SÉANCE DU 22 JANVIER 2008

Présidence de Daniel Dayen

Ont signé le registre des présences : Mmes A. Aligros, M. Aubaile, A. Bénit, L. Bournazel, D. Brunaud, M. Chenaud, O. Chenot, A. Clavaud, M. Dayen, S. Dussot, L. Freisseix, O. Guillon, S. Jarnageon, P. Jean, H. Mavéraud, C. Moalic-De La Biche, H. Rameix, R. Riboulet, G. Rommeluère, M.-C. Sudre ; MM. G. Avizou, R. Barret, A. Bataille, G. Bleuf, R. Bournazel, J.-L. Broilliard, J. Brunet, A. Carof, R. Chenot, J.-P. Clavaud, M. Colson, D. Dayen, C. De La Biche, M. Gastoud, G. Gouyet, M. Jammot, R. Jean, H. Lacrocq, P. Lamiraud, G. Le Hello, J. Lelache, P. Loy, M. Manville, R. Meublat, F. Mimon, J.-F. Moreigne, G. Peckle, J. Peyne, J. Picaud, G. Rameix, J. Régnier, R. Saint-James, J. Schmauch, J.-P. Verguet.

Admissions. – Mmes Christine Madeleine Caillau, de Guéret ; Josette Claude, de Sardent ; Claude Dechamps, de Doué-la-Fontaine (49) ; Bernadette Hesse, de Ceyroux ; Josette Léger, de Saint-Victor-en-Marche ; MM. Jean-Pierre Adhenet, de Guéret ; M. Michel Couty, de Guéret.

Bibliothèque. – Don des auteurs : Béatrice Nguyen, 1907-2007. De l'école de L'Âge à l'École buissonnière. Recueil de témoignages ; Jacques Juillet, Seigneurs et dames de Montal-en-Quercy-Turenne, Au pays des quatre rivières : Cère, Dordogne, Bâve et Orlinde, Saint-Céré et ses alentours ; Jean-Paul Guitton, La famille Guitton en Forez. Ascendance et descendance d'Auguste Guitton (1815-1901).

Dons divers : par Gérard Gouyet, l'année 2006 de la revue Archeologia et ses Dossiers de l'Archéologie ; par Henri Lacrocq, Dans les pas des Anciens et Comme les autres jours, ouvrages anciens de Marie-Thérèse du Muraud ; par Daniel Dayen, « Maçons migrants de la Marche limousine » (brochure publiée par l'association Nature et patrimoine du canton de Laurière et des communes limitrophes) et, de Serge Petit, Voyage dans l'histoire. De Sagnat à Dun-le Palleteau ; par la mairie de Bussière-Dunoise (par l'intermédiaire de Roland Tétard), le bulletin municipal n° 13 ; par le Cercle culturel Les Amis de Bellegarde et du Franc-Alleu, le bulletin n° 20 et son supplément ; par le Centre régional du Livre-ALCOL, le Guide des balades littéraires en Limousin ; par Bernard Goué, des livres ayant appartenu à son père, le compositeur Émile Goué, et de nombreuses revues d'archéologie ; par René Bourdet le n°58 (décembre 1962) de Tentation-Film intitulé « Prends garde petite », roman-photo de la Creusoise Claude Bergère, et un numéro de Jours de France (10 au 17 février 1955) contenant un article sur Dom Robert ; par Marie-Christine Sudre, le cédérom des registres paroissiaux de Janaillat (relevés effectuées par Claude Girroy).

Achats : Jean-Marie Chevrier, Les grandes affaires criminelles de la Creuse ; Collectif, Encyclopédie Bonneton, Creuse ; SEPOL, Guide des oiseaux en Limousin ; Louis Pérouas, Un « abbé Pierre limousin » : Jacques Glangeaud ; Alain Bisson, Au fil du Cher… Rochebut. Le barrage, son histoire. Montluçon, Prat, Chambonchard.

 

COMMUNICATIONS

Les fouilles de Parsac

La mise à 4 voies de la RN 145 s'accompagne de prospections réalisées par l'Institut national de recherches archéologiques préventives. Celles-ci ont permis de reconnaître au lieu dit Le Plaid, commune de Gouzon, une portion de voie antique reliant Autun à Limoges et trois sépultures à incinération. Les fouilles ont également mis au jour six fosses protohistoriques qui ont livré un mobilier céramique attribuable à la transition Hallstatt D3-La Tène A ancienne. Ces structures et le matériel qu'elles contenaient, laissant entrevoir dans un espace géographique proche l'existence potentielle de constructions en matériaux périssables, ont fait l'objet de la communication de Jean-Michel BEAUSOLEIL. La découverte d'une céramique à décor graphité en rive droite de la rivière Creuse semble montrer que celle-ci ne jouait pas le rôle de frontière qu'on lui a attribué mais que l'absence jusqu'à ce jour de céramique peinte dans le nord-ouest du département tient plutôt aux conditions historiques de la recherche dans ce secteur.

L'article issu de cette communication a été publié dans le tome 53 de nos Mémoires.

La Dame à la licorne : huit tapisseries ?

Divers documents, en particulier les délibérations du conseil municipal de Boussac, montrent qu'il existait au château de Boussac d'autres tapisseries que les 6 panneaux de la Dame à la licorne aujourd'hui au musée de Cluny. Mais faisaient-elles partie de cette suite ? C'est ce que pense Jacky LORETTE. Celui-ci, qui souscrit à l'hypothèse d'André Arnaud faisant de cette série des épisodes de la vie de Marie Tudor, troisième femme de Louis XII, reine de France d'août à décembre 1514, s'appuie sur la description de George Sand dans son article de L'Illustration de 1847. L'écrivain évoque en effet 8 panneaux, avec le portrait de la même femme, vêtue de 8 costumes différents. Sur deux de ces panneaux, elle est dite assise sur un trône, ce qui ne correspond nullement aux tapisseries conservées. On a dit que l'auteur de Jeanne avait mal vu les choses, mais pour Jacky Lorette, il faut pleinement faire confiance à son témoignage.

L'article issu de cette communication a également été publié dans le tome 53 de nos Mémoires.

Les incendies dans la Creuse au XIXe siècle

C'est à un travail de fourmi que s'est livré Roland TÉTARD en relevant dans la presse locale la relation des incendies qui se sont produits dans la Creuse entre 1855 et 1900. C'est près de 1500 sinistres – chiffre sans nul doute bien inférieur à la réalité en ces temps où l'information circulait mal – qui ont été recensés, du simple feu de broussailles à la quasi-destruction d'un village entier comme dans la commune de Saint-Priest-la Plaine en 1855. En de nombreuses fois les origines restent indéterminées, mais la foudre, l'imprudence et bien souvent aussi la malveillance se répartissent à peu près également les origines reconnues. Il y a eu parfois des morts. L'aide des voisins, les souscriptions, les secours accordés par le gouvernement étaient de maigres compensations aux dégâts qui plongeaient dans la misère bien des familles, l'assurance étant alors loin d'être généralisée.

Roland Tétard, pour raison de santé, n'ayant pu assister à la séance, sa communication a été présentée par le président.

 

 

SÉANCE DU 22 MARS 2008

Présidence de Daniel Dayen

Ont signé le registre des présences :Mmes M. Aubaile, E. Bodeau, D. Brunaud, F. Chambard, Y. Chigot-Billien, M. Dayen, J. Desbeaux, S. Dussot, L. Freisseix, B. Gerbaud, S. Jarnageon, G. Michon, J. Moré, M. Pénicaud, N. Pignot, H. Rameix, R. Riboulet, G. Rommeluère, M.-C. Sudre ; MM. G. Avizou, A. Bataille, J.-P. Benoist, J.-M. Bienvenu, G. Bleuf, R. Bonnot, É. Boyron, J.-L. Broilliard, J. Brunet, A. Caffy, C. Chevalier, M. Colson, D. Dayen, J.-G. Ducher, M. Gastoud, S. Gendron, G. Gouyet, M. Jammot, H. Lacrocq, P. Lamiraud, G. Le Hello, J. Lelache, P. Loy, M. Manville, F. Mimon, A. Moreau, B. Moreigne, C. Moreigne, J.-F. Moreigne, R. Nicoux J. Penot, J.-P. Perceau, J. Peyne, J. Picaud, C. Pinaud, W. Prieur, G. Rameix, J. Regnier, R. Saint-James, R. Tétard, J.-P. Verguet.

 

ASSEMBLÉE GÉNÉRALE STATUTAIRE

Le rapport moral et le compte financier, dont la présentation figurait dans la Lettre aux adhérents, ont été approuvés à l'unanimité, ainsi que le projet de budget. La proposition de maintenir la cotisation 2009 à 26 € a également été approuvée.

Un tiers des membres du conseil d'administration était à renouveler. Les élections ont eu lieu pour la première fois par correspondance. Il y a eu 344 votants mais 115 bulletins où le nom de l'un des candidats n'avait pas été barré, suivant des instructions sans doute pas assez explicites, ont dû être déclarés nuls. Ont été élus ou réélus : Jean-Philippe Benoist (163 voix), Noëlle Bertrand (206 voix), Jean-Louis Broilliard (215 voix), Daniel Dayen (228 voix), Gérard Gouyet (214 voix) et Patrick Léger (171 voix).

Admissions.– Sont devenus adhérents de notre Société MM. Daniel Debrosse, de L'Étang-la-Ville (Yvelines), et Jean Bourgineau, de Guéret.

Bibliothèque. – Dons des auteurs : Jean Brunet, Lupersat : une église millénaire, une mémoire de pierre ; Jean-Michel Beausoleil et al., Histoire des sites, histoire des hommes : découvertes archéologiques réalisées lors de la construction de l'autoroute A20 en Quercy.

Dons divers : par Jean Lelache, Poulidor intime ; par le Conseil général/Conservation départementale du patrimoine, Histoire de la pelleterie dans le pays de Crocq et Le village du pays de Guéret.

Achat : Didier Griselain, Françoise Rosay, une grande dame du cinéma français.

 

COMMUNICATIONS

Cheminées et blasons d'anciens châteaux de Sardent et de Janaillat

De nombreux châteaux ont aujourd'hui disparu, leurs pierres ayant souvent servi en réemploi dans les constructions des environs, avant d'être quelquefois transportées assez loin. C'est notamment le cas des cheminées qui portaient souvent le blason de la famille seigneuriale locale. Marie-Christine SUDRE en a retrouvé plusieurs. C'est ainsi que, longtemps entreposée dans une grange, une monumentale cheminée en granite de l'ancien château de Ceilloux (commune de Sardent) se trouve actuellement dans une maison de Combeauvert (commune de Thauron) et qu'une autre, provenant du château de Souliers, commune de Janaillat, propriété des L'Hermite, appartient à nouveau à un descendant de cette famille qui l'a achetée dans les années 1980 et transportée dans la Haute-Vienne où il est domicilié.

Microtoponymie entre Saint-Étienne-de-Fursac et Chamborand

Cette étude de toponymie, présentée par Stéphane GENDRON, est le résultat de relevés et d'enquêtes de terrain effectués pendant l'été 2007, sur huit villages et hameaux situés en limite de Saint-Étienne-de-Fursac, Chamborand et Le Grand-Bourg. Ces relevés ont abouti à une cartographie précise des lieux-dits, en tenant compte des écarts entre traditions orale et écrite. L'étude a consisté à étudier l'origine et la signification des toponymes rencontrés autour de chaque village, en tenant compte des observations et commentaires qui ont été livrés par les habitants. Outre les noms génériques rencontrés à maintes reprises (Ribière, Sagne, Peyre, etc.), l'attention s'est portée sur un certain nombre de toponymes pouvant présenter un intérêt pour la recherche archéologique. C'est le cas, notamment, d'une parcelle nommée Perragut près de Lurat (Le Grand-Bourg), et du Peu Lautard, hauteur près de La Bussière (Saint-Étienne-de-Fursac). Le premier représente le composé peyra aguda, lieu d'une (ou plusieurs) « pierre pointue » ; le second est un peu (puy) de l'autar, nom pouvant évoquer un autel de culte chrétien ou pré-chrétien, tout à fait comparable au site de fanum gallo-romain du Puy-Lautard à Saint-Pierre-Bellevue. La toponymie ne doit plus se contenter de l'étude des seuls noms de lieux habités (villages, hameaux). Le parcellaire, longtemps négligé, est en effet d'une richesse insoupçonnable.

 

 

SÉANCE DU 7 JUIN 2008 - MAINSAT

Présidence de Daniel Dayen

Ont signé le registre des présences : Mmes M. Aubaile, L. Aussourd, M. Benoist, L. Berger, N. Bertrand, E. Bodeau, M. Bonnichon, F. Borgard, D. Boucheron, A. Bouillet, S. Bussière, O. Canaud, F. Chambard, C. Champagnat, M.-L. Chanaud, M. Dayen, J. Desbeaux, J. Desnoyer, S. Dussot, I. Fabbro, M.-A. Fontaine, O. Gourdon, Y. Guy, M. Huguet, J. Jary, E. Koné, M. Marty, G. Mazet, H. Monteil, N. Mousselon, H. Rameix, G. Riberolle, D. Riboulet, J. Rocque, M. Rodde, C. Rollin, G. Rommeluère, G. Roret, F. Saint-James, R. Schmauch, D. Schmidt, M. Sestini, M. Taillemite, A. Vigneresse ; MM. G. Avizou, C. Bardon, G. Beaufils, J.-P. Benoist, G. Bleuf, C. Borgard, J.-L. Bouillet, É. Boyron, J.-L. Broilliard, J. Brunet, A. Carof, J. Champagnat, J. Chenaud, P. Collin, D. Dayen, B. Desnoyer, A. Ducas, J.-L. Fontaine, J.-C. Fonty, P. Ganne, M. Gastoud, M. Hervy, H. Jacoba, H. Lacrocq, C. Lamy, J. Lapierre, G. Le Hello, J. Lelache, A. Lemasson, P. Loy, J. Martin, J. Marty, B. Moreigne, C. Moreigne, J. F. Moreigne, R. Nicoux, D. Parot, G. Rameix, J. Regnier, P. Rigaud, M. Roret, R. Saint-James, J. Schmauch, D. Schmidt, N. Sestini, É. Taillemite, G. Teiller, R. Tétard, J. Tixier.

Admissions.– Sont devenus membres de la Société Mmes Louisette Aussourd, de Nouzerolles, et Gisèle Ribérolle, de Guéret ; MM. Franois de Chassey, de Saint-Domet ; Didier Gaudillère, de Draveil ; Georges Magnier, de Paris ; Sylvain Maillard, de Guéret ; Didier Schlichter, de Montaigut-le-Blanc.

Nécrologie.– Nous avons à déplorer les décès de André Genny, de Guéret, adhérent depuis 1964, et de Guy Schaller, de Saint-Cloud, également adhérent depuis 1964.

Bibliothèque. – Dons divers : par Noëlle Bertrand : reproduction de l'édition du cartulaire du prieuré Saint-Barthélemy de Bénévent par André Geoffroy (1978) ; par Daniel Dayen, reproduction de l'article de la Galerie des arts (octobre 1981) consacré à la thèse défendue par André Arnaud sur les tapisseries de la Dame à la licorne ; par Jacqueline Desbeaux, Recensement général de la population de 1990. Creuse et une photographie de Paul Poujaud (qui fournit à César Franck le thème du Chant de la Creuse) ; par Hervé Laboule, Biographie du docteur Quinquaud (1841-1894), brochure réalisée par les élèves du collège Raymond Lœwy de La Souterraine ; par les Archives départementales, le catalogue de l'exposition « Des saints guérisseurs aux médecins traitants » ; par Daniel Dayen, le récit autobiographique de Claude Abraham On the Raft – The Holocaust – Survival and Reconciliation ; par Raymond Chenot, La mutualité française. Des origines à la Révolution, de Jean Bennet (1981) et Aux sources de la mutualité moderne ; par Régis Saint-James, le catalogue de la vente publique annuelle de tableaux de l'école de Crozant et de tapisseries d'Aubusson (SVV Turpin) ; par le Cercle culturel Les Amis de Bellegarde et du Franc-Alleu, son bulletin n° 21 ; par l'association Les Maçons de la Creuse, son bulletin de liaison n° 11.

Achat : Fines. Archéologie et histoire en Combraille, n° 2 ; Les Cahiers bourbonnais n° 190 (hiver 2004-2005) et 191 (printemps 2005) contenant les articles de Bernard Desthieux « Origines bourbonnaises et marchoises de Jean Guitton » et « Jean Guitton dans sa vallée » ; Jean-Michel Desbordes, L'archéologie du paysage rural en Limousin (paru en 1997) ; Les moyens de communication en Limousin de l'Antiquité à nos jours, actes du colloque tenu à Limoges en 1990 ; Axel Ghestem, Sites archéologiques et végétation ; l'exemple du Limousin ; Philippe Grandcoing et Vincent Brousse, Les grandes affaires criminelles de la Haute-Vienne.

 

COMMUNICATIONS

Après Fresselines et Pionnat, notre Société a tenu sa séance foraine dans un autre chef-lieu de canton de la période révolutionnaire : Mainsat. À cette occasion avait été mise sur pied une exposition présentant notamment les écoles de Mainsat et des communes voisines au XIXe siècle et la généalogie de la famille de La Roche-Aymon. Les Archives départementales avaient également mis à notre disposition leur exposition sur la fiscalité d'Ancien Régime.

L'après-midi, c'est dans une salle très remplie que s'est déroulée la séance de communications.

Les vestiges préhistoriques du secteur

Jean BRUNET a parlé des souvenirs préhistoriques de la région en constatant que toutes les époques sont représentées depuis le pré-néandertalien, avec le biface de Mainsat, au néolithique avec divers objets en pierre, les dolmens de Pellevoisin et du Soupt, l'amas mégalithique de Marcillat-La Farge, les menhirs de Lupersat et de Champagnat. Tous ces vestiges témoignent d'un peuplement très épisodique de la région jusqu'à l'âge des métaux.

Le clergé réfractaire de Mainsat

Jean-Louis Broilliard a évoqué le destin de deux prêtres, le curé de Mainsat, Pierre-François Cartier, et son vicaire Antoine Cathy. N'ayant prêté qu'un serment restrictif à la Constitution civile du clergé, ils furent considérés comme réfractaires. Cathy connut les pires conditions de détention dans les prisons flottantes de Rochefort, dont il réchappa cependant. Il fut curé de Mainsat de 1803 à 1826. L'exil de Cartier en Suisse fut au contraire des plus confortables, mais malgré le soutien de la municipalité, il ne put rentrer en France, étant décédé en octobre 1795, peu de temps après son frère, ancien curé de Lupersat.

Communes supprimées

Saint-Pardoux-le-Pauvre, Le Tromp, Les Portes et Blavepeyre furent des communes réunies à une de leurs voisines entre 1829 et 1842. Ce sont les modalités de ces suppressions, toujours mal acceptées par les habitants, qu'a développées Daniel DAYEN. A beaucoup joué le fait que le Concordat avait privé ces petites communes d'un curé et que les agents du cadastre poussaient fortement à la disparition des enclaves.

Le destin d'une famille juive réfugiée à Mainsat

Christophe MOREIGNE a clos la séance en présentant l'histoire d'une famille de Juifs allemands venue en France après la prise du pouvoir par Hitler et réfugiée à Mainsat en juillet 1940. Cette famille sera victime de la rafle du 26 août 1942. Elle sera successivement conduite au centre de regroupement d'israélites étrangers de Boussac, au camp de Nexon, à Drancy et à Auschwitz où elle sera exterminée dès le 5 septembre. Christophe Moreigne a essayé d'éclairer le contexte et la perception qu'avaient cette famille et les habitants de Mainsat des menaces qui pesaient sur les étrangers juifs en 1942.

La journée s'est achevée par la visite des jardins du château de Mainsat, propriété du comte de Kernier, descendant de la famille de La Roche-Aymon.

 

 

SÉANCE DU 19 JUILLET 2008

Présidence de Daniel Dayen

Ont signé le registre des présences : Mmes M. Aubaile, A.-M. Bénit, L. Berger, S. Berger, N. Bertrand, A. Bichet, E. Bodeau, L. Bournazel, M. Canaud, O. Canaud, V. Chabrat, C. Champagnat, M. Dayen, J. Desbeaux, S. Dussot, B. Gerbaud, J. Giner, S. Jarnageon, É. Joly-Giry, M. Joulin, G. Lefort, T. Mangeret, G. Michon, J. Moré, S. Picaud, C. Pinet, G. Rommeluère, F. Saint-James, S. Saumande, C. Simon, M. Tourte, O. Vieilleribière ; MM. J.-M. Allard, R. Barret, A. Bataille, J.-P. Benoist, G. Bleuf, R. Bournazel, É. Boyron, J. L. Broillard, J. Brunet, J.-L. Caillat, A. Carof, J. Champagnat, J.-P. Crozat, D. Dayen, Freysset, P. Ganne, M. Gastoud, G. Gouyet, H. Lacrocq, J.-P. Le Gall, P. Léger, J. Lelache, P. Loy, F. Mimon, A. Moreau, R. Nicoux, J. Penot, J. Picaud, J. Regnier, A. Renard, R. Saint-James, P. Simon, É. Taillemite.

Admissions. – Ont rejoint notre Société : MM. Jean-Hubert Fileyssant, de Chamberaud et Frédéric Tixier, de Paris.

Nécrologie. – Deux décès ont affecté la société. René Parton, ancien maire de Sous-Parsat, était adhérent depuis 1981. C'est brutalement que Roland Tétard a quitté ses nombreux amis. Tout jeune, il avait appartenu aux services de renseignements de la Résistance. Il était entré à notre Société en 1991 et en était devenu un membre actif, lecteur très assidu de notre bibliothèque. Il était l'auteur de l'ouvrage 30 ans d'aviation dans le ciel creusois (1909-1939) et d'une biographie, restée manuscrite, de Jules Védrines. Il avait donné à nos Mémoires plusieurs articles et laisse à exploiter le relevé systématique des relations dans la presse locale des incendies survenus dans la Creuse au XIXe siècle.

Bibliothèque. – Dons divers : par Régis Saint-James, de Daniel Taboury, Cent ans de rugby à Guéret ou la saga du RCG ; par le musée de la Tapisserie, Denise Majorel, une vie pour la tapisserie de Géard Denizeau et Issac Moillon, (1614-1673. Un peintre du roi à Aubusson, de Isabelle de Reyniès et Sylvain Laveissière.

 

COMMUNICATIONS

Les fouilles de Moutier-Rozeille

Gilliane ROMMELUÈRE a rendu compte de la campagne de fouilles programmées dirigées par Jacques Roger, archéologue attaché au Service régional de l'archéologie du Limousin, qui s'est déroulée du 11 juin au 12 juillet sur le site des ruines de l'église du village de Saint-Hilaire, commune de Moutier-Rozeille. Cette fouille faisait logiquement suite à l'étude menée par Georges Nétange : « Église et paroisse de Saint-Hilaire, blocs de pierres taillées, clocher » (Mémoires de notre Société, t. XX, 1916), reprise et complétée par Gilles Le Hello : « Saint-Hilaire, commune de Moutier-Rozeille, lieu de culte pendant 2000 ans » (id. t. 51, 2005). Cette campagne a permis d'établir que le bâtiment prenait ses assises sur un mausolée d'époque gallo-romaine. Des sépultures d'époques diverses, découvertes tant à l'intérieur du bâtiment que dans le cimetière attenant, attestent de l'utilisation continue des lieux jusqu'à une époque récente (des travaux de peinture y sont effectués encore en 1784 mais le conseil municipal vendra l'édifice en ruines en 1895, après avoir transféré le mobilier à l'église du bourg). Les fouilles devraient se poursuivre en 2009.

La maison Gaschon à La Tour Saint-Austrille

La Tour Saint-Austrille, ancienne commune rattachée en 1848 à Saint-Dizier pour former la commune de Saint-Dizier-la-Tour, a conservé des vestiges du Moyen Âge et du XVIe siècle qu'a présentés Thérèse MANGERET à l'aide de photographies. La localité doit son nom à une motte castrale aujourd'hui peu visible qui devait faire partie d'un ensemble formé de quatre tours entourées de fossés. Dans la basse-cour étaient au XVIIe siècle une maison prieurale et une chapelle encore existante en 1820 et dont on trouve à proximité des pierres utilisées en réemploi. Une maison de laboureur nous est parvenue dans son état initial, telle qu'elle est décrite dans les terriers de la seigneurie et les papiers de la famille Gaschon à qui elle a appartenu pendant cinq siècles.

Les ostensions dans la Creuse au XXe siècle d'après la presse

Bien que peu bavarde sur le sujet, la presse locale a permis à Jean-Marie ALLARD d'évoquer les ostensions creusoises du XXe siècle. En octobre 1946, Guéret organise sa grande journée des saints locaux autour de saint Pardoux. Nouvelle manifestation sept ans plus tard mais au chef-lieu s'adjoignent alors les paroisses de Sardent, d'Évaux et de Chambon, pour honorer saint Pardoux, saint Marien et sainte Valérie. Ces trois localités seront seules à maintenir les ostensions en 1960 et 1967. Ce seront les dernières dans le département, alors que la tradition reste bien vivante dans la Haute-Vienne, même dans de petites communes comme Javerdat ou Saint-Victurnien.

À l'issue de la séance, les assistants se sont rendus au château de Chantemille, commune d'Ahun, où ils ont été très chaleureusement reçus par le propriétaire, le colonel Bourigault, membre de la Société, qui a dirigé la visite et expliqué les importants travaux réalisés et ceux, non moins importants, en cours ou en projet.

 

 

SÉANCE DU 20 SEPTEMBRE 2008

Présidence de Daniel Dayen

Ont signé le registre des présences : M. Aubaile, A.-M. Behague, N. Bertrand, A. Bichet, L. Bournazel, O. Canaud, M. Dayen, M. Depaulis, J. Desbeaux, B. Gerbaud, S. Jarnageon, J. Moré, F. Saint-James, V. Saint-James, M.-C. Sudre, M. Vincent ; MM. J.-P. Benoist, J.-M. Bienvenu, G. Bleuf, R. Bournazel, É. Boyron, J.-L. Broilliard, J. Brunet, A. Carof, R. Chenot, M. Colson, M. Couty, D. Dayen, P. Ganne, M. Gastoud, H. Lacrocq, J. Lelache, A. Lemasson, R. Meublat, F. Mimon, A. Moreau, R. Nicoux, J. Penot, J. Picaud, J. Regnier, R. Saint-James, P. Texier, G. Vincent.

Admissions. – Sont devenus membres de notre Société MM. Alex Schaller, de Saint-Cloud (à la suite de son père récemment décédé) ; Jean-Marc Chanton, de Nice, et Bertrand Lahaye, de Caen.

Nécrologie. – Le président a fait part de l'émotion causée par la disparition d'Yves Devige et de Raymonde Leblanc.

Yves Devige, agriculteur dans la commune de Blaudeix, s'était beaucoup intéressé à l'archéologie de sa région, dont il connaissait chaque parcelle. Il avait envoyé de nombreuses notes à notre Société et avait fourni de multiples renseignements aux chercheurs qui le sollicitaient.

Professeure de dessin (en fin de carrière, elle enseigna à l'EMB de Felletin), fidèle au bourg de Parsac où elle était née d'une mère institutrice et d'un père agriculteur, Raymonde Leblanc a su combiner dans ses infatigables recherches activités de terrain et apport des documents écrits. Nos Mémoires lui doivent une étude sur l'église de Parsac et les Travaux d'archéologie limousine ont publié d'elle plusieurs articles. Elle avait fidèlement conservé les objets et les papiers de ses ancêtres maçons, comme on peut le voir dans le film réalisé en 1990 : « Gabriel, Sylvain, Amédée et autres maçons migrants de la Creuse ».

Bibliothèque.– Dons divers : par Jean Picaud, douze numéros du bulletin municipal de Guéret (1965-1998) ; par l'association des Amis de Pierre Leroux, son bulletin n° 20 ; par le musée de la Tapisserie, le catalogue de l'exposition « Fantastiques chevauchées. Le cheval en tapisserie » ; par Gérard Gouyet, L'âge de fer dans la boucle de la Loire, sous la dir. de Sophie Krausz ; par Henri Lacrocq, la reproduction des articles de son grand-père, Louis Lacroq, parus dans différents journaux ; par Jean-Philippe Benoist l'article d'Antoine Thomas sur les archives du comté de la Marche (Bibliothèque de l'École des chartes, t. 42, 1881) ; par Daniel Dayen, le n° 2980 (14-20 août 2008) de L'Express contenant un dossier établi par Anne-Laure Quilleret sur la Creuse à la Belle Époque.

Achat : Janine Rapinat, Petit guide de Toulx-Sainte-Croix.

 

COMMUNICATIONS

Les fouilles de La Tour-Saint-Austrille en 1865

Patrick LÉGER a évoqué les recherches effectuées en 1865 sur les mottes de La Tour-Saint-Austrille. La Société des sciences en avait confié la direction à son président, Pierre de Cessac. D'après son manuscrit, celui-ci croyait avoir découvert une tombe gauloise, ce que démentait le mobilier médiéval retrouvé. Il a donc dû modifier ce manuscrit pour la présentation de son rapport devant les archéologues parisiens. Surtout a été conservé le cahier, actuellement inédit, de l'instituteur Giraud, chargé de la surveillance des ouvriers. Ces trois documents permettent de comprendre dans quel climat, non exclu de rivalités et de rancœurs, se faisait alors la recherche archéologique.

Les sceaux du musée de Guéret

Le musée de Guéret détient des matrices de sceaux. Noëlle Bertrand en a retenu une douzaine pour les soumettre à l'analyse de l'atelier des Archives nationales. Le dialogue entre les spécialistes parisiens et l'historienne locale a permis d'identifier plusieurs familles de la province de la Marche.

Un magistrat creusois à la Cour de cassation

La Creuse a donné naissance à de nombreux juristes et magistrats de renom, dont certains ont accédé à la Cour de cassation. Léon Jupile-Larombière, né à Saint-Vaury en 1813 et décédé au même lieu en 1893, a été de ceux-là. Pascal TEXIER, professeur d'histoire du droit à l'Université de Limoges et président de la Société archéologique et historique du Limousin, a retracé la carrière de ce personnage dont le Traité des obligations est encore fort connu, y compris à l'étranger.

 

 

SÉANCE DU 22 NOVEMBRE 2008

Présidence de Daniel Dayen

Ont signé le registre des présences : Mmes M. Aubaile, O. Avizou, A.-M. Behague, A.-M Bénit, E. Bodeau, L. Bournazel, D. Brunaud, O. Canaud, F. Chambard, A. Clavaud, M. Dayen, J. Desbeaux, B. Gerbaud, S. Jarnageon, G. Michon, J. Moré, M. Pénicaud, H. Rameix, G. Riberolle, R. Riboulet, J. Rocque, G. Rommeluère, F. Saint-James, D. Sommier ; MM. J.-M. Allard, G. Avizou, R. Barret, J.-M. Bienvenu, G. Bleuf, R. Bournazel, É. Boyron, J.-L. Broilliard, J. Brunet, L. Chabrol, A. Chandernagor, J.-P. Clavaud, M. Colson, M. Couty, D. Dayen, P. Ganne, M. Gastoud, G. Gouyet, M. Jammot, H. Lacrocq, C. Lamy, J.-P. Lécrivain, J. Lelache, P. Loy, R. Meublat, A. Moreau, P. Moré, R. Nicoux, J. Peyne, J. Picaud, G. Rameix, R. Saint-James, G. Teste.

Admissions. – C'est avec grand plaisir que nous avons enregistré sept nouvelles adhésions : Mmes Florence Erb, de Saint-Vaury et Éva Léger, de Sainte-Feyre ; MM. l'abbé Jean-Pierre Barrière, de Felletin ; Noël Clautrier, de Douchy (45) ; Florent Favennec, de Guéret ; Daniel Parinaud, de Naillat ; le docteur Michel Trabuc, de Guéret.

Nécrologie. – Nous avons a déplorer le décès de l'un de nos plus anciens adhérents, Maurice Pissaloux, de Roussines, commune de Jouillat, qui suivait avec grand intérêt les activités de notre Société.

Bibliothèque. – Dons divers : par Daniel Dayen, le n° 42 de 1914-1918. Le magazine de la Grande Guerre (article sur la mutinerie des troupes russes à La Courtine) et Le bonheur est dans le pré. L'impossible dialogue entre la France et ses élites de Bernard de Froment ; par l'Association ASPHARESD, ses bulletins 2 à 22 et ses publications (études notamment sur les journaux et mémoires des prisonniers de guerre allemands en France, sur les républicains de l'Indre et le coup d'État du 2 décembre 1851, sur les reinages en Bas-Berry à l'époque moderne, sur la vigne et le vin dans le Val de Creuse au Moyen Âge) ; du Musée d'art et archéologie de Guéret, le catalogue de l'exposition « Parures, bijoux et objets de charme » ; par la DRAC Limousin-Service régional de l'archéologie, le Bilan scientifique 2007 ; par Henri Lacrocq, neuf cartes postales envoyées par Adrien Blanchet à Louis Lacrocq (1922-1932).

Achat : Roland Aubert, Les origines de la vicomté de Brosse et de la prévôté de Saint-Benoît-du-Sault et Armorial de la vicomté de Brosse ; Jean Dutheil, Histoire du lycée de garçons de Guéret (paru en 1931).

 

COMMUNICATIONS

Les capricornes de la Creuse

Ces insectes, présentés par Laurent CHABROL, se fondent avec le milieu où ils vivent et sont de ce fait peu visibles. Ils ont une métamorphose complète : ainsi le Grand Capricorne du chêne vit 3 ou 4 ans à l'état de larve, 3 à 4 mois à l'état de nymphe et seulement un mois à l'état d'insecte parfait. Sur les 250 espèces connues 124 ont été recensées en Limousin et 70 dans la Creuse, mais certains secteurs, notamment le nord-est du département, n'ont pas véritablement encore été l'objet de recherches.

Les associations d'anciens combattants dans l'entre-deux-guerres

Daniel DAYEN a fait part de ses recherches sur les associations d'anciens combattants pendant l'entre-deux-guerres. Dans la Creuse, l'Union fédérale des anciens combattants a affilié plus de 95 % des adhérents à une association, situation pratiquement unique en France où le mouvement ancien combattant, bien qu'à la recherche de l'unité, a été très divisé. Cependant ce n'est qu'en 1932 qu'ont fusionné deux associations déjà adhérentes à cette fédération, celle des mutilés et victimes de guerre, créée avant même la fin des hostilités par Marcel Brunet et Jules Pintout, et celle des anciens combattants animée par Félix Dubreuil. L'Association des veuves, orphelins et ascendants, dirigée par Marie Sauvanet et Marcelle Gault, a également été affiliée à l'Union fédérale.

La naissance dans la Creuse de la Ve République

Il y a 50 ans, les journées d'Alger provoquaient le retour en politique du général de Gaulle et naissait la Ve République. Guy AVIZOU a étudié cette naissance dans la Creuse, département où le parti communiste était fortement implanté, alors que la SFIO et le parti radical, profondément divisés, étaient en perte de vitesse et que la droite traditionnelle était bien peu présente.

Comme il fallait s'y attendre, les deux députés élus de la liste d'union des gauches, le communiste Auguste Tourtaud et le radical mendésiste Pierre Ferrand, votèrent contre l'investiture du général en tant que président du Conseil, contrairement à Olivier de Pierrebourg, résolument situé à l'aile droite du parti radical.

Lors de la campagne sur l'adoption ou le rejet de la nouvelle constitution, le « oui » est alors préconisé par le parti radical et radical-socialiste, ainsi que par la majorité de la SFIO, derrière André Chandernagor. Dans le camp du « non » on trouve le PCF mais aussi des minoritaires de la SFIO rejoignant d'anciens membres ayant déjà rompu avec le parti et aussi des personnalités sans appartenance partisane. La plupart se retrouveront dans le Parti socialiste autonome et plus tard dans le Parti socialiste unifié. Le « oui » l'emportera le 28 septembre, mais avec seulement 75 % des suffrages, soit 10 points de moins que la moyenne nationale.

Le retour au suffrage uninominal fera perdre un député au département et le découpage des circonscriptions sera vivement critiqué par le PCF. À Guéret, Olivier de Pierrebourg, largement arrivé en tête du premier tour, face à Raymond Labrousse, Pierre Ferrand et Roger Bodeau, sera facilement réélu le 30 novembre. À Aubusson, le premier tour place en tête André Chandernagor devant Auguste Tourtaud et le docteur Deguillaume. Le second tour permettra au maire de Mortroux, qui avait été membre du Comité consultatif constitutionnel, de commencer sa longue carrière parlementaire.

Dernier acte de cette année 1958 : l'élection du président de la République. Le 21 décembre, les 374 grands électeurs la Creuse accorderont les trois quarts de leurs voix au général de Gaulle…