SÉANCE DU 16 JANVIER 1993

Présidence de M. Etienne Taillemite, président

Présents. — Mmes/Mlles J. Basset, A. Bichet, F. Blanquart, L. Bournazel, S. Caylus, S. Chaix, M. Daudonnet, J. Desbeaux, Y. Hourou, S. Métrich, D. Michon, S. Nicolas, Ch. Parouty, J. Porcher, S. Rousseau, J. Sabourin, V. Saillol, S. Saumande, M. Tétard, S. Doublard du Vigneau ; MM. G. Avizou, P. Barbaud, J.-M. Bortheirie, R. Bournazel, J.-L. Broilliard, A. Carriat, P. Collin, R. Dugot, M. Manville, J. Marrane, F. Mimon, M. Parouty, J. Picaud, J. Rousseau, P. Saillol, R. Saint-James, V. Souche, E. Taillemite, A. Tessier, R. Tétard, P. Urien.

Excusés. — Mmes G. Duguey, Cl. Godard ; MM. R. Auclair, D. Dayen, A. Duguey, J. Marrane, J. Pion, Ch. Niveau de Villedary.

Admissions. — En ouvrant la séance, M. Taillemite, président de la Société, annonce quatre adhésions. Ce sont celles de : M. Jean-Pierre Arrouet, informaticien, 43, rue Félix-Faure, 92700 Colombes ; l'Association des Antiquités historiques du Limousin, Centre régional de documentation sur l'archéologie du paysage, Hôtel du Sénéchal, 14, rue de la Justice, 19140 Uzerche ; M. Lucien Bessette, comptable retraité, 34, avenue du Colonel-Fabien, 93200 Saint-Denis ; Mme Nicole Dexet, agent P.T.T., 23, rue du 11-Novembre, 23000 Guéret.

Bibliothèque. — Depuis la séance de novembre 1992, la bibliothèque s'est enrichie de divers dons : Jean Lurçat et la renaissance de la tapisserie à Aubusson, actes du colloque tenu les 29 et 30 juin 1992 (don du musée départemental de la Tapisserie) ; huit photos de la carte de l'Atlas des routes royales, de Trudaine (1745-1760), représentant Guéret et ses environs, ainsi que les photocopies de trois articles de Pierre de Cessac (don de M. Verniolles) ; Modernité et tradition. L'équation saoudienne (don du ministère de l'Information de l'Arabie Saoudite).

De plus, a été acheté : de l'I.N.S.E.E., l'Atlas démographique de la Creuse, 1992.

CHRONIQUE

Le président rappelle à l'assistance que le 52e Congrès des sociétés savantes du Centre se tiendra à Nevers les 14, 15 et 16 mai.

Enfin, en vue de pourvoir à la désignation de sept membres du conseil d'administration, les élections auront lieu lors de l'assemblée générale du 20 mars. Les candidats sont invités à se faire connaître par lettre adressée au président dans des délais convenables.

Enfin a été décidé que, le 20 mars, une conférence de M. André Eve sur les roses anciennes, organisée en collaboration avec Radio France Creuse, remplacerait les communications.

 

COMMUNICATIONS

— Malheureusement, en raison de malentendus, le programme de communications annoncé n'a pu être entièrement respecté et, par suite, la réunion s'en est trouvée écourtée.

— En premier, Paul Saillol traite de la crise agricole des années 1930, sujet déjà abordé dans le tome XLIII des Mémoires de la Société, en 1987, sous le titre « Agriculture et agriculteurs creusois face à la crise des années 30 ». L'intervenant — l'exposé de 1987 lui paraissant trop restrictif, car n'expliquant pas les causes de la crise, mais présentant surtout sa gravité et, conséquemment, les réactions des milieux agricoles du département — se propose d'insister sur les origines profondes de la crise agricole et de prouver que celle-ci n'est pas qu'un aspect de la crise économique qui a bouleversé le monde. A l'aide de documents antérieurs au tristement célèbre « jeudi noir », le krach boursier intervenu à New York le 24 octobre 1929, P. Saillol démontre que la crise agricole a précédé de plusieurs années la crise générale, cette dernière ayant toutefois contribué à aggraver la situation dans notre région. Sont ensuite analysées les causes spécifiques du marasme de l'agriculture et les traits particuliers qu'elle revêt dans le département de la Creuse. La communication achevée, le sujet traité, présentant nombre de caractères redevenus actuels, entraîne un débat fort animé.

— Pierre Urien prend le relais pour présenter un compatriote méconnu : François Pinet, né dans la commune de Beissat en 1831. Engagé volontaire, celui-ci participe sous le Second Empire aux campagnes de Crimée et d'Italie. Pendant la guerre franco-allemande, il est blessé à Buzenval et se voit affecté, après guérison, comme gardien à la prison de La Roquette, fonction qu'il conserve durant la Commune. Le 27 mai 1871, quand Ferré, délégué à la Sûreté générale, vient à la prison chercher des otages à fusiller, Pinet incite ces derniers à se barricader et leur permet ainsi de sauver leur vie. Pour sa conduite, François Pinet eut les honneurs du Journal officiel et fut fait chevalier de la Légion d'honneur. Policier retraité, il mourut à Boulogne-sur-Seine pendant la Première Guerre mondiale.

 

 

SÉANCE DU 20 MARS 1993

Présidence de M. Etienne Taillemite, président

Présents. — Mmes/Mlles M. Arrouet, J. Basset, A. Bichet, S. Caylus, S. Chaix, C. Delotte, J. Desbeaux, Cl. Kalaïtzis, M.-T. Lalaguë-Guilhemsans, S. Métrich, S. Moreigne, Ch. Parouty, J. Porcher, L. Redouté, G. Rommeluère, G. Roret, S. Rousseau, S. Saumande, M. Taillemite, M. Tétard ; MM. P.-V. Archassal, J.-P. Arrouet, G. Avizou, G. Bellon, J.-L. Broilliard, A. Carriat, D. Dayen, B. Habellion, H. Lacrocq, M. Manville, F. Mimon, R. Nicoux, M. Parouty, J. Picaud, J. Pion, G. Redouté, M. Roret, J. Rousseau, R. Saint-James, V. Souche, E. Taillemite, A. Tessier, R. Tétard, P. Urien.

Excusés. — Mmes L. Bournazel, Cl. Godard, H. Say ; MM. R. Auclair, R. Bournazel, P. Collin, S. Gady.

Admissions. — Ont adhéré à la Société depuis la dernière séance : Mme Chantal Arvis, médecin, 176, boulevard Saint-Germain, 75006 Paris ; Mme Sylvette Chaix, 2, rue de l'Ancienne-Poudrière, 23000 Guéret ; M. Yves Derains, avocat, 5, rue du Docteur-Blanche, 75016 Paris ; M. André Godart, ingénieur, 34, rue de la Madeleine, 95290 L'Isle-Adam ; M. Jean Pinlon, architecte, 2, rue Foulomber, 23200 Aubusson ; M. Maurice Raufie, électricien retraité, Les Hauts de Valescure, bât. A 4, 83700 Saint-Raphaël.

Nécrologie. — La Société déplore les disparitions de cinq de ses membres : M. Michel Blanchon, de Guéret ; Mme Yvonne Bonneville, de Saint-Pierre-de-Fursac ; Mme Paul Pinlon, d'Aubusson ; M. André Rollin, de Saint-Amand-Montrond ; Mme Hélène Simon, de Saint-Médard-la-Rochette, et adresse à leurs familles ses condoléances.

CHRONIQUE

Le président incite les adhérents à assister au Congrès des sociétés savantes tenu à Nevers les 15-16 mai, puis fait savoir que la D.R.A.C., service régional de l'archéologie, met à la disposition de la Société deux places pour participer au stage de formation à la prospection archéologique qui aura lieu à Nedde les 7 et 8 mai.

La majorité des présents décide enfin que la 63e excursion annuelle se fera dans la Vienne (Saint-Savin, Chauvigny...) le dimanche 5 septembre.

 

ASSEMBLÉE GÉNÉRALE STATUTAIRE

Le président donne lecture du rapport d'activité pour 1992.

La vitalité de la Société reste de très bon niveau, mais on peut quand même remarquer un léger ralentissement dans le rythme des adhésions. Les séances ont été tenues très régulièrement, mais en raison du nombre croissant d'assistants, il a fallu quitter la bibliothèque pour une salle du C.C.A.L. mise à notre disposition par M. le maire de Guéret. En mai, la séance décentralisée a eu lieu à Châtelus-Malvaleix, accompagnée d'une exposition préparée par les Archives départementales. En juillet, la séance s'est achevée par une visite de l'église de Saint-Fiel. Au cours de l'année, sur 21 communications présentées, 11 ont porté sur l'histoire moderne et contemporaine, confirmant les orientations actuelles de la recherche déjà constatées.

Au cours de l'année, en sus des Mémoires, a été publiée la thèse de Paul Busuttil, A la recherche du développement : la Creuse...

La 62e excursion annuelle a eu lieu le 27 septembre et a conduit une quarantaine de participants en Périgord. Elle a comporté les visites de Bourdeilles, de Brantôme et celle de Périgueux, effectuées sous la conduite de Mme Marouzeau, encore directeur des Archives de la Dordogne il y a peu.

Pour conclure, le président remercie tous ceux qui concourent à la bonne marche de la Société, et en particulier la municipalité de Guéret pour sa précieuse bienveillance.

Mme Bichet, trésorière, présente ensuite le rapport financier pour l'exercice 1992.

Côté recettes, les cotisations s'élèvent à 94 875 F.
Les subventions du conseil général de la Creuse (15 000 F), des Archives de France (10 000 F) et de la Ville de Guéret (2 700 F) atteignent un total de 27 700 F.
Le montant des ventes de publications est de 23 878 F.
Nos dépenses principales sont constituées en frais de librairie et imprimerie (158 800 F), achats de livres et abonnements (1 755 F) et frais de poste (6 840 F).
La situation à la fin de l'année présente un solde créditeur de 19 298 F.

Après vérification des écritures par deux commissaires aux comptes, les deux rapports, mis aux voix, sont adoptés à l'unanimité et, vu la situation financière de la Société, l'assemblée générale décide de maintenir à 140 F la cotisation pour l'année 1994.

Il est procédé alors aux élections au conseil d'administration. A la suite de décès, démission, expiration du mandat, sept postes en effet sont à pourvoir, pour lesquels neuf personnes ont posé leur candidature. A la suite d'un vote à bulletins secrets, sont proclamés élus : Mme A. Bichet, P. Urien, A. Carriat, H. Lacrocq, Mme J. Desbeaux, Mlle M. Mathias et R. Nicoux.

Puis, en reconnaissance de son action au sein de la Société, M. Henri Hemmer, son ancien président, est nommé à l'unanimité président d'honneur.

 

COMMUNICATIONS

Exceptionnellement, la conférence de M. André Eve, horticulteur spécialiste incontesté des roses anciennes, prononcée au cinéma « Le Sénéchal », remplace les communications habituelles.

 

 

SÉANCE DU 22 MAI 1993 - CROCQ

Présidence de M. Etienne Taillemite, président

Présents. — Mmes/Mlles E. Anselme, S. Cambray, S. Caylus, M.-T. Courcat, M. Dayen, J. Desbeaux, C. Godard, St. Guinot, P. Héraud, N. Lacrocq, V. Lamy, F. Lecourt, S. Llinarès, Longchambon, M. Mathias, M.-T. Mazuy, Ch. Parouty, S. Rousseau, V. Saillol, Fr. Saint-James, M. Taillemite, S. Touret ; MM. G. Bellon, J.-L. Broilliard, C. Cambray, D. Dayen, J. Faure, P. Gironnet, R. Goubely, B. Habellion, H. Lacrocq, D. Lamy, J.-P. Larduinat, M. Lecourt, A. Lemasson, J. Longchambon, M. Parouty, J. Rousseau, P. Saillol, R. Saint-James, M. Sourioux, E. Taillemite, P. Urien.

Excusés. — Mmes A. Bichet, S. Métrich ; MM. R. Auclair, G. Avizou, A. Carriat, M. Manville, J. Marrane.

Admissions. — Quatre adhésions ont été enregistrées : celles de M. Pierre Audoucet, entrepreneur de maçonnerie, 23800 Dun-le-Palestel ; M. Charles Caulin, médecin, 93, avenue Foch, 94120 Fontenay-sous-Bois ; Mme Claudine Kalaïtzis, étudiante en histoire, 2 bis, rue du Colonel-Coutisson, 23400 Bourganeuf ; Mme Céline Verrier, retraitée du Trésor, 23150 Saint-Yrieix-les-Bois.

Nécrologie. — Le président fait état du décès de cinq membres et adresse les condoléances de la Société à leurs familles. Ce sont MM. Marc-Antoine Brunet, à Woippy, Moselle ; Maurice Jessel, à Marseille ; André Malterre, à Boussac ; Henri Salagnac, à Sauviat-sur-Vige ; Camille Verdier, à Guéret.

Bibliothèque. — La bibliothèque a reçu en don : du Comité des travaux historiques et scientifiques, la mise à jour du fonds ancien (1834-1981) ; de M. Saint-James, des numéros des journaux La Creuse libre, Le Centre libre, L'Embuscade (septembre-novembre 1944) ; de M. Blondonnet, son recueil de cartes postales publié sous le titre La Creuse oubliée ; de M. Marrane, Bellegarde-en-Marche, les localités environnantes et le pays du franc-alleu ; de l'Association du plateau des Combes, l'œuvre énigmatique de François Michaud.

CHRONIQUE

Il est porté à la connaissance de l'assistance l'organisation d'un concours : « Un patrimoine pour demain », organisé conjointement par le Pèlerin Magazine, les Monuments historiques et Radio France. Il est précisé que les séances de la Société se tiendront à nouveau à la bibliothèque de la Société dont la municipalité de Guéret a fait agrandir la salle.

 

COMMUNICATIONS

— Jacques Longchambon, président de l'association « Sauvegarde du vieux Crocq et de son environnement », expose avec passion les buts de son association, les actions de sauvegarde et de restauration menées avec Geneviève Cantié (D.R.A.C. du Limousin) et Patrick Gironnet, architecte des Bâtiments de France, puis s'étend sur la pelleterie locale. L'association prépare en effet l'ouverture d'un musée consacré à celle-ci, à l'art religieux et à l'histoire de Crocq et de sa région.

— Patrick Gironnet a ensuite commenté des diapositives et des croquis des vestiges du château et présenté une réhabilitation possible.

— Jean-Louis Broilliard s'attache, quant à lui, à évoquer l'emprise d'une famille, les Cornudet, sur la vie locale au début de la Révolution. Au commencement de 1791, un notaire de Crocq, Jean-Marie Decourteix, écrit au Comité de constitution de l'Assemblée nationale pour dénoncer les agissements de la famille Cornudet et de ses alliés qui, tout au long de l'année précédente, se sont fait élire aux postes de direction de la cité et du district — municipalité, administration de district, tribunal de district —, violant ainsi plusieurs lois destinées à empêcher une telle concentration de pouvoirs. Au-delà des rivalités personnelles, s'affirme de la sorte, dès les débuts de la Révolution, une revendication démocratique qui ne triomphera qu'en 1792.

— Avançant dans le temps, Daniel Dayen présente les conseillers généraux du canton de Crocq, de 1833 à nos jours. Onze conseillers généraux seulement ont été les élus du canton de Crocq. Le plus long mandat a été détenu par le notaire Charles Marlin, conseiller de 1901 à 1935, auquel succéda son fils.

Mais auparavant c'est pendant soixante ans que la dynastie des Cornudet a représenté le canton, ajoutant cette fonction à celle de parlementaire. Fils de Joseph, l'un des fidèles de Napoléon, le comte Emile fut conseiller de 1833 à 1848 et de 1849 à 1852. Député de 1821 à 1842, il fut élevé à la dignité de pair de France en 1846. Son fils Alfred, qui avait épousé la petite-fille du maréchal Suchet, duc d'Albufera, fut l'élu de toute la période impériale et député au Corps législatif de 1867 à 1870. Il conserva son mandat de conseiller général jusqu'à son décès prématuré en 1876.

Emile, à 21 ans, héritait du titre et d'une grosse fortune, trop jeune cependant pour jouer un rôle politique. Mais la mort du député Amédée Le Faure et celle du conseiller général Duchez lui permirent d'accéder à ces deux fonctions dès 1882. Elu par des voix conservatrices, il vota de plus en plus souvent avec la gauche radicale, provoquant la fureur de la presse catholique qui criait à la trahison, cependant que sa vie privée faisait scandale. En 1894, il acheta le journal La Lanterne. En 1898, l'arrondissement d'Aubusson, en raison de la dépopulation, ne forma plus qu'une seule circonscription électorale et Cornudet, jusque-là facilement réélu, dut affronter l'autre député, Martinon, dont il triompha facilement. Mais quelques jours avant le scrutin, la chaleur de la campagne lui fit perdre la raison et, à la Chambre comme à l'assemblée départementale, son fauteuil resta vide... Emile Cornudet est mort en 1921.

— Enfin, pour clore la séance, Martine Mathias, conservateur du musée de la Tapisserie d'Aubusson, présente la politique d'acquisition menée avec le conseil général pour l'enrichissement du musée. Un premier musée avait été inauguré en 1885 à Aubusson, mais il fut éphémère, son bâtiment démoli et les collections dispersées. Il fallut attendre 1981 pour que le conseil général de la Creuse aidé par la Région et l'Etat, ouvre au public une structure double et très originale à ce titre : le Centre culturel et artistique Jean-Lurçat et le musée départemental de la Tapisserie. Un musée est non un lieu, mais une collection publique. Il restait donc à rattraper cinq cents ans d'histoire. Dans la décennie 1980, une grande mutation s'est effectuée avec la mise en œuvre de la décentralisation, et il a été possible de constituer des collections dans le cadre tout nouveau du Fonds régional d'acquisition des musées (F.R.A.M.) : le mode de financement qui associe l'Etat et la Région aux ressources des collectivités locales permet de constituer des collections de haut niveau. Deux priorités s'imposèrent d'emblée : retracer le travail des peintres-cartonniers qui ont fait le renouveau d'Aubusson et de la tapisserie en France (le premier achat fut un tapis de Jean Lurçat), et rendre compte du passé plus lointain d'Aubusson (par l'amorce d'une collection ancienne). Parallèlement fut créé un Centre de documentation de la tapisserie.

En dépit de quelques jalons intéressants, la collection de Lurçat n'a pas encore l'ampleur qu'elle mériterait. Les autres peintres-cartonniers sont représentés par une, voire deux œuvres. Les premières acquisitions de tapisseries des XVIIe et XVIIIe siècles ont été des pièces isolées illustrant les différents thèmes abordés par les ateliers de la Marche : verdures, verdures à personnages, scènes à thèmes religieux ou littéraires. Puis des ensembles ont pu être acquis (telle la série retraçant l'histoire d'Enée et de Didon). Une troisième orientation a été prise avec l'acquisition d'une série de maquettes de tapis et l'achat de cartons du XIXe et du début du XXe siècle. Le musée s'efforce enfin d'engager un renouvellement en suscitant des commandes.

La constitution d'une collection de musée est une tâche de longue haleine. « Elle est toujours un compromis entre les espoirs et les réalités de la conjoncture », conclut Martine Mathias.

 

 

SÉANCE DU 17 JUILLET 1993

Présidence de M. Etienne Taillemite, président

Présents. — Mmes/Mlles A. Aligros, I. Ballet, J. Basset, F. Biarnois, A. Bichet, F. Blanquart, L. Bournazel, S. Bouvier, S. Caylus, J. Corriéras, M. Crossay-Lestrade, A. Delhoume, G. Duguey, S. Métrich, S. Nicolas, S. Picaud, J. Porcher, S. Rousseau, S. Saumande ; MM. R. Auclair, G. Avizou, G. Bellon, M. Biarnois, R. Bournazel, J. Bouvier, J.-L. Broilliard, A. Carriat, X. Chabois-Chouvel, P. Collin, D. Dayen, J.-P. Delhoume, A. Duguey, J.-P. Larduinat, M. Manville, F. Mimon, J. Picaud, J. Rousseau, M. Roussel, P. Saillol, R. Saint-James, V. Souche, E. Taillemite, A. Tessier, P. Urien.

Excusés. — Mmes C. Godard, Y. Hourou, M. Mathias, H. Say ; MM. R. Nicoux, J. Pion.

Admissions. — Depuis le mois de mai dernier, la Société a enregistré trois nouvelles adhésions : Mlle Sylvie Chapoulaud, institutrice, 36, rue du 8-Mai, 23000 Guéret ; Mme Bernadette Nezblanc, assistante sociale, Charsat, 23000 Sainte-Feyre ; Mme Gisèle Parelon, cadre infirmier supérieur, 23120 Vallière.

Bibliothèque. — La bibliothèque s'est enrichie des ouvrages suivants : La Valette, hier et aujourd'hui, 1943-1993, don de M. G. Marchadier ; Le cardinal Pierre de La Chapelle-Taillefert, don de M. Pierre Lacroix ; La bibliographie en langue française d'histoire du droit, don de M. Ph. Loy ; le bulletin 1993 de l'Association Maurice Dayras.

 

COMMUNICATIONS

— En premier, Pierre Urien présente un extrait des registres paroissiaux de la commune de Sardent, découvert par M. Maurice Canaud, de La Celle-Dunoise, et qui relate avec force détails un décès survenu en 1773, à la suite de la morsure par un loup enragé.

— Jacqueline Sabourin évoque ensuite le site gallo-romain de Chantaud (commune de Saint-Martial-le-Mont). Des vestiges se rencontrent sur 1 500 m N.-S. et 600 m E.-O. : tegulae, rares tessons de céramique commune, très rares tessons de céramique sigillée, et dans le village même des réemplois. De très nombreux puits se trouvent dans le village et dans les champs. Il semble bien que leur utilisation funéraire ne soit pas fondée. Deux chemins orientés nord-ouest-sud desservent le site. Chantaud paraît avoir été une agglomération assez vaste, formée d'un ou plusieurs bâtiments importants entourés de constructions sommaires. Son activité essentielle était peut-être liée à l'exploitation de la houille.

— A l'issue de cet exposé est présentée la cassette vidéo réalisée par Télé Millevaches, à l'initiative des Amis de la pierre de Masgot et de l'Association du plateau des Combes sur le village de Masgot (commune de Fransèches), et l'œuvre du tailleur de pierre François Michaud.

— Michel Manville a enfin mené les membres de la Société observer les tourbières de la forêt de Chabrières. C'est à partir de l'étude de coupes effectuées dans ces milieux humides qu'a pu être reconstituée, en étroite collaboration avec un laboratoire de recherche de Grenoble, l'histoire végétale de la forêt dans ses relations avec l'occupation humaine. L'homme y tient un rôle fondamental, modifiant par ses interventions le couvert végétal, les processus naturels d'érosion et de sédimentation. Ainsi les grands défrichements des XIe et XIIe siècles ont réduit considérablement la chênaie-hêtraie de Chabrières. Un recul démographique lié aux grandes épidémies du XIVe siècle et à la guerre de Cent Ans a entraîné une reconquête forestière des espaces cultivés. A partir du XVe-XVIe siècle, l'occupation humaine devient permanente, l'espace agricole étant surtout consacré aux prairies. Pour M. Manville, cette étude est capitale, car elle permet de mieux cerner l'évolution des paysages en fonction du peuplement.

 

 

SÉANCE DU 18 SEPTEMBRE 1993

Présidence de M. Etienne Taillemite, président

Présents. — Mmes/Mlles A. Bichet, L. Bournazel, S. Bouvier, M. Marty, S. Métrich, S. Nicolas, G. Parelon, Ch. Parouty, C. Pinet, J. Porcher, G. Rommeluère, J. Sabourin, F. Saint-James, S. Saumande ; MM. G. Avizou, A. Barret, G. Bellon, R. Bournazel, J. Bouvier, J.-L. Broilliard, A. Carriat, X. Chabois-Chouvel, S. Gady, J.-P. Le Gall, P. Léger, J. Marty, F. Mimon, R. Nicoux, M. Parouty, J. Picaud, J. Pion, P. Saillol, R. Saint-James, V. Souche, E. Taillemite, A. Tessier, R. Tétard, F. Trépardoux, P. Urien.

Excusés. — Mmes A. Basset, J. Basset, S. Caylus, J. Desbeaux, Cl. Godard, Y. Hourou ; MM. R. Auclair, D. Dayen, H. Lacrocq.

Adhésions. — Ont adhéré récemment : Mme Madeleine Lafaye, retraitée de l'Education nationale, Le Cros, 23000 Saint-Laurent ; Mme Jacqueline Refauvelet, biologiste, app. E, 32 D, résidence Compostelle, 33600 Pessac.

Décès. — La Société adresse ses condoléances aux familles de M. Alexandre Laberthonière, 23180 Crozant ; de Mlle Marie-Antoinette Périne.

Bibliothèque. — Le président fait état de dons à la Société : par Henri Lacrocq, un portrait d'Ernest Martinet, président de la Société de 1889 à 1896, œuvre de Mme Villoutreix ; par Daniel Dayen, Le canon de bois. Jarnages et ses histoires, dont il est l'auteur ; par Gérard Gouyet, les collections d'Archéologia (nos 1 à 285) et des Dossiers d'archéologie (nos 1 à 177) ; La lutte ouvrière à la fin du Second Empire, de Fernand L'Huillier.

CHRONIQUE

Le président Etienne Taillemite fait appel aux bonnes volontés pour constituer un groupe de travail chargé de dépouiller les Mémoires dans l'intention d'en établir des tables récapitulatives. Il invite aussi les membres de la Société à envisager dès maintenant leur participation au Congrès de la Fédération des sociétés savantes du Centre qui se tiendra à Guéret fin mai 1994.

 

COMMUNICATIONS

— En préambule, Jacqueline Sabourin rapporte la rencontre à La Croix-du-Loup, dans les bois de Champagnat, de l'Anthurus d'Archer. Ce curieux champignon de couleur framboise a l'allure d'une étoile de mer et dégage une odeur nauséabonde. Originaire d'Australie, il est vraisemblablement parvenu en Europe au cours de la Grande Guerre et a été repéré pour la première fois en 1921.

— Puis Serge Gady, illustrant de projections son propos, expose comment l'étude des cavités aménagées, menée par lui, permet de mieux connaître l'évolution de l'habitat rural pendant le Moyen Age.

— Francis Trépardoux évoque ensuite la maison de La Roche-Aymon dans l'entourage des derniers rois. Si l'année 1793 voit la disparition de Louis XVI et de Marie-Antoinette, le 11 juin 1775 marquait le jour du sacre royal à Reims des mains de Charles-Antoine, cardinal de La Roche-Aymon.

Né à Mainsat en 1697, archevêque de Toulouse en 1740 et ensuite de Narbonne en 1752, il est nommé grand aumônier de France en 1760 et devient archevêque de Reims. Il joue un rôle important dans les assemblées du clergé. Son attitude lui vaut les faveurs de Louis XV. Aussi a-t-il le souci de servir les intérêts de sa famille.

Son neveu, Antoine de Lastic, est évêque de Comminges en 1740. Antoine-Louis-François (1710-1789), autre neveu et aîné de la branche, est un brillant officier de cavalerie qui épouse la fille du maréchal d'Asfeld. Lors du couronnement de Louis XVI, il est désigné pour porter la sainte ampoule.

Dès 1770, ses trois enfants reçoivent des grades et des distinctions. Antoine-Charles-Guillaume (1751-1831) est menin du dauphin. A Paris, il épouse Bernadine de Beauvillier de Saint-Aignan, nommée en 1776 dame du palais de la reine. Guillaume-Marie (1753-1824), officier de cavalerie, est gentilhomme d'honneur du comte d'Artois et gouverneur de Fécamp dont l'importante abbaye est placée sous l'autorité de son grand-oncle. Leur sœur Claudine (1750-1838) épouse à Versailles le vicomte de Narbonne-Lava dont la famille s'illustre auprès de Mesdames, filles de Louis XV, et d'Elisabeth, duchesse de Parme. Elle-même est bientôt attachée au service de Mme Adélaïde.

Les événements de la Révolution dispersent la famille. Aux Tuileries, la marquise de La Roche-Aymon, séparée de son époux émigré en Allemagne, poursuit son service auprès de la reine, cependant que son fils est le compagnon de jeux du dauphin. Elle échappe au massacre du 10 août 1792. Durant cette période, elle côtoie le comte de Narbonne, ministre des Affaires étrangères, dont la belle-sœur Claudine, séparée de son mari émigré, s'est retirée à Mainsat.

En 1776 a été publiée, sous la plume de l'abbé Destrées, la Généalogie historique et critique de la maison de La Roche-Aymon... C'est un document considérable contribuant à fixer une partie de l'histoire de la Combraille et de la Haute-Marche. S'appuyant sur des archives en partie disparues depuis, il indique de façon détaillée les diverses possessions et fiefs de cette famille depuis le XIIe siècle, autour d'Evaux et de Mainsat notamment.

— Au tour d'Armand Tessier de succéder à F. Trépardoux en brossant le portrait de Lilita Abreu, qu'il qualifie d'« étrange étrangère ». Elle se rattache à la Creuse par le professeur Joseph Grancher qui, en 1879, avait épousé une riche Cubaine. Le couple, sans enfant, prend en charge ses neveux, dont Rosalia Sanchez Abreu, dite Lilita, née à Paris en 1886. Leur mère, autoritaire et indépendante, s'est séparée en 1898 de son mari, épousé en 1883, après lui avoir donné cinq enfants, et s'en retourne à Cuba. Lilita est alors pensionnaire dans un couvent du Missouri, mais rejoint la France quand la mort de sa sœur l'affecte profondément.

En 1907, à la mort de Grancher, Lilita s'installe à Paris dans le luxueux hôtel de la rue Beaujon et rompt définitivement avec sa mère restée à Cuba. Sa tante Rosa et son frère Pierre l'entourent d'affection. Ce dernier, à l'université Harvard, se lie d'amitié avec Jean Giraudoux qui, à son retour en France en 1910, fait la connaissance de Lilita. La même année, Lilita, liée d'amitié à la veuve de Pasteur, rencontre souvent Louis Pasteur Vallery-Radot. Des projets de fiançailles échouent du fait de Lilita, ce qui amène Louis au bord du suicide. Giraudoux console le fiancé éconduit et, peu à peu, noue avec Lilita une relation affectueuse entretenue par une correspondance qui dure jusqu'en 1928. Séduit par sa grâce et son intelligence, Léon-Paul Fargue adresse, lui aussi, entre 1912 et 1916, de nombreuses lettres à la « chère Lilita », qui fréquente assidûment les salons où elle retrouve les auteurs prestigieux réunis autour de la N.R.F. à ses débuts.

Pendant la Grande Guerre, Lilita est infirmière de la Croix-Rouge, tandis que ses frères, de nationalité cubaine, sont engagés volontaires. La paix revenue, elle épouse en 1921 Adal Henraux, président de la Société des amis du Louvre. Dans son salon elle reçoit le « Tout Paris » artistique, littéraire, politique, coupant cette vie d'ardeur et de soif de savoir par de nombreux voyages lointains. Au faîte de cette gloire mondaine, en 1933, Edouard Vuillard peint son portrait.

En 1932, elle a fait la rencontre du diplomate Alexis Léger, plus connu sous son nom de poète, Saint-John Perse. Liaison durable au cours de laquelle elle est l'amie fidèle, la confidente et, peut-être aussi, la secrétaire du poète, enfant des « Iles » comme elle, né à la Guadeloupe. Leurs amitiés, leurs goûts littéraires tantôt les rapprochent, tantôt les séparent. En 1940, Alexis Léger quitte la France envahie. Le mari de Lilita s'occupe du transfert des collections de peintures des musées nationaux. Lilita rejoint son frère à Cuba. En 1941 elle vient à Washington vivre peu confortablement auprès de Saint-John Perse, qui écrit pour elle le Poème à l'Etrangère, avant de poursuivre à New York son œuvre poétique. En 1946, Lilita revient en France, divorce d'Adal Henraux, partage sa vie entre son frère affectionné et les voyages. On la retrouve dans des cliniques suisses et c'est à l'automne qu'elle disparaît.

Belle, séduisante, d'une brillante intelligence, cultivée, il semble qu'elle ne s'attacha jamais tout à fait aux hommes amoureux d'elle.

— Dernier intervenant, Jean Picaud retrace l'existence mouvementée de Henri Rochefort, qui se rattache à la Creuse par son père Claude-Louis de Rochefort-Luçay, né à Evaux en 1790.

Henri Rochefort — il répudiera la particule — naît le 31 janvier 1831, à Paris. Dès sa naissance, il se signale par une anomalie physique : un front proéminent, « en corniche », que surmontera une touffe de cheveux noirs et drus.

Bachelier en 1849, il est d'abord employé à l'hôtel de ville de Paris, puis collabore à différents journaux, en même temps qu'il écrit comédies et feuilletons. Le 30 mai 1868, le premier numéro de La Lanterne, pamphlet hebdomadaire très caustique, fait rire plus d'un demi-million de Français. Les critiques acerbes contre le gouvernement impérial dans les numéros suivants vont entraîner saisies et condamnations. Henri s'exile à Bruxelles (1868-1869). Très populaire, il est élu député républicain de Paris en novembre 1869. Il fonde un journal d'opposition, La Marseillaise, en décembre. Après les obsèques de Victor Noir, il est emprisonné (février 1870) puis libéré par la foule le 4 septembre.

Il devient membre du gouvernement provisoire. Il crée le Mot d'ordre en 1871 et est élu à nouveau député de Paris. Sous la Commune, Rochefort fustige autant Communards que Versaillais. Arrêté à Meaux (mai 1871) et condamné lourdement, il subit l'internement dans diverses citadelles avant d'être déporté en Nouvelle-Calédonie : il fait la traversée sur La Virginie, en compagnie de Louise Michel et d'une Creusoise, originaire de Naillat, Anne Petit. Il réussit à s'évader (1874) : par l'Australie, l'Amérique, il gagne l'Angleterre où il retrouve ses trois enfants, puis la Suisse. Il rentre en France en 1880, après l'amnistie. La population l'acclame.

Il crée L'Intransigeant, journal qui sera très lu jusqu'au début du XXe siècle. Elu député (octobre 1885), il démissionne en 1886. Ami du général Boulanger, il le soutient fermement en 1889. Mais l'aventure tourne court, c'est à nouveau l'exil en Belgique, puis en Angleterre. La loi d'amnistie votée en janvier 1895, Henri rentre en France. Dès son retour, il mène une violente campagne contre le « Syndicat des Juifs » : anti-dreyfusard acharné, il se rapproche de l'Action française, nationaliste et royaliste.

Il continue d'écrire jusqu'à la fin de sa vie. Il s'éteint le 1er juillet 1913.

 

 

SÉANCE DU 20 NOVEMBRE 1993

Présidence de M. Etienne Taillemite, président

La séance s'est tenue exceptionnellement dans les nouveaux locaux des Archives départementales, rue Franklin-Roosevelt.

Présents. — Mmes/Mlles M. Barret, J. Basset, C. Beauchet, Y. Beauchet, C. Betoux, A. Bichet, F. Blanquart, L. Bournazel, S. Bouvier, S. Caylus, S. Chaix, J. Corriéras, J. Desbeaux, M. Drojat, M. Mathias, S. Métrich, G. Parelon, J. Porcher, S. Raymond, G. Roret, S. Rousseau, J. Sabourin, F. Saint-James, S. Saumande, M. Taillemite, M. Tétard, S. Doublard du Vigneau ; MM. A. Barret, R. Barret, M. Basin, J. Betoux, A. Blanquart, B. Blanquart, P. Bonichon, R. Bournazel, J. Bouvier, J.-L. Broilliard, P. Collin, D. Dayen, J.-G. Ducher, G. Gouyet, H. Lacrocq, M. Manville, F. Mimon, H. Parelon, J. Penot, J. Picaud, M. Roret, J. Rousseau, R. Saint-James, P. Saillol, V. Souche, A. Tessier, R. Tétard, P. Urien, A. Carriat.

Excusés. — Mmes Cl. Godard, Y. Hourou ; MM. R. Auclair, R. Nicoux, J. Pion.

Admissions. — Depuis la séance de septembre, la Société a enregistré cinq nouvelles adhésions. Ce sont celles de Mme Colette Betoux, professeur de lettres retraitée, Longsagne, 23800 La Celle-Dunoise ; de M. Jean Betoux, proviseur de lycée retraité, Longsagne, 23800 La Celle-Dunoise ; de Mme Marie Chenaud, retraitée, Le Moulin-de-Maisonnisses, 23150 Ahun ; de M. Raymond Goubely, route de Felletin, 23260 Crocq ; de Mme Andrée Roudy, retraitée, 6, allée des Erables, 23600 Boussac.

Nécrologie. — Est à déplorer le décès du chanoine Pierre Tricaud, curé de Vallière, membre de la Société depuis 1929.

Bibliothèque. — La bibliothèque s'est enrichie de divers dons : Pallier, la Marche médiévale, par Yves Gomichon, don de l'auteur ; Florilège Tristan L'Hermite, par Amédée Carriat, don de l'auteur ; Jeanne, héroïne de la naïveté, mémoire de maîtrise par Marie-Claude Bignet, don de l'auteur ; La seigneurie rurale en Basse-Auvergne du XIVe au XVIe siècle, par Pierre Charbonnier, don de M. Maurice Sourioux.

CHRONIQUE

Le thème retenu pour le prochain Congrès de la Fédération des sociétés savantes du Centre, qui se tiendra à Guéret du 27 au 29 mai 1994, est « Migration et migrants ».

Le président signale aussi la mise en vente à la bibliothèque de la Société de l'ouvrage de Mme Guylaine Brun-Trigaud : Le parler de Lourdoueix-Saint-Michel, au prix de 40 F.

 

COMMUNICATIONS

— M. Détienne, de Pallier, signale un tumulus non répertorié sur la commune de Gentioux-Pigerolles. Il se situe à 200 m ouest du sommet de Groscher et mesure approximativement 20 m de diamètre pour 2 m de hauteur. Malheureusement, il y a quelques années, au cours de manœuvres, des militaires ont prélevé des pierres au centre pour les porter sur la périphérie.

— La parole est alors donnée aux entomologistes que sont Laurent Chabrol et Sylvain Delmas pour exposer le travail qu'ils ont mené sur les lépidoptères de la collection Alluaud, déposée au musée de la Sénatorerie. Cette collection, de plus de 11 000 insectes, a été constituée par Charles Alluaud, naturaliste creusois du début de ce siècle. Dans le cadre de la cartographie et de l'inventaire des insectes du Limousin, la Société des lépidoptéristes limousins recense les données des collections anciennes. L'étude consiste à recueillir les données de chaque spécimen, à déterminer ou à réactualiser la nomenclature de l'époque. Cette collection, unique dans la Creuse, renferme plusieurs exemplaires ayant servi à la description de l'insecte lors de sa découverte (type et cotypes). Même si la lumière et le temps ont contribué à dégrader certains spécimens, les papillons étant les plus touchés, elle donne un bon aperçu de la diversité des insectes de notre région. Cette collection méconnue mérite de revivre, tant pour son intérêt historique, scientifique que pédagogique.

— Jean-Philippe Béguin présente, quant à lui, les résultats de la campagne de fouilles de 1993 à l'emplacement du transept de l'ancienne abbaye cistercienne de Prébenoît. Outre des scories attestant la fonte de cloches dans cette partie de l'abbatiale, les fouilles ont mis au jour trois sépultures (deux sépultures d'ecclésiastiques, une sépulture de laïc — celle de Roger de Brosse ?) et un superbe pavement de terre cuite.

La seconde partie de la séance est consacrée à une visite des nouvelles Archives départementales sous la conduite de Mme Say.