SÉANCE DU 17 JANVIER 1987
Présidence de Mlle Lalaguë-Guilhemsans.
Présents. — Mmes/Mlles A. Bichet, M.-Th. Lalaguë-Guilhemsans, F. Mousson, S. Nicolas ; MM. X. Chabois, P. Cottet, D. Dussot, M. Manville, F. Mimon, H. Niveau de Villedary, P. Saillol, C. Sirjacques. Excusés. — MM. E. Taillemite, J.-L. Broilliard, P. Urien.
COMMUNICATIONS
— Une douzaines de personnes avaient bravé froid et neige pour venir assister à une séance très réduite, puisqu'elle ne comportait que deux communications, les rapports et les élections ayant été repoussés à la séance de mars.
— Dans la première communication M. Paul Saillol se proposait essentiellement de démythifier le châtaignier, trop souvent considéré comme l'arbre du Limousin, et tout particulièrement de la Creuse. Il rappela le titre d'une récente bande dessinée de Grousset et de Farin, en partie inspirée par l'histoire de Martin Nadaud, Les mangeurs de châtaignes (1983), et appuya sa communication sur une analyse de la thèse de M. Pitte, Hommes et paysages du châtaignier en Europe, de l'Antiquité à nos jours, soutenue en Sorbonne en 1986.
Le temps de parole étant, par la force des choses, moins compté aux orateurs que lors d'une séance normale, M. Saillol présenta également d'autres études traitant non seulement de l'extension de la culture du châtaignier en Limousin, mais encore des causes de son déclin et même de ses possibilités présentes ; il rappela enfin tout l'intérêt, malgré sa date ancienne (1940) de l'ouvrage consacré par Aimé Perpillou au Limousin rural. La communication fut suivie d'un échange de vues avec les participants à propos du rôle et de l'importance du châtaignier dans certaines parties du département.
— Puis M. Dominique Dussot évoqua ses récentes découvertes sur le « vicus » de Bridiers, commune de La Souterraine, qui modifient quelque peu les théories jusqu'alors avancées. Cette bourgade, dont ni le nom antique ni la fonction ne sont connus avec certitude, semble être née autour d'une exploitation agricole grâce au croisement de deux grandes voies antiques. De récents travaux ont permis de recueillir un abondant mobilier, confirmant une romanisation précoce et un abandon vers 270-275 après J.-C. ; mais rien ne permet encore de connaître l'évolution de ce « vicus ».
— Enfin M. Dussot annonça une récente découverte, dans la région d'Auzances, de vestiges importants de l'époque romaine, et une discussion s'engagea sur les possibilités de traitement et de conservation des vestiges fortuitement mis au jour lors de travaux.
SÉANCE DU 21 MARS 1987
Présidence de M. Etienne Taillemite, président.
Présents. — Mmes/Mlles J. Basset, C. Beauchet, Y. Beauchet, A. Bichet, L. Bournazel, J. Chaix, H. Daudonnet, L. de Lamaëstre, G. Duguey, B. Faure, A.-M. Galateau, Y. Hourou, A. Jeuniaux, M.-Th. Lalaguë-Guilhemsans, M. Larbanois, P. Marouseau, M. Mathias, S. Métrich, F. Mousson, S. Nicolas, C. Parouty, J. Porcher, J. Sabourin, M. Taillemite, A. Tourte ; MM. P.-V. Archassal, B. Aubreton, R. Auclair, G. Avizou, R. Barret, J.-L. Broilliard, X. Chabois, P. Collin, B. Daubigney, D. Dayen, V. Delotte, R. Dugot, D. Dussot, J. Faure, P. Lacroix, H. Lacrocq, P. Léger, Ph. Loy, M. Manville, F. Mimon, M. Parouty, R. Parton, J. Picaud, P. Saillol, E. Taillemite, A. Tessier, R. Thome, P. Urien. Excusés. — Mme S. du Vigneau.
ASSEMBLÉE GÉNÉRALE STATUTAIRE
Un peu plus de cinquante personnes étaient présentes à l'assemblée générale du 21 mars.
Rapport d'activité. — M. Taillemite, président, présenta le rapport moral de 1986 et rappela les activités de l'année de la Société, qui compte actuellement près de 850 membres.
La séance foraine, accompagnée d'expositions par les Services d'archives de la Creuse, par le musée de Guéret et les Amis du musée, s'est tenue les 24-25-26 mai à Dun-le-Palestel. Les fréquentations de la séance et des expositions ont été satisfaisantes.
La série des « Etudes creusoises » s'est enrichie d'un nouveau titre : Aux origines du Front populaire dans la Creuse, dû à Georges Dauger.
Le classement des archives et de la bibliothèque de la société, grâce à l'aide des Services d'archives, s'est poursuivi, effectué principalement par Mlle Mousson à qui M. Cumont a bénévolement apporté son concours.
Rapport financier. — Mme Bichet présenta le rapport financier arrêté au 31 décembre 1986.
Le total des recettes s'élève à 189 471 F, dont 25 936 F reliquat de l'année précédente.
Les principales recettes se décomposent ainsi : cotisations et dons 52 604 F ; vente des Mémoires et des Etudes creusoises 16 826 F ; subventions du Conseil général 15 000 F, des Archives nationales 10 000 F, de la ville de Guéret 2 500 F.
Les dépenses atteignent 172 761 F, les principales étant l'impression des Mémoires 70 078 F et des Etudes creusoises n° 7 Aux origines du Front populaire dans la Creuse 40 240 F.
L'exercice 1986 se solde donc par un excédent de 16 710 F. MM. Lacroix et Saillol, désignés comme commissaires aux comptes, vérifient l'exactitude de la comptabilité ; après quoi, le rapport financier mis aux voix est adopté à l'unanimité. L'assemblée générale décide de porter à 110 F le montant de la cotisation pour 1988.
ELECTIONS AU CONSEIL D'ADMINISTRATION
Six postes d'administrateurs étaient à pourvoir
Les candidats étaient MM. Pierre-Valéry Archassal, Guy Avizou, Bernard Daubigney, Dominique Dussot, Mlle Laurence de Lamaëstre, MM. Patrick Léger, Michel Manville, Mlle Françoise Mousson, Mme Simone Nicolas et M. Pierre Villard ; tous avaient adressé au Président une lettre de candidature dans les délais prévus. Seuls les membres de la Société ayant droit de vote, il y eut 50 votants, et aucun bulletin nul.
Obtinrent : Mlle Mousson, 49 voix ; M. Manville, 40 voix ; MM. Archassal, Léger et Villard, 34 voix ; M. Avizou, 29 voix ; M. Daubigney, 22 voix ; Mme Nicolas, 19 voix ; M. Dussot et Mlle de Lamaëstre, 18 voix. En conséquence furent déclarés élus MM. Archassal, Avizou, Léger, Manville, Mlle Mousson et M. Villard.
CHRONIQUE
Admissions. — M. Michel Aubrun, professeur d'histoire à l'université de Clermont-Ferrand, Lourdoueix-Saint-Michel, 36140 Aigurande ; M. Bernard Beauchet, biologiste-pharmacien, 24 du Maine-Brie, 16000 Angoulême ; M. Michel Chevalier, cadre de la B.N.P., 1730 rue l'Orme-au-Coin, Saran, 45400 Fleury-les-Aubrais ; M. Jean Faure, retraité, Le Rembucher, Lépaud, 23170 Chambon-sur-Voueize ; M. Philippe Janot, employé du département, 1, rue Olivier-de-Pierrebourg, 23000 Guéret ; M. Guy Coureaud, inspecteur du Trésor en retraite, 69, rue Louis-Blanc, 03200 Vichy ; M. François Jonathan, P.D.G. de la B.N.P., 8 Springrove Crescent, Outremont, Québec ; Mme Suzanne Moreigne, retraitée de l'enseignement, 35, rue du 11-Novembre, 23000 Guéret ; M. Jean Pion, retraité de l'Education nationale, « Le Grafignon », Lacs, 36400 La Châtre ; M. Daniel Razet, maçon, Villasmeillas, Sainte-Feyre, 23000 Guéret.
Informations générales. — Le président fit savoir que M. R. Calinaud a déposé aux archives de la Société le dossier complet des recherches préparatoires à l'article intitulé « Les racines marchoises des L'Hermite », qu'il fera paraître dans le prochain volume des Etudes creusoises.
Ensuite il précisa que l'excursion annuelle aurait lieu le 6 septembre 1987 dans la région de Vassivière, puis céda pendant quelques minutes la parole à Mme Chaix, qui attira l'attention de la Société sur le sort de la chapelle du Maslaurent, sur la commune de Croze.
Dons à la bibliothèque. — Parbel Pierre et Poitelon Jean-Claude, Bibliographie de la presse française politique et d'information générale des origines à 1914 — Creuse, Paris, B.N., 1986.
Par M. et Mme Parouty : Mère Marie de Jésus du Bourg, S.I.L.I.C. imp., 1935 ; Lunaud Alphonse, Thèse pour la licence de droit, Paris, Lacour, 1855 ; Brunet A., Synthèses de pharmacie et de chimie, Boutrez, 1898 ; Cornudet E., Rapport portant fixation du budget général de l'exercice 1894, Chambre des députés.
COMMUNICATIONS
— La première communication, « Les inhumations dans l'église de Moutier-Malcard au XVIIIe siècle », était présentée par M. Archassal, qui a relevé dans les registres paroissiaux entre 1737 et 1762 les mentions que faisait le curé des lieux où il inhumait ses paroissiens. L'étude, appuyée par des statistiques et un plan de l'église permettant de situer les enterrements dans le sanctuaire, montre qu'y furent inhumées des personnes de toutes conditions (seigneurs, mais aussi laboureurs, artisans, commerçants et bourgeois), de tous âges (des enfants morts en bas âge aux vieillards de 90 ans), du bourg de Moutier comme des villages. Les mois d'hiver, où le sol était profondément gelé, voyaient une augmentation des sépultures dans l'église, mais pendant toute l'année chacun recherchait, en réunissant ses économies, à être enterré le plus près possible du chœur de l'édifice. Une dominante familiale est indéniable : les parents, les enfants et leurs éventuels conjoints étaient souvent tous enterrés dans l'église, mais à des places différentes. Quant à la question de la salubrité des lieux, elle reste entière.
— M. Avizou présenta la seconde communication, « Quelques aspects de l'agriculture et des campagnes creusoises de la fin de la Première Guerre mondiale aux années 50 », en commençant par brosser un tableau des campagnes creusoises au début des années 1900. L'extension de l'espace cultivé (atteignant alors un maximum qui ne sera jamais dépassé) et un certain équilibre social (permettant la fin des migrations temporaires) caractérisaient l'achèvement de la première révolution agricole. Alors que les paysans creusois payèrent un lourd tribut à la Grande Guerre, le retour à la paix, marqué par l'inflation, vit l'amélioration de la situation de ceux qui survécurent, particulièrement des fermiers et métayers des grands domaines. La crise des années 1930, avec sa brutale chute des cours à la production, fut assez peu ressentie par la masse des paysans, car elle fut amortie par une importante autoconsommation familiale. Les bouleversements de la seconde révolution agricole (essentiellement mécanisation et accélération de l'exode rural) s'amorcèrent seulement au début des années 1950.
SÉANCE DU 16 MAI 1987 — CHÉNÉRAILLES
Présidence de M. Etienne Taillemite, président.
Présents. — Mmes/Mlles A. Bichet, A. Boucher, M. Brandy, M.-F. Briquet, S. Caylus, J. Chaix, H. Daudonnet, I. Dauger, S. Doublard du Vigneau, G. Duguey, Y. Hourou, M. Létang, S. Métrich, J. Porcher, J. Sabourin, M. Taillemite ; MM. R. Auclair, C. Aumasson, R. Boucher, J.-L. Broilliard, H. Champeaux, P. Collin, G. Dauger, A. Duguey, J. Faure, H. Lacrocq, P. Lajoix, P. Lavédrine, P. Léger, J. Létang, F. Mimon, P. Saillol, M. Sourioux, E. Taillemite, A. Tessier. Excusés. — Mlle Lalaguë-Guilhemsans ; MM. A. Carriat, D. Dussot, P. Urien.
Remerciements. — L'exposition consacrée au canton de Chénérailles et à son histoire, préparée par la Société des sciences avec la collaboration des Archives départementales, avait été inaugurée le matin. La Société remercie tous ceux et celles qui ont contribué à sa réalisation : le Service départemental des archives, Mlle J. Sabourin, la municipalité de Chénérailles, et particulièrement son maire M. Lavédrine. L'exposition restée ouverte trois jours accueillit plus de 350 visiteurs, dont environ 170 scolaires le lundi.
CHRONIQUE
Admissions. — Mme Solange Caylus, retraitée, Lignaud, 23360 Lourdoueix-Saint-Pierre ; M. Jean-Claude Franchaisse, agriculteur, La Chassagne, Soumans, 23600 Boussac ; Mme Marie-Françoise Greminger, animatrice de radio, Le Chézeaud, Saint-Yrieix-les-Bois, 23150 Ahun ; M. et Mme Jean et Madeleine Létang, retraités, Les Petits Cerisiers, Lignaud, 23360 Lourdoueix-Saint-Pierre ; M. Jean-Jacques Mingasson, employé d'assurances, 4, rue Christian Mariey, 77500 Chelles ; M. Jacques Parade, ingénieur, 139 bis, avenue de Louyat, 87100 Limoges.
Dons à la bibliothèque. — Travaux d'archéologie limousine, vol. 6, 1985 ; par M. D. Dayen : Favone Maurice, Histoire de la Marche, Paris, Dorbon aîné, 1938 ; par M. J. Tintou son ouvrage : De l'apogée à la chute de l'Empire — Les Limousins font l'histoire, 1807-1815, Saint-Etienne, Dumas, 1987 ; Les Amis de Sous-Parsat, bulletin 1986.
Informations générales. — M. Taillemite annonça la réalisation de deux films sur le département : l'un par M. André Malterre Trésors creusois avec un commentaire de M. André Guy ; l'autre Paysans et campagnes de la Creuse par la Direction des services d'archives de la Creuse ; ainsi que la parution du tome II de la bande dessinée de Patrice Pellerin et Jean-Charles Kraehn Les aigles décapitées, dont l'action se déroule à Crozant.
COMMUNICATIONS
— M. Pierre Lavédrine, maire de Chénérailles, retraça l'histoire de Chénérailles jusqu'à nos jours, et rappela que la commune très vivante et dynamique, comptait 837 habitants au dernier recensement complémentaire, soit une remarquable augmentation de 22 % depuis le recensement de 1982.
— M. Patrick Léger évoqua ensuite la préhistoire du canton de Chénérailles, dont le vestige le plus ancien est le dolmen de La Serre-Bussière-Vieille ; son plan se rapproche de celui des mégalithes de type angoumoisin, datés du néolithique moyen. Plusieurs dépôts de l'âge du bronze ainsi que quelques objets isolés de la même période forment un ensemble protohistorique particulièrement riche par rapport aux autres cantons du département. Les deux haches trouvées dans les mottes médiévales de La-Tour-Sainte-Austrille suggèrent une première phase d'occupation bien antérieure à l'époque médiévale.
— Puis M. Pierre Lajoix parla de la restauration du château de Villemonteix. Le financement des travaux touchant ce château, archétype de la construction militaire de la fin du Moyen Age, ouvert au public, n'est couvert qu'à 20 % par des subventions.
— M. Jean-Louis Broilliard analysa une supplique envoyée par Chénérailles à l'Assemblée nationale en décembre 1789 pour obtenir une place de district dans la nouvelle organisation territoriale. Cette supplique présente la ville dans son cadre local et développe les arguments économiques sur lesquels s'appuie la revendication : foires de bestiaux, nœud routier. Elle complète donc le cahier de doléances, plus axé sur les problèmes généraux de transformation de la société et du pouvoir. Ce sont les négociants, et non plus les hommes de loi, qui font prévaloir leur point de vue.
— Enfin Mlle Jacqueline Sabourin rappela l'incendie du bourg de Saint-Médard, qui eut lieu le 8 janvier 1877. Le bourg était alors presque entièrement situé à droite de la rue montant à l'église, et comptait 92 habitants (18 familles). L'incendie éclata vers 11 heures du matin, sous un vent violent, et s'étendit rapidement à cause des toitures en chaume. Quatre corps de pompiers luttèrent contre le feu, qui ne fut maîtrisé que tard dans la soirée. Toute la partie du bourg à droite de la rue montant à l'église, jusqu'à la croix, fut totalement détruite, et onze familles partiellement ou totalement sinistrées. La reconstruction fut assez rapide, et certains en profitèrent pour s'installer un peu en dehors de l'ancien bourg ; tous abandonnèrent les couvertures de chaume.
SÉANCE DU 18 JUILLET 1987
Présidence de M. Etienne Taillemite, président.
Présents. — Mmes/Mlles A. Bichet, S. Caylus, H. Daudonnet, S. du Vigneau, Y. Hourou, M.-Th. Lalaguë-Guilhemsans, M. Létang, S. Métrich, F. Mousson, Th. Nore, M. Taillemite ; MM. G. Arnault, R. Auclair, G. Avizou, P. Collin, G. Dauger, D. Dayen, J. Faure, J. Gateau, H. Lacrocq, J. Lecante, P. Léger, J. Létang, M. Manville, F. Mimon, R. Nicoux, J. Pion, P. Saillol, E. Taillemite, A. Tessier, P. Urien, J.-P. Verguet.
Admissions. — Mlle Marie Aurousseau, retraitée, 24, avenue Georges-Clémenceau, 23170 Chambon-sur-Voueize ; Mme Jeanine Berducat, enseignante, 7, rue Hervé-Faye, 36000 Châteauroux ; M. Pierre Grandier-Vazeille, retraité, 5, rue Turenne, Le Maillan, 33160 Saint-Médard-en-Jalles ; M. Jean-Pierre Lécrivain, garde national de la chasse, Jouillat, 23220 Bonnat ; M. Camille Veedier, directeur départemental honoraire des Impôts, 2, rue du Printemps, 23000 Guéret.
Nécrologie. — La Société déplore la disparition de deux de ses membres : M. Julien Boudard, curé d'Issoudun, et Mme Suzanne Guillot, de Bazelat, et adresse à leurs familles ses condoléances.
Dons à la bibliothèque. — Par M. A. Guy sa plaquette Toulx-Sainte-Croix et son église, réédition ; par M. P. Urien, Catalogue de l'exposition Chapiteaux romans des églises de Corrèze, photographies de J.-F. Amelot, Tulle, 1987 ; par les Archives départementales de la Creuse la pochette du service éducatif des Archives Paysans et campagnes de la Creuse de la fin de l'Ancien Régime à la IVe République ; par MM. R. Nicoux et P. Urien le catalogue de l'exposition Les maçons de la Creuse et autres migrants ; par M. P. Grandier-Vazeille Naissance d'une commune ; par M. R. Bourdet Œil de faucon, n° 19, juin 1987 ; par Mlle J. Basset, Guide de la Creuse.
Informations générales. — MM. A. Carriat et P. Urien ont représenté la Société au XLVIIe congrès de la Fédération des sociétés savantes du Centre, tenu à Tulle du 15 au 17 mai, et ont participé à la journée de communications : A. Carriat avec Un maréchal de France dans la Creuse : Achille Baraguey d'Hilliers, propriétaire au Grand-Bourg (1857-1879) ; P. Urien avec Jacques Barraband, peintre des oiseaux (1768-1809).
Le président annonça la projection, le 22 juillet, à la bibliothèque de la Société, du film réalisé par la Direction des services d'archives de la Creuse Paysans et campagnes de la Creuse. Puis le président confirma le fait que l'excursion de la Société aurait lieu le dimanche 6 septembre dans la région de Royère, et que les modalités pratiques en seraient portées à la connaissance des adhérents par voie de presse. Il annonça enfin la tenue à Paris, du 23 au 25 octobre 1987, d'un colloque intitulé « La Révolution française et le monde rural », auquel participera M. Paul Saillol par une communication consacrée aux « communaux dans la Creuse » (samedi 24 octobre, 9 h 30 - 12 h 30), ainsi qu'une réunion spéciale de la Société, le samedi 19 septembre au matin, à laquelle sont invités tous ceux qui désireraient participer à la rédaction du volume Etudes creusoises 1988, relatif aux débuts de la Révolution (1789-1790).
COMMUNICATIONS
— M. Saillol exposa les divers projets de canaux élaborés pour la Creuse de 1792 à 1922 ; ce thème n'avait jusqu'alors été abordé, très brièvement, que par un article des Mémoires de la Société en 1958 et par la thèse de M. Corbin.
M. Saillol, s'appuyant notamment sur l'exemple du « canal de la Garonne à la Loire », expliqua l'importance de ces projets et leur signification pour un département comme celui de la Creuse, dont le manque de toute voie d'eau a constitué pendant des siècles une infirmité majeure. Cela n'empêcha jamais les Creusois d'avoir des idées et de l'ambition puisque, rappela M. Saillol, ils envisagèrent au lendemain de la Grande Guerre de faire passer par leur département la « quatre voies » du 45e parallèle, qui devait relier Bordeaux... à Odessa (U.R.S.S., sur la mer Noire).
— Puis Mlle Thérèse Nore présenta une série de diapositives consacrées aux rapaces que l'on peut observer dans notre département. Son commentaire, à la fois savant, mais accessible, et non dénué d'humour, permit de découvrir quelques-unes des 17 espèces de rapaces diurnes et 7 nocturnes que les ornithologues de la S.E.P.O.L. (Société pour l'étude et la protection des oiseaux en Limousin, 11, rue Jauvion, 87000 Limoges) étudient depuis 10 ans. Le régime alimentaire de beaucoup d'entre eux (buses, chouettes, faucons crécerelles) est basé sur les petits rongeurs, tandis que certains spécialistes comme l'épervier consomment des oiseaux, des serpents (circaète) ou des hyménoptères (bondrée). Le baguage met en évidence un apport d'hivernants en provenance du nord-est de l'Europe, et un mouvement des jeunes oiseaux nés chez nous vers le sud-ouest de la France, l'Espagne et le Maroc. Si certaines espèces comme la buse variable ou la chouette hulotte se maintiennent, d'autres accusent une nette régression (faucon hobereau), ne nichent plus (faucon pèlerin, grand et petit duc) ou sont dans une situation préoccupante (faucon crécerelle, chouette chevêche). Enfin les populations de bondrées, busards, autours, éperviers et moyens ducs semblent instables et fragiles.
De nombreuses questions et échanges de vues suivirent cette communication, touchant notamment la longévité des rapaces, l'évolution de leur population et les conséquences pour eux de l'action des hommes, officielle ou clandestine, sur leur environnement.
La séance se termina par la visite du site archéologique de Labrousse en compagnie de M. Patrick Léger et de M. Ferdinand Mimon.
SÉANCE DU 19 SEPTEMBRE 1987
Présidence de M. Etienne Taillemite, président.
Présents. — Mmes/Mlles S. Berger, S. Caylus, H. Daudonnet, I. Dauger, Y. Hourou, M.-Th. Lalaguë-Guilhemsans, M. Létang, S. Métrich, C. Parouty, J. Porcher, M. Taillemite, M. Tessier, S. Theillou ; MM. P.-V. Archassal, G. Avizou, R. Barret, A.-R. Berger, J.-L. Broilliard, G. Dauger, R. Ducrocq, R. Dugot, D. Dussot, J. Gateau, H. Lacrocq, L. Lambert, J. Létang, Ph. Loy, M. Manville, M. Parouty, E. Taillemite, A. Tessier, R. Thome, P. Urien. Excusés. — Mme A. Bichet ; Mlle F. Mousson ; MM. R. Auclair, O. Hernandez, P. Léger.
Admissions. — Mme Jeanine Datain, 45, boulevard de l'Ouest, 93340 Le Raincy ; Dr Claude Faury, médecin, 6, rue du Prat, 23000 Guéret ; M. Patrick Geoffroy, professeur, 75, boulevard Kellermann, 75013 Paris ; M. Jean Vedrine, 98, rue des Colombes, 92600 Asnières.
Nécrologie. — La Société s'associe au deuil des familles de Me Jean Robert, de Guéret, de M. René Commergnat, de La Souterraine, et de M. René Villard, de Guéret.
Dons à la bibliothèque. — Millevaches en Limousin - architectures du plateau et de ses abords, Cahiers de l'Inventaire 9, 1987 ; Bulletin de la Fondation Maurice Dayras, Aubusson, 1987 ; par Mme Chaix 145 ouvrages hérités de M. de Cessac.
Informations générales. — Dans le cadre de l'opération « Portes ouvertes dans les monuments historiques », Mme Lecointre donnera, le 20 septembre, une conférence « Décors mobiliers dans les églises et chapelles de la Creuse » à la bibliothèque de la Société.
COMMUNICATIONS
Le président donna la parole à M. Armand Tessier qui a signalé un menhir possible au voisinage du dolmen de Naillat.
— Les communications proprement dites ont commencé par celle de M. René Calinaud, consacrée au site gallo-romain des Courteix (commune de Saint-Dizier-Leyrenne). Ce site occupe la partie inférieure d'un replat orienté au sud, et comprend trois parties distinctes marquées chacune par un bosquet. La première, en zone haute, forme une plate-forme trapézoïdale d'environ 70 m est-ouest et nord-sud ; des travaux y ont fait apparaître des pierres de maçonnerie non appareillée et des tuiles à rebord. La zone moyenne, à une trentaine de mètres de la première, forme un rectangle d'environ 33 m sur 25, et l'on y trouve des tuileaux. La dernière, en zone basse à environ 45 m de la zone moyenne, est un bosquet carré d'environ 20 m de côté avec également des pierres et des tuiles. Près du site se trouvent l'emplacement d'une source, d'où l'on pouvait amener l'eau jusqu'à la première plate-forme, et ce qui devait être autrefois une terrasse de culture. Deux chemins desservent ce site. Enfin une description des poteries et des matériaux trouvés terminait la communication.
— M. Dominique Dussot présenta ensuite le résultat de fouilles exécutées pendant l'été 1987, qui se regroupent sous trois rubriques essentielles : les habitats civils, les lieux de culte et les nécropoles, d'étroites relations existant souvent entre ces thèmes. Il convient de constater combien l'année 1987 a été riche de découvertes. Il y eut, entre autres, les éléments tibéro-claudiens de la villa de Coux, près d'Auzances ; les sculptures de Parsac ; les imposantes structures de Bridiers, près de La Souterraine ; les céramiques entières de Toulx-Sainte-Croix, celles enfin de Louroux (près de Saint-Priest-d'Evaux), où près de 170 incinérations ont vu le jour depuis le début des fouilles. M. Dussot rappela pour terminer que ce bilan tout à fait positif ne pouvait toutefois être dressé que grâce à la participation de bénévoles, qu'il remercia.
— M. Jean-Louis Broilliard évoqua alors quelques aspects de la mentalité paysanne au début de la Révolution à Saint-Sulpice-le-Guérétois, en présentant une lettre écrite vers avril 1790 par le maire de Saint-Sulpice aux députés de l'Assemblée nationale. Le maire se faisait l'interprète des sentiments des campagnards et du « petit peuple » à l'égard de « ces messieurs de Guéret », accusés vertement de nombre de turpitudes : ils accaparaient les grains, les vendaient plus cher aux campagnards, cherchaient à affamer le peuple pour mieux le soumettre, et allaient jusqu'à cacher les décrets de l'Assemblée nationale.
Ces accusations témoignent d'une mentalité paysanne traditionnelle faite de méfiance et d'hostilité à l'égard des citadins. Les débuts de la Révolution ne firent qu'exacerber cet état d'esprit : une protestation populaire véhémente existait. Quelques propositions témoignent, quant à elles, d'une mentalité moderne : par exemple, envoi systématique des décrets dans les municipalités de la campagne, et dédommagement des maires de la perte d'un temps précieux que représentait pour eux la gestion des affaires communes.
— Enfin M. Georges Dauger présenta un historique des fours à chaux creusois, dont la production atteignit son maximum entre 1880 et 1939. Le chaulage se répandit surtout grâce au chemin de fer. Celui-ci effectuant ses transports par wagons, ce qui dépassait largement les besoins des petits exploitants, ces derniers furent obligés de se grouper (début des syndicats agricoles) ou d'acheter la chaux à un grossiste, qui prélevait son bénéfice. D'où l'idée de fabriquer le produit sur place, d'autant plus que la lenteur de l'acheminement entraînait un début de carbonatation de la chaux reçue. Des fours à chaux furent construits à partir de 1870, toujours à proximité des gares où parvenaient calcaire et combustible. Il en exista de La Souterraine à Auzances et de Bonnat à Aubusson. En 1929, sept subsistaient ; les derniers à fonctionner furent ceux de Parsac (route de Gouzon), qui cessa son activité en 1954, et de la gare d'Auzances, qui s'éteignit un an plus tard. La chaux artisanale ne pouvait en effet supporter la concurrence de la chaux industrielle ; depuis 32 ans, le département ne produit plus de chaux.
SÉANCE DU 21 NOVEMBRE 1987
Présidence de M. Etienne Taillemite, président.
Présents. — Mmes/Mlles J. Basset, A. Bichet, L. Bournazel, S. Caylus, J.-M. Gabriagues, M.-Th. Lalaguë-Guilhemsans, M. Létang, F. Mousson, C. Parouty, J. Porcher ; MM. G. Arnault, G. Avizou, R. Barret, R. Bournazel, J.-L. Broilliard, A. Carriat, X. Chabois, D. Dayen, H. Delignay, J. Faure, H. Lacrocq, P. Lacroix, P. Léger, J. Létang, F. Mimon, R. Nicoux, M. Parouty, P. Saillol, E. Taillemite, A. Tessier, P. Urien. Excusés. — Mmes Y. Hourou, S. Métrich ; MM. R. Auclair, J. Gateau.
Admissions. — Mme Michèle Baubier, aide-ménagère, La Troudière, Saint-Georges-Nigremont, 23500 Felletin ; M. François Faurant-Delannoy, contrôleur des Impôts, résidence du Parc, 65, avenue du Général-Leclerc, 38200 Vienne ; M. Louis Lambert, ingénieur, Les Bussières, Saint-Oradoux-près-Crocq, 23260 Crocq ; Dr Yvon Meslier, médecin, 7, boulevard de Reuilly, 75012 Paris.
Nécrologie. — Le président adresse les condoléances de la Société aux familles de M. Marcel Bouchet, de Châteauroux, et de M. Marcel Rousselet, de Guéret, tous deux directeurs d'école honoraires.
Dons à la bibliothèque. — Monographie de Saint-Sulpice-les-Feuilles, réédition Verso ; par M. Jean Rocacher son étude Les restaurations des sanctuaires de Rocamadour, institut catholique de Toulouse ; par Mme Ginette Lajoix une carte postale ancienne Le Musée ; par M. Casanova une carte postale Le mausolée de Zizim.
Informations générales. — Le président a signalé diverses manifestations : l'exposition « 150 ans de protohistoire » (musée des pays de la Creuse, Guéret) ; la première « Journée creusoise de l'économie » (C.M.C.N. de Sainte-Feyre, 12 décembre) ; le colloque « Les Carnot sous la troisième République » (Limoges, 21 novembre) ; le Congrès archéologique de France qui aura lieu à Moulins en 1988.
Il fait ensuite savoir l'existence d'une Vue de Guéret, par Eugène Delacroix, esquisse se trouvant aux Etats-Unis.
COMMUNICATIONS
— Après la présentation de divers ouvrages intéressant la région par le président et celle par M. Saillol d'une étude sur le bassin de la Loire, ce dernier fit un bref compte rendu de l'exposé qu'il a donné le 24 octobre dernier dans le cadre du colloque « La Révolution française et le monde rural » qui se tenait à la Sorbonne.
— Furent ensuite projetées quelques diapositives de l'excursion 1987 de la Société, qui avait eu lieu le 6 septembre dans le sud du département et la région de Royère. On put ainsi notamment admirer les sculptures du Masgot (Fransèches), le barrage du Dorat, le château du Monteil-au-Vicomte, le petit train de l'île de Vassivière, et enfin l'ascension du « Rocher du Diable » par quelques membres de la Société, ce qui valut au sympathique professeur Paul Saillol, pris sur le vif dans une situation inattendue, une ovation particulièrement nourrie de l'assistance.
— Les communications commencèrent par la présentation par M. Urien des derniers résultats des recherches de M. René Calinaud sur les vigueries carolingiennes. Il s'agissait des vigueries des zones dépourvues de mentions directes, et que l'on peut reconstituer par divers recoupements géographiques, toponymiques, etc : la viguerie d'Ahun, où l'on constate une continuité de la « villa » gallo-romaine au château de la châtellenie d'Ahun ; celle de la Combraille, avec siège à Evaux, où l'on rencontre la trace de sources vénérées depuis longtemps, puis un important nœud routier ; celle du sud-est de la Creuse, avec siège à Giat, qui était un important carrefour gallo-romain, et où les foires sont anciennes ; celle enfin de Boussac, avec siège à Toulx-Sainte-Croix, où les découvertes archéologiques ont révélé la présence d'un atelier monétaire et d'un carrefour de voies.
— Puis M. Pierre Lacroix évoqua le sort subi par le tombeau du cardinal Pierre de La Chapelle-Taillefer ; ce dernier décéda à Avignon en 1312, et fut inhumé dans un tombeau de cuivre émaillé, dans l'église du chapitre de La Chapelle-Taillefer. Le mausolée, démonté lors du transfert du chapitre à Guéret en 1763 et entreposé dans un grenier, disparut lors de la Révolution. On peut supposer qu'il fut fondu pour servir à la confection de canons ; quant aux restes du cardinal, peut-être se trouvent-ils encore à La Chapelle-Taillefer. L'identité des émailleurs demeure une énigme : l'épitaphe du tombeau, fournie par l'abbé Nadaud, mentionnait comme auteur les frères « Lemovici » ; mais Hugon pensait qu'il s'agissait d'un ajout injustifié, peut-être dû à Nadaud. Cependant une lettre d'un chanoine, en 1757 soit 6 ans avant que le tombeau ne soit démonté, donne la version complète de l'épitaphe et, venant d'un observateur direct, redonne sa valeur à l'hypothèse des frères « Lemovici ».
— Mlle Françoise Mousson et M. Pierre Urien firent alors le point sur les informations possédées actuellement à propos du château de La Feuillade, totalement arasé depuis le siècle dernier. A l'aide de l'ancien cadastre et d'actes datant de 1710, 1738 et 1749, on peut partiellement restituer la physionomie de ce logis, qui, semble-t-il, existait déjà en 1459 et qui fut détruit par un incendie en l'an IV ; aucune trace des fossés, des prisons ni de la salle d'audience n'a été retrouvée. Au XVIIIe siècle, le castel paraissait délabré et peu important pour le siège d'un duché, mais moins isolé qu'il ne l'est de nos jours.
— Enfin M. Daniel Dayen parla de la vie politique de la Creuse à la fin de la monarchie de Juillet. Avant même l'instauration du suffrage universel, en 1848, la Creuse connut une vie politique agitée, marquée par la lutte sans merci que se livraient Emile de Girardin et André Leyraud, député de Guéret et président du Conseil général. Ce conflit personnel (Leyraud avait aidé Girardin à conquérir le siège de Bourganeuf en 1834, mais n'avait pas obtenu la récompense escomptée) se doublait de considérations proprement politiques. Le député de Guéret appartenait à l'opposition, et était à ce titre combattu par le préfet Delamarre, ami dévoué de Girardin. La Creuse, avec ses électeurs peu nombreux à cause du système censitaire, peu riches pour la plupart, parfois même illettrés, était devenue terrain de corruption électorale, ce que révélèrent un retentissant discours de Leyraud à la Chambre et l'affaire Boutmy. Ce dernier, associé de Girardin, élu conseiller général de Pontarion, fut en effet accusé d'avoir acheté ses électeurs. Il fut acquitté, mais les pièces de l'affaire sont un précieux témoignage sur les mœurs politiques du temps.