SÉANCE DU 19 JANVIER 2013
Grande salle de la mairie de Guéret – Présidence de Patrick Léger
Ont signé le registre des présences : Mmes Andrée Aligros, Noëlle Bertrand, Ermine Bodeau, Marie-Josée Bouret, Sylvette Chaix, Yvette Chicaud-Billien, Michelle Dayen, Sylvie Dussot, Edmonde Erb, Paulette Ferrand, Liliane Freisseix, Josiane Garnotel, Bernadette Gerbaud, Jacqueline Germanaud, Jacqueline Glowinkowski, Marie-Jeanne Grosset, Paulette Jean, Lucienne Lansade, Simone Laumond, Jacqueline Léger, Hélène Matigot, Ginette Michon, Christiane Normand, Geneviève Pekle, Maryse Pénicaud, Michèle Poupard, Gilliane Rommeluère, Suzanne Saumande, G. Thibord ; MM. Jean-Marie Allard, Hugues Bachelot, René Barret, Jean-Philippe Benoist, Jean-Michel Bienvenu, Romain Bonnot, Éric Boyron, Jean-Louis Caillat, Gérard Caillaud, Alain Carof, Raymond Chenot, Gérard Chevalier, Christophe Colliou, Daniel Dayen, Benoît Deprecq, Jean-Gilbert Ducher, Pierre M. Ganne, Michel Gastoud, Gérard Gouyet, Robert Jean, Jean-Pierre Lécrivain, Patrick Léger, Jean Lelache, Philippe Loy, Lucien Mathevon, Alain Moreau, Jean-François Moreigne, Roger Morin, Pascal Nauron, Yves Navron, Roland Nicoux, Gérard Pekle, Jean Peyne, Jean Régnier, Jacques Roger, Serge Thibord, Roger Tomas, Michel Trabuc, Alain Valangeon.
Se sont excusés : Mmes Claudine Benoît, Hélène Mavéraud, Michèle Mazetier, MM. Michel Manville, Romain Petit.
Admissions. – MM. Alain Bellec, de Guéret, Simon Parouty, de Glénic et Gilbert Thibord, de Lépinas.
Nécrologie. – Notre Société déplore la perte de trois de ses membres ou ancien membres. Jean Barde de Châtelus-Malvaleix avait adhéré à notre association en 1949. Ces dernières années, compte tenu de son âge, il avait cessé cette collaboration. Ami des arts, il avait participé aux activités des Amis du musée de Guéret. Après son décès, son héritier a remis à notre Société une hache en bronze trouvée à Jouillat par Georges Dauger et qui faisait partie de sa collection. Cette hache sera déposée au musée de Guéret. Guillaume Bertrand, de Naillat et Dun-le-Palestel, fils de Noëlle Bertrand membre du Conseil d'administration, était membre de la Société depuis 2002. C'était un ami de la Creuse et de son patrimoine architectural et archéologique. M. Paul Collin de Chénérailles, ancien professeur d'histoire et géographie était membre de la Société depuis 1977. Il avait publié plusieurs articles dans nos Mémoires [1] entre 1985 et 1999.
Informations générales. – Un souterrain a été récemment découvert près du village de Chassagnas dans la commune de Royère-de-Vassivière. Notre collègue, Alain Grandjean, s'est rendu sur les lieux et fera prochainement une communication sur ce sujet. À Bourges, le 26 janvier, une vente aux enchères va concerner la Creuse puisque des objets et des photographies négatives sur support en verre provenant des fouilles du cimetière gallo-romain de Lavaud, commune de Méasnes, seront mis en vente (notamment un vase en céramique sigillée, des objets en verre dont deux urnes, un glaive à lame ondulée dans son fourreau en fer et une fibule émaillée ; information transmise par notre collègue Jacques Roger). Ces objets ainsi que les informations concernant ce site devraient faire l'objet d'une note pour le tome 59 de nos Mémoires. Nous espérons trouver quelques fonds et l'aide des Amis du musée de Guéret afin de pouvoir acquérir certains de ces objets pour le musée.
Réunions, colloques, congrès, conférences, expositions. – La commission départementale des objets d'arts réunie à Aubusson sous la présidence de Mme Aurore Le Bonnec, sous-préfète, a proposé le classement du tableau de David présentant la tête de Goliath (xviie-xviiie siècles), huile sur toile de Giovanni Battista Piazetta qui se trouve dans l'église de Chambon-sur-Voueize ainsi que les calice et patène en argent de l'église de Saint-Loup. Plusieurs objets religieux des églises de Dontreix, Poussanges, Saint-Georges-Nigremont, Saint-Loup et Saint-Pardoux-d'Arnet sont proposés pour l'inscription à l'inventaire supplémentaire. L'assemblée générale des Amis du musée de la résistance et de la déportation s'est tenue à Guéret au mois de décembre dernier sous la présidence de M. René Paquet. Une convention doit être signée entre cette association et la ville de Guéret pour installer ce musée au rez-de-chaussée de l'ancien musée du Présidial. Au musée de Guéret, l'exposition d'Isabelle Braud intitulée « Le vase préféré autour du monde » est présentée jusqu'au 3 mars prochain. Le pôle universitaire de Guéret, qui dépend de l'université de Limoges, est en train de mettre en place une formation destinée aux plus de 50 ans. Le but de cette opération est énoncé dans le titre du dépliant publicitaire « Musclez votre cerveau par l'histoire et la géographie ». Une première expérimentation devrait se faire dès 2013 et concerner un nombre limité de personnes.
Bibliothèque. – Nous avons reçu de nombreux dons, échangé plusieurs fascicules de sociétés savantes françaises et étrangères, et acheté des ouvrages. Voici les principaux apports de ces deux derniers mois : Mme Odette Vieilleribière a poursuivi ses dons de journaux anciens concernant la Creuse. Patrick Léger a fait don d'une vingtaine de volumes de la Revue archéologique du Centre (entre 1984 et 2004). Nous avons reçu de la Conservation du patrimoine l'opuscule concernant Les tailleurs de pierre de Sainte-Feyre ainsi que, par Guy Avizou, l'ouvrage La Creuse pendant la seconde guerre mondiale. Pierre Ganne a offert l'ouvrage d'Annie Moulin, Les maçons de la Creuse. Nous avons acquis le fascicule d'Itinéraires du Patrimoine consacré à l'architecte clermontois Valentin Vigneron originaire de la Creuse. Un autre achat nous a permis de compléter notre collection de Mémoire active, Cahiers de l'Institut CGT limousin d'histoire sociale, dont il nous manquait les numéros 1 à 6 et 11 à 21.
COMMUNICATIONS
Les cigognes noires dans la Creuse
Pascal Nauron présente la cigogne noire, espèce méconnue du grand public, qui a choisi de s'installer dans la Creuse en toute discrétion. L'histoire a commencé en 2003. Depuis cette date, ces oiseaux étaient régulièrement vus dans le nord de la Creuse, mais c'est seulement durant l'hiver 2007-2008 que le premier cas de reproduction est avéré avec la découverte du nid. De 2008 à 2012, le même couple s'y reproduira en toute quiétude. Cet évènement est « relativement » rare, puisque la population nicheuse française est actuellement estimée à une soixantaine de couples.
La uilla gallo-romaine de Couliniège (commune de Flayat, Creuse)
Pierre M. GANNE indique que dans la commune de Flayat, près du village de Couliniège, des vestiges de constructions gallo-romaines occupent une surface considérable de 3 ou 4 ha. Ces vestiges sont connus depuis 1915. Des fouilles ponctuelles restées inédites ont été menées par Georges Charbonneau et Charles Rouchon entre 1934 et 1936. Les découvertes réalisées permettent d'identifier la partie résidentielle d'une grande uilla, dont seule une vraisemblable partie thermale a été très partiellement explorée. Le mobilier découvert couvre presque tout le Haut-Empire, avec une possible occupation du site dès la période augustéenne, qui n'est pas forcément en lien avec les structures construites en dur. L'origine antique d'un étang, situé à proximité des vestiges et aujourd'hui asséché, n'est pas à exclure et répond à un schéma désormais bien établi en Limousin, en particulier en Haute-Corrèze et dans l'est du département de la Creuse.
Les métallurgistes du haut Moyen Âge sur le site de Pisseratte (Guéret)
Christophe COLLIOU présente une opération de fouille archéologique réalisée au lieu-dit Cherdon et Pisseratte, sur la commune de Guéret, à l'occasion du projet de construction d'un pôle de gériatrie initié par le Centre Hospitalier de Guéret. Le site, installé sur un replat situé en bord du plateau de Guéret, a révélé lors du diagnostic la présence de près de deux cents structures anthropiques avec des traces d'occupation datant de la fin de la Tène, de l'époque Gallo-Romaine et du haut Moyen Âge. Le premier rapport d'investigation notait également la présence de vastes épandages de déchets métallurgiques. L'opération menée au printemps 2010 sous la direction scientifique de Christophe Colliou pour la société Arkemine a permis de mettre en évidence un établissement rural du haut Moyen Âge et de confirmer la présence d'un site métallurgique de la même époque. L'étude du mobilier céramique et douze datations au radiocarbone ont révélé l'existence de deux phases d'occupation pour le haut Moyen Âge : une première relevant des viie-viiie siècles puis une seconde, marquée par l'implantation de l'activité métallurgique, entre la fin du viiie et le ixe siècles. Parmi les 761 structures fouillées, 380 trous de poteaux ont été identifiés, vestiges de constructions sur poteaux de bois, dont neuf ont fait l'objet de proposition de reconstitution. Trois de ces bâtiments, associés à des foyers, pourraient correspondre à des ateliers de forges.
La particularité du site tient à l'importante présence de déchets métallurgiques dont le poids a été évalué à quatre tonnes. L'étude menée sur ces différents artefacts démontre que l'activité métallurgique menée sur le site de Cherdon et Pisseratte se rapportait essentiellement à des opérations de post-réduction. Du métal brut était importé d'un site de réduction, probablement fort proche, et transformé en objets. L'activité métallurgique correspond à la dernière phase d'occupation du site.
Le mobilier de l'église de Jouillat
Les élus de la commune de Jouillat avaient demandé à Noëlle Bertrand d'identifier une statue de l'église. Le travail sur place a permis de dresser un inventaire du mobilier actuel qui s'est avéré de valeur à la fois artistique (qualité des sculptures) et patrimoniale (exemple type d'un mobilier xixe siècle). La recherche aux Archives a permis de retrouver l'histoire tourmentée de cette église au xixe siècle et d'identifier le saint inconnu (saint Antoine).
ASSEMBLÉE GÉNÉRALE ET SÉANCE DU 16 MARS 2013
Grande salle de la mairie de Guéret – Présidence de Patrick Léger
Ont signé le registre des présences: Mmes Michelle Alcisiadi-Dumeynie, Michelle Aubaile, Christine Auchapt, Annie Bénit, Claudine Benoît, Noëlle Bertrand, Ermine Bodeau, Raymonde Caffy, Odette Canaud, Sylvette Chaix, Odette Chenot, Andrée Clavaud, Janine Coulaud, Michelle Dayen, Catherine Desvillette, Sylvie Dussot, Paulette Ferrand, Liliane Freisseix, Agnès Gasne, Bernadette Gerbaud, Noémie Grandème, Marie-Jeanne Grosset, Simone Jarnageon, Paulette Jean, Françoise Laboureix, Chantal Lafaye, Christine Lang, Lucie Lang, Lucienne Lansade, Martine Larigauderie-Beijeaud, Simone Laumond, Jacqueline Léger, Hélène Matigot, Ginette Michon, Josette Moré, Janine Nicoulaud, Christiane Normand, Maryse Pénicaud, Nicole Pignot, Michèle Poupard, Huguette Rameix, Gilliane Rommeluère, Georgette Roret, Françoise Saint-James, Suzanne Saumande, Maryvonne Sence, Marie-Christine Sudre, Marie-Thérèse Velghe, Odette Vieilleribière ; MM. Guy Avizou, Jérôme Aymard, Jean-Philippe Benoist, Jean-Michel Bienvenu, Jean Bourgineau, Éric Boyron, Jean-Louis Broilliard, Jean Brunet, Pierre Brunet, Sébastien Bur, Alain Carof, Jean Champagnat, Daniel Chaussade, Raymond Chenot, Jean-Pierre Clavaud, Marc Colson, Michel Couty, Daniel Dayen, Kévin Fernandez, Serge Gady, Pierre Ganne, Daniel Gasne, Michel Gastoud, Gérard Gouyet, Alain Grandjean, Henri Hours, Robert Jean, André Larigauderie, Gilles Le Hello, Jean-Pierre Lécrivain, Patrick Léger, Jean Lelache, Philippe Loy, Michel Manville, Olivier Mauvy, Roger Meublat, Roger Morin, Roland Nicoux, Gérard Pekle, Romain Petit, Serge Petit, Jean Picaud, Gérard Rameix, Jean Reignier, Jacques Roger, Maurice Roret, Jacques Rousset, Claude Sirjacques, Gilbert Thibord, Roger Tomas, Jean-Pierre Verguet.
Se sont excusés : Mmes Josiane Garnotel, Michèle Mazetier, M. André Clamont.
ASSEMBLÉE GÉNÉRALE STATUTAIRE
Le président, Patrick Léger, ouvre l'assemblée générale ordinaire à 14 heures et présente le rapport moral dont chaque adhérent a reçu copie dans la lettre envoyée en février dernier. Il le soumet au vote de l'assemblée qui l'adopte à l'unanimité. La trésorière, Gilliane Rommeluère, présente le rapport financier et donne lecture du rapport du vérificateur des comptes, M. Daniel Chaussade, qui lui donne quitus pour la bonne gestion des comptes de la Société. En réponse à une question d'un adhérent, la trésorière donne l'explication du déficit constaté pour l'exercice 2012 : ce déficit s'explique par la parution tardive du volume 22 des Études Creusoises, Inventaires au pays de Vassivière. Ce volume n'a été diffusé qu'à partir de la fin du mois de novembre 2012 et seules les ventes faites au siège de la Société et les souscriptions ont été encaissées ; le produit des ventes en librairie ne sera enregistré que sur l'exercice 2013. Le président soumet le rapport financier au vote de l'assemblée qui est accepté à l'unanimité ; il remercie la trésorière Gilliane Rommeluère qui cède sa place à un nouveau trésorier, Jean-Philippe Benoist. Ce dernier présente le budget prévisionnel pour l'année 2013. Le secrétaire, Éric Boyron, et la secrétaire adjointe, Marie-Christine Sudre, présentent le rapport d'activité. Le président indique que le Conseil d'administration propose d'augmenter le montant de la cotisation de 27 à 28 euros pour 2014. Cette proposition est adoptée à l'unanimité par l'assemblée. Il annonce des élections renouvelant la moitié du Conseil d'administration pour la prochaine assemblée générale en mars 2014 et indique qu'un appel à candidature sera joint à l'envoi du prochain volume des Mémoires. La date limite de dépôt des candidatures est fixée à la date de la séance de janvier 2014 afin que le matériel de vote soit transmis à la fin du mois avec la lettre aux adhérents et l'appel de cotisation. L'ordre du jour étant épuisé, le président annonce la clôture de l'assemblée générale ordinaire et l'ouverture de la séance publique de communications à 15 heures.
Admissions. – Mmes Hélène Désheraud de Pulnoy (54), Chantal Lafaye de Saint-Silvain-Montaigut, Catherine Ledoux de Saint-Fiel, Hélène Matigot de Guéret, Maryvonne Sence de Guéret, Janine Van Den Bergh de Sardent et Marie-Noëlle Vialle de Guéret, MM. Jean-Pierre Buisson de Sannat, Christian Cotte de Royère, Bernard Desvilettes d'Azerables, François Lawnizack de Guéret et Jacques Servant de Bosmoreau-les-Mines ainsi que l'association Les amis du patrimoine de Toulx-Sainte-Croix.
Nécrologie. – Mme la comtesse Hilaire Lecointre, née Simone de Montessus de Ballore, membre depuis 1933, sous la présidence de Louis Lacrocq, était la plus ancienne et la doyenne de nos adhérents. Elle s'est éteinte dans sa 106e année. Diplômée de l'École du Louvre, elle avait publié un ouvrage tiré de sa thèse, Retables et tabernacles des xviie et xviiie siècles dans les églises de la Creuse [2], sujet qu'elle a traité à deux reprises dans nos Mémoires en 1937 et 1984 [3]. Elle avait aussi publié un article sur la sculpture religieuse sur bois [4]. Mme Suzanne Métrich avait adhéré en 1977. Elle était une fidèle de nos séances publiques et avait toujours marqué de l'intérêt pour nos travaux. Nous lui devons notamment le signalement d'une petite hache à bord de l'Âge du bronze trouvée dans la commune de Méasnes. L'an passé ses ennuis de santé ne lui avaient pas permis de continuer à suivre nos réunions. Notre Société présente à son fils, notre confrère Jacques Métrich, ses sincères condoléances. Mme Andrée Tourte, du Mas-Foreau, commune de Saint Christophe, était adhérente depuis 1977 et était très attentive à nos travaux. M. Robert Desheraud, de Pulnoy dans le département de Meurthe-et-Moselle, était adhérent depuis 1981. Nous présentons nos condoléances à sa fille Hélène qui a souhaité rejoindre notre Société. M. Jean-Pierre Le Gall était adhérent depuis 1982. Il avait collaboré à nos Mémoires avec un article concernant les biens communaux de la commune de Peyrat-la-Nonière [5]. Passage de cigognes blanches dans le sud de la Creuse. – Au mois de janvier dernier, Pascal Nauron évoquait, lors de notre séance de communications, la présence de cigognes noires dans le nord de notre département. Au début du mois de mars, c'est au sud, près du village de Marcelleix dans la commune du Mas-d'Artige, que dix cigognes blanches ont fait une halte lors de leur périple migratoire vers le nord [6]. Si ce phénomène est relativement rare, il n'est pas méconnu. En 1865, le docteur François Dugenest [7] indiquait que les cigognes blanches passent régulièrement et à dates fixes dans notre département. Joseph Dugenest [8] les signale de passage régulier mais peu communes. Il précise que les passages se font aux mêmes époques que pour les grues mais en bandes bien moins nombreuses, qu'elle est observée parfois même en été. À cette époque, le musée de Guéret en conservait trois spécimens dont deux avaient été tués en hiver et le troisième le 16 mai 1853. Pour le xxe siècle, les observations de cigognes blanches deviennent de plus en plus rares mais nos Mémoires font état de leur présence puisqu'un passage fut observé en août 1924 à Dun-le-Palleteau [9] et qu'une cigogne fut observée pendant deux jours à Saint-Marc-à-Frongier en 1951 [10].
[1] « Les peintures murales de La Croix-au-Bost (Saint-Domet). Mathieu ou Mathias ? », t. 42, fasc. 2, 1985, p. 433-435 ; « Lettres de Jean Dubois déserteur (1811-1813) », t. 44, fasc. 1, 1990, p. 23-37 ; « Une inscription campanaire du xvie siècle à Champagnat », t. 44, fasc. 3, 1992, p. 475-482 ; « Une école rurale pendant un demi-siècle, Saint-Domet (1850-1900) », t. 44, fasc. 3, 1992, p. 520-530 et t. 45, 1993, p. 149-155 ; « La châsse de Champagnat à New-York, Metropolitan Museum (inv. 17.190.685) », t. 46, 1996, p. 119-132 ; « À propos de la «Méridienne» : la mesure du monde et les mesures de la République. Jean-Baptiste-Joseph Delambre dans la Creuse », t. 47, fasc. 1, 1999, p. 110-122).
[2] Nouvelles Éditions Latines.
[3] Simone Montessus de Ballore, « Les retables et les tabernacles des xviie et xviiie siècles dans les églises de la Creuse », MSSNAC, t. 26, fasc. 3, 1937, p. 567-582 ; Simone Lecointre, « Retables et tabernacles en bois des XVIIe et XVIIIe siècles dans les églises de la Creuse », MSSNAC, t. 42, fasc.1, 1984, p. 174-184.
[4] Simone de Montessus de Ballore, « La sculpture sur bois au xviie et au xviiie siècles », Bulletin de la Soc. hist. art. fr., 1935, p. 235-246.
[5] Jean-Pierre Le Gall, « Les biens communaux usurpés de la commune de Peyrat-la-Nonière et les campagnes de régularisation 1817-1879 », MSSNAHC, t. 51, fasc. 1, 2005, p. 131-139.
[6] La Montagne, édition de la Creuse, 10 mars 2013, p. 12.
[7] Compte-rendu du congrès archéologique et des assises scientifiques de Guéret, Guéret, impr. Dugenest, 1866, p. 100.
[8] Joseph Dugenest, « Catalogue des oiseaux tant sédentaires que de passage régulier ou accidentel observés jusqu'à ce jour dans le département de la Creuse », MSSNAC, t. 4, 3e bull., 1883, p. 341-415, lire p. 396-397.
[9] Émile Genevoix, MSSNAC, t. 23, fasc. 2/3, 1925, p. lxii.
[10] Mme Dubernard-Berger, MSSNAC, t. 31, fasc. 1, 1951, p. iv.
Margelles de puits monolithes du Grand-Bourg, de Saint-Goussaud et de Villecorbeix commune de Sainte-Feyre. – Notre confrère, Alain Tixier nous a signalé trois margelles de puits monolithes, une au Grand-Bourg et deux autres, dans le village de Bossabut, en limite des communes d'Arrènes et de Saint-Goussaud. Patrick Léger a trouvé une autre margelle au village de Villecorbeix commune de Sainte-Feyre.
Soldats russes à Aubusson en 1917. – Notre confrère Gérard Gouyet possède dans sa collection une carte postale représentant l'église de Moutier-d'Ahun. Au dos de cette carte, un texte d'un sous-officier ou officier français (H. Bécu) relate à la date du 9 août 1917 sa situation de garde de soldats russes à Aubusson par ses hommes, lesquels ont pour mission de les empêcher de rejoindre les mutinés de la Courtine. Il donne son sentiment sur les suites possibles de cette affaire et l'armement des troupes françaises. Ce texte n'apporte pas d'éléments véritablement nouveaux sur ces évènements de 1917, mais est un témoignage vécu.
(Reproduction manuscrite de la carte postale, Aubusson, 9 août 1917)
Aubusson ce 9 août 1917
Correspondance – Adresse
« j'ai bien tardé à vous donner de mes nouvelles car j'étais toujours sans espoir de venir les apporter moi-même, enfin j'ai encore espoir car j'ai reçu un mot de M. Thomatin qui me dit qu'il a encore fait une démarche. Maintenant pour la santé ça va bien en ce moment je suis à la garde des Russes à Aubusson j'ai un poste à la sortie de la ville sur la route de la Courtine pour les embuscades ; voilà tout ce que je fais depuis le… j'en sortir sans permission voilà tout ce que je fais je puis la en permanence avec 8 hommes et l'capital, ce n'est pas bien possible car ce sont tous les corps qui l'ont garde mais s'ils voulaient faire du grabuge ce ne serait pas la même chose car nous sommes approvisionnés et avons de l'artillerie [...] avec nous, nous restons là je crois tant qu'ils soient tous embarqués à la Courtine, le tout les récalcitrants les révolutionnaires qui ne veulent pas marcher, c'est pour cela qu'ils craignent des désordres »
Œuvres d'un grand musée français sous les bombardements à Guéret le 19 juin 1940. – Lors de la déclaration de guerre, en 1939, l'évacuation des œuvres majeures des grands musées français fut organisée. La plupart furent réparties dans des musées de province, mais aussi dans des lieux divers appartenant à des particuliers, châteaux notamment. La Creuse et le musée de Guéret ne furent pas concernés par cette opération qui se poursuivait encore lorsque l'offensive nazie se développa en France en mai et juin 1940 [11]. Un convoi de 18 camions chargés de tableaux et de sculptures, sous la direction de Louis Hautecœur [12], se trouvait à Guéret le 19 juin lorsque la ville fut bombardée par une escadrille allemande de la « Légion Condor » [13]. Cette légion de volontaires s'était tristement illustrée pendant la guerre d'Espagne. Le bombardement du 19 juin fit entre 60 et 80 tués à Guéret [14] (pour un total d'environ 175 dans l'ensemble du département) [15] parmi lesquels deux des employés de Louis Hautecœur, mais aucun des camions du convoi ne fut touché [16]. La destination finale de ce convoi n'a pas fait l'objet d'une publication. Il pourrait s'agir des sites du Lot ou peut-être même, hasard de l'exode, du château de Valençay où Louis Hautecœur se trouvait en compagnie de Jacques Jaujard en 1941 [17].
[11] Michel RAYSSAC, L'exode des musées, Paris, 2007, éd. Payot, 1007 p.
[12] Il était en 1940 conservateur du Musée d'art moderne (Palais de Tokyo) en même temps que professeur à l'École du Louvre et titulaire de la chaire d'Histoire de l'architecture à l'École des beaux-arts.
[13] Jean Lecante, « Document, Guéret Juin-juillet 1940 », MSSNAHC, t. 49, 2003, p. 257-264.
[14] Christophe Moreigne, « L'exode, les bombardements et l'effondrement militaire du printemps 1940 dans la Creuse : L'exemple de Crozant », MSSNAHC, t. 54, 2008-2009, p. 229-238.
[15] René Castille, Guy Avizou, Christophe Moreigne, Pascal Plas, La Creuse pendant la Seconde Guerre mondiale, 2012, Le Puy Fraud éd., 304 p., lire p. 14.
[16] Ernest Gaubert, « Inauguration du salon des beaux-arts de Châteauroux », Le département, n° 170, 20 juin 1941.
[17] Il était le directeur du musée du Louvre et est considéré comme un des principaux acteurs de la sauvegarde des chefs-d'œuvre des musées français pendant la seconde guerre mondiale.
Témoignage concernant la Seconde Guerre mondiale à Saint-Pierre-Bellevue. – Dans La Montagne Dimanche (6, 13, 20, 27 janvier et 3 février 2013), Mme Peyronaud, résidant à Pramy, commune de Saint-Pierre-Bellevue, a retracé l'épisode de la guerre qu'elle a vécu dans ce village en 1944. Le texte intégral de ce récit nous a été envoyé par Mme Michelle Alcisiadi-Dumeynie et sera déposé dans nos archives.
Réunions, colloques, congrès, conférences, expositions. – À la BMI, du 30 janvier au 23 février, s'est tenue une exposition sur la bande dessinée. Dans ce cadre, des ateliers et un spectacle ont été proposés au public. Aux Archives départementales de la Creuse, la troisième et dernière exposition du cycle sur le Moyen Âge, organisée en collaboration avec le musée de Guéret et la BMI, et traitant de la paysannerie, a été inaugurée au début du mois de février et se tiendra jusqu'au 26 avril. La Société des amis du musée de la tapisserie d'Aubusson-Felletin va disparaître et sera remplacée par la Société des amis de la cité de la tapisserie et de son musée. L'assemblée générale constitutive de cette nouvelle association se tiendra à Aubusson le 28 mars. Les statuts prévoient que le président de la Société des sciences naturelles, archéologiques et historiques de la Creuse est membre de droit de l'association. L'association Les Amis de la Creuse fusionne avec Les Creusois de Paris. C'est un nouvel épisode de l'évolution des sociétés d'originaires de notre département et vivant dans la région parisienne dont Daniel Dayen nous a donné, en 2011, l'histoire pour les xixe et xxe siècles [18]. Notre société à l'intention d'actualiser le dictionnaire Carriat qui concerne les auteurs creusois et les écrits concernant la Creuse des origines à nos jours. Ce dictionnaire, dont la publication s'est terminée en 1976, est actuellement épuisé et nous l'avons mis en ligne sur notre site. Une réunion constitutive de la commission qui se chargera de cette actualisation devrait se tenir avant la fin de l'année. Les personnes qui seraient intéressées par ce très important travail peuvent se signaler auprès de la Société et seront conviées à participer à cette commission. Par ailleurs, il serait utile que tous ceux qui ont connaissance de publications, mais aussi de travaux universitaires dont les auteurs sont des Creusois ou qui concernent la Creuse, nous le fassent savoir afin que nous complétions éventuellement notre documentation.
[18] Daniel Dayen, « Marchois et Creusois de Paris : contribution à l'étude des sociétés d'originaires (xixe-xxe siècles) », MSSNAHC, t. 57, 2011-2012, p. 193-224.
Bibliothèque. – Nous avons reçu plusieurs volumes de sociétés savantes avec lesquelles nous échangeons nos publications. Parmi les dons, il convient de signaler, par Mme Liliane Chevallier, plusieurs numéros de la revue Confluents concernant Crozant et couvrant la période 2002-2012 ; de M. Yves Gomichon l'ouvrage Les jardins de Pallier dont il est l'auteur ; de Patrick Léger, L'art de la construction (xviiie siècle) réédition d'articles de l'Encyclopédie ainsi qu'une Faune d'Auvergne et du Limousin de Christian Bouchardy. Nous avons acheté le dernier numéro de Mémoire active publié par l'Institut d'histoire sociale et un cédérom, intitulé Peintres dans la vallée, concernant l'École de Crozant. Mme Bonnet, de Saint-Laurent, nous a remis six lettres ou cartes datées de 1918, écrites depuis Merseburg (Allemagne) par un prisonnier de Guerre, Lucien Reby, et adressées à son père Émile Reby demeurant au village de Rieux commune de Clairavaud ; une septième du beau-frère d'Émile Reby, Jean Lascaux, lui aussi prisonnier, à Münster, ainsi que la réponse du député de la Creuse Henri Connevot au même Émile Reby pour l'envoi d'un complet militaire à son fils Lucien ; enfin, une enveloppe à cachets de cire adressée à Armandine Reby (épouse d'Émile ?) et datée du 16 avril 1918, qui devait contenir un mandat ou de l'argent (valeur déclarée deux cents).
COMMUNICATIONS
Connaissance et préservation de l'étang de Landes, les apports du premier plan de gestion de la réserve naturelle
Site reconnu pour sa richesse biologique et écologique, notamment depuis les années 1970, aucune synthèse des connaissances disponibles sur l'étang de Landes n'avait pourtant été réalisée. Avec son classement en réserve naturelle nationale, le 23 décembre 2004, le Conseil général de la Creuse, en lien avec le Conservatoire d'espaces naturels du Limousin, a poursuivi l'acquisition de connaissances mais surtout, a dressé un état des lieux pluridisciplinaire s'appuyant sur les études existantes et des témoignages afin de réaliser le premier plan de gestion du site. Ainsi, Sébastien BUR se propose de présenter la méthodologie mise en œuvre en insistant notamment sur une description des caractéristiques physiques et hydrologiques du site, l'analyse de son évolution, son évaluation patrimoniale et les actions engagées pour préserver durablement ce cœur de nature.
Implantations possibles de théâtres antiques dans les agglomérations de Bridiers et d'Ahun
Des recherches cartographiques accompagnées de prospections sur le terrain permettent à Claude SIRJACQUES de proposer des hypothèses crédibles pour les implantations possibles de théâtres antiques tant pour la cité antique d'Acitodunum, la plus grande agglomération antique connue pour l'actuel territoire du département de la Creuse, que pour le vicus de Bretum, proche du village actuel de Bridiers commune de la Souterraine, pour lequel de récentes recherches bibliographiques ont permis de révéler l'existence d'un tel monument détruit au xixe siècle.
Le Grand-Bourg-de-Salagnac : la gestion ecclésiastique d'un territoire en lien avec l'archéologie de l'habitat paysan
Depuis le viiie siècle, l'évêque de Limoges et les chanoines du chapitre attenant à la cathédrale Saint-Étienne ont agrandi le patrimoine né de la donation de la villa de Salagnac. Serge Gady a répertorié les exploitations paysannes signalées par les textes et celles révélées par l'archéologie, formant un ensemble de plusieurs centaines de sites qui nous renseignent sur l'économie locale et la maîtrise du territoire.
Un tapissier Aubussonnais à Clermont en 1468
Pour Henri Hours, l'apparition, fugitive, d'un tapissier d'Aubusson à Clermont (qui n'était pas encore Clermont-Ferrand) en 1468 ne devrait pas, malgré sa précocité, bouleverser notre connaissance des débuts de la tapisserie dans la Haute-Marche : nous ne savons même pas si ce Jacques Bouchon, qui proposait aux consuls de la ville de s'établir chez eux, moyennant dix années de franchise d'impositions, reçut une réponse favorable et finit par s'installer. En revanche cet épisode semble bien indiquer que, dès leurs débuts, les tapissiers d'Aubusson se heurtèrent à la difficulté de trouver, dans une région à l'écart des grands centres économiques et politiques, une clientèle pour écouler une production de luxe.
SÉANCE DU 18 MAI 2013
Salle de l'IRFJS de Grancher – Présidence de Patrick Léger
Ont signé le registre des présences : Mmes Michelle Alcisiadi, Michelle Aubaile, Anne-Marie Behague, Claudine Benoît, Noëlle Bertrand, Ermine Bodeau, Broilliard, Raymonde Caffy, Odette Canaud, Sylvette Chaix, France Chambard, Josette Claude, Michelle Dayen, Sylvie Dussot, Paulette Ferrand, Josiane Garnotel, Bernadette Gerbaud, Hélène Hairabedian, Chantal Lafaye, Simone Jarnageon, Lucienne Lansade, Jacqueline Léger, Marie-Adeline Leyx, Christiane Martinet, Josette Moré, Christiane Normand, Nelly-Christine Papa-Luis, Solange Pasquier, Geneviève Pekle, Annie Petit, Michèle Poupard, Gilliane Rommeluère, Georgette Roret-Dunaud, Marie-Christine Sudre, Odette Vieilleribière ; MM. Jérôme Aymard, René Barret, Jean-Philippe Benoist, Éric Boyron, Jean-Louis Broilliard, Jean-Pierre Buisson, André Caffy, Daniel Dayen, Gérard Gouyet, Alain Grandjean, Gilles Le Hello, Patrick Léger, Philippe Loy, Michel Minaret, Alain Moreau, Christophe Moreigne, Jean-François Moreigne, Jacky Petit, Romain Petit, Jean Picaud, Jean Reignier, Maurice Roret, Gérard Thévenot, Alain Valangeon.
Se sont excusés : Mmes Christine Lang, Hélène Mavéraud-Tardiveau ; MM. Jean-Marie Allard, Guy Avizou, Jean-Michel Bienvenu, Jean Lelache, Jean-Dominique Meunier, Roland Nicoux.
Admissions. – Mme Nicole Degonde, de Blaudeix, MM. Stéphane Charles, de Bussière-Dunoise, Kévin Fernandez, de Gouzon, Henri Hours, de Chamalières (63), Alain Lévêque, de Villebougis (89), Christian Libaude, de Châtelus-le-Marcheix et Gilbert Pasquet de Marjevols (48).
Nécrologie. – La poétesse Juliette Darle, née Cafiou, est décédée à Paris le 16 mars 2013 à 92 ans. Elle repose au cimetière de Méasnes. Descendante de creusois migrants, elle avait épousé un Creusois André Darle, lui-même écrivain, originaire de Méasnes. Institutrice dans le Berry, ses créations poétiques sont remarquées par Elsa Triollet et Louis Aragon et sont encouragées par Paul Éluard et Blaise Cendrars. En 1951, son premier recueil, Feu de chèvrefeuille, a reçu le Prix du Salon de la poésie (membres du jury : Pierre Seghers, Luc Bérimont, Eugène Guillevic, George-Emmanuel Clancier, …). L'année suivante, Le chant des oliviers, publié aux éditions Caractères, a été illustré par Pablo Picasso. Elle a également publié un livre pour enfants Léonard et la machine volante et des entretiens avec Fernand Léger, Alberto Giacometti et Pablo Picasso. Son dernier recueil, Les portes du temps, relate ses amitiés littéraires et artistiques. Elle a collaboré régulièrement à l'hebdomadaire Les lettres françaises. Elle est aussi, avec son époux, la créatrice du Festival de poésie murale d'Aubigny-sur-Nère (Cher) où ils seront parmi les premiers à distinguer et encourager le poète et écrivain Michel Houellebeck [19]. Lucien Ferrand est décédé à l'âge de 99 ans. C'était une personnalité familière de la vie guéretoise. Ancien tonnelier puis marchand d'art et d'antiquités, il était resté jusqu'à la fin de sa vie un familier de la salle des ventes de Guéret. C'était aussi un peintre local apprécié dont une des œuvres, La Creuse à Anzême, a servi d'illustration de couverture pour le tome 57 de nos Mémoires, et dont le travail artistique a été évoqué dans ce même volume, dans l'article de Guy Teste concernant les artistes marchois [20].
[19] Julien Rapegno, La Montagne, édition de la Creuse du 19 mars 2013, p. 7. L'Écho de la Creuse, 20 mars 2013, p. 10 et 5 avril 2013, pages culturelles.
[20] Guy Teste, « L'association des peintres marchois des années cinquante aux années soixante », MSSNAHC, t. 57, 2011/2012, p. 279-290.
Informations générales. – Notre consœur, Hélène Mavéraud-Tardiveau, membre du Conseil d'administration, a soutenu sa thèse à l'université de Limoges sur le sujet suivant : Le panthéon gallo-romain dans les cités des Arvernes, des Bituriges Cubi et des Lémovices du 1er au IVe siècle après J.-C., qui concerne en partie notre département. Cette thèse a été reçue avec mention très honorable et félicitations unanimes du jury. Pour répondre à nos sollicitations, plusieurs de nos confrères ont répertorié des margelles de puits monolithes du département. Michel Gastoud nous en a signalé une dans la commune de Trois-Fonds. Pour sa part, Jean Brunet en signale trois dans la commune de Lupersat. À Jarnages, « le vieux puits » de la Grand'rue entre dans cette catégorie. Il figure dans l'ouvrage récent que Thierry Cartes [21] a consacré à cette commune, il a été classé monument historique en 1928 [22]. Nouveaux sites classés ou inscrits (année 2012) pour le département de la Creuse : à Aubusson la manufacture Hamot et l'ancienne manufacture Castel (puis Goubely) ; à Saint-Chabrais le château d'Étangsannes.
[21] Thierry Cartes, Jarnages, reflets d'antan, cartes postales, Boussac, Huguet imprimeur, 2010, 161 p. (cf. Le vieux Puits, p. 86-87).
[22] Base Architecture-Mérimée, [en ligne] http://www.culture.gouv.fr/culture/inventai/patrimoine.
Associations caritatives. – Michel Colucci dit Coluche, les Restaurants du cœur et la Creuse : le comédien humoriste, disparu en juin 1986, fut à l'origine, en septembre 1985, de l'association caritative Les restaurants du cœur qui joue encore aujourd'hui un rôle très important pour apporter une aide alimentaire aux plus démunis. Cette association, d'importance nationale, a des antennes jusque dans le département de la Creuse. À la fin d'un des ouvrages de Coluche [23] paru quelques années après sa mort se trouve le texte de son intervention à la loge maçonnique « Locarno 72 », au siège du Grand Orient de France de Paris, où il déclare ne pas savoir où se situe notre département. En revanche il indique à plusieurs reprises que son idée des Restaurants du cœur s'est inspirée des interventions à la Chambre, en 1956, d'un député de la Creuse. Nous pensons qu'il s'agit de Pierre Ferrand (1913-1996) qui fut député de notre département du 2 janvier 1956 au 8 décembre 1958. Le 11 avril dernier, lors du buffet qui a suivi l'inauguration des locaux restaurés du Secours populaire à Guéret, le président national de cette association caritative, Julien Lauprêtre a raconté l'anecdote suivante qui concerne notre département. Lorsqu'il fut embauché pour la première fois par l'association, à Paris en 1954, peu après sa création, il découvrit qu'elle était propriétaire de deux châteaux situés dans le département de la Creuse et proches de Felletin : l'un dans le domaine de La Jasseix, improprement dénommé château, et celui du Maslaurent, les deux commune de Croze. La provenance de ces propriétés lui est totalement inconnue et il suppose que cela est lié à la Résistance et aux soubresauts de la fin de la Seconde Guerre mondiale. La vente de ces deux demeures à des comités d'entreprises (RATP et Crédit lyonnais) pour en faire des centres de vacances permit de récolter des fonds importants puisqu'ils correspondaient à six fois le budget annuel de l'association, ce qui contribua largement à sa pérennisation.
[23] Coluche, Et vous trouvez ça drôle, Paris, Le cherche midi, 1998, 225 p. (Texte de la conférence p. 157-225).
Réunions, colloques, congrès, conférences, expositions. – À la BMI de Guéret s'est tenue une exposition sur Maupassant. Cette exposition, illustrée par des œuvres de Jean Estaque, montrait notamment les rapports d'amitié de l'écrivain avec le peintre et illustrateur Maurice Leloir qui fut aussi un des créateurs du musée du costume et qui avait des attaches creusoises par son mariage avec la Guérétoise Céline Bourdier. Au musée de Guéret, une exposition retrace l'œuvre artistique de l'architecte guéretois Marc Vaugelade disparu en 2001. Elle sera ouverte jusqu'au mois d'août. Depuis le 17 mai, le musée accueille une seconde exposition, « La Creuse, une vallée atelier », regroupant une cinquantaine d'œuvres de la période postimpressionniste, entre 1900 et 1930, ayant pour sujet Crozant, la vallée de la Sédelle et Gargilesse. Les principaux artistes présentés dans le cadre de cette exposition sont Léon Detroy, Anders Osterlind et Eugène Alluaud. L'assemblée générale des Amis de Martin Nadaud s'est tenue à La Martinèche. Une exposition d'été consacrée à l'architecte et maître maçon Creusois Villedo, connu notamment pour la construction du château de Vaux-le-Vicomte, est programmée. L'association prépare dès à présent la célébration du bicentenaire de la naissance de Martin Nadaud (1815-1898). Le 69e congrès de la Fédération des sociétés savantes du centre de la France se tiendra à Bourges les 31 mai, 1er et 2 juin prochains sur le thème : Matériaux et carrières, constructions et bâtisseurs. Daniel Dayen représentera notre société et fera une communication : « Les maçons de la Creuse, cinq siècles de migrations ». La journée archéologique du Limousin organisée par le Service régional de l'archéologie se tiendra cette année dans la Creuse, à Crozant, le 7 juin prochain.
Bibliothèque. – Parmi les nombreux dons, échanges ou achats pour notre bibliothèque, il convient de signaler le don par Gérard Gouyet des revues Archéologia et Les dossiers de l'archéologie pour l'année 2012 dont nous avons les collections complètes, par Patrick Léger de plusieurs tomes de Ruralia, revue de l'association des naturalistes français (du n° 2, 1998 au n° 15, 2004).
COMMUNICATIONS
Dans et autour de deux souterrains du Monteil-au-Vicomte et de Royère
Ces deux souterrains découverts, l'un anciennement et l'autre à la fin de l'année 2012, sont présentés par Alain Grandjean qui les situe dans un contexte plus général.
Le passage du duc et de la duchesse de Nemours en juillet 1845, dernière visite princière dans la Creuse
Romain Petit indique qu'en juillet 1845, la Creuse est le théâtre d'une visite officielle de premier ordre. Il s'agit du passage du duc et de la duchesse de Nemours, qui en cet été, entament une grande tournée dans le sud du pays. Suite à la mort de son aîné, le duc de Nemours se pose en nouveau recours pour la monarchie de Juillet en cas de décès de Louis Philippe. Cette visite surprise dans notre département permet de donner un éclairage tout particulier sur les acteurs et les enjeux d'une visite princière. Pour quelques jours, notre département renoue avec les fastes des grandes entrées solennelles du Moyen Âge et pose la question de l'adhésion populaire à la monarchie.
Les communards d'origine creusoise
Les maçons de la Creuse communards, présentés devant les conseils de guerre en 1871, après la Commune de Paris, ont déjà fait l'objet de diverses publications. Josiane Garnotel oriente sa recherche plutôt vers le positionnement réel et idéologique de ces natifs de la Creuse dans la vie du peuple ouvrier parisien à cette époque. En partant de l'implantation topographique de ces maçons elle tente de distinguer, tant que faire se peut, leurs profils et de voir par quels itinéraires ils se sont retrouvés partie prenante d'un mouvement insurrectionnel très complexe survenu à la fin du xixe siècle. Ces communards étaient-ils des migrants temporaires ou bien étaient-ils intégrés dans la population parisienne ?
Chercheur d'histoires et faiseur de trésor, un espagnol dans la Creuse en 1896
Gilles Le Hello raconte l'histoire, se déroulant à la fin du xixe siècle alors que l'Espagne traversait une période particulièrement troublée, d'un capitaine d'un régiment de cavalerie mandaté par le président du Comité central républicain pour, après avoir déserté, aller acheter des armes avec les fonds détournés de la caisse de son régiment. Son périple le conduira dans notre département où il cachera la cassette contenant les fonds. De là, il reprendra le chemin de l'Espagne, se fera arrêter et sera déporté à Cuba.
Le camp de concentration d'Ajain (1914-1919)
Pour Daniel Dayen, l'expression « camp de concentration » ne peut aujourd'hui que rappeler l'aspect le plus horrible de la Seconde Guerre mondiale. Elle fut cependant d'un usage courant pendant la Grande Guerre pour désigner des camps d'internement de civils jugés potentiellement dangereux pour la défense nationale. C'est ainsi que les locaux de l'ancien séminaire d'Ajain accueillirent, de septembre 1914 à décembre 1919, environ 2 000 « concentrés », terme parfois utilisé dans la correspondance administrative. Aux ressortissants austro-allemands vivant en France lors de la déclaration de guerre succédèrent des internés de toutes nationalités, hommes et femmes, « suspects au plan national », condamnés de droit commun ou simples vagabonds. Ont été particulièrement nombreux, à compter de 1916, les « évacués de l'armée d'Orient », Grecs et Bulgares, cependant qu'au cours de l'année 1919, venus de camps supprimés, ce furent surtout des Belges et des Russes sous le coup de condamnations qui séjournèrent à Ajain avant leur expulsion de France.
SÉANCE DU 20 JUILLET 2013 - CHÂTELUS-LE-MARCHEIX
Salle des fêtes de Châtelus-le-Marcheix – Présidence de Patrick Léger
Le président remercie M. Séraphin, maire, pour son accueil de la Société dans sa commune. Cette séance, la première séance foraine de la Société organisée pendant l'été, se tient à Châtelus-le-Marcheix qui fut, pendant la période révolutionnaire (de 1790 à 1801), un canton comprenant 7 communes dont 2 ont disparu. Il s'agit de Champroy (partagée en 1837 entre les communes de Châtelus-le-Marcheix et Saint-Dizier-Leyrenne), Châtelus-le-Marcheix, Reix (incluse dans la commune d'Arrênes depuis 1836), Saint-Dizier-Leyrenne, Saint-Goussaud, Saint-Martin-Sainte-Catherine et Saint-Pierre-Chérignat. Une exposition, inaugurée le matin en présence du conseiller général du canton de Bénévent-l'Abbaye, André Mavigner, et de représentants de plusieurs communes dont Mme le maire de Saint-Pierre-Chérignat, MM. Quinque, maire d'Azat-Châtenet, Prudhomme, ancien maire d'Arrènes et demeurant à Reix, présente au public quelques aspects remarquables de cet ancien canton. Elle sera à nouveau présentée au public le dimanche 21 après-midi puis offerte à la bibliothèque de Châtelus-le-Marcheix afin qu'elle puisse circuler dans les différentes communes concernées et être présentée aux enfants des écoles. À l'issue de cette séance, les participants ont visité, sous la conduite de notre confrère, M. Christian Libaude, le bourg de Châtelus-le-Marcheix, et notamment : la croix sur le chemin du cimetière dont le support est constitué d'un cippe à l'envers, qui comportait une inscription dédiée à Mercure, aujourd'hui effacée, surmonté d'un fragment de colonne qui pourrait être d'origine gallo-romaine ; l'église qui était la chapelle du château, remarquable par la variété des modillons et autour de laquelle se trouvent trois sarcophages ; les restes de l'ancien château, sur l'éperon qui suit le cimetière et l'église, et dont demeure une cave ; ainsi que la fontaine Saint-Martin qui utilise des sarcophages en réemploi.
Ont signé le registre des présences : Mmes Justine Aerts, Isabelle Auger, Anne-Marie Behague, Claudine Benoît, Marie-Laure Bétoulaud du Colombier, Ermine Bodeau, France Chambard, Andrée Clavaud, Michelle Dayen, Émilie Daza, Catherine Desvillette, Martine Dumonceau, Marie Fauvergue, Paulette Ferrand, Régine Foltzer, Bernadette Gerbaud, Thérèse Grange, Dominique Lagrange, Claudine Laurent, Odette Leblanc, Jacqueline Léger, Thérèse Mangeret, Josette Moré, Monique Moreau, Nelly-Christine Papa-Luis, Marthe Pateyron, Simone Picaud, Martine Ravillard, Gilliane Rommeluère, Véronique de Royer, Marie-Christine Sudre, Monique Thévenot, Françoise Tottoli, Marie-Lyne Vaintrub-Clamon, Odette Vieilleribière ; MM. Jean-Marie Allard, Pierre Auger, Guy Avizou, Jean-Philippe Benoist, Jean Bétoulaud du Colombier, Éric Boyron, Alain Carof, Jean Champagnat, Jean-Claude Champeaux, Daniel Chaussade, Jacques Chouviac, Jean-Pierre Clavaud, Daniel Dayen, Édouard Desplats, Guy Destrois, Daniel Dumonceau, Bernard Dupont, Kévin Fernandez, Michel Gastoud, Gérard Gouyet, Alain Grandjean, Dominique Grange, Morgan Hinard, Richard Jonvel, Didier Lagrange, Roger Laurent, François Lawnizack, Jean-Pierre Leblanc, Robert Leblanc, Patrick Léger, Christian Libaude, Philippe Loy, André Mavigner, Jean-Dominique Meunier, Alain Moreau, Roland Nicoux, Jean Picaud, Serge Polman, Jean-Bernard Quinque, Philippe Racinet, Jean-Baptiste de Royer, Sylvain de Royer, René Santoux, Philippe Séraphin, Gérard Teillaud, Marc Thévenot, Louis Thibord, Bernard Truffy et Alain Valangeon.
Se sont excusés : Mmes Noëlle Bertrand, Sylvette Chaix, Josiane Garnotel, Hélène Mavéraud-Tardiveau (membre du Conseil d'administration qui nous a fait part de la naissance de sa fille Clémence et que nous félicitons pour cet heureux évènement), Michèle Mazetier, Colette Pinet ; MM. Guy Aubert, François Cornet, Pierre Ganne, Jean Lelache et Guy Marchadier.
Admissions. – Mmes Marinette Améaume de Janaillat, Sylvie Calle, de Mainsat, Hélène Lagoreix, de Guéret, Martine Tandeau de Marsac, des Tourelles de Brignac ; MM. Jacques Larue, de Toulouse, Sylvain de Royer-Dupré, de Châtelus-le-Marcheix, Philippe Séraphin, maire de Châtelus-le-Marcheix, Bernard Truffy, de Saint-Dizier-Leyrenne ; la mairie de Châtelus-le-Marcheix.
Nécrologie. – M. Pierre Lamiraud, de Jouillat, où il est décédé, était membre de notre Société depuis 1994. M. Guy Redouté, qui était membre de la Société depuis 1982, est décédé à Argenton-sur-Creuse (Indre) à la fin du mois de mai dernier. M. Roland Salesse, adhérent depuis 1974, est décédé à Saint-Sébastien le 5 juillet. M. Robert Rivet, de Limoges, est décédé le 7 juillet ; il était notre confrère depuis 1984. François Chatoux, qui fut longtemps maire de Faux-la-Montagne, est décédé à la fin du mois de mai. Né dans la région parisienne en 1949, dans une famille d'origine creusoise, il choisit de revenir sur la terre de ses ancêtres. Cet homme de caractère, fourmillant d'idées a eu un rôle très important dans la revitalisation du plateau de Millevaches depuis une trentaine d'années.
Informations générales. – Presque un an après le départ de M. Poisson, une nouvelle directrice des Archives départementales vient d'être nommée : il s'agit de Mme Pascale Bugat à qui nous souhaitons la bienvenue et nos meilleurs vœux de réussite professionnelle dans ses nouvelles fonctions. Michel Houellebecq, Prix Goncourt 2010 avec son roman La carte et le Territoire qui fait une place à Châtelus-le-Marcheix, vient de publier un ouvrage de poésie chez Flammarion, Configuration du dernier rivage, dont un texte fait référence à la Creuse.
Biefs des anciens moulins. – Dans un article du quotidien La Montagne, Julien Rapegno signale les menaces de destruction des biefs des anciens moulins sur les cours d'eau creusois au prétexte qu'ils entraveraient le passage des poissons migrateurs et empêcheraient la libre circulation des sédiments [24]. Il s'agit pour l'administration préfectorale de respecter une directive européenne qui fait obligation d'une mise en conformité de ces ouvrages, avec notamment la mise en place d'échelles à poisson. Le président de notre société a adressé un courrier à Mme le préfet du département de la Creuse pour signaler que ces ouvrages anciens, dont certains remontent sans doute à la période gallo-romaine et la plupart au Moyen Âge, n'ont jamais constitué un obstacle pour les poissons migrateurs ni jamais empêché la circulation des sédiments de nos rivières, et que, bien au contraire, ils jouent encore de nos jours un rôle important de régulation des fortes montées des eaux occasionnées principalement par les lâchers d'eau des barrages hydroélectriques, limitant la dangerosité de ces lâchers pour les riverains et baigneurs, mais aussi pour la protection des berges fragilisées par les galeries et terriers des myocastors et écrevisses américaines. Il conviendrait donc de conserver ces éléments familiers du petit patrimoine local tant pour des raisons historiques que pour leurs vertus écologiques, et considérer qu'ils ne sont pas visés par la directive européenne. Une réunion à laquelle notre Société a été conviée s'est tenue à la préfecture et nous avons pu confronter nos arguments avec ceux des différents responsables de l'administration départementale ou régionale, d'associations écologistes ou de propriétaires de moulins. Il semblerait que l'aspect patrimonial de ces anciens biefs puisse être pris en compte et de nouvelles réunions de concertation seront programmées prochainement par la préfecture.
[24] La Montagne, samedi 15 juin 2013, p. 7.
Réunions, colloques, congrès, conférences, expositions. – La journée archéologique du Service régional de l'archéologie s'est tenue à Crozant le 7 juin dernier. Cette journée a permis de faire le point sur les différents travaux effectués ces dernières années par les archéologues dans notre département et dont l'inventaire synthétique a été fait par Jacques Roger. Les communications de cette journée ont notamment permis de faire connaître les nouvelles recherches sur la galerie des thermes à Évaux-les-Bains sous la direction de Christophe Maniquet ; Lise Boulesteix a présenté les résultats des sondages effectués dans la crypte de l'église de la Souterraine ; Philippe Racinet a évoqué le site des Tours près du village de Murat dans la commune de Saint-Dizier-Leyrenne ; Florian Baret a présenté ses recherches sur les agglomérations antiques en territoire lémovice. Les participants à cette journée ont ensuite visité, sous la conduite de Patrick Bouvart, les ruines de Crozant qui font l'objet d'importants travaux de restauration. Le colloque « Le parler Marchois, son identité, sa nature », organisé par l'association Les Fruits du Terroir, aura lieu le 26 octobre 2013 à Crozant (Creuse). À Aubusson, l'exposition « Aubusson tapisseries des lumières : Splendeur de la Manufacture Royale, fournisseur de l'Europe au xviiie siècle », se tiendra jusqu'à la fin du mois d'octobre. Cette réalisation remarquable est reconnue d'intérêt national par le ministère de la Culture et de la Communication. Au musée de Guéret, une exposition concerne les peintres postimpressionnistes de la vallée de la Creuse, en relation avec d'autres expositions sur le même thème, notamment dans le département de l'Indre. Toujours au musée de Guéret, une salle permet de découvrir les objets provenant du cimetière gallo-romain de Méasnes, fouillé au xixe siècle, et dont une partie a été achetée lors d'une vente aux enchères à Bourges. Cette exposition qui doit beaucoup aux recherches de notre confrère Jacques Roger a été inaugurée dans le cadre des Journées nationales de l'archéologie. Aux Archives départementales, l'exposition d'été a pour nom « Les maçons de la Creuse au xixe siècle, un exode vers Paris ». À la tuilerie de Pouligny, commune de Chéniers, une exposition est consacrée aux épis de faîtages, réalisés principalement par les potiers de Mortroux. Cette exposition doit beaucoup aux travaux de nos confrères, Andrée et Jean-Pierre Clavaud.
Bibliothèque. – Notre bibliothèque s'est enrichie de nombreux échanges avec diverses sociétés savantes, de quelques achats dont l'ouvrage de Philippe Florentin traitant des Marchois et Limousins au Parlement Civil de Paris depuis 1395 à 1570, et de dons parmi lesquels il convient de souligner celui de Mme Vieilleribière, constitué principalement d'affiches de la période révolutionnaire et de l'Empire, par Mme Behague, de différentes brochures émises par l'association Évaux et son histoire, son patrimoine, qu'elle préside. Le bulletin n° 2 de juin 2013 de L'Ami Creusois, bulletin de l'association Les Amis de la Creuse – Les creusois de Paris, contient notamment une intéressante notice autobiographique de Maurice Caradet, Creusois créateur du Loto en 1976. Enfin, un don du président est constitué des 21 premiers tomes de la revue Histoire et sociétés rurales (de 1994 à 2004) dont quelques articles concernent notre département.
COMMUNICATIONS
Le granite orbiculaire des communes de Janaillat et Azat-Châtenet
Patrick Léger présente, au nom de Guy Marchadier, des échantillons de ces roches qui constituent une particularité assez rare car il n'en existe que quelques sites de faible ampleur dans le monde, dont les deux du département de la Creuse.
Le projet ÉNERGEROC, un rendez-vous manqué pour la Creuse
En l'absence des auteurs, cette communication est présentée par Gérard Gouyet. Il y a près de quarante ans, ce projet fut une des premières tentatives d'exploitation géothermique du sous-sol par forage profond et fracturation hydraulique. Une note d'Antoine Schwerer [25], un des pères de la bombe atomique française [26] sur le blog de Pierre Billaud, autre père de la bombe, nous a permis de retrouver deux des initiateurs de ce projet l'un, à l'époque directeur adjoint de l'Institut national d'astronomie et géophysique (INAG), Guy Aubert, géologue d'origine creusoise, membre de notre Société, et François Cornet, physicien, qui reviennent sur cette expérience tentée dans la commune de Châtelus-le-Marcheix et sur les causes de son échec. Plusieurs personnes présentes dans la salle, dont André Mavigner et Jean-Dominique Meunier, interviennent pour donner des éclaircissements sur les différents points de vue des hommes politiques locaux et départementaux ainsi que des associations écologistes sur cette affaire.
[25] Antoine Schwerer, Un centralien en mission technique au Centre national de la recherche scientifique, 25 p. (deux informations dans ce texte concernent la Creuse, outre le projet Energéroc une note concerne la polémique ayant opposé le Creusois Pierre Brousse au vulcanologue Haroun Tazieff à propos de l'éruption du volcan de la Soufrière. Nous avons fait une copie de ce texte pour notre bibliothèque – A 2366, document n° 26989, code BMI A007725).
[26] Antoine Schwerer, Auprès de ma Bombe, 1990.
Sépulture gallo-romaine à Saint-Dizier-Leyrenne
Cette sépulture fut signalée en 1955 dans nos Mémoires. Le mobilier en avait été confié, en 1977, par le découvreur, M. Pradaude, à Patrick Léger. Kévin Fernandez présente ce mobilier et son interprétation.
Sitologie d'emplacements gallo-romains à Saint-Pierre-Chérignat et dans les environs
Jean-Dominique Meunier présente ses recherches en cours pour qualifier l'implantation des sites d'habitats et les nécropoles dans cette zone, par rapport aux voies romaines et pré-romaines, et leurs rapports avec une éventuelle cadastration romaine.
Le promontoire de Murat (commune de Saint-Dizier-Leyrenne) : un site fortifié ?
Pour Philippe Racinet, professeur d'histoire médiévale à l'université d'Amiens, un levé topographique pose un certain nombre de questions sur ce promontoire dominant la confluence du Thaurion et de la Leyrenne. Richard Jonvel donne, pour sa part, les premiers résultats de la fouille qu'il conduit actuellement en ce lieu.
Le château de Peyrusse
Marie-Christine Sudre présente ce château à l'aide de quelques photographies et donne les principales informations connues sur le site, comportant en fait deux châteaux, et sur leurs possesseurs.
Léonce de Lavergne et la Creuse
Daniel Dayen évoque ce personnage remarquable de Châtelus-le-Marcheix. Né en 1809 à Bergerac, venu de l'orléanisme et finalement rallié à la république, Léonce de Lavergne a été l'un des pères des lois constitutionnelles de 1875, fondatrices du plus long des régimes politiques depuis 1789. Pour les élections législatives du 8 février 1871, sans être véritablement candidat, il avait été porté sur la liste conservatrice de la Creuse et était devenu représentant de ce département. C'est l'achat par sa femme, en 1846, de l'important domaine de Peyrusse, commune de Châtelus-le-Marcheix, qui l'y avait rattaché. Le Second Empire l'ayant rendu à la vie privée, il s'est alors consacré à l'agronomie dont il est devenu un spécialiste réputé, faisant de nombreux séjours dans sa propriété creusoise où il a alors multiplié les expériences culturales. En reconnaissance du legs de 50 000 francs au département, le Conseil général décida en 1880 la confection d'un buste à placer dans la salle de ses séances. Finalement c'est une statue de bronze qui fut inaugurée mais seulement en 1888 à Paris dans la cour de l'Institut national agronomique.
SÉANCE DU 7 SEPTEMBRE 2013
Salle de L'IRFJS de Grancher – Présidence de Patrick Léger
Ont signé le registre des présences : Mmes Isabelle Auger, Michèle Barret, Noëlle Bertrand, Ermine Bodeau, Annie Bonet, Pascale Bugat, Sylvette Chaix, France Chambard, Andrée Clavaud, Michelle Dayen, Nicole Degonde, Sylvie Dussot, Paulette Ferrand, Bernadette Gerbaud, Christine Lang, Lucie Lang, Jacqueline Léger, Josette Moré, Maryse Pénicaud, Simone Picaud, Simone Saumande, Annie Schell, Maryvonne Sence ; MM. Guy Avizou, Jérôme Aymard, René Barret, Jean-Philippe Benoist, Éric Boyron, Jean-Louis Broilliard, Jean Brunet, Philippe Bugat, Jean Champagnat, Jean-Pierre Clavaud, Daniel Dayen, Michel Gastoud, Gérard Gouyet, Patrick Léger, Jean Lelache, Philippe Loy, Alain Moreau, Jean-François Moreigne, Roland Nicoux, Romain Petit, Serge Petit, Jean Picaud, Jean Régnier, Gilbert Thibord, Michel Trabuc.
Se sont excusés : Mmes Michelle Alcisiadi-Dumeynie, Josiane Garnotel, Hélène Mavéraud-Tardiveau, Michèle Mazetier, Gilliane Rommeluère, Marie-Christine Sudre, Géraldine Thévenot ; MM. Jean-Marie Allard, Jean-Michel Bienvenu, Alain Carof, Raymond Chenot, Pierre Ganne, Roger Tomas.
Admissions. – Mmes Béatrice Audoux, de Pontoise, Pascale Bugat, de Guéret, Marie-José Jardinaud, de Saint-André (Île de la Réunion), Pascale Link, de Bourganeuf, Monique Thévenot, de Saint-Dizier-Leyrenne ; MM. Benoît Auger, de Canton (République populaire de Chine), Jacques Chouviac, de Saint-Martin-Sainte-Catherine et Marc Thévenot, de Saint-Dizier-Leyrenne.
Nécrologie. – Mademoiselle Simone Jarnageon, institutrice retraitée, est décédée au mois d'août. Elle avait adhéré en 1977 et depuis suivait assidûment nos séances. C'est aussi au mois d'août qu'est décédée à Allogny (Cher) madame Marthe Taillemitte qui avait adhéré en 1986. Épouse d'Étienne Taillemitte qui fut notre président de 1985 à 2002, elle était la petite fille de Louis Lacrocq président de 1922 à 1940 et la sœur d'Henri Lacrocq qui fut jusqu'à sa mort en 2008 vice-président de notre société.
Informations générales. – Le président souligne la présence de Mme Pascale Bugat, nouvelle directrice du Service départemental des archives et lui souhaite la bienvenue dans le département de la Creuse et au sein de notre société. Gérard Gouyet a relevé un article du journal l'Écho de la Creuse, du samedi 10 mars 1877, signalant un « bolide », c'est-à-dire une chute de météorite : « Samedi dernier, à huit heures vingt minutes du soir, la montagne du Maupuy, versant nord, à 2 kilomètres de Guéret, a été éclairée tout à coup par une lumière très vive, occasionnée par la chute d'un bolide. MM. Martin et Navarre, qui traversaient la route de Bénévent au Grand-Bourg, ont été presque effleurés par le bolide qui a dû tomber à peu de distance de la route, un peu au-dessus de la châtaigneraie de M. Purat. La lumière les a éblouis, le cheval s'est arrêté, et ils ont entendu un bruit sourd et prolongé comme celui qui serait produit par le roulement d'une voiture. Le bolide parait avoir un très fort volume et nous espérons qu'on le retrouvera sans peine. Il serait intéressant de vérifier si ses éléments sont identiques avec celui qui a été recueilli près de Bénévent par M Desaix. »
Jean-Michel Bienvenu signale un mouvement migratoire post-nuptial de la Cigogne blanche (Ciconia ciconia) constaté le 9 août 2013. À 7 heures 30 (UTC) 24 cigognes ont fait une halte migratoire à La Souterraine au lieu-dit Malonze - l'Âge au Roux et ont décollé vers le sud-ouest à 9 heures 30 (UTC). Par ailleurs, le quotidien La Montagne, dans son édition du 29 août, a également signalé une halte de 4 cigognes sur le toit de l'hôtel de ville à Bourganeuf le jour du marché (28 août). Le président présente un registre de fréquentation d'un hôtel de Saint-Vaury, tenu par M. Louis Dupuy entre 1905 et 1932, et trois photographies offertes à notre Société par l'espace brocante du Secours populaire de Guéret. Au dos des clichés, de type carte postale, deux portent un message de P. Ducousset, et les trois vues représentent des soldats français, plutôt âgés. Sur un écriteau présent sur deux des cartes postales, il est écrit « Guerre 1914-1915/Les Creusois de la 6e ». Ces soldats appartenaient au 201e régiment d'infanterie dont Patrick Léger évoque les différents engagements entre 1914 et 1918.
Colloques, Expositions. – Le colloque « Le parler marchois, son identité et sa nature », organisé par l'association Les fruits du terroir, se tiendra à Crozant le 26 octobre prochain de 9 heures à 18 heures. Plus de douze intervenants se succèderont dans le cadre de cette journée dont l'accès sera libre. Le 6 septembre a été inaugurée dans les locaux de la BMI une exposition consacrée à Antoine Varillas et Guéret au xviie siècle.
Bibliothèque. – Nous avons enregistré pour notre bibliothèque plusieurs dons, achats ou échanges parmi lesquels le don par les auteurs Jean-François Pasty, Michel Gallemard et Philippe Alix du tiré à part de l'article consacré à la composante gravettienne du site des Tailles du Clou, commune de Clugnat [27]. Cette parution dans une revue nationale consacre l'importance du site qui a fait l'objet d'une publication l'an passé dans nos Mémoires [28]. Odette Vieilleribière a continué à nous offrir des journaux datés du début du xixe siècle. Jean-Pierre Larduinat nous a communiqué son fichier répertoriant, suivant les noms de lieux, les matières ou les noms cités dans les titres, l'ensemble des Mémoires de notre Société, du tome 1 au tome 58 (2012-2013). Philippe Loy a fait don de l'ouvrage retraçant l'histoire de la banque Tarneaud depuis 1809, Jacques Roger celui retraçant un siècle de classement de monuments historiques dans le Limousin. La mairie de Crozant nous a offert différents numéros du bulletin municipal de cette commune. Enfin, Monique Ravillard a fait don d'un lot d'affiches nationales ou locales utilisées par le candidat Sourioux lors de l'élection législative dans la circonscription d'Aubusson en 1939. Nous avons acquis l'opuscule Ahun, Moutier-d'Ahun : 2000 ans d'histoire, réédition actualisée de juillet 2013.
[27] Jean-François Pasty, Michel Gallemard et Philippe Alix, « Identification d'une composante gravettienne sur le site de plein air des Tailles du Clou à Clugnat (Creuse, France) », Bulletin de la Société préhistorique française, t. 110, n° 2, avril-juin 2013, p. 213-231.
[28] Jean-François Pasty, Philippe Alix et Michel Gallemard, « Le site de plein air à occupations multiples des Tailles du Clou à Clugnat », MSSNAHC, t. 58, 2012-2013, p. 5-42.
COMMUNICATIONS
Le biface moustérien de Châtelus-Malvaleix
Gérard Gouyet présente ce silex préhistorique remarquable par sa fraîcheur et sa technique de taille.
Quelques pierres antiques d'Ahun
La découverte d'un cippe à inscription et la relecture d'une pierre trouvée en 1990 et placée à l'entrée de l'église est l'occasion pour Patrick Léger d'évoquer certaines découvertes anciennes de pierres antiques peu connues ou, pour certaines, mal localisées. L'ensemble de ces données permet d'approcher quelques éléments de compréhension concernant Acitodunum.
Antoine Varillas vu depuis Guéret
Né à Guéret où il a de nos jours sa place au centre de la ville, Antoine Varillas reste un personnage peu connu. C'est à la recherche de l'homme, de son enfance à Guéret, ville encore citadelle au xviie siècle, de sa carrière d'homme de lettres et de sa postérité que nous entraîne Noëlle Bertrand. Ce travail permet de faire connaître les ouvrages rares d'Antoine Varillas conservés à la bibliothèque de la Société des sciences naturelles, archéologiques et historiques de la Creuse qui se trouvent principalement dans les fonds Carriat et Lacrocq mais aussi dans la série B.
Derrière le judas de la maison de tolérance de Guéret, témoignage inédit
La découverte d'un texte d'un émigré espagnol logé au camp de Clocher pendant la Seconde Guerre mondiale et relatant sa vie guérétoise pendant cette période a permis à Romain Petit d'en extraire un passage concernant la clientèle et la vie à l'intérieur de la maison close de Guéret. Ce document, par sa rareté et sa qualité littéraire, éclaire d'un jour nouveau notre connaissance de ce lieu et permet d'intéressantes comparaisons avec les rares documents du même type pour les maisons de tolérances en France avant leur fermeture peu après la Libération.
SÉANCE DU 16 NOVEMBRE 2013
Salle de la mairie de Guéret – Présidence de Patrick Léger
Ont signé le registre des présences : Mmes Hélène Affalou, Andrée Aligros, Michelle Aubaile, Colette Auzolle, Carole Benett, Ermine Bodeau, Marie-José Bouret, Pascale Bugat, France Chambard, Catherine Champagnat, Odette Chenot, Christiane Cibot, Andrée Clavaud, Michelle Dayen, Annie Delarbre, Catherine Desvillette, Marie-Françoise Dubreuil, Sylvie Dussot, Paulette Ferrand, Liliane Freisseix, Josiane Garnotel, Bernadette Gerbaud, Marie-Jeanne Grosset-Clergeau, Jacqueline Léger, Hélène Matigot, Gisèle Maury, Josette Moré, Christiane Normand, Maryse Pénicaud, Michèle Poupard, Huguette Rameix, Maryse Robert, Gilliane Rommeluère, Françoise Saint-James, Maryvonne Sence, Danièle Sommier, Marie-Christine Sudre, Marie-Noëlle Vialle, Arlette Weck ; MM. Jérôme Aymard, Christian Bachelard, Jean-Philippe Benoist, Jean-Michel Bienvenu, Philippe Bigat, Éric Boyron, Jean-Louis Broilliard, Jean Brunet, Pierre Brunet, Alain Carof, Laurent Chabrol, Jean Champagnat, Raymond Chenot, Jean-Pierre Clavaud, Michel Couty, Daniel Dayen, Jean-Louis Delarbre, Pierre Ganne, Michel Gastoud, Gérard Gouyet, Patrick Léger, Gilles Le Hello, Jean Lelache, Philippe Loy, Pierre Maury, Jean-Dominique Meunier, Alain Moreau, Christophe Moreigne, Jean-François Moreigne, Serge Nénert, Roland Nicoux, Romain Petit, Jean Peyne, Jean Picaud, Gérard Rameix, Jean Régnier, René Sartoux, Thibord, Roger Tomas, Michel Trabuc, Jean-Pierre Verguet, Michel Villard.
Se sont excusés: Mmes Claudine Benoît, Noëlle Bertrand, Sylvette Chaix, Michèle Mazetier, Ginette Michon, Suzanne Saumande, Hélène Mavéraud-Tardiveau ; MM. Jean-Marie Allard, Guy Avizou.
Admissions. – Mme Laurence-Nadège Frémont, du Bourg-d'Hem ; MM. Dominique Blot, de Clugnat, François Buchet de Neuilly, de Malval, Jean-Luc Coudière, de Genouillat, Pierre Crépin, de Paris et Xavier Florentin, de Saint-Forget (78).
Nécrologie. – M. Ferdinand Mimon est décédé en septembre. Agriculteur, il avait adhéré à notre société en 1982, alors qu'il avait autorisé Oscar Hernandez à effectuer les fouilles archéologiques d'une villa gallo-romaine sur sa propriété de la Brousse commune de Saint-Hilaire-la-Plaine. Pendant plus de 20 ans, il a suivi régulièrement nos séances et a publié deux articles en collaboration avec sa fille Martine [29]. Ces dernières années, marqué par l'âge, il avait cessé de participer à nos travaux. Nous garderons de lui l'image d'un homme au solide bon sens et curieux de la culture locale. M. Simon Parouty avait adhéré au début de cette année. Il est décédé, brutalement, à l'âge de 34 ans en octobre. Ce jeune photographe, après avoir travaillé pour le quotidien La Montagne, était employé par le Conseil général de la Creuse. Il a contribué à nos Mémoires par une illustration dans l'article que Sébastien Bur consacre cette année à l'étang de Landes [30]. M. Gaston Thierry, qui était membre de la Société depuis 1960, est décédé au début du mois de novembre. Cet artiste de Fresselines a marqué la peinture creusoise de la seconde moitié du xxe siècle.
[29] Martine Mimon et Ferdinand Mimon, « Ruines de Châteauvieux et du bois de Feyre (commune de Saint-Yrieix-les-Bois) », MSSNAC, t. 41 (1982), p. 284-286 ; Martine Mimon et Ferdinand Mimon, « Découverte d'un groupe de tumulus dans la commune de Sous-Parsat », MSSNAC, t. 42 (1984), p. 48-49.
[30] Sébastien Bur, « Connaissance et préservation de l'étang de Landes, les apports du premier plan de gestion de la réserve naturelle », à paraître MSSNAHC, t. 59, 2013-2014.
Informations générales. – Après avoir passé 11 ans en tant que conservateur du musée, Mme Catherine Wachs-Genest va nous quitter pour prendre en charge la conservation des musées de Cognac. Nous la remercions pour le travail qu'elle a effectué à Guéret et nous lui souhaitons de trouver à Cognac le meilleur épanouissement professionnel possible. Le choix d'un nouveau conservateur pour le musée de Guéret devrait intervenir avant la fin de cette année. Mme Pascale Jeuniaux-Marouseau, originaire de La Souterraine et fille de notre consœur Andrée Jeuniaux, vient d'être nommée directrice des Archives départementales de la Haute-Vienne. Nous espérons que malgré les lourdeurs de sa charge, elle trouvera le temps de nous communiquer quelques informations creusoises conservées dans les archives limousines. L'ouvrage de notre confrère, Jean-Pierre Delhoume, Calamités climatiques et fléaux naturels en Limousin, de l'an Mil à nos jours, vient de paraître aux éditions Le Puy Fraud. David Glomot, qui est lui aussi membre de la Société, vient de faire paraitre aux PULIM « Héritage de serve condition », une société et son espace : La Haute-Marche à la fin du Moyen Âge. Ce livre de 465 pages est accompagné d'un CD. C'est aussi un de nos confrères, Frédéric Gravier, qui vient de publier aux éditions Geste, Se souvenir d'Aubusson, illustré par plus de 350 cartes postales et photos anciennes. Jean Maranne, membre lui aussi de la Société, a publié aux éditions Geste Les Tapissiers et les tapisseries de Bellegarde dans l'histoire du Pays Franc-Alleu, 168 p.
Réunions, colloques, congrès, conférences, expositions. – Les huitièmes rencontres de Chaminadour se sont tenues du 19 au 22 septembre ; l'invité principal était l'écrivain Patrick Deville, Prix Fémina 2012. La troisième édition du festival Ciné des villes, ciné des champs, organisé par l'association Lavaud-Soubranne s'est tenu dans notre département du 10 au 13 octobre. À la fin de ce mois d'octobre s'est tenu, à Crozant, un colloque de linguistique organisé par l'association berrichonne Les fruits du terroir, sous la responsabilité de M. Jean-Pierre Delage, et ayant pour thème « Le parler marchois, sa nature et son identité ». Parmi les intervenants dont plusieurs chercheurs professionnels, il faut noter deux de nos sociétaires, Jean-Pierre Baldit et Jean-Michel Monnet-Quelet. Mme Noëlle Bertrand a bien voulu accepter de représenter la Société lors de cette journée. Les différentes interventions seront réunies dans un DVD qui devrait être disponible au début de l'année 2014. Au Musée de la Résistance, à Limoges, se tient jusqu'au 29 décembre l'exposition « Les compagnons de la Libération du Limousin ». Une exposition consacrée aux artistes prisonniers de Guerre 1939-1945 est actuellement présentée dans les locaux de la BMI de Guéret, tandis qu'aux Archives départementales, une exposition est consacrée à l'histoire du mouvement coopératif dans la Creuse. C'est dans les locaux de la BMI que notre confrère Christophe Moreigne a tenu une conférence le 12 novembre sur le sujet suivant « Prisonniers de guerre allemands en Creuse, prisonniers de guerre français en Allemagne ». La 172e session du Congrès archéologique de France organisée par la Société française d'archéologie se tiendra dans le département de la Haute-Vienne du 12 au 16 juin 2014 sur le thème « Haute-vienne romane et gothique, l'âge d'or de son architecture ». Le programme de ce congrès se trouve sur le site de la Société française d'archéologie. Enfin, le prochain congrès de la Fédération des sociétés savantes du Centre, se tiendra à Brioude (Haute-Loire) au mois de mai 2014 sur le thème de l'eau.
Bibliothèque. – Nous avons reçu de nombreux dons et échanges d'ouvrages. Nous avons aussi procédé à l'achat de plusieurs ouvrages parmi lesquels : Les vitraux d'Auvergne et du Limousin ; Les noms de famille de la Creuse ; Limousin, terre d'historiens ; Jacques Roussillat, Marcel Jouhandeau, Jean Paulhan : Correspondance (1921-1968) ; Robert Chanaud, L'Abbaye et l'Ordre de Grandmont : entre ascétisme et opulence, xie-xiiie siècles.
COMMUNICATIONS
Les herbiers du musée de Guéret
Le Musée municipal de Guéret conserve de nombreux herbiers réalisés au cours des xixe et xxe siècles qui sont présentés par Hélène Affalou et Laurent Chabrol. Leur contenu n'avait jusqu'à présent jamais été analysé. Ce travail a été dernièrement réalisé : il a porté aussi bien sur leur origine que sur leur contenu botanique. Il se propose de décrire et de commenter les différentes informations qui y sont contenues: botanistes auteurs de ces herbiers, origines des plantes, localités prospectées, périodes de collectes, plantes inventoriées, etc. L'ensemble sera valorisé dans le cadre de la réalisation de l'inventaire permanent de la flore du Limousin réalisé par le Conservatoire botanique national du Massif central. Les données collectées et analysées serviront à l'étude de l'évolution de la flore de la Creuse.
Les fresques de l'église de Sainte-Feyre
Sylvie Dussot évoque l'église de Sainte-Feyre construite vers le xiiie siècle, fortifiée au xive, qui comporte des fresques et notamment un calendrier qui mois après mois nous renseigne sur la vie dans nos contrées à l'époque médiévale.
Les premiers moments de la monarchie de Juillet dans la Creuse (1830-1831)
Fin juillet 1830, le royaume de France connaît une nouvelle révolution qui voit arriver la branche orléanaise sur le trône. Jérôme Aymard indique que la Creuse n'est pas restée insensible aux événements parisiens et connaît des mutations au sein de l'appareil administratif notamment à l'échelle communale.
Albert Rivière, fils de sabotier, ministre des anciens combattants et victimes de guerre
Christophe Moreigne présente cette personnalité creusoise. Albert Rivière, est né en 1891 au Grand-Bourg et est mort en 1953 à Boussac. Fils d'un sabotier, il est mobilisé en 1914 et grièvement blessé au visage. Marié en 1917 à Talence (Gironde) avec une fille de tonnelier, le jeune couple s'installe à Boussac. Tailleur d'habit, Albert Rivière suit des cours par correspondance et s'engage dans la vie politique avec un succès croissant. Élu député en 1928, il est remarqué par Léon Blum à la Chambre des députés où il intervient sur les crédits militaires et sur le sort des anciens combattants et des veuves de guerre. Son ascension au sein de la SFIO est constante jusqu'en 1939 (Congrès de Nantes). Ministre des Pensions dès 1936, Rivière est l'homme des anciens combattants français de 14-18 et acquiert à ce titre une stature internationale (voyage à Thessalonique). Ministre jusqu'au 11 juillet 1940, il vote les pouvoirs constituants à Pétain. Sa carrière politique est dès lors stoppée pour toujours. Mis à l'écart par ses camarades à la Libération, Rivière revient en 1950 sur la scène publique. Réhabilité, décoré de la Légion d'honneur, chroniqueur politique au Populaire, les trois dernières années de sa vie sont celles de la sortie de l'isolement et d'une autorité reconstruite.
Éric Boyron, Patrick Léger