SÉANCE DU 20 JANVIER 2001

Présidence de M. Etienne TAILLEMITE, président

Présents. — Mmes/Mlles A. Aligros, A.-M. Aymard, J. Basset, L. Berger, F. Biarnois, A. Binet, M. Boudard, L. Bournazel, M.-J. Crossay-Lestrade, M. Dayen, S. Dupoux, S. Jarnageon, M. Jolliton, M.-L. Lecoq, J. Marest, S. Métrich, S. Nicolas, G. Piéron, C. Pinet, J. Porcher, G. Rommeluère, J. Sabourin, S. Saumande, M. Taillemite, O. Vieilleribière ; MM. A. Barret, M. Basin, A. Bataille, G. Beaufils, Ph. Bordes, J.-P. Boucher, M. Boudard, F. Bourigault, R. Bournazel, J.-L. Broilliard, A. Carriat, D. Dayen, D. Delhoume, G. Gouyet, B. Habellion, M. Jolliton, P. Lamiraud, M. Lecoq, J.-P. Lécrivain, J.-P. Le Gall, P. Léger, M. Manville, R. Marcelot, F. Mimon, J. Penot, J. Picaud, R. Saint-James, V. Souche, E. Taillemite, R. Tétard, G. Thibord, P. Urien, J.-P. Verguet.

Excusés. — Mme I. Maurin-Joffre ; MM. R. Auclair, H. Lacrocq, J.-P. Larduinat, R. Nicoux, J. Pion.

Admissions. — La Société a enregistrée cinq nouvelles adhésions. Ce sont celles de : Mme Annie Georges, secrétaire, Les Salles, 23000 Sainte-Feyre ; M. Pierre-Henri Chevalier, 11 rue Saint-Pierre, 92200 Neuilly-sur-Seine ; M. Francis Faure, pharmacien, 19 route d'Aubusson, 23150 Lavaveix-les-Mines ; M. Jérôme Perron, étudiant, Le Bourg, 23800 Maison-Feyne ; M. Didier Delhoume, archéologue, 34 impasse Boieldieu, 87000 Limoges.

Bibliothèque. — Au cours de la période allant du 8 novembre à ce jour, de nombreux dons nous sont parvenus : des Archives Départementales l'inventaire du fonds de la Société ; de Jacques Métrich, Les bachelleries dans le Centre-Ouest par Nicole Pellegrin ; du musée d'Art et d'Archéologie de Guéret le catalogue de l'exposition Elles, portraits de femmes dans les collections publiques du Limousin ; de Jacques Juillet, Templiers et Hospitaliers en Quercy, dont il est l'auteur, et Le Graal et le Temple, par Jacquette Luquet-Juillet ; de Daniel Dayen, Etudes sur Pionnat, écrit en collaboration avec Robert Deshéraud, et Bibliographe de la presse française, Haute-Vienne 1967, Corrèze 1983 ; de Pierre Urien, Les ouvriers de Paris au XIXème siècle, 1814-1914, par Fabrice Laroulandie.

Enfin la Société a acheté la seconde édition du volume de l'encyclopédie Bonneton consacré au Limousin, le chapitre "Littérature de langue française" y étant assuré par Amédée Carriat.

CHRONIQUE

Le 60ème Congrès de la Fédération des sociétés savantes du Centre se tiendra les 18-19-20 mai à Aurillac. "Les fêtes civiles" est le thème retenu pour les communications.

 

COMMUNICATIONS

Didier Delhoume ouvre la séance en présentant les perspectives de recherches soulevées par une étude en 1996 sur l'occupation humaine dans la haute vallée du Cher.

Par contraste avec la situation actuelle, les traces de la présence humaine y sont assez nombreuses et ce dès la préhistoire (indices magdaléniens près de Marcillat...). Les traces gauloises restent encore diffuses (indice de l'âge du bronze à Chambonchard...). Plus tard, la présence romaine est attestée par un maillage de villæ à la trame assez distendue et par trois voies importantes organisées en étoile à partir d'Evaux. Le développement de la féodalité, au Xème siècle, fait apparaître des fortifications de terre et bois. Au Moyen-Age classique, les sources écrites attestent l'augmentation progressive du nombre de lieux habités ; de petits lignages seigneuriaux apparaissent mais l'installation au XVème siècle de la puissante famille du Ligondeix constitue le principal bouleversement politique et patrimonial du bas Moyen-Age. Au cours de l'époque moderne la région bascule dans la mouvance administrative de l'Auvergne (généralité de Moulins), alors que les lignages récemment anoblis se font construire des demeures de plaisance près d'Evaux et de Marcillat. Le grand nombre d'équipements hydrauliques connus au XVIIIème siècle s'étoffe encore au cours du siècle suivant, alors que se développe, dans le versant nord de la vallée du Cher, l'exploitation de petits gisements d'antimoine. Contre toute attente, on est donc frappé par la richesse patrimoniale et les fortes potentialités archéologiques de cette région.

Jean-Pierre Boucher retrace ensuite l'historique du château de Chantemille à Ahun. Chantemille, autrefois Chantemilan, est un château dont la création remonte probablement à la fin du Xème siècle ou au début du XIème siècle, sous le contrôle du comte de la Marche. En 1321 y est attestée une motte, encore mentionnée en 1572, ainsi qu'une chapelle, qui était dédiée à Sainte-Radegonde. De l'extrême fin du Xème au milieu du XVIème siècle la seigneurie a appartenu à la famille du Puy, d'origine berrichonne, dont Louis, chambellan des rois Charles VII et Louis XI, fut sénéchal de la Marche dans les années 1460-1480. Vers 1470 il fut autorisé à construire le château, tombé en ruines par défaut d'entretien, ce qui fut cause d'un litige avec les habitants de Chénérailles en 1474. C'est peut-être la proximité de la ville d'Ahun qui l'incita à ces travaux, car si la seigneurie jouissait de droits de justice et banaux, il n'est pas certain que la position du château fût d'une grande importance stratégique, contrôlant seulement le franchissement de la Creuse par une voie secondaire qui reliait, semble-t-il, cette seigneurie à celle de la Tour-Saint-Austrille (les deux seigneuries ont été associées à partir du milieu du XIVème siècle). Par contre le site, sorte de balcon rocheux dominant la rivière d'une dizaine de mètres, pouvait se prêter à la construction d'une demeure résidentielle fortifiée.

Les bâtiments sont composés de deux corps d'un étage, disposés en équerre. Le corps principal suit le modèle des châteaux marchois du XVème siècle, avec tours circulaires, aujourd'hui découronnées, aux angles de la façade arrière et tour quadrangulaire d'escalier sur la façade principale. Les façades sur cour sont largement ouvertes sur la vallée. Le décor est limité aux moulurations des baies, simples accolades en cavet ou en tore, sans caractère flamboyant. L'aile d'entrée, accolée au corps principal vers 1500, s'ouvre par une porte cochère unique, encadrée des fentes de logement des flèches d'un pont-levis disparu. Les façades extérieures sont équipées pour la défense : baies rares, tours d'angles, archères-canonnières puis plus tardivement, canonnières à la française, en fentes horizontales à double ébrasement.

Jean Picaud termine la séance en faisant un bilan de l'évolution démographique de la Creuse aux XIXème et XXème siècles qui n'a plus que 124 470 habitants, au recensement de 1999 (22,5 au km²) contre au début du XIXème siècle : 218 041 habitants et en 1851 : 287 075 hab. Que s'est-il passé ? La population a d'abord augmenté de 1801 à 1851, ensuite elle a amorcé une baisse, lente jusqu'à la fin du XIXème siècle... Le taux de fécondité (donc de natalité) était important et l'excédent naturel assez considérable ; puis, cet excédent s'étant réduit, et l'émigration s'intensifiant, on comprend que la baisse s'amorce. Au XXème siècle, par contre, la baisse a été continue avec une amplitude plus ou moins forte selon la période : moins 11000 de 1901 à 1911 ; moins 38000 de 1911 à 1921. Pour cette deuxième période, il y a à la fois un déficit naturel dû à la guerre de 1918 et un solde migratoire négatif. La baisse a été encore importante entre 1921 et 1931 (moins 20000). De 1936 à 1946, la Creuse est passée en dessous des 200000 habitants. L'exode rural de l'après-guerre a continué à "saigner" notre département. La baisse s'est ensuite poursuivie même s'il y a eu un léger ralentissement, parfois, notamment entre 1962 et 1968, entre 1968 et 1975 et de 1990 à 1999. La Creuse n'arrive pas à garder ses habitants : par exemple, les jeunes continuent à partir "en ville" !

 

 

SÉANCE DU 17 MARS 2001

Présidence de M. Etienne TAILLEMITE, président

Présents. — Mmes/Mlles J. Basset, Y. Bataille, L. Berger, A. Bichet, L. Bournazel, A. Brahim, S. Casanova, S. Chaix, M. Chenaud, M. Colombier, M. Dayen, J. Desbeaux, S. Jarnageon, C. Pinet, G. Rommeluère, F. Saint-James, M. Taillemite, G. Thévenot, O. Vielleribière ; MM. J.-M. Allard, G. Avizou, R. Barret, M. Basin, A. Bataille, G. Beaufils, R. Bournazel, A. Carriat, D. Dayen, M. Denis, J. Dorat, G. Gouyet, P. Lamiraud, J. Lamouche, J.-P. Lécrivain, J.-P. Le Gall, R. Marcelot, G. Marchadier, F. Mimon, R. Nicoux, J. Picaud, R. Rousseau, R. Saint-James, V. Souche, E. Taillemite, R. Tétard, P. Urien, J.-P. Verguet.

Excusés. — Mmes I. Maurin-Joffre, S. Métrich ; MM. J.-P. Larduinat, M. Manville.

Admissions. — Deux nouvelles adhérentes sont venues rejoindre les membres de notre Société. Il s'agit de Mmes Anne-Marie Bénit, retraitée, 15 rue du Château, 23270 Châtelus-Malvaleix, et Thérèse Cumant-Vignon, 34 rue des Chevaliers-Saint-Jean, 91100 Corbeil-Essonnes.

Nécrologie. — La Société déplore la disparition du Docteur Maurice Chanterelle, 2 rue Jean Jaurès, 23000 Guéret, et de M. Albert Vialleville, 6 rue des Rosiers, 87400 Saint-Léonard-de-Noblat.

Bibliothèque. — Au cours des deux mois écoulés, nous avons reçu de nombreux dons : de Pierre-Valéry Archassal, son ouvrage La Généalogie ; de Daniel Borzeix : Jean des Etoiles, roman dont il est l'auteur, et Le catholicisme en Limousin au XIXème et XXème siècle à travers la presse, par Louis Péronas aux Editions Les Monédières ; de la Municipalité de Guéret : Guéret à la fin de l'Ancien Régime, par Geneviève Parelon et Le département de la Creuse - ses origines et sa pérennité, par Christophe Jamain ; de Gérard-François Dumont, son étude "Les formes de dépopulation rurale" Population et Avenir, n° 651, janv.-fév. 2001 ; de Paul Busuttil, le mémoire de maîtrise de son fils Martial : La séparation de l'Eglise et de l'Etat en Creuse ; de l'imprimerie Lecante, l'Almanach pittoresque et historique de la Creuse pour 2001 ; de Jean Jamot, le bulletin municipal de Chambon-sur-Voueize pour 2001.

De plus la Société a fait l'acquisition de La Statuaire de la fin du Moyen Age en Limousin par Annie Cloulas-Brousseau et de Le Limousin, côté nature, ouvrage collectif.

CHRONIQUE

La séance foraine annuelle doit se tenir le 26 mai à Bellegarde-en-Marche et le 60ème Congrès de la Fédération des sociétés savantes du Centre, le 19 mai à Aurillac. Les communications auront pour thème "Les fêtes civiles, publiques et privées".

Quant à la 75ème excursion de la Société, elle aura lieu début septembre, dans le Sud de la Corrèze : Brive, Collonges, Curemonte, Beaulieu...

 

ASSEMBLÉE GÉNÉRALE STATUTAIRE

Le président soumet d'abord à l'assemblée le rapport d'activité pour l'année 2000.

Il est à noter une légère érosion du nombre des adhérents (-10), les vingt décès et démissions n'ayant pas été compensés par les adhésions enregistrées. Les six séances publiques se sont tenues aux dates prévues avec une fréquentation accrue. Celle de juillet a été suivie d'une visite aux vestiges du prieuré des Ternes où les participants ont été très aimablement accueillis par M. de Léobardy. Sur dix-neuf communications présentées, treize ont porté sur l'histoire moderne et contemporaine.

L'assemblée générale, tenue le 18 mars 2000, ayant adopté à l'unanimité les modifications des statuts proposées en vue de renégocier la convention liant la Société et la Ville de Guéret, la nouvelle convention ne pourra être discutée qu'une fois que l'inventaire, en cours, des collections appartenant à la Société déposées au musée sera achevé.

L'informatisation de la bibliothèque est en bonne voie et l'accès aux ouvrages s'en trouve déjà fortement facilité. L'excursion annuelle a eu lieu, le 10 septembre, à la satisfaction générale, la visite de Felletin en étant le principal aboutissement. Le fascicule des Mémoires est sorti en octobre.

En résumé, pendant l'année 2000, la Société a connu un fonctionnement satisfaisant. La seule ombre au tableau est la réduction de ses effectifs.

Mis aux voix, le rapport d'activité est approuvé à l'unanimité.

Mme Rommeluère, trésorière, présente ensuite le bilan financier pour l'année écoulée. Le total des dépenses s'établit à 134 000,90 F, la publication et l'expédition des Mémoires intervenant pour 111 649,76 F. Les recettes totalisent 154 114,22 F dont 107 870 fournis par les cotisations. L'exercice est donc excédentaire de 20 113,32 F. Après vérification des pièces comptables par deux délégués aux comptes, à l'unanimité le rapport financier est adopté.

Pour 2002, le montant de la cotisation annuelle est maintenue à 160 F, soit 24,4 euro.

 

COMMUNICATIONS

Agnès Brahim débute cette deuxième séance de l'année par un historique du prieuré fontévriste de Blessac.

Les fondateurs du prieuré de Blessac ont profité d'un défrichement de l'ancienne forêt de La Borne pour installer leur monastère. Aujourd'hui, on peut y voir une énorme bâtisse du XVIIIème siècle qui n'a rien à voir avec le prieuré primitif. La date de fondation du monastère n'est pas connue précisément. On sait seulement qu'en 1049, Ranulphe III, vicomte d'Aubusson, donne la terre de Blessac à sa fille qui était supérieure d'une maison de l'ordre de Saint-Benoît. Au début du XIIème siècle, Raynaud IV, vicomte d'Aubusson, fait à son tour donation du lieu de Blessac à un pieux personnage nommé Etienne Jean et à ses compagnons, moines de Saint-Augustin. La mère du vicomte, Agnès, veuve de Guillaume Ier, qui était alors prieure du monastère fontévriste de Tusson (diocèse de Poitiers) vient visiter le monastère de Blessac et décide le prieuré à s'affilier à l'ordre de Fontevraud. La date des faits ne peut être exactement fixée. Répondant aux besoins d'un retour aux sources de la vie érémitique, la forêt et les déserts attirent le fondateur de l'ordre, Robert d'Arbrissel qui est un ancien ermite. Il se complaît donc à choisir des lieux aux limites imprécises des diocèses où est prônée la vie cénobitique.

Le prieuré s'appuie pour une grande part sur l'exploitation d'un domaine : terres, prés, bois et vignes qui s'organisent autour de l'établissement lui-même et parfois de quelques annexes : granges et moulins. Blessac avait un domaine étendu sur toute la Marche et même au-delà. Ses possessions s'étendaient jusqu'en Bourbonnais. Le couvent percevait des rentes, cens et devoirs sur près de 72 paroisses et 210 villages. Il avait, en outre, le droit de haute, moyenne et basse justice. Du fait de l'étroite collaboration de la famille d'Aubusson tout au long de son existence on peut dire que Blessac se comportait comme seigneur féodal. On peut donc avancer qu'il a été un prieuré important, mais on ne peut souscrire aux affirmations maintes fois reprises qui consistent à dire que le prieuré de Blessac a compté neuf cents religieuses. Pourtant, les effectifs du prieuré devaient être considérables puisque Blessac a pu dès l'origine essaimer à son tour des prieurés dans sa dépendance directe (Fougères, Bornet, Arfeuille et Combas).

Jusqu'à la fin de l'Ancien Régime, Blessac restera un couvent important, on a des actes de prises d'habits encore en 1777. D'ailleurs au moment de sa suppression en 1790 la communauté se composait de 15 religieuses, de 8 sœurs converses et du prieur Jean-Baptiste. On peut dire que de tous les prieurés fontévristes limousins, Blessac est celui qui a eu le destin le plus remarquable.

Jean Racine intervient ensuite pour traiter des maçons rocailleurs. Parmi les artistes du jardin, le constructeur de grottes et de rochers artificiels joue, depuis la Renaissance, un rôle majeur. De la Renaissance à la fin de l'âge baroque, il a la maîtrise d'œuvre de grottes ornées, de compositions décoratives classiques à base de rochers aux formes bizarres, de concrétions et coquillages comme on en voit en Italie, puis dans toute l'Europe. A la fin du XVIIIème siècle, le nouveau regard sur la nature impose au rocailleur d'acquérir un nouveau savoir-faire. Il doit désormais composer de véritables théâtres de rochers et chercher à imiter au mieux le naturel. Au XIXème siècle, le jardin de rochers connaît un succès grandissant dans toute l'Europe. Avec le ciment, le métier de rocailleur se développe en France de façon exceptionnelle, sur trois générations, des années 1850 au début du XXème siècle. Des spécialistes apparaissent dans les bottins professionnels de 1845 à 1940, sous le nom de rocailleur mais aussi, suivant les régions de rustiqueur, rocailleur-paysagiste, cimentier, cimenteur voire simplement de maçon. Ils interviennent dans les jardins publics mais aussi dans le cadre de commandes privées, où ils peuvent s'exprimer plus librement, comme les Lecardeur dans la Creuse et les rocailleurs de Marseille. Ils entraînent ici le visiteur dans des cascades de surprises, jusque dans les moindres détails des fausses fissures, fausses réparations mais aussi de personnages et d'animaux, d'outils oubliés ou de leur signature - carte de visite d'un métier fragile éliminé par la mécanisation.

C'est enfin au tour de Guy Marchadier de clôturer la séance en nous racontant la vie d'Edouard Cibot, athlète guérétois disparu pendant la Grande Guerre. Né à Guéret, rue de Paris, le 3 avril 1883, Edouard Cibot ne connut pas la gloire d'un Jean Bouin. Le seul témoignage de reconnaissance de sa ville natale est une rue qui porte son nom dans le village de Châteauvieux. Et pourtant...

Parti pour Paris en 1900, à l'âge de 17 ans, il exercera divers métiers (terrassier, vendeur de journaux à la criée, etc.) pour gagner sa vie. Parallèlement il profitera de ses moindres instants de liberté pour s'adonner aux sports athlétiques et en particulier la course à pied. Inconnu et solitaire il bat officiellement en 1902 le record de l'heure, couvrant 17,612 km. En 1903 il gagne le marathon professionnel. Après un retour à Guéret pour effectuer son service militaire au 78ème d'infanterie, il reprend la compétition. Parmi ses grands titres de gloire on peut signaler celui de champion du monde des 6 jours pédestres de New-York en 1909 associé à Orphée et sa victoire dans Paris-Bruxelles la même année effectuant les 328 km en 48 h 14 mn. Cette carrière sera brutalement interrompue par la guerre et c'est en 1916 que le sous-lieutenant Edouard Cibot sera tué au Chemin des Dames.

 

 

SÉANCE DU 2 JUIN 2001 - BELLEGARDE-EN-MARCHE

Présidence de M. Etienne TAILLEMITE, président

Présents. — Mmes/Mlles A. Aligros, A. Bertrand-Alhéritière, A. Bichet, M. Blin, M. Brunet, S. Brunet, M. Candelier, G. Carmentos, S. Casanova, G. Chaume, M. Cordier, F. Dallier, F. Dallier, G. Danhaut, M. Dayen, M. Dumas, T. Gipoulon, D. Guillon, O. Hillenveck-Lintupide, Ch. Lang-Gestas, A. Lavenir, M. Lotte, Y. Maillard, J. Marrane, I. Mathivet, S. Picaud, M. Pinchon, C. Pinet, M. Pinet, R. Rouly, J. Sabouvin, F. Saint-James, M. Sestini, M. Taillemite ; MM. J.-B. Assicot, G. Beaufils, O. Bertrand, P. Bertrand, M. Blin, J. Bouvier, J.-L. Broilliard, J. Brunet, D. Burguet, A. Carriat, P. Cordier, R. Danhaut, D. Dayen, R. Dumas, J.-C. Fernandès, G. Gouyet, B. Gransagne, M. Guillon, L. Guillot, H. Lacrocq, M. Lecoq, J.-P. Le Gall, P. Lonfroy, Ph. Loy, J. Marrane, J. Meynard, M. Moreigne, A. Mourteron, H. Parelon, J. Picaud, R. Saint-James, E. Taillemite, P. Urien, J. Vinsandon.

Excusés. — Mmes I. Maurin-Joffre, G. Rommeluère ; MM. G. Avizou, M. Basin, B. Desthieux, J.-P. Larduinat, P. Léger, M. Manville, V. Souche.

Admission. — Seule à être enregistrée celle de M. Olivier Chabanon, 5 allée Clément-Ader, 18000 Bourges.

Bibliothèque. — Au cours des deux mois qui précèdent, les ouvrages suivants sont venus enrichir la bibliothèque : Pierre Robert (1589-1658) - Un magistrat du Dorat entre érudition et observation, par Louis Pérouas, don de Pulim ; Dictionnaire des parlementaires du Limousin sous la IIIème République, don de Guy Avizou, co-auteur avec Daniel Dayen ; Le Donzeil un village à travers l'histoire, par Jean-Marie Chevalier, achat de la Société ; Journal de la France et des Français - Chronologie politique, culturelle et religieuse de Clovis à 2000, achat de la Société.

CHRONIQUE

Le président rappelle l'organisation par la Société de sa 72ème excursion annuelle qui aura lieu le 9 septembre dans le Sud de la Corrèze. Il l'avise aussi de la mise en vente, au prix de 50 F, d'un CD "Tables des Mémoires" réalisé par Jean-Pierre Larduinat.

 

COMMUNICATIONS

Jean Brunet entretient d'abord l'assistance des dernières découvertes archéologiques faites à Lupersat et à Mautes. Il présente ainsi quelques vestiges lapidaires non encore décrits dans nos Mémoires : un autel domestique gallo-romain (Lupersat), trois éléments de canalisation en granit (Lupersat), la représentation d'une "marelle" romaine sur un moellon d'appareil réemployé dans le mur intérieur du croisillon nord de l'église de Lupersat, un cippe maison gallo-romain du IIIème siècle et son coffre funéraire, trouvé au Monteil-Sugnet (Lupersat), le linteau de la porte de la maison de l'ancien archiprêtré de Combraille, à Lupersat, orné du symbole IHS et des armes de la cité épiscopale de Limoges, et le lion psychopompe de Barmont (Mautes).

Jean-Louis Broilliard donne ensuite des explications sur les tentatives de réunion de Bellegarde et de Saint-Silvain. En 1793 et en 1836, Bellegarde a tenté d'annexer Saint-Silvain. L'entreprise a échoué. Les documents exploités montrent à quel point les deux communes voisines étaient incapables de s'entendre. Comment expliquer cette antipathie ? Les cultivateurs de Saint-Silvain se méfient des citadins de Bellegarde. Ils puisent dans leur vieux fond marchois une énergie devant laquelle la volonté d'annexion des citadins auvergnats de Bellegarde doit baisser pavillon.

Jean Marrane fait après une mise au point sur l'histoire de Bellegarde. Il rappelle que l'histoire de Bellegarde a été l'objet de divers écrits dont certains, aux côtés d'apports précieux, comportent des allégations ou des hypothèses sans fondements. Des mises au point s'avèrent donc utiles, dans quatre domaines en particulier : le nom de la cité auquel on a ajouté les mots "en Marche", la persistance des alleux, la géographie prévôtale et seigneuriale, et enfin les évolutions paroissiales et communales. Ces exemples à propos de Bellegarde sont assez typiques. Ils incitent à rappeler combien il importe pour la vérité historique de vérifier les affirmations, fussent-elles écrites, à la lumière des documents sérieux.

Enfin pour terminer la séance, Daniel Dayen traite des conseillers généraux du canton de Bellegarde. Il n'y a eu, depuis 1833, date à laquelle l'assemblée générale ne fut plus nommée mais élue, que onze conseillers généraux dans le canton de Bellegarde, ce qui explique les 34 ans de mandat de Michel Moreigne, le conseiller actuel, et les 54 ans du docteur Renard, entre 1880 et 1934, peut-être le record national.

A Antoine Raymon, à Jean-François Mourellon et à Jean-Baptiste Lunaud, trois notables bourgeois traditionnels, succéda François Renaud de La Roche-Aymon, presque le seul conseiller général du département à avoir appartenu à une famille d'antique noblesse, dont le père avait été le compagnon de jeux de celui qui aurait dû régner sous le nom de Louis XVII. Mais en 1874 lui succéda André Pevroux, un simple paysan de Champagnat, alors que, pour bien longtemps encore et quelle que soit leur place sur l'échiquier politique, les conseillers furent des notables possédant château ou maison bourgeoise. Au décès de Renard fut élu Félix Alhéritière, auxquels succèdent après la guerre d'abord Jules Dumontet puis Eugène Martin et, avant Michel Moreigne, Victor Chaize, un entrepreneur originaire de Saint-Domet, grand mutilé de la guerre 14-18.

 

 

SÉANCE DU 21 JUILLET 2001

Présidence de M. Etienne TAILLEMITE, président

Présents. — Mmes/Mlles A. Aligros, M.-E. Aubaile, J. Basset, L. Berger, A. Bichet, L. Bournazel, M. Colombier, M. Dayen, S. Jarnageon, L.-A. Juillet, S. Métrich, S. Nicolas, G. Piéron, C. Pinet, Ch. Riou, G. Rommeluère, J. Sabourin, F. Saint-James, S. Saumande ; MM. J.-M. Allard, R. Auclair, M. Basin, G. Beaufils, A. Bournazel, J. Bouvier, J.-L. Broilliard, A. Carriat, D. Dayen, G. Gouyet, H. Lacrocq, P. Lamiraud, J.-P. Larduinat, J. Lecante, J.-P. Le Gall, Ph. Loy, R. Nicoux, J. Picaud, J. Pion, R. Saint-James, V. Souche, E. Taillemite, G. Teste, P. Urien.

Excusés. — Mmes A. Jeuniaux, I. Maurin-Joffre.

Admissions. — Quatre adhésions ont été enregistrées depuis la séance de juin. Ce sont celles de Mmes Eva Chauffrey, comptable, 20, pavillon Leroy, 77310 Ponthierry ; Christiane Normand, enseignante, 78, rue de l'Ecole de la Garde, 23000 Guéret ; de MM. Alain Andrieux, officier de police, 7 rue Villebois-Mareuil, 93330 Neuilly-sur-Seine ; Jean-Pierre Vignal, médecin des hôpitaux, 60, rue Pasteur, 54270 Essey-les-Nancy.

Bibliothèque. — Au cours des deux derniers mois, notre bibliothèque s'est enrichie d'une demi-douzaine d'ouvrages.

Nous avons reçu en dons : de Pulim, La Loire et les fleuves de la Gaule romaine et des régions voisines par Robert Bedon et Alain Malissard ; de Jacques Juillet, "Les Luquet du Chaylar" extrait du Bulletin de la Société des Etudes du Lot, janvier-mars 2001 ; de Jean-François Durieux, Maisonnières, une ferme en Gaule romaine, brochure dont il est l'auteur ; de l'association "Les maçons de la Creuse", son Bulletin 2001 ; du service régional de l'Archéologie, son bilan scientifique 2000.

De plus la Société a fait l'achat des Actes du colloque de Châteauroux 15-25 mars 2000, Le Préfet d'hier à aujourd'hui.

CHRONIQUE

L'assemblée générale ratifie à l'unanimité l'accord conclu entre la Société et la municipalité de Guéret concernant la collection déposée au musée.

Après quoi, le président rappelle la mise en vente du CD "Table des Mémoires" et précise que l'excursion du 9 septembre aura pour étapes : Brive, Collonges, Curemonte et sur le chemin du retour les Pans de Travassac.

 

COMMUNICATIONS

Jacqueline Sabourin commence la séance par des considérations sur les amas de pierres ou tumulus. La liste des sites présentée ne doit pas être considérée comme un inventaire des tumulus. Ont été notés les tertres qui ont paru intéressants, ceci sans aucune exploration approfondie. La principale difficulté consiste à distinguer un amas construit d'un banal tas d'épierrage. Les uns et les autres disparaissent rapidement à l'époque actuelle avec l'intervention d'engins puissants. Un amas de pierres situé à la partie supérieure d'une parcelle, sur un endroit qui n'est pas particulièrement rocheux, qui n'est ni dans un angle ni sur une limite, qui est couronné de vieux arbres, a des chances d'être autre chose qu'un tas d'épierrage. Ont fait l'objet d'une note 32 sites dans les communes suivantes : Ars, Blessac, Le Chauchet, Cressat, Le Donzeil, Felletin, Gentioux-Pigerolles, Issoudun, Lupersat, Moutier-Rozeille, La Nouaille, Rougnat, Saint-Frion, Saint-Georges-la-Pouge, Saint-Georges-Nigremont, Saint-Hilaire-le-Château, Saint-Médard-la-Rochette, Saint-Pardoux-le-Neuf, Saint-Quentin-la-Chabanne, Sous-Parsat et Vallière.

Charlotte Riou présente ensuite à l'assistance la famille La Seiglière, peintres cartonnier, à l'aide d'une série de diapositives avant de conduire l'assistance au musée pour une visite guidée des collections de peintures.

 

 

SÉANCE DU 22 SEPTEMBRE 2001

Présidence de M. Etienne TAILLEMITE, président

Présents. — Mmes/Mlles L. Berger, A. Bichet, L. Bournazel, M. Chenaud, H. Chevalier, C. Conchon, M. Dayen, J. Desbeaux, S. Jarnageon, H. Jean, M. Jolliton, J. Marest, S. Métrich, S. Moreigne, C. Pinet, J. Porcher, R. Riboulet, G. Rommelvère, S. Saumande, M. Schermesser, M. Taillemite, O. Vielleribière ; MM. A. Bataille, R. Bournazel, J. Bouvier, J.-L. Broilliard, A. Carriat, J.-M. Chevalier, P.-H. Chevalier, D. Dayen, A. Dugay, M. Jolliton, H. Lacrocq, P. Lamiraud, J.-P. Larduinat, J.-P. Le Gall, M. Manville, R. Marcelot, G. Marchadier, F. Mimon, R. Parton, J. Penot, J. Picaud, R. Saint-James, V. Souche, E. Taillemite, R. Tétard, P. Urien.

Excusés. — Mme I. Maurin-Joffre ; MM. R. Auclair, G. Avizou, G. Beaufils, G. Gouyet, J. Pion.

Admissions. — Huit nouveaux membres font désormais partie de la Société. Ce sont Mlle Georgette Michaud, Pétillat, 23480 Saint-Sulpice-les-Champs ; MM. Jean-Philippe Benoist, commerçant, La Pierre-Bise, 23220 Malval ; Bernard Chevalier, agent territorial, 1 rue de Beauvais, 23420 Mérinchal ; Sylvain Clavaud, étudiant, 17, rue Sainte-Radegonde, 23170 Budelière ; François Mazure, étudiant, 17bis, avenue Manouvrier, 23000 Guéret ; William Prieur, cadre comptable et financier retraité, 38, avenue Georges-Digoy, 77500 Chelles ; Alain Tixier, ingénieur en informatique, 27, rue Jules-Ferry, 92400 Courbevoie ; Jean Tixier, ingénieur, résidence La Closerie, 82, traverse Pourrière, 13008 Marseille.

Nécrologie. — La Société déplore les disparitions de MM. Guy Cognéras, 23100 La Courtine ; Jean Geay, 2, avenue d'Auvergne, 23000 Guéret ; Yves Passant, 7 rue des Déportés, 23200 Aubusson.

Bibliothèque. — Deux acquisitions ont été effectuées : de Guy Lintz (et al), La nécropole des Sagnes à Pontarion ; de Fabienne Joubert, Amaury Lefébure, Pascal-François Bertrand, Histoire de la tapisserie.

CHRONIQUE

Le président annonce la conférence de notre collègue Francis Trépardoux "Vincenzo Bellini, étude biographique et médicale" qu'il prononcera le 27 octobre à l'hôpital du Val-de-Grâce.

 

COMMUNICATIONS

Louis Pérouas ouvre cette nouvelle séance avec une communication sur les scieurs de long migrants de La Courtine au XVIIIe siècle. Si on connaît bien désormais l'émigration estivale des maçons creusois, les migrants hivernaux (scieurs de long) de la région de La Courtine restent encore dans la pénombre. Une enquête menée en 1946 auprès des maires constitue un bon point de départ. De là il est possible de remonter par le biais de la courbe saisonnière des mariages au milieu du XVIIIe siècle, même pour l'une ou l'autre paroisse sur les dernières décennies du siècle précédent qui semblent le moment initial de ce mouvement.

C'est ensuite à Jean-Marie Chevalier de présenter à l'assistance le livre qu'il a consacré à un village de la Creuse : Le Donzeil, un village à travers l'histoire. Au-delà de la monographie d'un village, l'auteur nous invite à réfléchir sur nos origines rurales profondes et aussi sur la façon dont la micro-histoire villageoise s'articule très progressivement dans la grande histoire. Cherchant à souligner certains points de son travail, l'auteur rappelle, à propos de la misère sous l'Ancien Régime, que l'espérance de vie à la naissance est de dix-neuf ans à la veille de la Révolution. Il analyse ensuite la pénétration de la modernité. En quelques années, à la fin du XIXème siècle, ce village rejette l'Eglise et la religion, symboles auxquels il a été soumis pendant des siècles. Le Donzeil bascule à l'extrême gauche mais reste en même temps sensible au chic parisien, diffusé par une certaine émigration saisonnière, puisqu'on dit qu'au Donzeil "même les chiens portent chapeau".

Pour terminer, Amédée Carriat rend compte des manifestations liées au quatrième centenaire de la naissance de Tristan L'Hermite, dans le cadre des célébrations nationales 2001. Entre six lieux de mémoire que se partagent Limousin (Janaillat, Guéret, Limoges) et Paris (Bibliothèque Mazarine, Archives nationales, université de Paris X), quelques temps forts : en avril-juin, l'exposition de la Mazarine accompagnée d'un savant catalogue raisonné des éditions du XVIIe siècle ; le 12 juillet, à Janaillat, première remise en scène depuis 1647, par le Théâtre de la Fontanelle, de la tragédie d'Osman (qui sera redonnée à Limoges puis à Nanterre), et concert, comme en 1994, par l'Ensemble baroque de l'Ouest ; le 27 et 28 septembre aux archives départementales de la Creuse puis à la bibliothèque francophone multimédia de Limoges, journées d'étude avec des participations d'universitaires étrangers, l'une et l'autre accompagnées d'expositions d'éditions anciennes et modernes, d'études critiques et de documents divers ; du 21 au 24 novembre, enfin aux Archives nationales, trois conférences (sur les lieux de cet hôtel de Guise où s'éteignit Tristan, le 5 septembre 1655), puis un colloque international organisé par l'université de Paris X qui va rassembler à Nanterre, puis à l'Ecole normale supérieure, vingt intervenants allemands, anglais, étasuniens, italiens et français... Autant de signes qui, en sus de l'édition en cours des Œuvres complètes, justifient pleinement la présence de Tristan, seul écrivain limousin avec Giraudoux, dans la prestigieuse Bibliothèque de la Pléiade.

 

 

SÉANCE DU 17 NOVEMBRE 2001

Présidence de M. Etienne TAILLEMITE, président

Présents. — Mmes/Mlles M.-E. Aubaile, L. Berger, A. Bichet, L. Bournazel, M. Colombier, S. Ducher-Casanova, B. Gerbaud, S. Jarnageon, J. Marest, S. Nicolas, C. Pinet, J. Porcher, R. Riboulet, G. Rommeluère, J. Sabourin, F. Saint-James, V. Saint-James, S. Saumande, M. Taillemite ; MM. A. Barret, M. Basin, A. Bataille, F. Bourdet, R. Bourdet, R. Bournazel, J.-L. Broilliard, A. Carriat, D. Dayen, G. Gouyet, H. Lacrocq, P. Lamiraud, J.-P. Le Gall, A. Moreau, J. Picaud, R. Saint-James, V. Souche, E. Taillemite, P. Urien, J.-P. Verguti.

Excusés. — Mme I. Maurin-Joffre ; MM. J.-P. Larduinat, R. Nicoux.

Admissions. — Sont venus grossir l'effectif de nos adhérents : Mmes Paulette Martin, 11, Grande Rue, 23110 Evaux-les-Bains ; Madeleine Schermesser, 110 rue Didot, 75014 Paris ; MM. François Baby, professeur retraité, 13 avenue de Toulouse, 31460 Caraman ; Jean-Claude Lagier, 24 avenue du Bel-Air, 78150 Le Chesnay ; Pierre Michaud, 30 rue Massue, 94300 Vincennes.

Nécrologie. — La Société déplore la disparition de trois de ses membres et présente ses condoléances à leurs familles. Nous ont quittés : MM. Jean Moussard, d'Abrest (Allier) ; Guy Picoty, de La Souterraine ; Guy Vançon, de Limoges.

Bibliothèque. — La Société exprime sa gratitude à Mlle Jeanne Basset qui nous a fait généreusement don du fonds régional de sa bibliothèque, soit 32 volumes.

Nous avons reçu aussi : du musée de Guéret, deux exemplaires du catalogue de l'exposition "Paysages etc." ; de Guy Marchadier, Glanes paysannes creusoises. La vie des "brayauds", dont il est l'auteur.

CHRONIQUE

Le président annonce la réédition en CD des cinq premiers tomes de nos Mémoires par les soins de Jean-Pierre Larduinat, et, à toutes fins utiles, signale qu'en mars 2002 il faudra pourvoir au remplacement de six membres du conseil d'administration.

 

COMMUNICATIONS

A Jacqueline Hoareau-Dodineau la première intervention avec un exposé au titre énigmatique "La jeune fille, le roi et le pendu" rapidement éclairci. Il est d'usage au Moyen Age lorsqu'une jeune fille demande en mariage un condamné à mort, que celui-ci échappe à l'exécution. On peut s'étonner qu'une jeune fille puisse arrêter à elle seule, le cours normal de la justice. Comment supposer qu'un seul sujet du roi puisse disposer d'un pouvoir que le souverain entend bien se réserver et qu'il ne délègue habituellement qu'avec parcimonie ? En réalité, la jeune fille, dont l'intervention est traditionnellement présentée comme une initiative individuelle, semble en réalité, s'être fait l'interprète de la conscience collective émue et choquée par une "rigoureuse justice". Si l'intercession de la jeune fille est déterminante puisqu'elle arrête le bras du bourreau, elle ne suffit pas pour autant à stopper définitivement la machine judiciaire. Elle permet simplement d'éviter l'exécution et de mettre le condamné en situation de demander une rémission. Le roi est contraint à la miséricorde et la jeune fille est en quelque sorte responsable de la réinsertion du délinquant. Le mécanisme politique de la rémission joue donc pleinement : le roi en accordant la grâce montre combien il est proche des préoccupations de ses sujets et attaché au respect des usages locaux, et la grâce permet d'adapter la sanction aux circonstances spécifiques du crime et de donner une dimension morale à la peine.

Henri Lacrocq présente ensuite un document manuscrit guérétois, inédit, datant du Premier Empire (1808-1815). Il s'agit d'un registre, format 25 x 35 cm, cartonnage d'origine, sous étui, où sont transcrites les délibérations de la "Compagnie des Pénitents Noirs de Guéret". C'est sous ce nom, après le Concordat de 1802, que fut reconstituée l'ancienne confrérie, dissoute en 1792 par un décret de l'Assemblée nationale. Sous l'Ancien Régime les pénitents se faisaient inhumer dans l'église Saint-Pardoux, proche de l'église paroissiale. En 1793 ils obtinrent le droit d'aménager un cimetière sur la colline de la Madeleine. La propriété du terrain leur ayant été concédée, les pénitents devinrent les gestionnaires de fait de leur lieu d'inhumation. Si l'esprit initial de piété et d'assistance aux pauvres n'avait pas totalement disparu, un des soucis majeurs des membres de la Compagnie fut de gérer leurs droits à sépulture et, moyennant cotisation, d'accepter de nouveaux venus. Certaines délibérations concernent des décisions élargies à d'autres problèmes, comme, par exemple, la création d'un "Conseil de sœurs", les femmes pouvant être admises, sous la condition d'être recommandables par leurs vertus. Mais le registre ne dit pas de quelle façon était apprécié le degré de ces vertus indispensables.

Pour terminer la séance René Bourdet évoque le souvenir du couturier Paul Poiret (1879-1944). La triste débâcle de 1940 jeta sur les routes des milliers de personnes fuyant l'avance des armées nazies. Un peu plus tard, ce fut la disette, les privations, la peur de l'occupant que chassèrent de Paris de nombreux habitants. Pour quelle raison le grand couturier Paul Poiret choisit-il Gouzon comme lieu de retraite en 1942-1943 ? Difficile de le dire avec précision. Il débarqua dans le village avec ses toiles, ses pinceaux et ses costumes extravagants. Celui qui, pendant vingt ans, avait eu le "Tout Paris" à ses pieds avec ses créations étonnantes révolutionnant la mode et les comportements féminins, le même, ruiné après 1930, n'avait plus, la guerre venue, que ses pinceaux pour survivre. Pendant deux ans, il posa son chevalet dans les campagnes gouzonnaises (jusqu'à Marcillat-en-Combrailles) pour réaliser sa dernière œuvre. Quelques mois avant de mourir, il eut l'ultime bonheur de voir ses peintures d'exode dans la Creuse exposées dans une des galeries les plus prestigieuses de Paris : la galerie Charpentier, en face de l'Elysée. Aujourd'hui le nom de Paul Poiret est connu dans le monde entier. Les plus grands musées de la mode de Paris, Tokyo, New York s'arrachent à prix d'or les plus belles robes du maître, celles des années Arts Décos dont les tissus avaient été dessinés par Raoul Dufy et autres. Il n'y eut pas de robe dans l'exposition de la Spouze organisé à La Celle-sous-Gouzon pendant l'été 2001, mais de nombreux documents iconographiques retraçant ce parcours exceptionnel de 1911 à 1930.

COMPOSITION DU CONSEIL D'ADMINISTRATION AU 16 MARS 2002

Daniel Dayen, président ; Pierre Urien, vice-président ; Henri Lacrocq, vice-président ; Muriel Colombier, secrétaire ; Patrick Léger, secrétaire-adjoint ; Gilliane Rommeluère, trésorière ; Gérard Gouyet, trésorier-adjoint ; Régis Saint-James, bibliothécaire ; Amédée Carriat, bibliothécaire-adjoint ; XX, conservateur du musée de Guéret (membre de droit) ; Michèle Giffault, conservateur du musée départemental de la tapisserie a Aubusson (membre de droit) ; Isabelle Maurin-Joffre, directeur des services d'archives de la Creuse (membre de droit) ; Jean-Marie Allard ; Guy Avizou ; Michel Basin ; André Bichet ; Jean-Louis Broilliard ; Jean-Pierre Larduinat ; Roland Nicoux ; Victor Souche ; Etienne Taillemite.