SÉANCE DU 16 JANVIER 1999
Présidence de M. Etienne Taillemite, président
Présents. — Mmes/Mlles A. Aligros, A.-M. Aymard, D. Basin, A. Bichet, F. Blanquart, S. Chaix, F. Champeymaud, M. Chenaud, M.-J. Crossay-Lestrade, S. Dubois, J.-M. Gabriagues, C. Godard, S. Jarnageon, M.-L. Lecoq, S. Métrich, J. Parlebas, C. Pinet, C. Riou, G. Rommeluère, A.-M. Rouet, J. Sabourin, F. Saint-James, S. Saumande ; MM. M. Basin, J.-L. Broilliard, A. Carriat, P. Collin, D. Glomot, G. Gouyet, H. Lacrocq, P. Lamiraud, M. Lecoq, J. Lefort, J.-P. Le Gall, P. Léger, R. Marcelot, F. Mimon, G. Marchadier, M. Nougier, J. Picaud, J. Pion, J.-M. Rouet, J. Rousseau, R. Rousseau, R. Saint-James, E. Taillemite, G. Thibord, P. Urien, J.-P. Verguet.
Excusés. — Mmes/Mlles S. Caylus, M. Colombier, J. Desbeaux, I. Maurin-Joffre ; MM. R. Auclair, G. Avizou, D. Dayen, M. Manville.
Admissions. — Ont été enregistrées les adhésions de MM. Marc Carteau, 18, impasse Emilie, 77500 Chelles ; Jean-Pierre Démocrate, 71, avenue d'Auvergne, 23000 Guéret ; Jacques Lefort, 23250 Saint-Georges-la-Pouge ; de la librairie Aux Amateurs de livres. International, 62, avenue de Suffren, 75015 Paris.
Nécrologie. — La Société déplore la disparition de M. Jean Mazetier, 23200 Moutier-Rozeille, et celle de M. Armand Tessier, Le Ris, 23800 Colondannes.
Armand Tessier, décédé tragiquement en novembre 1998, était membre de notre Société depuis 1986. Durant ces douze ans, il a assisté assidûment à nos séances, posant fréquemment des questions aux intervenants. Lui-même nous a entretenus en 1992 du château disparu au Ris, son village de Colondannes auquel il était viscéralement attaché ; en 1993 de Lilita Abreu, nièce par alliance du professeur Grancher, qui fut l'amie d'hommes de lettres prestigieux ; enfin, lors de notre dernière séance, quelques jours avant sa mort le 27 novembre, de la géologie de la commune de Colondannes. Armand Tessier laisse le souvenir d'un homme érudit, curieux de tout, et faisant montre d'une parfaite courtoisie.
Bibliothèque. — Des dons sont venus ajouter à notre fonds : par Daniel Borzeix son ouvrage Si le chocolat m'était conté... ; par les archives départementales le dossier Mourir pour la patrie, monuments et cérémonies ; par l'association « Les maçons de la Creuse », Quand Martin Nadaud maniait la truelle, et la cassette Martin Nadaud. « J'ai manié la plume en même temps que l'outil », par l'association La Digitale, à La Chapelle-Taillefert, Les arbres remarquables de la Creuse. En sus ont été achetés : les ouvrages collectifs Violences en Limousin à travers les siècles, où figurent les études de Daniel Dayen sur Ajain en 1848 et de Georges Dauger sur La Courtine en 1917 ; Presse et politique en Limousin sous la IIIe République, avec une étude de D. Dayen, « Les parlementaires creusois et la presse (1870-1914) » ; et, de plus, Limousin gothique, de Claude Andrault-Schmitt.
CHRONIQUE
Il est rappelé que les élections au conseil d'administration auront lieu le 20 mars prochain pour pourvoir à la nomination de six membres.
Le 58e Congrès de la Fédération des sociétés savantes du Centre se tiendra à Bourges les 28-29-30 mai. Le thème retenu pour les communications est : « La forêt, le bois et leurs produits ».
Le président invite l'auditoire à aller visiter, à l'issue de la séance ou ultérieurement, la très remarquable exposition présentée au musée de la Sénatorerie : « Moines en Limousin : L'aventure cistercienne ».
Enfin est répercuté l'appel de M. Jean-Pierre Delhoume pour compléter un répertoire des foires qu'il établit dans le cadre d'une Histoire rurale du Limousin en préparation.
COMMUNICATIONS
Jacqueline Sabourin présente, photos et croquis à l'appui, deux croix insolites qu'elle a découvertes, l'une à La Cata (commune du Puy-Malsignat), l'autre à Chansard (commune de Saint-Sulpice-les-Champs). Toutes deux sont ornées d'un cœur et de trois étoiles. La croix de La Cata serait l'œuvre d'un anticlérical notoire.
David Glomot donne ensuite un condensé de son mémoire de maîtrise, « Le phénomène urbain médiéval en Haute-Marche et Combraille ». Après avoir exposé la méthode qu'il a suivie, il confirme la manifestation, dans notre région, d'un mouvement d'urbanisation au XIIIe siècle. Sur la trentaine de bourgs étudiés, onze sortent alors du lot, parmi lesquels quatre connaissent une réelle ampleur : Felletin, Aubusson, Evaux et La Souterraine, rejoints par Guéret aux XIVe et XVe siècles. En conclusion, on peut dire que si la Marche a bien connu un essor urbain, celui-ci n'a pas donné naissance à de grandes villes comme dans les provinces voisines.
Vient alors Michel Basin qui captive et divertit l'assemblée avec la relation des tractations auxquelles donna lieu, au XVIIe siècle, la vente de la châtellenie de Crozant.
Le roi Louis XIII et le cardinal de Richelieu ayant de pressants besoins d'argent pour mener la guerre contre la maison d'Autriche, il est notamment décidé, en 1640, d'aliéner la châtellenie de Crozant en l'engageant, c'est-à-dire en la vendant avec faculté de rachat. Ce domaine intéresse Henri Foucault de Saint-Germain-Beaupré, gouverneur de la Marche, et son père Gabriel qui, après sa condamnation pour diverses exactions, s'était retiré à Saint-Germain. Lorsque Jean-Baptiste Brimon, sieur de Beauvay, trésorier de France à Moulins, vient sur place pour procéder à l'évaluation préalable, Gabriel Foucault a tout organisé pour que la châtellenie soit dépréciée. Trouvant un château en ruine, une justice royale qui ne fonctionnait plus, des forêts mal gérées, des moulins hors d'usage, M. de Beauvay, assailli par les lamentations des fermiers, en arrive à une estimation de 17 000 livres, mais il est convaincu d'avoir été trompé. Crozant est adjugé à Henri Foucault, le 30 avril 1640, pour 20 000 livres, alors que sa véritable valeur est de 30 à 35 000 livres. Six ans plus tard, Jean Tiercelin de Rancé, seigneur de La Chapelle-Baloue, oncle et cousin d'Henri Foucault, fait expliquer aux commissaires royaux que la châtellenie a été bradée, et il en offre plus. Les commissaires, usant du droit de rachat, remettent Crozant aux enchères, et Henri Foucault est obligé de monter jusqu'à 40 000 livres, le double de sa mise initiale, pour rester « comte de Crozant ». La bonne affaire est devenue très mauvaise, la puissance des Foucault a trouvé ses limites, et leurs relations ultérieures avec leurs cousins de La Chapelle demeureront fraîches.
A Guy Marchadier revient de terminer la séance avec des extraits commentés du journal d'un « poilu » de la Grande Guerre, Jean Peyrot, originaire de Baleine (commune de Saint-Vaury). En 34 pages manuscrites est rapporté ce qu'il a vécu du 21 août 1916 au 20 octobre de la même année sur le front de la Somme. Au quotidien des combats s'ajoutent les intempéries, la pluie, et la boue ; la nourriture qui n'arrive pas ; la soif qui oblige à boire une eau polluée par la présence d'un cadavre dans le puits ; les abris sommaires et le couchage sommaire qui minimisent le temps de sommeil ; le pullulement des poux et des rats. S'agissant des attaques, elles se montrent très meurtrières du fait de l'artillerie allemande et davantage encore les mitrailleuses plus redoutées que toute autre arme. L'attaque du 25 août sur le canal du Nord, dans la région de Péronne, en fournit un exemple au terme de laquelle il ne reste plus que 12 à 15 hommes par section (une section : 60 à 80 hommes). Le général s'apercevra trop tard que les obus français n'avaient pas neutralisé les mitrailleuses ennemies. Et Jean Peyrot de gémir :
« Vivement la relève, il y aura un mois le 20 que nous sommes ici, et il faut penser aux plumes que nous y avons perdues »,
et d'ironiser amèrement :
« Nous sommes 4 sur 11... mais nos pertes sont légères comme doivent dire les embusqués ».
SÉANCE DU 20 MARS 1999
Présidence de M. Etienne Taillemite, président
Présents. — Mmes/Mlles A. Aligros, A.-M. Aymard, J. Basset, A. Bichet, L. Bournazel, S. Caylus, S. Chaix, C. Godard, S. Jarnageon, S. Métrich, S. Nicolas, C. Pinet, C. Riou, G. Rommeluère, J. Sabourin, F. Saint-James, S. Saumande, M. Taillemite, O. Vieilleribière ; MM. A. Barret, R. Barret, M. Basin, G. Beaufils, G. Bellon, R. Bournazel, J.-L. Broilliard, A. Carriat, D. Dayen, St. Fradet, G. Gouyet, P. Lamiraud, J.-P. Larduinat, M. Lecoq, J.-P. Lécrivain, J.-P. Le Gall, M. Manville, R. Marcelot, F. Mimon, J. Picaud, J. Rousseau, R. Saint-James, V. Souche, E. Taillemite, R. Tétard, P. Urien, J.-P. Verguet.
Excusés. — Mmes M. Colombier, J. Desbeaux, I. Maurin-Joffre ; MM. R. Auclair, H. Lacrocq, P. Léger, R. Nicoux, J. Pion.
Admissions. — Le président se félicite de l'adhésion de treize membres au cours des deux derniers mois.
Ce sont : Mmes Simone Dubois, 23000 Saint-Victor-en-Marche ; Martine Bordes, rue Jules-Védrines, 23000 Guéret ; Simone Bussière, rue Docteur Bretelle, 23000 Guéret ; Odette Canaud, 23800 La Celle-Dunoise ; Danielle Girardot, Villecoulon, 23220 Jouillat ; Hélène Humbert, rue J.-B.-Alphonse-Defumade, 23320 Saint-Vaury ; Monique Tourte, Les Aiglants, La Torchaise, 86190 Beruges ; Claudine Valtaud, 3, rue Sylvain-Grateyrolles, 23000 Guéret ; MM. Paul Delage, Chanteloube, 23160 Azerables ; Jean-Paul Jolliton, 42, avenue des Jardins, 66240 Saint-Estève ; Nicolas Peyne, L'Eleau, 23480 Chamberaud ; Aurélien Sartou, 8, avenue de la Sénatorerie, 23000 Guéret ; Piet Strick, 24 Halveweg, 36000 Genk, Belgique.
Nécrologie. — La Société adresse ses condoléances aux proches de Mmes Claire Delotte, 87000 Limoges ; Lucienne Marioton, 89000 Auxerre ; de MM. Pierre Boureau, 23300 La Souterraine ; Georges Cerbelaud-Salagnac, 75000 Paris ; Robert Echégut, ex-curé de Soumans, 23160 Saint-Sébastien.
Georges Cerbelaud-Salagnac, chroniqueur, romancier, historien, membre de notre Société depuis 1938, a publié aux Editions France-Empire, dans la collection « Histoire et terroirs », Le Limousin, ouvrage dans lequel par exception la Creuse est traitée sans défaveur par rapport au reste de la région.
Bibliothèque. — Elle a reçu en dons, par Max Guillon, Historique de l'art des tapisseries en Angleterre, de Michel Brignolas (1879) ; par Patrick Léger, Archéologie entre Marche et Berry, ouvrage collectif où figure l'article « Les tumulus d'Augères et de Bazelat à la fin du premier âge du fer », dont il est l'auteur.
CHRONIQUE
Il est rappelé que la séance foraine qui se tiendra cette année à Chambon-sur-Voueize est avancée au 15 mai, que la Société tient à la disposition de ses adhérents les imprimés pour s'inscrire au Congrès des sociétés savantes qui aura lieu à Bourges les 28-29-30 mai.
Le président informe ensuite l'assistance de la décision prise par le conseil d'administration réuni le 6 mars de mettre sur informatique la bibliothèque de la Société, ce qui entraînera un investissement ne dépassant pas 30 000 francs.
Enfin, est fixée au 12 septembre l'excursion annuelle dont il est prévu que Brioude (Haute-Loire) constitue l'aboutissement.
ASSEMBLÉE GÉNÉRALE
Le président rend compte à l'assistance de la situation en effectifs et des activités de la Société.
Le nombre des adhérents reste stable : 664 membres à jour de leurs cotisations au 31 décembre 1998. Un effort de recrutement s'avère nécessaire pour retrouver le niveau d'il y a vingt ans.
Les séances bimestrielles ont connu une fréquentation très satisfaisante. Sur 21 communications présentées, 7 avaient trait à l'archéologie et 9 à l'histoire moderne et contemporaine.
Pour permettre une meilleure connaissance des richesses de la bibliothèque et faciliter la consultation par le public des ouvrages, il a été décidé par le conseil d'administration d'avoir recours à l'informatique. Sa mise en œuvre s'effectuera sous peu. Par ailleurs, une négociation est en cours avec la municipalité de Guéret pour que soit transférée à celle-ci la propriété des collections appartenant à la Société et en dépôt dans les musées de la ville. Enfin, pendant l'année 1998, la Société a publié le fascicule de ses Mémoires et, dans la série des Etudes creusoises, l'ouvrage de M. Dubost sur le colonel Roudaire et son projet de mer saharienne. Quant à la 69e excursion, elle a conduit ses participants à Châteauroux et dans son voisinage.
En conclusion, on peut dire que les activités de la Société se sont poursuivies de façon régulière, mais qu'il conviendrait d'améliorer son recrutement pour accroître son rayonnement.
Le rapport d'activités, mis aux voix, est adopté à l'unanimité.
C'est ensuite au tour de la trésorière, Mme Rommeluère, de présenter le bilan financier. L'année 1998 présente un léger déficit. Toutefois, la situation reste saine et permettra le financement de la modernisation envisagée.
Après examen des pièces comptables par deux délégués aux comptes, l'assemblée générale, à l'unanimité, donne quitus à la trésorière.
Compte tenu de l'augmentation, à l'avenir, des dépenses de fonctionnement, la cotisation pour l'an 2000 est portée à 160 francs.
ELECTIONS AU CONSEIL D'ADMINISTRATION
Six adhérents avaient fait acte de candidature pour six postes à pourvoir. Sont élus : MM. Broilliard, Dayen, Gouyet, Larduinat, Souche, Taillemite.
COMMUNICATIONS
Mme Simone Nicolas soumet vainement à la perspicacité du public l'identification d'un monolithe conservé à Saint-Moreil et présentant sur ses quatre faces de mystérieuses figurations, semble-t-il, symboliques.
Victor Souche et Amédée Carriat donnent connaissance de ce que furent l'inventaire et la dévolution de l'héritage du prieur-curé de Colondannes, Martial de Mortesaigne, lors du décès de celui-ci en 1759.
En premier, Victor Souche s'attache à montrer l'aisance dans laquelle vivait le défunt en fournissant le détail de ses biens meubles et l'estimation de chacun d'eux : robe de chambre, culottes de peau, montre à boîtier d'argent, linge de corps, linge de maison, provisions pour lui et sa servante, pour ses bêtes, sa jument et deux cochons. Plus originale, la présence de deux violons en mauvais état et celle d'une épinette. Quant à la bibliothèque, forte de 240 volumes, elle surprend par son importance.
Pareille richesse suscite la convoitise de la famille, mais aussi celles de la paroisse de Colondannes, de l'abbé commendataire de Bénévent, des augustins de Chancelade, près de Périgueux, ordre auquel appartenait Mortesaigne, au point que les frais d'inventaire et les mesures conservatoires absorbèrent environ les deux tiers de la valeur des biens.
Pour sa part, Amédée Carriat souligne l'intérêt de cette bibliothèque pour la connaissance du statut du livre dans une province essentiellement rurale et non francophone. En dehors des communautés religieuses (génovéfains d'Evaux, récollets d'Aubusson, cisterciens de Bonlieu) un seul particulier nous était connu comme possesseur d'une bibliothèque : François Albert, procureur de la sénéchaussée à Guéret à la fin du XVIIe siècle (quelque cinq cents volumes, d'après Henri Hours). Quoique plus modeste, celle du curé Mortesaigne (cent titres, soit deux cent quarante volumes), tout en privilégiant les ouvrages religieux (Bourdaloue, Fléchier, Massillon y côtoient les jansénistes Arnaud d'Andilly, Le Maistre de Saci, Pierre Nicole, ou l'historien Claude Fleury) atteste une curiosité éclectique (ouvrages d'histoire profane, Coutumes de la Marche de Jabely, Traité des études de Rollin, ouvrages de musique, œuvres de Boileau et de Racine...). On doit au curé Farne, du [Grand] Bourg-de-Salagnac, cet inventaire consciencieux (nombre de volumes, format, titre, auteur, lieu d'impression, date) qui ne va cependant pas sans lacunes, lesquelles rendent impossible une complète identification.
Pour terminer la séance est présentée la cassette-vidéo retraçant la carrière de Martin Nadaud, réalisée par Télé-Millevaches à l'initiative de l'association « Les maçons de la Creuse ». Ce film de trente-cinq minutes, conjuguant images de la Creuse, de Paris et de Londres, avec des documents d'époque et des jugements d'historiens actuels, dont Maurice Agulhon, recueille un concert d'éloges.
SÉANCE DU 15 MAI 1999 - CHAMBON-SUR-VOUEIZE
Présidence de M. Etienne Taillemite, président
Présents. — Mmes/Mlles M.-L. Alamarguy, N. Aubert, G. Aucordier, S. Aumasson, L. Berger, A. Bichet, A. Blois, M. Boudard, M.-C. Braud, M.-Th. Brindeau, S. Brunet, G. Chazette, S. Chazette, B. Colin, M.-Th. Duret, A. Durin, A. Glomeau, N. Glomeau, J. Jamot, J. Jouannique, E. Laville, M. Lorioux, N. Manairaud, F. Montagne, M.-Y. Norre, C. Parouty, C. Pinet, G. Rommeluère, F. Saint-James, M. Taillemite ; MM. B. Amossé, G. Arnault, J. Aumasson, G. Beaufils, M. Boudard, F. Boureille, J.-L. Broilliard, J. Brunet, A. Chazette, J. Chazette, A. Chatard, D. Dayen, D. Dussat, J. Jamot, J.-P. Larduinat, J.-P. Le Gall, P. Rigaud, G. de Rochefort, J. Roussillat, R. Saint-James, E. Taillemite, G. Thibord, P. Urien.
Excusés. — Mmes M. Colombier, I. Maurin-Joffre ; MM. G. Avizou, M. Basin, A. Carriat, G. Gouyet, F. Jonathan, P. Léger, M. Manville, R. Nicoux, R. Ribière, J. Souchal, V. Souche.
Admissions. — Ont adhéré à la Société depuis le 20 mars : Mmes Marcelle Lorioux, 23170 Chambon-sur-Voueize ; Janine Nicoulaud, 23000 Sainte-Feyre ; Suzanne Senez, Les Fougères, 23220 Champsanglard ; M. Marc Schoonaert, 23380 Glénic.
Nécrologie. — Sont à déplorer les décès de Mme Simone Breton, 23300 La Souterraine ; de Mme Micheline Guyonnet, 23000 Guéret ; de Mlle Camille Dayras, 23000 Guéret.
Bibliothèque. — Depuis la séance de mars, les dons ont été particulièrement nombreux.
Par les anonymes : Images recueillies au Sénégal, 1990, de Jean Barde ; Les professeurs de la faculté de Médecine de Paris, 1991 ; Par M. Fernand Gravier : Une école rurale pendant un demi-siècle : l'école de Saint-Domet, de Félix Maumy ; par M. Jacques Viard : Bulletin 1999 des Amis de Pierre Leroux ; par l'imprimerie Lecante : Almanach pittoresque et historique de la Creuse pour 1999.
Dans le même temps, la Société a acheté, de Catherine Combrouze-Lafaye, Eglises fortifiées en Limousin.
COMMUNICATIONS
C'est devant une assistance record, comptant près de 60 personnes, que Christiane Parouty présente l'état, à la fin de l'Ancien Régime, du fief de Lussat mouvant du Bourbonnais, châtellenie de Montluçon.
En 1776, Gaspard-Amable de Thianges fait aveu de ses terres de Lussat à l'occasion de l'avènement de Louis XVI. Il décrit son château aux grosses tours, environné de fossés et d'un canal, au centre du bourg, l'église avec sa litre funéraire et son tombeau. Ses terres comportent de grandes étendues de bois, Les Landes et Saint-Martial, et de nombreux et vastes étangs, Les Landes, Tête-de-Bœuf, Poutinchoux, Les Barres, La Caborne, Les Bordes. Entre bois et étangs se trouvent des étendues de terres « hermes », bruyères et chaumes. Le seigneur en tire le meilleur parti : pacage des bestiaux contre redevances, vente d'argile aux potiers, empoissonnement des étangs. Le fief n'occupe que la partie Sud de l'actuelle commune. Il s'étend sur Tardes avec Sadournat, Poutinchoux et le moulin de Boisset, moulin banal de la seigneurie. Il s'étend aussi sur Saint-Loup avec Les Barres, Fleuraget, Fleurat, Les Gouttes.
La justice de Lussat englobe 100 feux, 500 habitants environ. Soixante-dix noms de serfs sont cités. Ces familles, les Enfrais, Demay, Galitre, Bastier, Moreau, Jouhanneton, Roux, etc., se retrouvent aujourd'hui dans les mêmes villages.
A Mme Parouty un autre Chambonnais, Jean Jamot succède, qui entretient l'assemblée de la maison d'arrêt.
Ayant obtenu en 1790 le tribunal de district, Chambon fait construire dans les jardins de l'ancien monastère une maison d'arrêt communiquant avec le collatéral sud de l'église. Cette prison étant aussi étroite qu'insalubre et le tribunal ayant étendu sa juridiction en 1800 à l'arrondissement de Boussac, une seconde construction, plus vaste, est projetée en 1826 à proximité de la première qui sera démolie : elle comporte un étage, deux cours et deux préaux qui permettent un chemin de ronde ; le bâtiment était entouré par un mur d'enceinte. Les registres d'écrou concernant la période de l'an VIII à 1850 permettent de connaître notamment les chefs d'inculpation, les arrêts du tribunal et le nombre annuel des détenus qui n'excède pas une vingtaine, dont une minorité de femmes. A partir de 1805, les réfractaires et les déserteurs de l'armée étant de plus en plus nombreux, plusieurs gendarmes, de Gouzon, et aussi des geôliers, de Chambon, sont emprisonnés pour avoir laissé s'évader des détenus, intentionnellement ou par négligence. Le plus redouté des condamnés fut, sans nul doute, François Terrier, ancien forçat, auteur de 9 crimes après sa libération, guillotiné place du Marché en 1820. Curieusement, en 1841, après le duel tragique qui opposa l'avocat Périgault de Grandchamp à l'avoué Ranjon, tous les protagonistes sont acquittés.
La vie carcérale est réglée par les gardiens qui assurent également les fonctions d'intendant, privilège qui leur sera retiré en 1856 ; en cas d'évasion, ils sont tenus pour responsables en dépit des insuffisances en personnel et en moyens. Plusieurs suicides sont mentionnés dans les registres.
La maison accueillit des détenus jusqu'à la suppression du tribunal, en 1926 ; achetée par l'évêché de Limoges en 1941, elle devient, après transformations, presbytère. Le bâtiment, cependant, a conservé des ouvertures garnies de barreaux, des portes ferrées de gros clous et même, au premier étage, la cellule des fous.
Comme à l'accoutumée dans les séances foraines, Daniel Dayen rappelle ensuite ce qu'ont été dans le canton les élections au conseil général.
Depuis 1833, date à laquelle les membres de l'assemblée départementale furent élus et non plus nommés, le siège du canton de Chambon a connu seize titulaires, nombre plus élevé que la moyenne, car aucun n'a accompli un très long mandat, le plus long ayant été, sous le Second Empire, celui de Périgault de Grandchamp, personnage surtout connu pour avoir tué en duel l'avoué Ranjon, ce qui ne l'empêcha pas de devenir juge au tribunal local. Mandat important aussi pour l'avocat Emile Dubujadoux (1903-1925), qui accéda peu avant son décès à la présidence de l'assemblée. Un seul conseiller a détenu un mandat de parlementaire : Alfred Tardif, qui fut député de 1893 à 1898, et dont le fils fut également conseiller général de 1928 à 1940.
A l'exception de Loubens de Verdalle (1885-1886), de Raymond Aucouturier (1979-1987) et de Jean Nicolaon (1988-1992), tous ont été des habitants du chef-lieu dont, pour la plupart, ils ont occupé la fonction de maire, à l'instar du premier d'entre eux, Jean-Baptiste Théodore Prudent Barailon (1833-1843), le fils du conventionnel bien connu.
Les élections les plus mouvementées furent celles d'Amédée Loubens de Verdalle et du docteur Darchy, l'ami de George Sand. Des divisions entre républicains éclatèrent en effet en 1885, lors de la succession du docteur Aubergier, et nombre de suffrages se reportèrent au second tour sur la candidature-surprise du maire d'Auge, Amédée de Loubens de Verdalle, qui fut facilement élu. L'année suivante cependant, au renouvellement général, l'union des républicains sur le nom du docteur Darchy permit de battre, mais d'une courte tête, ce royaliste affirmé, qui a donc eu l'un des mandats les plus courts de l'histoire du conseil général de la Creuse.
A un troisième Chambonnais, en la personne de Fabrice Boureille, revient de clore la séance en retraçant la carrière du peintre Pierre Chartier (1894-1980).
SÉANCE DU 17 JUILLET 1999
Présidence de M. Etienne Taillemite, président
Présents. — Mmes/Mlles A. Aligros, J. Basset, M. Belnoue, C. Besson, M.-Th. Besson, L. Bournazel, S. Caylus, M. Colombier, I. Dauger, M. Dayen, Y. Delarbre, S. Jarnageon, J. Marest, S. Métrich, F. Meunier, C. Pinet, J. Porcher, G. Rommeluère, A.-M. Rouet, J. Sabourin, S. Saumande, O. Vieilleribière ; MM. M. Basin, A. Bataille, G. Beaufils, R. Besson, R. Bournazel, P. Bouyer, A. Carriat, G. Dauger, D. Dayen, G. Gouyet, B. Habellion, H. Lacrocq, J.-P. Larduinat, J.-P. Le Gall, P. Léger, J.-D. Meunier, F. Mimon, J. Penot, P. Picaud, R. Reby, P. Rigaud, J.-M. Rouet, R. Saint-James, V. Souche, E. Taillemite, P. Urien.
Excusés. — Mmes C. Godard, I. Maurin-Joffre, Ch. Riou ; MM. R. Auclair, G. Avizou, J.-L. Broilliard, M. Manville, R. Nicoux, J. Pion.
Admissions. — Ont, depuis mai, adhéré à la Société : Mmes Louise Berger, 60, avenue du Général de Gaulle, 23230 Gouzon ; Nathalie Laîné, 10, La Petite Baleyte, 23140 Pionnat ; M. le Docteur Alain Zuber, 47, avenue du Raincy, 93250 Villemomble.
Nécrologie. — Nous avons à déplorer le décès de Me Jacques Dallier, notaire à Aubusson. Il était une figure marquante de la ville et de sa région. Féru d'ornithologie, attiré par les dialectes occitans, passionné d'histoire régionale, en particulier en histoire religieuse par la survivance de certains rites, Me Dallier a été l'auteur, dans nos Mémoires, d'une étude, « L'abolition des signes du culte à Bellegarde-en-Marche en 1794 » et avait participé très activement à l'excursion qui nous avait conduits à Moulins.
Bibliothèque. — Au cours des deux mois écoulés, de multiples dons sont venus l'enrichir. De la municipalité de Chambon-sur-Voueize, ses Bulletins municipaux 1995-1998 ; de celle d'Auzances les Bulletins municipaux 1989-1999 ; de l'Office des anciens combattants une plaquette, Première libération de Guéret ; de l'association « Les maçons de la Creuse » et de l'auteur, Arnaud Berthonnet, Chagnaud, l'histoire d'une fidélité ; du musée du Compagnonnage à Tours, Fragments d'histoire du compagnonnage ; de M. Denis Fradeaud-Guillemot, Monographie de Vost en Haute-Marche par Arthur Hecquard ; de M. Frédéric Gravier, Historique de la paroisse de Champagnat par l'abbé Gras, transcription et notes de Frédéric Gravier.
A signaler la réédition de l'ouvrage fondamental d'Alain Corbin, Archaïsme et modernité en Limousin au XIXe siècle.
CHRONIQUE
Les 27-28 août est organisé à Aurillac un colloque sur le thème « Fidélité républicaine et monde rural ».
Ainsi qu'il avait été annoncé précédemment, la 70e excursion annuelle aura lieu le 12 septembre avec pour étapes Brioude, Mareugheol, château de Parentignat.
COMMUNICATIONS
Illustrant son propos de la projection de nombreuses diapositives, Jacqueline Sabourin traite, d'abord, des réemplois dans les bâtiments et socles de croix.
La récupération des matériaux pour des constructions nouvelles est de tous les temps, et un examen attentif des bâtiments, des murs, des socles de croix permet souvent d'avoir des indications sur l'environnement antérieur. Tout ce qui pouvait être utile ou était jugé digne d'intérêt était utilisé : moellons, pierres de taille, « belles pierres »... La récupération ne se faisait que dans un rayon limité en raison des problèmes de transport. C'est ainsi qu'on peut voir, dans des bâtiments actuels, divers éléments gallo-romains (petit appareil, pierres caniveaux, tronçons de colonnes), des éléments provenant de petites maisons fortes (jambages et linteaux d'ouvertures) et même de chapelles (fragments de sculptures). Ce sont autant d'indices qu'une construction notable souvent totalement ignorée se trouvait à proximité.
Les socles de croix contiennent très souvent des éléments de réemploi. Ont été vus les socles de croix figurant sur la carte IGN au 1/25 000 dans les communes situées en gros à l'est d'une ligne de la Forêt-du-Temple à Royère. Tous les socles présentant une originalité quelconque ont été photographiés. En plus des croix sans socle véritable, fixées directement dans le rocher affleurant, ou des croix monolithes, on a pu noter l'utilisation d'éléments divers : meules, piles à mil, margelles de puits monolithes, pierres tombales, bornes. Les constructeurs ont parfois créé des compositions originales sinon toujours heureuses. On a beaucoup utilisé des éléments gallo-romains comme socles de croix ; 55 ont été recensés, dont 46 inédits. Ce sont des autels, probablement des autels domestiques et surtout des monuments funéraires, cippes ou stèles. D'autres éléments ne peuvent être clairement identifiés en raison d'un examen forcément incomplet.
Un type d'autel plus élaboré, à la décoration soignée, a été observé à Ahun, à Chassogne (commune de Pionnat) et à Mautes.
Après cette prospection très fructueuse, c'est à Corinne Besson qu'il revient de présenter l'étude qu'elle a menée sur les bijoux en or gallo-romains détenus par le musée de Guéret.
Les deux bijoux conservés illustrent deux types, l'un à chaînes, le second à perles et deux techniques de fabrication, le fil et la feuille.
Le collier de Martinfort appartient au premier type : plusieurs segments formés de 3 à 5 chaînes d'enfilage, généralement avec 2 ou 3 types de pierres alternant selon les segments : grenats, émeraudes, saphirs ou perles. Ce collier, trouvé en 1976 sur la commune de Vigeville, se compose de trois fois trois rangs. Son état est fragmentaire. Cette pièce représente la partie centrale du collier. De part et d'autre des triples rangs de grenats se tenait un triple rang de perles blanches dont il ne subsiste aucun exemplaire. Chaque segment se succède avec des types de perles différentes, aussi bien par la couleur que par leur nature. Les grenats se présentent par ensembles de 17 alors que les fils de perles s'assemblent par groupe de 8. Le premier segment présente trois chaînes dont deux complètes et une fragmentée. Le troisième segment constitué de deux rangs incomplets présente le même enfilage. Des émeraudes enfilées séparent les segments. Les mailles des grenats forment une chaîne en huit où chaque maille est composée d'un fil soudé, plié en deux, le grenat est enfilé et les boucles sont formées. Ces fils sont carrés tors tréfilés : un fil de section carrée est tourné sur lui-même, puis bruni ou passé dans une filière. Les arêtes deviennent alors des méplats qui dessinent les stries visibles sur les fils. Le second segment présente des mailles plus simples composées d'un fil dont une extrémité est enroulée sur lui-même et l'autre est soudée. Deux chaînes sur trois sont dans le même sens, ce qui laisse supposer que la troisième fut démontée et remontée dans le sens opposé.
Le collier de perles de Gouzon, découvert en 1887, est composé de 128 perles dont 8 en or, les autres en pâtes de verre vertes, bleues et en ambre. Une grande moitié supérieure est constituée de perles cylindriques d'épaisseurs variables. Les perles sont disposées de façon presque symétrique. A partir des perles d'or de nouvelles formes apparaissent : lenticulaire et carrée tubulaire. La perle polyédrique bleu remplace une en ambre et la deuxième bleue est au centre du collier. Les perles les plus grosses sont avant les perles d'or, ensuite le diamètre décroît. Grâce aux différentes étapes de détérioration des perles d'or, le processus technique se reconnaît : un tube creux en or est fabriqué par soudure autogène. Les noyaux sont préparés à la forme désirée pour les perles, puis glissé un par un dans la charnière, le tout fixé sur un axe horizontal. Dès lors, en appliquant un outil sur la feuille de la charnière, l'artisan modèle la perle en s'appuyant sur le noyau et peut ajouter un décor comme les lignes parallèles.
Les colliers servant de comparaisons sont celui du trésor de Cracouville daté de 261 conservé à Evreux, et ceux du trésor d'Eauze, dans le Gers, daté entre 260 et 269. Le collier de Vigeville se servant de chaîne en huit est « hors classement » pour l'instant. Il n'y a pas de pierres enfilées sur ces mailles, mais éventuellement entre celles-ci. Avec son contexte archéologique, le collier de Vigeville daterait de la fin du IIe siècle, alors que le type était jusqu'à présent caractéristique du IIIe. Le collier de Gouzon est plus difficile à dater. Un collier trouvé dans une sépulture du IVe siècle à Abbeville présente des perles d'or assez proches, avec la même épaisseur de feuille. Un second, trouvé en Italie, non daté, a exactement les mêmes perles, la décoration de surface en moins. D'autres exemples « barbares » à partir du Ve siècle ne sont pas sans rappeler les enfilages de perles en pâtes de verre et pierres de Gouzon qui serait donc du IVe siècle.
Le collier de Vigeville met en évidence le phénomène d'acculturation avec l'appropriation de la maille en huit en la transformant en support pour les perles. Quant à celui de Gouzon, le problème de datation ne sera résolu qu'à l'aide d'études d'autres pièces plus ou moins semblables et complémentaires.
Enfin, pour clôturer la séance a lieu, sous la conduite de Patrick Léger, une visite à Drouilles (commune de Saint-Eloi) pour rendre visite aux mottes castrales.
SÉANCE DU 18 SEPTEMBRE 1999
Présidence de M. Etienne Taillemite, président
Présents. — Mmes/Mlles C. Auzolle-Simon, A.-M. Aymard, J. Basset, R. Besse, C. Betoux, A. Bichet, L. Bournazel, O. Canaud, M. Colombier, M.-J. Crossay-Lestrade, M. Daudonnet, H. Jean, F. Lafaye, J. Marest, S. Moreigne, G. Piéron, C. Pinet, J. Porcher, F. Saint-James, S. Saumande, C. Simon, M. Taillemite ; MM. G. Avizou, M. Basin, G. Beaufils, G. Bellon, J. Betoux, R. Bosser, R. Bournazel, J. Bouvier, J.-L. Broilliard, M. Canaud, A. Carriat, P. Cotte, G. Gouyet, A. Guillon, H. Lacrocq, J.-P. Larduinat, P. Léger, M. Manville, R. Marcelot, F. Mimon, C. Moreau, R. Nicoux, J. Picaud, R. Rousseau, R. Saint-James, P. Simon, C. Sirjacques, V. Souche, E. Taillemite, G. Teste, R. Tétard, G. Thévenot, P. Urien, J.-P. Verguet.
Excusés. — Mlle J. Sabourin ; MM. D. Dayen, H. Lacrocq.
Admissions. — Au cours des deux mois écoulés la Société a compté deux nouveaux membres : Mme Louise Berger, 60, avenue du Général de Gaulle, 23230 Gouzon ; M. Dominique Piua, Le Daniéli, 3, avenue de l'Ancien Vélodrome, 31000 Toulouse.
Bibliothèque. — René Barret a donné, pour notre bibliothèque, la brochure dont il est l'auteur, Une enfance guérétoise, 1935-1955.
CHRONIQUE
Mlle Sabourin propose de déposer à la bibliothèque le double des 2 585 fiches archéologiques qu'elle a établies, ces fiches ne pouvant par la suite être utilisées sans son autorisation. Le conseil d'administration statuera en novembre sur cette proposition.
COMMUNICATIONS
Michel Manville débute la séance en expliquant le but du « Pôle d'économie du patrimoine du département de la Creuse » lancé par le préfet le 18 juin 1999. Ce projet reprend les bases du concept élaboré par la DATAR dès 1994. L'esprit général des PEP consiste à revitaliser les zones rurales à travers la valorisation du patrimoine. C'est une démarche expérimentale d'aménagement du territoire visant à traduire les atouts patrimoniaux d'un territoire en développement économique durable. En l'espèce, et de façon originale, c'est l'ensemble du département qui a été retenu comme territoire du PEP. En outre, la Creuse participe au PEP de la vallée des Deux Creuse, piloté par l'Indre.
Le PEP du département a achevé une première phase de contacts sur le terrain, de recherche de partenaires financiers, mais aussi de réflexion stratégique sur les enjeux d'aménagement du territoire. A cet égard, la mise en place d'un centre d'interprétation et de valorisation du patrimoine pourrait être envisagée, permettant notamment :
— la mise en réseau de tous les lieux dégageant une forte identité patrimoniale ;
— la coordination, la conservation et l'animation ;
— la formation et la sensibilisation des élus et techniciens, des propriétaires privés, des propriétaires de gîtes et de chambres d'hôtes, des agriculteurs, des entreprises de restauration, des équipes de chantiers d'insertion...
La réflexion menée avec le cabinet ARC ESSOR chargé de l'étude du PEP de la vallée de la Creuse montre que cette structure pourrait devenir interdépartementale en s'appuyant notamment sur des partenaires comme le lycée professionnel de La Châtre ou le futur centre culturel de rencontre Saint-Benoît qui gérerait la dimension paysagère du patrimoine.
D'ores et déjà, pour coordonner l'ensemble, a été instauré un lieu-ressource. Les missions affectées à cette structure sont vastes : organiser le recensement du patrimoine et son fichage informatique, coordonner des initiatives locales en matière de patrimoine et conseiller les porteurs de projets afin d'éviter les redondances et les concurrences inutiles, participer à la formation des acteurs locaux sur les questions de patrimoine, nouer des liens étroits avec les structures touristiques et notamment le comité départemental du tourisme afin d'assurer la constitution, la promotion et la commercialisation de circuits pertinents au regard de l'offre hôtelière, mais également être garant de la fonction de reconstitution du lien social autour du patrimoine que doit avoir le PEP en développant des politiques spécifiques à destination des personnes âgées et des jeunes, ainsi qu'en lançant des expérimentations en milieu agricole grâce aux contrats territoriaux d'exploitation.
Pour assurer toutes ces missions, un horizon de deux ans a été fixé. Deux ans de travail qui associeront étroitement la population creusoise, grâce à la constitution de commissions thématiques ouvertes à tous, à la mobilisation des maires et à divers partenariats comme celui mis en place avec le ministère de l'Agriculture et de la Pêche qui a édité un excellent guide de l'observation du patrimoine rural.
Le tout étant désormais porté par l'Association des maires et adjoints de la Creuse, qui témoigne ainsi de sa volonté de s'engager sur des projets innovants au service des Creusois.
C'est une véritable monographie du loup que présente ensuite Jean-Pierre Larduinat. Tour à tour sont exposés : morphologie et mœurs de la bête, organisation et moyens de sa destruction, résultats obtenus... Constamment, l'intervenant émaille son propos d'exemples pris dans la presse départementale du XIXe siècle.
Ensuite, Jean-Louis Broilliard nous fait part des tracas judiciaires de Martin Radigon, curé de Vidaillat, 1788-1793.
Curé de Vidaillat depuis 1782, Martin Radigon s'est trouvé rapidement en conflit avec certaines de ses paroissiennes. Deux plaintes ont été portées contre lui en 1788, les faits reprochés remontant à cinq ans. Pour avoir refusé de donner la communion à deux paroissiennes, il aurait dû comparaître devant la chambre du Conseil du Palais royal de Guéret mais la procédure, ponctuée d'incidents, a pris un tel retard, que l'affaire en est restée là au début de 1790. Demeuré à son poste pendant la Révolution en tant que curé constitutionnel, Martin Radigon multiplie les provocations liées à son franc-parler et à son irascibilité. Il se trouve bientôt accusé des pires dérives contre-révolutionnaires. C'est, maintenant (décembre 1793), le tribunal criminel de la Creuse qui le condamne à la déportation à perpétuité et à la confiscation de ses biens. En vain, la maréchaussée le recherche-t-elle. D'après les archives de l'évêché, il serait resté caché pendant onze ans.
SÉANCE DU 20 NOVEMBRE 1999
Présidence de M. Etienne Taillemite, président
Présents. — Mmes/Mlles M.-E. Aubaile, L. Bournazel, M. Colombier, J. Marest, D. Michon, J. Porcher, M. Ricard, G. Rommeluère, M. Taillemite ; MM. J.-M. Allard, A. Barret, R. Barret, M. Basin, G. Beaufils, R. Bournazel, A. Carriat, P. Collin, D. Dayen, B. Desthieux, G. Gouyet, A. Guillon, H. Lacrocq, P. Lamiraud, J.-P. Larduinat, P. Léger, M. Manville, R. Marcelot, J. Penot, J. Picaud, R. Saint-James, V. Souche, E. Taillemite, P. Urien, P. Villeplane.
Excusés. — M. J.-L. Broilliard.
Admissions. — Le président se félicite du nombre des récentes adhésions. Ce sont celles de Mlle Fabienne Montagne, 7, rue du Boulevard, 23170 Chambon-sur-Voueize ; de M. Robert Auclair, 1, rue Camille-Corot, 87570 Rilhac-Rancon ; de M. André Bataille, 23210 Vieilleville ; de M. Christian Chapal, 26, rue Charles de Gaulle, 94130 Nogent-sur-Marne ; de M. Philippe Mérigaud, 28, rue de Pommeil, 23000 Guéret ; de M. Roland Pennetier, 34, rue Simart, 75018 Paris ; de M. Joël Perrin, 19, rue des Ecoles, 23320 Saint-Vaury ; de M. Philippe Sancery, 13, avenue Questroy, 93800 Epinay-sur-Seine.
Nécrologie. — La Société déplore les disparitions de Mme Marie-Rose Daulard, de Paris ; du colonel Louis Bernard, de Gouzon ; de M. François Jonathan, de Chambon-sur-Voueize.
Bibliothèque. — Elle a reçu en dons : le Bulletin municipal de Vallière, années 1995, 1996, 1998 ; la brochure Felletin - Eglise du Moutier ; de M. Taillemite, le Dictionnaire historique des noms de famille du Puy-de-Dôme, par A. de Remacle ; de M. Saint-James, Le duc de Guise et la maison de France, par Monneron ; de M. Avizou, Le personnel parlementaire de la Troisième République. Fernand Villard (1842-1907) ; d'Annick Foucrier, l'étude « Les paradoxes de l'ouverture : exclusion familiale et migrations dans la Creuse et le Nord du Massif Central », par Bernard Derouet, parue dans Les exclus de la terre en France et au Québec.
COMMUNICATIONS
Patrick Léger présente tout d'abord la sépulture gallo-romaine découverte à Ardannes, commune du Grand-Bourg.
Au début de l'année 1999, M. Alain Boisgontier, en opérant un prélèvement de roche dans une petite éminence naturelle de sa propriété (parcelle 1, section HX) a éventré cette sépulture. Le tamisage des déblais effectué par une équipe du groupe archéologique de Guéret a fourni de nombreux fragments d'objets et tessons. L'assemblage de ces derniers a permis de reconstituer, plus ou moins partiellement, une urne en verre et au moins 26 céramiques. Des clous ont été également trouvés, ainsi que deux bijoux : une perle en pâte de verre turquoise et une fibule émaillée. Cette sépulture féminine qui devait se trouver originairement dans un coffre de bois disposé dans une fosse creusée dans le rocher peut être datée de la première moitié du IIIe siècle de notre ère.
Ensuite Bernard Desthieux nous parle de Jean Desthieux, poète, humaniste, homme de lettres et journaliste de l'entre deux-guerres. Jean Desthieux tenait à la Creuse par sa mère, Jeanne Bertrand, petite-fille du principal du collège d'Aubusson, Gabriel Bertrand. Né en 1895, il était l'aîné des quatre cousins germains qui passaient leurs vacances ensemble à Fournoux, chez leur grand-mère ; Henri Bertrand, son frère cadet, Raymond, futur officier de marine, né en 1898, Jean et Henri Guitton, futurs membres de l'Institut, nés en 1901 et 1904.
Régionaliste, maintenur du Félibrige en Limousin, admirateur de Mistral, de Proudhon et de Taine, il fut surtout connu pour ses écrits de journaliste et de critique littéraire et artistique à l'Intransigeant, au Figaro, à l'Homme libre, aux Nouvelles littéraires, au Mercure de France, etc., mais c'était avant tout un poète fasciné par la mort et l'hécatombe de la guerre de 14-18, et un humaniste amoureux de la civilisation méditerranéenne. Il a publié une cinquantaine d'ouvrages originaux : recueils de poèmes, romans, critiques littéraires et artistiques, essais politiques et sociologiques ou philosophiques, et fondé plusieurs organisations, dont l'Ordre des poètes et l'Académie méditerranéenne, ainsi que des revues, dont la dernière, Heures perdues, a duré une dizaine d'années. Ses écrits sur Paul Adam, Panaït Istrati, Frédéric Mistral, Lucien Rolmer, Renée Vivien, etc., ont fait souvent référence dans des travaux de recherche doctorale.
Paul Collin termine cette séance en expliquant ce que représente la Méridienne — la mesure du monde et les mesures de la République. La célébration de l'an 2000 (décret du 9 décembre 1996) comportera la matérialisation du méridien de Paris. Ce sera la « méridienne verte », une ligne composée d'arbres destinés à croître dans les siècles futurs. La méridienne verte traversera 21 communes creusoises. Les arbres seront plantés par les enfants des écoles le 25 novembre prochain, à la Sainte-Catherine. Ce sujet soulève plusieurs réflexions. Sur la question du vocabulaire tout d'abord. Doit-on dire méridienne ou méridien ? Ensuite, sur l'histoire à travers la célébration de l'œuvre de la Convention (2e centenaire). Enfin sur les conséquences à longue échéance que cela aura sur le système métrique, son implantation, son adoption ou son rejet dans la pratique journalière.
COMPOSITION DU CONSEIL D'ADMINISTRATION AU 20 MARS 2000
Etienne Taillemite, président ; Pierre Urien, vice-président ; Daniel Dayen, vice-président ; Muriel Colombier, secrétaire ; Patrick Léger, secrétaire-adjoint ; Gilliane Rommeluère, trésorière ; Gérard Gouyet, trésorier-adjoint ; Régis Saint-James, bibliothécaire ; Amédée Carriat, bibliothécaire-adjoint ; Charlotte Riou, conservateur des musées de Guéret (membre de droit) ; Michèle Giffault, conservateur du musée départemental de la Tapisserie à Aubusson (membre de droit) ; Isabelle Maurin-Joffre, directeur des services d'archives de la Creuse (membre de droit) ; Guy Avizou ; Michel Basin ; Andrée Bichet ; Jean-Louis Broilliard ; Henri Lacrocq ; Jean-Pierre Larduinat ; Michel Manville ; Roland Nicoux ; Victor Souche.