SÉANCE DU 15 JANVIER 1977

Présidence de M. Hemmer, président

Présents : Mmes Bertrand, Chaix, Hemmer, Lecoq, Louradour, Métrich, Nicolas, Rommeluère, du Vigneau ; Mlle Briquet ; MM. Bordier, Broilliard, Bugeaud, Chatreix, Colas, P. Coster, Dr Eybert, Flécher, A. de Ficquelmont, E. de Ficquelmont, G. de Ficquelmont, Hemmer, Lecoq, Léger, Metrich, Mettoux, Pautreau, Ravasson, Roussillat, Saillol, Urien, P. Viollet.

ADMISSIONS. — M. Boussaroque Henri, chef de centre des Impôts, boulevard Berthelot, Clermont-Ferrand ; M. Colin Paul, professeur honoraire d'histoire à Moulins, « Le Pont-de-Champagnat », Bellegarde ; Mme Crémoux Marinette, institutrice, C.E.S. Jules Marouzeau, Guéret ; M. Daudonnet Pierre, instituteur, 1, rue Maréchal Juin, Guéret ; M. Faye Michel, instituteur, 4, place Varillas, Guéret ; M. de Ficquelmont Armand-Marie et M. de Ficquelmont Eric-Marie, La Maison-Rouge, Saint-Bard-par-Crocq ou 6, rue Lacretelle, Paris ; M. Fretet Robert, directeur honoraire de l'Ecole Nationale de la Chasse, Bussière-Dunoise ; Mme Guyonnet Micheline, institutrice, résidence Jardin Public, Guéret ; M. Jardy Jackie, instituteur, 45 bis, rue Jean Jaurès, Guéret ; Mme Jarnageon Simone, institutrice, 33, rue Alfred Grand, Guéret ; M. Laurent Jean-Yves, étudiant, Le Pommier, Saint-Maurice-la-Souterraine ; M. Métrich, La Bouzanne-de-Méasnes ; Mlle Nicolas Françoise, étudiante, route de Limoges, Guéret ; M. Saillol Paul, professeur honoraire, 8, rue Pierre Morlon, Guéret ; C.E.S. Guéret-Nord, La Pigue ; Journal « Centre-Presse », place Bonnyaud, Guéret ; M. Soldat Henri, instituteur, 64, rue de Pommeil, Guéret.

DECES. — Nous avons à déplorer la mort de M. Brelingard, à Vanves ; de M. Chicot, à Bellegarde-en-Marche ; de M. Depagniat, à Paris ; de M. Dumont, à Charenton.

La Société présente aux familles des disparus, ses vives condoléances.

 

ASSEMBLEE GENERALE STATUTAIRE

— Le 15 janvier 1977 à 15 heures la Société s'est réunie en Assemblée Générale avec l'ordre du jour suivant : rapport moral, rapport financier, élections pour le remplacement d'un administrateur décédé.

— M. Hemmer donne lecture du rapport moral qui mentionne pour l'année 1976 la régularité des séances, la qualité des communications lues au cours des séances, l'intérêt de l'excursion annuelle, et fait part d'une lacune à combler en ce qui concerne l'Histoire Naturelle.

— Il rappelle la participation de la Société au Congrès de la Fédération des Sociétés Savantes qui s'est tenu à Châteauroux, la conférence de MM. Autexier et Flécher, en avril, à la M. J. C. et l'aménagement des nouveaux locaux de notre Bibliothèque, au 24, avenue de La Sénatorerie.

— Il regrette l'envoi tardif des bulletins (1975), attire l'attention sur le coût onéreux des frais postaux et propose, en vue de réduire ce dernier, d'éditer le bulletin par fascicules. Cette proposition est repoussée.

COMPTE RENDU FINANCIER. — M. Chatreix, trésorier, donne lecture de l'exercice financier 1976. Les comptes, vérifiés par MM. Léger et Urien, désignés à cet effet par l'assemblée générale, sont adoptés à l'unanimité et des remerciements sont adressés au trésorier.

— Mme du Vigneau signale certaines dépenses faites par la Société pour le Musée : achat d'un ancien métier à tisser et publication du catalogue des sculptures du Musée.

ELECTION. — Mme Chaix est élue administrateur en remplacement de Mme Lhuillier, décédée.

INFORMATIONS DIVERSES. — M. Hemmer rappelle la mise en place, le 20 décembre, de la Commission régionale d'inventaire du Limousin et la perspective de retenir comme secteur de travail pour les opérations d'inventaire normalisé pour la première année, celui formé par la zone de contact de chacun des trois départements limitrophes, c'est-à-dire celui du plateau de Millevaches qui présenterait l'avantage de constituer un terrain d'étude homogène du point de vue géographique. Le programme de travail porterait, en 1977, sur les trois cantons de Bugeat (Corrèze), Gentioux-Pigerolles (Creuse) et Eymoutiers (Haute-Vienne).

— Le Bulletin du secrétariat d'Etat aux Affaires culturelles signale à Saint-Martin-Sainte-Catherine, la découverte d'un coffre funéraire en granit (IIe siècle) renfermant un beau vase en céramique de Lezoux, orné de quatre reliefs d'applique figurant des scènes mythologiques.

— Le Bulletin de la Société d'Emulation du Bourbonnais (2e trimestre 1976) signale qu'une des places de la ville d'Aubusson, porte, désormais, le nom de Maurice Dayras, fondateur de l'Association des Amis de cette ville.

— Notre Société décide d'échanger son Bulletin avec celui de la Société d'Histoire de la Brie dont M. Desbordes est président.

— Le Bulletin de la Société d'Ethnographie du Limousin et de la Marche (3e et 4e trimestre 1976) est réservé à l'étude de Maurice Robert, Parler Limousin, vocabulaire qui ne retient que les mots les plus usités, les vocables originaux et expressifs.

— Le Bulletin administratif du secrétariat d'Etat à la Culture (septembre 1976) signale le projet de création d'un musée de la Tapisserie à Aubusson.

 

COMMUNICATIONS

ARCHEOLOGIE. — M. Flécher rend compte à l'aide de diapositives des fouilles entreprises par le Groupe archéologique de Sarcelles sur le site de Cujasseix à Rougnat depuis 1973. Après la découverte de deux hypocaustes, trois salles sont mises au jour, dont les murs extérieurs sont parementés de petit appareil régulier, recouverts d'un crépi rose. Les murs intérieurs sont ornés de peintures : fleurs rouges et vertes entourées de cercles concentriques marron, jaunes, verts ; des créatures mythiques mi-femme, mi-chien, des félins, des cerfs, un oiseau, puis des guirlandes de laurier, des volutes. Par l'abondance des motifs secondaires et la qualité de l'exécution, ces décors évoquent quelques ornementations pompéiennes. Le matériel découvert consiste en tessons de poterie, fragments d'enduits peints, motifs en stuc, céramiques métallescentes. Ces résultats montrent que le premier établissement romain sur ce site (Ier siècle de notre ère) a été remanié vers la fin du IIe siècle ou le début du IIIe siècle.

HISTOIRE. — M. Calinaud a envoyé son étude Recherches sur l'histoire de la châtellenie médiévale de Courson.

— M. le Dr Eybert étudie les tableaux armoriés et les litres funéraires dans les églises de la Creuse. Il présente des diapositives de blasons figurant notamment sur La déposition de la Croix à Champagnat, le retable de Gouzougnat, sur des tableaux à Saint-Julien-le-Châtel, à Saint-Silvain-Bellegarde ; sur les litres funéraires d'Ajain, La Chapelle-Baloue, Croze, Malleret-Boussac, Nouzerines, La Rochette, Saint-Léger-Bridereix et sur la main-reliquaire de Bourganeuf.

 

 

SÉANCE DU 19 MARS 1977

Présidence de M. Hemmer, président

Présents : Mmes Bertrand, Chaix, Couraud, Duval-Perret, Hemmer, Lecoq, Lardy, Louradour, Metrich, Rommeluère ; Mlle Dayras ; MM. Bordier, Bouscaud, Chatreix, Colas, Collin, Filloux, Hemmer, Lecoq, Léger, Mazière, Metrich, Abbé Pénicaut, Picouret, Urien.

Excusés : Mmes Celer, Juillet, du Vigneau ; MM. Pérouas, Mettoux.

ADMISSIONS. — M. Georges Bartley, 62, avenue Louis Laroche, Guéret ; M. Robert Belrepayre, instituteur retraité, 27, rue des Fontenelles, 85800 Saint-Gilles-Croix-de-Vie ; M. Jean Bonnet, horloger, 4, place Varillas, Guéret ; M. Jean Bourderionnet, pharmacien honoraire, La Bregère-Néoux, 23200 Aubusson ; Mme Suzanne Conchon, directrice d'école, 12, boulevard Guillaumin, Guéret ; M. Michel Desnoyers, 65, rue Voltaire, Montluçon ; Mme Drevon, 13, rue Ancienne Poudrière, Guéret ; Mlle Colette Dubois, maîtresse auxiliaire, rue Sylvain Blanchet, Guéret ; Abbé Robert Echégut, Soumans, 23600 Boussac ; Mme Eliane Jannot, institutrice, 28, rue de Fressanges, Guéret ; M. Xavier Kinet-Legrand, La Seauve, 23120 Vallière ; M. Jean-Claude Lafont, agent technique, Azat-Châtenet ; M. Michel Loulergue, Le Pré-Conté, 23200 Aubusson ; M. Jean Maisonniaud, instituteur, 14, rue de Malleret, Guéret ; Mme Alexandre Marchadier, avocat, 177, boulevard Malesherbes, 75017 Paris ; M. Marcel Moreau, officier de gendarmerie en retraite, Azat-Châtenet ; Mme Paulette Moreau, institutrice, rue de Pommeyroux, Guéret ; Mlle Geneviève Parelon, professeur C.E.G. de Bénévent, Janaillat ; M. Paul Poulteau, professeur, Grande-Rue, Dun-le-Palestel ; M. Pierre Réveil, élève gendarme, Saint-Georges-la-Pouge ; Mlle Ginette Robin, infirmière, 11, rue Georges Clémenceau, Guéret ; Mlle M. Jeanne Roulière, étudiante, Les Joncques-de-Fargeas, 87350 Panazol ; M. Michel Venuat, professeur à l'Ecole spéciale du Bâtiment et des Travaux publics, 66 avenue Clément Perrière, 92320 Châtillon-sous-Bagneux.

DECES. — Nous avons à déplorer la mort de Mme Aumasson à Ahun.

La Société présente à la famille de la disparue ses vives condoléances.

INFORMATIONS DIVERSES. — Le Président signale dans la Revue d'Histoire Maghrebine (n°s 7, 8, Tunis) l'article de J. Valette : « Le projet de mer intérieure du colonel Roudaire et la politique coloniale de la IIIe République », et dans la Revue des Sciences naturelles d'Auvergne (fasc. 1, 2, 3, 4, 1975, Clermont-Ferrand), l'article de R. Lugagne : « La carte de la végétation de la France » (feuille n° 45 de Moulins), qui comporte celle de la Creuse.

— Il fait part de la décision prise par la commission départementale des objets mobiliers d'inscrire à l'inventaire supplémentaire une soixantaine d'objets et d'en proposer quatorze au classement.

— Le théâtre de Guéret étant, depuis plusieurs années en instance de démolition, la Société émet le vœu qu'il soit sauvegardé et dans l'immédiat mis hors d'eau et que les deux colonnes, vestiges de l'ancienne chapelle des Pénitents qu'il renferme, fassent l'objet d'un classement.

— Une conférence sur le tumulus d'Augères a été présentée par M. Léger, à la M. J. C., le 25 mars.

— Des divers itinéraires présentés par M. Hemmer pour l'excursion annuelle de la Société, le suivant a été retenu : Bellac, Saint-Savin, Montmorillon.

 

COMMUNICATIONS

HISTOIRE NATURELLE. — M. Lugagne a envoyé sa note : Trente années de climatologie à Néoux. Durant cette période la station de Néoux a établi les données locales utilisables dans des travaux botaniques et de pathologie végétale. Les relevés statistiques mensuels des différentes observations ont permis de dégager les moyennes et les normales des divers paramètres, la fréquence des gelées, de la rosée, de la brume, des chutes de neige, des brouillards, des vents ; les années de sécheresse, de grands froids, de fortes chaleurs, de pluviosité excessive et, de ce fait, de préciser quelques traits de notre climat. Cette station vient d'être transférée à Saint-Avit-de-Tardes.

ARCHEOLOGIE. — M. Mazière, assistant de la Direction régionale des Antiquités préhistoriques expose les méthodes modernes de fouilles en archéologie préhistorique en prenant pour exemple, en Corrèze, les grottes des vallées de Planchetorte et de la Courole, la grotte du Loup, l'abri sous roche de Chez-Jugie et l'abri de La Chapelle-aux-Saints. La projection de diapositives montre les cartes cadastrales et géologiques de ces lieux, les coupes géologiques et stratigraphiques qui mettent en relief les couches paléolithiques avec les niveaux aurignacien, périgordien, solutréen, les couches mésolithiques et néolithiques ; l'industrie de chaque époque d'après les objets découverts (Chez-Jugie, objets en silex : pointes, trapèzes, triangles, microburins ; en bronze : fibules, aiguilles. Grotte du Loup : couteau en silex, grattoirs circulaires). De telles fouilles présentent le grand intérêt de déterminer les microclimats et la densité des habitats des régions prospectées.

— MM. Boutet et Chatreix signalent, près du village de Baudeix, commune de Mérinchal, sur la propriété de M. Cluzel, au lieudit « Les Pins » (section L 919) les indices d'un habitat gallo-romain (substructions, tuiles à rebord, fragment de meule) et au lieudit « Moulin-de-Baudeix » (section L 720) des tessons de poterie.

— M. Urien signale :

  1. Des éclats de jaspe rouge, de silex ocre, transparent, rose, blanc, gris, zoné, trouvés dans un ancien chemin à 20 mètres ouest du Rocher du Diable (Monteil-au-Vicomte).
  2. Une hache polie (L. 103 m/m, l. 48 et 15 m/m, ép. 19 m/m) gris verdâtre, au tranchant rectiligne et présentant des stries verticales, découverte à La Villeneuve, commune de Vallière par M. Trayaud.
  3. Au Puy-de-Plane (commune de La Nouaille) deux tas de pierre aplanis et trois circulaires pouvant être les uns des tumuli, les autres des fonds de cabanes.
  4. La pierre de mesure de la seigneurie de La Villeneuve (diam. 0 m. 62, haut. 0 m. 55) au flanc timbré aux armes des Aubusson.
  5. Une croix à Villesauveix (commune de La Nouaille) au fût monolithe, cylindrocônique (haut. 1 m. 46) qui pourrait être un menhir christianisé.

HISTOIRE. — M. Dallier a envoyé la relation officielle de l'abolition des signes du culte à Bellegarde-en-Marche en 1794 (l'église de Saint-Silvain était alors église paroissiale et l'église Notre-Dame seulement chapelle).

HISTOIRE DE L'ART. — M. l'Abbé Pénicaut présente les Vierges de Majesté de La Souterraine et du Grand-Bourg. Celle de La Souterraine (fin XIe, début XIIe siècle), est un haut relief de granit fixé dans le tympan du portail méridional de l'église. Celle du Grand-Bourg (fin XIIe, début XIIIe siècle), se trouve au fond du chœur dans une niche trilobée.

VARIA. — Mme Chaix donne lecture de la « recette d'une médication pour la tête lorsqu'elle est affectée de douleurs » et signale une petite statue mutilée, en pierre, de saint Jean de l'Orme, dans le mur d'une maison de La Forge-du-Bois, témoin d'une chapelle détruite qui avait été construite au début du XVIIe siècle aux dépens du seigneur de Peyrusse, en réparation du crime commis par lui à la suite d'une altercation avec le prieur de Mourioux.

 

 

SÉANCE DU 21 MAI 1977

Présidence de M. Hemmer, président

Présents : Mmes Améaume, Blazy, Bertrand, Courot, Dussot, Lecoq, Louradour, Marcilloux, Metrich, Nicolas, Rommeluère, Tourte, du Vigneau ; Mlles Briquet, Godard, Jeuniaux, Parelon, Thébault, Tixier ; MM. Améaume, Blazy, Bord, Bugeaud, Carriat, Chatreix, Dr Conquet, Dupuis, de Ficquelmont, Hemmer, Lecoq, Léger, Metrich, Moreau, Picouret, Rigaud, Thébault.

Excusés : Mmes Celer, Chaix, Duval-Perret, Hemmer, Juillet, Lardy ; MM. Barry, Colas, P. Pérouas, P. Viollet.

ADMISSIONS. — M. Jacques Aucouturier, pharmacien, Evaux-les-Bains ; M. Marcel Bord, Les Moulins, Parsac-Jarnages ; Mme Geneviève Chaborel, directrice de C. E. T., avenue Joliot-Curie, Bourganeuf ; M. Jean Champneuf, 93 boulevard Raspail, 75005 Paris ; M. Jean-Claude Delatronchette, adjoint de direction à la Banque de France, Bourges et La Faye, Bussière-Dunoise ; M. Pierre Dupuis, Les Brosses-Perrot, Arnac-la-Poste ; Mme Paulette Dubost, Les Bains, Sainte-Feyre ; Mlle Claude Hut, rue Jean Jaurès, Asnières ; M. Daniel Laforest, fonctionnaire à la Caisse des Dépôts d'Angers, clos des Bétaillères, Andard, 49800 Trélazé ; Mme Sauvage, professeur de Musique, 4, rue Laplace, 75015 Paris ; Mme Andrée Tourte, Le Masforeau, Saint-Christophe.

DECES. — La Société a déploré la mort de M. Georges Nétange, à Paris, et présente à la famille du disparu ses vives condoléances.

INFORMATIONS DIVERSES. — Le Président donne lecture de la liste des objets mobiliers inscrits à l'inventaire supplémentaire des Monuments Historiques par arrêté du 22 avril 1977.

— Il fait part de diverses lettres reçues : celle de M. Valette, adjoint au maire de Saint-Silvain-sous-Toulx, qui demande des renseignements sur un amas de pierres au lieudit « Pierres-Aubes », et celle de M. Bost qui, dans le cadre de son cours d'archéologie à l'Université de Bordeaux, a conduit des fouilles, en 1976, sur le site du Mont-de-Jouer, à Saint-Goussaud.

— Il précise le programme de l'excursion de cette année, dans le département de la Vienne : nécropole de Civaux et église ; à Chauvigny, châteaux, collégiale Saint-Pierre et église Saint-Martial ; à Saint-Savin, peintures murales ; à Montmorillon, fresques de l'église Notre-Dame et ancien séminaire.

 

COMMUNICATIONS

ARCHEOLOGIE. — M. Léger donne lecture de l'étude de Mme Moser sur Les dolmens de la Creuse dans leur contexte régional.

— M. Thébault décrit une sépulture gallo-romaine (IIe siècle), découverte à La Valaudie, commune d'Aulon, au lieudit « Les Fosses », n° 131 A, par M. Sartout. En granit, elle se compose d'un coffre avec cavité sans bourrelet et d'un couvercle grossièrement taillé, placés dans le sol parmi des fragments d'os, des morceaux de bois calcinés, des clous forgés, une clé, du verre fondu, une monnaie de bronze (Antonin-le-Pieux, 138-161), des tessons de poterie grossière lisse et sigillée.

— Le Docteur Conquet précise ce que fut l'abbaye de Bénévent. Ses recherches dans les registres paroissiaux mettent en évidence l'existence de deux églises et d'un cloître.

HISTOIRE. — Mme Louradour montre l'amitié qui lia Martin Nadaud et Louis Blanc. Ce dernier admire la crânerie de Nadaud qui, face à ses adversaires, se targue d'être du peuple, le félicite de l'intérêt qu'il porte à la cause des petits, l'assure qu'il est le seul dont la voix puisse être écoutée pour sauvegarder l'honneur du peuple, le remercie de le défendre contre les attaques dirigées contre lui en son absence, lui rappelle que sa bourse est à lui tant qu'il y aura quelque chose dedans, l'invite à fuir son chagrin (Nadaud vient de perdre sa femme) et lui redit qu'il le recevra en frère et sera heureux de l'embrasser.

— M. de Ficquelmont étudie les élections en Creuse au XIXe siècle et rappelle que la Creuse n'a pas toujours été un pays « de gauche » mais a longtemps voté à droite. Jusqu'en 1789, les Creusois n'aiment certes pas payer les redevances et attendent que ces droits tombent en désuétude ; cependant la révolution se passe relativement avec calme. Sous le Premier Empire, le régime est accepté. Sous la Seconde République, l'impact des migrants est fondamental en Creuse. En 1848, la Creuse vote pour ses notables et, en 1849, la masse paysanne, les bourgeois, les ouvriers ressentent l'échec des ateliers nationaux et se tournent vers Louis-Napoléon Bonaparte. En 1869, les élections prouvent que l'Empire est encore solide. En 1870, il s'effondre, les républicains prennent le pouvoir à Paris, le scrutin de liste instauré favorise le climat républicain. Nadaud est élu préfet de la Creuse, les Creusois votent pour la paix. En 1876, la République est le régime officiel. En Creuse, les migrants jouent un rôle capital, un radical se présente pour la première fois. En 1877, notre département devient de gauche, avec cinq élus. En 1879, les élections partielles confirment ce fait. Plus de candidats de droite. En 1885, la Creuse devient, politiquement, un pays radical.

 

 

SÉANCE DU 17 SEPTEMBRE 1977

Présidence de M. Hemmer, président

Présents : Mmes Bertrand, Tourte, Hemmer, Louradour, Metrich, Rommeluère, du Vigneau ; Mlle Parelon ; MM. Bost, Chatreix, Estague, Hemmer, Lapetite, Léger, Marouzeau, Metrich, Mettoux, Moreau, Pérouas, Picouret, Villard.

Excusés : Mmes Chaix, Juillet, Lardy, Villard ; Mlle Jeuniaux ; MM. Colas, P. Villard.

ADMISSIONS. — Mlle Raymonde Leblanc, professeur de dessin à l'E. N. B. de Felletin, Parsac ; M. René Panin, électricien à Budelière.

INFORMATIONS DIVERSES. — Le Président lit le compte rendu de la thèse de Mme Moser sur les dolmens en Haute-Loire.

— Il présente la nouvelle revue Ethnologia (n°s 1-2, janvier-juillet 1977) avec une étude sur les maisons limousines, par M. Maurice Robert.

— Il fait part du travail de M. A. Chermette (Mines et métallurgie, novembre 1964) sur Victor Lassalle, prospecteur auvergnat qui, avec son père Théodore, découvrit, à la fin du siècle dernier, l'or du Chatelet et réussit, grâce à M. Marlot, géologue-prospecteur, à faire exploiter les mines d'or creusoises.

— Il signale la note du médecin-général Camelin sur le médecin-colonel Jamot, né à Saint-Sulpice-les-Champs et parrain de la promotion 1972 de l'Ecole de Santé de Lyon.

— Il présente l'ouvrage donné à la Bibliothèque, Grammaire patoise creusoise, de M. Pierre Montmerle.

MUSEE. — Mme du Vigneau fait part des activités du Musée :
— Exposition des dessins et peintures de Solange Christauflour.
— Exposition, en préparation, des œuvres (dessins, peintures, sculptures) d'Anna Qinquaud, sculpteur d'origine creusoise.
— Rentrée d'une peinture ayant pour sujet la Creuse, don de Mme Beau.
— Prêt d'urnes gallo-romaines à l'exposition de La Souterraine.
— Rédaction en cours du catalogue-guide des sculptures gallo-romaines.
— Le Conservateur rappelle le succès de la présentation de ces sculptures, prévoit l'ouverture d'une salle Fernand Maillaud, consacrée aux œuvres du peintre creusois et d'une salle de la Résistance creusoise.

 

COMMUNICATIONS

ARCHEOLOGIE. — M. J.-P. Bost fait le compte rendu, souligné de diapositives, des sondages qu'il a effectués, l'an dernier, à Saint-Goussaud, sur les lieux étudiés par l'abbé Dercier en 1902 et confronte les plans qu'il a établis et ceux de cette époque. Il note une enceinte sensiblement carrée de 40 m. de côté qui renferme les vestiges de trois constructions : un carré, les trois murs d'une seconde construction, d'autres murs formant un T ainsi qu'une entrée monumentale. Il conclut que le IIe siècle fut l'époque de la phase importante des constructions, que l'ensemble de celles-ci appartient à un ensemble rural, un lieu de pèlerinage, de rassemblement pour les populations rurales.

— Le groupe de la M. J. C. de La Souterraine présente, avec diapositives, le souterrain de Jeux, commune d'Azérables, situé au lieudit « Les Rivailles » (888-E), appartenant à M. Mathieu. Ce souterrain comprend des puits de creusement pourvus d'encoches dans leurs parois, une entrée composée d'un escalier aux marches rudimentaires, un système de fermeture constitué de deux feuillures dans les parois, des galeries avec parfois banquette ou niche, une salle à entrée ovale. L'une des galeries, qui semble avoir eu pour but la jonction avec une autre unité souterraine existante, paraît avoir été interrompue parce qu'inoccupable étant donné sa position au niveau de la nappe phréatique.

— M. Bonnet signale un souterrain au Petit-Boueix, commune de Colondannes (982-C). Il n'en subsiste que deux galeries en V dont un bras serait tronqué. L'une (L : 11 m., l : 1 m. 60, h. 1 m. 40) se termine par un mur appareillé au sommet duquel se trouve l'ouverture.

HISTOIRE. — Mlle Parelon communique ses recherches sur la société rurale à la fin du XVIIIe siècle en Marche, basées sur les rôles des tailles de Janaillat, Saint-Eloi et Saint-Pierre-Chérignat (1727-1790) fournissant de nombreux renseignements sur le nombre des exploitations et leur importance.

— M. Pérouas donne lecture d'une lettre adressée à l'évêque par le maire de Nouzerolles (1806) qui met en relief une situation conflictuelle entre ce dernier et le curé de la paroisse. Celui-ci souhaite une paroisse plus importante où il aurait un revenu plus acceptable. La lettre du maire commence par une citation de l'Ecriture Sainte. La réponse de l'évêque est sèche et soutient le prêtre. L'intérêt de cette correspondance réside dans le fait qu'elle est l'indice du divorce entre la population et l'Eglise, de la mentalité creusoise et de l'adhésion du peuple au socialisme.

VARIA. — M. Chatreix remet aux Archives Départementales plusieurs papiers Valadeau (pièces notariales sur Chamborand, Arènes, Bénévent) et lit « l'Aveu de la vicomté du Monteil-au-Vicomte rendu au roi à cause de sa comté de la Marche par Jacques André Du Pille en 1720 ».

 

 

SÉANCE DU 19 NOVEMBRE 1977

Présidence de M. Hemmer, président

Présents : Mmes Celer, Chaix, Chateauvieux, Duval-Perret, Louradour, Metrich, du Vigneau ; MM. Carriat, Chatreix, Colas, Collin, Gady, Hemmer, Lecoq, Léger, Metrich, Père Viollet.

Excusés : Mmes Hemmer, Juillet, Lardy ; MM. le Colonel Laporte, Mettoux, Père Louis Pérouas.

ADMISSIONS. — Mlle Roselyne Dupré, agent d'assurances, 92-94, boulevard de Charonne, 75021 Paris ; Laboratoire associé, études méridionales, 56, rue du Taur, 31000 Toulouse ; Docteur Seigneuric Antonin, médecin principal à l'Hôpital d'instruction des armées Dominique-Larrey, 31, avenue de Sceaux, 78000 Versailles.

DECES. — Nous avons à déplorer la mort de Mme Fernand Devige à Jarnages, de Mlle Magali Payan à La Borne (commune de Saint-Michel-de-Veisse), de Mlle Félicie Rouly à Paris, de M. Henri Chastagner à Bergerac, du général Freydenberg à Paris.

La Société présente aux familles des disparus ses vives condoléances.

INFORMATIONS DIVERSES. — Le Président donne lecture de plusieurs lettres : celle de MM. Crédot et Dominique qui rappellent les découvertes de l'époque préhistorique dans la région de Saint-Maurice-la-Souterraine et les fouilles effectuées au dolmen de Mourioux ; celle de Mme Moser, qui regrette de ne pouvoir venir présenter son étude sur les dolmens et celle du colonel Laporte qui annonce l'envoi de sa communication lue, l'an dernier, à Limoges : Essai sur la localisation de quelques ateliers limousins monétaires à l'époque mérovingienne.

— Il présente la carte géologique, à l'échelle de 1/50.000e, et en couleurs de Bourganeuf que fait paraître le Bureau de recherches géologiques et minières. Pour chaque ensemble géographique on a distingué par une teinte atténuée l'extension de cet ensemble sous les formations superficielles là où l'épaisseur de celles-ci masque le substrat.

— M. Hemmer présente l'ouvrage de M. Yves Gueneau : Les protestants en Bas-Berry, Bourbonnais et Marche au XVIIe siècle. Une comparaison entre les églises protestantes de ces provinces met en relief l'atmosphère remuante, indisciplinée et volontiers indépendante de celles de la Marche dont le centre est à Aubusson. Après l'étude des baptêmes, des persécutions, du départ des protestants pour l'étranger, il est remarqué que les tapissiers aubussonnais, de par la mobilité de leur profession, la multiplicité de leurs contacts commerciaux à Paris et à l'étranger eurent plus de facilité pour s'enfuir et que la qualité même de leur production réputée hors de nos frontières fit qu'ils furent réclamés. L'émigration plus considérable que chez nos voisins eut pour conséquence un déclin de la population et de l'industrie tapissière qui entraîna une seconde émigration, celle des pauvres ouvriers privés de leur emploi. D'autre part, « les guerres de religion tuant la religion », il peut se faire qu'elles furent une des causes de l'indifférence religieuse et de la déchristianisation en Marche.

— Il présente l'étude de M. Franck Bouscau sur Le département de la Creuse à l'époque napoléonienne.

— Le Président annonce que le 103e Congrès des Sociétés Savantes se tiendra à Nancy (10-12 avril 1978) et à Metz (14-15 avril 1978), et que le Congrès de la Fédération des Sociétés Savantes du Centre sera commun avec celui de la Fédération historique du Sud-Ouest et se déroulera à Périgueux les 22 et 23 avril 1978.

— M. Dallier a envoyé les documents réunis lors d'une enquête ethnographique sur la châtaigne et le châtaignier.

— M. Moreau a envoyé le compte rendu des fouilles effectuées en 1976, à Chassenon (Charente).

 

COMMUNICATIONS

ARCHEOLOGIE. — M. le Colonel Laporte a envoyé une note sur un lapsus calami des Commentaires de César intitulée Lemovices ou Leonices ?. Cherchant la raison pour laquelle aucun des auteurs anciens, à l'exception de César, ne cite le nom des Lemovices, il pense qu'étant les voisins des puissants et riches Arvernes, ils furent éclipsés par eux. D'autre part, les Commentaires citent les Lemovices armoricains ; existe-t-il deux peuples Lemovices ou s'agit-il d'une erreur : au lieu de Lemovices, ne conviendrait-il pas de lire Leonices ?. Les habitants du pays de Léon, un des plus riches et des plus puissants peuples de l'Armorique ne figurent cependant pas dans l'énumération des peuples de cette région.

— M. P. Léger signale et décrit avec projection de diapositives une pierre sculptée (buste de granit sans tête), découverte à Janaillat.

— Mme Chaix présente les photographies d'un bac sculpté se trouvant dans le parc de la Mutualité Creusoise Agricole et provenant d'une ferme à Marlat (commune de Fransèches).

— Le Père Viollet signale la découverte à Saint-Maurice-la-Souterraine d'une pointe de flèche néolithique.

HISTOIRE. — M. Calinaud donne la suite de son histoire de la châtellenie médiévale de Courson, étudiant le milieu physique, les voies de communication, le peuplement aux époques gallo-romaine, barbare, médiévale et le nombre des habitants.

— M. Marcelot a envoyé la copie de la « lettre de soutien de la commune de Crozant pour Silvain de la Marche, émigré, an X ». Le maire signale à M. le Ministre de la Police générale à Paris les menaces proférées à l'encontre de Silvain de la Marche et les faits regrettables qui, se déroulant en 1791, obligèrent ce propriétaire estimé, charitable, réputé premier agriculteur du département, conseiller général de la Creuse, à quitter Crozant et demande qu'il ne soit pas considéré comme émigré étant donné que sa famille a tenu, au cours de la Révolution, une conduite qui le met à l'abri de tous reproches.

— M. Dallier a envoyé une note, Révolte du monde rural contre l'impôt. Lors de la Seconde République, une majoration de 45 % sur tous les impôts provoqua de multiples révoltes, notamment à Ajain. Les Creusois, démunis parce que dans l'impossibilité d'émigrer cette année-là, donc de ramener de l'argent au pays, sont plus accessibles aux agitateurs qui exploitent leur mécontentement. Ils ne pardonnent pas à la République la déception qu'elle leur a causée. Le Journal des Economistes (1851) note le désordre qui règne en Creuse, à la suite de la grande perturbation de 1848, la détresse de la population rurale qui est la proie de tous les aventuriers.