SÉANCE DU 17 JANVIER 1981
Présidence de M. Amédée Carriat, président.
Présent : Mmes/Mlles M.E. Aubaile, F. Céler, S. Cerclier, J. Chaix, J. Châteauvieux, A. Clavaud, S. Conchon, C. Dayras, S. du Vigneau, E. Hours, A. Jabard, P. Jeuniaux, M. Larbanois, A. Louradour, P. Maume, S. Métrich, G. Rommeluère, A. Tourte, P. Wagner ; MM. C. Aumasson, M. Blondonnet, J. Bugeaud, A. Carriat, R. Chatreix, P. Collin, J. Gateau, F. Goubet, J. Jamot, N. Larbanois, P. Léger, P. Loy, M. Manville, J. Marcelot, P. Mettoux, M. Moreau, P. Rousseau, P. Saillol, P. Urien, C. Wagner.
Excusés : Mmes N. Bertrand, H. Hemmer, G. Lardy ; MM. P.-R. Bordier, H. Hemmer, H. Hours, L. Pérouas, P. Villard.
ASSEMBLÉE GÉNÉRALE STATUTAIRE
Rapport moral. — Après avoir remercié Mme du Vigneau d'avoir bien voulu accueillir dans la salle Fernand-Maillaud cette assemblée générale, le président retrace à grands traits les activités de la Société au cours de l'année 1980. Les résultats obtenus attestent sa vitalité : accroissement du nombre des adhérents, qui dépasse 800 (dont une soixantaine de membres à vie), tenue ponctuelle des réunions bi-mestrielles (suivies chaque fois par une quarantaine d'assistants), parution en temps voulu du fascicule des Mémoires, succès de l'excursion annuelle ; — à quoi se sont ajoutées plusieurs initiatives : séance foraine à La Souterraine, élargissement du champ des Mémoires à l'histoire immédiate (forêt, J.A.C., franc-maçonnerie), lancement d'une collection d'Etudes creusoises (à l'ouvrage de J.-L. Broilliard sur Aubusson va s'en ajouter un de R. Labrousse sur Fursac), conférences en avril sur Adémar de Chabannes et Varillas, mise en œuvre d'un volume commémorant le proche cent-cinquantenaire de la Société... Le rapport moral est adopté à l'unanimité.
Rapport financier. — M. Chatreix donne lecture du bilan pour l'année 1980. Le total des recettes s'élève à 98 808 F (dont : cotisations 26 643 F, souscriptions aux Etudes creusoises 16 642 F, subventions du conseil général 4 300 F, des municipalités de Guéret 2 000 F, et de Fursac 1 000 F). Le total des dépenses s'élève à 67 969 F (dont : impression des Mémoires 28 449 F, frais d'envoi 3 050 F, tirages à part 2 446 F, achat de 50 chaises 1 925 F, fournitures pour la bibliothèque 2 634 F). L'excédent de 30 839 F sera absorbé par l'impression des deux premiers volumes d'Etudes creusoises. Mme Juillet et M. Marcelot sont désignés par l'assemblée pour vérifier les comptes, qui sont approuvés à l'unanimité, et des félicitations sont adressées au trésorier pour l'excellence de sa gestion.
La cotisation est fixée à 50 F pour l'année 1981.
Activité du Musée. — Mme du Vigneau rend compte des diverses mises en œuvre de l'année 1980 : nouveaux aménagements et travaux de bâtiment, exposition Fernand Maillaud, exposition sur le thème des rites funéraires en Limousin, restauration d'un certain nombre de peintures et de sculptures, acquisitions diverses, travaux en cours pour l'installation dans l'ancien présidial du futur musée d'Ethnographie.
Renouvellement du conseil d'administration. — A l'unanimité, les adhérents présents valident l'emploi de bibliothécaire de M. J. Bugeaud, en remplacement de Mme Hemmer, démissionnaire, reconduisent dans leurs fonctions Mmes J. Chaix, G. Lardy, M. A. Carriat et, en remplacement de Mmes F. Céler, J. Châteauvieux et de M. H. Hemmer, démissionnaires, élisent comme administrateurs MM. J.-L. Broilliard, M. Manville et P. Mettoux.
CHRONIQUE
Nécrologie. — La Société adresse ses condoléances à la famille de Mme Odette Dupuis, de Guéret, décédée.
Admissions. — Mme Claudine Aupetit, 10 rue de la Pointe, 91200 Athis-Mons ; M. Patrice Blondor, cadre commercial, BP 1, 23310 Lavaveix-les-Mines ; Mme Henricie Delanaud, directrice d'école honoraire, 23160 Saint-Sébastien ; Mme Marianne Delanne, institutrice, Jouillat, 23220 Bonnat ; M. Robert Demaux, enseignant, 3, av. Jean-Perrin, 92260 Fontenay-aux-Roses ; M. Bruno Frotier de La Messelière, attaché de banque, 25, rue Copernic, 75116 Paris ; Mme Denise Greffaph, vétérinaire, 27 bis, av. d'Auvergne, 23000 Guéret ; Mme Andrée Jabard, secrétaire de mairie retraitée, Measnes, 23360 Lourdoueix-Saint-Pierre ; M. André Léger, restaurateur, bar Le Girondin, 23240 Le Grand-Bourg ; Mme Renée Legras, institutrice honoraire, 7, rue Auguste-Coulon, 23300 La Souterraine ; Mlle Michèle Parouty, étudiante, 23170 Chambon-sur-Voueize ; M. Guy Rouaud, comptable, 18, rue Paul-Ramadier, 44200 Nantes.
Informations diverses. — Le président annonce que le 106e Congrès national des sociétés savantes se tiendra à Perpignan du 14 au 18 avril 1981.
Il signale plusieurs publications qui concernent le département : d'abord la sortie des presses de l'Imprimerie d'Aubusson du premier volume de la collection des « Etudes creusoises », Aubusson sous la Terreur 1793-1794, par notre collègue M. Jean-Louis Broilliard ; — ensuite le n° 5 des Données statistiques du Limousin, contenant le bilan annuel 1980 ; — le Bulletin de la Société archéologique et historique du Limousin, t. CVII, dans lequel M. Tintou présente une commande de tapisseries d'Aubusson par le chapitre de Saint-Martial de Limoges en 1681 ; — un recueil de reproductions de cartes postales par M. Michel Blondonnet, Regards sur la Creuse d'autrefois ; — le Recensement général de l'agriculture 1980 publié par la D.D.A. de la Creuse ; — une réédition, aux Presses universitaires de Grenoble, du Page disgracié de Tristan L'Hermite, présenté et annoté par J. Serroy. (Sur ces diverses publications, voir la Bibliographie terminale).
Il annonce également la mise en souscription par deux éditeurs corréziens, d'une part, de la reproduction en offset des articles publiés dans nos Mémoires par Pierre Valadeau sur Le canton de La Souterraine (Ed. Les Monédières), d'autre part, d'un ouvrage de Francis Ducreux sur Le collège des jésuites de Tulle (Ed. des Champs, Tulle).
Plusieurs travaux inédits ont été offerts à la bibliothèque : par M. René Commergnat, une étude sur Les CIVAM de la Creuse, une histoire ; par Mme Montmerle, le tome 2 des œuvres de Pierre Montmerle (le t. 1 étant une Grammaire patoise creusoise déjà déposée à notre bibliothèque) ; par M. Daniel Dayen, un exemplaire de sa thèse de doctorat de 3e cycle sur L'Enseignement primaire dans la Creuse, 1833-1914 (voir infra).
Me Jacques Dallier, au nom de l'Association creusoise des amis de la nature, demande que la Société s'associe à une protestation auprès des pouvoirs publics contre l'installation aux portes d'Aubusson d'un dépôt de déchets : une pétition est aussitôt rédigée, qui recueille les signatures de tous les assistants.
LECTURES ET COMMUNICATIONS
— M. Olivier Kayser envoie une note sur deux objets trouvés à La Cline, commune d'Auriat (voir M.S.S.C., XL, p. 521-3), et une étude sur les Stations épipaléolithiques et mésolithiques dans la région de Royère, que présente M. Patrick Léger. A partir de recherches entamées en 1976, un cadre chronologique général du Postglaciaire a pu être dressé. Trois stades ont été reconnus : épipaléolithique apparenté à l'azilien (Xe millénaire B.C.), mésolithique sans trapèzes (VIIIe ou VIIe millénaire B.C.), mésolithique à trapèzes (fin du VIe millénaire B.C.). Un quatrième stade (mésolithique à trapèzes du Martinet, début du Ve millénaire B.C.), connu dans la Corrèze et la Haute-Vienne, n'a pas encore été mis en évidence ici. Le problème du passage d'un stade à l'autre, puis du dernier au néolithique reste à élucider.
— M. René Calinaud envoie sur le même sujet une étude réalisée en collaboration avec M. Marcel Chaussade : Sites lithiques et gallo-romains de Lavaud-Gelade. Notre collègue M. Pierre Urien, qui a prospecté la même région (cf. M.S.S.C., XXXVI) en fait la présentation. Il s'agit d'une dizaine de sites répartis sur différents lieux-dits (Le Bérioux, Puy-de-l'Aigue, Laplaud, Chaupignon, Las Bayadas, La Jarousse...) sur lesquels ont été collectées de nombreuses trouvailles. M. Calinaud dresse pour commencer l'inventaire du seul matériel lithique, dont 42 pièces ont été déposées au musée de la tour Zizim tandis que 52 autres sont conservées en privé à Bourganeuf : lames et lamelles simples, outillage de moyennes dimensions, microlithes, pointe de flèche (?), pièces triangulaires, pièces géométriques... La céramique fera l'objet d'une communication ultérieure.
— M. Georges Dauger a rédigé des observations provisoires dont M. Carriat donne lecture, A propos d'« archéologie industrielle » : note sur les poteries de Mortroux. Celles-ci, dit-il, « sont attestées à trois époques différentes, sans qu'on puisse affirmer qu'il y ait eu filiation, ni même continuité ». A une première époque (Moyen Age ?) appartiendraient les tessons sauvés en 1973, lors de travaux de terrassement (parcelle B 410, auj. place publique), par M. et Mme Clavaud, instituteurs, qui ont pu reconstituer trois poteries, dont deux en partie seulement, conservées, avec deux autres, retrouvées entières, à l'école de Mortroux.[^5] A une deuxième époque appartient l'épi de faîtage, daté 1638, qui est au musée de Guéret (cf. G. Janicaud, M.S.S.C., XXIII, LXXIX, ill.). A une troisième époque (XIXe s.) appartiennent les poteries vernissées, vases ou épis de faîtage, fabriquées par la famille Renti ou Renty (cf. A. Lacrocq, M.S.S.C., XXIII, XVII). M. Dauger (qui a pris en charge le pré-inventaire du canton de Bonnat) ajoute :
« En plus des objets provenant des poteries Renti, cités par A. Lacrocq, notons :
— deux beaux épis de cheminées visibles sur une maison du bourg de Mortroux, près de l'église (cadastrée B 869) : il s'agit de sujets sculptés aux couleurs vives, hauts de 70 cm environ ; un des épis représente une femme portant sur la tête une corbeille de fruits et tenant à la main un sac d'écus ; l'autre est une colonne torsadée, ornée de ceps de vigne ;
— un autre petit épi, très simple, de couleur brune, sur une cheminée face au logement des instituteurs.
« On peut aussi se demander si la sainte Geneviève gardant ses moutons, statue en poterie vernissée placée dans le chœur de l'église de Mortroux ne provient pas de l'atelier Renti.
« Mortroux semble également avoir produit pendant longtemps, au moins jusqu'au XIXe siècle, des poteries traditionnelles à usage courant : pots à huile, à saindoux, à eau (jalous ou jalhos) diffusées dans toute la région. Le problème se complique du fait que Mortroux possédait également des tuileries, dont deux ont fonctionné jusqu'au début du XXe siècle : une au lieu-dit La Tuilerie, dont les anciens bâtiments, aujourd'hui à usage agricole, sont cadastrés B 489, — une seconde, cadastrée A 310, près de l'actuel château d'eau, ayant longtemps appartenu à la famille Gasne.
Une tuile conservée à l'école porte, en creux, la mention : « faite en 1890 a la tuillerie [sic] de Gasne Guillo Guillot ». Gasne est le nom du propriétaire de la tuilerie. Guillot pourrait être le nom de l'ouvrier qui a fabriqué la tuile ; il est répété deux fois, en entier sur la dernière ligne, sans t, par manque de place, sur la ligne précédente.
« Il est alors permis de se demander si certaines pièces (épis de cheminées non vernissées par exemple) proviennent des poteries ou des tuileries. On serait plutôt tenté par cette dernière hypothèse. »
Lecture faite de ce passage, Mme Andrée Clavaud intervient pour préciser les circonstances du sauvetage opéré en 1973 par elle-même, son mari et leurs élèves.
— M. Carriat présente, pour terminer, la thèse que M. Daniel Dayen a consacrée à L'Enseignement primaire dans la Creuse, 1833-1914. Travail considérable pour lequel ont été exploitées surtout, en dehors des quelques sources imprimées, la série F 17 des Archives nationales et diverses séries des archives départementales de la Creuse (en partie M, N, R, V, dans sa totalité T, à l'exception des liasses sur les bâtiments scolaires) et qui est un apport inégal, bousculant plus d'une fois les idées reçues, sur tous les aspects du problème : évolution de l'alphabétisation, conditions de la scolarisation, statut et qualification des maîtres, contrôle de l'école par l'Etat et l'Eglise, résultats obtenus, état d'esprit des populations, concurrence entre écoles publiques et écoles privées, progression du laïcisme et de l'esprit républicain, etc. Des conclusions de M. Dayen sont à détacher ses considérations sur les incidences de l'émigration :
« [Vers 1830] la Creuse, avec ses 30 ou 35 % de jeunes gens déclarant savoir lire et ses 10 % d'épouses signant leur acte de mariage, était au nombre des départements les plus défavorisés. Cependant, elle se détachait déjà quelque peu de ses voisins, encore plus mal lotis. Et cette avance ne fit que s'accentuer avec le temps, si bien qu'en 1880, la scolarisation des Creusois était presque achevée, alors qu'elle était assez loin de l'être dans la Haute-Vienne et la Corrèze.
« Cette supériorité de la Creuse, les rapports officiels la mettent au compte de l'émigration temporaire, montrant les avantages de l'instruction et ouvrant davantage les esprits, créait dans les populations le besoin de l'école [...] Cette influence affirmée de l'émigration, nous l'avons vérifiée. En 1830, si certaines régions migrantes n'étaient que peu alphabétisées, d'autres l'étaient beaucoup plus, sans cependant l'être complètement. Mais les zones non-migrantes, elles, ne l'étaient pas du tout, et, en 1880, leur retard était encore sensible.
« Mais si elle provoquait un désir d'instruction, l'émigration n'était guère favorable à un enseignement de qualité : elle enlevait les grands élèves dès les premiers beaux jours ; elle obligeait à retenir les autres pour aider aux travaux des champs ; l'absence de l'autorité paternelle était une cause supplémentaire de la mauvaise assiduité. Cependant ces inconvénients étaient compensés par une fréquentation hivernale jusqu'à un âge avancé et par celle de cours d'adultes non officiels. Ce type de scolarisation, lié à l'émigration, disparut petit à petit. »
Autre trait fondamental de l'enseignement primaire dans la Creuse : le petit nombre des établissements congréganistes, phénomène que l'émigration explique également. Mais, ajoute M. Dayen,
« Les travaux d'Alain Corbin et de Louis Pérouas ont montré qu'en dépit des affirmations du clergé local cette émigration n'était pas le seul facteur de la déchristianisation. Cependant les deux phénomènes n'ont pas été sans liens. Aussi n'est-il pas surprenant qu'en comparant la carte de l'alphabétisation et celle des étapes de l'abandon du délai canonique de baptême dressée par Marguerite Le Saux on puisse observer à la fois des similitudes et des différences. La région de Saint-Sulpice-les-Champs, la plus précocement alphabétisée, est aussi la plus déchristianisée. En sens inverse, la région de Boussac-Chambon a conservé une certaine ferveur religieuse et l'alphabétisation y a été tardive. Mais celle d'Auzances-Crocq est restée attachée à la religion, et pourtant l'instruction s'y était développée relativement tôt. »
L'analyse scrupuleuse de M. Dayen, son souci d'être sans prévention et nuancé font souhaiter que son travail intéresse quelque éditeur.
SÉANCE DU 21 MARS 1981
Présidence de M. Amédée Carriat, président.
Présents. — Mmes/Mlles J. Carriat, J. Chaix, J. Châteauvieux, Y. Hourou, A. Jabard, M. Laconche, S. Lajoix, M. Larbanois, G. Lardy, A. Louradour, P. Maume, H. Marcilloux, F. Mousson, S. Nicolas, P. Wagner ; MM. R. Barret, A. Carriat, R. Chatreix, L. Colas, M. Deschâtres, F. Goubet, H. Hours, J. Jamot, M. Lajoix, N. Larbanois, P. Loy, M. Manville, P. Mettoux, M. Robert, P. Rousseau, M. Sourioux, P. Urien, F. Villard, P. Villard, C. Wagner.
Excusés. — Mmes/Mlles N. Bertrand, C. Dayras, S. du Vigneau, S. Nicolas ; MM. H. Hemmer, P. Léger.
CHRONIQUE
Nécrologie. — M. Georges Lachaume (La Souterraine), Mlle Marie-Rose Lafaye (Guéret), M. Jean Pénichon (Guéret). La Société présente ses condoléances aux familles des disparus.
Adhésions. — M. Vincent Delotte, étudiant en droit, 167, rue de Suffren, Landouge, 87100 Limoges ; M. Robert Deshéraud, représentant, 7, rue des Hauts-Sapins, Pulnoy, 54420 Saulxures-lès-Nancy ; M. Robert Goudy, documentaliste aux archives départementales, 50, rue Faidherbe, 49000 Angers ; Mlle Françoise Mousson, étudiante en histoire de l'art, Soumans, 23600 Boussac.
Félicitations. — La Société adresse ses félicitations à Mme Simone Nicolas, seule femme président de chambre syndicale d'agents généraux d'assurances, qui vient d'être promue dans l'ordre du Mérite au titre du ministère de l'Economie et des Finances.
Informations diverses. — Le conseil d'administration a décidé d'admettre comme membre d'honneur de la Société M. Etienne Taillemite, inspecteur général des Archives de France, attaché à la Creuse par son mariage avec une petite-fille de Louis Lacrocq et à qui nous devons la communication de plusieurs travaux inédits de notre ancien président sur l'histoire des tapisseries d'Aubusson et de Felletin.
Le président annonce la tenue à Saint-Flour, les 23 et 24 mai, du congrès de la Fédération des sociétés savantes du Centre de la France ; la Société y sera représentée.
Il signale que le 5e centenaire du siège de Rhodes a été marqué par la frappe, à l'hôtel de la Monnaie, d'une médaille à l'effigie de Pierre d'Aubusson, grand maître de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, qui défendit victorieusement l'île contre les Turcs en 1480 : à l'avers, P. d'A. coiffé du chapeau de cardinal, au revers épisode de la bataille de Rhodes (J.-Cl. Ammann, graveur).
Mlle Jacqueline Sabourin signale qu'elle a fait, à La Chave, comm. de Saint-Médard-La-Rochette, plusieurs découvertes archéologiques qui lui semblent intéressantes.
M. Daniel Pichon a envoyé une lettre dans laquelle il déplore « l'état lamentable » de l'église de Ladapeyre.
Le conseil d'administration propose de consacrer à la visite de Bourges l'excursion annuelle de juin ; la proposition est acceptée par la majorité des membres présents, qui retiennent la date du 24 juin.
Le président signale deux publications ronéotypées : Etudes locales n° 8, rédigées à Aubusson par Me Jacques Dallier : D'hier à aujourd'hui n° 3, bulletin périodique des Amis de Mazeirat, qui contient un article sur le Dr Eugène Jamot ; — une étude de Catherine Maubon, intitulée Désir et écriture mélancoliques : lectures du « Page disgracié » de Tristan L'Hermite (voir la Bibliographie terminale).
LECTURES ET COMMUNICATIONS
— M. René Lucagne a envoyé des Additions à la flore de la Creuse, qui viennent s'ajouter à ses trois notes déjà parues sous ce titre dans nos Mémoires (1946, 1965, 1966) et qui recensent une cinquantaine d'espèces nouvelles et 17 hybrides nouveaux dans la Creuse. Cette note sera publiée.
— M. Maurice Robert, président fondateur de la Société d'ethnographie du Limousin, de la Marche et des régions avoisinantes, directeur de la revue Ethnologia et auteur de nombreux travaux d'ethnologie sur le Limousin, est venu, à notre demande, parler de l'enquête ethnologique sur la région d'Aubusson qu'il a dirigée en 1980. Faisant le point d'abord des recherches ethnologiques menées depuis une quinzaine d'années dans la région Limousin (la Creuse, ici encore, se trouve en retrait), M. Robert expose ensuite les buts et les méthodes de cette discipline. Le choix d'Aubusson n'a pas été fait au hasard : ville bien typée dans un milieu socio-professionnel rural, elle se prête particulièrement bien à une étude de composantes différentes et de leurs interférences. Ainsi les enquêteurs ont-ils pu recueillir sur « l'Aubusson d'hier et d'aujourd'hui » des informations d'une grande variété : sur l'espace domestique (vie du couple et cellule familiale, alimentation, santé), sur les traditions, les croyances et les loisirs, sur les petits métiers, sur le vécu des ouvriers tapissiers, etc.
M. Maurice Sourioux, qui a longtemps vécu à Aubusson, signale qu'il existait un argot des tapissiers, et suggère que des recherches puissent être faites dans cette direction. On souhaite, en attendant, que soient publiés les résultats de cette enquête de M. Robert.
— M. Pierre Urien lit une communication de M. Lucien Bret sur les émigrants marchois à Paris sous le premier Empire. Cette population migrante « n'était pas agitée, dit l'auteur, d'un idéal politique, comme le sera la génération de Martin Nadaud, trente ou quarante ans plus tard. » Elle n'en est pas moins remuante parfois dans ses manifestations revendicatives, « toutes dictées par la nécessité et l'intérêt ». M. Bret rapporte, d'après divers auteurs, que la grève a été plusieurs fois l'arme des ouvriers du bâtiment :
« En 1802, les ouvriers du pont d'Austerlitz et du pont des Arts firent grève parce qu'ils touchaient trente-deux sous et en réclamaient quarante... En 1805 et en 1807, les tailleurs de pierre des chantiers du Louvre cessent le travail pour obtenir une augmentation journalière de quinze sous... »
Et M. Bret rapporte encore cette autre occasion de désordre, localisé, celui-ci dans les quartiers de l'Hôtel-de-Ville, de la Montagne Sainte-Geneviève et de l'île Saint-Louis :
« Parmi les tailleurs de pierre, les Enfants de Salomon occupaient les quartiers de la rive droite de la Seine, les Compagnons du Devoir la rive gauche. Malheur à qui ne respectait pas cette convention. »
— M. Pierre Bordier communique deux lettres adressées à son père, le Dr Georges Bordier, par le médecin colonial Eugène Jamot, alors que celui-ci vient d'arriver au Tchad, en 1911, attaché au colonel Largeaud. La première, qui jette un regard lucide sur les événements politiques et militaires, sera publiée.
SÉANCE DU 23 MAI 1981 — BOURGANEUF
Présidence de M. Amédée Carriat, président.
Présents. — Mmes/Mlles G. Boudard, J. Carriat, M. Chatreix, A. Coucaud, N. Coucaud, M.-C. Cousséroux, Y. Hourou, J. Jamot, M.-L. Lecoq, L. Maume, S. Métrich, J. Pénicaud, G. Rommeluère, A. Vialleville, M.-Th. Volondat ; MM. J.-P. Baldit, R. Boudard, J.-L. Broilliard, J. Bugeaud, A. Carriat, M. Chaussade, R. Chezeaud, P. Collin, J. Gateau, M. Lecoq, M. Manville, J. Marsaud, M. Maume, P. Mettoux, R. Monthioux, G. Neyret, P. Pénicaud, J.-M. Quellet, J. Redon, P. Urien, A. Vialleville. (Liste incomplète, un certain nombre de participants non membres de la Société n'ayant pas cru devoir émarger sur le cahier des présences.)
CHRONIQUE
Adhésions. — M. Roger Chezeaud, professeur, maire de Soubrebost, La Voie-Dieu, 23400 Bourganeuf ; M. Gilbert Pallier, enseignant, La Rebeyrette, 23200 Aubusson ; M. Jean Parton, chef de section aux P.T.T., 20, rue du Docteur-Vincent, 23000 Guéret ; Me Christian de Thézillat, avocat au barreau de Nanterre, 21, bd du Lycée, 92170 Vanves ; Mme Gilberte Vezin, écrivain, 378, rue de Vaugirard, 75015 Paris.
Félicitations. — La Société adresse ses félicitations à M. René Calinaud, promu chevalier dans l'ordre du Mérite.
Remerciements. — Le président remercie très vivement la municipalité de Bourganeuf, en la personne de M. Georges Neyret, maire, et de M. Pierre Champeymont, maire adjoint, pour l'accueil empressé qu'elle a réservé à notre Société et son active collaboration à l'exposition sur le patrimoine du canton, inaugurée le matin même.[^6] M. Neyret dit combien il a plaisir à voir se tenir dans sa ville cette journée d'études et remet ensuite à M. René Boudard la médaille de la ville de Bourganeuf, en récompense de ses nombreux travaux d'histoire locale, dont le volume Bourganeuf au fil des âges réunit la plus grande partie. M. Boudard, à son tour, dit avec émotion combien il est sensible à cette marque de reconnaissance et combien il est attaché au passé de cette petite ville chargée d'histoire.
Informations diverses. — Le président rappelle que ce jour même a lieu, à Saint-Flour, le congrès annuel de la Fédération des sociétés savantes du Centre de la France ; la Société y est représentée par M. Hours, qui a bien voulu se charger d'y lire une étude de M. Louis Pérouas, « La libre pensée a-t-elle réussi dans la Creuse ? ».
Il résume ensuite une communication qu'a envoyée le Dr E. Desplats, de Valenciennes, « A propos de Marie de Hainaut et des privilèges d'Aubusson », et signale diverses publications : 1° Gallia Préhistoire, les informations archéologiques 1980 établies pour le Limousin par M. Guy Mazière ; 2° les Actes du 104e congrès national des sociétés savantes (Bordeaux, 1979), où est publié le texte de la communication faite par M. Eric Marie de Ficquelmont à notre Société, en janvier 1980, sur « La naissance et le développement du chemin de fer en Creuse de 1830 à 1914 » ; 3° Ethnologia n° 14 (été 1980), qui contient une étude de M. Maurice Robert sur « Les tuileries limousines au XIXe siècle » ; 4° le n° 3 des Cahiers Tristan L'Hermite, consacré à « Tristan dans son temps » (Voir les comptes rendus de ces publications dans la Bibliographie creusoise terminale).
M. Paul Saillol a fait don à la bibliothèque de ses deux études multigraphiées, « La fondation du lycée de jeunes filles » et « Les bâtiments de la Providence ».
L'excursion à Bourges, prévue à la date du 17 juin, est reportée au 31 juin en raison des élections législatives.
LECTURES ET COMMUNICATIONS
— M. Michel Manville fait, à partir de la carte géologique à 1/50 000, un rapide exposé de l'évolution du relief dans la région de Bourganeuf, dépendant tout à la fois de la structure du sous-sol, des mouvements du socle et des effets de l'érosion.
— M. René Calinaud a envoyé une importante note sur Le peuplement gallo-romain dans le Sud-Ouest creusois, faisant suite à celle qu'il avait consacrée, dans le tome XL des Mémoires, au peuplement protohistorique dans la même région. Cette note sera publiée.
— M. Jean-Louis Broilliard évoque un épisode du mouvement fédéraliste à Bourganeuf, où est arrêté, en 1793, un courrier parti de Bordeaux pour rallier Lyon insurgée. Cette note sera publiée.
— M. René Boudard retrace la vie d'un prêtre réfractaire mort sur les pontons de Rochefort : l'abbé Foucaud de Hautefaye, d'une famille de robe bourganiaude, qui, après avoir rempli diverses charges, est considéré comme suspect et déporté. Cette étude sera publiée.
— M. Albert Vialleville brosse un tableau significatif des effets de l'exode rural en prenant pour exemple la commune d'Auriat, où il fut instituteur.
Au début du siècle, 14 métairies étaient dépendantes du château de La Baconnaille (v. M.S.S.C., XXXVI, 213-215) ; vers 1955, un nouveau partage entre les héritiers du comte du Authier entraîne le départ des familles de métayers (dont celle du coureur cycliste Raymond Poulidor). 400 ha de zone agricole reviennent à la famille Simon-Chautemps ; une autre partie est acquise par la compagnie d'assurances « La Nationale », qui la voue au boisement. Remous dans le monde agricole creusois : de cette « affaire d'Auriat » partent les opérations de zonage effectuées sur le plan départemental... Sans doute ces mutations de la propriété ont-elles accéléré le dépeuplement. En 1950, on comptait plus de cinquante familles d'agriculteurs, les métairies occupaient 50 personnes, on comptait dans la commune 3 cafés-restaurants, plus de 10 artisans (dont un tailleur de pierre), 3 instituteurs, 2 facteurs ; aujourd'hui, il reste 22 familles agricoles, 5 ou 6 personnes travaillent chez les Simon-Chautemps, tous les commerces ont disparu, la poste est fermée, l'école garde 12 élèves, 3 familles d'immigrés (1 Turc, 2 Portugais) y vivent du bûcheronnage.
Une population raréfiée, une population vieillie : 50 % des habitants ont plus de 75 ans. Au hameau du Mazeau (53 hab. en 1964), il reste 30 vieillards. Plus de la moitié de la population émigrée s'est retrouvée vers Saint-Léonard, « lou boun país », non pour continuer d'y vivre de l'agriculture, mais y travailler dans les petites usines du chef-lieu.
— Pour terminer, M. Jean-Pierre Baldit esquisse à grands traits les caractéristiques du parler de la région de Bourganeuf, qui se rattache sans conteste au dialecte haut-limousin, tant au point de vue de la prononciation que des conjugaisons et du lexique.
SÉANCE DU 19 SEPTEMBRE 1981
Présidence de M. Amédée Carriat, président.
Présents. — Mmes/Mlles M.-E. Aubaile, J. Carriat, J. Chateauvieux, M. Chatreix, S. du Vigneau, H. Hemmer, E. et C. Hours, P. Jeuniaux, G. Lardy, A. Louradour, F. Mousson, A. Tourte ; MM. R.-J. Audonnet, C. Aumasson, P. Bordier, J.-L. Broilliard, A. Carriat, R. Chatreix, G. Dauger, H. Hemmer, H. Hours, J.-P. Larduinat, M. Manville, A. Picouret, J. Porra, P. Saillol, P. Urien.
Excusés. — Mme Juillet, M. P. Villard.
CHRONIQUE
Nécrologie. — La Société présente ses condoléances à la famille de M. Henri Aubreton, de Felletin, décédé, et remercie Mme Aubreton d'un don de 200 F par lequel son mari avait tenu à nous marquer sa gratitude.
Adhésions. — Mme Andrée Vigier-Capdeville, La Séniorie de Pomméroux, 23350 Genouillac ; M. Maurice Jallet, secrétaire de mairie, route de Paris, 23300 La Souterraine ; M. Yves Laverdure, maître d'internat, 1, place Winston-Churchill, 87000 Limoges ; M. Philippe Mage, conseiller juridique, 93, rue Pierre-Brossolette, 02100 Saint-Quentin ; M. Pascal Sidrat, instituteur, Lignaud, 23360 Lourdoueix-Saint-Pierre ; M. André Thomas, directeur de société comptable agricole, Villebaston, Le Bourg-d'Hem, 23220 Bonnat.
Informations diverses. — Le président rappelle les activités de la Société depuis la dernière réunion tenue à Guéret (21 mars) : le 25 avril, « Comment ils écrivaient l'histoire », causeries de M. Henri Hours sur le chroniqueur de l'an mille Adémar de Chabannes, et de Mme Andrée Mansau, de l'université de Toulouse, sur l'historien guérétois Antoine Varillas (10 auditeurs présents) ; — le 31 juillet, visite de Bourges (V. le C.r. dans Varia) ; — le 23 mai, réunion et exposition à Bourganeuf (V. plus haut).
Il souligne, parmi les nombreuses expositions de l'été, la qualité de l'exposition « Richesses d'art du plateau de Millevaches » présentée à la mairie de Felletin par le Secrétariat régional d'inventaire du Limousin, organisée par M. P.-E. Robinne et Mme F. Céler et qui présente pour quatre cantons creusois (Royère, Gentioux, La Courtine, Crocq) un très bel ensemble de photographies sur l'architecture civile, l'architecture religieuse et le mobilier des églises et chapelle, — et l'ouverture à Aubusson, le 6 août, du Musée de la tapisserie, avec l'exposition d'une cinquantaine de tentures monumentales remarquablement mises en place par Mme S. du Vigneau (voir dans la Bibliographie les C.R. des catalogues). Il s'étonne en même temps qu'à l'inauguration officielle, le 15 septembre, du Centre artistique et culturel Jean Lurçat la Société n'ait pas été invitée en tant qu' « association culturelle », alors que l'histoire de la tapisserie aubussonnaise est grandement redevable aux travaux parus dans nos Mémoires et tout particulièrement à ceux de nos deux anciens présidents Louis Lacrocq et Maurice Dayras.
Il signale ensuite que le 107e Congrès national des sociétés savantes se tiendra à Brest, du 5 au 10 avril 1982. M. Saillol indique qu'un colloque consacré à « Cent ans d'enseignement de l'histoire » aura lieu à La Sorbonne les 13 et 14 novembre 1981.
Le président annonce la parution prochaine de l'ouvrage de M. Labrousse sur Fursac ; — la désignation de M. Jean-Michel Desbordes, directeur des Antiquités historiques du Limousin, comme responsable de la Carte archéologique de la Creuse ; — le projet de création à Limoges, par M. Maurice Robert, d'un Centre scientifique et culturel du Limousin, auquel notre Société devrait apporter son adhésion ; — un projet des Editions Horvath, de Roanne, de publier une Histoire de Guéret ; — la parution récente de l'ouvrage de Michel Aubrun sur L'Ancien diocèse de Limoges des origines au milieu du XIe siècle (Clermont-Fd, Institut du Massif central) et de la réédition en recueil, aux Editions des Monédières, des études publiées dans nos Mémoires par Pierre Valadeau sur La Souterraine et son canton.
Dons à la bibliothèque : par M. P.-R. Bordier, le t. I des Fables de La Fontaine mises en dialecte limousin par J. Foucaud (Limoges, 1809) ; — par Mme S. du Vigneau, du catalogue Jean Lurçat et le renaissance de la tapisserie ; — par M. G. Mazière, du tiré à part de Gallia Préhistoire concernant la circonscription du Limousin ; — par M. J.-M. Desbordes, des Travaux d'archéologie limousine (Journées archéologiques de déc. 1979 et 1980) publiés par la Société des antiquités historiques du Limousin ; — par M. P.-E. Robinne, du catalogue Richesses d'art du plateau de Millevaches, se rapportant à l'exposition ci-dessus évoquée ; — par les Editions Horvath, de leur Histoire d'Auch et de leur Histoire de Chalon-sur-Saône. (Sur ces diverses publications, voir la Bibliographie terminale).
LECTURES ET COMMUNICATIONS
— M. René Labrousse envoie une note sur Saint-Pierre-de-Fursac qui complète les indications contenues dans sa monographie sur l'histoire de la commune sous la Restauration.
— M. Lucien Bret envoie une note sur le Folklore des eaux dans la Creuse, d'après le Corpus du folklore des eaux de France de P. Saintyves (P., Nourrit, 1934), où il est fait référence aux indications de Bonnafoux, Duval, Barailon, Lacrocq, sur les fontaines de Puy-Malsignat, Bourganeuf, Saint-Martial-le-Mont, Blaudeix, Arrènes, qu'on trouve mentionnées dans les récapitulations de Janicaud et de Laborde.
— M. Pierre Urien et M. Michel Manville signalent l'existence d'une station néolithique au Gué-Chaumeix, comm. du Monteil-au-Vicomte, où ils ont découvert 77 éclats de silex et plusieurs autres pièces finies.
— M. Pierre Bordier signale l'existence d'un pont ancien sur le Thaurion, en amont de La Vaud-Gelade.
— M. Henri Hours présente des Notes de topographie guérétoise : la forteresse des Villemomme, qui apportent sur l'histoire ancienne de Guéret des informations de première importance au sujet de cette forteresse, qu'un acte de 1481 localise « au dessoubz de l'église Saint Pardoux ». Ce sont les bâtiments qu'achètera au XVIIe siècle Isaac Chorllon et qui se composaient vraisemblablement d'une tour carrée flanquée d'un corps de logis, sur l'alignement des remparts entre la porte Picquerelle et l'angle N.-O. de l'enceinte. Cette étude sera publiée.
— M. Pierre Pageot a envoyé une étude sur le Placement des enfants trouvés dans la Creuse de la première moitié du XIXe siècle, les uns accueillis dans les hospices du département, les autres placés chez des nourrices à la campagne (en 1823, année record, semble-t-il, d'abandons, on en dénombre près de 350 et 1550). Cette étude, qui replace le fait de société considéré dans le cadre national (institution des « tours » par le décret de 1811, campagnes pour leur suppression à partir de 1830), sera publiée.
— M. Paul Saillol présente enfin des réflexions sur « La géographie, histoire profonde » : application à quelques problèmes creusois. L'auteur déplore que nos Mémoires n'aient pas été ouverts davantage aux études géographiques, car la géographie, dit-il, répond parfois à des questions que l'histoire laisse en suspens faute de documents. Deux exemples d'importance pour la Creuse : 1° Pourquoi l'absence de grandes villes ? Ici, les hasards de l'histoire sont moins à prendre en compte que le déterminisme géographique : sols, relief, hydrographie, ressources naturelles, etc. 2° Pourquoi longtemps l'émigration a-t-elle été ? Même réponse dans les indications physiques : pauvreté du sol, moyenne montagne aux hivers relativement courts permettant une activité seconde... Le vœu de M. Saillol sera pris en considération : les Mémoires accueilleront volontiers les travaux portant sur la géographie locale.
SÉANCE DU 21 NOVEMBRE 1981
Présidence de M. Amédée Carriat, président.
Présents. — Mmes/Mlles B. Aubreton, M.-F. Briquet, R. Brujaille, J. Carriat, J. Châteauvieux, Y. Hourou, A. Jabard, A. Louradour, M. Maume, S. Metrich, J. Porcher, J. Sabourin, A. Tourte, A. Vigier-Capdeville, P. Wagner ; MM. R.-P. Bordier, J.-L. Broilliard, J.-M. Desbordes, J. Gateau, A. Carriat, R. Chatreix, P. Léger, P. Maitre, M. Manville, J. Marcelot, P. Mettoux, G. Pallier, J.-M. Quellet, P. Saillol, P. Urien, C. Wagner.
Excusés. — Mmes Bertrand, Chaix, Lardy, Nicolas ; MM. H. Hemmer, H. Hours, P. Rousseau.
CHRONIQUE
Nécrologie. — La Société adresse ses condoléances à la famille de Mlle Alice Dubreuil, de Guéret, décédée.
Admissions. — M. Patrick Bruge, 26, rue Linois, 75015 Paris ; M. Pierre Guillot, 16, rue de Seine, 95100 Paris ; M. Marc Dauger, vétérinaire, 36140 Aigurande ; M. Christian Dussot, résidence Parc de Fressanges, 23000 Guéret ; M. Oscar Hernandez, Beausoleil, 23000 Guéret ; M. Daniel Petit, La Ribière, Saint-Priest-la-Plaine, 23240 Le Grand-Bourg.
Informations diverses. — Le président signale plusieurs rencontres et colloques : la 6e rencontre des Historiens du Limousin s'est tenue à Solignac les 3 et 4 novembre 1981, organisée par L. Pérouas (communications de Dom J. Becquet sur les « Paroisses et paroissiens en Limousin au XIIe s. », de D. Dayen sur « l'Enseignement dans la Creuse de 1832 à 1914 », de J.-P. Rioux sur « l'Histoire orale ») ; — une Journée pour la protection des milieux naturels, organisée par la Délégation régionale à l'architecture et à l'environnement, après une réunion à Peyrat-le-Château, le 7 novembre, a comporté une visite de la tourbière d'Auzoux et en forêt de La Feuillade ; — le 28 novembre, au château de Vassivière, le Groupe de recherches sur le patrimoine culturel du Limousin (pdt L. Pérouas) tiendra un séminaire sur les contes populaires et traditions orales en Limousin ; — le 10 décembre, au Centre culturel à Aubusson, le Centre théâtral du limousin, donnera une lecture-spectacle consacrée à Tristan L'Hermite (lecture de poèmes et de La Mariane) ; — au printemps 1982, s'ouvrira la Station universitaire à Vassivière, regroupant les laboratoires et départements des U.E.R. des sciences, lettres, médecine et pharmacie de l'université de Limoges (dir. A. Vilks, assisté de A. Ghestem).
Il signale également plusieurs publications : par René Labrousse, Saint-Etienne et Saint-Pierre-de-Fursac des origines à nos jours, n° 2 des « Etudes creusoises » publiées par la Société ; par Régis Miannay, sa thèse sur Maurice Rollinat, poète et musicien du fantastique (Châteauroux, impr. Badel) ; par le ministère de l'Agriculture, les premiers résultats pour la Creuse du R.G.A. 1980 (Sur ces diverses publications, voir la Bibliographie terminale).
Dons à la bibliothèque : par Mme A. Tourte, un livret d'enfant assisté (comm. de Saint-Christophe, 1870) ; par M. J. Tintou, son livre Amérique, voilà les Limousins (Ed. Lemouzi) ; par M. G. Mazière, le n° spécial d'Histoire et archéologie (n° 49, janv. 1981) consacré à l'Archéologie et la nation ; par M. M. Aubrun, son importante thèse sur L'Ancien Diocèse de Limoges des origines au milieu du XIe s. ; par M. G.-F. Dumont, son opuscule sur L'Enjeu démographique (en coll., éd. p. l'A.P.R.D.) ; par M. D. Borzeix, sa Géographie du Limousin et d'autres publications des Editions des Monédières (E. Bombal. La Dordogne et ses gabariers ; M. Benezit, A l'ombre des sorciers ; F. Longuy, Port-Dieu et son prieuré ; X., Les Animaux protégés) ; par l'université de Californie à Berkeley, quatre ouvrages d'histoire et de sociologie. Un don pécuniaire a été fait également par M. Emile Pichon de Bury, en remerciement de renseignements généalogiques que lui avait fournis M. Chatreix.
LECTURES ET COMMUNICATIONS
— M. Paul Maitre présente une étude sur la Tectonique de la région d'Aigurande, où les failles du granite, dont l'une passe par Measnes-Piodon, ont déterminé dans un rayon de cinq kilomètres, un quadrillage de gros blocs en damier, les fractures étant soulignées par des « charbonnières ». Cette étude sera publiée.
— M. Lucien Lefort donne lecture de ses recherches sur les Industries des âges de la pierre taillée dans le site du Peu-la-Côte, comm. de Saint-Pierre-Chérignat ; essai de datation. En fouillant cet abri sous roche, près de la rivière la Béraude, il a mis au jour une abondance d'outils et armatures en pierre taillée, d'origine locale, principalement en quartz et embréchite à amphibole. Avec l'outillage ont été également découverts trois foyers, des charbons et diverses substructions. L'analyse typologique et statistique de l'industrie lithique permet de penser que ce sont là les vestiges d'un habitat occupé au cours du magdalénien final et au début de l'épipaléolithique. Les conclusions tirées de l'étude géologique des lieux tendent à confirmer cette datation. Il s'agirait ainsi de l'une de ces stations magdaléniennes si fréquentes au bord des rivières entre environ 12 000 et 10 000 ans avant le présent. L'auteur signale aussi la découverte toute récente d'un site fortifié au lieu-dit « Le Chalard », également sur le territoire de Saint-Pierre-Chérignat, au confluent de la Vige et de la Béraude.
Il présente des tessons de poteries gallo-romaines, notamment des sigillées de Lezoux du IIe siècle que MM. Jacquet y ont trouvées.
— M. Jean-Michel Desbordes présente une étude sur le Carrefour de Salagnac, comm. du Grand-Bourg, site autrefois important, bipolarisé de part et d'autre de la Gartempe, avec au S. l'enceinte du Châtelard et une structure médiévale fortifiée, au N. une motte castrale, un château du bas Moyen Age et un ancien lieu de culte. L'étude de ce nœud routier sur la voie de Bordeaux à Bourges sera publiée.
— Mlle Jacqueline Sabourin résume les notes qu'elle a recueillies sur l'Eglise de Saint-Martial-le-Mont au XVIIIe siècle et au XIXe siècle, d'après un mémoire du curé Darfeuil, qui avait soigneusement noté, de 1706 à 1731 les recettes et les dépenses se rapportant à l'église et à la cure de cette paroisse, et qu'a retranscrites en 1833 un certain François Jeannot en y portant des ajouts jusqu'en 1860. Ces notes seront publiées.
— M. Lucien-Dominique Casanova envoie une note sur Emile de Girardin, conseiller général de la Creuse, dans laquelle il rappelle les deux interventions du représentant de Bourganeuf faites à l'assemblée départementale. Le 1er septembre 1847, Girardin présente un « Rapport sur les enfants trouvés » ; le 3 septembre, il intervient à nouveau avec un « Rapport sur l'instruction publique ». Dans le premier rapport, dont il serait intéressant de faire une étude critique, il propose la suppression des « tours » (voir l'article de P. Pageot) et leur remplacement par des bureaux spécialisés.
Il est fermement partisan, observe M. Casanova, de conserver et d'augmenter l'aide aux familles indigentes pour leur permettre d'élever leurs enfants. Le préfet ayant proposé la création d'une colonie agricole pour les enfants trouvés, E. de Girardin dénonce « l'inconvénient de parquer, dans les limites étroites d'une catégorie, tous les enfants assez malheureux pour avoir été abandonnés leurs parents ».[^7] Soulignant qu'il existe dans le département une dizaine d'hospices, deux salles d'asile et vingt-deux bureaux de bienfaisance, il propose d'en confier le contrôle à l'inspecteur des enfants trouvés ; « Ces fonctions importantes et délicates sont très-pénibles ; elles exigent que l'Inspecteur parcoure le département en tous sens ; il lui faut un cheval ; ce cheval est une dépense qui ne saurait être évaluée à moins de 500 fr... »
Le second rapport, qui n'a pas échappé à D. Dayen (voir le p.-v. de la séance du 17 janvier), « offre, souligne M. Casanova, un tableau détaillé des divers établissements scolaires, de leur fonctionnement, de leurs résultats ». Il relève des données chiffrées, celles-ci par exemple ;
Il y a 352 écoles primaires, soit : 218 écoles communales, 48 écoles privées de garçons, 5 écoles communales de filles, 81 écoles privées de filles laïques ou religieuses ; 34 maisons d'écoles seulement appartiennent aux communes ; 37 communes n'ont ni école ni instituteur.
Il y relève aussi cette prise de position (Bugeaud a laissé le gouvernement de l'Algérie et Abd el-Kader ne s'est pas encore rendu) :
« Notre armée et notre marine nous coûtent plus de cinq cents millions par an ; s'il le faut, qu'on retranche sur ces dépenses exagérées deux millions et demi, notre armée et notre marine n'en seront pas moins fortes. A peine si les dilapidations en Algérie en recevront la plus légère atteinte. L'état de misère des instituteurs primaires, le dénuement des maisons d'école sont des trous au manteau de la France. »
Le texte de ces deux rapports, paru dans les Procès-verbaux des délibérations du conseil général de la Creuse (session de 1847, pp. 26-34 et 113-124), fut repris dans l'Annuaire du département de la Creuse pour l'année 1848 imprimé par Dugenest. Aucun des biographes de Girardin (Reclus, Levron, Boudard, Carriat...) n'avait fait mention du rôle de Girardin comme conseiller général. Ses deux rapports mériteraient une étude approfondie.
— M. Daniel Dayen a envoyé une étude sur l'Enseignement agricole dans la Creuse de 1848 à 1925, c'est-à-dire antérieurement à la fondation par A. Defumade de l'établissement d'Ahun. Cet intéressant complément apporté à sa thèse par notre confrère sera publié.
— M. Henri Baudouin a envoyé une étude sur Un marché de tapisseries au XVIIIe siècle, entre Jean Vallenet, tapissier d'Aubusson, et le présidial d'Autun. Ses éléments proviennent d'un précieux document d'archives qui est la possession de l'auteur : le registre des délibérations du bailliage d'Autun, qui couvre la période 1721-1790. Cette étude sera publiée.
— Mme Jeanne Pelletin et M. Etienne Taillemite nous ont fait parvenir un important travail de Louis Lacrocq sur l'Industrie des tapisseries à Aubusson et Felletin pendant la Révolution. Ce travail qu'ils ont retrouvé à l'état de manuscrits épars et qu'ils ont bien voulu mettre en forme en vue de sa publication dans nos Mémoires, y sera reproduit avec une postface de complément par M. Jean-Louis Broilliard.
— Le professeur américain Claude Abraham signale la présence à la Bibliothèque nationale de Canberra (Australie) de trois tapisseries, spécialement tissées à Aubusson, en 1968, avec des laines australiennes. Elles mesurent chacune 3 × 5,2 m et s'intitulent : Parrot Tapestry, Radio Telescope Tapestry, Ram's Head Tapestry.
[^1]: Robert-Henri Bautier (né à Paris en 1922). Archiviste-paléographe en 1943 ; archiviste en chef de la Creuse en 1944-1945 ; membre de l'Ecole française de Rome, chargé de mission par le C.N.R.S. en 1945-1948, conservateur aux Archives de France, 1948-1958 (application des clauses concernant les archives dans le traité de paix franco-italien et de l'accord franco-allemand sur les archives) ; professeur à l'Ecole des chartes depuis 1961 (diplomatique, et, depuis 1970, archivistique). Membre du Comité des travaux historiques et scientifiques depuis 1957, de la Société nationale des antiquaires de France (président en 1979), du Conseil international des archives depuis 1950, membre de l'Institut (Académie des inscriptions et belles-lettres) depuis 1974, etc. Collabore à la collection des « Chartes et diplômes » des rois de France (Académie des inscriptions et belles-lettres) ; publie de nombreux textes historiques et littéraires de Saint-Benoît-sur-Loire, de très nombreuses études de diplomatique, d'archivistique et d'histoire économique et social du Moyen Age ; dirige la collection des Atlas historiques par provinces, et collabore à la collection des Sources de l'histoire économique et sociale du Moyen Age.
A publié, entre autres, dans nos Mémoires (t. XXVIII à XXX) le compte du comté de la Marche de 1409-1410 et une étude sur les reinages de confréries, et, dans les Mélanges H. Hemmer un état de la question des origines du comté de la Marche.
[^2]: Une exposition « Patrimoine d'un canton », préparée par le Groupe archéologique de la M.J.C., a été inaugurée le matin à 10 h par M. Charles Bourdin, maire adjoint. Elle rassemblait sur le patrimoine culturel du canton un nombre important de documents, — dans les domaines de l'archéologie (carte des découvertes d'après les M.S.S.C., carte des souterrains d'après Elie de Beaufort, plans et coupes du souterrain de Jeux, maquette du château de Bridiers reconstitué par Maurice Masvignier, plans d'Abadie pour la restauration de l'église de La Souterraine, dessins originaux de René Berthomier...), de l'histoire (manuscrits de l'époque révolutionnaire, archives municipales de Saint-Priest-la-Feuille, tableaux et cartons relatifs à l'histoire religieuse, au district de La Souterraine en 1790-1793, à l'évolution démographique depuis 1846, ouvrages documentaires de la collection René Chatreix...) et de la production imprimée (œuvres des jurisconsultes sostraniens Joachim du Chalard et Barthélemy Auzanet, poésies d'André Thévenot, œuvres d'écrivains contemporains dont les romans de Franz-André Burguet...). Prolongée jusqu'au lundi 19, l'exposition a reçu de nombreux visiteurs, dont plusieurs classes de l'enseignement primaire et secondaire.
[^3]: C'est devant une salle comble, soit une soixantaine de personnes, qu'a parlé M. Jacques Ruffié, directeur d'études au Centre de formation des P.E.G.C. de Tours et grand connaisseur de l'œuvre de Jouhandeau, à qui il est en train de consacrer une thèse de doctorat d'Etat. Sa causerie, à la fois érudite et brillante, a été suivie avec une grande attention par l'auditoire, qui ne lui a pas ménagé les applaudissements, ni les questions. Les pièces exposées, éditions originales, tirages rares, manuscrits, documents divers, provenaient de deux collections privées.
[^4]: Constituée essentiellement de quelque 80 agrandissements photographiques, réalisés par M. Michel Lajoix, de cartes postales anciennes représentant les rues et les places de la ville, avec des commentaires provenant des études de Louis Lacrocq, elle présentait en outre divers ouvrages et documents appartenant à la Société. Faute d'une publicité suffisante, elle a malheureusement, malgré son intérêt, manqué son but, qui était d'attirer, à la faveur des vacances, les adhérents habituellement éloignés de la Creuse. En compensation, une seconde présentation de la collection de M. Lajoix a connu, à la rentrée scolaire, dans les locaux du C.D.D.P., une affluence méritée.
[^5]: Voir plus loin l'article de Patrick Léger.
[^6]: Sous la conduite de M. Marcel Chaussade, à qui l'on doit l'organisation du musée de la tour Zizim (et qui est, avec M. Pierre Champeymont, l'artisan de cette journée bourganiaude), les invités ont visité les collections réparties sur cinq niveaux : au sous-sol, des tombes gallo-romaines, des meules, un mortier ; — au premier étage, de nombreux objets préhistoriques et gallo-romains, rassemblés par le groupe d'archéologie antique du T.C.F. et de la municipalité de Bourganeuf, hache, tuiles, urne en verre, poteries, anneaux, lampes, etc. ; — au 2e étage, qui servit de prison jusqu'en 1927 et sous l'occupation, des documents sur la Résistance ; — au 3e étage, des collections d'ethnographie locale, riches surtout en outillage de l'artisanat rural, — au 4e étage, des documents sur l'ordre de Malte et le prince Zizim ; — et enfin, après un coup d'œil jeté, sous la toiture, à la remarquable charpente du XVe siècle, la visite s'achève au rez-de-chaussée consacré aux industries disparues (tapisserie et porcelaine locales, mines de Bosmoreau, usine électrique des Jarrauds) et aux personnages marquants du siècle dernier (Emile Girardin et Delphine Gay, Martin Nadaud, Marcel Deprez, René Viviani). A ces documents à demeure, la Société ajoute, pour trois jours, un ensemble d'ouvrages devenus rares, relatifs à l'histoire de Bourganeuf et aux auteurs natifs du canton ou qui y ont séjourné, à des tableaux didactiques et des cartes (divisions d'Ancien Régime, monuments et sites classés ou protégés, émigration, agriculture, archéologie...). S'y sont associés également le Secrétariat régional d'inventaire du Limousin (photographies de motifs architecturaux) et l'Association de défense des monts d'Auriat (documentation sur les dangers des nuisances nucléaires). L'assistance s'est rassemblée à 11 h 30 autour d'un vin d'honneur, dans la salle du conseil municipal ; M. Neyret, pour remercier la Société de son initiative, a remis à son président la médaille de la ville de Bourganeuf.
[^7]: Rappelons que Girardin était lui aussi un enfant naturel. Son premier roman, Emile (1827), qui est comme son autobiographie, le montre très sensibilisé au problème : « La nature ne m'a pas donné de parents... J'ai fait du malheur de ma naissance la méditation de toute ma vie... » (N.D.L.R.)