel ; M. Eric Ferrier, 19, boulevard Delessert, 75016 Paris ; M. Roland Jalesse, Saint-Sébastien.

DECES. — Nous avons à déplorer la mort de M. le chanoine de Lagaudière, président-fondateur de la Fédération des Sociétés Savantes du Centre.

La Société présente à la famille du disparu ses vives condoléances.

COMMUNICATIONS DU BUREAU. — La proposition faite par M. Guy, président de la Société des Amis de Montluçon, d'échanger les bulletins de cette Société contre nos Mémoires est acceptée.

Il est aussi décidé de prendre un abonnement à la Revue Archéologique Médiévale Champenoise.

— M. Hemmer annonce que le 99e Congrès National des Sociétés Savantes se tiendra à Besançon (25-29 mars) et que le 34e Congrès de la Fédération des Sociétés Savantes du Centre aura lieu à Brive les 17-19 mai 1974.

— Il annonce que la chapelle de l'Arrier à Bourganeuf nouvellement aménagée a été inaugurée en août 1973. Elle offre un certain nombre d'objets d'art de qualité fort bien présentés par l'Association des Amis de Bourganeuf présidée par Me Lemoine.

 

COMMUNICATIONS

ARCHEOLOGIE. — M. Léger précise que le fichier archéologique de la Creuse comprendra trois fichiers. Dans l'un, les fiches seront rangées par commune, dans l'autre par auteur et dans le troisième par époque. Les fiches des deux premiers seront rangées par ordre alphabétique et retiendront les découvertes et les objets existants se rapportant aux époques préhistorique, gallo-romaine et médiévale. Ce fichier permettra l'élaboration d'une carte archéologique du département de la Creuse et sera un précieux document pour les chercheurs.

— D'autre part, il préconise la formation d'un réseau d'informations dans tout le département, chaque secteur recevrait régulièrement un bulletin de liaison comportant les renseignements nécessaires pour joindre la personne disponible en cas d'urgence.

— Un représentant de la M.J.C. de La Souterraine parle du ramassage de surface sur le site gallo-romain de Brède (campagne 72-73) :

L'étude du cadastre et du site à prospecter a permis de relever plusieurs appellations intéressantes : le ramassage de surface a fourni sur toute l'étendue du terrain (parties boisées ou en friches) des tuiles à rebord, mais aussi sur différentes parcelles des débris d'antéfix, des fragments de vases (anses, fonds, rebords) en poterie de teinte noire, gris clair et ocre.
La poterie noire est assez grossière, la grise est peu épaisse et d'un grain relativement fin.
Les tessons ocres sont très variables tant en épaisseur qu'en finesse. Certains très épais appartiennent à des jarres ou des amphores dont on a trouvé également des fragments d'anses.
Il a été trouvé aussi des tessons de sigillée avec décors d'oves ou de feuillages, un important fragment de statue représentant un cou paré d'un torque ainsi que quelques silex dont un grattoir.
En bordure nord du village de Bridiers, dans le chemin dit « de la Fontaine de César » a été trouvée une hache en pierre polie.

— M. Calinaud terminant son étude sur les édifices religieux inédits du Sud-Ouest Creusois signale, à Montboucher, La Forêt dont le premier établissement est à rattacher au don de « la forêt de Charnac » consenti au monastère de Bénévent par le comte Aldebert III (1138-1158) ; à Morterolles, Saint-Gilles, à Mourioux, Saint-Jean-de-l'Orme, à Saint-Dizier-Leyrenne, Champroi qui devait être désaffecté au milieu du XVIIIe siècle ; à Saint-Moreil, Chatain dont la chapelle ou l'habitation du Prieur est signalée dans le bas du village. En tout 74 édifices religieux inédits subsistants ou disparus ont été relevés ; presque tous sont des XIe-XIIe siècles, reconstruits ou restaurés à la fin du XVe, du XVIe ou du début du XVIIe siècle.

— Il indique, d'autre part, qu'à Saint-Priest-Palus, l'église paroissiale datait du XIe ou du début du XIIe siècle, qu'il n'en demeure que quelques pierres, notamment un masque humain pris dans la façade d'une maison à l'entrée du bourg et que la paroisse fut supprimée au XIXe siècle et divisée entre Saint-Amand-Jartoudeix et Auriat.

HISTOIRE. — M. Labrousse communique son étude sur la paroisse de Saint-Pierre-de-Fursac, d'après les registres paroissiaux qui remontent à 1693, mais dont plusieurs années manquent.

— Il indique les noms des localités, ceux des familles, la moyenne décennale des naissances, la nuptialité, la moyenne annuelle des décès et leurs causes, la durée de la vie, la population des villages, les métiers exercés par les habitants, les seigneurs de Chabannes et autres lieux.

— M. Hemmer donne connaissance des récentes acquisitions faites par les Archives Départementales. Un lot de documents remis par Mme Chaix ont trait, les uns à une affaire relative au domaine de Sagneville, commune de Pionnat, entre les familles de Seiglière et Dissandes de Bosgenet ; les autres à une dispense de mariage en faveur de Jean Niveau, sieur de Sous-Faye, commune de Saint-Sulpice-le-Guérétois (copie d'une bulle du pape Alexandre VII (1655-1667) adressée à l'official et de l'autorisation de l'official). Parmi d'autres documents prêtés par M. Marchadier et photocopiés pour les Archives se trouve une bulle d'excommunication : parchemin dont le sceau de plomb porte, au droit, le nom du pape « Urbanus Papa VIII » et, au revers, les têtes des apôtres saint Pierre et saint Paul.

HISTOIRE DE L'ART. — Mme Louradour donne lecture de sa note sur le gisant de Maisonnisses qui représente un vieillard recouvert d'un manteau orné d'une croix. Sa tête repose sur un coussin et ses pieds sont appuyés contre un chien. Découvert vers 1830, dans une terre non loin du château de la commanderie il se trouve à l'intérieur de l'église dans l'enfeu qui devait l'abriter primitivement. Les uns voient, en ce personnage, un Templier, d'autres un Hospitalier de Malte bien que cette statue ait été classée monument historique, en 1904, avec la mention : chevalier du Temple, XIIIe siècle. Après l'étude de son costume, de sa croix et de son épée, il est à remarquer que les procès-verbaux de visite ne mentionnent, dans l'église, un mausolée sans en donner de description, qu'à partir de 1700 et que la tradition orale veut que ce monument ait été élevé à la mémoire d'un commandeur (1659) de Maisonnisses, bienfaiteur de la paroisse.

 

 

SÉANCE DU 16 MARS 1974

Présidence de M. Hemmer, vice-président

Présents : Mmes Baylé, Chaix, Courot, Filloux, Gaudriot, Jolly, Lardy, Lefort, Louradour, Magdinier, Rommeluère, du Vigneau ; Mlle Sagnol ; MM. Baylé, Chatreix, Colas, Filloux, Goubet, Hemmer, de La Hosseraye, Léger, Lefort L., Lefort P., Magdinier, Marlier, Marouseau, Mettoux, Picouret, Rousseau.

Excusés : Mmes Dutheil, Hemmer, Lagrange ; Mlles Dubreuil, Lafaye ; MM. Bugeaud, Certon, Dayras.

ADMISSIONS. — M. Cabanet, Le Moulin ; médecin général Camelin, 31, rue Auguste-Comte, Lyon ; M. Robert Chaize, 180, rue de Pompey, 54480 Liverdun ; M. Guinot, Saint-Georges-Nigremont ; M. Henri Pradeau, Mailletard, Saint-Pierre-de-Fursac ; M. Rivard, 191, rue d'Alésia, Paris - XIVe ; M. Touny, maire de Saint-Georges-la-Pouge.

DECES. — Nous avons à déplorer la mort de Me François Gipoulon, à Bellegarde.

La Société présente à la famille du disparu ses vives condoléances.

BIBLIOTHEQUE. — Nous avons acheté :

— Les Mélanges Vazeilles, ouvrage publié par la Société des Sciences et Arts de la Corrèze en témoignage de reconnaissance à Marius Vazeilles, son président d'honneur, qui fut archéologue et l'artisan du reboisement du plateau de Millevaches.

— Nous avons reçu une demande d'échanges de nos publications respectives par la Société Botanique du Centre-Ouest et l'excellent travail de M. Cuny, Bibliographie de l'époque gallo-romaine en Creuse.

INFORMATIONS DIVERSES. — M. Hemmer rappelle que le 34e Congrès de la Fédération des Sociétés Savantes du Centre aura lieu à Brive (25-27 mai 1974) et que le 132e Congrès de la Société Française d'Archéologie se tiendra au pays Bessin et au pays d'Auge (12-19 mai).

— Il annonce l'inscription sur l'inventaire supplémentaire des monuments historiques de l'église de Saint-Bard.

— Il rend compte de l'intéressant week-end archéologique aux M.J.C. de Guéret et de La Souterraine.

— Il déplore la disparition d'une statue de l'église de Felletin, statue du XVIe siècle, qu'il avait signalée en 1962 comme étant mal protégée.

— M. Hemmer, nommé à titre de personnalité qualifiée au Comité régional pour le concours des villes d'art du Limousin, ayant eu à dresser une liste sélective des « villes d'art », « cités d'histoire » et « villages de tradition » a arrêté la liste suivante :
Guéret, Aubusson, Felletin et Boussac ; La Souterraine, Bourganeuf, Chambon-sur-Voueize, puis Crozant, Fresselines et Gentioux.

— M. Jean Tixier directeur de la Circonscription des antiquités préhistoriques du Limousin (Corrèze, Creuse, Haute-Vienne) fait savoir qu'il a pour assistant M. Guy Mazière.

 

COMMUNICATIONS

ARCHEOLOGIE. — M. Lefort donne un aperçu très succint de son étude du tronçon de la voie romaine Ahun-Limoges par Bourganeuf et plus particulièrement de la partie de la voie entre La Béraude, aux abords de Montboucher, et Pontauty sur la Vige près de Sauviat et indique en quoi son tracé diffère de ceux de MM. Courteau, Couraud et Calinaud.

— M. Léger précise les éléments de recherche des cavités aménagées. Il faut étudier les différentes couches archéologiques, leur pendage, la roche dans laquelle est creusé le souterrain, les pierres ou terres qui comblent les puits, les dimensions de chaque élément de l'édifice, observer les objets dans leur contexte stratigraphique, noter leurs dimensions et leur position dans la couche.

— Mme Rommeluère parle des fouilles effectuées en février 1974 par la M.J.C. de La Souterraine, au souterrain de Jeux, commune d'Azérables, parcelle 888 section F, au lieudit « Les Mazières » appartenant à M. Mathieu.

— Mme Louradour décrit l'ossarium conservé dans le parc du château de Fontvieille, commune de Vareilles. Découvert vers 1920, c'est un coffre de forme octogonale, sommé d'un cône en forme de pomme de pin (hauteur totale : 1 m. 20 ; largeur 0 m. 60). La cavité du coffre contenait une urne en verre, à deux anses et renfermait des ossements.

— Mme Chaix signale quelques objets gallo-romains trouvés à Ahun, lors des travaux de défoncement du jardin de l'Institut médico-pédagogique, en particulier : une urne funéraire en terre gréseuse blanchâtre et trois coffres d'ossarium de forme cylindrique.

— Elle signale, d'autre part, dans le même lieu, deux bancs formés d'une grosse pierre reposant sur ce qui paraît être des chapiteaux.

HISTOIRE. — Mme Louradour signale un linteau de porte rappelant la commanderie à Maisonnisses. Situé au village des Châtres, il porte la date 1758 et une inscription comportant en seconde ligne « En 1 de la commanderie ». Il est à remarquer que les inscriptions des XVIIe et XVIIIe siècles, furent souvent fantaisistes et par conséquent difficiles à comprendre. Cependant la place qu'occupe le texte rédigé, la date qui le surmonte laissent à penser qu'il s'agit pour les rédacteurs de commémorer l'achèvement d'une construction effectuée dans la commanderie, sous bénéfice d'inventaire.

— M. Hemmer donne lecture de son étude : Aubusson aux XVIIe et XVIIIe siècles. Il précise la place de la ville d'Aubusson, au point de vue administratif, dans la Haute-Marche : comment elle était administrée et note l'état de la société aubussonnaise, en examinant successivement les trois composantes de toute société d'ancien régime : le clergé séculier et régulier, la noblesse (nobles, officiers royaux et municipaux), le tiers-état (artisans et tapissiers). Il constate la grande cohésion et la solidarité qui règnent dans cette société et ne retire pas une impression de grande prospérité économique, mais d'activité et de vie.

— Mme Chaix communique une note sur les volontaires creusois pendant la guerre de Vendée. En mars 1793, un message demandait, pour combattre l'insurrection vendéenne, du secours au Directoire de la Creuse, qui décrétait l'envoi de fantassins et de la gendarmerie du département, mais un contre-ordre provoqua le licenciement des troupes. En juin 1793, de nouveaux secours furent sollicités. C'est à cette époque que Jean Parenton de Pionnat partit, mais ni lui, ni les armées creusoises n'eurent jamais à combattre les Chouans.

HISTOIRE DE L'ART. — Mme Baylé donne lecture de son étude sur les tapisseries d'Aubusson du XVIIe siècle, classées monuments historiques et conservées à Narbonne. Celles de l'Hôtel-Dieu, actuellement à l'hôtel de ville, illustrent l'histoire d'Esther en suivant de très près le texte de la Bible et les gravures du Cabinet des estampes de la Bibliothèque Nationale. Elles sont signées M. R. Daubusson I. D. Ce sont :
Esther devant Assuérus plaidant la cause des Juifs,
Esther et Assuérus à la table du banquet,
Assuérus remettant à Mardochée son anneau que lui présente Esther
et le triomphe de Mardochée.
Les panneaux sont garnis au maximum de personnages, architectures et accessoires. Celles de l'église Saint-Paul - Saint-Serge, toutes en largeur, semblant n'être que des fragments, portent la date 1696 et représentent :
La Fille de Pharaon se faisant présenter Moïse par la mère de l'enfant ;
Jésus rendant la vue à un aveugle ;
Abraham recevant les trois anges ;
un roi enturbanné présentant une femme.
Les scènes occupent une petite surface au centre et sont limitées par des colonnes torses, avec de part et d'autre, des verdures importantes.

Les tapisseries de la cathédrale Saint-Just comportent :
Le retour de David vainqueur ;
Salomon et la reine de Saba ;
une verdure ;
Saint Paul seul ;
Saint Paul et saint Pierre face à face ;
la conversion de Saint Paul sur le chemin de Damas
et une tenture classée sous le titre Baptême de Clovis et recensée actuellement, Baptême du prince Djem.

— M. Hemmer présente un document appartenant à Mme Chaix ; c'est un folio tiré d'un manuscrit liturgique dont l'écriture du XIIIe siècle présente des lettres enluminées et des ors inaltérés.

 

 

SÉANCE DU 18 MAI 1974

Présidence de M. Hemmer, vice-président

Présents : Mmes Catinat, Chaix, Lagrange, Lefort, Lhuillier, Louradour, Marcilloux, Rommeluère ; Mlles Périne, Vialatou ; MM. Bordier, Chatreix, Colas, Hemmer, Goubet, Lefort L., Lefort P., Léger, Marlier, Marouseau, Mettoux, Picouret.

Excusés : Mmes Hemmer, Juillet, Lardy, du Vigneau ; Mlles Jeuniaux, Sagnol ; MM. Certon, Dayras.

ADMISSIONS. — M. Maurice Anglard, peintre, 23260 Saint-Bard ; M. Jean-Claude Arvis, directeur technique, 20, rue du Moulin, 92260 Antony ; Mme Catinat, 6, rue de Pommeil, Guéret ; M. Serge Mourlon, 25 quai Rouget de Lisle, Montluçon ; Mme Françoise Santhon, Villejavat, Ajain ; M. André Terrassier, cité de l'Amitié, Bâtiment 3, rue de la Gare, 93000 Bobigny ; Groupe archéologique du Lycée Agricole d'Ahun ; Groupe archéologique de la M.J.C. de Guéret ; Groupe archéologique de la M.J.C. de La Souterraine ; Groupe archéologique de Sarcelles.

DECES. — Nous avons à déplorer la mort de M. Maurice Pinchon, à Bellegarde-en-Marche, et de M. le docteur Rochat, à Genouillat.

La Société présente aux familles des disparus ses vives condoléances.

INFORMATIONS DIVERSES. — M. Hemmer présente le Bulletin 1973 de la Société des Amis du Musée de Guéret, qui vient de paraître et qui comprend : le mot de M. Vernadeau, président, un éditorial de Me Dayras, Pour un Musée vivant, des expositions, une étude sur les monnaies gauloises du Musée, par Mme Nash, le catalogue des sculptures du Musée, par Mme Baylé, et la liste des objets rentrés en 1973, par Mme du Vigneau.

— Il présente le n° 29 (1971-1972) des Cahiers d'Etudes Compostellanes, qui comporte la photographie de la place Saint-Jacques à La Souterraine, d'un linteau de porte avec une coquille à Bénévent-l'Abbaye, et la carte des cinq chemins de Saint-Jacques, en France, dont l'un, dit « la route de Vezelay », passe par ces deux communes creusoises.

— Il évoque la réunion de la commission départementale des objets mobiliers qui s'est tenue à la préfecture le 27 mars 1974 et qui a permis l'inscription à l'inventaire supplémentaire de 24 objets (statues, tabernacle, stèle, panneau sculpté) appartenant à plusieurs églises de la Creuse.

— Il préconise un plan de regroupement des objets mobiliers pour une meilleure protection.

— Il fait part des projets d'expositions et d'aménagement à Chambon-sur-Voueize et à La Souterraine.

— Il indique que, dans le Journal de Delacroix (éd. Joubin, T. III, p. 374), on trouve, parmi une liste des tableaux et esquisses du peintre (1843) une « Vue de Guéret, esquisse soir », tableau probablement disparu.

— Il signale la thèse de l'Ecole des Chartes de Mlle Granges, sur l'élevage du cheval en Limousin, des origines au début du XXe siècle, où il est dit qu'en Creuse le cheval est un animal fortement charpenté, élégant, énergique et rustique.

Le Bulletin d'information (n° 31, 1er mars 1974) du Ministère des Affaires culturelles indique que la Société « Aquae Nerii » a découvert, à Néris-les-Bains (20 juillet - 30 août 1973) un très riche matériel gallo-romain de céramique, des vases, des poteries, ainsi qu'un four de potier, son officine et ses dépendances.

Le Bulletin monumental (T. 132, année 1974) comporte un article sur le collier du buste de sainte Valérie, par Alain Erlande-Brandenburg, qui rappelle et approuve la communication du docteur Eybert datant ce collier seul entre 1366-68 et 1378.

 

COMMUNICATIONS

ARCHEOLOGIE. — M. Léger propose le regroupement, au sein de la Société, d'un certain nombre de groupes archéologiques qui effectuent des fouilles en Creuse.

— Mme Louradour signale, à Pleine-Faye, commune de Saint-Eloi, la découverte d'un souterrain comportant, pour la partie visible, une grande salle voûtée, une galerie nord-est rencontrant une galerie sud-ouest.

— M. Marlier présente l'exemplaire n° 3 de l'Inventaire des mégalithes en France. Evoquant les mégalithes de la Creuse, il explique la méthode scientifique pour les rechercher d'après plusieurs photos aériennes du même terrain prises à un moment bien déterminé et regardées ensuite à l'aide d'un binoculaire qui fait apparaître des anomalies rondes de terrain qu'il faut étudier sur le lieu même. Il pourrait y avoir en Creuse plusieurs centaines de ces « ronds verts » qui sont l'indice d'un mégalithe.

— Il fait, d'autre part, un compte rendu de la conférence, à Blois, de M. Hatt, sur la survivance de la religion celte. L'archéologue, interrogé sur le Dieu au maillet du Musée de Guéret, ne croit pas que cette divinité soit gallo-romaine et pense qu'elle pose un problème non encore éclairci.

— M. Lefort communique les résultats des fouilles effectuées à la châtaigneraie de Saint-Martin, commune de Saint-Pierre-Chérignat. Les hommes des âges de la pierre s'accommodaient des roches qu'ils trouvaient. C'est dire que lorsque les nécessités de la vie avaient conduit les hommes préhistoriques dans les terres qui sont devenues notre département, ils avaient dû se satisfaire de la pierre qu'ils y rencontraient. A Saint-Pierre-Chérignat, le matériel paléolithique trouvé est presque exclusivement en amphibolite et en galbro, roches sans quartz, très proches du basalte dans leur aspect et leur composition minéralogique. Ici, l'outillage lithique a été récolté sur une surface de 4 à 5 m2. La surface supérieure, épaisse de 30 cm. comporte trois niveaux d'occupation donnant les types d'outils d'une même civilisation. La couche moyenne (20 cm.) contient l'industrie des graveurs de pierres. La couche inférieure, montrant deux types d'industrie correspondant à deux occupations de styles différents, a donné un four en forme de cuvette carrée (30 cm. × 30). M. Lefort présente quelques spécimens recueillis par lui :
burins, pointes pédonculées, triangles à piquant trièdre, trapèzes, lames à étranglement, grattoirs à épaulement, petites pointes bifaces, perçoirs à la partie active en ogive, petit perçoir-bec, burins-lissoirs bifaces avec signes incisés, et de petits objets découpés dans la pierre, interprétés par un auteur allemand (Revue d'Archéologie Française), comme étant des statuettes féminines paléolithiques.

HISTOIRE. — Mme Louradour donne lecture de notes relatives aux difficultés rencontrées par la ville d'Ahun lors du passage de troupes :
passage de la Vieille Garde (1814) et répartition des hommes chez l'habitant,
réquisition de 500 boisseaux d'avoine pour la gendarmerie de la Seine stationnée au Moutier-d'Ahun,
fourniture de 4.877 rations de viande pour le 9e régiment d'infanterie légère, le 48e de ligne, le 30e de ligne, les chasseurs à cheval, la Jeune Garde de passage ou en stationnement du 29 juillet au 30 août 1815,
fournitures de chevaux, bœufs et voitures pour convois ou transports militaires.

— D'autre part, elle communique, d'après des documents appartenant à Mme Chaix, un relevé des fournitures de pain, viande, fourrage, faites aux troupes de l'armée de la Loire, en 1815, par le département et remarque que la ville de Guéret ne fournit pas de pain, le quart seulement des rations de viande fournies par Aubusson, autant que La Souterraine et que Chénérailles, moins que Jarnages. Du fait de ces réquisitions, il était dû, au département de la Creuse, 140.000 F. Ce n'est que huit ans plus tard, en 1823, que le Préfet de la Creuse recevait un acompte de 30.000 F. à répartir entre les communes.

— Mme Chaix donne lecture d'un article paru dans la presse en 1915 : Le train de Napoléon III à La Souterraine. Ce train, qui avait été donné par la Compagnie d'Orléans en hommage à l'empereur, se composait de cinq voitures dessinées et conçues par Viollet-le-Duc : une salle à manger, un fumoir, une voiture d'honneur, une chambre à coucher, une voiture à bagages avec compartiment de première classe pour les domestiques. En 1859, une sixième voiture fut ajoutée pour le prince impérial. Ce train fut garé dans une rotonde à locomotives de la gare de La Souterraine. Les deux voitures restantes, en 1915, y ont-elles été remisées ? Quel sort leur a-t-il été réservé par la suite ?

HISTOIRE DE L'ART. — Me Dayras signale parmi la liste des objets volés au château de Culan (Vieilles Maisons Françaises, n° 60, avril 1974, p. 60) les onze tapisseries d'Aubusson suivantes :
Godefroy de Bouillon, La Marche, fin XVe siècle (3.70 × 4,25) ;
Verdure, feuilles d'aristoloche et Licorne, Aubusson, XVIe siècle (3,20 × 2,60) ;
Verdure, feuilles de choux, autruche et griffon, Aubusson, XVe siècle (1,55 × 1,90) ;
Persée délivrant Andromède, Aphrodite, Héra, Athéna, attirés par Mercure au Temple de l'Amour, Aubusson, début XVIIe siècle (2,80 × 5,30) ;
Histoire du Peuple Juif, la Manne Céleste, Aubusson, XVIIe siècle (2,80 × 4,00) ;
Renaud et Armide, Aubusson, XVIIe siècle (2,70 × 3,00) ;
Porus battu par Alexandre, Aubusson, XVIIe siècle (2,70 × 3,10) ;
Suite Royale de l'Histoire d'Enée, Aubusson, XVIIe siècle :
a) Enée fuyant Troie avec son père Anchise (3,00 × 2,70) ;
b) Enée et Achate présentés à Didon (3,00 × 4,90) ;
c) Enée racontant à Didon les malheurs de Troie (3,00 × 3,80) ;
d) Enée et Didon dans une grotte pendant l'orage (3,00 × 2,00).

 

 

ASSEMBLÉE GÉNÉRALE EXTRAORDINAIRE DU 28 SEPTEMBRE 1974

La Société des Sciences Naturelles et Archéologiques de la Creuse s'est réunie en Assemblée générale extraordinaire, salle Détré, avenue de la Sénatorerie, à Guéret. L'un des buts essentiels de cette assemblée était de procéder à l'élection du nouveau président de ladite Société, appelé à prendre la succession de Me Dayras, décédé.

Dans la salle, on notait la présence d'une bonne soixantaine de membres, alors que près de deux cent soixante avaient fait parvenir un pouvoir. A la tribune avaient pris place M. Hemmer, premier vice-président ; Mme Louradour, deuxième vice-président ; M. Chatreix, trésorier et Mme Hemmer, bibliothécaire.

En débutant cette réunion, un hommage fut rendu à la mémoire des membres décédés depuis la précédente assemblée ; un hommage spécial fut rendu à la mémoire de Me Dayras qui, durant de nombreuses années, anima cette Société et fit de très nombreuses et brillantes communications. Ensuite, pour procéder à l'élection du président il y eut un appel de candidatures ; aucune ne se faisant connaître, le Conseil d'administration de la Société des Sciences Naturelles et Archéologiques de la Creuse présenta la candidature de M. Hemmer. M. Hemmer fut élu, obtenant 246 suffrages sur les 329 votants ; obtenaient également des voix, Mme Louradour, MM. Carriat, Chatreix et Bordier.

 

 

SÉANCE DU 28 SEPTEMBRE 1974

Présidence de M. Hemmer, président

Présents : Mmes Baylé, Bertrand, Carriat, Courot, Chaix, Duval-Perret, Faye, Hemmer, Juillet, Lagrange, Lardy, Lhuillier, Louradour, Magdinier, Moutard, Nadaud, Rommeluère, Thévenot, du Vigneau, Villard ; Mlles Briquet, Catinat, Dubreuil, Dudoussat, Dupuys, Godard, Périne, Sagnol, Saint-Hilaire ; MM. Audonnet, Blondeau, Bonnet, Bordier, Broilliard, Carriat, Chatreix, Chazaud, Colas, Dr Conquet, de Ficquelmont, Filloux, Giraud, Serge Galy, Goubet, Habellion, Hemmer, Kramer, Labrousse, Lauzanne, Léger, Magdinier, Marouseau, Mettoux, Moutard, Picouret, Rousseau, Rousset, Roussillat, Valengeon, Vieilleribière, Villard F., Villard M., Villard P., Villard R.

Excusés : M. le Dr Chantrelle, maire de Guéret ; Mme Nicolas ; Mlle Vialatou ; MM. Advenier, Boudard, Guy, Lanet, Lugagne, Pérouas.

M. Hemmer, premier vice-président, a été élu président par l'Assemblée générale extraordinaire régulièrement convoquée, qui s'est réunie le 28 septembre 1974 et qui a précédé la séance de travail habituelle. Il rappelle le souvenir de Me Dayras, président de 1960 à 1974 et membre à vie de la Société depuis 1920. Il se fait l'interprète des sentiments de la Société et rend hommage au président Dayras pour le dévouement qu'il a apporté à nos travaux de 1920 à sa mort et spécialement pendant sa présidence. Il remercie l'Assemblée et l'assure de son dévouement.

ADMISSIONS. — Me Bernard Andrault, notaire, avenue de la Sénatorerie, Guéret ; M. Serge Galy, maître d'internat, Aubusson ; Mme Labesse-Boussaroque, ferme de Champegaud ; Mme Madeleine Larbanois, 7, square Georges Bizet, 03000 Montluçon ; M. Claude Latta, professeur, Les Glycines-II, 53, rue Vincent Van-Gogh, 42000 Montbrison ; M. Alain Marcheix, 10, place du 11 Novembre à Auzances ; M. Jean-Luc Pasty, étudiant, Allon, 23000 Guéret ; M. Tête, 38, rue de Stalingrad, Guéret ; M. Paul Thibault, ingénieur, S.N.C.F., 6, Lotissement Bellevue, 86200 Châtellerault ; M. Van Kerrebranck Patrick, 10/97, rue Gounod, 59700 Marcq-en-Bareuil.

DECES. — Nous avons à déplorer le décès de Me Maurice Dayras, président de la Société ; de M. Georges Ferrier, à Aubusson ; de Mme Jouannet, à Lavaufranche, et de Mme Têste, à Guéret.

La Société présente aux familles des disparus ses vives condoléances.

INFORMATIONS DIVERSES. — M. Hemmer signale plusieurs expositions. Dans la crypte de l'église de La Souterraine, (juillet-août 1974) ; exposition d'art sacré organisée par la M.J.C. où étaient présentées des statues du Christ, de la Vierge et de divers saints provenant des églises de La Souterraine, Noth, Saint-Agnant-de-Versillat, Saint-Etienne-de-Fursac, St-Germain-Beaupré, Saint-Léger-Bridereix, Saint-Maurice-La-Souterraine, Saint-Pierre-de-Fursac, Saint-Priest-la-Feuille et Saint-Sulpice-les-Feuilles.

— A Felletin, dans l'église du château (été 1974) : exposition H. Guérin (vitraux, tapisseries, dessins). Etaient aussi présentés un autel de granit, œuvre de Le Corbusier, et diverses statues ordinairement exposées dans les églises de Felletin (bois polychrome, art populaire, XVIIe et XVIIIe siècles).

— Au Musée d'Agen (mai-juin 1974) : Tapisseries de la Marche du XVe au XXe siècle. Un catalogue a été édité à cette occasion. Dans une excellente présentation, Mme du Vigneau explique les idées directrices qui ont déterminé son choix parmi les tapisseries marchoises que possède le Musée de Guéret et qui ont été prêtées au Musée d'Agen : donner le témoignage de l'activité intense des ateliers d'Aubusson et de Felletin du XVIe au deuxième quart du XXe siècle, par des œuvres et des documents des Archives de la Creuse et rendre sensible le souci renouvelé des lissiers de la recherche, dans le domaine de la composition des tentures murales et des tapis de pied. Suit la liste des tapisseries marchoises exposées, dont plusieurs appartiennent au Musée de Guéret, notamment Le martyre de sainte Barbe.

— M. Hemmer présente la plaquette : Aubusson, capitale de la tapisserie, éditée par l'Union Touristique de la Creuse et réalisée grâce à diverses collaborations, dont celle de Me Dayras. Cet essai historique des tapisseries d'Aubusson est abondamment illustré par des photographies des tapisseries de Cinquin, Bleynie, Tourlière, Ph. Hecquet, Lagrange, Picard-le-Doux, Vasarelly, Lurçat, Perrot, Farvèze, Peirolo, Lardeau, Wogensky, toutes tissées à Aubusson.

— M. Hemmer fait connaître le montant de la somme allouée (750 F.) à la Société par le secrétariat d'Etat à la Culture, Service des Lettres.

COMMUNICATIONS. — Mme Louradour donne lecture d'une note de Me Dayras sur la célèbre pendule-régulateur d'Antoine Morand (monument historique depuis 1935) qui se trouve dans le salon de Mercure du château de Versailles.

— M. P. Léger présente les diapositives des fouilles effectuées par les M.J.C. de Guéret et de La Souterraine, à Augères (fouilles d'un tumulus, décapage par tranches de 20 cm., découverte d'un mobilier important : poteries de la première époque du fer) et, à Jeux, commune d'Azérables, découverte fortuite d'un souterrain.

— M. Bordier passe aussi des diapositives se rapportant à diverses découvertes :

— A Massenon, commune d'Ahun (fouilles d'une villa gallo-romaine, découverte d'imbrices ayant 60 cm. dans la plus grande dimension, de poteries, de clous et d'un foyer de terre noire). Une bague avec intaille y a été trouvée.

— A la Madière, commune de Saint-Georges-Nigremont, découverte d'un souterrain comportant une vaste salle (4 m. 20 × 2 m. 20). A la sortie du souterrain se trouve un bâtiment à deux étages, dans le mur duquel est une croix. Une autre croix identique à la première et faite de trois pierres plates, se rencontre de l'autre côté de la maison.

— A Saint-Martin-Château ont été trouvées une belle urne en verre, trois sépultures de granit sans bourrelet et renfermant des ossements humains et d'animaux.

 

 

SÉANCE DU 23 NOVEMBRE 1974

Présidence de M. Hemmer, président

Présents : Mmes Baylé, Bertrand, Chaix, Chateauvieux, Duval-Perret, Hemmer, Gaudriot, Lagrange, Lardy, Lhuillier, Louradour, Magdinier, Marcilloux, Nicolas, Porcher, Rommeluère ; Mlles Briquet, Dupuy, Godard, Périne, Vialatou ; MM. Bordier, Chatreix, Galy, Goubet, Filloux, Léger, Magdinier, Marlier, Marouseau, Mettoux, Pérouas, Picouret, Rousseau, Roussillat, Villard, abbé Viollet.

Excusés : Mmes Larbanois, du Vigneau ; MM. Carriat, Larbanois, Villard.

ADMISSIONS. — M. Alain Corbin, maître de conférences à la Faculté des Sciences de l'Homme de Tours, 91, rue Anatole-France, 37100 Saint-Cyr-sur-Loire ; M. Michel Blondonnet, à Auzances ; M. Pierre Doucet, professeur d'histoire au lycée de Bourganeuf, rue des Ecoles, Bourganeuf ; Mme Porcher, secrétaire de mairie, Colondannes ; Père Louis Viollet, La Souterraine.

DECES. — Nous avons à déplorer la mort de M. Paul Catinat à Guéret et de M. Michaud à Aubusson.

La Société présente aux familles des disparus ses vives condoléances.

INFORMATIONS DIVERSES. — M. et Mme Larbanois font don à la bibliothèque de différents ouvrages dont un livre de droit : Commentaires des « Institutions impériales d'Arnold Vinnius » par J. C. Heineccius (1777) ; un livre d'Hippocrate traduit par Jean Cornarium (1546) qui porte, en frontispice, deux mains tenant un double caducée surmonté d'une colombe, et plusieurs tomes de L'écho de la Semaine Politique et Littéraire, périodique de la fin du XIXe siècle composé d'actualités politiques, de curiosités parisiennes, de fantaisies humoristiques, de portraits littéraires, de nouvelles, poésies, récits, contes, nouvelles portant les signatures, notamment de Paul Arrène, Th. de Banville, Henri Becque, Paul Bourget, Ed. Drumont, Octave Feuillet, Ludovic Halévy, Henri Rochefort, Guy de Maupassant, Sully Prud'homme, Hippolyte Taine.

Sont inscrits parmi les monuments historiques quatre chapiteaux en pierre sculptée de l'époque préromane présentement au jardin public d'Evaux-les-Bains et, à Gentioux, l'église de Pallier (celle-ci sur l'Inventaire Supplémentaire).

Sont en cours de restauration : les peintures murales de l'église de Glénic dont M. Hemmer présente les photographies d'avant la restauration ; le tableau L'Adoration des Bergers (église de Pontarion) et le tableau de l'Assomption (église de La Souterraine).

— Le Président relève, dans le Bulletin de la Société de l'Histoire de l'Art Français (année 1972) se rapportant à la collection de tapisseries du château de Langeais, la tapisserie de Godefroy de Bouillon (3 m. 16 × 3 m. 40) dans la série des Neuf Preux. Exécutée, semble-t-il, vers 1531, dans le style des ateliers marchois, elle a pu être tissée à Saint-Maixant par un tapissier aubussonnais.

— Il signale, d'autre part, la découverte d'un souterrain à La Chapelle-Saint-Martial.

— Il présente les photographies communiquées par M. Larbanois, d'une hache néolithique et d'un écu de François Ier (au droit, le soleil ; au revers, quatre fleurs de lis) trouvés au village de La Tronchette et celle de la croix de la commune de La Cellette.

— M. le Dr Eybert a envoyé les photographies du motif central et de deux écussons du tableau L'Adoration des Bergers provenant de l'ancien retable de l'église de Saint-Julien-le-Châtel. L'un des écussons est aux armes de Marguerite de Saint-Julien, dame du lieu et de Jean de Bridiers son époux : parti I de Bridiers brisé d'un lambel de sable, au II, de Saint-Julien. L'autre écusson est aux armes de ce même Jean de Bridiers (fin XVIIe siècle).

 

COMMUNICATIONS

HISTOIRE NATURELLE. — Mme Chaix signale un oiseau recueilli parce que tombé du nid, en forêt de Chabrières, en février. C'est un bec-croisé femelle à grosse tête, queue courte et fourchue, vol rapide et onduleux, au plumage olive et dessous jaunâtre. Assez rare en Creuse, il niche dans les conifères, surtout en hiver.

ARCHEOLOGIE. — M. Calinaud a envoyé une note : A propos de la voie romaine entre Pontauty et le Pont-de-Bège. Il reconnaît que le tracé décrit par M. Lefort est le véritable. Il ne lui semble pas que cet itinéraire ait correspondu à une liaison préromaine Lémovices-Arvernes qui, d'après lui, passait plus au Sud, par Sauviat, Le Compeix et Felletin. C'est seulement après la conquête qu'il aura été utilisé pour servir d'assiette à la voie Clermont-Limoges. La reconnaissance de ce tracé ne permet pas de préciser la date, encore indéterminée, à laquelle la piste gauloise qui le suivait aura été revêtue ou doublée d'une chaussée romaine, et par suite, elle ne laisse pas, à elle seule, préjuger ni du passage de la voie agrippienne, ni de la position de Praetorium. Il lui semble, d'autre part, que l'itinéraire de Pontauty au Pont-de-Bège par Le Nouhaut et l'Etanchoux, correspondrait à d'anciens passages probablement utilisés au début de l'occupation romaine, puis abandonnés au profit d'Epagne par la voie classique et repris plus tard par le chemin médiéval.

— M. Labrousse signale la découverte d'un souterrain à Saint-Pierre-de-Fursac. La partie qui a pu être explorée s'étend sur une douzaine de mètres de long presque entièrement sous la route. La largeur est de 60 cm., la hauteur de 1 m. 70, la partie inférieure se trouvant à 3 m. au-dessous du niveau du sol. La partie supérieure est légèrement arquée.

De chaque côté se trouvent des niches espacées de 2 m. à 2 m. 50 du côté B du plan et de 3 m. à 3 m. 50 sur le côté A. Les niches ont 25 à 30 cm. de large et autant de profondeur, la partie supérieure étant en arc de cercle. Il n'a été trouvé aucun objet dans les niches ni dans le souterrain. Dans deux d'entre elles, cependant, la terre est de couleur plus foncée comme mélangée de cendres ou autre matière.

Il s'agit donc presque certainement d'un souterrain refuge.

Par suite d'éboulement laissant un espace vide de 40 cm. à 50 cm. seulement, il n'a pas été possible d'explorer plus loin. Un bâtiment est en construction sur le côté B dans le prolongement du souterrain. On n'a rien découvert. On en conclut qu'il ne s'étend pas plus loin dans cette direction. Par contre, en plantant des arbres sur la partie marquée de croix, il a été découvert une autre branche du souterrain. Une ouverture a été pratiquée dans laquelle il n'a pas été possible de s'introduire par suite d'éboulement. Un sondage a permis de se rendre compte qu'il s'étend sur plusieurs mètres.

Un autre souterrain avait été découvert, il y a une vingtaine d'années, à deux cents mètres à vol d'oiseau.

Ensuite M. P. Léger présente des diapositives du souterrain d'Azérables.

HISTOIRE. — Mme Bertrand présente son Mémoire de Maîtrise d'Histoire : Histoire démographique de Colondannes (1623-1802). Ce pays de bocage, au sol d'une médiocre fertilité, avait 30 à 40 % de sa population active représentés par des maçons migrants qui conditionnaient pour une bonne part la vie de la paroisse. Jusqu'au XIXe siècle, ils ne changèrent ni le profond attachement à la terre, ni les habitudes alimentaires, ni l'amour du pays natal. L'étude exhaustive des registres paroissiaux a permis à l'auteur de déterminer pour ce village creusois, notamment les catégories sociales, l'évolution de la population, les moyennes des naissances, des mariages, des décès ; les taux de nuptialité et de fécondité ; les mouvements saisonniers des conceptions, les espacements entre les naissances, la mortalité infantile ; les années de moindres naissances et de nombreux décès dus à la maladie, à l'épizootie, à l'insuffisance des récoltes causée par une grande sécheresse ou par un froid long et rigoureux. Cette importante étude fait découvrir comment vivaient les paysans creusois aux XVIIe et XVIIIe siècles.

Le P. Pérouas donne lecture de son étude sur la diffusion de la Confrérie du Rosaire, au XVIIe siècle, dans le pays creusois. Cette étude permet de suivre la pénétration, en Creuse, de la réforme catholique. Le XVIIe siècle a vu se développer plusieurs types de confréries dont celle du Rosaire, créée entre 1620 et 1690 qui connut, comme les autres confréries, les années florissantes qui suivaient leur fondation une stagnation et même une disparition. M. Pérouas, après des recherches dans les registres paroissiaux et dans les procès-verbaux de visite qui mentionnaient notamment dans les églises, les autels dédiés au Rosaire et les tableaux représentant saint Dominique recevant le rosaire, conclut que le nombre de ces confréries a pu atteindre 50 % des paroisses, qu'aucune région de la Creuse n'a vraiment été démunie de ces confréries, que celles-ci ont touché une très importante proportion des paroissiens, jusqu'à atteindre la moitié de ces dernières ; que les adhésions provenaient de toutes les classes sociales et professionnelles, mais surtout du peuple et que la régression du rosaire a été plus réelle qu'apparente, la féminisation masquant le détachement du sexe masculin. Cette étude encore incomplète ne permet pas de classer le pays creusois dans une catégorie sur la carte religieuse de la France au XVIIe siècle. Elle donne cependant la possibilité de contester une opinion selon laquelle la Creuse n'aurait jamais été christianisée et d'affirmer que notre pays n'est pas demeuré hors des courants catholiques, du moins au XVIIe siècle.

— Mme Louradour présente la commanderie de Lavaufranche (Ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem) aux XVIe, XVIIe, XVIIIe siècles. Le château détruit en partie pendant les guerres de religion garde cependant son donjon carré du XIIe siècle. Au XVIe siècle n'existait qu'une partie du corps de logis dont les pièces communiquaient entre elles par une galerie de bois. Flanqué de tours rondes et de « guérites en cul-de-lampe » il possédait une tour carrée qui renfermait un grand escalier. Au début du XVIIe siècle, il est dit que le vieux bâtiment et le neuf ne sont qu'une véritable carcasse et hors d'état d'être habités. En 1737, tout est refait à neuf, un couloir distribue le premier étage, un mur est percé d'arcades au rez-de-chaussée. Il n'avait que très peu de meubles et en mauvais état ; un vaisselier, une armoire, un coffre, un lit, une table. La commanderie possédait encore à Lavaufranche une église, des chapelles, une métairie, plusieurs étangs, un moulin banal, des bois. Elle comprenait plusieurs membres en Creuse, dans l'Allier et dans le Puy-de-Dôme.

— M. Chatreix remet aux Archives Départementales une liasse de documents provenant des papiers Valadeau et se rapportant à la seigneurie des Ecures dans la paroisse de Glénic et qui appartint aux XVIIe et XVIIIe siècles à la famille Nadaud.

HISTOIRE DE L'ART. — La M.J.C. de La Souterraine donne un supplément d'informations sur la tapisserie d'Aubusson, très détériorée, qui se trouve dans l'église de Paulhac, commune de Saint-Pierre-de-Fursac. La disparition du cadre permet de voir l'agneau et les clés de saint Pierre et principalement l'inscription : Picqueaux qui doit être la signature de François Picqueaux.

Nous savons que la « tapisserie fut exécutée entre 1783 et 1787, sur l'ordre du dernier commandeur de Paulhac, Jean-Pierre de Linard, et coûta 140 livres » (voir de Berranger, Paulhac, in Mém. Soc. Sc. Cr., T. XXIV, juin-décembre 1929, p. 416).

Nous savons, d'autre part, qu'un François Picqueaux appelé aussi Pitiaud ou Pitiot ou encore Piquaux issu d'une famille de peintres et de fabricants de tapisseries d'Aubusson aurait été nommé « assortisseur des laines et soies » par le roi en 1773, charge qu'il abandonna en prenant sa retraite en 1786. Il n'eut d'ailleurs pas de successeur dans cette fonction (voir H. Pérathon « Notes sur quelques Artistes Aubussonnais » in Mém. Soc. Sc. Cr., 2e série, T. I, 6e de la collection, 4e Bulletin 1890, p. 230 à 232). Cet artiste d'une habileté exceptionnelle, nous dit-on, est certainement celui qui confectionna l'œuvre qui nous intéresse. Il signait habituellement F. Picqueaux. Le F est ici absent mais l'orthographe du nom est la même. Les dates de confection de l'ouvrage et d'activité de l'artiste se correspondent. Celui-ci, il est vrai, avait un frère puîné, Jean Petiot qui figure sur les listes des tapissiers en 1779 puis en 1785 mais qui, lui, signait semble-t-il : Piqueau (même source que ci-dessus).

Pour terminer relevons une légère erreur dans la description qu'a fait P. Toulouse du blason central de la tapisserie. Il nous dit « l'écu, en sa partie haute, porte sur fond rouge une croix blanche, le reste est azur à trois roues d'or » alors que « le reste » est azur à trois bandes d'or.

Cette tapisserie encore actuellement en l'église de Paulhac a subi plusieurs restaurations notamment en ce qui concerne l'inscription. Son état de conservation est assez lamentable. Elle est en de multiples endroits rongée par la moisissure et peut être bien aussi, tout simplement, par des animaux.