SÉANCE DU 16 JANVIER 1982
Présidence de M. Amédée Carriat, président.
Présents. — Mmes/Mlles M.-E. Aubaile, J. Carriat, J. Chaix, J. Châteauvieux, S. du Vigneau, J. Farges, E. Hours, A. Louradour, H. Marcilloux, S. Métrich, M. Patou, G. Rommeluère, A. Tourte, P. Wagner ; MM. R.-P. Bordier, J.-L. Broilliard, A. Carriat, R. Chatreix, L. Colas, C. Deluchat, M. Farges, R. Frétet, J. Gateau, H. Hours, P. Léger, M. Manville, Ph. Rousseau, P. Saillol, M. Sourioux, P. Urien, Ch. Wagner.
Excusés. — MM. H. Hemmer, Ph. Mettoux, P. Villard.
ASSEMBLÉE GÉNÉRALE STATUTAIRE
Rapport moral. — Après avoir remercié Mme S. du Vigneau d'accueillir dans la salle Fernand Maillaud du musée de Guéret cette assemblée générale de la Société, le président présente un rapide bilan de l'année écoulée. Au seuil de sa cent cinquantième année d'existence, la Société groupe près de huit cents adhérents et ses activités se sont poursuivies régulièrement au long de l'année 1981 : tenue aux dates fixées de ses cinq réunions annuelles, dont la séance foraine de mai qui a réuni, à Bourganeuf, une cinquantaine de participants ; publication en sus du fascicule des Mémoires des deux premiers titres de la collection d'« Etudes creusoises » ; succès de l'excursion de juin consacrée à la visite de Bourges ; préparation d'un volume commémoratif du proche cent cinquantième anniversaire.
Rapport financier. — M. René Chatreix présente la situation au 31 décembre 1981, qui s'établit en bref comme suit :
Total des recettes 124 429 F, dont : reliquat 1980 30 838 F ; cotisations 37 725 F ; vente de fascicules des Mémoires 6 474 F ; vente d'« Etudes Creusoises » 13 075 F ; subvention du Conseil général 4 500 F ; subvention de la Ville de Guéret 3 000 F ; — total des dépenses : 114 236 F, dont : impression des Mémoires 36 136 F ; impression des « Etudes creusoises » n° 1 20 603 F, n° 2 17 850 F.
L'exercice de l'année 1981 se solde donc par un excédent de 10 643 F. Les comptes sont approuvés à l'unanimité et contresignés par Mme Tourte et M. Rousseau. Au nom de la Société, M. Carriat remercie vivement M. Chatreix, qui demande à résilier ses fonctions de trésorier, d'avoir assuré cette charge pendant vingt-deux ans et de l'avoir exercée de manière exemplaire, et, tout en comprenant sa décision, lui exprime le regret de tous de le voir abandonner la gestion de la Société.
Le montant de la cotisation reste fixé à 50 F pour l'année 1982, mais il faudra envisager de le porter à 60 F pour l'année 1983.
Activités du Musée. — Mme Simone du Vigneau rappelle en quelques mots les activités du musée de Guéret au cours de l'année écoulée — aménagements en cours et en projet ; vie des collections ; donation Hervouet... — et l'état des travaux de restauration de l'ancien présidial destiné à accueillir les collections ethnologiques.
Modifications du conseil d'administration. — Mme Evelyne Hours veut bien assurer la succession de M. Chatreix et prendre en charge la trésorerie de la Société ; elle est élue à l'unanimité. De même, M. Camille Deluchat est validé comme bibliothécaire en remplacement de M. Raymond Moreau, démissionnaire.
CHRONIQUE
Nécrologie. — La Société adresse ses condoléances aux familles de quatre adhérents disparus récemment : le Dr Louis Dhéron (Crozant), M. Jean Pasty (Saint-Sulpice-le-Guérétois), Mme Colette Vernet (Jouillat) et M. René Lugagne (Saint-Avit-de-Tardes). M. Maurice Sourioux rappelle avec émotion la carrière et les travaux de R. Lugagne, qui, depuis 1946, fournissait aux Mémoires de précieuses observations météorologiques et y a publié en outre de nombreuses études de botanique (voir pages 13-18).
Admissions. — Bibliothèque municipale de Bourganeuf, Hôtel de ville, 23400 Bourganeuf ; M. Bernard Chantreault, fonctionnaire des P.T.T., 20, rue Joseph-Cuvelier, 71400 Paray-le-Monial ; M. Camille Deluchat, professeur de philosophie à la retraite, 11, rue de Pomeyroux, 23000 Guéret ; Dr René Durand, 4, rue Louis-Billant, 18000 Bourges.
Informations diverses. — Le président annonce la tenue à Montluçon, les 14, 15 et 16 mai 1982, du 42e Congrès de la Fédération des sociétés savantes du Centre, auquel la Société sera, naturellement, représentée. Il signale plusieurs publications données par leurs auteurs à la bibliothèque : La naissance et le développement des chemins de fer en Creuse de 1830 à 1914 (Eric Marie de Ficquelmont) ; Les libres penseurs devant la mort : un corpus de discours funéraires (Louis Pérouas) ; Compte rendu des recherches effectuées en 1980 à Chassenon (Char.) (J.-H. Moreau) ; Memorandum sur les sciences sociales en Limousin, plus particulièrement l'anthropologie-sociologie (Maurice Robert) ; DDE 23, journal d'information de la Direction départementale de l'équipement de la Creuse, n° 2 ; D'hier à aujourd'hui (M. Verguet).
Est annoncée en outre la récente réédition, par les soins de la revue Lemouzi, de l'Histoire du Limousin et de la Marche, par Joseph Nouaillac, ouvrage depuis longtemps épuisé, qui est ici considérablement augmenté.
LECTURES ET COMMUNICATIONS
— M. Pierre Bordier fait don à la Société d'une carte de la Creuse au 1/100 000 (I.G.N.), sur laquelle il a reporté les emplacements de toutes les découvertes faites jusqu'à ce jour jalonnant des itinéraires de la période gallo-romaine.
— M. Paul Maitre donne lecture d'observations pétrographiques que lui a permis de faire sa longue expérience de directeur d'une entreprise de carrières sur La résistance des roches. A la suite de son exposé, M. Michel Manville fait remarquer que les études de laboratoire sur la résistance physique à l'écrasement doivent être complétées par la prise en compte des facteurs chimiques, qui interviennent dans l'altération des roches en milieu naturel.
— M. Jean-Louis Broilliard présente diverses remarques à propos de l'étude posthume de Louis Lacrocq sur L'industrie des tapisseries à Aubusson et à Felletin pendant la Révolution, dont le texte a été établi par Mme Jeanne Pellerin et M. Etienne Taillemite. L'apport important de ces compléments est constitué par le texte revu sur l'original de la « Supplique des fabricants et ouvriers de la manufacture de tapisserie d'Aubusson en Marche » adressée à l'Assemblée nationale le 8 août 1790 et revêtue de 186 signatures. (Voir pages 173-177.)
— M. Guy Marchadier présente diverses marques postales de la Creuse des XVIIIe et XIXe siècles, dont il est parvenu à constituer une remarquable collection, et apporte sur le fonctionnement des postes un grand nombre d'indications intéressantes. On ne trouve dans les Mémoires que des informations fragmentaires sur le sujet et l'étude de P. Ducourtieux pour l'ensemble du Limousin est vieille déjà de plus de deux tiers de siècle. On souhaite que M. Marchadier songe un jour à compléter le Catalogue des marques postales et oblitérations de la Creuse de 1780 à 1876 publié en 1957 par L.J. Moutafoff et P. Lejeune.
SÉANCE DU 20 MARS 1982
Présidence de M. Amédée Carriat, président.
Présents. — Mmes/Mlles M.-E. Aubaile, J. Chaix, Y. Hourou, E. Hours, A. Jabard, L. Juillet, M.-L. Lecoq, A. Louradour, P. Maume, S. Métrich, F. Mousson, J. Porcher, S. Rougier, A. Tourte, P. Wagner ; MM. R. Barret, R.-P. Bordier, J.-L. Broilliard, M. Brossard, A. Carriat, L. Colas, P. Collin, C. Deluchat, H. Hours, J. Jamot, M. Lajoix, M. Lecoq, P. Maitre, M. Manville, M. Sourioux, P. Urien, Ch. Wagner.
Excusés. — Mmes/Mlles J. Carriat, C. Dayras, S. du Vigneau, G. Lardy ; MM. R. Chatreix, Ph. Mettoux, P. Villard.
CHRONIQUE
Nécrologie. — La Société présente ses condoléances aux familles de quatre membres disparus récemment : M. Roger Coutier (Royat), l'abbé Gabriel Monamy (Gramat), M. Eugène Nicolas (Guéret), M. Paul Pinlon (Aubusson). — L'abbé Gabriel Monamy, né à Rougnat en 1899, longtemps curé de Magnat-l'Etrange, puis aumônier de l'hôpital de Magnac-Laval, avait donné aux Mémoires de notre société d'abondantes notes historiques sur Magnat (Histoire du prieuré Saint-Pardoux, XXXIII, 275-304 ; Les serfs de La Ribière, XXXII, 305-331 ; Notes chronologiques, XXXIII, 66-81, 254-269, 553-578 ; XXXIV, 53-77 ; XL, 112-122, 325-341, 527-533) et sur Beissat (XXXIV, 41-52).
Admissions. — M. Pierre-Valéry Archassal, étudiant en médecine, 2, rue Jean-Moulin, 78210 Saint-Cyr-l'Ecole ; M. Michel Beausoleil, 2, boulevard Victor-Hugo, 87200 Saint-Junien ; M. Philippe Brossard, gestionnaire de stocks, 168, rue Meissonier, 87100 Limoges ; Dr William Chervy, sénateur de la Creuse, 23320 Saint-Vaury ; M. Martial Coquand, conseiller pédagogique, 35, avenue Marcelin-Berthelot, 38100 Grenoble ; M. François Counil, agent administratif, ASSEDIC de Bourgogne, 2, allée Heurtebise, 89000 Auxerre ; M. Jacques Cumont, surveillant chef des services médicaux, Le Peyroux, 23320 Saint-Vaury ; M. Michel Delandre, docteur en pharmacie, chercheur INSERM, 11, rue de la Paix, 93150 Blanc-Mesnil ; Jean-Gilbert Ducher, professeur, Marseuil, La Celle-Dunoise, 23800 Dun-le-Palestel ; Dr René Durand, 4, rue Louis-Billant, 18000 Bourges ; M. Jean-Pierre Dezuraud, ingénieur TPE, 16, avenue de la Rodde, 23000 Guéret ; M. Charles-Etienne Grugeaud, retraité, 30, avenue Clemenceau, 86100 Châtellerault ; Mme Charlotte Labbé, assistante maternelle, 9, rue Saint-Jean, 23200 Aubusson ; Mlle Catherine Laurent, élève de l'E.N.A., 101, rue Saint-Dominique, 75007 Paris ; M. Michel Lavaud, employé administratif, 27, rue du Prat, 23000 Guéret ; M. Alain Lemasson, employé de banque, 117, rue de Pommeil, 23000 Guéret ; Mlle Eliane Noirot, 88, rue de Paris, C 132, 93100 Montreuil ; Mlle Madeleine Palisson, résidence des Trois-Amis, 23000 Guéret ; M. Eugène Romaine, conseiller général de Boussac, Soumans 23600 Boussac ; Me Jean-Louis Rousseau, avocat, 23110 Evaux-les-Bains.
Informations diverses. — Le président annonce que la Société sera représentée au 42e Congrès de la Fédération des sociétés savantes du Centre, le 23 mai, à Montluçon, et que des communications y seront présentées par MM. J.-L. Broilliard, H. Hours et L. Pérouas. L'excursion annuelle est fixée au dimanche 13 juin avec pour itinéraire Glénic, Nouziers, Prébenoît, Boussac-Bourg, Lavaufranche et Boussac. Entre temps aura eu lieu la réunion foraine de mai, qui doit se tenir cette année à Felletin ; à l'exposition prévue sur le patrimoine du canton s'ajoutera une conférence du Dr Jacques Roussillat, de Montluçon, sur la vie et l'œuvre du professeur J.-J. Grancher, natif de Felletin.
Une Fédération des organismes et groupes de recherche et d'études en sciences humaines du Limousin est en voie de constitution à Limoges ; l'adhésion de la Société est envisagée.
Ce même jour, notre confrère Me Franck Bouscau fait une communication à l'Institut Napoléon (Sorbonne) sur « Les préfets de la Creuse sous le Consulat et l'Empire ».
Divers dons ont été faits à la bibliothèque de la Société : par M. H. Hours, un dossier multigraphié sur La vie quotidienne des Creusois sous le second Empire ; par M. M. Sourioux, des extraits photocopiés des Nouvelles Ephémérides du ressort de la cour royale de Limoges publiées à Limoges par François Laurent en 1836 ; par Mlle J. Sabourin, son étude sur Deux siècles d'école à La Rochette ; par Mlle Patou, son inventaire ronéoté des Collections de sciences naturelles et d'archéologie préhistorique du musée de Guéret ; par le C.R.D.P. de Limoges, l'ouvrage de G. Vérynaud sur Le Limousin, la nature et les hommes ; par Mme G. Thévenot, son livre de souvenirs Une vie de Creusois ; par Me F. Bouscau, son article sur « La Première Restauration et les Cent-Jours dans la Creuse ».
Le président signale comme autres publications récentes : une édition nouvelle des Tableaux économiques du Limousin (Limoges, INSEE) ; une brochure du Comité d'expansion économique et touristique, Désenclaver la Creuse ; un livre de Geneviève Millot intitulé Un maçon de la Marche sur la terre berrichonne : Mathieu Ravion (1734-1810) ; et un travail publié à Paris par les Groupes du Massif central sur Le costume marchois et limousin (1800-1914). Sur toutes ces publications, voir la Bibliographie terminale 1981 et 1982.
LECTURES ET COMMUNICATIONS
— M. Robert-Pierre Bordier signale la découverte d'un tumulus près du hameau de Vernet au nord de Guéret.
— M. Henri Hours fait part de réflexions sur le développement de Guéret au Moyen Age, à partir de documents écrits et d'observations sur le tracé des rues et des remparts. Une première enceinte (XIIe s. ?), autour des églises, ne groupait que quelques dizaines de maisons ; un marché s'était ensuite développé hors les murs, à l'est, ainsi qu'un alignement de maisons le long des futures rues du Prat et Grande-Rue, qui furent englobées dans les remparts reconstruits et agrandis du XVe siècle, tandis que l'on mettait en lotissement le terrain séparant ces deux rues. Ce développement urbain se manifesta aussi à partir du XVe siècle par l'apparition et la multiplication des confréries de métiers.
— M. Jacky Marcelot a découvert aux Archives nationales une version du Mémoire à Nos seigneurs de l'Assemblée nationale, adressé le 20 janvier 1790 par la ville de Chambon pour obtenir le tribunal de district, qui a ceci de singulier qu'un habitant anonyme d'Evaux l'a couverte de réfutations manuscrites dénonçant le « tas d'heureux mensonges » contenus dans ledit mémoire. Une pièce de plus à verser au dossier de la polémique connue entre les deux villes.
— M. Jean-Louis Broilliard donne lecture du procès-verbal adressé, le 19 août 1790, à l'Assemblée nationale par le directoire du district d'Aubusson, à la suite des incidents survenus le 14 juillet. La garde nationale en liesse a envahi les bureaux du directoire, installé dans ses fonctions ce jour même, pour forcer ses membres à « danser et fédérer ». Le charivari dégénéra au point que le secrétaire du directoire aurait souffleté un des gardes nationaux, ce qui lui valut d'être emprisonné, pour être élargi peu après. M. Broilliard replace l'affaire dans son contexte et commente ensuite la version des faits fournie par le procès-verbal.
SÉANCE DU 22 MAI 1982 — FELLETIN
Présidence de M. Amédée Carriat, président.
Présents. — Mmes/Mlles G. Broilliard, D. Bournet, J. Carriat, M.-S. Chabrat, R. Cousteix, A. Dangeon, N. François, M.-Th. Gaudon, E. et C. Hours, Y. Hourou, A. Jabard, J. Lapierre, M.-L. Lecoq, J. Lenoir, M. Loubet, A. Magnier-Vazeilles, N. Marcelot, P. Maume, G. Mazet, A. Porte, S. Rougier, F. Thomas, P. Wagner ; MM. N. Bellaigue, R. Bournet, J.-L. Broilliard, A. Carriat, J. Chabrat, B. Chirac, L. Colas, P. Collin, G. Dauger, C. Deluchat, J. Derains, R. Gallitre, J. Gateau, P. Gaudon, O. Hernandez, H. Hours, J. Lapierre, M. Lecoq, P. Léger, H. Loubet, J. Marcelot, M. Magnier, J. Mazet, A. Picouret, A. Quintard, P.-E. Robinne, P. Saillol, M. Sourioux, P. Urien, J. Vigou, Ch. Wagner.
Excusés. — Mme A. Louradour ; MM. R. Chatreix, Dr R. Chausselat, H. Hemmer, Dr J. Mazetier, P. Villard.
CHRONIQUE
Adhésions. — M. Philippe Buisson, animateur touristique, Le Puy, Chamberaud, 23480 Saint-Sulpice-les-Champs ; Centre culturel et artistique Jean-Lurçat, avenue des Lissiers, 23200 Aubusson ; M. Bernard Lacroix, ingénieur agricole et d'agronomie tropicale, 7, rue du Puycharraud, 23300 La Souterraine ; M. Pierre Lavédrine, conseiller général de la Creuse, Busseroles, Saint-Dizier-la-Tour, 23130 Chénérailles ; Mme Annie Raze, professeur de lettres, 60, côte de Poissac, 19000 Tulle ; M. Guy Redouté, 34, rue Victor-Hugo, 36200 Argenton-sur-Creuse.
Remerciements. — Le président remercie vivement la Ville de Felletin en la personne de son maire, M. Jean Mazet, d'avoir très obligeamment mis à sa disposition deux salles de l'hôtel de ville, l'une où se tient la présente réunion de travail, l'autre où est présentée jusqu'au lundi 24 une exposition sur le patrimoine du canton, à laquelle ont activement participé Mme Gisèle Mazet et Mme Drojat, animatrices de l'association des Amis de Felletin (1). Il salue la présence de M. P.-E. Robinne, secrétaire général de Commission régionale d'inventaire du Limousin, qui avait l'an dernier organisé dans cette même salle une remarquable exposition sur « Les Richesses du plateau de Millevaches » (cf. p. XIV, 192) et remercie encore M. Olivier Pinton, retenu à Paris, et M. Robert Gallitre pour leur contribution aux communications qui vont être présentées.
(1) Inaugurée le matin à 10 h par Mlle Pichon, sous-préfet d'Aubusson, et M. Mazet, maire de Felletin, en présence des maires du canton, des conseillers municipaux de Felletin et de diverses personnalités locales, elle a reçu, le dimanche, la visite du président Chandernagor et, le lundi, celle de nombreux élèves des écoles de Felletin. Y étaient présentés des tableaux didactiques sur l'archéologie, l'histoire, l'économie du canton, des pièces d'archéologie (haches polies, fragment de canalisation gallo-romaine), des documents originaux provenant des Archives départementales et de plusieurs archives communales (registre paroissial de Beaumont ; pièces prêtées par les municipalités de Croze, Saint-Frion, Saint-Quentin, Vallière), une collection d'affiches, prêtées par M. Pinton, des expositions annuelles de tapisseries dans le beau cadre de Notre-Dame du Château, et des livres rares d'auteurs felletinois ou qui ont écrit sur le canton, appartenant à la Société ou à des collections privées (J.-J. Courtaud-Diverneresse, S. Dosson, F. Queyrat, J.-J. Grancher, A. et G. Thomas, A. Chaumeix, etc.). — La conférence prononcée le lundi à 20 h 30 dans la salle de la bibliothèque municipale, par le Dr Jacques Roussillat, sur la vie et l'œuvre du professeur Jacques-Joseph Grancher, phtisiologue et médecin pastorien, a été suivie avec beaucoup d'attention par une trentaine d'auditeurs, qui ont été vivement intéressés en outre par la précieuse collection de documents apportée par le conférencier et lui ont posé de nombreuses questions. Voir plus loin le texte du Dr Roussillat.
Informations diverses. — Le président expose ensuite rapidement les objectifs que s'est assignés la Société des sciences naturelles et archéologiques de la Creuse, dit en quoi consistent ses travaux et ses publications et invite les personnes intéressées à lui apporter leur soutien par leur adhésion. Il annonce qu'à l'issue du 42e Congrès de la Fédération des sociétés savantes du Centre, tenu à Montluçon ce dernier 15 mai, le bureau de la Fédération a décidé que le congrès de 1983 se tiendra à Guéret les 6, 7 et 8 mai 1983, à charge pour la société de la Creuse d'en assurer l'organisation. Il annonce la mise en souscription, par la Société, de deux publications collectives : 1° des Pages sostraniennes, qui seront offertes à M. René Chatreix lors de son 80e anniversaire en septembre 1982, 2° un panorama de Cinquante ans de recherches sur la Creuse (1932-1982) pour commémorer le 150e anniversaire de la fondation de la Société. Autre publication collective à paraître, sous l'égide du Centre culturel Jean-Lurçat et la Société d'ethnographie du Limousin et de la Marche : Aubusson hier et aujourd'hui, qui consigne les résultats d'une enquête ethnologique menée récemment sous la direction de Maurice Robert.
LECTURES ET COMMUNICATIONS
— La séance est ouverte par deux communications d'archéologie : l'une de M. Patrick Léger sur la protohistoire dans le canton de Felletin, l'autre de M. Pierre Urien sur les tumulus et l'époque gallo-romaine. Le premier souligne que l'âge du bronze n'est représenté que par une seule hache du musée de Guéret (Vallière ?), que le premier âge du fer a en revanche laissé d'assez nombreux tumulus (Vallière, Saint-Frion et surtout sur les communes de Felletin et Moutier-Rozeille), tandis que l'âge de La Tène n'aurait laissé que trois monnaies gauloises. Le second, dressant lui aussi un bilan, réfute l'existence à Felletin d'un temple à Vénus (que Beaumesnil fut le premier et le seul à décrire), constate l'absence à ce jour de trouvailles dans les communes de Croze et de Saint-Frion, rappelle ensuite les découvertes les plus importantes : cimetières de Saint-Bonnet (Saint-Yrieix-la-Montagne) et de La Croix-Blanche (Felletin), autel domestique de Saint-Quentin, chapiteau de Pelletanges (Saint-Yrieix), trésor de Pierrefitte (Poussanges), — et conclut en rappelant les problèmes qu'elles posent : malgré leur importance, leur petit nombre, l'ignorance des habitats auxquels elles correspondent ne permettent pas de se faire une idée précise de ce que fut dans le canton l'occupation gallo-romaine.
— M. Henri Hours présente les épisodes d'un procès de la fin du XVIIe siècle. Entre 1694 et 1710, le président-châtelain de Felletin, Jean Ruyneau du Bezu, originaire de Saint-Georges-Nigremont, se heurta, dès son entrée en fonctions, à une vive résistance de la part de la bourgeoisie felletinoise. Les conflits de préséances et d'attributions, lors des cérémonies, entre Ruyneau, représentant de la justice royale, et les officiers municipaux se multiplièrent très vite, amenant dès 1698 le bannissement, par arrêt du Parlement de Paris, du chef de file de cette résistance, le notaire Pierre Dessalles. Mais, comme beaucoup d'autres, cette décision de justice resta inappliquée, les sergents et huissiers royaux, originaires de la ville, refusant ouvertement de l'appliquer. Dans cet affrontement entre la bourgeoisie felletinoise, représentée par le corps municipal, et le représentant local du pouvoir royal, se superposent en fait deux conflits : résistance d'une ville au pouvoir royal, au détriment de ses « franchises » (comme le montre l'épisode de la tentative de démolition des portes de la ville) d'une part, et hostilité jalouse envers une nouvelle aristocratie, anoblie par la robe, la bourgeoisie urbaine trouvant alors l'appui de la famille d'Arfeuille, de noblesse militaire.
— M. Jean-Louis Broilliard traite ensuite de la période révolutionnaire, évoquant les luttes religieuses dans le district de Felletin en juillet-août 1792. Pièces justificatives à l'appui, il montre la solidarité de la municipalité avec les prêtres insermentés menacés d'exil, au grand mécontentement du directoire du district. Son étude sera publiée.
— M. Daniel Dayen a étudié, à partir de la liasse 5 V 20 des Archives départementales, le passage du collège ecclésiastique à l'école primaire supérieure, en application de la loi de séparation des Eglises et de l'Etat du 9 décembre 1905 : il montre comment ce passage fut longtemps irrésolu, puisqu'il fallut près de cinq ans pour que la nouvelle E.P.S. ouvre ses portes. Cette note sera publiée.
— M. Jean Mazet brosse un rapide historique des industries felletinoises. Autrefois ville importante de la Haute-Marche et « berceau » de la tapisserie, Felletin a connu une activité florissante, avec ses nombreux corps de métiers (maréchaux, serruriers, chaudronniers, armuriers, cordonniers, chapeliers, drapiers, tisserands, gantiers...) et, sur la Creuse, ses moulins à moudre le blé, fouler les draps, battre l'écorce à tanner les cuirs, et aussi ses papeteries, dont la dernière a fermé vers 1910. Aujourd'hui, outre sa manufacture de tapis, Felletin compte seulement un atelier de chaudronnerie, des entreprises de bâtiment (maçonnerie, charpente, couverture, plomberie, peinture...), de mécanique et de serrurerie, une filature, une boyauderie.
« Felletin possédait, il y a quelques années, un atelier de taille des diamants. Cette industrie, importée des Pays-Bas, avait connu un essor important au XIXe siècle ; on lui avait conféré en 1861 le titre de taillerie impériale de diamants ; transformée en société coopérative ouvrière au début du siècle, elle comptait près de 70 ouvriers. Concurrencé par l'industrie japonaise, l'atelier a dû fermer ses portes il y a deux ans et les diamantaires se sont reconvertis dans d'autres activités. »
— M. Mazet lit ensuite la communication envoyée par M. Olivier Pinton, dans laquelle celui-ci retrace en bref l'histoire de la manufacture de tapis et de tapisseries qui porte son nom.
« Le plus ancien Pinton que je connaisse pour l'instant est un Jehan Pineton, tapissier et consul d'Aubusson en 1607, qui présenta, en août de cette année-là, une requête au châtelain de la ville, lui demandant de restaurer le pont de la Terrade, alors seul passage sur la Creuse. J'ignore tout de ses successeurs : Claude né en 1650, Pierre en 1698, Mathieu en 1739, si ce n'est qu'ils furent tous tapissiers à Aubusson. »
Vient ensuite un Joseph Pinton, qui est soldat lors de son mariage, le 25 pluviôse an X, et disparaît durant les guerres de l'Empire. Son fils Mathieu, né en 1806, tapissier à Aubusson, est le père d'Olivier Pinton, fondateur, en 1867, de la manufacture actuelle, qui adjoint en 1912 un bâtiment industriel à l'atelier situé en face de l'ancienne mairie. Son fils Jean Pinton lui succède à la fin de la Première Guerre mondiale, s'efforce de sauver un métier qui dépérit, puis, le renouveau amorcé, tisse les œuvres des plus grands peintres cartonniers (dont l'immense Christ en majesté de Sutherland pour la cathédrale de Coventry, 1959-1961), acquiert l'atelier Des Borderies (1954). M. Olivier Pinton, à son tour, agrandit l'entreprise en lui adjoignant de nouveaux ateliers conçus par Jean Willerval. En disant sa reconnaissance aux nombreux artistes qui ont fait confiance à sa maison, il salue au passage la mémoire de M. Fedotoff, qui fut chargé de la promotion commerciale sur le marché de Paris, et conclut en souhaitant qu'à Felletin se perpétue « une nouvelle et abondante génération de lissiers. »
— M. Robert Gallitre relate l'histoire de l'Ecole de métiers du bâtiment.
« C'est le 22 octobre 1909 que le conseil municipal de Felletin, sur la proposition de son maire, M. Teyton, décida la création en cette ville d'une école pratique d'industrie, qui devait comprendre les sections suivantes : tapisserie, taille de diamants, bâtiment. Seule cette dernière section sera créée. Le 28 septembre 1910, l'arrêté de création est signé par le ministre du Commerce et de l'Industrie et, le 1er octobre 1911, l'école pratique d'industrie ouvre ses portes dans l'immeuble de la rue du Château, séminaire désaffecté, vide depuis 1905. »
En 1922, l'école pratique d'industrie est transformée en école de métiers, dont la Chambre d'apprentissage de la maçonnerie de Paris accepte la gestion en 1932, sur l'intervention pressante d'Eugène Despagnat, creusois d'origine, à la fois entrepreneur à Paris et inspecteur de l'enseignement technique. Les effectifs augmentent peu à peu ; l'école s'étend aux ateliers de la gare, s'accroît pendant la guerre d'un cours d'apprentissage.
« C'est à la fin de la guerre, dès 1945, devant l'immensité des besoins des spécialistes du bâtiment, que les dirigeants de la Chambre d'apprentissage de Paris — dont surtout Pierre Noël et Gustave Degaine — conçoivent le projet grandiose de rééédifier à Felletin une école moderne pouvant recevoir jusqu'à mille élèves, ceci en collaboration avec le ministère de l'Education nationale. A partir de 1946 commence la construction de l'Ecole de métiers du bâtiment sur le terrain des Granges acquis par la municipalité et mis à la disposition de la Chambre d'apprentissage. L'architecte en est Jean-Pierre Pasquet, architecte en chef des Monuments historiques, fils de Pierre Pasquet, architecte lui-même, né rue du Château à Felletin. »
M. Gallitre rappelle ensuite comment se sont ajoutés d'année en année, à la rangée d'ateliers initiale, deux travées du bâtiment des classes, puis d'autres classes et des bâtiments annexes, jusqu'à la construction proche du récent lycée d'enseignement professionnel. Et M. Gallitre de souligner que « les élèves avec leurs professeurs ont participé de façon concrète à la construction de leur école », puisqu'ont été édifiés par eux-mêmes le gymnase et la piscine, le pavillon du directeur, la quasi totalité des ateliers, et réalisées les charpentes et les peintures de la plupart des autres bâtiments. N'est-ce pas, observe-t-il, « la meilleure formation qu'on pouvait donner à nos élèves » ?
SÉANCE DU 18 SEPTEMBRE 1982
Présidence de M. Amédée Carriat, président.
Présents. — Mmes/Mlles M.-E. Aubaile, A. Bichet, Y. Bonneville, J. Carriat, J. Chaix, M. Chatreix, C. Dayras, J. Despris, H. Hemmer, Y. Hourou, P. Jeuniaux, S. Lajoix, M.L. Lecoq, A. Louradour, S. Métrich, F. Mousson, J. Porcher, C. Rommeluère, J. Sabourin, A. Tourte, P. Wagner ; MM. R.-J. Audonnet, R. Barret, C. Bonneville, P. Bordier, J.-L. Broilliard, A. Carriat, R. Chatreix, L. Colas, G. Dauger, R. Gardet, J. Gateau, A. Giraud, F. Goubet, H. Hemmer, H. Hours, M. Lajoix, M. Lecoq, P. Léger, Ph. Loy, M. Manville, J. Marcelot, J. Marouzeau, Ph. Mettoux, R. Meublat, L. Pérouas, A. Picouret, Ph. Rousseau, P. Saillol, C. Sirjacques, G. Talarie, P. Trapon, P. Urien, F. Villard, R. Villard, L. Viollet, Ch. Wagner.
Excusés. — Mmes M. Chatreix, G. Lardy ; MM. M. Sourioux, P. Villard.
CHRONIQUE
Nécrologie. — La Société adresse ses condoléances aux familles de quatre membres récemment disparus : Mlle Alice Dubreuil (Guéret), M. Maxime Goumy (Aix-en-Provence), M. Jean Puybasset (Guéret), M. Gilles Saulnier (Le Bourg-d'Hem).
Admissions. — M. Guy Avizou, professeur d'histoire au lycée technique Jean-Favard, résidence du Jardin-Public, 27, avenue de la Sénatorerie, 23000 Guéret ; M. Gilbert Bellon, agriculteur, Puyduris, La Celle-Dunoise, 23800 Dun-le-Palestel ; Mme de Houdetot, château de Poinsouze, Boussac-Bourg, 23600 Boussac ; Mlle Simone Jardy, institutrice, rue Jasseix, 23500 Felletin ; Mme Jeanine Justinien, Fontaucher, 23000 Guéret ; Mme Ginette Lacorre-Mérigot, directrice d'école, rue des Ecoles, 23500 Felletin ; M. Ferdinand Mimon, agriculteur, La Brousse, Saint-Hilaire-la-Plaine, 23150 Ahun ; M. Henri Muller, retraité, Le Peux-Renard, Chéniers, 23220 Bonnat ; M. Jean-Noël Parpillon, dit Fiollet, 6, place de la Convention, 38130 Echirolles ; Mme Nadia Petit, Les Bains-d'en-Haut, Sainte-Feyre, 23000 Guéret ; M. René Pruchon, directeur à la préfecture, 13, rue de Faulette, 23000 Guéret ; M. Henri Stref, technicien, 15, rue du Lac, 78480 Verneuil-sur-Seine.
Informations diverses. — Après avoir souhaité la bienvenue à M. Roger Gardet, conseiller général de La Souterraine, à M. Fernand Villard, maire de La Souterraine, à M. Henri Hemmer, ancien président de la Société, et à M. Henri Hours, directeur des Services d'archives du Jura depuis le 1er septembre, venus les uns et les autres assister à la remise à M. René Chatreix du volume de Pages sostraniennes publié en son honneur, le président dit son regret que la Société ait perdu deux excellents serviteurs en la personne de M. Hours, dont l'aide lui fut précieuse, et de Mme Evelyne Hours, qui s'était si obligeamment offerte à prendre en charge la trésorerie. Il souhaite à l'un et à l'autre bonne chance à Lons-Le-Saunier, puis rappelle les activités de la Société depuis la dernière réunion guérétoise, celle du 20 mars : séance foraine de Felletin (22 mai) ; participation au 42e Congrès de la Fédération des sociétés savantes du Centre tenue à Montluçon (15 mai), où la Creuse est l'objet de trois communications (Les ruines du château de Leyrat, par L. Bierjeon ; Tristan L'Hermite et les illustrateurs de son œuvre, par A. Carriat ; La confrérie Notre-Dame du Bâtiment à Gentioux, par L. Pérouas) ; excursion annuelle dans le N.-E. de la Creuse (13 juin) ; participation à la réunion, à l'U.E.R. des lettres de Limoges, de la Fédération des organismes et groupes de recherches et d'études en sciences humaines et sociales du Limousin (14 juin).
Plusieurs dons ont été faits à la bibliothèque : par M. Lucien Bierjon, de deux photos prises v. 1900-1910 par M. Moreau, de Néris, du château dit de Barbe-Bleue (Leyrat), aujourd'hui noyé dans les taillis et impossible à photographier ; par Mme Jacqueline Chaix, d'un numéro du Point contenant une interview du professeur Jean Judet ; par Mme Simone du Vigneau et le Centre culturel Jean-Lurçat du catalogue de l'exposition L'aventure aubussonnaise de la tapisserie XVIe et XVIIe siècles ; par M. Maurice Robert de l'ouvrage dont il est le maître d'œuvre, Une ville dans son pays : Aubusson, hier et aujourd'hui (voir la Bibliographie terminale).
A ces diverses publications il convient d'ajouter d'autres titres récents : les Travaux d'archéologie limousine 1981, publiés par l'Association des antiquités historiques du Limousin ; un essai de Claude del Puppo, Chénérailles, son histoire, ses histoires ; deux recueils, par Gilbert Laconche, de Légendes et diableries creusoises ; et, concernant également la Creuse sans qu'elle y soit nommée, une étude de Jean-Louis Boulesteix, Mémoire de la vielle, éditée par le C.R.D.P. de Limoges.
LECTURES ET COMMUNICATIONS
— Deux relations succinctes sont faites par M. Patrick Léger des fouilles qu'il a dirigées, l'été, au Mont-Bernage, et par M. Oscar Hernandez de ses découvertes, à La Brousse (comm. Saint-Hilaire-la-Plaine), d'une villa gallo-romaine. Mme Lucette Bournazel envoie un plan du bourg d'Anzême localisant un souterrain fortuitement mis à jour lors de travaux de terrassement. M. René Chaussat, professeur à l'Institut agronomique de Paris, signale sur la Gosne, à Villevialle, entre Saint-Hilaire-le-Château et Saint-Georges-la-Pouge, un pont ancien en gros appareil, large de 4 à 5 m, qui était en usage avant 1900 et, dans son voisinage, l'existence de trois emplacements de villas.
— Mlle Marie-Annie Moulin, assistante à la faculté des lettres et sciences humaines de Clermont-Ferrand, qui consacre ses recherches à l'émigration marchoise au XVIIIe siècle (la paroisse de Banize, 1976 ; la période révolutionnaire, 1982), présente une importante étude sur La colonie marchoise à Paris au XVIIIe siècle. Ce travail, fondé sur le dépouillement, aux Archives nationales, des dossiers du Grand et du Petit Criminel, de la Chambre des bâtiments et des agendas du Guet et de la Garde, apporte sur la question, en dépit des lacunes que présentent les diverses sources, des vues tout à fait nouvelles ; il sera publié.
— M. Pierre Pageot a envoyé une étude sur La dysenterie dans la Creuse au XIXe siècle, qui sera publiée.
HOMMAGE A M. RENE CHATREIX
Les communications terminées, M. Carriat, au nom de la Société, rend hommage à M. René Chatreix, aujourd'hui âgé de quatre-vingts ans, de qui il retrace rapidement la carrière et les travaux. Adhérent à la Société depuis 1933, administrateur depuis 1939, trésorier de 1960 à 1982, il a assuré avec un dévouement et une conscience remarquables la gestion des finances de la Société, tout en menant, parallèlement à ses occupations professionnelles (il est resté trente-six ans instituteur à Saint-Maurice-la-Souterraine), de nombreuses recherches d'histoire locale, dont la plupart ont paru dans les Mémoires. Deux de ses publications sont particulièrement importantes : une Monographie de la commune de Saint-Maurice-la-Souterraine (1938-1949) et une Histoire de la vicomté de Bridiers (1964-1966), à quoi s'ajoute une Histoire de la Creuse publiée par les Presses du Massif Central en 1955 et rééditée en 1976. M. Carriat lui remet ensuite un recueil de Pages sostraniennes, comprenant une trentaine d'études inédites par lequel ses amis ont tenu à lui manifester leur affectueuse reconnaissance et leur estime. M. Chatreix, très touché par ces marques de sympathie, remercie les signataires de ce volume de mélanges et les personnes présentes, puis il évoque avec émotion le demi-siècle passé au sein de la Société et les présidents qu'il a connus, à commencer par Louis Lacrocq, qui dirigea ses premiers travaux. Cette cérémonie s'achève en toute simplicité sur un toast porté à la santé d'un des meilleurs serviteurs de la Creuse et de sa Société des sciences (2).
SÉANCE DU 20 NOVEMBRE 1982
Présidence de M. Amédée Carriat, président.
Présents. — Mmes/Mlles M.-E. Aubaile, S. Cerclier, J. Châteauvieux, M.-J. Colas, P. Dumas, S. du Vigneau, Y. Hourou, P. Jeuniaux, M. Larbanois, M.-L. Lecoq, S. Métrich, F. Mousson, A. Piboule, M. Pobé, J. Porcher, M.-H. Restoin, A. Tourte, P. Wagner ; MM. J.-L. Broilliard, A. Carriat, R. Chatreix, L. Colas, C. Deluchat, J.-G. Ducher, D. Dussot, O. Hernandez, J. Jamot, M. Lecoq, P. Léger, A. Lemasson, M. Manville, Ph. Mettoux, J.-P. Perceau, M. Piboule, C. Pobé, Ph. Rousseau, P. Saillol, P. Urien, L. Viollet, Ch. Wagner.
Excusés. — Mmes/Mlles A. Jabard, G. Lardy, A. Louradour, P. Maume, J. Sabourin ; MM. J. Gateau, H. Hemmer.
CHRONIQUE
Nécrologie. — La Société présente ses condoléances à la famille de M. Marc Michon, décédé à Vatan (Indre). Colonel du génie, M. Michon avait, durant son séjour à Guéret (1941-1950), collaboré aux Mémoires (Jean de Brosse, maréchal de Boussac, t. XXX-XXXII) et publié d'autre part des ouvrages d'ornithologie (Oiseaux de nos campagnes, 1948 ; Oiseaux du Berry, 1967) et un livre de souvenirs (Mes guerres et mes prisons, 1980).
Admissions. — Mlle Claudie Billot, technicienne, 93, quai de la Gare, 75013 Paris ; M. Robert Catinat, retraité de la S.N.C.F., route du Stade, Marsac, 23210 Bénévent-l'Abbaye ; Mme Paulette Dumas, Mazaudeix, 23300 La Souterraine ; M. Louis Janvier, retraité, 34, avenue de la Sénatorerie, 23000 Guéret ; M. Alain Lopez, opérateur programmeur, app. 310, bât. Les Mimosas, Le Puycharraud, 23300 La Souterraine ; Mme Andrée Mansau, professeur à l'université de Toulouse-Le Mirail, 8, rue de Verdun, 31000 Toulouse ; Mme Geneviève Pasquet, institutrice, 55, avenue Jean-Jaurès, 94100 Saint-Maur-des-Fossés ; M. Michael Schroeder, professeur honoraire à l'université de Copenhague, Arnac-la-Poste, 87160 Saint-Sulpice-les-Feuilles ; M. Claude Sirjacques, architecte, 36, avenue Manouvrier, 23000 Guéret ; Mme Ngoc Dung Trabuc, stomatologiste, 10, rue Victor-Hugo, 23000 Guéret.
Informations diverses. — Le président signale la participation récente de la Société à la Fête des associations organisées par l'Office municipal socio-culturel de Guéret, dans le cadre de laquelle ont eu lieu une conférence de M. J.-M. Desbordes, directeur des Antiquités historiques du Limousin, sur « Le patrimoine historique du Limousin » (12 nov.), une autre de M. P. Léger sur les « Sépultures et tumulus » (16 nov.) et, entre temps, une visite de la voie romaine dans la traversée de la forêt de Chabrières, puis des fouilles du Puy-de-Gaudy (13 nov.). D'autre part, le Groupe de recherches sur le patrimoine culturel du Limousin (L. Pérouas) a organisé une conférence-débat à Vassivière, le 13 novembre, sur « L'école au village en Limousin », avec M. Daniel Dayen, professeur d'histoire, et le témoignage de M. F. Moreigne, directeur d'école honoraire. Sur le même sujet, les archives de la Creuse et le C.D.D.P. ont publié un dossier documentaire établi par MM. Guy Avizou et Philippe Loy, Ecoles, maîtres et écoliers de la Creuse, de Jules Ferry à la 1re Guerre mondiale (voir la Bibliographie terminale).
M. Roger Malterre a fait don à la bibliothèque de sept cahiers d'études manuscrites dont il est l'auteur sur l'histoire de Peyrat-la-Nonière, Saint-Loup et Saint-Julien-le-Châtel. Il y fait référence à toutes les publications où il a déjà été traité de ces trois communes et a dépouillé avec soin nos Mémoires. Il a de plus travaillé aux Archives départementales, dépouillé les registres paroissiaux et recueilli un grand nombre de documents inédits. Dans ces trois monographies, il s'est attaché surtout à décrire et analyser les institutions et les rapports juridiques entre les personnes ; sa contribution à l'histoire des communes privilégie tout particulièrement l'histoire du droit. Malgré l'absence parfois de références ou de précisions chronologiques (ex. quant aux mercuriales de Saint-Julien), et aussi des lacunes (ex. la démographie des paroisses étudiée d'après les registres paroissiaux), elles ont le mérite de révéler des documents inconnus, de rectifier à l'occasion des erreurs (ex. au sujet du dernier seigneur de Saint-Julien) ; parmi les documents recueillis, l'un semble particulièrement intéressant pour l'histoire de la Marche et mériterait une étude particulière : le registre des comptes de Jacques Dutromp pour les années environnant 1670-1680. (Pierre Urien.)
LECTURES ET COMMUNICATIONS
La Société a reçu un nombre important de communications qui ne peuvent être lues toutes dans leur intégralité. Le président présente un résumé des notes envoyées par M. René Labrousse sur Saint-Pierre-de-Fursac (découvertes archéologiques récentes : urne à incinération, deux outils préhistoriques, souterrain de Montoys, meule, vestiges de construction ; effets du remembrement sur le milieu naturel), — par M. Jean-Marie Rouet sur des restaurations récentes dans l'église de Nouziers, — par M. René Boudard sur la vie urbaine à Bourganeuf, d'après des ordonnances de police du XVIIIe siècle et un règlement municipal de 1864, — par M. Pierre Urien sur George Sand et la Creuse en 1848, — par Mlle Jacqueline Sabourin sur un Aubussonnais en Californie de 1850 à 1854, — par M. René Barret sur les premiers enseignements du recensement de la population de 1982. Ces divers textes seront publiés.
— M. Paul Maitre envoie une note sur la carrière de La Graulle (comm. de La Forêt-du-Temple).
Reprise en 1924 à la Société civile des granites du Centre (fondée en 1910), cette carrière couvre actuellement 22 500 m2, avec une hauteur totale de front de 80 m, dont 50 au-dessous du niveau d'écoulement des eaux, et occupe 30 à 40 ouvriers (plus de 150 au lendemain de la Seconde Guerre mondiale). Elle a fourni des pavés mosaïque notamment aux Ponts et Chaussées du Cher en 1924, à la Ville de Paris et aux Ponts et Chaussées de la Seine de 1929 à 1958 (73 500 t qui ont permis de couvrir 386 000 m2 de chaussée aux Champs-Elysées, à la Défense et à Courbevoie), et également, de 1946 à 1972, des revêtements de protection pour les barrages au fil de l'eau sur le Rhône, l'Isère, le Rhin... (env. 60 000 m2, soit 25 000 t de granite). Depuis 1970, les Ateliers Maitre se sont spécialisés dans la rectification du granite, travail de haute précision garantissant une planéité au millième de millimètre près.
— M. Dominique Dussot présente une communication sur le dolmen des Bains, comm. de Sainte-Feyre, découvert fortuitement en 1970 et qui a été l'objet d'une fouille de sauvetage en 1976 et 1979. Cette note sera publiée.
— M. Oscar Hernandez commente des diapositives sur les fouilles entreprises à La Brousse (comm. Saint-Hilaire-la-Plaine), où il a exhumé dans le cours de l'été des vestiges protohistoriques et les restes d'une villa gallo-romaine, — sur la « Voie Noire » (comm. Saint-Léger-le-Guérétois), mises au jour sur des sépultures gallo-romaines dans la région de Saint-Vaury - Le Grand-Bourg.
— M. Maurice Piboule présente, cartes à l'appui, les sites de Saint-Marien et Sainte-Radegonde (comm. Budelière), qui ont connu des occupations échelonnées sans discontinuer du Néolithique à la période moderne, — tout particulièrement Sainte-Radegonde, anciennement Le Châtelet-d'Entraygues, où subsistent une belle petite chapelle romane et un cimetière du XVIIe siècle dans un enclos subcirculaire. Il évoque en même temps l'aspect mythique de ce point topographiquement et historiquement important, où les deux saints assurent la protection des gués sur de très anciennes voies passant au pied de ces oppida, en limite de territoire, et où se maintiennent des pèlerinages traditionnels. Cette étude sera publiée.
— Mlle Françoise Mousson décrit les peintures murales de Lavaufranche déjà présentées dans les Mémoires par M. André Guy peu après leur découverte en 1958. Entièrement dégagées et restaurées en 1977, elles constituent aujourd'hui un ensemble d'un grand intérêt stylistique et iconographique, avec leurs deux séries de motifs : l'un de la fin du XIIIe ou du début du XIVe siècle, l'autre datant de 1330-1340 avec des représentations de saint Jean-Baptiste, patron des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, de saint Martial et de sainte Valérie, ainsi que d'une scène de combat faisant allusion aux croisades. Cette étude sera publiée.
— M. Paul Saillol rend compte brièvement des rapports présentés au Conseil général par Edouard Delamarre, préfet de la Creuse de 1842 à 1847. Particulièrement copieux et mûris, ils présentent un grand intérêt pour l'étude de l'évolution économique et sociale du département, où Delamarre, originaire de la Seine-Inférieure, sera élu et réélu député de 1852 à 1870.
Après la clôture de la séance, les assistants ont visité, à la M.J.C., la remarquable exposition sur l'archéologie creusoise organisée par MM. P. Léger et O. Hernandez.
(2) Pour la bibliographie de ses travaux, voir Pages sostraniennes, p. 171-176.